CXV
L'UIOVERS.
cdef d*un corps de protestants, la surprit et la delruisil presque entièrement, après avoir massacré les habitants qui refusèrent d'embrasser nouvelle religion , et fait précipiter iea ecclésiastiques du haut du clocher.
Après la Saint-Barthélémy, les vicomtes de Paulin et de Panât s'en reo* dirent maîtres et y mirent garnison.
l^Iayenne Poccopa en lG2i ; sept ans après elle fut reprise par les protestants, qui en relevèrent les forliOcations et ne la rendirent qu'après la capitulation de Montauban.
Calssin (Nicolas, le Père), confesseur de Louis XIII, naquit à Troyes ei) 1583, entra chez les jésuites en 1607, enseigna les belles-lettres à Rouen, à Paris, à la Flèche, et obtint, dans la chaire, des succès qui Uxereut sûr lui ' Tattentlon de la coar. Le cardinal dé Richelieu, mécontent du P. Gordon, confesseur du roi , jugea prudent de lui Uuuner pour successeur le P.
Çaussin, dont la bonhomie ne lui inspirait pas d'inquiétude. Les jésuites virent à regret cette nominntion, et essayèrent, mais en vain, d'obtenir du nouveau confesseur quMl ne se conduirait que d'après leurs conseils.
Après avoir rendu quelques services au cardinal et avoir fait cause couiroune avec lui pour éloigner de la cour mademoiselle de la Fayette, dont Tin* fluence auprès du roi devenait menaçante, le P. Caussiu voulut faire tomber le cardinal è son tour, et , dans ce but, noua des intrigues avec mademoiselle de la Fayette. Ses griefs étaient que Richelieu favorisait la circulation de divers écrits contre Tautorité du pape; qu*il entretenait le trouble dans l'Eglise; qu'il grevait le peuple d impôts: qu'il soutenait les Hollandais lebelles contre leur souverain Ié« gitime; formait des alliances avec les Turcs contre les princes chrétiens , et avec les princes hérétiques contre les princes catholiques. Louis XIII lui
Sroposa de soutenir ces accusations avant le cardinal, auquel il ne fut pas difficile de se justiGer. La disgrâce du P. Caussio fut la suite de lentrevue qui avait eu lieu devant le roi. Elle lîit ainsi auioocée dans la Gasettê A
France : « Le P. Caussin a été dis-
« pensé par S. M. de la plus confesser « a l'avenir, et éloigné de la cour, parce « qu'il ne s'y gouvernoit pas avec la « retenue qu'il dévoit, et qiie sa con- « duite étoit si mauvaise, qu'un cha- « cun , et son ordre même . a bien plus a d'étunnement de ce qu'il a tant de- «meuré en cette chaîne, que de ce « qu'il en a été privé. »
Dans les lettres qu'il écrivit pour sa défense à son général , le P. Caussin attribue sa destitution au refus de révéler certaines confidences de son royal pénitent, et aux scrupules qu'il avait luit naître dans sa couscience sa conduite envers la reine mère, alors retirée en pays étranger; et il reproche 5 ses conifères de 1 avoir abandonné au ressentiment du cardinal ; ils s'opposèrent cependant à son départ pouf le Canada. Il mourut à Paris, en 1651. après quatorze jours de cruelles souffrances qu il appelait un bain de délices , en con\paràison de tout oe qu'il avait souffert à la cour.
On a de lui quelques ouvrages, entre autres une Jpologie pour les religieux de la compagnie de Jé*ût, dont il partagea tomours les principes ultramontainç ; ce qui ne contribua pas peu à sa disgrâce.
Caussir di Pexcbyal (Armand- Pierre), fils du suivant, né à Paris, en 1795, fut envoyé, en 18 H, comme élève interprète à Constantinople, et ouitta cette ville en 181 7, pour parcourirla Syrie. Après avoir passé une année parmi les IMaronites du mont Liban , il parcourut les principales villes ^e la côte et de l'intérieur du pays , et rem* plit ensuite, à Alep, les fonctions de drogman. De retour à Paris, M. Caussin fut nomnie, en 1822, professeur d'arabe vulgaire à l'école royale des langues orientales vivantes ; et , eo 1824. il reçut le titre d'interprète arabe du ministère et du dépôt de la guerre. On a de lui : Précis historique de la guerre des Turcs contre les Russes, pendant les années 17G9 à 1774, tiré de l'historien turc Vassil-Ftfendi , I*aris, ii>22^ ia-b"; 2" Gramtnqire c^raùe viUgaire , Baria , 1924 « i^-4^
Caussin i>% ^sbcsyai* t ^^0-^*0*
âues-Antoioe), orientaliste, né à Mon(idier, le 24 juin 1750 , vÎDt jeune i Paris, où il apprit la langue nrabc nu collège de France, sous Cardoniic et Destiauterayes ; il obtint la chaire d'ar rabe , en 1783, après la retraite de œ dernier. En 1787, il succéda à son oncle Bejot, dans la plaop de garde des manuscrits orientaux de la bibliothèque du hli , et la conserva jusqu'à Ti poque du lOnoilt 1792. Le ministre R.oII;ii)d In lui ôla alors, et depuis, elle ne lui fut point rendue. iSouinié membre de la troisième classe de Ptnsr titut,en 1809, il fit partie de TAcadéinie des inscriptions et belles-lettres, depuis le 21 mars 1816. 11 a pu- Wé : 1" V Expédition des Argonautes^ ou &i Omqvéte de la Toison d'or, poëme en quatre chants, par Apollooius de Rhodes, traduit, pour la première fois, du grec en français, Paris, 1796, in-8^ r Histoire de la Sicile sous fa domination des Musulmans ^ par Uowaïri, traduit de l'arabe en français, Paris, 1802, in-8'; 3° Suite des Mille et une mdU, 3 vol. in-i2; 4* Tables astronomiques d'El-i'ounis , traduit de l'arabe, Paris, IhlO, in-4°; 5" divers Mémoires^ imprimés dans le recueil de TAcadémiedes inscriptions.
On lui doit aussi des éditions soiguces de quelques textes arabes, savoir : 1° les Cinquante séances de Uarii ij Paris, 1818, in-4"; T \ti Fahtes de Lpkman, ibid., 1818, in- r : c'est la meilleure édition de ce fabuliste; 3" les Sept MouUakuLs , in-4 ' ; 4° les Trois premiers chapUres du Coran, etc.
m. Caussin est mort au mois de juillet 183n, professeur au collège de France.
Une notice sgr lui, comuoséc par M.
Daunou, • été lue dans la séance annuelle de rAcadémie des inscriptions, le 25 septembre 1840.
Caut£{1£ts, bourg du département des Hautes-Pyrénées , devenu célèbre par les sources d'eaux thermales qui jaillissent de sa vallce. D'antiques constructions de bains trouvées à l'orient de Cauterets font croire que ces sources étaient connues et fréquentées des Romains. Ce qui est certain, c'est que le liourg doit sa naissance à une
corporation de cénobites bénéfiiçtins, réunis à Saint-Savin parCharlenwg^
Cautiou et Cautionnement riOf DAL. V. Pleige et Pleigebie.
CALïioiSNEMBNX. — Les employés des fermes étaient assujettis, avant l« révolution , à des cautionnements que divers arrêts du conseil des 30 avril 17â0, 16 septembre 1760, 3 mars 1761, 16 décembre 1769, 8 mara 1771 et It février 1779, avaient soumis à diffé* rentes rè{;les. Toutes les dispositions établies par ces arrêts devinrent sans objet, lorsque les anciennes eompagnies de finance furent supprimées; et , en conséquence , il fut rendu , le 22 septembre 1791 , une loi pour le remboursement de tous les cautionne^ roênts des employés, comptables et non comptables , de la ferme et de 1^ régie générale.
Une loi du 14 pluviôse an ii , confirmée par une autre du 7 floréal suivant, avait ordonné qu'il ne serait pas exigé de cautionnement des receveurs des deniers publics; mais une nouvelle loi du lâ germinal an it révoqua cette disposition , quant aux receveurs des contributions directes des départements, au.\quels une autre loi du 6 frimaire an VIII imposa ^obligation de fournir un cautionnement en numéraire, dont le versement devait avoir lieu à ^ caisse d'amortissement.
La loi du 7 ventôse an viii assujel> tit à la même obligation les régisseurs, administrateurs et employés des régies et administrations de 1 enregistrement, des douanes, des postes, de la loterie et les notaires. Par la suite, [)lusieurs lois, dont nous croyons inutile de rapporter les dates, assujettirent également les grefGers, les avoués, les huissiers , Itt payeursdu trésor public, les commissaires priseurs, les agents de change, les courtiers de commerce, les percepteurs des contributions directes dans les communes, les receveurs des hospices et autres établissejneuts de charité, les directeurs, les eulfepreueurs et débitante des manufactures royales; enfiiit tous ceux qui, par profession, sont chargés des mtéretsde l'Ktatct de ceux des particuliers, et les journaux, bien
CA1T
L*UinVERS.
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qa*ils n'aient aucun maniement de Ibnds. Aux termea de l'art. 33 de laid du 25 ventôse an xi, sur lé cautionnement des notaires, ce cautionnement doit être spécialement ali'ecté à la garantie des ooodamnations prononcées contre eux par suite de l'exercice de leurs fonctions. Cette disposition a été, par la loi du 25 nivôse an xiii, étendue aux cautionnementsfournispar les agents de change, les courtiers de commerce, les avoués, les greffiers, les huissiers et les commissaires priseurs.
Celui des journaux n*a pas d'autre but.
GAirvBT (Gilles-Paul ), sculpteur et architecte, naquit à Aix en 1731, et mourut à Paris en 1788; il s'appliqua surtout à la sculpture d'ornement, et composa un grand nombre de dessins, d'arabesques, défrises, de portes, de galeries, de vases, de pendules, etc.
« Tout n'est pas pur dans les ouvrages de cet artiste, a dit M. Émeric-David, mais tout s'y montre bien supérieur à ce qui s'exécutait avant lui , et même de son vivant : il réformait la branche des arts à laquelle il s*était appliqué , bien avant Pépocjue où nos grands maîtres ont épure le style de la peinture.. . . On peut le regarder comme le premier artiste français qui ait banni de la décoration des appartements le genre vicieux appelé la rocaille ^ et substitué à ces lormes maniérées des ornements d'un goût simple et noble, Unités de l'antique. »
Cauvillk, l'un des commissaires de la fédération des faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau , signa , en cette qualité, le pacte du 10 mars 1815, qui fut affiché dans Paris avec l'ap-
firobatiol) de l'empereur. Le 15 mai , I présenta à Napoléon l'adresse des ftaérés qui commençait ainsi : a Mous «avons reçu les Bourbons avec indif- «férence et froideur, parce qu'ils « étaient devenus étrangers à la Fran- « ce , et que nous n'aimons pas des rois n imposés par l'ennemi. îNous vous o avons accueilli avec enthousiasme , « parce que vous êtes l'homme de la « nation, le défenseur de la patrie, etc.; n nous venons vous offrir nos bras, « notre courage et notre ïang... Vous
a triompherez, nous en avons Tassu- « rance ; oui , nous vons devrons la li- « berté avec le tonheiir, et la France
« vous chérira comme un bon roi , « après vous avoir admiré comme le « plus grand des guerriers. »
Caux ( pays de ), Caletensis Jgery partie de 1 nnrienne Normandie, bornée au nord et a l'ouest par la Manche, à l'est par le pays oe Bray , au sud-est par le Vexin normand, et au sud par la Seine.
On croit que ce pays a pris son nom de ses anciens habitants , désignés dans César sous le nom de Calâtes, et dont la capitale était Juliobonaf aujourd'hui Liilebonne. Le pays de Caux n'ajamais eu de seigneurs particuliers.
Il a toujours suivi le sort de la Hotmandie.
Cai x de Blacqletdt, nom d'une famille qui u fourni a i'Kiat plusieurs ingénieurs distingués.
Pierre-Jean de Caux de Blacque- TOT, né à Hesdin, en 172:0 , était parvenu au çrade de maréchal de canip, et occupait la place de directeur des fortifications,. lorsqu'il prit sa retraite en 1791 ; il mourut l'année suivante.
Son frère, Jean- Baptiste de Caux de BLACQUBTOT,néà Montreuil-sor-Mer, en 1723 , assista à la bataille de Fontenoy , aux sièges de Tournay , de IMunster, de Dillinbourg, etdeZiegenheim, et dirigea , en 1761 , la belle défense de Cassel. La paix conclue , il continua de servir, et rendit , comme ingénieur , d'importants services. H était, au moment de la révolution, lieutenant général et inspecteur des fortifications. Se voyant alors prive de ces fonctions, il se retira en phalie, où il mourut sur la fin de 1798. LouU'^ictor de Caiix de Blacque- TOT, son fils, né à Dotmi, en 1775, tut admis en 1792 à l'école du^génie de Mézières, et nommé lieutenant l'année suivante. Destitué bientôt après, a cause de sa qualité de noble , il iJJ^ rpinté^ré , en 1795 , avec le grade de capitaine, et fait chef de batadlon «a 1799. Il joignit alors l'armée du Rhin, fit avec elle les campagnes de 1800, 1801, s'y distingua plusieurs fois, lui
CÀT
CAT
chargé de la direction du çëme au oorps de gauche, puis à celui du rentre, et il montra dans ces fonctions autant d'habileté que dans la détermination des conditions de rarmisticede Paffsdorf qu'il avait réglées avec le comte Bubna. Cependant il quitta bientôt après le service actif pour être employé au ministère de la gaer»
re. Les Anglais menaçant Anvers, de Caux fut chargé , dans cette ville, de la direction de son arme; il pressa, multiplia les travaux , et eut bientôt cinq a six cents pièces en batterie. ISommé colonel après cette (';iin|)ngne, il lut fait , au retour des Bourbons, maréchal de camp, conseiller d*admi* nistration militaire et iospepteur des fortilications.
Càux (Gilles de), littérateur et poète dramatique, né près de Bayeux, en 1C82, desceiKlait du grand Corneille , par sa mere. Il mourut en 1733. On a de lui entre autres productions : Marins y tragédie representée en 1715, et qui fut attribuée au président Hénault.
Cavâgkes. Voyez Buiquemaut.
Cavagnolb , ancien jeu de hasard qui nous a été apporté de Gènes, vers le milieu du dix-luiitième siècle. Les Génois l'appellent caoajola, mot qui signiOe nappe ou serviette. Ce jeu se jouait avec de petits tableaux à cinq cases, qui contenaient des fii^'ures et des numéros. Comme au loto, chacun tirait les boules à son tour. Voltaire parle de ce jeu dans les vers suivants :
On croirait que lejVu console; Mais l'ennui vient à pos comptés « 'A It Uble a'm cavagnole
' entre deux innjestés.
Cavaignac fGodefroy), fils aîné du conventionnel, a pris une part glorieuse à la révolution de juillet. L'intrépidité qu'il déploya dans les trois journées lui mérita les suffrages de ses concitoyens, et lors de la réorganisation de la ^arde nationale , il fut nommé capitaine d'une compagnie d*artillerie.
Godefroy Cavaignac a joué un rôle important dans les journées de juin et d'avril. Enveloppé dans les con-
damnations qui en furent la suite, il
parvint à sV'chapper de Doulens et se rétugia en Angleterre. Quelque jugement que l*on porte sur ses opinions, il n*y a qu'un avis sur la loyauté de son caractère et la sincérité de son patriotisme.
Cavaignac (le vicomte Jacques- Marie), frère du conventionnel, est né à Gordon, en 1773. Il servit avec distinction dans les armées de la république et de Tempire, et se signala particulièrement au passage du Taglia* mento , pendant la retraite de l'armée d'Italie, sous les ordres de Moreau, au passage du Splugen et du Gart- «liano. A la bataille d*Ansterlitz , Napoléon le nomma commandait de la Légion d'honneur. '
En 18UG, il passa avec son frère au service du roi de Naples , et s*y comporta d'une manière très - brillante.
Joachim Murât ayant résolu de faire une descente en Sicile , lui couda le commandement de Tundes trois corps de son armée; mais Cavaignac seul opéra son débarquement sur les eûtes siciliennes. Les autres corps de l'armée napolitaine, retenus par les vents, ne purent le suivre, et Ion fut forcé de le rappeler. Cependant son retour devenait fort diflicile; il était pressé d*on cote par la flotte anglaise, et de l'autre par les troupes de terre. Les barques sur lesquelles la division napolitaine avait été transportée mettaient déjà à la voile pour Reggio ; le général Cavaignac, autant par ses exhortations
3ue par ses menaces , arrête le départ e la plupart d'entre elles, fait rembarquer sa division , monte dans ta dernière barque, et parvient , en passant sous le feu de l'ennemi, et a la vue des deux armées, à descendre sur les cétes de Calabre sans avoir perdu un seul bâtiment. Le roi de Naples, témoin de cet heureux retour, embrassa le général Cavaignac, le félicita dans les termes les plus flatteurs, et le nomma son premier aide de camp. Il quitta ensuite Naples avec son frère et rentra dans les rangs de la grande armée, en qualité de général de brigade. Chargé du Gommaoaemeat
tii CAT
de la cavalerie du ir corps, il protégea la retraite de Moscou , et sen* ferma dans la place de Dantzig avec dix-huit cents hommes qui lui res-« );aient, et qui concoururent avec les ëutres troupes de la garnison à soutenir le siège de cette ville. La place capitula enfin, mais les alliés ne tinrent aucune des conditions qui avaient été souscrites, et Cavâighac liit envoyé à Kiow comme prisonnier de guerre, il rentra cependatit bientôt après en France, et fut successivement nommé lieuténânt général . c|)evalier et commandeur de Saint-Louis , baron de Baragne , vicomte, et eoiio inspecteuir général de cavalerie.
CàVÀièNic (Jean-Baptiste), mem* bre de la Convention et du Conseil des Cinq-Cents, naquit à Gordon , dé-
ëartetnentdMLot,enl762. Après av oir lercé leë fonctions d*avocat au parlement de Toulouse, il était devenu administrateur du département de la Haute-Garonne, lors qu'il tut envoyé p9x cè département à la Convention nationale. Il y vota la mort de Louis X\l, et fut ensuite chargé d'une mission à Tarmée des cotes de TOuest, où il montra beaucoup d*éi)ergie et de coulage. De retour a la Convention, il en fut bientôt éloigné par une nouvelle mission à l'armée des Pyrénées-Occidentâlefl, aux premiers succès de la-
auelte il contribua. Cependant sa conuite ne fut pas alors exempte de blâme, et des plaintes nombreuses ar* rivèrent contre lui à la Convention.
Mais à son retour, il se rangea du côté des thermidoriens, et ce fut peut-être cette politique qui le sauva. Une troisième mission lui fut ensuite conGée; envoyé près de l'armée de Rhin et Mo^ selle, il s'y.condiiisit en administrateur habile et en soldat intrépide. Il était depuis peu à Paris , lorsque éclata le mouvement insurrectionnel du premier prairial an ni. On lui confia la direction de la force armée; mais il ne put empêcher l'envahissement de la Convention, et il manqua d'étrç assassiné.
À\i 13 vendémiaire an iv, il fut adjoint à Barras, et contribua au trioinphe de l'Assemblée sur le^ sections in-
surgées. Nommé membre du Conseil des Cinq- Cents, lors de la rëélectioii
des deux tiers , il en sortit peu dè temps après par décision du sort. Cayaignac fut alors forcé pour vivre, d'accepter un modeste emploi de receveur ati\ barrières de Paris ; il devint ensuite administrateur de la loterie, et fut enfin nommé, après la paix d'Amiens, commissaire général des relations commerciales à INIaskale, dont le souverain réclamait depuis longtemps un agent français. Il se rendit, par nie de France et Pondichéry, dans ce port de l'Arabie ; mais déjà la guerre avait recommencé entre les Français et les Anglais , et l'inlluence que ceuxd avaient acquise à Maskate empêcha le commissaire français d*y être admis.
A son retour en t*,urope, Cn vaignac suivit son frère dans le royaume de Naples, où. il fut chargé d organi^èr l'administration de l'enregistrement et des domaines. \Turat le nomma enstiite conseiller d*État; mais lorsqu'un décret impérial rappela dans leur patrie les Français employés au service de l'étranger, il se démit de tous ses emplois et rentra en France. Nommé, pendant 1^ cent jours , préfet de la Somme , il nit à la seconde restauration atteint par la loi dite d'amnistie et fut forcé de s'expatrier. Il se retira alors à Bnixelies, oii il mourut en 1829.
C wAiG^f AC (Louis-Eugène), second lils du précédent, lieutenant - colonel, commandant le régiment des zouaves, est né à Paris le 15 octobre 1802. Après avoir terminé ses études au collège de Sainte-Barbe, il fut admis à l'école polytechnique; puis entra, comme élève sous-lieutenant du g^énie, à l'école d'application de Metz , et fut placé, en 1824, dans le 2* régiment du génie. Il y devint successivement lieutenant en second le 1*"' octobre I82G, et lieutenant en premier le 1 2janvier 1827, et fît,cn 1828, la campagne de Morée, où il remplit les fonctions de capitaine en second. Il fut nommé, le 1*" octobre 18S0 , capitaine dans le même régiment.
A son retour de l'expédition de Morée, il se trouvait en garnison à
M fRAUGE.
Metz, lorsque parut, en 1831 Je projet d*ttBoeiation nationate. Cftvaîgnae (ut
l'un des premiers signataires de cet acte. Mais le pouverneinent n'approuva point les nobles sentiments des citoyens qui oonMcraienf ainsi leortbf^ tane à la défense du pays. Le capitaine Cavaignac fut mis en non-activité. Rappelé au service en 1832, il fat dirigé sur Bone , oà il troUTa , en arrivant , une lettre de service pour se rendre à Alger. De cette dernière ville , il fut envoyé à Oran , où il contribua aux truTaux de casernement et de défense de la place , et à l'établissement de la belle route de Mers-el-Kebir. l e 3 juillet 1833, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.
A rarknéé d'Afrique, le capitaine Cavaignac trouva plusieurs fois l'occasion de se faire remarquer; mais aussi modeste que brave , jamais on ne le vit faire valoir des services qu'il ne considérait que comme l'accomplissement rigoureux de ses devoirs.
Après le succès de l'expcdilion de Mascara, à laqaeHe ce brave officier avait pris part, le maréchnl Clausel voulut profiter, pour s'emparer de Tlemcen, de la présence des nombreux renforts ^ui avaient été envoyés à Oran. Le 8 janvier 1836, un corps expéditionnaire quitta les murs de cette ville, et arriva, le 13. à Tlemcen, ayant
Krconra une route d'environ quarante lues sans qu'on eût eu à déplorer la perte d'un sniil homme, sans avoir eu un seul blessé, sans même qu'un seul coup de fusil eût été tiré. L'armée resta vingt- cinq jours à Tlemcen; et,
Î Tendant ce temps, plusieurs colonnes ùrent envoyées sur différents points.
Enfin, le maréchal Clausel songea à .rentrer à Oran; mais, ayant résolu de laisser une garnison française au Mvchouar, il demanda des 'hommes de bonne volonlti pour la former. La position était périlleuse: enfoncée dans les terres , à l'extrémité ouest de l'Algérie, non loin des frontières du 'Maroc, à uue distance considérable de tout secours; entourée de Cabaflea eth treprenants et belliqueux , la garnison , ainsi isolée, devait se sufiire à elle-
même, et ne compter que sur ses propres reasoureet. La grandeur da oan-
ger ne fit qu'enflammer davantage !• courage de nos soldats , et des centaines de braves se présentèrent. Parmi eux se trouvait le eapitaiM Cavaignac.
Ce fut lut que le maréchal nomma .
commandant supérieur du Méchouar et des cinq cents volontaires pris dans tous les CM{» de Tarmée expédition* naire. Le gouverneur général donna alors an capitaine Cavaignac le titre de chef de bataillon provisoire ; il fit distribuer cinq cents fusils à ceux des coulou^lis qui manquaient d'armes; et , après avoir laissé une certaine quantité d'approvisionnements dans la forteresse du Méchouar, il quitta Tlemcen le 7 février pour revenir à Oran.
Dès ce moment, le brave Cavaignac fut livré à lui-même; dès ce moment aussi ses actes révélèrent un homme fait pour exercer un commandement supérieur. Aveedes ressources presque nulles , il établit des hôpitaux , des ateliers en tout genre , des casernes , et perfectionna les. moyens de défense da Méchouar.
Plusieurs ravitaillements de la garnison de Tlemcen eurent lieu successivement; en 18S6, le général Bugeaud conduisit deux fois dans cette placedes approvisionnements en blé; mais ces ressources étaient bientôt épuisées ; et à peineuneexpéditionétait-ellede retour, qu'il fallait songer à en entreprendre une nouvelle. Aussi , vers la fin de novembre, un nouveau ravitaillement était- il derenu indispensable; car, malgré li riche capture de boettfii que CnaitrDac avait faite dans une de ses nombreuses excursions contre les tribus hostiles , il n'en était pas moins dans la dernièif^e pénurie d'autres objets. En effet, à partir des premiers jours de septembre, la garnison avait été réduite aux trois quarts de la ration de nain. En octobre et en novembre, on n avait pu distribuer que du pain d'oriie fait iwvc de la farine non blutée, et beulemenl a raison de huit onces par jour à chaque homme. Aussi la détresse avait-elle atteint son dernier période, malgré l'abondance de
tao CAT LUNIVERS. CAT
viande fraîche dans laquelle OD setroavait , et malgré les ressources de détail q[ue rintelligence de Gavaignac , son activité et sa foi à la noble mission qu'il avait acceptée, avaient créées. Le 23 novembre, ud corps expàlitionnaire partit d'Oran , et remit , le 28 du même mois , à la garnison de TIemcen , un approvisionnemeut de blé et de riz pour cent onze jours, et quatre*vingt mille francs en espèces. Cavnignac continua à exercer son commandement avec succès ; attaqué plusieurs fois par des troupes nombreuses, il parvint non-seulement à les repousser, mais encore il occasionna aux Arabes des pertes si considérables qu'il les obligea enfin à s^éloigner de la place.
Vers la fin de mai 1837, un nouveau ravitaillement fut amené; la garnison fut relevée par un bataillon du 4T régiment de ligne , et Cavaiçnac fut remplacé par le chef de bataillon IMenonville. Pendant l'accomplissemeni de sa pénible et glorieuse mission, Gavaignac avait su conquérir Testime et raffection de ses troupes, et il emporta, en quittant TIemcen, les regrets de tous les habitants.
Malgré les services signalés que Cavaignac et les officiers sous ses ordres avaient rendus pendant cette longue occupation , le gouvernement se montra peu empressé de confirmer les gra* des provisoires qui avaient été donnés par le maréchal Glausel , et il ne fallut rien moins que la chaleureuse insistance du général Bugeaud pour que justice fût enfin rendue à ceux qui l'nvaient si bien méritée. Une ordonnance du 20 mars 1837 créa un troisième bataillon de zouaves , dont le noyau fut formé par les officiers , sous - officiers et soldats des volontaires de TUïniceti. Le 4 avril suivant, Gavaignac fut pronm au grade de clief de bataillon , et eonserva le commandement de ses braves compagnons d'armes. Mais, appelé en France pour y régler des arfaires de fiunille, Il se vit forcé de les quitter momentanément; et , pendant son absence , son bataillon fut envoyé à Alger, pour y être incorporé dans le ré*
giment dont il devait désormais faire
partie. A peine rentré de son congé, il fut forcé, par le mauvais état de sa santé, de quitter le sol de l'Afrique, et de demander à être mis en non-activité pour infirmités temporaires , ce qui lui fut accordé. A peine rétabli , il demanda à reprendre son service, et fut nommé au commandement du 2" bataillon d'infanterie légère d'Afrique. Il servit avec la même distinction à la tête de ce corps qui , connaissant la réputation d*habilete et de bravoure de son nouveau ehef , lui accorda , dès le premier jour, toute sa confiance.
Un acte de piraterie, commis par les habitants de Gherchell envers un navire français, ayant nécessité un châtiment exemplaire , le maréchal gouverneur général dirigea contre cette ville une expédition dont fit partie le 2* bataillon d^'nfanterie légère d'Afrique, commandé par Gavaignac.
Le corps expéditionnaire, parti de Blidale 12 mars 1840, entra sans coup férir à Cherdiell le 15 du même mois.
Après être resté quatre jours dans cette place, le maréchal retourna à Blida, et laissa, pour garnison à Gherchell, le 17* r^iment d'infanterie légère et le 2* bataillon d'Afrique , avec quelaues soldats du génie, T,e 20 avril, le 17 léger quitta cette ville pour se rendre à Alger, où il devait foire partie de la nouvelle expédition qui se préparait.
Gavaignac resta donc avec son seul bataillon pour défendre la place. Aussi les Arabes, persuadésque la faiblessede
la garnison leur permettrait de se rendre facilement maîtres de la ville, vinrent, dès le 21, l^attaquer avec fureur; mais ils furent vigoureusement repoussés. Le 22, une nouvelle attaque fut tentée avec tout aussi peu de succès , grâce à Tactivité et au courage du commandant, qui ne cessa jour et nuit de se trouver partout , et de soutenir par son exemple le couragedes soldats.
Les journées suivantes se passèrent assez tranquillement; n^nmoins on continua à se tenir sur ses gardes , et on tirailla chaquejour aux avant-postes.
Mais le 27, vers le soir, une masse
CAV
coDsidérable d'Arabes, sous le commandement de Ben-Ârrach, s'approdia de la ville ; et , depuis ce moment
jusqu'au 2 mai, ce ne turent qtie combats et attaques continuelles constamment repoussées par les braves de la garnison de Chercneli. Dans le combat qui fut livré le 20 , Cavai;;nac reçut une bnlle dans la cuisse. Heureusement cette blessure ne fut point assez grave
Eour le forcer à quitter le champ de ataille; mais le sentiment de crainte qui se manifesta parmi les troupes en apprenant ce fâcheux événement, suffit pour prouver toute la conGanoe qu'avaient mspirée à la garnison le caractère, la bravoure et les talf^nts de leur commandant. Dans cette lutte disproportionnée, et dont les heureux résultats furent entièrement dus aux bonnes dispositions deCavaignac, les Arabes éprouvèrent des pertes considérables.
Le 21 juin suivant, les services de Cavaignac reçurent enfin leur rérompense. ^ommé alors lieutenant-colonel, commandant le régiment des zouaves , il continue depuis , h la téte de ce corps, sa carrière de gloire et de dévouement. Il est maintenant à Médéah, avec son brave régiment ; et il y soutient dignement la brillante réputation que ses premiers faits d'armes lui ont acquise.
Cavaignac est un homme modeste, * instruit, ferme, brave jnsqu^à la témérité. Dans les campagnes qui vont s'ouvrir, il trouvera, nous n'en doutons pas , roœasion de signaler de nouveau son dévouement à la France , et de développer sur une plus grande échelle les talents militaires qui le distinguent.
CAVAiLLON,Caoftfld, ancienne ville du comtat Venaissin, à deux myriam.
cinqkilom.d'Avii;non.Cëtait,avant les premières conquêtes des Romains dans les Gaules, une des pri nci pales vi I les des Cavares^ et les Marseillais y avaient établi un comptoir et des marchés. Elle s'élevait alors sur la montagne du CaveaUf comme le prouvent les fondations d*une forteresse et des restes de murs qu'on y voit encore. On ignore l'époque ou cette ancienne ville fut dé-
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truite, mais il parait cert<iin qu'elle fut rebâtie dès le temps de la domination romaine , au bas du rocher, à* l'endroit occupé par la ville niuderne.
Les Romains y établirent une colonie u'ils favorisèrent beaucoup à cause e son port sur la Durance. Ce port, q-.ii était alors très-commode, fut détruit plus tard par les inondations de la rivière. Les restes d'antiquités qui attestent le long séjour des Romains en ce Virn , consistent en un grand nombre de médailles que l'on y découvre encore tous les Jours, en quelques statues ou tombeaux, et en un fragment d'arc de triomphe, qui, vraisemblablement , date du temps d'Auguste. La partie inférieure de cet arc est cachée sous la terre jusqu'à la corniche de l'archivolte (Voy, la planche 83). De la domination des Romains , Cavaiilon passa sous celte des barbares; elle resta, pendant près d'un siècle, au pouvoir des premiers rois de Bourgogne , fut ensuite soumise aux Francs, et appartint successivement âux comtes d'Arles et de Provence et à ceux de Toulouse. Enfin, elle tomba, comme le reste du comtat Venaissin, sous la puissance du saint-siége. Avant la réunion de cette province à la France, la juridiction civile de Cavaiilon était partagée entre l'évéque et la chambre apostolique, à laquelle était réservé le jugement des causes criminédes.
Au reste, l'éxêque prêtait hommage au pape pour la moitié de la ville. Le gouvernement y fut longtemps exercé par cinq consuls qui furent plus tard réduits a deux. Cette ville est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du département de Vauduse. Sa population est de sk mille neuf cent onze habitants.
Cavale. — Dans les temps héroï-
3ues de notre histoire , c'est-à-dire , ans les siècles chevaleresques, une cavale, aussi bien qu'un cheval que le fer avait mutilé , était une monture déshonorante affectée aux roturiers, et h laquelle on cx)ndamnait, comme à la ptinilion la plus humiliante qui pilt être inlligee, un chevalier qu'on avait