GAT
tenu le désistement du roi de Navarre, pour lequel penchaient les états gênéraux, elle mit en usage toutes les ressources de l'intrigue; puis, profitant de la ronsiderntion qu'avait l'assemblée pour le cliaiicelier de l'Hôpital , elle se présenta aux députés et se fit investir dn droit d'exercer la régence pour son fils, le jeune Clinrles IX, qui n'avait pas encore atteiut sa dixième année.
A peine reeonirae comme récente,
elle entrepritde ruiner la prépondérance que la conjuration d'Amboise avaitdonnée au parti des Guises. Contre-balaocer VsB eatiioliques et les protestants pour avoir raison de leurs chefs qui , Tes uns ot les autres, nourrissaient une arrière-pensée d'usurpation, tel fut son système politique. C était le plus conforme à son caractère et aux principes qu'elle avait puisés dans la lecture de Machiavel; niais c'était aussi le plus mauvais. La situation était d'ailleurs devenue extrêmement difficile. Qneœ fussent les princes protestants ou les Guises qui prissent ledessus, c'en était fait du pouvoirde Catherine deMédicis, de Tancienne dynastie, représentée par un roi mineur :1a conjuration d'Amb.oise et la mort de François II ne laissentpas dedouteàcetégard. Maissi les chefs du parti novateur et ceux du parti catholique avaient acquis autant d'importance , c'était parce que la nation eile*méme se trouvait divisée en deux partis , que les ambitieux exploitaient sans les avoir fait naître. Il ne s'agissait de rien moins que de savoir si l'ancienne religion de l'État serait remplacée par une autre , comme en Andeterre et dans certains pays de rAIIemagne. Les calvinistes avaient beau ne demander pour leur culte que le bienfait de la tolérance, le bon sens de la nation comprenait parfaitement que ce premier pas ne pourrait manquer d'en amener un autre.
£t puis, en supposant même que les calvinistes , une fois reconnus, n'eussent pas voulu étendre plus loin leur triomphe, que serait devenue l'unité nationale ? On aurait vu une France catholique et ane France protestante;
il n'y aurait plus eu de nation française. Le parti vraiment national, qui ne parut sur la scène que deux sièdes aptes, n'était encore représenté que
par quelques hommes, vertueux , il est vrai, comme le chancelier de PHopital , mais en si petit nombre qu ils ne pouvaient rien pareux-mémes. L'Immense majorité du peuple était catholique; le calvinisme ne recrutait guère ses adeptes que dans les rangs de la noblesse, et les progrès de cette doctrine étaient le résultat d'intrigues, politiques beaucoup plutôt que d'un mouvement religieux. Le pouvoir monarchique, autant par système que par conviction, devait donc rester fidèle au catholicisme , qui lui avait prêté une si grande force pour commencer l'unité politique de la France, et sans lequel cette unité ne pouvait désormais subsister. C'est ainsi que l'avaient entendu François T*^ et son successeur Henri II. Le problème était déjà résolu, et, seule, Catherine de Médicis, sans comprendre la portée de ses actes, avait tout remis en question. Pour l'excuser, ou ne peut même pas prétendre qu'elle subissait l'ascendantdu parti des tolérants, dont le vénérable l'Hôpital était le chef, et qui reçut plus tard le nom de parti Jes politiques. Catherine utilisa, il est vrai, les talents et les vertus du chancelier, tant qu'elle crut en avoir besoin; mais bien loin de nourrir les mêmes illusions que lui, elle l'abandonna du moment qu'elle se sentit capable de se passer de son assistance, et dès lors, elle ne fit plus aucune attention à lui. 11 faut avouer aussi que les projets du chancelier, quelque généreux qu'ils fussent, étaient bien prématurés. Ce qui le prouve , même sans parler de l'abjuration de Henri IV , c'est (|ue , longtemps après, ce parti des politiques dont l'Hôpital fut le précurseur , mais dont Richelieu devait être le chef, jugea encore nécessaire de s'aider du catholicisme pour consolider l'unité nationale de la France. Ainsi Catherine de Alédicis n'avait aucun motif pour abandonner la politique de François i"*^ et de Henri II. Si elle s'en sépara, c'est parce que
CAT , FHANCE^^ C4T M
ne comprenant rfen aut idées qui agi- et néanmoins, sans le poignard de Jae»
taient et entraînaient la masse de la ques Clément, on ne peut pas trop
nation, elle ne vit que les intricues prévoir ce qui serait arrivé, des Guises et des princes protes- Mais Catherine de Médicis se prêtants pour arriver au trdne; elle ne posait de régner bien plus qjue de suivit , en un mot, que la superficie vre les errements de Pancienne modes choses. Les Guises, dira-t-on narchie. Que lui importait l'avenir de peut-être , rayaient devancée , ils s'é- la France? Que lui importait i'effutaient mis à la tête du parti catholl- sion du sang français ? Elle«méme a que. Cela est vrai ; mais ce qui l'est pris soin de résumer son caractère en aussi , c'est oue les Guises n avaient un mot : SoU , pourvu que je régne. pu se parer au titre de protecteurs On connaît ie scepticisme religieux de de la religion de l'État que parce que la femme ^i a ordonné le massacre Catherine de Médicis, malgré l'exem- de la Saint-Barthélemy. A la bataille pie de François 1"^ et de Henri II, s'é- de Dreux, la victoire qui avait d'ataît rangée du côté des protestants , bord penché du côté des protestants, ou plutôt avait adopté un système fot ramenée, après un nouvel engagede bascule qui leur était favorable, ment , sous les drapeaux des catnoli- Cest lors de sa première régence , en qiies par l'audace du duc de Guise. Un 1562, qu'elle était ouvertement en- courrier étant venu annoncer à la trée dans cette Toie funeste. Les Gui- oour la nouvelle de Tavantage remaes avaient habilement profité de la porté par les protestants , Catherine faute qu'elle avait commise ; c'est ef- de Médicis s'écria : « Eh bien ! nous fectîvement à partir de cette époque entendrons la messe en français, » qu*lls oonnnencèrent à acquérir une Ijor8qu*un second courrier vint appopularité toujours croissante, et oue prencire la brillante manière dont Je n'expliqueraient pas suffisamment les duc de Guise avait relevé l'honneur succès du duc de Guise , dans l'expé- des catholiques, elle changea brusque- .dition de Lorrainte sous Henri II. An ment de langage, et manifesta la plus commencement du règne de Char- grande joie de ce bonheur inespéré, les IX, Catherine de Médicis aurait Ce trait peint Catherine de Medicia encore pu réparer le mai oue ses aber- entière.
rations avaient causé. Si elle s'était, Quand les calvinistes , grâce au
alors, franchement déclarée pour le concours 4m*elle leur avait prêté, eu<*
parti catholique, qui était aussi le parti rent grandi en nombre et en puisnational, le peuple, oubliant qu'elle était saoce, elle fut la première à conseiller étrangère, se serait bien viteraliiéaoua h CImrles IX de donner son approbale drapeau de la mère du monarque tion à l'horrible guet - apens qu'elle légitime.Larévéîation des intelligences avaft médité contre eux. En agissant secrètesentietenuesparlesGuises avec ainsi, elle cédait probablemement aux Ja cour de Home et avec TEspagne injonctions de l'Espagne , de la cour aurait fait tomber le masque dont se de Rome et de la fiaction des Guises , couvraient ces ambitieux ; quant aux que toutes ses intrigues n'avaient pu princes protestants, le peu de faveur empêcher de se fortifier. Effrayé ues dont ils joniasaient auprès des masses progrès accomplis par la seclsnoa* ne leur aurait pas permis de travailler velle , exaspérés par les cruautéi longtemps avec impunité au démem- qu'elle avait commises dans plusieurs bremeot de la France , ou, pour le occasions et par la morgue aristocratie moins, au retour de n monarchie nue de ses cbefiB, les catholiques étalent féodale. Lorsque Henri III revint à décidés plus que jamais à poursuivra ce système, et voulut supplanter les cette lutte avec opini.'itreté. Comme Guises en se proclamant lui-même le ils étaient les plus nombreux et les plus clief de la ligue , il était déjà bien tard ; forts , Catherine revint à eux , dès
T« IT. 19* lÀorcUson. (DiCT. bncyci.., bxc.) 19 '
vimvms.
qu'elle s'aperçut qu'ils pouvaient se passer d'elle. Ils voulaient une guerre ouverte, elle préféra une guerre de trahison. Elle aoeorda une trêve aux calvinistes, attira leurs chefs dans Paris sous le prétexte de consacrer la
Saciûcation et d'assister au mariage u prince de Béarn aveo la prinoikia Marguerite. Quand ils furent tombés dans te piège, elle les lit égorger. Le nom du massacre de la Saint- Barthé^ lemy est à Jamais inséparable de ectoi de Catherine de Médicis. Qu'on ne dise pas que c'est un acte national ; ce qui était national, c!était le besoin d*empdcher les calvinistes d*ébranier les fondements de la foi paternelle et les bases de l'ancienne monarchie; mais le caractère bien connu de la Dation répugnait aux mesures erimi<« nelles qui ont été employées. 1/idée d'une boucherie ne pouvait venir que de rétrçko^er, qui avait intérêt à affaiblir la Ffai|ca. Conçue par Galherioe de Médicis ou peut être par le dllQ d'Albe , la Saint - Barthélemv fut exécutée par une bande de ianati-
3 nés, à la téte de laauelle figuraient es Italiens dévoués a la reine. Ella excita les applaudissements de la cour de B-ome , elle excita surtout les applaudissements de TEspagne. Le peuple, déchaîné par les agents de Catherine de Médicis et par ceux des Guises, céda à un uremier mouvement de fiireuf ; mais mtntdt riudignation générale fut telle, que, loio depené* vérer dans cette abominable voie , on laissa les calvinistes réparer leurs
grtaa. Sans la. politique suivie par ithtrîBe de Médicii depuis sa première féfffnce , la continualion du système 3e mesures répressives employé par Ffàoçdia I** et Btilri O aurait sufii pour aauver la religion de l'État, et personne en France n'aurait eu Tidée d'une monstruosité de ce geore. Sans Catherine de Médicis, personne en France n'aurait eu riiii[iudeur d'attirer les chefs des rebelles à Paris, sous prétexte d'une féte, et de donner le signal de leur immolation :
sur elle seule doit E^aiUir le saog vecsé à la Saipf-Bartbélemy.
Maïs ce qui peut-être est plus infâme encore , c'est qu'elle traita de nouveau avec les princes calvinistes»
Joriqu'elle s*apeiçut que sou crime avait servi la cause des Guises et augmenté Taudac^ du parti protestant.
Ainsi, en rentrant dans son ancien système de basoula^ elle préparait les élément^ d'un nouveau massacre. S'il est permis de sonder les profondeurs de i ànie d'une pareille femme , il est prolMble que ia Saint-Barthélemy n*é> tait que le début d'un horrible drame qui devait se diviser en trois actes. La réconciliation de la reine avec les càU vinistes lui aurait fourni le moyeq de se débarrasser des Guises, comme son alliance avec ces derniers lui avait permis de faire tomber la téte de Coligni el des principaux chefs du parti protestant. Les Guises abat»
tus, rien de plus facile que d'achever les protestants en se mettant à la téte de rimmepse majorité de la aation.
Alors Catherine de Médicis aurait solidement assis sa domination sur la ruine de tous les chefs de factions.
Mais pour que ce plan infernal pût réussir, il aurait fallu que Henri III . se laissât gouverner lui-même. Moins docile que Charles IX , il voulitt Sft soustraire au joug maternel , :ijt riéali» ser, pour son propre compte, les projets que Catherine avait eu l'imprudence de lui communiquer ou (^u'il aevail deiinéi lui-même. lU mamère dont ir fit assassiner le duc de Guise montre qu'il était bien digne de sa mère. Lorsque Catherine de Médicis sévit supplantée par son propre fils qui la redoutait encore plus qu'il ne redeis* tait la ligue, un cruel désespoir s'empara de son âme ; elle lui prédit ce qui allait arriver, et elle mourut le & janvier 1589, emportéepar une fièvre vio< lente. Henri III ne manifesta aucun re-
{;ret et ne prit nul souci de ses funerailes. Son cadavre fut jeté dans un bateau et inhumé dans un tombeau plus que modeste. D gne fin d'une pareille vie!
La seule chose qu'on puisse louer en Catherine, c'est sou amour pour les bfâttx*arts; nuds cela ne suffit pas pour « ûire OMblitf un demi-s\è(4j» de^c^ iiaes»
dont le premier remonte à l'empoisonneiiient du dauphin , sous le rèjine de François 1 % lorsque Catherine n'avait encore eue dix«iept ans« «t dont le dernier n^est même ptl I» Sliot* Barthélémy.
Cathebinot (Min.)t avocat « né à Lueon* prèsde Bourges, en tOSS/mort «o 166ft, rassembla de nombreux matériaux pour l'histoire de sa patrie. On raconte que pour répandre ses écrits, il avait la singulière habitude, toutes les fois qu'il venait à Paris, de les glisser dans les étalages des bouquinistes, sur les quais, en ayant Tair de regarder les livres. La JmUotkégue historique porte à plus de cent trente le nombre de ses ouvrages. Le plus curieux est sa f^ ie de mademo'ueUe Cujas.
Catholicisme. — Nous ne parierons pas ici de rintrodiirtion do la religion chrétienne dans les Gaules, ce si'jet . sera treité è rsrtieleCBBisTiAifisiiB.
^ous ne parlerons pas non plus des relations de la Franre avec le chef de l'Église catholique, 1 article Papauté devant contenir une histoire générale de ers rdations. Cependant , comme la puissance des papes ne s'est pas établie d'une manière solide avant la fin du huitième siècle , et que le ca- Uiolicisme naissant a puissamment influé sur la » formation m^nic de l'empire des Francs dans les Gaules, on ne saurait passer sous silence cette période de temps qui sVst écoulée du cinquième au luiitième siècle, et qui est si importante dans l'histoire de la nationalité frant^aise et daus celle du catholicisme.
Tous nos historiens , soit anciens, soit modernes, quels que soient d'ailleurs leurs dissentiments sur une foule d'autres pointa, sont d'accord sur ce fait , que la conversion des Francs au cîitliolicisme a été la priueipale cause de la rapidité et de la durée de leurs eonquétes dans les Gaules. I>cs uns voient un bien dans le choix que lit ce peuple barbare; les autres, en plus petit nombre, regrettant qu*il D*ai| pas adopté Thérésie ttûDM; pûia UHiaoDBvieanfntgoftsa.
fortune politique fut la conséquence de son alliance avec le clergé gaulois,
âui était catholique. Cela est eu effet e la dernière évidenee, et aiyourdliui encore le souvenir de la conversion de Clovis est pour la France une tradition populaire.
. Vers la fin du cinquième siècle , Iors<|ue les invasions des Francs prirent un c iractère plus marqué, le midi de la Gaule etiiit deja o<-cu|)e par les Bourguignons et les Visigotlis, les uns et les autres partisans de l'arianlsme.
Toujours sous l'influence romaine , niais incapable de résister lunj'temps aux barbares qui le menaçaient de tout coté, le nord de la Gaule redoutait moins le joug des Francs que tout autre joug. On peut eu dire autant du clergé de tout le reste de la Gaule, qui était resté attat hé à l'église de Rome alors que le reste du monde faisait scission avec elle. Barbares pour barbares, il préférait les Francs encore idolâtres aux Bour|[uignon8 et aux Visigoths déjà convertis , mais convertis au culte de l'Orient. Il avait au moins Tespoir de leur fiiire embrasser ses croyances et de trouver en eux des instruments énergiques et en état d'assurer le triomphe du catholicisme dont le berceau était entouré d'ennemis. Le succès répondit d'autant plus vite à son attente, que les Francs comprenaient déjà instinc^ tiyement la supériorité du christianisme, et qu'eu outre ils avalent besoin de devenir ilirétiens pour effectuer plus fa( ilement la conquête des Gaules, objet de leur ambition.
« La victoire de Tolbiac, dit M. de Sismondi , avait mis Clovis à la téle d'une puissante confédération germanique; mais sa conversion seule pouvait lui assurer la bienveillance et l'obéissance des Gaulois, au milieu desquels il voulait établir son empire.
Clovis se hâta donc d'accomplir le vœu qu'il avait feit à Clotilde et à son
Dieu Par un sort singulier, Clovis
se trouva être, à cette époque, le seul roi civilisé ou barbare qui fîtprofessloh de la fbi orthodoxe. L'empereur Anastase, en Orient, était tomhé dans
quelque errsur obscure sar la doc-' les MldatBioiiidi», dispersés dans di«
trine de rincarnation ; le grand Théo- verses provinces des Gaules , et ne doric, qui venait de fonder m Italie pouvant plus avoir de communica- Je royaume des Ostrogoths; Alaric, tions avec Tancieune ou la nouvelle roi des Visigoths à Toulouse ; Gonde- Ronie , furent également încorpoiyés baud et Godegisiie, rois ries Bourgui- dans Tarmée et la nation des Francs, gnons ; Trasamond, roi des Vandales dont ils accrurent subitement la puisen Afrique; le roi des Suéves en £s-, sance Aucune trace, il est vrai,
pagne, dont le nom n'est pas connu» de oe grand événement n'est demeurée
étaient tous ariens. La conver- dans aucun des historiens de France, ni
sion de Clovis fut pour les Gaulois et dans aucune des lois des peuples barba-
pour tout le cleçge catholique un jour res. Cependant, dès le moment de la
de triomphe. Un nouveau Constantin; conversion de GtoWs, nous voyons le
prenait fa défense de TÉglise , et de diefde trois mille guerriers devenir le
persécutée il lui promettait de laren- souverain de la plus belle portion de
dre persécutrice, la Gaule. Kntre les années 497 et 500,
« Le pai)e Anastase adressa de Rome espace de temps où Grégoire de Tours
une lettre à Clovis pour le féliciter, et ne place aucun événement , tous les.
Avitus, évêque de Vienne, sentant restes de la domination romaine dis-
déjà quelle conséquence pouvait avoir parurent, et toutes les provinces qui,
pour tout le clergé des Gaules la con- soit réunies en confédération , soit
version d'un roi aussi vaillant, lui épa rs es, n'avaient encore reconnu l'an*
écrivit : f^otre foi est notre victoire, torité d'aucun barbare, devinrent des
« En effet, dans les villes gauloises, parties de la monarchie des Francs. A qui , démembrées de TFimpire , n'é- la fin du cinquième siècle , ou vingttaient point encore envahies par les cinq ans après la suppression de Tembarbares , un clergé riche et puissant, pire d'Occident, la domination de secondé par la superstition des peu- Clovis s'étendait jusqu'à l'Océan, juspies , avait remplacé tous les autres qu'à la Loire , ou elle confinait avec pouvoirs de l'État. L'évéque, premier celle des Visigoths; jusqu'au Rhône, citoyen de la ville, était l'oracle de la oiî elle confinait avec les Bourguimunicipalité , souvent son chef, et il gnons; et jusqu'au Rhin, où elle cons'arrogeait toutes les fonctions des finait avec les Allemands et d'autres comtes que l'empereur ne nommait' Francs. »
plus. Les rois des Visigoths avaient MM. Guizot et Châteaubriand, aussi
exercé quelque persécution contre les bien que Mezeray, voient dans l'al-
cathoiiques; le premier intérêt des liance du clergé catholique et des
Gaulois était de ne pas tomber entre Francs le secret de l'élévation de
leurs mains ; leur politique la plus ces derniers. M. Augustin Thierry
naturelle, de se choisir un défenseur lui-même partage cette opinion ; sui-
guerrier. . vant lui, Clovis , l'homme politique
« Un chapitre de Procope , au livra parmi les rois francs de la première
premier de sa Guerre gothique , nous race, mit sous ses pieds le culte des
donne les seules notions qui nous dieux du Nord dans le but de fonder
soient parvenues sur 1 alliance qu'une un empire, et s'associa aux évéques
même mi religieuse fit contracter en-- orthodoxes pour la detIrucHon des
tre les Francs et les Gaulois* Il nous deux royaumes ariens. M. BUichelet
dit que les Armoriques , qui confi- surtout a admirablement caractérisé
naieut avec les Francs, après avoir ce grand événement; voici en quels
été attaqués par eux et les avoir vaii* termes il s*ex|>rime : « Attila s'éloi-
lamment repoussés , acceptèrent leur gnait, et l'Empire ne pouvait profiter
alliance ; quMls convinrent de se réu- de sa retraite. A qui devait rester la
nir en un seul peuple, et de se régir Gaule? aux Goths et Burgundes , ce
par les mêmes lois ; qu'en même temps semble. Ces peuples oe pouvaient
' CAT
ÇiÂJNCE. . €kr
manquer d'envahir les contrées centraies, qui , telles que TAuvergne, s'obstinaient à rester romaines. Mais les G oths eux-mêmes n'étaient-ils pas Romains ? Les Goths n'avaient que
trop bien réussi à restaurer TEmpire.
L'administration impériale avait reparu , et avec elle tous les abus qu'elle entraînait. L'esclavage avait été maintenu sévèrement dans Tinté* rét des propriétaires romains. Iml)us (les idées b3rzantines dans leur long séjour en Orient, les Goths en avaient rapporté Tarianisme grec, cette doctrine qui réduisait le christianisme à une sorte de philosophie , et qui soumettait l'Église à l'État. Détestés du clergé des Gaules, ils le soupçonnaient, non sans raison , d'appeler les Francs, les barbares du Nord. Les Burgundes, mgiiis intolérants que les Goths, partageaient les méraes craintes. Ces défiances rendaient le gouvernement chaque jour plus dur et plus tyrannique. On sait que la loi gothique a tiré des procédures impériales le premier modèle de Tinquisitlon.
« La domination des Francs était d'autant plus d^irée que personne
peut-être ne se rendait compte de ce qu'ils étaient. Ce n'était pas un peuple , mais une fédération ; plus ou moins nombreuse , selon qu'elle était puissante; elle dut l'être au temps de Mellobaud et d'Arbogast, à la lin du quatrième siècle. Alors les Francs avaient certainement des terres considérables dans l'Empire. Bes Germains de toute race composaient, sous le nom de Francs, les meilleurs corps des armées impériales, et la garde même de l'empereur. Cette population flottante entre la Germanie et l'Empire se déclara généralement contre les autres barbares qui venaient derrière elle envahir la Gaule. Ils s'opposèrent en vain à la grande invasion des Bourguignons, Suèves et Vandales, en 406; beaucoup d'entre eux combattirent Attila. Plus tard, nous les verrons, sous Clovis, battre les ■Atemans, près de Cologne, et leur
fermer le passage du Rhin. Païens encore, et sans doute indifférents dans
la vie indécise qu'ils menaient sur la frontière , ils devaient accepter facilement la religion du clergé des Gaules.
Tous les autres barbares à cette gue étaient ariens. Tous appartenaient à une race, à une nationalité distincte. Les Francs, seuls , population mixte, semblaient être restés flottants sur'fo frontière , prêts à toute Idée , à toute influence, à toute religion. Eux seuls recurent le christianisme par l'Église latine, c'est-à-dire, dans sa forme complète , dans sa haute poésie. Le rationalisme peut suivre la civilisation, mais il ne ferait que dessécher la barbarie, en tarir la séve, la frapper d'impuissance. Placés au nord de la France, au coin nord-ouest de l'Europe, les Francs tinrent ferme et contre les Saions païens, derniers venus de la Germanie, et contre les Visigoths ariens , enfin , contre les Sarrasins, tous également ennemis de la divinité de Jésus-Cbrist. CSe n'est
f>as sans raison que nos rois ont porté e nom de fils aînés de l'Église.
« L'Église fit la fortune des Francs.
L'établissement des Bourguignons, la grandeur des Goths , maîtres de l'A-
auitaine et de l'Espaiigne, la formation es confédérations armoriques , celle d'un royaume romain à Soissons sous le général Egidius, semblaient devoir resserrer les Francs dans la forêt Carbonaria entre Tournai et le Rhin.
Us s'associèrent les Armoriques , du moins ceux qui occupaient l'embouchure de la Somme et de la Seine. Ils s'associèrent les soldats de l'Empire, restés sans chef après la mort d' Egidius. Mais jamais leurs faibles ban^ des n'auraient détruit les Goths, humilié les Bourguignons, repoussé les Allemands , si partout ils n'eus' Ment trouvé dans ù clergé un ardent auxiliaire, qui les guida, éclaira leur marche^ gagna d avance les populo»
lions.
m dovis ne commandait
encore qu'à la petite tribu des Francs de Tournai , lorsque plusieurs bandes
TiâX
^suéviques , désignées lous le nom
d'All-men ( tous hommes ou tout à fait hommes ) , menacèrent de passer •le Rhin. Les Francs prirent les armes, .fx»inme à rordifiaire , pour fermer le passage aux nouveaux venus. Kn pareil cas, toutes les tribus s'unissaient .60US le chef le plus brave. Ciovis eut .«fnsi rhonneur de la victoire oommune. Il embrassa, en cette occasion, le culte de la Gaule romaine. C'était celui de sa femme ClutilUe , nièce du
' rûi des Bourguignons
' « Cette union de Ciovis avec le clergé •des Gaules semblait devoir être fatale aux Bourguignons, il avait déjà essayé de pronter d'une guerre entre •leurs rois Godegisile et Gondebaud.
Il avait pour prétexte contre celui-ci son ariaoisme et la mort du [)ère de Clotilde que Gondebaud avait tué; nul doute quMI ne fût appelé çat les évêques. Gondebaud s'humilia. Il amusa les évéques par la promesse de •sefiiira oftbouque. D leur eonfla ses en&nts è élerer. II accorda aux Romains une loi plus douce qu'aucun peuple barbare n'en avait encore accordé aux vaincus. Enfin, il se soumit •à payer un tribut à Ciovis.
« Alaric TI , roi des Visigoths, partageant les même^ craintes , voulut gagner Ciovis, et le vit dans une Ile de .la Loire. Celui-ci lui donna de bonnes paroles ; mais immédiatement après il convoque les Francs. « il me dé- .« plaît, dit-il, que ces ariens possèdent « la meilleure partie des Gaules; allons « sur eux avec l'aide de Dieu, etchas- « sons-les; soumettons leur terre à no- .« tre pouvoir ; nous ferons bieu , car M elle emt très-bonne. ■
« LiOin de rencontrer aucun obstacle, il sembla qu'il filt conduit par une main mystérieuse. Une biche lui indiqua un çué dans la Vienne. Une colonne de leu s'éleva pour le ;[îiiider, •la nuit, sur la cathédrale de Poitiers. Il jenvoya consuJter les sorts à Saint- Martin de Tours, et ils lui furent fiivorables. De son côté, il ne méconnut pas d'où lui venait le secours. Il délendit de piller autour de Poitiers.
Près de Tours, il avait frappé de son épée un soldat qui enlevait du foin sur le territoire de cette ville, consacrée par le tombeau de saint Martin.
« Oties^, dit-il, reispoir 4e la vie^ toire , si nous o// eus on s saint Martin? « Apres sa victoire sur Syagrius, un guerrier refusa au roi un rase saeré quMI demandait dans son (>artage pour le remettre à saint Remi, à l'étilise duquel il appartenait. Peu après , Ciovis , passant ses bandes en revue, arrache au Midat sa finnois* que, et, pendant quMI la ramasse, lui tend la téte de sa hache : a Souvienstoi du vase de Soissons. » Un si zélé défenseur des biens de l*Église devâlt trouver en elle de puissants secours pour la victoire. Il vainquit en effet Alaric à Youglé près Poitiers , s'avança jusqu'en I>anguedoc , et aOfUit été plus loin si le grand Théodoric, roi des Ostrogoths d'Italie et beau-père d'Alaric il , n'eût couvert la Provence et TEspagne par une armée, et sauvé •œqoi restait au filt encore ensuit de ce prince , qui, par sa ]iière«|e trouvait son petit-iils. »
Noos n*en finirions pas si nous voulions multiplier les citations. Tous les événements qui ont suivf, aussi bien
Î|ue ceux qu'on vient de lire dans ces dlférents passages empruntes à MM. Sismondi , Augustin Tnlerry et Michelel , témoignent que cette main mystérieuse, qui aplanis.sait partout les obstacles en faveur des Francs, c'était la main des évéques et du clergé eatholfque. Avec lesecoursde ce mdme clergé qui avait consolidé leur puissance et aidé à leur triomphe sur le.s Visigoths et les Bourguignons, les Francs devinrent les chefs militaires de la Gaule; et ils ac(|ijirent sur le reste des barbares une supériorité assez grande pour les grouper autour d'eux, en un seul faisceau , et en faire un contrepoids assez tort pour que l'Occident n'eût rien à craindre oe l'accroissement prodigieux de la monatchiearabe, sou les successeurs de Mahomet (Voy.
CUABLEMAGNE.)
Mais si ie coucours du plergé latin
CAT FRAi^CÈ. ClT
fut utile à ragrnndissempnt de la mo- tlinî an poiivnîr que le talent et la
liarchie franque, Talliance des Francs Vertu: {];ouv(^rnement modèle, donné
ne fut paji moins utilë au dévelopj>e- en exemple à tous les peuples pour
nient du ftathoiicisme et à rélévatioil qtiMIs pussent s'en rapprocher sueces-
de la papauté. Avec le secours des Mvement , et chacim dans la mesure de
Francs mprovin^iens , le c;itholicisine ses forces; institution pleine de puis-
l*essaisit la Gaule, dont la perte dêflni- sance et de majesté; cité de Dieu,
tWe lui aurait fermé tout avenir. Avec Offerte à radmiration de l'Univers en-
le secours des Francs carlovingiens, le tier , comme le but vers lequel doi-
catholicisme triompha et des Saxons veut tendre toutes les associations
idolâtres et des Arabes maliométans. uartielles dont se compose le genre
Les Francs furent les missionnaires liumain.
armés du catholicisme ; ils en furent Cette répuliliq'ie religieuse, con-
les soutiens et les sauveurs. Char- damnée à une lutte incessante contre la
lemagne, le plus grand homme qui puissance civile, et forcée de s'isoler
soit sorti de leurs ran<;s , délivra la du monde pour agir avec plus de fàrct
papauté du voisinnce (fes Lombards sur le monde, eut sa diseipline pnrtî-
quf menaçaient de l'étouffer. Il fit culière qui reçut des modifications
Slus , il \ii dota , jeta ainsi les bases plus ou moins sagement conçues. Elle
e son indépendance politique, et c*est eut deS alternatives de liberté ou de
à lui que les pnpes durent cette puis- dirtatiire, pendailt lesquelles domi-
sance, qui leur permit, bientôt après, nèrent tour à tour les conciles ou les
de traiter dVgaux à égaux avec les papes. Elle eut ses moments de fai-
empereurs qui lui sueeédèrent. « Messe , et parut plus d*ane fois sur soo
Ainsi donc , l'alliance profita aux déclin et à deux doists de sa mine;
uns et aux autres. Quoi qu en aient pu mais son but resta toujours le même :
dire ou penser quelques critiques, ce travailler à faire de l'Évangile le code
fut un bonheur pour la civilisation gé- qui doit r^r la terre; propager les nérate. Si les Francs avaient embrassé- sentiments de charité, d'égalité et de
l'arianisme comme les Bourgui;;nons fraternité universelle. A ce titre, elle
et les Visigoths, la grande Église chré- a eu raison de se proclamer catholi-
tienne n*aurait jamais existé, et le que y et de se prétendre l'unique hérl«
christianisme n'aurait pas pu prendre tière d'^ l'Église primitive, puisque
tout son essor. Il serait resté partout seule elle a su mettre In religion au-
subordonnéà la puissance temporelle, dessus des atteintes du pouvoir tem«
comme dans les Églises ariennes et porel et à l'abri des envahissements
dans celle de Constantinople. L'Église de César.
latine , au contraire, se servit de l'épée Cependant, elle ne se borna pas des Francs pour faire reconnaître l'in- toujours à dire que , de tous les senti« dépendance du pouvoir spirituel; indé- ments de l'homme, celui qui a le plut pendance qui n'avait existé que de nom besoin d'Indépendance , c'est le sentidans les anciennes théocraties , où, ment religieux. I^orsque la papauté se distrait par r exercice des fonctions po* sentit toute-puissante, l'Église em* litiqUes et par le besoin de veiller a la pléta à. Son tour sur le pouvoir poli« conservation de ses prlvil^es, le prêtre tique qu'elle avait consacré cependant , oubliait souvent les devoirs du sacer- et entra avec lui dans une lutte terdoce. Alors , pour la première fois , le rible gui troubla la société chrétienne roondevitsurgirduseindelasooiétéune pendmit plusieurs .siècles , et se terrépublique vraiment indépendante, ne mina à I avantage des rois soutenus reconnaissant que Dieu pour maître, par les peuples. Cette grande lutte, ne voyant que des frères dans tous les dans ce qu elle a de relatif a la France^ hommes , n^obéissant qu'à des chefs de tera, comme nous l'avons déjà dit, as* fcoii flbohi , «t n'ainottaot pas d'autra qiiissée à rartieia PAVAirti* lai» août
CAT
VUMIVERS. CAT
devons nous restreindre à cette oonsi* dération générale, que, depuis le sei* zième siècle surtout, le catholicisme, désormais privé de sa prépondérance , a alternativement subi Tinfluence po« litique des États qui environnent lé saint-siége ; tantôt celle de la France, tantôt celle de l'Espagne et de TAutriche. Il en résulte que le clergé catholique n'a pas toujours conservé cette haute indépendance, si nécessaire au développement et au triomphe de la religion. C'est sans doute pour cette cause que , dans la lutte des peuples contre les privilégiés , il a trop souvent suivi le système des jésuites , si opposé à la politique des anciens papes, et surtout si peu conforme aux principes de l'Évangile. Cependant au commencement de la révolution française , une grande partie du clerf^é français, iidele à la tradition de l'Église, avait prêté son concours à la démocratie naissante. Un prélat italien, l'évéque de Cliiaramonte, depuis le pape Pie YII, disait, en 1797, dans une homélie publiée à Imola: nOui, mes très- chers frères , soyez bons chrê' tiens, et vous serez a excellents démocrates.,. Les vertus morales rendent bons démocrates.*. Les premiers chrétiens étaient animés de l'esprit de démocratie; Dieu favorisa les travaux de Caton.d' Litique et des ilbistres r^néBcains de Berne,., Devenu pontife, révéque de Chiaramonte, il faut en convenir, ne dirigea pas toujours sa conduite d'après ces principes; mais, enfin, il les avait prodamés. D'ailleurs, l'ambition de Napoléon ,qui voulait réduire le catholicisme au rôle subalterne d'instrument politique , ne permit pas au nouveau paoe de réaliser les projets de réforme qu il
Paraissait avoir conçus. Pour échapper la domination de ISapoléon^ il fut oblige de se jjeter dans les bras des AutrichicDS , oes Russes et des Anglais.
Le catholicisme serait plus puissant aujourd'hui si la chancellerie autrichienne ne pesait pas aussi lourdement aitr la cour deRome. Le jour où les pft*
pes, se rappelant leur ancien rôle de protecteurs et de représentants des peuples , chercheront à diriser plutôt qu^à étouffer le désir d'afiranchissement qui agiter£urope catholique, ce jour-là, le catholicisme ressaisira son ancienne puissance et son ancienne majesté ; ce jour aussi il redeviendra rallié de la France. Les descendants civiHsés de ces barbares qui l'ont rendu tout-puissant au moyen âge, sont encore là pour mettre à son service des bras et des cœurs non moins forts et non moins généreux que les bras et les cœurs des Francs mérovingieiis et car> lovingiens.
Mais il est temps que la papauté se hâte , car TÉglise grecque , soumise à la volonté du czar, mais armée d*une grande puissance matérielle, gagne chaque jour du terrain et menace de réduire à la servitude plus d'une population catholique. Si l'Espagne, l'Italie et la France ne forment pas avaitt peu un faisceau compacte, les protestants et les Grecs, ou, ce qui revient au même , les Anglais el les" Russes , usurperont bientôt la . suprématie politique , et feront descendre les nations romanes du haut rang qu'elles ont jusqu'à ce Jour occupé. Quel plus admirable lien pour ces nations que le clergé catholique !
Mais pour redevenir le çuide des peuples les plus civilisés, d finit que le catholicisme , se rajeunissant à rezeinple du reste de l'Europe, ait le courage d'en appeler lui-même à une sage réforme. Cela loi sera d*autant plus facile que la politique des peuples en France, en Italie et en Espagne, repose sur les bases mêmes de l'Évangiie, et est absolument conforme à la politique des Grégoire VII , des Alexandre III et des Sixte-Quint. Alors les papes étaient les chefs , ils étaient les tribuns de la démocratie; alors le catholicisme était uue doctrine de progrès etUD foyer de lumières. Alors , pour occu-
{)er la chaire de Saint-Pierre, il ne falait pas être Italien comme cela est nécessaire aujourd'hui; il suffisait d*étre catholique et de pocséder du talent
CAT 397
et de la vertu. Le commandement suprême était accessible à tous, ainsi qu'il convient dans une société d'apôtres qui doit servir dlnstitutrice à tous les peuples de la terre.
Catholicon. Voyez Satiab Mé-
NIPPÉB.
Cattnat (Nicolas), maréchal de
France, naquit, le 1" septembre 1G37, à Paris , où son père était doyen des conseillers au parlement. Il suivit d'abord la carrière d'avocat ; mais la perte d'une cause dont la justice lui semblait évidente le dégoilta du métier; il quitta le barreau pour les armes , et entra dans la cavalerie. Simple soldat au siège de Lille en 1667, il se fit remarquer de Louis XIV, qui rétompensa son courage par le don d'une lieutenanoe. Chacun des grades intermé* diaires par lesquels il passa depuis 1667, pour s'élever enfin à celui de lieutenant général en 1689, il les dut, de même que le premier, à des actions d'éclat dont Maêstricfat , Besançon, Senef, Cambrai , Valencienncs, Saint- Omer, Gand , Ypres , turent successi- ▼ement les théfttres. Blessé à la bataille de Senef, il eut l'honneur de recevoir du grand Condé le billet suivant : « Per- « sonne ne prend plus que moi d'intérêt « à votre blessure ; il y a si peu de gens « comme vous, qu'on perd trop quand n on les perd. » En 1689, lorsque Louis XiV, justement alarmé des ter-
Siversatlons de Victor-Amédée If, due e Savoie, lui déclara la guerre , Catinat fut envoyé en Italie, Le 18 août
1690, il gagna la bataille de Staffarde, qui le rradit roattre de la Savoie; en
1691, il occupa une partie du Piémoot.
La victoire de Marsaille, qu'il remporta le 4 octobre 1693, lui valut le bâton de maréchal, et termina la guerre, car, dès lors, la France négocia secrè* tement avec le duc. Louis XIV accueillit Catinat de la manière la plus flatteuse à son retour de l'armée , l'entretint lonetemps d'opérations militaires, et finit par lui dire: «C'est assez parler de mes affaires, comment vont les vôtres?»— «Fort bien, Sire, répondit le maréchal , grâce ^ux bontés de Votre Majesté. »« Voilà , le^it
le roi en se tournant vers ses courtisans, le seul homme de mon royaume qui m'ait tenu un pareil langage. »
Envoyé en Flandre , Catinat ne fut ni moins habile ni moins heureux qu'en Piémont, et il prit Ath en 1697.
Mis de nouveau à la téte de l'armée d*Italie, en 1701, il allait se mesurer avec le prinre Euf^ène , et c'était pour ce prince un digne rival ; mais Eugène avait l'armée inipériale àt son entière dispositieii, et Gatinat ne pouvait agir que d'après les ordres de sa cour. Cette dépendance, jointe au manque de vivres et d'argent , et aux inquiétudes que lui causaient les secrètes dispositions du duc de Savoie, fut fatale à Catinat. La défaite au'il essuya le 9 juillet à Carpi l'obligea a'ef* léctuer'sa retraite, et d'abandonner le pays entre l'Adige et l'Adda. Battu de nouveau à Chiari , il fut disgracié. On lui ôta le commandement pour le donner à ViUerol ; et après la campagne, qu'il acheva sous les ordres de son successeur, il ne servit plus. Les échecs de Carpi et de Chiari furent
Slutdt le prétexte que la cause de sa isgrâce. La cause véritable c'est que Louis XIV estimait Catinat sans 1 aimer ; et il ne l'aimait point uarce que madame deMalntenon, dont rinfluenoe sur Tesprit de son royal époux augmentait de jour en jour, avait su l'indisposer contre lui. Quant à l'inimitié de madame de Maintenon, Catinit l'avait encourue dès longtemps, perce qu'on le soupçonnait de jansénisme, et qu'il n'ctail que religieux : pour trouver grâce devant elle, Il fallait être dévot. Elle-même, dans une de ses lettres , assigne à la disgrâce de Catinat le motii que nous donnons : « U «ne servira plus, dit-elle; le roi n'aime « pas à confier le soin de ses afiEsbm à « ceux qui n'aiment pas Dieu. »
Catinat clôt la liste des grands capitaines gui ont illustré le siècle de Louis XlV; car, après lui , Villan seul empêcha que la gloire des armes françaises ne s'éclip&ât tout à fait ; néanmoins, s'il faut en croire le Mémorial de Sainte-Hélène, Napoléon disait que i'inspeotioa des liew où Catinat avait
m tkt L'umy£KS. e&t
o)iét^ en Italie, et la lecture de sa vois. Sa modestie était si grande, que,
éorre^pondance nven Louvois le lui dans la relation qu'il envoya h la cour
avaient fait paraître beaucoup au- aprèssa victoire deStaflfiirue, il s'oublia
dessous de sa réputation. « Sorti du pour citer avec éloge tous les ofBciers
tiere état, obserrait Tempereur, et sous ses ordres; de sorte qu'on aurait
du corps des avocats ; avec des vertus pu croirequ'il n'avait lui-mcine pris au-
douces , des mnpurs, de la probité; af- cune part à cette luomoroble bataille,
fectant la pratique de l'égalité; établi Catiuat,qui, interroge par Louis XIV
à Saint-Gratien , aux portes de Paris , sur Tétatae sesaffaires, disait être con-
il était devenu l'affection des gens de tcnt de son sort , n'était pas riche ; et
I lettres de la capitale n des philo5;ophes il avait f; illu un ordre exprès du roi
dujour«quii'ontbeaucouptropexalté... pour qu'il consentit à accepter ce qu'en
Il n*étDit nullement comparable à Veit^ temps de guerre les f^énéi'aux appelteot
dôme. » Certes, en pareille matière, le traitement du pays. A la fin d'une
l'empereur s'y connaissait; cependant campagne, sa bourse se trouva si dé-
on peut dire que son Juueuient est garnie, qu'il se vit contraint de solli-
efnen Injuste, du moins fort rigou- citer une gratification de thils mille
reux; et qu'en ap[)réciantlescampagnes écus , avouant * que les autres années
du maréchal en Piémont, sur un terrain cette gratification était de commodité ,
où lui-même avait ouvert si glorieuse- mais que, pour Tannée présente, elle
ment sa campagne dltaiié , Il n*a point était de nécessité. » Malgré son peu de
tenu suffisamment compte de la diver- fortune, il savait au besoin se montrer
sité des circonstances ; des difficultés généreux : ainsi il était en Piémont lors-
qui entravaient Catinat, et des progrès qu'il fut nommé maréchal de France,
que Tart de la f^uerre a fiiits depuis. Il et donna mille écus au courrier qui lui
est vrai queCatînat n'eut ni la fougue ni apporta le bâton. Mais ce courrier
le brillant de Vendôme i mais, comme n avait fait que remplacer un gentil-
Turenne, il fut toujours calme, pru- homme tombé malade en route; et ce
dent, réfléchi ; et cette dlf^poaition habi* gentilhomme prétendit que la gratill-
tUdledesonflmeavaitfrappéjusqu'aut cation lui revenait de droit. Catinat,
simples soldats, qui l'appelaient entre venant à apprendre la discussion , fît
eux le père la Pensée, donner mille écus à chacun des deux.
Les talents milltalm n'exeluafent La rancune et la jalousie n'avaient
point d'autres capacités chez Catinat. aucune prise sur son âme : lorsque
Plusieurs fois d'importantes négocia- Vîlleroi vint le remplacer dans le
tions lui furent confiées, et il s'en tira conunandement, Catinat, mettant la
toujours airec succès. Doué d*un esprit gloire d*être utile bien au-dessus do
émmemment juste, il était propre à point d*honnettr, consentit à servir
remplir avec distinction les emplois sous son successeur. * Je t.lche d'ou-
en apparence les plus opposés. Aussi «blier ma disgrâce, écrivait-il à ses
It maréchal de la Fetiillade , quoique « amis, pour avoir resprit plus libre
son ennemi, disait-il à Louis XIV que « dans l'exécution des ordres du maré-
Catinat eût été aussi bon ministre et « chai de Villeroi. Je me mettrai jus-
aussi bon chancelier que bon général. « qu'au cou pour l'aider. Les méchants
Mais ce qu*od doit surtout admirer « seraientoutrés8*il!rsavaientjusqu'oîl
chfz Catinat, c'est Theureuse trempe « va mon intérieur à ce sujet. » Enfin ,
de son caractère , ce sont les nobles telle était la simplicité île ses habitudes,
?ualités de son cœur. Sa bonhomie que madame de Sévigné, dans une de
aTait rendu Pidole du soldat A la ses lettres à salHIe, lui marque, avec
guerre 4 il croyait ne pouvoir jamais une surprise qui peint les mœurs du
user, à l'égard des vaincus, d'assez de siècle, qu'elle a vu le maréchal de Ca-
douceur et de ménagements. Souvent tinat se promener dans sou Jardin sans
il éluda rentière exécution des ordres épée.
Hun dliflteiMes^'ilradevaitdelioiH Catinat uioarut dans sa retrait» dd
Saint-Gratien le 25 février 1712, à par Tâge et la maladie (*)^ s*opposà
râge de soixante et quatorze ani, sans d*abora à oes projets. Enfln , entraîné
-IToir jamais été marié. par les sollicitations de l'infatigable
Catinàt (Abdias Manuel, dit), clief Indutioinar, il seconda son jeune col-
camisard , commandait sous Cavalier, lègue, et le suivit à l'heure au combat,
et ce fut en grande partie à lui aue les Quand la fortune eut trahi la cause die
insurgés durent rorjz;inisation dfe leur i indépendance, le vieux Cativolke, ne
cavalerie. Cependant, niaijiré sa bravoure et de brillants faits d'armes, sa désobéissance aux ordres de ses chefs le fit traduire devant un conseil de guerre, où on l'accusa aussi d'avoir incendié des églises sans ordres et sans raison. Il s'avoua coupable, et, grâce à ses services, il fut acquitté à l'unanimité. Il refusa de fuire sa soumission au roi , comme Cavalier, et passa en Suisse; mais bientôt il se laissa séduire par les agents de l'Angleterre , rentra en • France, et prit part à la conspiration dont l'objet était de tuer l'intendant fiaviile. et d'enlever le maréchal de BerwicL On sait que cette entreprise
pouvant plus supporter les fatigues de la fuite et de la guerre, mit Ûn à sa vie en s'empoisonnent avec le suc de Tif (•*). Il expira en prononçant « des paroles de douleur et de malédiction et en dévouant à la vengeance du ciel et de la terre Thomme qui était venu troubler ses vieux jours , et verser sur sa patrie de si effroyables calamités (***). »
Cet homme, C6sar prétendit ^e.
c'était Ambiorix; « mais nous pouvons croire, en toute sûreté de conscience, dit M. Thierry, que les imprécations du vieillard gaulois s'adressaient plutôt à l'étranger contre qui Ambiorix n'avait fait que rem-
• éclu)ua. Catinat fut saisi et envojé de- plir son devoir de chef patriote et vant les tribunaux , qui le condamné- de Gaulois. «
rent à être brûlé vif , sentence qui Ait Catogan, manière de porter les
exécutée le 21 mai 1705. cheveux, eji usage au dernier siècle,
Catineau-Labgchë (P. M. S.), né parmi les troupes d infanterie. C'était
. à Saînt'Drieoc en 1773, se trouvait à un chignon ou une pelote de clieveux
Saint-Domingue rn 1791, et y publiait roulés sur eux-m^mes et noués par le
un journal inUlu\é T. J mi dè la paix milieu, et pendants à une hauteut
et de l'union f dont les principes le prescrite. I.e catogan , d'abord ren-
firent dénoncer aux tribunaux. Il fermé dan^ un crapaud, fut plus tard
• échappa àçrand'peine à une condam- recouvert d'une chevrette, laquelle, en nation capitale, et revint en France. 1792. remplaça cette coiffure, qui. Sous l'empire , il fut succe.ssiveuieat longtemps après, était encore en usage secrétaire général des douanea en Au» dans des corps de hunsards.
triche, inspecteur général en Illyrie , Catrou (Franc., le P.), né à Paris
. et clief de I administration de la Ifhrai- en 1G59, mort en 1737, entrn chez
rie. Après avoir voyagé quelque temps les jésuites en 1G77, et obtint pen-
en Amérique, il fut, en 1819, chargé daut sept ans de grands succès dans
par le roi d'explorer la Guyane frau- in chaire. Mais son principal titre de
çaîse, et mourut à Paris en 1828. Il a gloire est la fondation du Journal de
. publié un focabulaire portatif de la Trévoux, qui commença à paraître
. îangue /rançaisey iu-16, imprimé plu- ' en 1701. Il entreprit cette puUica-
. sieurs rois; (les Réflexions sur la II- tion avec trois autres jésuites, la sou-
hrairle, 1807, in-8°; et une Notice Èttrla Guyane fraiwaiseyVdim^ 1822.
Gatitolke, chef des Éburoos, partageait le commandement avec le brave Ambiorix , lorsque celui-ci organisa contre César sa vaste conspiration.
'GttÎTolke, rendu timide et incertatu
tint pendant près de douze années, et s'y acquit la réputation d'un écrivain Spirituel et a'un critique jodi-
(*) César, S^, GalL, liv. v, c 3t.
f") César, iliid., liv. ti, c. ^r.
(*•*) Am. Ihierry, t. U, p. 79 de l'HisteiredésGaiifois. ' *
SOO CAT LtJNIVERS. CâT
deux. Il a composé en outre un grand de Denain, en trois actes; les Aveit*
nombre d'ouvrages historiques, tels aies de FranconviUe, en un àcteienûa
que VHistoire générale du Mogat, la FéB VrgeUêy en trois actes.
1705, in-4", ou cinq volumes in-12, Cattàneo (Bernard -Louis), lieute-
avec V Histoire du règne dAureng- nant général, né à Ajaccio en 1769,
j^eh; V Histoire du fanatisme dans la entra au service en 1786, comme sous^
religion protetimUe^ contenant l'hiS' lieutenant au royal-oone. Il combattit
toire des anabaptistes^ du davîdisme à Jemmapes et à FIeurus,et était par-
et des trembleursj Paris, 1733, trois venu, en 1793, au grade de capitame,
yo\. \V Histoire des anabaptistes f lorsqu'il fut destitué comme noble,
Paris (Amsterdam), 14195 , in-13 , et et ioroé d*émi^rer. Il offrit alors ses
Amsterdam, 1700, in-1 2 ; une Traduc- services au prmce de Condé , mais
tion de Virgile ^ avec des notes criti- il rentra en France aussitôt qu'il put
ques et historiques : cette traduction le faire sans danger. Nommé, en 1806,
est entièrement oubliée; une IRsMre colonel de la légion corse, U fut en-
romainey 1725-37, en 21 vol. in-4« : voyéla même année, avec ce corps, au
cette histoire est fort étendue; mais service du roi de Naples. Élevé, deux
une foule d'ouvrages supérieurs, sur- ans après, au grade de général de bri-
tout depuis quelques années, Tout lais- gade, il devint en même temps aide de
sée fort en arrière. Le style, d'ailleurs, camp de Murât, qu*il suivit dans la
en est diffus, recherché, et quelquefois campagne de Russie. Blessé griève-
puérilement ambitieux. ment à la Moskowa, et nommé lieute»
CATaUFO (Joseph ) , compositeur . nant (général sur le champ de bataille,
dramatique, naquit à Naples en 1771, ' il revint ensuite à Napies avec son
entra, en 1783 , au conservatoire de souverain d'adoption, ^t, avec l'armée
cette ville, et composa à Malte, en napolitaine, la campagne de 1814 et de
, 1791, deiis opéras boufiSn. L*invasion 1815, et fut emmené en Moravie comme
de Fltalie par les armées françaises prisonnier de guerre. Rentré en France
orr/'ta pour un temps l'essor de cet en 1816, il passa dans la disgrâce tout
artiste. Il entra au service, et fit sous le temps de la restauration. Le géné-
nos drapeaux toutes les campagnes lal Cattanéo est mort en 1883. Sa fa-
dltalie; c*est là qu'il gagna ses let- ' mille était alliée à celle de Napoléon;
très de naturalisation. Pendant le son oncle maternel , Bacciocchi, avait
temps qu'il resta dans nos armées, il épousé la princesse Élisa, sœur de
composa plusieurs morceaux de mu- reiupereur. ^ .
sique pour consacrer le souvenir des Ga.ttel. Ce mot désignait, suivant
événements auxquels il prenait une la coutume de Hainaut, un effet mo-
part glorieuse, et pour propa^^er les bilier, et, par extension, un droit sei-
idées républicaines en Italie; ces mor- gneurial que l'on exprimait par droU
oeaux sont des hymnes républicains y au meilleur cattel. Ce droit consistait
et une cantate pour célébrer la vie- dans la faculté qu'avait le seigneur de
toirede Marengo. En 1804, il quitta prendre le meilleur effet mobilier que
le service, et se fixa à Genève, où laissait en mourant un affranchi , un
il fit le premier essai de l'enseigne- descendant d'affranchi ou Thabitant
ment mutuel appliqué à la musique, d'un lieu affranchi.
C'est pour cet enseignement qu'il com- Voici , selon les feudistes, l'origine
posa ses sol/éges progressifs. Il réside de ce droit : jusqu'au milieu du trei-
a Paris depuis 1810, et a composé pour zième siècle, w Hainaut était, comme
, Feydeau plusieurs opéras, dont la mu- lesautresprovincesdelaFrance,rempli
sique est harmonieuse et élégante; ces de serfs et de gens de mainmorte. En
opéras sont: L'^^v^n/urier, opéra-co- 1252, la comtesse Marguerite donna
mique en trois actes; FéUcie, en trois l'exemple des affranchissements aux
actes; une Matinée de Frontin , en un seigneurs de sa cour, qui l'imitèrent ,
acte; la FUk romanesquei laiJBcUaUle en se réservant coaune elle une ccr*
taine portioii dans la suecession mobilière de ceux auxquels ils rendaient la liberté, et cette réserve fut appelée droit ÇLU meilleur cattel, puis tout simplement droit de catteL Les af* franchissements ayant été personnels ou locaux, c'est-à-dire, accordés à un ou plusieurs serfs , ou concédés généralement à un village ou à une ville, il s'ensuivit que le cattel était on per* sonnel ou local.
Le cattel personnel était celui que devaient les héritiers d'un affranchi et le» héritiers de ces héritiers , jusqu'à extinction des lignes. Le cattel local se percevait sur la succession de ceux qui étaient venus se fixer dans un lieu anciennement affranchi, bien quMIs fussent, par leur origine, étrangers à ce lieu , et par la naissance affranchis de ce droit.
Cattho (Ançelo), né à Tarente , aumônier de I-ouisXI, avait d*abord résidé à la cour de Charles le Téméraire, où il s'était lié avec Coraines; lors-
au*il s'aperçut que les affaires du due e Bourgogne commençaient .i aller mal, il demanda son congé, et vint en France. Louis XI l'accueillit avec bien- Teillance, le nomma son aumônier, et le fit arebevéque de Vienne. Ce fut à la prière de Cattho que Comines écrivit ses mémoires , et il y. est loué pour son grand safoir et pour 'son habileté à prédire tmmir. II paraît en effet qu'il avait une grande réputation à cet égard , car, dans une biographie du temps , intitulée Sommaire de la tie de Cattho, on lit qu'il devina la mort de Charles le Téméraire. « A l'instant, dit l'auteur, que ledict duc fut tué, le roy Louys oyoit la messe en réglise Saint-Martin à Tours, disant de Nancy de dix grandes journées pour le moins , et à ladicte messe lui servoit d'aumosnier l'archevesque de Vienne, lequel, en baillant la paix audict seigneur, luy dyct ces paroles :
« Sire , Dieu vous donne la paix et le a repos-, vous les avez si vous voulez, « guia eonsummatum est, Vostre en- « nemi , le duc de Bourgogne , est « mort i il vient d'être tué, et son arn)ée • déconfite.» Laquelle heure cottée fust
trouvée estre cède en laquelle vérHa»
blement avoit été tué ledict duc. »
Cattho était, de l'aveu de plusieurs de ses contemporains, savant en médecine et en mathématiques et baUle littérateur. Sa devise était : Ingenium superal viresl 11 mourut à Vienne en
Cattieb (Ph.), savant hellénistedu dix-septième siècle, dont les principaux ouvrages sont : Gazophylacium Grxcmn, Paris, 16.S2, in-4o, réim-
J>rimé plusieurs fois; Cazophylacium atinum, Paris, 1665, in-4»; JartUn des racines latines, Paris, 1667, in-4<».
CatiTïNAT , chef des Allobroges, s'était jeté, l'an 62 après J. C, sur le midi de la province romaine, dont il ravageait ou soulevait les cantons. Au bruit de quelques succès remportés par le lieutenant Lentinus, il revint sur risère , et fit tomber Tarmée romaine dans une embuscade où elle faillit périr tout entière. Catugnat s'étaot éloigné de nouveau , le consul rentra sur son territoire , le dévasta par le fer et par le feu, et les AJIobro* ges furent pacifiés.
Catumakd, roi des Ligures (M.
Dans une des nombreuses guerres de ce peuple contre Marseille, Catumand assiégeait cette ville , et il allait s'en rendre maître, lorsqu'il eut, (ht-on, une vision : une femme, une déesse, à respect terrible , lui apparut dans son sommeil, et se déclara la protectrice des assiégés. Aussitôt Catumand, effrayé, lui accorda la paix. Au moment où il entrait dans la ville pour adorer les dieux, il reconnut, dans une statue de Minerve, la déesse qu'il avait vue. C'est elle, s'écria-t-il, <rest elle qui m'a effraya; cette nuit! c'est elle qui m'a ordonné de lever le siège! Alors, détachant son collier d'or, il le passa au cou de la déesse, et, après avoir félicité les Marseillais, il s'empressa de oOQCluie aveC eux une alliance durable.
C.iTLfiiGES , ancien peuple de la Gaule, mentionné par César comme habitant, avec les CerUronet et les
(*) JusUq , liv. xuxi , c. d«
GûF9ceUf les défîlés des Alpes oottiean . Càughb (EV«)« ▼oya||«ir, a publié,.
nés, où ils voulaient empêcher son en 1(55!, une des premières relations'
4rmée de pénétrer {*). Leur position qui parurent sur Tîte de Madagascar,
dans la vallée de la Duraace se tropve où il avait séjourné quelque temps. Son
déterminée par celle de ChorgeSf leur journal, réuni à quelques autres voya-'
capitale, que les itinéraires romains ges, entre autres à celui de Bouiou
appellent Caturigœ. On ^ trouvé, en Baroau Brésil, à celui de Moreau dans
erfet, à Chor;;es, une iriseription rap- le même pays, et à ceux de Lambert
portée par Spon, où on lit : Civ. Cat. et d'Abère én Égypte , a paru sous ce
Cette ville céda plus tard son ranii à titre : Relations véritables et curleu-
Eburodunum (Embrun), après l'avoir ses de l'ile de Madagascar et du Rré-
toutefois conservé, selon toutes les s'd; savoir: Relation du voyage de
apparences , jusque dans les derniers François Couche de Rouen en l'ile de
temps de la puissance romaine. Pline Madagascar , 'des adjacentes et côtes
nomme les Caturiges dans l'inscrip- d\ij^rique en 1C38, et autres pièces ,
tion du trophée des Alpes. Dans Pto- Paris, 1651, in-4<>.
lémée, ee peuple se trouve placé dans Cauclie était né à Rouen, d\me fa-
les Alpes grecques; mais ce n'est évi- mille pauvre, et n'avait pas fait d'é-
demment qu'une erreur de copiste. tudes; mais la simplicité de son récit
Catus , petite ville de l'ancien inspire de la confiance. Se trouvant à
Quercy (département du Lot), à seize Dieppe à l*âge de vingt-deux ans, il
kilomètres de Cahors. Population, s'embarqua , en qualité de soldat, sur
mille quatre cent trente-huit habitants, un bâtiment commandé par Alonze
C était autrefois une des villes les plus Goubert, qui se propo.sait d'aller dans
iroporlantes de la province. Pendant la mer Rouge, et de fonder un Gomp-
les guerres contre les An^^lais , elle toir à l'île de France. Ayant trouvé
était entourée de remparts et de fossés cette ile occupée par les Hollandais,
dont on voit encore les restes, et s'é- l'expédition dut se replier sur Mada-
tendait en partie dans la vallée, en gascar, ou elle mouilla,' et où Gauche
partie sur le sommet de la montagne, resta avec un petit nombre de Fran-
où subsistent les ruines d'un ancien cals. Ses comjjagnons et lui parcou-
fort. Les Anglais, après l'avoir plu- rurent Tîle dans plusieurs directions,
sieurs fois attaquée sans succès, s*en et forent généralement bien accueil-
emparèrent sous le règne de Charles lis par les indigènes. T^orsqu'une ex-
Vl, et affermirent par celte conquête ppdition fut envoyée de France pour
leur domination dans la contrée. Les ibnder une colonie à Madagascar ,
habitants de Cahors reprirent cette pronis, à qui en avait été confiée lacon-
place sous le règne suivant, après une duite, voulut réunir à sa troupe Gao-
vigoureuse résistance. che et ses compagnons; mais celuinci
Cauguabd , enseigne de vaisseau , préféra revenir en France,
commandait le vaisseau V Achille au Toute cette partie de sôn voyage est
combat de Trafalgar, au moment où avérée; ce qui l'est moins, tout en pa*
çe bâtiment, après avoir perdu ses raissant très-probable, c'est qu'après
officiers et plus de la moitié de son avoir passé les îles Comores, le bdti-
équipage, était en feu; il n*y avait plus ment sur lequel Gauche était anbar-
d^autre voie de salut que de se jeter quéentra dans la mer Rouge, où notre
à la mer. Cauchard , au milieu du voyageur et les autres gens de l'équi-
désordre, n'était occupé qu'à lance^ page se mirent à faire le métier de pi-
\ l'eau tout ce qu'il trouvait pour sau- rates. S'il faut en croh« Gauche lui-
ver ses compagnons d'armes; il réso- même, ils prirent ainsi plusieurs vais-
4ut de ne sortir du bâtiment que le seaux arabes ou malabares, et revinrent
dernier; il tint parole, et périt victime en Europe, après avoir touché de nou-
*de son dévouement. veau à Madagascar.
(*) liv. iiçh. to Flaoourti qui succédaàPronls dans
le commandement de la colonie française de Madagascar , prétend que Gauche n'a pas bouj^é da Madagascar , et que set excursions dans cette fie»
aussi bien que son voyage dans la mer Rouge, ne sont (|uc rit-s Cibles. Cependant, si Cauclie avait voulu mentir, son imagination lui aurait fourni des aventures plus romanesques, et surtout plus honorables (pie les entreprise^ de piraterie dont ii parle.
La vérité, c'est que Flacourt, homme de distinction , ne se sentait que du dédain pour Cauche, voyageur obscur et de baase ea-traclion ^ qui toutefois, de son aveu même, parle assez roisonnablement de Carcanossi , ville madécasse où il avait résidé.
Quoi quil en soit, Cauclie fait des habitants de Madagascar un |K>rtrait beaucoup plus flatteur que celui qu'eu a donné Flacourt.
CAUCBOis-LËiuiaK ( Louis -Augustrn-Firançoisj, né à Paris es HM.
Get écrivain politique, à qui les persécutions du pouvoir sous la restauration ont acquis de la célébrité , était propriétaire du journal \eNainjamef que ton opposition maligne fit supprimer en 1815. Les Fantaisies , qu'il avait donnas comme suite au Nain jaune, furent également arrêtées prèsqu*à leur naissance. Le Jowrwù efos arts et de la politique y qu'il publia ensuite sous d'autres noms, fut encore interdit, parce que le numéro 24 contenait un éloge de Carnot. Réfugié en Belgique, M. Cauchois-Lemaire y rédigea ensuite le Nain jaune réfugiéy auquel succéda le k'rai libéral. Mais bientôt il ftit, à la sollicitation du roinistèro français, livré aux gendarmes pour Hre conduit aux frontières. Cependant il parvint à s'échapper et à se cacher à la Haye, oà il reçut une fénéreuse hospitalité. Du sein' de sa retraite, il adressa aux états généraux une réclamation oui donna lieu à de vifs débats, •t qui rut enfin rejetée. Découvert peu de temps après, il erra pendant un an dans les Pays-Bas , jusqu'à ce que l'ordonnance du 6 septembre lui per* aril de rentrer en Franee. En 182t , y publi», aovi ^ titre 4*Qpiffe«^>
HCE.
une réunion d'.irtirles, tous enipreînta d'une ironie mordante. Nouveau procès, nouvelle condamnation à une année de détention et à la saisie d*un ciutionnenient de vingt mille francs, fourni par ses nmis pour obtenir sa' mise en lil)erté provisoire. Ce fut aussi à cette époque qu'il publia ses Lettre^ sur les cent jours. Lorsqu'il eut été rendu à In liberté, il ronsncrn presque tout son temps aux journaux liuéraux, et particulièrement au Constihitfymnetf Depuis la révolution de juillet, IVI.Çauchois-Lemaire a repris son opposition, et fondé le journal le Bon Sens, Mais depuis quelque temps II s*est re»
tiré de rarène politique.
Cauchoix colonel du f'" ré-
giiiieut de carabiniers, mis a la retraite; avec le grade de frénéralde brigade, par suite de graves blessures reçues devant Ulm en 1805. On cite de ce hrnve officier un trait touchant de bienfaisance : dans la campagne de 1800, une fontri* bution de guerre avant frapiié les habitants de l'evéché d Eichsiaeat, ces malheureux, hors d'état de Tdcquitter, se virent enlever jusqu'aux vases sacrés de leur église. Cauchoix, touché de leur désespoir, et secondé par le chef d'escadron Faucher, lequaitier-inaître Gy, le capitaine Corne et le maréchal des logis Berger, s'efforça d'obtenir du général en chef la remise de la contribution. Ayant échoué dans leur tentative, ces braves l'acquittèrent de leur propre argent. Le souvenir de cette belle action est consarré dans le pays par une messe solennelle que l'on y célèbre tous les ans pour l'éterniser.
Cauciioi\ (Robert-Aglaé), habile opticien, né en 177G, dans le département de Seine- et -Oise , est le premier oui ait eni|iIoyé avec succès le flint-glass frmrais dans les instruments (l'optique. Tous les instruments de M. C'Hichoix sont exécutés avec une rare perfection, et cet artiste joint è une grande habileté des connaissances théoriques fort étendues. Il a rendu à l'astronomie un service important par riD¥eotiood*uu pied propre k support )er et à mouvoir dans tout les 9Uf
S04 €Air vmpmâ. cav
les lunettes et les télescopes de toutes hommes apostés recueillirent par
dimensions. Cest lui qui, jusqu'à pré- écrit. Mais cet odieux sacrilège ne ser*
sent, a fait les plus belles lunettes as- vit en rien les projets de Pierre Cau-
tronomiques, et l'une d'elles, ayant un cbon : la confession n'avait dévoilé
objectif de cinq pouces de diamètre, aucun des crimes que Ton reprochait
a servi dernièrement à âiire des dé- à Jeanne. Il prononça d'abord une
couvertes fort importantes sur Tan- sentence qui condamnait la jeune fille
neau de Saturne. M. Cauchoix, retiré à une prison perpétuelle. Les Anglais
des affaires depuis quelques années , et une vile populace repoussèrent
a été l'année dernière nommé au bu*, ce jugement, et Pierre Cauchon fut
reau des longitudes, en remplacement obligé d'avoir recours à de nouvel-
de M. Lerebours. les perfidies pour consommer l'acte
Cauchon (Pierre) prit une part infâme qui lui était demandé. Jeânnb
active dans la lutte des partis qui di- d'Abc, que randenévéquedeBeauvais
visèrent la France au commencement déclara relapse, excommuniée ^ reje-
du quinzième siècle. Après la mort tée du sein de l'Église , périt enlin
du roi Charles VI , il s'était jeté dans sur un bûcher (voyez l'article Jeanne
la faction des Bourguignons , et , par d'Arc). Après cette condamnation,
suite, il s'était montre un des amis Pierre Cauchon vécut encore douze
les plus chauds et les plus dévoués de ans et mourut en 1443. La haine que
ladominationanglaise.il était évéque le peuple avait conçue contre lui, se
de Beauvais, Iors9ue, en 1429 , les manifesta alors d*tane manière ti Yio-
habitants de la ville le chassèrent lente, que ses restes furent déterrés et
ignominieusement de son siège, parce jetés à la voirie.
gu'il s'était fait Tallié des ennemis de Caucuy (Augustin-Louis), né à Pa-
1 France. Pierre Cauchon voua dès ris, fils du suivant, est un de nos ma»
lors une haine imptacable aux parti- thématîciens les plus distingués. De
sans du roi Charles VIT, et bientôt il se bonne heure, il fit preuve pour les
rendit célèbre par racharnement qu'il sciences d'une rare aptitude. A seize
mit à poursuivre Jeanne d*Arc, qui ans, il avait donné la solution' d'un
avait été prise par les Bourgiiij;nons. problème très-compliqué, solution qui
Jeanne d'Arc était encore au pouvoir fut insérée dans la Correspondance
du comte de Luxembourg , lorsque de l'école polvtechniaue. Plusieurs
Pierre Cauchon se porta comme son mémoires de M. Caucny ont été im-
accusateur, et demanda le droit de la primés dans les recueils scientifiques :
juger et de la condamner. Il s'adressa, celui dont le sujet est la Théorie des
a cet effet , au roi d'Angleterre, au ondes ^ et qu'il a présenté en 1815 au
duc de Bourgogne et à fnniversité concours de l'Institut, a été oouronné
de Paris. Il obtint enfin ce qu'il dési- par la classe des sciences physiques et.
rait si ardemment, et on lui confia le mathématiques. Nommé, en 1816,
jugement de la Pucelle. Ce hideux membre de l'Académie des sciences
Srocès , qui si'instruisit et s'acheva à (section de mécanique), M « Caucby n'a LOUen, souillera la mémoire de Pierre cessé, depuis cette époque , de commu- Cauchon d'une honte éternelle. Il mit niquer à cette compagnie une foule de tout en œuvre pour arriver à ses fins, travaux d'un haut intérêt. Nous cite- Il employa le mensonf^e et la perfidie, tons, entre autres, ceux qui ont pour il supposa des aveux, il falsifia les ré- objets les Résidus y les^gttolIftMis, etla. ponses, et cependant on put croire un Tliéorie de la lumière. instant gue la victime uu'il poursui- Cauchy (Louis-Francois) , né à Tait avec tant de haine allait lui échap- Rouen en 1765 , a publié des poésies jper. Pierre Cauchon avait eu recours latines , dont les plus remarquables a un prêtre nommé l'Oiseleur ; celui- ^onX\}T\e Ode au premier consm/m-^'*^ ci ,. après avoir gagné la confiance de 1802 ; la Légion d'honneur^ ode, 180S; Jeanne, reçut sa confession, que deux la BatalUe dPAmÊ^Tt^, (Uttqfnmbe,
CAV
CAC
1806; Nereus vaticinafor, poëme sur nous. Les rois, les princes et les prln-
la naissance du roi de Rome, 1811. cesses avaient aussi leurs caudataires.
On Jui doit aussi quelques poésies (Tétait un valet de diambre qui rem-
francises. Nommé , sous le consulat, plissait cet office auprès des gens de
archiviste du sénat, il conserva en- robe. Le mot caucintaire vient du latio
suite ces fonctions auprès de la cham- cauda , queue (voyez Quelb).
bre des pairs, avec le titre de garde Gaudbbbc» CaUdumrBeceum, Ca-
Caudataibe, c'est-à-dire, porte' quatre kilomètres de Rouen, aujour-
otteite, nom donné à celui qui porte a*liui comprise dans rarrondissement
fa queue de la robe du pape, d'iui car- d*Yvetot, département de la Seino*
dinal,d''un primat, d'un archevêque, Inférieure.
d'un évéque ou de tout autre prélat. Ces L'origine de cette ville parait re-
fonetioDS furent d*abord remplies par monter au delà du neuvième sfèete*
des ecclésiastiques. Plus tard, en Elle était autrefois très-forte, et en- France, les prélats eurent, dans les tourée de murailles flanquées de tours, cérémonies, un laïque qui leur portait dont les restes , encore considérables, la robe, avec Tépee au côté. Avant témoignent de son ancienne imporla révolution, on voyait souvent de tance. Après la prise de Rouen par pauvres gentilshommes, et surtout les Anglais , en M 19, Caudebec fut des chevaliers de Saint-Louis, devenir investie pur Talbot , qui ne s'en rencaudataires des nobles princes de dit matire qu'après un long siège. Les l'Église. François de Clermont-Ton-^ Anglais IVvacuèrent en 1450. Elle se narre, évéque et comte de TSoyon , pair déclara pour les catholiques en lô62 ; de France, avant voulu que ce fût un mais elle tomba la même année au chanoine de la cathédrale qui lui ser- pouvoir des protestants. Le duc de vît de caudataire dans les processions, Parme rassiégeii en 1592, et y reçut le ch.ipitrc de \oyon s'éleva contre ime blessure dont il mourut quehjucs cette prétention, qui lit ia matière mois après. Mayenne prenant alors le d'un procès au parlement. Un des avo- commandement, pressa vivement la cats les plus renommés du temps, place, qui se rendit. Les deux ducs Fourcroi , qui plaida pour le chapitre , vinrent s'y loger. IMais se voyant enparla avec chaleur contre la queue de fermé dans le pays de Caux par l'ar- M. de Noyon , et dit que cette queue mée du Béarnais , le duc de Parme était une comète dont la maligne in- profita de la négligence de Henri pour fluencp allait se faire sentir à toute faire embarquer ses troupes pendant l'Eglise gallicane, si Ton n'y apportait la nuit au port de Caudebec, et l'arun prompt remède; aussi la préten- mée de la ligue fut sauvée. Avant la . tion de M. de Moyon ne fit -elle pas révolution , cette ville était chef-lieu fortune. d'une élection, avec bailliage, prési- En 1705, dans une assemblée du dial , amirauté et vicomté. Elle est clergé qui se tint à Paris, à l'époque bûtie en amphithéâtre au pied d'une de la procession du Saint-Sacrement, • montagne boisée , sur la rive droite on agita, pendant plusieurs séances, delà Seine. L'église paroissiale est un si les prélats se feraient porter la édifice remarquable du quinzième
Sueue; les évéques de Montpellier, siècle, que l'artiste a orne a 1 extérieur
'Angers, de Chartres et de Senez, de toute l'élégance et de toute la déli-
soutinrent l'affirmative pour la dignité catesse de l'architecture gothique. La
du caractère épiscopal ; d'autres, au poi)ulation est aujourd'hui de deux
contraire, déclinèrent cet honneur au mille Imit cent treute-deu.\ habitants,
nom de la modestie dont le clergé de- Caulaincoubt , ancienne sei^neu-
vjit donner l'exemple. Le résultat de.s rie de Picardie (aujourd'hui du dépar-
délibérations n'est pas parvenu jusqu'à tement de l'Aisne), à Imit kilomètres
T. IV. 20° Uorauon. (Dicx. eugycl., £ic.) SO
des registres et de rédacteur des
cès-verbaux des séances.
lidobeceum,
•taie du
de SfiiiiH)tteotio, érigée en marquisat
Gttte terre a donié son nom à
Tune des plus anciennes fbmilles de Picardie. Au quatorzième siècle, ta maison dn Cimioooait avait 4é)à fsurni plusieurs hommes remarquables* Au seizième siècle, en 1554, l'un de ses membres, capitaine de cinquante hooMOMS d*arme.s , se jeta dans la vfllé de SamMènentin , assiégée par les troupes impériales, et contribua puissamment à la sauver. Mais c'est surtout dans le dix-huitième et le dixneuvième siècle que la famille de Caulaincourt s'est Illustrée. Parmi les liommes les plus remarquables qu'elle a fournis pendant cette période, nous eitenam surtout François' Àrmùné, en faveur de qui la terre de Cruilaincourt fut érigée en marquisat; Marc-Louis ^ maréchal de camp sous le règne de Louis XV; et Gabriel' Louis j qui parvint au grade de lieutenant général , et fut le père des deux derniers et des plus illustres persoDnages de sa fhmllle.
Armand- Augustin-Louis j marquis de Caulaincouht, duc de Vicence, né à Caulaincourt en 1773 , entra au service dès Tâge de quinte ans , devint successivement sous -lieutenant , lieutenant, capitaine, et fit en cette qualité la campagne de 1792. Destitué et arrêté comme noble Tannée suivante , il ne fut pas plutSt rendu à la h'berté, qu'il entra comme volontaire dans le dix-septième bataillon de ' Paris, d'où il passa dans le quatrième,
Ïiuis dans le 16* de chasseurs , avec equel il combattit comme simple soldat jusqu'à la fin de l'an m , époque où , sur la demande de Hoche , il fut réintégré dans son çrade de capitaine.
Devenu bientôt après aide de camp du général A ubert-Dubayet, il Tacromnana à Venise , puis a' Constantinople , 'où il revint à Paris en l'an y avec l'ambassadeur ottoman. Il fit en l'an VII la campagne d'Allemagne; et, après la pai.x de Tan viii , il fut envoTé à Pétèrshourg pour renouer les relations de la France avec la Russie, dont la couronne venait de passer sur
la téte d'Alexandre : il n'y séjourna
3ue six mois, ttommé afde de eaihp u premier consul, puis grand écuyér de l'empereur, et plus tard général de brigade, il avait été chargé, en Tan %l , d^uné mission diplomatique qui eonsistait à survefUfer les complots que tramait le ministre anglais sur les deux rives du Rhin contre le nouveau gouvernement de la France. A l'instant où s'effectuait à Ettenheiià l'arrestation du duc d'Enghien , laquelle avait été confiée par le ministre de la guerre à un autre général .
^ui en rendit compte directement au premier consul , Caulaincourt se trouvait sur la route d'Offenbourg pour l'exécution des ordres dont il était chargé. Il ftit donc étranger à l'enlèvement et , par suite , à la mort du prince. En 1805 , Caulaincourt fut nommé générai de division , grand éordon de la Légion d*honriettr et duc de Vicence. En sa double qualité d'aide de camp et de grand écuyer, il suivit l'empereur dans toutes ses campagnes, à l'exceptiondeeelles d'Espagne et de Wagram , pendant lesquelles il fut ambassadeur à la cour de Russie.
Cette mission , ^ui dura quatre ans , et i^t terminée ën 1811 , était de I9 plus haute importance ; le duc de Vicence la remplit à la satisfaction de riapoléon et d'Alexandre. Il desapprouva constamment la malheureuse expédition de Russie ; et , lorsque ses prévisions furent réalisées , ce fut lui que l'empereur choisit pour compagnon de son voyage de Smor^ony à Paris. Jamais souverain et sujet n*a* valent été rapprochés pendant un temps aussi long et dans une situation aussi extraordinaire. La confiance de napoléon pour Caulaincourt s'accrut par ce tete-à-téte de quatorze Jours et de quatorze nuits. Aussi, à îouverture de la campagne suivante, pendant l'absence momentanée du ministre des relations extérieures , le cbargea-t-il de la correspondance politique et de quelques négociations
{»ressantes. Le duc réussit a conclure 'armistice de Pleswitz, fut ensuite envoyé comme plénipotentiaire au
CAU
congrès de Prague, mais travnilia vainement à amener la paix. Bientôt arriva le désastre de Leipzig , et alors eut lieu la conférence de Francfort, où les tentatives du plénipotentiaire français pour amener la pajx n*eurent pas mua de succès. Apréé avoir échoué de nouveau , non sans quelques efforts honorables , au con»
grès de Châtilion , il rejoignit Napo> léon et l*armée à Saint-Dizfer. FMèle jusqu'au dernier moment , il défendit aver. force 1rs droits de rempcreur auprès des souverains alliés , à Bondy et à Paris, fut Tan de ses plénipo* tentiaires pour le traité du 11 avril 1814 , et l'un de ceux qui portèrent ensuite son abdication au gouvernement provisoire. H n'aceepta aocun emploi de la première restauration,, et fut nomme iicndant les cent jours ministre des relations extérieures. Rentré ânns l'inaction après le second retour des Bourbons , il vécut paisl* bip et loin de toute intri*!iip, ne fut qu'une seule fois l'objet des tracasseries du gouvernement , et mourut à Paris en 1827. Ses derniers moments furent empoisonnés , et .sa vie fut peut-être abrégée par le souvenir de la déplorable circonstance qui Pavait fait accuser de l'arrestation' du due d*Enphien. Dt' tels reîjrcts, accompagnés à l'heure suprême d'un désaveu formel, le justifient compléteuieiit aux yeux delà postérité.
/1uguste-Jean~ Gabriel , comte de C\iiL\i.\coiiRT , frère du précédent , ne aussi à Caulaincourt, eu 1777 , entra au service en (|uaiité de souslieutenant de cuirassiers , en 1792 , et devint aussi aide de camp du général Aubert-Dubavet ; il lit ensuite les campagnes du Rhin afee le grade de capitaine de dragons , puis passa à l'armée d'Italie, fut blessé à Mareneo , nommé colonel , et envoyé en Espagne en 18Q6 avec le grade de général de brigade. Il y commanda avec Succès un corps de cinq mille hommes , puis passa à l'armée de Portugal, cliargé en 1809 de tenter le passage du Tage sous les yeux des marecbaux réunis , fl exécuta cette
CAV 807
opération difficile avec une valeur, une habileté qui triomphèrent de tous les obstacles. Il fiit nommé général de division à la suite de cette brillante affaire, et continua de combattre dans la Péninsule jusqu'à l'ouverture de la campagne de Russie. H commanda le grand quartier fiénéral pendant cette malheureuse expédition, et lut tué à la bataille de la Moskowa, le 7 septembre 1818 , en pénétrant, a la téte du 5e régiment de cuirassiers , dans une des principales redoutes de l'enneuii.
La bibliothèque royale possède, sous le titre de Chronkmi Cùrbeiense , ab anno 662, ad anmnn 1320, in-folio, un ouvrage manuscrit , composé au aeisième siècle par un religieux de l'abbaye de Gorfoie, nommé Jean de Cai LATNcoirRT , et qui était de la filh mille des précédents.
Caulet (Étienne-François de), évéque de Pamiers, naquit en t6io. Son talent et son caractère charitable le firent remarquer par l'abbé Ollier , qui. le choisit pour son principal coopérateur dans l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice , et par Vincent de Paul, qui le désigna, en 1644.
pour succéder a Sponde dans révéche de Pamiers. Le nouveau prélat entre-
f>ritde remédicràrétat d'anarchie dans equel les guerres de religion avaient mis le diocèse. Il y introduisit les réformes les plus salutaires, consacra aux pauvres une grande partie de ses revenus , créa des établissements pour servir d'asile aux vieil- lards et aux infirmes , en un mot , il se montra digne en tout point de l'opinion que Vincent de Paul s'était formée de lui.
Mais les malbeureuses alRiires do Jansénisme et de la régale ne tardèrent pas à le distraire de ses occu-
Fations pastorales. De concert avec évéqne d*Ateth , son voisin . il embrassa le parti de Port-Royal et admit la distinction du fait et dii droit sur la signature du Formulaire d'Alexandre vn, distinction qui amena le schisme auquel se proposait de mettre fin la paix de Clément IX. La dé-
808 CAV L^UNÎVERS. tàV
claratioa de 1673 ayant assujetti , ea teur un bref de Clément Xin. La ville dépit de leurs privilèges, les églises de de Grenoble 6t l'aoqaisition de sa bf- Languedoc au droit de régale , qui bliothèque, qui se composait de vingt autorisait le roi à percevoir les reve- mille volumes, et lut ainsi ouverte au nus d'un évéché vacant, les évêques public. * .« ' • de Pamiers et d' Aleth furent les seuls CAOïUBTni, nom d'une famille oriqui refusèrent de s'y soumettre. Cau- ginaîre.du Ponthien, et qui a donné let défendit , sous peine d'excommu- a la magistrature française plusieurs nication, à tous ses chapitres, de re- personnages distingues, cevoir et d'installer les pourvus en Lads-Lefèvre de Caomabtin, ne régale, qu'il qualifiait du nom d'in- en 1652, fut élevé, en 1622, a la djtrus. L'arehevéque de Toulouse , son gnité de garde des sceaux, après avoir métropolitain , eut beau casser les or- été successivement intendant de Poidonnances , il résista toujours , et en tou et de Picardie,^ ambassadeur en appela au saint-siége. L'isolement Suisse, conseiller d'Ktat, et président dans lequel le laissa la mort de l'évê- du grand conseil. La prudence et les que d'Aleth , les lettres de cadietqui taleuts éprouvés de Caumartin, qui, lurent lancées contre ses adhérents, bien que bègue, comme le dit Branla saisie de son temporel et de celui tôme, fit voir dans mainte ambnssade de ses chapitres , rien ne put l'ébrnn- qu'il n'arnlt pas la langue cmpCchée, 1er. Cette querelle aurait pu lui de- avait décidé Louis Xlil a ie revêtir de venir encore plus funeste , lorsqu'il , la première magistrature du royaume, mourut, en 1680, à Tage de soixante Mais il n'en jouit pas longtemps, et il et dix ans. Cependant î.ouis XIV mon- mourut en 1G23, trois mois après sa tra toujours de la répugnance pour les nomination. Ses Mémoires et &ts Letmesures par trop violentes. Un abbé ires ont été déposés à la bibliothèque ayant fait passer de l'argent à Tévé- do roi.
que de Pamiers , qui se trouvait dans Louis- François Lefévre de Caula détresse, un inenihre du conseil mabtin, son petit-tils, intendant de proposa de le taire enfermer à la Bas- Champagne, né en 1624 , ami du cartille , comme soutenant un rebelle, dinal de Retz , fut le conseil et même « Lorsque j'ai fait saisir le temporel l'agent de ce prélat pendant la guerre « de M. de Pan)iers , repondit Louis de la Fronde, où il joua uu roie assez « XIV , je n ai pas prétendu qu'il important. 11 mourut en 1687. a mourût de faim , ni empêcher qu'on Loui$'Urbain Lefèvre de Caumau- « l'assistât. Il ne sera pas dit que , tin , son (ils , né en 1G53 , fut succes- « sous mon règne, on aura puni quel- sivement conseiller au parlement, uial- « qu'uu pour avoir fait uu acte de tre des requêtes, intendant des finances « charité. » et oonselller d'Etat. Digne élève du cé-
L'évêque de Pamiers a laissé quel- lèbreFléchier, ce magistrat avait été lié
ques ouvrages qui , pour la plupart, avecles hommes les plus distingués du
ont trait à ses dilférends avec la cour, règne de Louis XIV, et se plaisait à
Caulet (Jean de) , évéque de Gre- raconter
noble, mort en 1771, était petit-neveu « i:i tous i.^ faits pt tous les dits
du précèdent, et il sut aussi se conci- '>'"^ s'»»*^* hommes, des braux «priisj
, ' . , t;^., J„ „ Mille charmantes bagatelle* ,
iter i amour et la vénération de son Des duiiMna TiciUM et nouTciiM, •
diocèse. Il était fort savant , et a laissé st i«« mneiet immortelle»
quelques ouvrages, entre autres : Dis- ^* ridicui.s de Paris. »
cours sur rattentat commis par Da- Ces vers terminent le portrait que
mien contre la persoinie de Louis Xf-, Voltaire, dans une de ses épttres, a
Grenoble et Paris, 1757, iiM*; DU- laissé de M. de Caumartin. Boileau a
sertatioii sur les actes de Vassemblée dit du même magistrat:
du clergé de 1705, en trois parties, Cliacnn dp réquité ne fnit pas son flambeau ,
Grenoble, 1767 et 1768, ouvrage qui eut P*» t-au»»"»». Bijnoaet d'Aguesseao;
peu de succès, mais qui valut a l'au- et la poitérité a ratiBé ces éloges.
CAU
FAANGE.
CAU
Louis-Urbain de Caumartin mourut en 1720. C'est à lui que l'on doit la conservation des Mémoires du cardinal de Retz et de ceux de Joly.
Jean'Fnmçois - PaiU - Lefèvre de Caumartin fut élevé sous les yeux du cardinal de Retz, son parrain, qui, avant de mourir, lui résigna un de ses plus riches bénéfices. Caumartin avait a peine vingt-six ans lorscju'il fut reçu membre de l'Académie française. Quel-
aues mois après , l'orgueilleux évéque e Noyon (Ctermont-Tonnerre), étant entré , de par le roi, dans cette docte société , Caumartin , chargé de présider à sa réception, lui adressa un discours (|ul fut pris par le public et par TAcademie elle-même pouc. une ironie fine et soutenue , oij le directeur se moquait du récipiendaire en l'accablant de louanges. Aussi ce discours ne fttt'il pas donné à Timpression.
Néanmoins le roi lui en garda rancune, et Tabbé de Caumartin n'obtint un évlelié qu'en 1717.11 mourut en 1733.
Il était aussi associé honoraire de TAcadémie des inscriptions.
Caumartin (Jacaues-Étienne), fils d'un notaire de Châlons-àur-Saône, et né dans cette ville en 17d9, étaitdepuis longtemps maire de sa commune , lorsqu'en 1814 ses opinions politiques le firent destituer. Les électeurs du département de la Côte-d'Or, qui avaient, dans plus d'une circonstance, apprécié le noble caractère de M. Caumartin, le nommèrent à la chambre des députés en 1817. il s*y montra constamment le défenseur des libertés nationales, appuya l'amendement (jiii tendait à appliquer le jury au délit de ta presse, et, à Toccasion de la discussion de la loi sur le recrutement, il énonça cette proposition, si neuve et si hardie pour l'époque : « Que la « Charte était de fait et de droit un « véritable contrat entre la nation et « le monarque; mais que celui-ci ayant « stipulé seul pour les deux parties, ce « que la Charte n'avait pas prévu de- « vait s'interpréter nécessairement en « faveur de la partie qui n*avait pas « été consultée dans la rédaction du « contrat. « Il avait été désigné, en
1819, comme rapporteur de la com* mission chargée (le présenter une pro-
t)Osition sur le sort des bannis ; mais e ministère fit nommer à sa place un autre rapporteur. M. Caumartin n*en défendit pas moins la cause deâ bannis dans la séance du 17 mai. Depuis, il ne s'occupa plus que de matières de finances. I) est mort à Montpellier en
C AU MONT, Ca/edofuons, CalvernontiuiHf Castrum deCavo monte, ou de Cmfis mtmHbuê, bourg de rancien pnvs d^ Lomagne , en Gascogne, à vingt kilomètres de ISlontauhan.
Caumoist, petite ville de l'ancienne province de Cuyenne, aujourd'hui du département de Lot-et-Garonne , à six kilomètres de Marmande. Bâtie sur une hauteur qui domine la Garonne, Caumontétait autrefois importante par ses fortifications. Les réformés s'en emparèrent en 1 r>*2 1 , et In perte de celle ville dérangea les desseins de iMayenne, occupé au siège de Nérac. Cependant, comme le gouverneur tenait encore dans le château, le fils du célèbre chef de la ligue accourut à son secours.
Pour pénétrer jusuu'à lui, il filait enlever trois retranchements établis sur le penchant assez rapide du coteau. Le combat fut opiniâtre et meurtrier. Enfin, Mayenne repoussa les protestants, et entra dans le château. Dès lors , n'espérant plus conserver la vilU' , ils se retirèrent après avoir fait sauter Téglise qui leur servait de grenier et de nnagasin à poudre. Pour augmenter la terreur que la prise de Caumont répandait dans la province, Mayenne fit démanteler la ville et le château.
Caumont, {letite ville de Tancien comtat Venaîssin , aujourd'hui du département de Vauciuse, à huit kiloni.
de Cavaillon. Le fief de Caumont était très-ancien. Il appartenait par indivis,' au commertcement du onzième siècle, aux comtes de Barcelone et de J ouiouse, qui se le partagèrent en 1125.
Depuis, la seigneurie de Caumont passa, avec le comtat, sous rantorité du souverain pontife, oui la divisa entre plusieurs familles, dont les principales nirent celles de Sabra» et ûeSeytret,
CAU
L'UNIVERS
CAU
Caumqht u. Foacs. Voyez. Lv
CAimss , petite ville du haut Lan*
guedoc, au diocèse deGarcassonne,au« jourd'hui du département de l'Aude.
Population, deux mille deux cent quarante-cinq nabitants. Cannes était autrefois célèbre par une abbaye de bé?
nédictins fondée , conformément aux ordres de Charlemagne, par Milan, comte de ^'arbonne. Gis mondstèrfe existait encore avant la révolution.
L'église seule subsiste aujourd'hui , et c'est un édiûce fort remarquable.
Caunois, graveur en médailles, né à Bar-sur- Aube en 1783, est élève de Dejoux; il a obtenu, en 1813, le deuxième grand prix de gravure en médailles sur le sujet de Thésée dé' couvrant les armes de ton père. Il à exposé , depuis 1819, un assez grand nombre de productions en général remarquables. M. Caunois s'occupe aussi de sculpture.
Caus (Salomon de),rundes]iommes dont la France doit le plus s'honorer, naquit en îNormandie vers la fm du seizième siècle, et y mourut en 1630, sui* Vaut l'opinion la plus commune. Longtemps les Anglais ontattribuéà Punde leurs compatriotes, le marquis de AYorcester, la découverte des propriétés de la vapeur comme force motrice ; M. Arago est le premier nui ait restitué l'honneur de cette découverte à la France et à Salomon de Caus, à gui. le marquis de Worcester n'avait fait que remprunter. ISoiis n'entreprendrons pas de refaire la savante notice de l^éloquent secrétaire de TAcadémie des sciences; nous nous contenterons d'en citer ici quelques passages, en le félicitant d'avoir rendu à la France Unè gloire que d'autres lui avaient injustement enlevée.
« Par une bizarrerie bien singulière, un homme que la postérité regardera
S'eut étre comme le premier inventeur e la machine à feu , n'est cité , dans l'histoire des mathématiques de Montucla, qu'à l'occasion de son Traité de perspective, et encore la citation n'ratelle que de cinq mots. A peine a-t-il aussi obtenu les bomieurs d'un arti-.
cle de Quelques lignes dans les volumi-
Seux aictionnaires biographiques puliés de nos Jours. La Biographie un(verseiie le fait naître et mourir en Normandie. Elle dit qu'il habita quelq[ue temps l'Angleterre, où il fut atts: âié au prince'de Galles. Dans les Ral^ sons des forces mouvantes^ SaIon)on de Caus prend lui-mên)e le titre d'/Mgénieur et d architecte de Son vitesse Palatine ÈtecUtràte. Cet ouvrage fut composé, crois, à Heidelberg; il a été imprimé à Francfort. Ces trois circonstances ont fait supposer à quelques personnes que Caus était Alfe^ mand. Mais remarquons d*abord combien il serait peu probable qu'ut| Allemand eût écrit en français dans son propre pays. Ajoutons q'ue, dans la dédicace au roi très-chrétien (Louis XIII}, la formule suivante précède la signature : De fatr^ Majesté , Le très obéissant slbject; qu enfin, on lit dans le privilège, et ceci tranche tous les doutes : I^otre bien aimé Salomon de Caus, maistre ingénieur, ESTANT DE PRESENT au servicc de nostre cher et bien aimé cousin lé prince électeur palatin , vons a fait dire, etc...\ désirant gratifier ledict de Caus comme estant kostbe sub- JECT. etc. — Ainsi, Salomon de Caus était Français. »
« Salomon de Caus est l'auteur d'un ouvrage uititulé : les Raisons dçs forces mouvantes, avec diverses maehi»
hes, tant utiles que plaisantes; cet ouvrage parut à Francfort en 1615.
On y trouve , entre autres choses ingénieuses , que plusieurs mécaniciens ont présentées de nos jours comme nouvelles, un théorèm^ ainsi conçu, sous le n* 5 : L'eau montera par aide du feu phu haut que son niœau»
Voici en quels termes Caus Justifie son énoncé :
« Le troisième moyen de faire mon« c ter Teau est par Paide du feu, dont « il se peut faire diverses machines.
« J'en donnerai ici la démonstration « d'une:.
'« Sbît une balle de cuivre inarquée « A, bien soudée tout à l'entour, à la- « quelle il y aura un soupirail marqué
G4U FRANCE. fUV 91^
« D, par où ToD mettra Peau, et anisi CaosamT aa Ghâtelet; mais le roi fit
« un tuyau marqué B C, qui sera soudé arrêter la procédure et déclarer les
5 en haut de la balle; et le bout C paris nuis.Causans en appela à I Aca-
« approchera du fond sans y toucher; démie des sciences, qui fut obligée de
« après, faut emplir ladite balle d'eau déclarer que sa démonstration était
« par le soupirail , puis le bien rebou- absurde depuis un bout jusqu'à l'autre.
« cher et la mettre sur le feu; alors Mais le malheureux ne se tint pas pour
«la chaleur, donnant contre ladite battu; il écrivit à un M. de Vausea-
« balle, fera monter toute Teau par le ville , qui était dans le même cas que
« tuyau R C. » lui, pour aviser aux moyens d'obtenir
« L'appareil dont je viens de trans- le le^s de cinquante mille rcus fait par
crire la description est une véritable M. de Meslay en faveur de l'inventeur
machine à vapeur propre à opérer des de la quadrature du cercle. Ce qu'il y
épuisements. Mais peut-être suppose- a de plus bizarre dans la folie de Cau-
rait-on, si je me bornais au passage sans, c'est fpi'il prétendait expliquer,
précèdent, que Salomon de Caus i^iio- par sa démonstration de la quadrature,
rait la cause de rascension du liquide les oiystères du péché originel et dé
Ïiar le tuyau B C. Cette cause , toute- |a Tnnité. Il a laissé : T Prospectif
ois, lui était parfaitement connue, et apologétique pour la qvnrJrature du
j'en trouve la preuve dans son théo- cercle^ 175.3, in-4"; T Démonstratioi^
rème premier, où, à Toceasion d*une de la quadrature du e^'cte, 1754,
exnérience toute semblable, il dit que in-4<'; S'' Êc&MireissemefU SÛr h piM
a la violence de la vapeur ( produite originel.
« par l'action du feu), qui cause l'eau Cause gb4SSE.— On appelait ainsi
« de monter, est proveune de ladite une eause , quelquefois supposée, quel-
« eau, laquelle vapeur sortira après quefois aussi sérieuse et réelle, qu'on
« que l'eau sera sortie par le robinet plaidait et jugeait avec pompe en plelp
« avec grande violence. » (Arago, An- parlemeut pendant les jours gras. On
uvaire du bureau des longitudes de choisissait d'ordinaire une cause gi(l
1830 ) - prêtât fort au scandale, et en cas d*m-
Cai sans, ancienne seigneurie de suflisance, les avocats y suppléaient de
la principauté d'Orange, à huit kilo- leur propre fonds. Les personnages
mètres d Orange (département de Vau- obliges dfe ce drame burlesaue étaletîjk
eluse), érigéeen marquisat en 1667. toujours un mari ti^ompé, une femme
Causans (Jos.-L. Vinccns de Mau- înlidèle, un amant heureux, qui se léon de), gouverneur de la principauté trouvaient en discussion sur leurs d'Orange, né à Avignon an' commen- droits et devoirs respectiflB, et venaieni cernent du dix-huitième siècle, fut Tun présenter leur cause en justice. Chades hommes les plus singuliers de cun des avocats explit|uait ^ la barre cette classe de fous qui prétendent les griefs de sa partie avec toc^ la «voir trouvé la quadrature du cercle, liberté et toute la licence qu'autorisait Il raconte qu'étant «impie oflicier aux le carnaval ; le ministère public déve» gardes, il faisait couper une pièce cir- loppail ses conclusions et la cour ren- Cttlaire de gazon, lorsque la solution dait arrêt. Il est question dans les œudtt lameux problème lui vint subite- vres de deux praves magistrats , |^ ment à l'esprit. Alors il annonça pu- président d'Expillyei le président Eiei^ bliquement qu'il déposait chez un no- rvs, de deux causes grj»sses. Dans l'une, tairetroiscentmille francs, quidevaient il s'agissait de savoir si l'enfant né le appartenir à quiconque pourrait par- sixième mois après le mariage était venir à lui prouver la fausseté de sa légitime et s'il ne pouvait pas Hre dédémonstration. Ce déli, on le pense savoué par le mari. Le président d'Exbien, fut accepté par un grand nombre piHy, ayant porté la parole daç,^ çett^ de personnes, et entre autres par une cause , nous a laissé son plaldbjî'^r àveé JwinB iUe, 4|iii actionna lia clievalier de cette annotation : < Çe fût un^ cau^
SIS CAV LUTOVERS. CAO
grasse, où les advocats s'estendirent assez avant, selon le sajet et ta saison,
cl un peu trop licencieusement, sur quoi nous prîmes la parole. »
IJcnrys, portant la parole dans une cause semblable, avait à traiter la question de savoir si un mari qui avait consenti une séparation de corps sur l'aveu do sa propre impuissance, pouvait menir sur cet aveu pour réclamer à Ja fois et sa femme et une succession qui lui était échue. L'heureux possesseur de la femme délaissée était intervenant en cause. Après avoir tiré son exorde de la comparaison du mariage au jeu de trictrac , le grave maiçistrat suivit les détails de sa métaphore avec un .bonlieur d'expression qui dut souvent exciter les rires de l'auditoire, et probablement à la grande confusion du malheureux patient de cette exécution rabelaisienne.
Mais peu à peu ces jeux d'esprit , en s'éloignant des mœurs du temps, finirent par ne plus paraître aux gens sérieux qu'une dérision de la justice. Le
Sremier président de Verdun , qui fut la téte du parlement de 1611 à 1617, en abolit l'usage. Toutefois cette prohibition n*empecha pas, à ce qu'il paraît , l'abus des causes grasses d'être renouvelé par la basoche, et l'on vit le président de Lamoignon user de 80A autorité toute-puissante pour les proscrire de nouveau. Mais l'arrêt qu*il lit rendre, le 18 février 16! 7, resta d'abord sans exécution, tant était invétéré au palais cet usage, que le temps seul put faire disparatâv.
Causerie. — Le monde entend par causerie tout entretien familier où les idées &*éehan;!ent avec un agréable et piquant abandon, que l'esprit aiguise, que la sensibilité anime, mais d'où la contrainte et l'affectation sont bannies; ^ui peut aborder tous les sujets, mais à la condition de passer vite et légèrement sur tous, et de ne ] unais disserter sur aucun. Tous les autres peuples de TEurope sont d'accord avec nous, quant à la supériorité , disons mieux, à la spécialité de notre pays en fait de causerie. C'est une preuve de plus de l'état avancé de
notre civilisation ; car sans des mceurs foiinemment sociales , sans une habitude particulière d'éléçance, sans un langage parfaitement souple, cetteaptitude ne se Idt pas développée. L'Anglais, méthodique; l'Allemand, pesant ou rêveur; l'Italien, tantôt trop vif, tantôt nonchalant; l'Espagnol, trop prompt a se monter au ton de Temphasé, ne sauraient nous disputer cet avantage. Eux-mêmes conviennent que les Français sont le peuple de la terre qui cause le. mieux.
La causerie est une chose moderne dans l'histoire de nos mœurs. Au moyen âge, la rudesse de la langue, mélange irrégulier et confus de plusieurs idiomes, l*extréme simplicité des mœurs, s'opposaient à son développement. Sans doute, dans les châteaux , on devisait au coin du foyor.
Sans doute un entretien naïf sVnga- Çeait entre les dames et les chevaliers a la suite du récit d'un croisé sur la Palestine, ou de la légende contée par un derc; mais ce n'était pas là la causerie : il y manquait la variété , la délicatesse ; il y manquait l'esprit, chose toute moderne. Mais lorsqu'au commencement du dix-septième siècle, la langue s'épura, se polit, s'assouplit, par les travaux de !\lalherbe et de Balzac , dont le succès avait été préparé par le génie de Rabelais et de Montaigne , lorsque les mceors, dégagées des restes de la barbarie du seizième siècle , prirent une élégance dont la langue n*était que l'image, alors la société comprit le plaisir que l'esprit peut trouver dans l'usage rapide, familier, délicat, que la causerie fait de la parole pour présenter toutes les idées et tous les sentiments avec une vivacité ingénue et une douce gaieté.
Mais d'abord , comme il arrive pour toute nouveauté, on alla jusqu'à Vexcès. Éprise du charme de la causerie, la société en dépassa les limites. On apporta tant de soin dans les salons à parler avec élégance, le goût de la délicatesse devint si fort, que l'affectation froide, les calculs du bel esprit, la roideur empesée du purisme, régnèrent dans ces cercles d'élite, nés'
CAU FRANCE.
CàV
du perfectionnement des mœurs. Ce fut le temps de rbdtel de Ramboaillrt ,
ce fut le temps des précieuses et des érintants stircès de Chapelain et de Voiture. Bientôt le naturel ayant repris ses droits, et le goût de la délicatesse étant resté , on vit nattre à la cour du grand roi , et dans les principaux salons de l'époque, ce mélange unique de grâce et de fimiîtiarité , de négiieence et de saillie, de gaieté et de sensibilité, de bonhomie et de finesse, qui est la véritable, la parfaite causerie. Parmi les eereles du temps qui offraient ce caractère, il faut citer les salons de madame de la Fayette et du duc de la Aochefoucauld. A la cour, madame de Montespan, madame de Tbianges , leur frère , M. de ViromM, portèrent le genre à une perfection que Tesprit des Mortemart put seul atteindre. Une autre femme de ce temps a écrit comme on causait alors:
C*est madame de Sévigné.
Ce fut l'ûge d'or de la causerie. Les roués de la régence n'avaient plus cette sensibilité qui en fait un des plus grands charmes. Bientôt aussi, dans la société du dix-huitième siècle , IVsprit
8 lus brillant, plus épigrammatique, erint plus prétentieux. Bientôt il* fut convenu que pour se distinguer dans le monde, il fallait dire sur tout des choses fines, et se moquer de tout avec des traits. On était arrivé à ce point de raffinement que produisent l'excès et l'abus de la civilisation. Une autre cause d'infériorité pour la conversation du dix-huitième siècle, comparée à celle du dix-septième, c'est la mode de philosopher qui s'introduisit avec les premiers écrits des libres penseurs. Le philosophisme envahit les salons, et avec lui arrivèrent le iroilt des analyses, la manie des dissertations, auxquels les femmes elles-mêmes n'échappèrent pas. C'est là le grief qui subsiste aux yeux du gout contre ces femmes d'ailleurs si spirituelles, si dignes des éloges dont on les comblait : mesdames du Chfltelet, de l'Espinasse, du Deffand. Les traditions du siècle précédent seconservèrertt mieux peutêtre chez madame GeofTrin et chez sa llllet madame de la Farté.
Enfin remise des secousses qui l'ont ai longtemps ébranlée, et qui la troublaient trop profondément pour laisser aux mœurs le calme et la douce élégance , éléments si nécessaires de la caaserie, la société aujourd'hui revient de pins en plus à ce genre de plaisir si propre à l'esprit français. Mais les rangs ont été confondus : Tes classes
3ui ont eu si longtemps le privil^e e la délicatesse et du bon ton ont été détrônées, et vont bientôt disparaître.
Ce qui domine maintenant, ce qui compose toute la partie supérieure de la société, c'est la bourgeoisie. L'éducation de cette bourgeoisie, dont l'avénement est d'hier, ne peut manquer de se faire; mais elle n'est pas encore fiiite.'Aossi , dans la plupart de nos salons , on trouve plus de bon sens
âue d'esprit, ou bien, plus d'esprit que e goût, ou bien, plus d'idées que de souplesse à s'expruner. Aussi est-il aujourd'hui bien difficile de liien catiser, et est-ce à juste titre que l'on juge favorablement celui dont un juge compétent dit : Il cause bien.
Causeur (Jean), paysan breton, né au village de Lanfenot, en 1638, mourut à Saint-Mathieu, près de Brest, en 1775 , à l'âge de cent trente-sept ans. C'est peut-être le plus curieux exemple de longévité que présente la France.
Causeur se maria à quarante ans ; sa femme avait quatre-vingt-seize ans lorsfiu'il la perdit : il en eut quatre filles et un garçon. Il mangeait beaucoup de laitage, et ne fit jamais excès de liqueurs spiritueuses. A cent vingt ans il se rasait encore lui-même, et allait à Téglise entendre la grand'messe à genoux. Après avoir fait trois grandes maladies à différentes époques de sa longue existence, il mourut ou plutôt il s'éteignit sans douleur. Sa barbe avait été remplacée par un léger poil follet; ses yeux avaient presqu e d is pa ru .
Caussade, petite ville de r. nrieti Quercy, aujourd'hui du département de Tarn-et-Garonne, à deux myriametres de Montauban : population, 4776 ha* bitants. On ignore l'époque de l'origine de cette ville. Pendant la guerre des Albigeois, l'évéque du Tuy lui fit payer une forte rançon. £n 1563, Durai,