‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 47 sur 86 · CAT FRANCE. . CAT · texte numérisé non relu

CAT FRANCE. . CAT

breu au collège de Navarre. En 1600, il fut ordonné prêtre, et mourut en

1610, à i'âiîc de quatre-vingt-cinq ans. La mémoire de Cayet :i .snl)i de la part des protestants les plus rudes attaques : Bayle lui-même ne le ménase pas. Mais on sait combien Tesprit de secte est porté à Pinjiistice, et combien les partis sont prompts à jeter à Ja téte de leurs adversaires les accusations de corruption, de mauvaises mœurs, d'infamie. Des innombrables ouvrages de Cayetsur la théologie, l'histoire, Ta chronologie, etc. , nous ne citerons que ses Mémoires et la réponse qu'il (it à un fnctum du ministre Dumouliii. Le titre seul de ce dernier livre prouve abondamment gue Cayet n'était guère plus courtois à Tégard de ses ennemis que reux-ci ne l'étriient en- - vers lui; car il est ainsi conçu: La fournaise et le Jour de réverbère pour évaporer les prétendues eaux de Si' lof, cf pour corroborer le purgatoire y contre les hérésies, calomnies . fanssetés et caviUalions ineptes au préienduministre Dumoulin, Paris, 1003, in-8* de 88 paries.

Caylus , ville de Tancien Quercy, aujourd'hui du départeiuent de Tarnet%aronne , à quatre myrîamètres hait kilomètres de Montauban. La population de cette ville est aujourd hui de cinq mille trois cent dix- neuf habitants.

Caylus (Anne-Claude-Philippe de TuIk I es» de^Grimoard , de Pestels, de Levi , comte de) , né à Paris en lG\r2, suivit d'abord la carrière militaire, entra fort Jeune dans les mousquetaires, fit, en 1711, la campagne de Catalogne à In UHe d'un régmient de dragons, et se distingua, en 1713, au siège de Fribourg. A la paix de Rastadt, il voyagea en Italie, revint en France en 1715, quitta définitivement le service, et partit Tantiée suivante pour Constantinople , a la suite de l'ambassadeur de France. Il visita les ruines d'Éphèse et de Troie, l'Asie Mineure, la Syrie, la Grèce; et, sur les instances de sa mère, revint en France en 1717, aa moment où il se disposait à pousser ses explorations classiques jusquVn Égypte. Fixé dans sa patrie aprèii avoir

fait encore quelques voyages en Allemagne , en Hollande et en Angleterre,

il se livra entièrement à Tétude de Tantiquité et à la pratique des arts. Il entreprit un grand ouvrage sur les antiquités égyptiennes, grecques, étrusques, romaines et gauloises, fut reçu, en 1731, amateur honoraire à l'Aca'démie de peinture, et, en 1742, associé libre de l'Académie des inscriptions et belles- lettres, et partagea ses travaux entre ces deux compagnies. « Si l'on peut reprocher au comte de Caylus, dit un judicieux critique , de n*avoir pas toujours rencontré la vérité, qu'il cherchait de bonne foi , de n'avoir pas toujours mis dans ses recherches toute la profondeur désirable, on ne peut lui refuser le mérite d*avoir été- trèsutile aux arts, non-seulement par ses talents, mais encore par son rang et sa fortune, en multipliant, par son exemple , le nombre des amateurs de la haute société. » Ce savant archéologue, qui était aussi un littérateur agréable, a laissé un grand nombr-ed'ou- ▼rages qui peuvent se diviser en trois classes : ceux qui traitent spécialement de Tantiauité ;ceux qui sont relatifs aux arts; enfin ceux où il s'occupe de httérature légère, tels que romans et facéties. Notre cadre ne nous permettant pas de donner la liste de toutes ses productions, nous nous bornerons a indiquer ici les plus remarquables. Re»

eueU tT/intiquUis égyptiennes, grec»

ques f etc., Paris, 1752 et années suivantes, 7 volumes in-4°; (Vumismata aurea imperai, roman., sans date , in-4'*, très-rare ; Recueil de wédaillcs du cabinet du roi, id., in-4", très-rare ; Recueil de peintures antiques, d'après les dessins coloriés de P.S. Bartoli, Paris, 1757, in-folio, en société avec Mariette, et tiré seulement à trente exemplaires. Parmi ses écrits sur les arts, on remarque les suivants : Tableaux tirés de tOdys* sée, de l'Iliade, de l' Enéide, arec des observations générales sur le cos" tume , Paris , 1 7.57 , in - 8° ; Mémoire sur la peinture à l'encaustique y en société ave(' Majant, 1755,10-8"; les Aies de Mignard et de Umoine, dans io

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recueil des ries des premiers peintres du roi, Paris, 1752. in-S**; la PleéTE. Btmehankn, ibid., 1763, in- 12. La plupart des romans et facéties du comte de Caylus ont été réunis sous le titre (ÏŒuvres badines du comte de Caylus, et pti<* blîés par Garnier, Paris, 1787, 12 vol, in-8°. Lé comte de Caylus mourut à Paris en 1765, à Tâge de soixante et douze ans. Sa vie, air ont honorée une foute de traits toucnants de générosité et de bienfaisance , avait été consacrée tout entière à Tétude et au travail. Il avait entrepris de faire graver les des> sins exécutés par Mignard , surTordre de Colbert, et représentant les monuments grecs et romains qui existent encore dans le midi de la France. Il a exécuté lui-même à Teau-forte, avec bennroup d'esprit et de goût , un grand iioiiibre de sujets , parmi lesquels nous distinguerons : une suite de deux cents pièces, d'après les plus beaux dessins du cabinet du roi; un recueil de têtes d'iiprès Rubens et Van Dyck; de grandes estampes représentant les Fêtes kiperciUes, d'après Bouehardon , etc.

Caylus (Marthe-Marguerite de Villetle , marquise de), née en 1673, mère du comte de Caylus, fut une des femmes les plus aimables de la cour . pendant tes dernières années du règne de Louis XIV. Ts'ièce de madame de Main tenon, elle étal t née dans la rel igion protestante comme tous les d*Aubigné; sa tante voulut la forcer, encore tout enfant, à embrasser le catholicisme; et , pour parvenir à cette fin , elle employa d*autres moyens que ceux dont on se sert d'orduialre : « Je pleurai beaucoup d'abord , dit madame de'Caylus , mais Je trouvai la messe du roi il belle que je consentis à me fiifri catholique, à condition que je fentendrais tous les jours, et qu'on me garantirait du fouet. » Mariée à treize ans à M. de Caylus , menin de Monsieur, elle ne fût pas plutôt maîtresse d'elle-même que, fatiguée sans doute de la îiêne qui régnait dans la société de madame de Maintenou , elle se lia avec madame la duchesse, Tune des filles naturelles du vient roi , funeose

comme ses sœurs par un esprit de licence , qui . s'exerçant alors a la dérobée, devait bientôt s'asseoir sur le trône avec le régent. «Madame deMaintenon m'avertit du danger que je courais , dit-elle ; mon godt l'emporta , je me livrai tout entière à madame la duchesse , et je m'en trouvai mal. » Ce peu de mots nous indique que la marquise de Caylus eut une jeunesse orageuse. Yilleroi fût le plus connu de ses amants. Cestpour elle que Racine composa le prologue d'Esther; la Fare l'a célébrée dans de petits vers. Vol- . taira, qui aimait avant tout le goût français, dont il a donné de délicieux modèles, eut le premier l'idée de publier les spirituels et gracieux mémoires qu'elle a laissés sous le nom de Souoenirs, livre d*une lecture amnsaote, qui montre un coin alors peu connu de ta cour du grand roi , devenu le vieux roi ; le coin oîi la jeunesse et la volupté se liguaient en cachette contre l'étiquette et la dévotion.

Cayot (Augustin), sculpteur , na-' uit à Paris en 1667. Après avoir étuié la peinture à l'éeole de Jouvenet, il se livra à la sculpture , et entra dans l'atelier de le Hongre. Il obtint, deux années de suite , le grand prix de sculpture, en 1685 et en 1696, la première année , sur le sujet des Ber^ gers montrant Racket à Jacob; la seconde, sur celui de Joseph expUquatU les sonf^es de Pharaon. Après avoir séjourne en Italie le temps ordinaire , Cayot (*) revint à Paris et fut forcé d'y travailler pour Van Clève :

il aida ce célèbre sculpteur pendant quatorze ans. Cependant son talent le lit recevoir à l'Académie en 1711, et, en 1720, il fut nommé adjoint à professeur. Il moumtën 1723. Cet artiste fut Tun de nos bons seul pleurs* de second ordre. Les Deux anges du maitre-autel de INotre-Dame de Paris sont de lui, ainsi qn^Mut Nymphe de Diane, aux Tuileries , et une IHdion abandonnée, qui fut $on morceaude ré<* ception à l'Académie.

Cazalès ( Jacques-Antoine-Marie (*} les ledsùres de rAeadénde éetivent

CAk

CAS

de), né en 1753, à Grenade, département de la Haute-Garonne , entra , à Trlge de quinze ans , dans les dragons de .Tarnac, et y obtint, en peu de temus , une compagnie, ^omtné députe de la noblesse du bailliage de Rivière- Verdun aux états généraux, il prit le parti de la cour, mais avec une sorte de modération, et ne fut avoué,, malgré ses talents , ni par les nobles ni par le peuple. II fit partie de la commission chargée d'opérer la réunion des trois ordres, s'opposa à la luaion, et quand il la vit décidée , il

Îuitta TAssemblée, et partit pour le ianguedoc; mais il fut arrêté à Gaussade, près de Montaubau. 11 écrivit alors pour demander sa mise en liberté, à TAssembiée nationale, qui fit droit à sa demande, et lui ordonna de revenir à son poste. Cazalès obéit; mais, Gdèle à ses principes, il combattit successivement le serment des prêtres et la constitution civile du clcriié; attaqua le projet d'ôter au roi le droit de paix et de guerre, et de l'obliger à ne pas s'éloigner du lieu des séances de rassemblée. Il appuya la proposition de soumettre à la sanction roy ale le décret qui adoptait les articles déjà réglés de la constitution, et en particulier la déclaration des droits de l'homme; enlin il demanda le renouvellement de l'Assemblée j^our l'adoption de la constitutiori. , ir défendit successivement les parlements de Rennes et de Bordeaux accusés de résistance aux décrets de l'Assemblée; vota constamment contre Tadoption des principes et des projets démocratiques; demanda la mise en liberté des prisonniers d'Orange, et s'opposa à ce qw le prince de Gondé fût déclaré tiattre à la patrie. L'expression de ses regrets monarchiques dans le discours qu'il prononça pour la défense de Souillé, excita de vifs murmures. Il causa le n)ême mécontentement, en demandant, à l'occasion des troubles de ISimes , au commencement de 1791, la répression des perturbateurs des différents partis , et en menaçant l'Assemblée de l'iinimadversion des amis de la monarchie, si elle n'ajour-

nait pas le projet de décret sur la résidence de la famille royale. Opposé à la souveraineté du peuple , il ne put obtenir la parole lorsque, le 19 avrilde la mémcaunée,il voulut blâmer l'opposition que le peuple mettait au voyage de Saiut-Ctoud , dont le motif avait cesse d'être un secret. Le 19 mai suivant, il vota, avec le côté gauche, pour réliffibilité immédiate des membres de 1 Assemblée, s'opposa, le 10 juin, au licenciement de l'armée , et à la formule du serment de fidélité à la natUm, à la bd et au roi. Après le voyage de Varemies , il voulut passer à l'étranger; mais il fut de nouveau arrêté par le peuple , et ne dut qu'à rintervention de plusieurs de ses collègues, envoyés pour le ramener , de n'être pas victime de la fureur populaire. Peude temps après, il offrit de nouveau sa démission, qui tut enfin acceptée. Il partit ensuite pour Bruxelles, et se rendit de là à Coblentz, d'où il fut expulsé par ordre des princes : triste récompense de son dévouement. Il revint alors à Paris; mais il quitta de nouveau la France après le 10 aoflt 1792, et se rendit encore à l'arméede Condé, 011 une nouvelle humiliation l'attendait. Les gentilshommes, pleins d*entliousiasme et d*humeur oelliqueuse, ne voulurent pas associer à leurs triomphes futurs un homme qui avait combattu pas à pas , avec toute la puissance de sa logique , mais trop tièdement selon eux, les jtrinripes populaires dont ils espéraient triompher à la première campagne. Il se réfugia alors en Italie , de là en Espagne , et enfin en Anj^leterre, d'où il ne revint en France qu'après le 18 brumaire. H y mourut le 24 novembre

Gazes ( Pierre- Jacques ), l'un des grands peintres du dix-huitième sié- «e, est né à Paris , en 1670^ Il commrâça à étudier la peinture sous Houasse, mais il fut réellement l'élève de Bon Boullongne l'aîné. 11 obtint, en 1699 , le premier grand prix de peinture, et fut reçu académicien, eu 1704, à son retour 'd'Italie. Son tableau de réception représentait le

.336 CAZ L'UKiy£BS. CASt

Qmbat d'Hercule et d*Jckéloûs, Ga- égalpment recherchées en Allemagne.

zes resta dans la grande tradition de Voici ce qu'on h't à son sujet dans

l'école française; son style convenait V Examen critique des diverses éco-

surtout à dès tableaux d'histoire re« les de peinture, par le marquis d'Ar-

ligieuse ; aussi consocra-t-il son talent gens: «Gazes avait un dessin eorrectet

à décorer les églises de Paris d'un as- gracieux , un pinceau large , et peut-

sez grand nombre de tableaux. Sa être ne risquerait-on rien en soutenant

composition est granjde , son dessin qu'il nV en a jamais eu de plus beau,

correct, et sa couleur toujours vraie si Ton en excepte celui du Corrége.

et harmonieuse ; on peut lui reprocher Sa eouleur était brillante et d'une

cependant de n'être pas assez varié, fraîcheur admirable : c'est ce qu'on

de reproduire trop souvent certains peut voir dans un grand nombre de

effets et certains types. Mais ce^ dé- tableaux qui sont dans les églises de

fauts sont compensés par de belles Paris , surtout dans celui de l'hémor-

qualités, et c'est avec raison qu'on l'a rhoïsse gui est à Notre-Dninp, et dans

nii.s au nombre de nos peintres les deux c|ui sont dans la nef de l'église

plus distingués. Il remplit, depuisITlO, de Saint-Germain des Prés, dont Tun

les fonctions de professeur à l'Acadé- représente satjit Pierre qui guérit le

inie, dont il fut nommé recteur en boiteux, a la porte du Temple ^elV m-

1 743, directeur en 1 744, et enûn cban- tre Tabithe ressuscitéepar cet apôtre,

celier en 1746. Ce dernier tableau est si beau qu'il

On voyait dans les églises de Paris suffirait pour mener lui seul son au-

un grand nombre de tableaux de cet teur à l'immortalité. La composition,

artiste. Les principaux étaient : 1° à le dessin, la couleur, le pinceau, tout

Notre-Dame, FHimorrh&lsse; T à 8*y trouve dans un degré supérieur.

Saint- Jacques la Boucherie, une Sainte « Gazes faisait quelquefois les doigts

Catherine et un Sai7ît Jacques; S** des mains trop longs, pour leur don-

à la chapelle de Suinte-Marie Égyptien- ner plus de grâce, et il ne les caracté-

ne. Sainte Marie damledisert; Saint risait pas assez , en sorte que , crai-

Nîcolas ; la Plerge et l'enfant Jésus gnant de rendre les doigts trop durs,

entourés d'anges ; 4'^ a Saint-Martin il arrivait quelquefois qu'ils étaient

des Champs, le Centenier^ l'Annon- peints d'une manière un peu lâche;

dation ; .5" à Saint-Gervais , la MulU- c^est ce qu*on peut voir dans trois

pUcation des pains ; 6** au petit Saint- tableaux qui sont dans les salons de

Antoine, C Adoration des mages; Sans -Souci : le premier représente

7" à Saint-Germain des Prés , Saint Y Enlèvement d Europe , le second la

flncent et l'évtque F'alêre jugés de- Toilette de yénus, le troisième /?ac-

vant Dacien; Saint rincent et Fa- chus et Ariane. Il y a dans tous ees

1ère traînés en prison; Saint y iiicent tableaux une harmonie de couleur

prêchant devant l'évê^ue Falére ; brillante, une conipositiou gracieuse,

Saint f incent ordonne diacre par et des enfants qui sont peints d'une

f^alère; une Descente de Croix; le mollesse et d'une grâce digne du Cor-

Sacrc (In saint Geinnain ; Saint Cer- rége. Mais de tous les tableaux de

main présentant a Childebert le plan Gazes le plus beau qu'ait le roi de

de l'Abbaye; Clotaire guéri par saint Prusse, c'est celui de la Naissance de

Germain; la Mort de saint Gertnain; Fénus. Get ouvrage se trouve dans

Saint Pierre guérissant nn boiteux a le château de Polsdam. Il y a encore,

la porte du Temple; la Résurrection de dans le palais de Cliarlottenbourg ,

labLtiœ; 8° à l'hôpital de la Charité, trois tableaux de Gazes : l'un repré-

l» Martyre de saint Pierre et saint sente Jésus -Christ appelant les en-

Paul; 9* à Saint-Antoine de Versail- fants auprès de lui , l'autre meChiey

les, une Adoration des mages. peinte dans un goût admirable, soit

Cet artiste ne fut pas seulement par la couleur, soit par la mollesse du

apprécié en France; ses œuvres étalent pinceau , soit par le dair-obscur

règne dans ce tableau, dont tout le jour vient par une lampe qui pend au piancsher de la salle ou se fiiit la eène. Le troisième tableau , qui est assez irrnnd, et dont les ligures sont presque de petite nature , représente le Jugement éB Pâris, »

Pnrfiii les élèves de Cazes on doit citer Chardin, Parrocel fils, et le Suédois Lundberg.

Caztllac , ancienne baronnie du Quercy , à seize kilomètres de Brives.

Cette baronnie a donné son nom à une illustre famille qui la posséda pendant cinq cents ans , et iféteignit en 1679. Depuis, elle fut vendue au duc de Bouillon , dont les héritiers la cédèrent, en 1738 , au domaine de la eouronne , d'où elle passa , dix ans après^kmaÊmïkSakuguet-DamarzU.

Cazotte (Jacques), né à Dijon, en 1720 , entra d'abord dans Tadministration de la marine et parvint , en 1747 , au grade de coinniissaire. H passa ensuite à la xMartinique en qualité de contrôleur des îles du Vent. Il avait toujours eu du goût pour la poésie ; la connaissance quMi avait faite à Paris des littérateurs les plus remarquables de cette époque , avait encore augmenté son amour pour les lettres.

A la Martinique, il partagea son temps entre les devoirs de sa place et la société de quelques hommes instruits, entre autres du fameux jésuite Lava- 4ette. Après quelques années de séjour dans cette colonie, il obtint un congé, et revint à Paris , où il trouva une Dijoiinaise, son amie dès l'enfance, madame Poissonnier ^ qui était nourrice du duc de Bourgogne. Cette dame lui demanda des chansons pour endormir le royal enfant ; Gazette composa à cet âfet la fgfmeuse romance Tout au beau milieudes Jrdenncs, et celte ùuXr e.Cnmmn^e, il faut chauffer le lit. Les éloges que lui attirèrent ces premiers essais lui firent penser qn*il pourrait réussir dans des ouvrages plus importants. Il repartit pour l'Amérique, et pendant toute la traversée il ne songea qu'à s'essayer dans un genre de littérature auquel il n'avait

pas songé jusque-là, A son arrivée, il mit la main à Tœuvre , et composa Oitlvier. Lorsque les Anglais attaquèrent le fort Saint-Pierre, en 17.59, Cazotte contribua , par son zèle et son activité, à rendre leur attaque inutile. Mais le climat ayant afblbli sa santé, il demanda un nouveau congé et ar« riva en France au moment où son frère, qui l'avait nommé son héritier, venait de mourir. Cette ciroonstanoe lui fit demander sa retraite , qui loi fut accordée avec le titre de commissaire général de la marine. 11 avait cédé au P. de Laralette tout ce qu'il possédait k la Martinique , et en avait reçu en payement des lettres de change sur la compagnie des jésuites. CeuX'Ci refusèrent de payer, et les traites furent protestées. Cazotte était menacé de perdre ein(|nnnte mille écus ; c'était presque toute sa fortune; il se vit contraint de plaider contre ses anciens maîtres, et ce procès tn l'origine de tous ceux qui sont venus fondri? ensuite sur la société. Lorsque la révolution éclata , Cazotte s en montra l'adversaire; plusieurs lettres écrites

f>ar lui à Pontenu. secrétaire de la iste civile, et où ses sentiments hostiles a la révolution se manifestaient clairement, furent saisies apr^ la journée du 10 aodt 1792 dans les bureaux de l'intendant Laporte ; il fut arrêté à Pierry, avec sa litle Elisabeth, qui lui avait servi de secrétaire , et tous deux furent conduits à Paris et enfermés dans les prisons de l'Abbaye. Il allait être massacré dans les journées de septemlnre, lorsque Thé* roique Élisabeth se précipita entre lui et ceux qui allaient le frapper, et s'écria , ea lui faisant un rempart de son corps : « Vous n'arrfveres ait « cœur de mon père qu'après avoir « percé le mien. » Ce noble dévouement désarma les exécuteurs des vengeances populaires ; Cazotte et sa fille lurent portés en triomphe jus* que dans leur maison. Mais ils n'y restèrent pas longtemps. Cazotte fut arrêté une seconde ibis, et traduit devant le tribunal qui devait con^.

T. ly. 3T livraison. (DicT. BNCTCLOP., BTC.)

paître de tout ce qui avait rapport aux ^mflf 4u- 10 août. Il oe nia pas ses

relations avec les contre-révolutionnaires, et condamné à mort, il fut ^écuté le 26 septernbre 1792. Ses ouvrages ont été réunis sous le tiift a Œuvres morales et badines^ Paris, 1776, 2 vol. in-8°, et sous celui ^'OEwn es badifies et morales, historiques et phiiosophiques, 4 toi. in-8*, Paris, 1816-1817.

CÉCILE (A. M.) , littérateur, né en France, vers 1770, a composé Geneviève de Brabant, tragédie en troi$ actes , jouée avec quelque succès en 1797, et i ITT primée in-S" ; Tableau historique , littéraire et politique de Van M de la république française, Paris , an vu, in-8*; Tome , trag^ die en cinq actes et en vers. Le peu de succès ae cette dernière pièce dérangea le cerveau de Tauteur , qu'où fut obligé d'enfermer à Charenton« où il mourut en 1804.

Ceilliek (dom Remi) , savant bénédictin , naquit en 1688 , à fiar-le- Buc, et mourut en 1761 , après avoir été président de la congrégation de Saint-Vannes et de Saint-Hvdul[)he.

On a de lui , Apologie de la morale fks Pérès, Paris, 1718, in-4*, et une Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastique 9 Paris, 1729-1763, 23 vol. in-4°.

Ceinxube. — La ceinture, dont nos ancêtres ont emprunté Tusage aux Romains, était, avant rétablissement des Francs dans la Gaule, et dans les premiers temps de leur monarchie , une distinetion que Ton accordait à la naissance et au mérite, dont on pouvait être dépouillé pour cause d'indignité , et qui investissait de certams privilèges. La ceinture militaire dont on revêtait un jeune homme d'extraction noble, était, avec le baudrier , le signe de son admission dans les rangs de l^inrmée, luioon£^ rait le titre de soldat , et faisait partie de ce qu'alors on appelait les honneufs. Ou v suspendait ses armes , et même son noudier. La ceinture étant ensuite devenue commune à toutes les classai de la société , eessa d'être une

distinction , et ne fut plus qu'une parure , que chacun enjoliva a son gré.

Les hommes riches la surchargèrent d'ornements. Dès le septième siècle , saint Éloi, argentier du roi Dagobert , en j^rtait une couverte d'or o| de pierreries. On y pendait Taumô* nière , qui contenait la tnenue monnaie que l'on distribuait aux mendiants , et dans laquelle , au rapport de Guillaume de Nangis , le roi saint Louis tenait enfermée dans une tx)ursette d'ivoire la chaîne de fer à cinq branches avec laquelle il se faisait fustiger par son confesseur, quand il avait terminé l'aveu de ses fautes.

C'était par la ceinture que l'on pre- ' nait les malfaiteurs pour les conduire défaut le juge. Quand on conférait à un gentilhomme l'ordre de chevalerie, on lui ceignait les reins d'une ceinture blanche, en signe de la pureté de corps dans laquelle il deyait toujoiir« se maintenir. Outre cela, quand les chevaliers avaient quitté leurs armures de fer et revêtu leurs habits de ville, pour prendre part aux banquets qui suivaient toujours les tournois, ils assujettissaient autour d'eux leurs robes traînantes , au moyeu d'une rir che ceinture.

Charles VI , en 1420 , défendit aux femmes qui se livraient à une prostitution avérée et publique de porter des ceintures ornéBS d'or et de broder ries. £n vertu de cette prohibition, plusieurs fois renouvelée depuis , les agents de l'autorité saisissaient et vendaient au proiit du roi les ceintures ■de cette espèce dont ces femmes se paraient nii mépris de l'ordonnance.

Elles sohstinèrent pourtant, et les infractions devinrent si fréquentes, que Tautorité se lassa de les punir, et qu'elles restèrent en possession de leurs ceintures. Alors les femmes honnêtes abandonnèrent, en disant, pour •se consoler : « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, » un ornoment que celles qui l'avaient si vivement défendu quittèrent d'elles-mêmes, quand on cessa de le leur disputer.

Dans le temus où l'usage en était nénéral, i'alNuulou de la ceipW était

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un signe de dégradation , de détresse, ou de renonciation à certains droits.

Les débiteurs insolvables et les banqueroutiers étaient forcés de quitter la leur ; et quand Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, fut mort l'an M04, en laissant une succession fort obérée , sa veuve déposa la sienne avec ses clefs sur le tombeau du défunt , pour indiquer par là qu'elle renonçait a la communauté de biens. Lorsqu^on cessa de porter des habillements lonss et amples, les personnes du monde quittèrent la ceinture. Néanmoins, les magistrats et les ecclésiastiques la conservèrent, et les religieux de certains ordres gardèrent jusqu'à la fin la corde grossière qui leur en tenait lieu. Aux seizième et dix-septième siècles, on reprit la ceinture ; mais on la remplaça , sous Louis XIV, par Técharpe,' qui devint une décoration attachée à de hauts grades militaires.

La ceinture prit alors le nom de ceinturon , et l'on ne s'en servit plus que

f>our porter l'épée. Pendant la révoution , les représentants du peuple , plus tard les membres du Directoire , et après eux les consuls , portèrent , ainsi que plusieurs fonctioimuires , la ceinture , comme insigne de la dignité dont ils étaient revêtus. Aujourd'hui , les membres des cours et tribunaux , les officiers généraux , les préfets , sous-préfets , conseillers de préfecture , maires , adjoints , commissaires de police , etc. , portent la ceinture quand ils figurent dans les cérémonies publiques , ou lorsqu'ils sont dans l'exercice de leurs fonctions; mais ce n*cst pour eux qu'un signe de reconnaissance , et cet ornement ne leur confère aucun autre droit que ceux qui résultent de leurs grades ou de leur position dans la hiérarcliie administrative. Celte ceinture n'est pas pour tous la même : celle des magistrats consiste en un large ruban noir, avec deux bouts tombants et garnis d'un effilé; celle des fonctionnaires de Tordre administratif est une large bande d'étoffe de soie aux couleurs nationales.

Ceintubiebs. — La ceinture , eu

cessant d'être l'attribut caractéristique d'une fonction et de ce que l'on appelait un honneur, pour devenir un ornement commun à toutes les classes de la .société , donna naissance à In profession des ceinturiers. La communauté formée à Paris par ces artisans était fort ancienne , et avait déjà des statuts à l'avénemeut de Louis IX. Par lettres patentes do mars 12G3, ce prince leur accorda une place à la Halle , pour y vendre comme les autres fabricants et marchands. Charles le Bel confirma, en 1320, leur règlement, dont Hugues Aubriot, prévôt de Paris, changea, la même année, plusieurs articles miportants. Mais eu 1475, Jacques d'Estoutevillc, aussi prévôt de Paris , révoqua ces changements , et replaça les ceinturiers sous leurs anciens statuts. Ces artisans les gardèrent pendant trois quarts de siècle, après quoi ces statuts furent modifiés à l'occasion que voici : les ceinturiers cVétain , ainsi nommés ^des clous d'étain dont ils ornaient les ceintures de cuir, étant devenus assez nombreux , et ayant demandé à faire une corporation' à part, les faiseurs de rffwji-ci?//*/^, ou ceintures à pendants que portaient alors les femmes des artisans et les paysannes , unis aux courroyeurs - ceinturiers , s'opposèrent à cette prétention , et de longues discussions s'ensuivirent. Knfin, Henri II, pour les mettre d'accord, les réunit tous sous la même bannière , par lettres patentes du mois de mars 1551 , et n'en forma qu'un seul corps de métier, auquel il donna de nouveaux statuts. La profession des ceinturiers , qui serait libre aujourd'hui , n'existe plus eu tant que profession séparée.

CÉLESTiiNS, ordre religieux fonde, en 1254, par Pierre de Mourron , depuis pape, sous le nom de Gélestin V.

Cette communauté, qui fut confirmée, en 1274, au concile de Lyon, avait été, dix ans auparavant , incorporée à l'ordre de Saint-Benoît par le pape Urbain IV.

Les célestins furent attirés en France, en 1300, par Philippe le Bel , qui leur

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