‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 54 sur 86 · DES CHAMBRES, FÉDÉRATION, FU- NÉRAILLES DES BOIS ET DES GRANDS · texte numérisé non relu

DES CHAMBRES, FÉDÉRATION, FU- NÉRAILLES DES BOIS ET DES GRANDS

ciTOVEss, Messes du Saint -£s-

niTfl'ANTHBOll, RSTOBS, SACBM,

Triomphes, et surtout à l'article' Fêtes «ationales et publiqui-s.

CsBET, Ceretum, Cermdupi, petite «t tràs^neieMe viUe du Houssiilon, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département des Pyrénées-Orientales, a 81 kil. de Perpignan. Située au pted dis Pyrénées , à peu do difitancè

des fmliSkm d'Eipegne, Céni «il

principalenient connue dans l'histoire

pour avoir servi de rendez-vous aux commissaires qui, en 1660, iixèrent les limitée des deux royaumes. Sa population est aujourd'hui de 3,251 hab.

FJIe possède un tribunal de première instance et un collège communal.

CiiBT (af&ire du pont de). Le général Dugommier, en réorganisant, avec une admirnble activité, l'armée des Pyrénées, qui était tombée dans le plus ^rand délabrement, ramenait la victoire soiii noe drapeaux. Le l " mai 1794, les ouvrages du pont de Céret furent emportés. Le camp de Boulou, où les Espagnols s'étaient retranchés d'une manière formidable, fut enlevé , et l'ennemi, en pleine déroute, Inissant quinze cents prisonniers, cent quarante canons et d'immenses bagages , se bâta de battre en retraite pour secourir ses frontières menacées. [Voy.

t. III, p. 506 et suiv., l'art. Boulou (combat du camp de)].

Cbbétbius , ou plutdt iTerlAle^e (*),chef Gaulois, commandant Paile gauche de l'armée qui envahit la Macédoine, Tan 291 avant J. C, fut chargé par le Brenn d*entrer dast la Thrace et de la saccager, pour passer ensuite dans le nord du royaume de Ftolémée. Cette division resta occupée à eombattre ou à piller, et s*|r réunit, Tannée suivante , «u bandes de Leonar et de Luthar.

CEKFjBLOlD, Cervua Jriyidm, ancien prieuré de Tordre des M atburios , à 5 kil. de la Ferté-Milon, dans l'ancien Valois, aujourd'hui département de TAi^ne. C'était la muiaon-chef -d'ordre et la résidenee du général.

CÉBIGNOIES (bataille de). Ferdinand le Catholique et Louis XII avaient entrepris la conquête du royaume de lîaples. Mais après la victoire, Us 8*étaient brouillés au sujet du partage.

La querelle fut vidée a Cérignoles (28 ^vril 1Ô03). ûonzalve de Cordoue avait MMS ses ordres aoe année d'Espsgni4s qui venait dTétre renforcée

C) Cci^/A célèt)re ; «0r4ii<fE gloij«. Qwjep'f WauhdietiMiii.

€1» ^uvc«* «te m

par deux mille Allemands, ht due de tfamoun comniniuiait Tarmée frao* çaise, composée de cinq cents lances, quinze cents chevan-légers et quatre inilie fantasbins. La ciialeur était déjà dcestive dans les plaines de la Fouille, et les vents soulevaient à chaque instant d épais nuages de poussière. Les Espagnols, arrivés les premiers, m retranmèreitt dflrrièr» on large foaaé; sur le bord de ce fossé, ils avaient construit un rempart, et ils avaient

S lacé des canons en batterie. Le duc e Nemours , qui oonintodait i*otta-

3ue, fut tout à coup arrêté parée fossé, ont il n'avait pas soupçonné l'existence; et comme il le lontteait pour chercher un passage , il fut atteint d'une balle qui le tua. Plusieurs gén^ raux qui lui succédèrent dans le commandement eurent le même sort, lin moins d'une demi-heure, Tarmée franeaiae perdit prêt de trois mUlB hommes. Ses bagages tombèrent entre les mains du vainqueur, et Gonzalve de Cordoue deu>eura seul maître du rovaumo ée Piaples , qui continua à faire partie de la monardiie espagnole pendant tout le seizième et tout le dix-septième siècle.

CinisAims <MaK Duncm 4e), naquit à Saumur vers Tan 1600, d'un gentilhomme écossais qui s'y était établi. Après avoir été précepteur du marmls de Fora , et favofr aooompa»

gné à la bataille de ThloofiNe en 1639, et au giép;e d'Arms, où son élève fut tué, il eHa chercher fortune auprès de Ifl reine Ohrietine, et fut député en France, comme ambassadeur de Suède, auprès du cardinal Mazarin. Mais sa conduite légère et imprudente le lit bientôt rappeler. Il erra ensuite de contrées en contrées, se rendit à Constantinot)le, et alla enfin joindre le duc de Guise, qui s'était mis à la téte de rinsurrection de Napies. Il dé|)loya 49M cette guerre la plus grande bravoure , et à une attaque générale de tous les postes espagnols, il reçut au talon une blessure dont il mourut quelques jours après, en

Cebise (affaire de). Le août I11>5, ■ne ooloaae de quinse cents fsiéniott-

tais résolut d*attaqoar sur plusieurs points la ligue occupée par la division

de gauche de l'armée d'Italie, aux ordres du général Serrurier. Favorisés par la nuit , la neige , et iiurtuut uq ^ais brouillard^, ils passèrent par le col de la Pierre-Étroite, s'approcnèrent du poste de Cerise, défendu par quelques hommes, remportèrent, et pour»

suivirent leur marsbo vers les postas de San Martino et de Lantosca , qu'ils atteignirent vers minuit. Aussitôt Serrurier lit battre la générale, et en cinq minutas les trois eents hommes qui composaient os cantonnement fursnt réunis. Quoique accahlés par le nombre, quoique presbet» de toutes parts au point d*avoir à peine l'espace nécessaife pour cbareer leurs armes et les tirer, les réf)ul)licains , par leur contenance inébranlable , finirent par lasser l'ennemi et par le contraindre à opérer sa retraite. Ralliés sur les hauteurs voisines , les Piéniontais songeaient à revenir a la charge, lorsque, vers six heures du matin, les Français les apereureiit. Ils demandent à s;mnds cris qu'on les mène contre eux; Serrurier y consent; ils gravissent alors la montagne au pas décharge, culbutent Tennemi, et le repoossent jusqu'à Cerise. Vainement voulut-il s'arrêter dans ce poste et y faire quelque résistance, il fut culbuté de nouveau rt tomplétément mis en déroute , après a«ioîr perdu un assez grand nombre de morts et de blessés , plusieurs centaines de prisonniers, et beaucoup de

ftMÎIS.

CBBiSfBM (le P.), jésuite, aé à

Nantes en 1603 , fut conseiller et aumônier de Louis XIV. il a laissé un grand noml)re d'ouvrages historiques et ascétiques ; mais on en tWt , en général peu de cas. L'Innocence reconnue , ou / ie de sainte Geneviève Brabant, Paris, 1647, in-8°, oit la seule prodnction de Gerfelors qu'on lise encore anjourd'luii.

CÉRisoLKS (bataille de). La bataille de Cerisoles fut livrée le 14 avril 1644, entre le dw d'Enghien «t le marquis delOuasto, général de Charles-Qumt.

On comptait dansTarméelranfaueua

«M cm LOmiVERS; ciK

Srand nombre déjeunes seigneurs avi- CEfiNiiY en Doauois, baronnie de

es de signaler leur valeur: Saint-An- Pancien Dormois (aujourd'hui du dé-

dré, Dampierre, Gaspard de Coligny, partement de la Marne), à 13 kil. de les trois frères Bonnivel,d'Escars,Rb- Sainte-Menehould , érigée successivechefort. Le marquis del Guasto avait ment en comté et en marquisat, oocupé les hauteurs qui dominaient le CBBNUimos , divinité gauloise , inchamp de bataille. Aussi le combat voquée par les chasseurs , était repréavait-il commencé par des escarmou- sentée ayant de longues oreilles et deux ches entre les arquebusiers des deux ar- cornes , dans chacune desquelles était mées, lorscfue tout à coup les lansque- passé un anneau. On a trouvé en 1 701 , nets impériaux, au nombre de neuf dons l'église de Notre-Dame de Paris, mille, descendirent de la colline pour un bas-relief qu'onsupposeétre l'image attaquer les Suisses qui leur étaient de cette idole. oppMés. Les Suisses soutinrent ce re- CBBOPUkSTiQUB. ^ L'origine de la doutable choc; ils étaient secondés par céroplastique ou de l'art de modeler un corps de Gascons , et soutenus en en cire se perd dans la nuit des temps, outre par les jeunes seigneurs , oui Les Grecs et surtout les Romains la cbeicbaient à se surpasser lesanskt pratiquaient avec un grand suocès; autres. En même temps le sifode Boi^ mais rhistoire de Tusage qu'ils en firent tières, à la téte de la gendarmerie fran- n'appartient pas à notre sujet; nous çaise, culbutait la cavalerie impériale, nous contenterons de renvoyer nos et la repoussait sur la colonne aile- lecteurs à Pouvrage de Wicbelhausen , mande. Les lansquenets, entamés de intitulé les Jpplications de la cérotoutes parts, se débandèrent, et le p/as^i9we(enallemand);ilsy trouveront marquis del Guasto fut entraîné dans tous les détails Qu'ils pourront désirer leur déroute. Cependant , à son aile sur cette partie ée Phistoire de cet art. gauche, ses vieilles bandes espagnoles Dans le moyen âge, la céropl as-

française avait fui devant elles, et servée pour être applii^uée ;

tout l'effort du comte d'Enghien s'était nies religieuses. On sait que les figures

porté dès lors de ce côté. Deux fois em- des saints étaient en cire. La céroplas-

porté par son impétueuse valeur, il tique servait aussi aux opérations de ia

avait traversé de part en part ces épais magie. On faisait de petites images de

bataillons; mais* dans ces deux char- cire ressemblant, autant que possible,

Çes, l'élite de sa cavalerie était tombée aux personnes que l'on haïssait. On

a ses côtés; les plis du terrain lui dé- torturait ces images, on les perçait

robant le reste de son armée, il la avec des aiguilles , on les faisait fondre

croyait toutentière en fuite, et ne son* au feu , et l'on se persuadait que Torl-

gealt plus , avec la poignée de braves ginal devait succomber aux mêmes

qui l'entouraient, qu'a vendre chère- tourments. Cette espèce de maléfice

ment sa vie , lorsque parut le corps de s'appelait envoûter. On le pratiqua

bataille, victorieux des lansquenets, jusqu'au dix-septième siècle, et Ion

L'infanterieespagnole recula à ce coup, trouve dans l'histoire du seizième plu-

et le comte d'Enghien se lança à sa sieurs faits qui prouvent combien

poursuite. Le carnage fut épouvanta- l'usage en était alors fréquent. ^

nie: les Suisses, qui avaient à exercer Si la céroplastique n'avait eu quecette

. contre les Espagnols de sanglantes re- application, elle mériterait peu d'attirer

présailles, ne lirent aucun quartier, notre attention; mais après avoir été

Du Bellay porte à douze mille nommes au service des sorciers, elle passa à

le nombre des morts de l'armée enne- celui de la sdenee, et lui fut d'un

mie. La victoire de Cerisoles facilita , grand secours. Julio Zambo de Syra-

uelques mois plus tard, la conclusion cuse, habile anatomiste de la fin du

e la paix de Crépy. dix-i>eptième siècle, est le premier ar-

frauge.

liste qui fit des préparations anatomi-

3ues en cire. Ces préparations sont de éritabies chefs-d'œurre. Dans le dixbuitième siècle, plusieurs Français ri- ▼alisèrent avec les céroplastistes italiens. Ainsi mademoiselle Bihenm, morte en 1795, avait composé un cabinet extrêmement précieux , sur lequel Vicq-d'Azyr fit, en 1777, un rapport trèB*avantageaz. Ce cabinet fut acheté en grande partie par l'impératrice de Russie. Les préparations de Pinson sont encore conservées au musée d*bistoire naturelle. Bertrand s'occupa surtout de reproduire, sous la direction de Dessault, les faits pathologiques les plus remarquables; enfin Laumonier de Rouen et iSiuAier de Strasbourg donnèrent, sous l'empire, à la céroplastique appliquée à Tanatomie une perfection qui depuis n*a pu être dépassée, lies collections les plus importantes de

Ï)réparations en cire sont aujourd'hui e musée Dupuytren et le cabinet de récole de médecine à Paris. La céropbstique a trouvé dans ces dernières années un concurrent redoutable dans l'art de la sculpture en carton-pierre, qui se prête mieux que la cire aux préparations qui exigent de la solidité.

(Voyez AnatOMIB, AUZOU» GAATON-

JPIERBE.)

Ceuliti (Antoine- Josepli-Joachim), né à Turin en 1738, élève des jésuites, et jésuite lui-même, abjura plus tard les principes de son ordre, et devint membre de l'Assemblée législative.

Ayant d'abord été nommé professeur à Lyon, il y défendit la société des jésuites avec beaucoup de zèle. En 1761 , il remporta un triple succès aux académies de Montauban , de Dijon et de Toulouse, sur ces trois propositions :

1° Les vrais plaisirs ne sont faits que pour la vertu, 1761 , in-4^; 2° Moyens de ^oppoier au duel, la Haye, 1761 , et Pans, 1791, in-8°; 3" Pourquoi les républiques modernes fleurissent-cUes moigis que les républiques anciennes i Ce dernier discours eut même un bon»

neur bien rare alors, celui d'être attribué à J .-J. Rousseau. Admis dans l'intimité de Stanislas de Pologne, duc de Lorraine , il publia , sous les yeux de oe

prince, VApohgîe de l'institut desjé^ «f<itefy8TOl.in-i2, 1762. Mais bientôt le procureur général lui intima l'ordre de venir abjurer les principes de la société qu'il avait défendue avec tant d'énergie, et Cerutti se soumit. Après avoir signé le serment prescrit, il demanda, dit-on, froidement: « Y a-t-ii encore quelque chose à signer? — Oui, répondit le magistrat, le Coran; mais je ne l'ai pas chez moi. Placé par Stanislas auprès du dauphin, son petitfils, Cerutti ne fut point exempt de la contagion de la cour; il se trouva pauvre avec plus de dix mille livres de rente; et il conçut pour une grande dame une passion énergique et durable, qui, en altérant sa santé, paralvsa pendant quinze années ses facultés morales, lletiré à Fleville, près de JVancy, chez la duchesse de Brancas, il reçut de cette dame les plus douces consolations.

La révolution était imminente; mais les idées de Cerutti avaient subi de grandes modifications. Il publia, en 1 788. sous le voilede l'anonyme, soniVc» moire pour le peuple français , in-8°.

JSonmié membre de Padministratioa deParis et député à l'assemblée législative, on le vit dans la Feuille villageoise, depuis continuée par Grouvelle et Ginguené, mettre à la portée des habitants de la campagne les doctrines de la morale et de la liberté. Mirabeau avait beaucoup de considération pour lui ; il l'admit du moins au nombre de ses collaborateurs, et ce fut Cerutti qni prononça son oraison funèbre.

L'excès du travail contribua à sa mort, arrivée le 3 lévrier 17U2; et son nom fut donné à une rue de Paris ( la rue d'Artois , aujourd'hui rue Laffittc).

Cebvera (combat et prise de). — Le maréchal Macdonald, qui devait, de concert avec le général Suchet , assiéger Tortose (septembre 1810) , n'ayant pas encore pu réunir le matériel nécessaire pour cette opération , se vit forcé, pour mire subsister ses troupes , de les porter vers la petite ville de Cervera, et de les cantonner dans les plaines fertiles qui l'environnent. Le ô, son avant-garde rencontra quelques déta-

T. xy« SS* WraUon. (Dicx. smcyclop., etc.)

dieiiièntf â« cavalcfîe espagnole. Le>

diasseurs napolitains qm marchaient en tête de la colonne française les culbutent du premier clioc; mais pendant qu'ils s'abandonnent a?eo une ardeur

inconsidérée à leur poursaîte, les dra-

gons de San-Yago placés en embuscade >ndent sur eux, les mettent en désordre et en font un grand carnage.

Le duc de Tarente oraonne ausiitôt au colonel Delort de se porter en avant avec son régiment de dragons.

La cavalerie espagnole, forte de six cents hommes, venait de sortir de son embuscade, et s'était rangée en bataille à droite et à gauche de la route. Delort déploie son régiment sur une ligne parallèle à celle des Espagnole et donne le signal de l'attaque; les escadrons ennemis abandonnent leur position et battent en retraite. Delort se ianee à leur suite, et les culbute an moment où ils faisaient volte-face pour combattre. !\lis dans une complète déroute, les Espagnols essayent de se rallier près de Gervera , mais ils sont de nouveau chargés et de nouveau culbutés. Pendant que le chef d'escadron Bréjeant les disperse, Delort pénètre dansGervera, et i)()ursuit un corps d*infanterie et de cavalerie, qui , abandonnant la ville, se retirait par la grande route. Ce corps fut sabré ou mis en déroute et foreé de se réfugier dans les montagnes. Le soir, Macdonald établit son quartier général à Cervera. L'ambulance et les munitions de l'ennemi étaient tombées au pouvoir des Français. Presque tous les chasseurs napofitains qui, dans l'échauffourée du matin, avaient été pris par les dragons de San-Yago, furent arrachés de leurs mains et remis en liberté.

Ckrvolles (Amant de), surnommé rjrchiprêtre, fameux chef de bandes du quatorzième siècle, était né dans le Périgord, de la noble famille du car« dinal de Talleyrand, et quoique séculier, il possédait l'archiprétrise de Vernia. Cervolles apparaît pour la première fois à la bataille de Poitiers (13.56). Blessé et fait prisonnier avec le roi Jean , il fut racheté par ce prince et revint en France Tannée suivante.

LUHIVÊRS.

Les proviaeéa, à peina débarraiiéos

par une trêve des ravaj^es de TAnglais , étaient alors la proie des terribles compagnies (voyez ce mot). Pendant que les Navarrals infiestaient la Normandie, que le Gallois Grifjith pillait le pays entre Seine et Loire, Cervolles rassembla une troupe encore plus nombreuse, et se dirigea vers le midi. A la téce de deux mille cavaliers, il passa le pont de Sorgue, et se rua avec fureur sur la Provence, que gouvernait, pour la reine Jeanne de Naples, Philippe de Tarente. De là , il marcha sur Avignon. Innocent VI, tremblant de terreur, arma nuit et jour ses familiers, et écrivit au roi Jean, caplit a Londres, pour le supplier de réprimer les sujets français et dauphinois qui ravageaient ses terres, et seinblaient même montrer plus d'acharnement contre les personnes et les propriétés des ecclésiastiques que contre toutes les autres.

« Cependant, dit Froissard, quand cil archiprétre et ses gens eurent pillé et robé tout le pays , le pape et le collège,

3ui pas n'étoient assur, firent traiter evers l'archiprêtre; et vint sur bonne composition en Avignon et la plus grand' partie de ses gens ; et fat aussi revéremment reçu comme s*il cât été fils au roi de France, et dîna par plusieurs fois au palais de-lez le pape et les cardinaux; et luî farent pardonnés tous ses péchés, et au partir, lui fit délivrer quarante mille éeus pour départir à ses compagnons. Si s'espartirent ces genslà; mais toujours tenoient-iis la route dudit archiprétre. » Cervolles se jeta ensuite sur la Bourgogne; mais il rentra , en 1 368 , dans la Provence , déjà épuisée depuis dix-sept mois par les brigandages de la compagnie de la Rose, et s'empara de la ville d'Aix; car « ainsi etoit le royaume de France, de tous lez pillé et dérobé, ni on ne savoit de quelle part cbevaudiir que on ne fût rué sus(*).» En 1359, nous retrouvons notre chef de brigands au service du dauphin régent, et décoré du titre de lieutencmt général dans le Berri et le Nivernais. Après le traité

(*) FroÎMard, t. lU, p. 375.

cm

FRAUCB, (SU 147

de Bréquigny (13G0), il rassembla les bondes licenciées, et forma la compa»

gnie blanche y ainsi appelée d'une cro/x blanche que ces nouveaux routiers portaient sur l'épaule. Aroaut, à leur téte. Joignant aea ravages à ceux de la peste, pilla les environs de Langres, Lyon, Nevers, s'empara de plusieurs places, et for^a le comte de r^evers à négocier. lie traité, conda au moii de février 1361, fut ratiGé par le roi.

Cette fois , l'archiprêtre parut venir à résipiscence; il resta Qdèie à ses engagements; car il oommandait l'avant-

frde de l'armée royale, qui fut battue Brignay, par les taravenus, le 2 avril 1361 ; « et fut} dit Froissard, un bon chevalier, il vaillaminent se combattit; maïs il fut si entrepris et si mené par force d'armes, qu il fut durement navré et blécé et retenu à prison , et plusieurs ebevalieia et écuyers de 8a> route. » Mais il ne resta pas longtemps entre les mains des tardvenus; car, en 1362, il épousa Jeanne, fille et héritière de Jean III, seigneur de Château-Yillain. Eo 1363 , on le re> trouve à la tête ides aventuriers bretons, oui prêtaient leur secours au comte ae Vaudemont , contre Jean , duc de Lorraine. Il ne se fit fîaute dtt sae* cager cette province et tout le pays Messin, qu'il lâcha enfin moyennant une forte rançon , pour se rejeter sur la Bourgogne et la Champagne. Il servit ensuite dans l'armée de Philippe le iiardi, nouvellement créé duc de Bourgogne par le roi Jean , son pere, puis dans celle que Charles V envoya eo Normandie pour ravaj^r les domaines du roi de Navarre. Ala bataille de Cocherel, il commandait le 3*" corps des troupes royales composé des Bouf* guignons. Arnaut se mit quelque temps après à la téte des seigneurs hourgui-

Snons , et le& conduisit contre le comte e MoDtbéllanl, qui avait eovahl la Bourgogne. Il l'obligea à se retirer de l'autre côté du Rhin, entra dans son fomté» et y mit tout à feu et à sang. Il firéta alors au due Philippe um somme de deux mille cinq cents livres en or (car au métier qu'il faisait il ne maimuait pas de ricbeisses), et le Gh|i«

teau de Vesones lui fut remis en gage | Gui de Pontallier, marédial de four^ gogne, et le bailli d'Autun se portant cautions. Chambellan de Charles V en |36â, il s'olïrit a conduire les compagniei k la croisade contre les Turcs, et, ^e dirigeant vers la Hongrie, il partit pour la lorraine avec ses hri-

âands. 11 traversa la Champagne et le uché de Bar, pillant villes et villages , recruta en route une foule d'aventu<* riers . et se trouva à la tète d'tme armée fornndable. lorsqu'il arriva devant Mets. Les Allemands , justement épou-»

vantés, se fortifièrent, et se mirent en devoir de l'arrêter au passage du Rhin. Alors, il ravagea l'Alsace. Mais les paysans dt cette belliqueuse provinoe prirent les armes et lui firent éprouver plusieurs échecs. Chassé, traqué de toutes parts, il ramena sa troupe en France (!36â), et y fut tué peu do temps après par un de ses serviteurs (*). (Voyez Bandes militaires, Bba- BANCONS, Brignais (bataiUede), Cou- PAeinss (grandes), GottbbsàUX et

ROUTIBBS.)

Cebvom (Jean-Baptiste) fut l'un des étrangers qui se sont le plus distingués par leur bravoure et leurs talenta dans les armées de la France. Né en 1768, à Soeria en Sardaigne, il entra tres-jeune au service, se retira, et y rentra en 1792, avec le grade de souslieutenant de cavalerie. Bientôt aprèSf il fut faitadjudant général, se distmgua au siège de Toulon , reçut comme récompense le grade de général de brigade, et se rendit à l'armée d'Italie* où sa bravoure lui mérita les éloges de Dumerbion et de Masséna. Ce fut surtout à l'attaque du pont de Lodi (ju'il sedistiofua i l'artillerie des AutrichieBi faisait d'épouvantables ravages dans nos rangs; nos soldats hésitaient à franchir le pont; Cervoni, Dupas, Laiinei «I Augereau, s^élanoent à la téte des colonnes, et entraînent à leur suite les troupes electrisées par cet acte de bravoure. Cervoni continua CBsnlto de combattra à ramée do

(«) YitieRoin. pontif., p. •u.RayaaUi»

Aim. cccIm., i365 , $ 5.

CBS

UlINIVERS.

CBT

Rome, et fut chargé, après l'occupation de cette ville , d'annoncer au pape que la métropole de la chrétienté n était plus qu^une ville de l'empire français. Apres avoir institué le gouvernement provisoire, il fut nommé au commanaenient de dififéreotesdivisions militaires; mais il renonça bientôt aux fonctions administratives, et rejoignit l'armée en qualité de chef d'étatmajor da maréchal Laones. Toutefois , il n'exerça pas longtemps ces importantes fonctions, et fut tué à la bataille d'Ëckmuhl, le 23 avril 1809.

CÉSAIBB (saint) naquit à Châlonsur-Saône en 470, d'une famille noble et célèbre pour sa piété. Il montra dès l'enfance de grandes dispositions pour la vie ecclésiastique, et attira sur lui Tattenlion de l'évêque de Châlon, saint Silvestre, qui le tonsura en 488. Césaire alla ensuite achever son éducation dans le monastère de Lérins, et il s y rendit célèbre par ses austérités et par son aptitude pour la prédication et pour l'enseignement. Mais bientôt accablé de fatigues, et sentant sa santé dépérir de jour en jour, il fut forcé de se retirer à Arles pour se re-

Soser et reprendre des forces. Il fut lù éféque de cette ville en 501 , au milieu des acclamations du peuple, et malgré ses répugnances. Peuaant quarante et un ans qu'il occupa ce siège, il fut le plus distingué et le plus influent des évêques de la Gaule méridionale. Il bâtit un hospice, fonda un monastère de filles, fit fleurir les études dans le clergé, rétablit la discipline ecclésiastique, et poursuivit avec vigueur l'arianisme des Gotbs et le aemi-péla^ianisme. Il présida et dirigea les principaux conciles de cette époque, les conciles d'Agde en â06 , d'Arles en 624 , de Carpentras en 637. d'Oran|^ en 529. Comme ennemi de Tarianisme, saint Césaire fut calomnié auprès des rois gotbs. Il fut exilé deux fois, eu 605, par Alaric, Toi des Wisi^otfas, . et en 513, par Théodoric,roidesOstiogotl)s. On raccusait d'être partisan des Francs et des Bourguignons. Cependant il ne laidapas a être rendu a son diocèse,

où il était adoré et qu'il gouverna jusqu'en 542, époque de sa mort. Il nous reste de lui cent trente sermons traitant presque tous de morale religieuse.

Son éloquence est simple, douce, pleine d'images tirées de la vie commune, et feites pour rintelligence du peuple auquel il s'adressait. M. Ampère,. dans son Histoire littéraire delà France , et M. Guizot , dans son cours d'histoire moderne , en ont cité plusieurs fragments remarquables.

Cessart (L.-A. de), ingénieur, né à Paris en 1719. 11 embrassa d'abord la carrière militaire, et se distingua aux batailles de Fontenoi et de Rocoux ; mais le délabrement de sa santé le força bientôt à changer d'état, et il entra à l*école des ponts et chaussées. 11 fut, en 1751, nommé ingénieur de la généralité de Tours; et, de concert avec l'ingénieur en chef, de Yoglie , il construisit le beau pont de Saumur, dont les piles furent fondées par caissons , sans épuisement m batardeaux ; invention hardie que Cessart employa le premier en France, après l'avoir perfectionnée. ÎS'ommé, eu 1775, ingénieur en chef de la généralité de Rouen, il fut chargé, en 1781 , de la direction des travaux de Cherbourg , où l'on voulait construire un môle d'une lieue de largeur à une lieue au large (voy. Chebboubo). Mais une économie mesquine empêcha les beaux plans de l'ingénieur d'avoir tout le succès qu'on devait en attendre. Cessart est mort en 1806-, M. Dubois d'Arnenville a publié ses manuscrits sous ce titre ; Description des travaux hydrauliques de L.-A. de Cessart , ouvrage imprimé sur les manuscrits de l'auteur , Paris, 1806 et 1809» S vol. in•4^

Cette , ou plutôt Sète. — L'ancienne localité appelée Sitius monSf Setium promontorium , létiov ôpoç par Strabonet Ptolémée, dans un diplôme de Louis le Débonnaire, de Tan 837, s'élevait à une petite distance de la ville moderne de Cette, sur un promontoire formant, à l'orient , la limite du territoire de Narbonne. Au sixième siècle , les Francs et les Visigoths s'en disputèrent plusieurs fois la possession.

CÉv FRANCE. n 'M

La ville moderne ne fut bâtie qu*eti nombre d*hérétk|aM, auxquels, pn- 1666; et le port, sur la Méditerranée, dant trois siècles, Pinquisition ne fut seulement achevé ea 1678. Uue laissa pas un instant de repos. Cm médaille frappée lors de sa fondation, malheureax ne forent |»as non en rhonneur de Louis XIV, portait épargnés lors des massacres de la Saintcette légende: Tutum in imp&rtuoso Bartuélemy; sous Louis XIII, de nomiittore portum struxit. Ces paroles breuses scènes sanglantes se passèrent eussent été bien plus oonvenatHement dans les Tilles oévmoles, entre les calappliquées à la province du Languedoc, Tinistes et les catholiques; enfin sous qui supporta une partie de la dépense, Louis XIV, eut lieu, en 1652, la prise et paya annuellement une somme de d'armes, appelée guerre de IValls^ quarante-cinq mille Krres pour le creo- suscitée par le comte de Rleox , qui , sage du port. Le roi, pour favoriser de son autorité priyée, avait résolu Paccroissement de la population de d'extirper entièrement l'hérésie dans Cette , accorda des privilèges a ceux le Vivarais : à partir de ce moment ,

3 ni Tinrent établir. La juridiction et CTant la réroeationde l*édit de Nane cette ville appartenait autrefois à tes, des persécutions commencèrent révéque d'Agde, qui en était prieur et contre les protestants de ces contrées, seigneur. £lle est aujourd'hui chef-lieu Ainsi , en 168 1 , on eut recours à ce que lecantondu département de IHérault. • Ton nommait alors les missions ftomfes Sa population est de 10,638 habitants, de Louvois; ces missions consistaient Cbya (combat et prise de). — Trois en différents corps de troupes qu'on enjours après la bataille de Montenote , voyait dans les provinces où il y avait le Augereau partit , le 26 avril 1796 , de plus de réformés, et (^u'on logeait à dit- Montezemo pour attaquer les redoutes crétîon chez les religionnaires, jusqu'à qui défendaient l'approche du camp de ce que ceux-ci se fussent convertis. Puis Céva , où se trouvaient huit mille Pié- vinrentlesl>raoon/ia(ie<^quiprovoquèmontais commandés par Colli. Les co- rent cette terrible guerre des Gamisante lonnes des généraux Bayrand et Jou- que nous avons racontée ailleurs (voyez bert s'y battirent tout le jour, et se Camisabds). Malgré le rétablissement rendirent maîtresses du plus grand de la paix en. 1711, les persécutions nombre des redoutes. Enfin, les Pié- continuèrent; et unédit de 17S4 mulmontais , voyant leur camp tourné vers tiplia les cas de galères pour les actes Castellino , évacuèrent pendant la nuit de protestantisme. L'intervalle de 1745 cette position. Le générai Serrurier à 1760 fut encore marqué par de nouentra le lendemain matin dans Céva , Telles dragonnades et de nombreuses et fit sur-le-champ l'investissement de arrestations dans le territoire dUzès; la citadelle, qui conservait une garni- mais ce furent les dernières: des routes sou de sept à huit cents hommes, et gue Basville, Viiiars etBerwick avaient qui , dix jours après , lui fiit livrée en fait percer dans lesCévennesfecilitèrent vertu d'un armistice signé à Chérasco. les abords de ces montagnes ; tout en CÉVENNES,en latin Cebennœ, en rendant impossibles les soulèvements

ârec Ké[i(xevov 5poc , chaîne de montagnes des protestants, elles furent un bienfait

u Languedoc , qui donnent leur nom à pour le pays , et réparèrent vu peu les

la contrée environnante, et plus spécia- souffrances qu'il avait éprouvées pen-

lement à l'ancien diocèse d A lais, et à dant un demi-siècle. On peut con-

une partie des diocèses d'Uzès et de suiter sur les guerres des Cévennes :

Menue. Leur longueur est d'enTîron 1* le Fanatisme renouvelé y 4 Tolumes

vingt-trois myriamètres; elles s'éten- in- 12 , 1704- 1706, par Louvreleuil ;

dent depuis le commencement des T Histoire des troubles des Cévennes y

montagnes noires jusqu'à la source de Paris, 3 volumes in -12. 1760, par

rAllier. Lors des guerres des Albi- Court; 8* Le vieux Cévenol, par Ra-

geois , les Cévennes , comme les Tallées baud -Saint-Etienne , Paris , 1780.

au Piémont , furent l'asile d'un grand . Cbzblli (Constance de) est une de

L'UNIVERS

GHA

ces héroïques femmes qu'on rencontre souvent,' mêlées à la guerre ou à la politique ^ aux époques les plus orageuses de netr» histoire. Sortie d'une riche «t ancienne famille de Montpellier^ elle avait épousé Barri de Saint-Aunez, auquel Henri IV avait donné le gouvornemeAt de Loucate en Languedoc.

C'était au temps de la ligue; Barri avait été charge, en 1590, de communiquer de vive voix au duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, un projet que Henri IV n'avait pas voulu lui envoyer par écrit, de peur qu'il ne tombât entre les mains des emiemii. Il renoontrt an pani d'Espa* gnols qui le firent prisonnier, et se mirent aussitôt en marche vers le château de Leucate, assurés que le gouverneur étaot entre leors mains, la plaee leur serait immédiatement livrée. La noble Constance assemble alors la garnison et les habitants, elle leur fait jurer de se défendre jusqu'à la mort, et se met à leur téte une pique à la main. Son généreux exemple anime les troupes, et les assiégeants sont repoussés partout OÙ ils se présetitmit. Farlenx d'ane telle résistance, ils font déclarer à Constance, que, si elle ne rend pas la place, ils vontfaire pendre son mari. Attendrie, mais non ébranlée, elle répond les yeux baignés de larmes : J'ai des biens considérables, je les ai offerts, et je les offre encore poui sa rançon; maiêje ne raeMtefai-p(u par un» Indigne lâcheté une t>ie dont U aurait honte de Jouir. Les assiégeants eurent la barbarie d*exécuter leur menace. La garnison voulut oser de représailles envers un ligueur qu'elle avait fait prisonnier ; Constance lui sauva la vie , se montrant ainsi aussi généreuse que vaillante. Henri TV. pénétré de tantdemagnanimité, luiiloiraa, en récompense, le brevet de gouvernante de I^eucate avec la survivance pour son fils.

Cbzio (oomtat de). Depuis un an le lieutenant général Suchet couvrait, avec une poignée de braves, les sommités des Alpes ; il protégeait nos dé-

Îiartements méridionaux et défendait e terrain pied à pied. Dix-huit mille Wf eoDoiiitf par Mêlas, atta-

quèrent, le 7 mai 1800, le centre de sa petite armée campée à San-Bartbolomeo et Rezzo. Après un combat de eing beuree, la brigade Cravey, qui avait repoussé trois fois l'ennemi à la baïonnette, fut forcée sur les hauteurs de Césio, et le brave général Cravey suceomba dans la mêlée. Nos faibles colon> nés, coupées en plusieurs endroits, presque enveloppées , combattirent jusqu'à la nuit et parvinrent enfin à se retirer derrière la Taggia. Toutefois le général Suchpt fut forcé d'évacuer Nice et de repasser le Var. Ces événements étaient affligeants pour nos armes; mais on toilcbalt au moment où IVapoléon, s'élançant du mont Saint-Bernard sur les plaines du Piémont, devait rappeler la victoire sous nos drapeaux, et délivrer noa frontiftrei des insultes de nos ennemis.

Chabànnats, ou Saint-Quentin SB Chabannâis , petite ville de Taocien AngoumoiSi auj. du dép. de la Charente, àl6kil. de Confolens. Cette ville a eu successivement les titres de barounie, de comté , de principauté et deniarqolsat. Sa population est aujourd'hui de 1780 hab. C'est la patrie de l'ancien ministre Dupont de l'Estang.

CHABA.NNES (famille de). — Cette noble et ancienne maison do Bourbonnais , déjà distinguée au neuvième siècle , a produit un assez grand nombre a'hommes remarquables. Sans remonter à une époque trop reculée, on peut citer Robert de Chabannes , mort à" Azincourt en 1 4 1 5; £'^ienwe,tué au combatde Crevant en 1423; Antoine, auteur de la branche des eonUei de Dammat' tin^ dont nous parlerons plus bas ; et Jacques r% grand maître de France en 1461, qui eut part à tous les jfaits d*armes de son temps, et mourut d*une blessure reçue à la bataille de Castillon, en 1453. L'un des fils de ce dernier, Gilbert, fut la souche des marquis de Curton; l'aîné, Geoffroi, seigneur dé la Police, chambellan du duc de Bourbon, eut pour fils : Antoine, évéque du Puy, arrêté par ordre de François I*', en 1523, comme complice du connétable d« Bourbon; Jtan^ ttjgiMar dè YeudaMMe» dont noue

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renvoyons la biographie après la suiyante ; et , enfin , le fameux Jacques If, seigneur de la Palice. Jacaues de la Palioe Tersa son sans pour la France aous trois princps différents : Charles VIII , Louis XII et François I"' . Il accompagna Charles VIll en Italie, contribua à la eonquit» du royaume de IVaples , et fot notniné lieutenant général de ce royaume, après la mort du comte d'Armagnac. Lorsque Louis Xn monta lur le trtoe, la Palice l'aida à recouvrer le Milanais. Lorsqu'il était« en 1502, commandant delà place de Rul)os, il provoouaGonzalvedeCordoue, qui jugea prudent de ne pas répondre à son défi ; ce qiii fit dire à Mendoce : I/eureux la Palice! que Ferdinand avec toute sapuissance^ que GonzcUve aveeUmOe son habikté, me paraUteni petits ixuprés de tolê Mais rannée suivante, par une fausse manœuvre de Kemours, que Gonzalve sut mettre à profit, la Tille de Rabot fut dégarnie de troupes, et elle tomba au pouvoir des Espagnols ; l;i Palice , atteint à la téte d'un 1er de lance , fut fait prisonnier. Comme la citadelle tenait encore, Gonzalve le menaça de la mort , sMI ne donnait sur-le-champ à sou lieutenant l'ordre de rendre la citadelle. Conduit au pied des remparts , la Palice a|)pelle son lieutenant : « Cormon, s'écrie-t-il, Gonzalve, que vous voyez, menace de ili'ôier la vie, si vous ne vous rendez promptement. Mon ami, regardezmoi comme un homme déjà mort; et si vous pouoez ten ir jusqu'à V arrivée du duc de Nemours, faites votre devoir!» Cormon se défendit, la citadelle ne fut prise que d'assaut ; maii Gonzalve n'exécuta pas sa menace; il se borna à refuser toutes les offres qu'on lui lit pour la rançon du captif, qui ne fut en effet délivré que plus tard. Tîous n'en finirions pas , si nous voulions rapporter toutes les batailles où la Palicesignala sa valeur et reçut des blesirtires. L^pereur Maxtmilien lui donna de grandes marques d'estime au siège de Padoue; Il le regardait comme le meilleur des généraux français. En 1513 , lorsque Iiemoufs tomba sur le champ de bataille de Ravenne, tonte

l'armée demanda rnssaut, et la Palice

I)Our général. Ravenne s'étant rendue, a Palice maîtrisa la fureur des troupes, et fit pendre le capitaine Jacquin , dont les soldats avaient commis des excès. Dans le mouvement de retraite qui suivit bientôt, il iit preuve d'une grande oornialssanoe de la guerre. En 1513, après une expédition en Navarre, qui ne tut pas heureuse, il essuya un second écliec à G uinegate , où Bayard , le duc de Longueville , CletoiODt d'An»

Jou et Bussy d'Amboise furent feltt prisonniers; ce qui n'empêcha pas François 1*" de le nommer maréchal de France en 1615, aufeaitdt après son avènement au trône. La Palice fut un des héros de la bataille de Marignan , qui nous valut la conquête du Milanais. Bn 1511 , apiAs une campagne de moindre iiii|iortanoe dans les Pays-Bas, il retourna en Italie, où il assista à la malheureuse bataille de la Bicoque , livrée par Lautrec, malf^ré ses reprteetttatlons.

Bientôt après, il prit le commandement de l'armée qui battit les Espagnols devant Fontarabie, et délivra cette place , qui était à la veille de surcomber. En 1623, ce fut encore lui que François 1'' envoya combattre le connétable de Bourlion. L'année suivante, la Paliee remporta, en Pn^ veiice , de grands avantages contre cet illustre traître, qui prenait déjà le titre de comte de Provence. S'étant emparé d'Avignon, il contraignit le connétable à battre en retraite , l'atteignit au passage du Var, tailla en pièces son arrière-garde, le rejeta en Italie, et le fit poursuivre jusque dans le comté de Nice. En 1525, il se trouva à In fatale iournée de Pavie; là encore, couinic à la Bicoque, il fut d'avis de temporiser. Mais Bonnivet, Chabot, et quelques jeunes courtisans , firent eiirore prévaloir leur opinion sur celle des vieux capitaines ; et François I"^ résolut de livrer cette bataille, dont les résultats devaient être si funestes à la France. « La Palice, dit Brantôme, fit en ce jour d'aussi beaux combats que jamais il en avolt faits au plus . beau de son fige.» Mais, entraîné

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par la chute de son cheval , il fut fait prisonnier par un capitaine italien, nommé Ca^taldo. Un capitaine espagnol, qui survint, prétendit avoir sa part de la rançon , et, sur le refus de l'Italien, il' tua ic malheureux prisonnier d'un couj^ d'arquebuse à bout portant. Ainsi finit la Palice, dont les talents militaires auraient encore pu être si utiles à la France , dans les terribles combats que l'ambition de Charles- Quint lui préparaît. Ainsi mourut ce guerrier, dont on a dit dans une sotte chanson , devenue populaire, à la bonté de la nation française : Mon* sieur de la Palice est mort , il est mort de maladie, etc. . (Voy. Chants POPULAIBES). . Heureusement Brantdme a écrit sur lui une phrase qui peut faire oublier cette platitude:

Il ne pouvait mourir autrement, car qui a bon commencement a bonne fin. » Les Espagnols rappelaient el grand capitan de muchas guerras y t?fc/on*a5. Ce jugement d'un peuple ennemi, et peu ifrivçle, pourrait a bon .droit servir d'épitaphe à Jacques de laPalice.

Jean de Chabannes , seigneur de Vendenesse, compagnon d'armes de Bayard et digne irare du précédent, mérita, par sa bravoure, d'être surnommé le Petit- fAon. «Vandenesse, dit Brantôme, étoit fort petit de corsage, mais très -grand de courage ; de sorte que , dans les vieux romans, on l'appeloit le Petit-Lion. »

A la journée d'Agnadel, il ût prisonnier le fomeux générai l'AIviane, et le présenta à Louis XII sur le champ de bataille. Il prit une grande part à la victoire de Marignan. Il fut forcé , en 1521, de rendre la ville de Gomo an général Pescaîre , qui lui accorda une capitulation honorable. Mais la ville ayant été livrée au pillage, par une violation manifeste dfes conditions signées , Jean de Chabannes en fit demander raison au général ennemi , qui, après bien des tergiversations, prit rengagement de se battre à la pre* mière suspension d'armes. La rencontre n'eut pas lieu, Vendenesse ayant

été tué peu de temps après , à la retraite de Rebec, en 1624. L'amiral Bonnivet, qui commandait l'armée d'Italie , lui avait confié la garde de l'artillerie, en lui recommandant de bien la défendre. « Oui , dit-il , je vous « la garderai, je TOUS l'assure, tant que «Je vivrai, ou j'y mourrai. » Il soutenait, avec Bayard, tout l'effort des ennemis, lorsqu'ils tombèrent l'un et l'autre, mortâlement blessés. Deux années auparavant, à la malheureuse affaire de la Bicoque, Vendenesse s'était signalé par des prodiges de valeur.

Branche des seigneurs et marquis de Oirton,

Cette branche descend , comme nous

l'avons dit, de Gilbert de Chabannes, qui fut grand sénéchal de Guyenne, gouverneur du Limousin, et mourut en 1493. Un de ses petits-fils, FraH' cois, périt à la bataille de Pavie; l'antre, Joachim, fut chevalier d'honneur de Catherine ae Médicis , et mourut en 1569. Parmi ses fils, on trouve : Jean^ tué à la bataille de Renti en 1553; François, souche des comtes de Saignes i Gabriel, souche des comtes de PUmtae: François, comte de Rochefort, qui défît le comte de Randan à la bataille d'Issoire, en 1590. Un des petits-fils de ce dernier, Gabriel, seigneur de Ghaumont, fut tué au siège de Bapaume; un autre, Christophe, fut père de J/enri, qui se distingua à la bataille de Senei, et mourut en 1714. Jacques, fils de ce dernier, commanda, en 1710, la cavalerie de l'armée du roi en Roussillon, servit en qualité de maréchal de camp en Allemagne, dans les campagnes de 1734 et 1735 , passa comme lieutenant général en Bohême, et mourut à Prague en

Branche des comtes de Dammartin.

Antoine de Chabannes, comte de Dammartin , grand mattre de Fïrance,

joua un rôle important sous les règnes de Charles VII et de Louis XI. D'abord page du comte de Ventadour, puis du brave Lahire, il fit ses premières armes contre les Anglais, au siège de Verneuil, et se signala au siège d'Or-

CBA FRAI9CE. CIA m

leanSy en 1428. Il accompagna Jeanne d'Arc dans presque toutes ses expédi> tions, et sauva les deux places de Lagny et de Compiègne; mais il souilla ses exploits en se mettant à la tète des ecorcneurs qui désolaient la France, et portaient partout le pillage et Tincendie. Après avoir ravagé^ de concert avec eux , la Bourgogne , la Champagne et la Lorraine, Chabannes les quitta en 1439, et se maria avec Marguerite de Nanteull, qui lui apporta en dot la duché de Dammartin. Dès lors, il s'attacha complètement au parti de Charles VII. Un jour que ce prince, dans un moment de gaieté, Pavait salué du titre de capitaine des écorcheurs , Chabannes lui répondit : « Je n'ai ja- « mais écorché que vos ennemis, et il « me semble que leur peau tous a fait « plus de pront qu'à moi.» Son amourpropre troissé le porta à engaper le dauphin (depuis Louis XI) à se joindre aux mécontents dans la guerre de Ut pragneric; mais , à la paix, il rentra en faveur, et par un de ces retours qui furent communs dans sa vie, il se tourna contre le dauphin et ré?éla sa conspiration au roi. Charles VII ayant fait appeler son fils, celui-ci traita Chabannes d'imposteur. « Je sais, ré- « pondit Chabannes, le respect que 4e «dois au fils de mon maître; mais le « suis prêt à soutenir par les armes la « vérité de ma déposition contre tous « ceux de la maison du daupbin qui se a présenteront. » Personne ne releva le défi. Lorsque le dauphin leva l'étendard de la révolte dans les environs de Valence , Chabannes , chargé de soumettre le Dauphiné et de s'emparer de la personne du prince rebelle, se rendit maître de la province, mais ne put empêcher Louis de s'évader, sous le prétexte de faire un pèlerinage à Saint- Claude.

Charles VU étant mort en 1461 , le dauphin , devenu Louis XI , ne tarda

pas à faire repentir Chabannes de sa conduite à son égard. La charge de grand maître de France lui fut enlevée et donnée à Antoine de Croix, et bien lui prit d'avoir cherché son salut dans la fuite. Cependant une foule de grands personnages ayant élevé la voix en sa

faveur, il vint tomber aux pieds du roi, le suppliant de le faire juger selon toute la rigueur des lois. Louis XI, toujours inflexible, lui ordonna de

sortir du royaume, Gt saisir ses biens, et voulut qu'on instruisît son procès.

Sommé de comparaître, il q[uitta l'Allemagne, où il s'était réfugié, et vint se constituer prisonnier à la Conciergerie, d'où on le transféra à la tour du Louvre. Mais après l'avoir fait déclarer criminel de lèse-majesté, Louis XI, préférant miséricorde à justice, commua la peine capitale en un bannissement perpétuel; puis il changea encore dMaée, et, au lieu de l'envoyer à Rhodes, île qui avait été désignée pour son exil, il jugea plus pruaent (le le tenir renfermé a la Bastille. Les favoris du loi reçurent l'autnrisntion de 80 partager les biens da prisonnier.

Cependant, en 1465, Chabannes trouva le moven de s'échapper de sa prison pour aller se joindre aux princes révoltés contre le roi. La même année , le traité. de Conflans, qui mil un terme à la tigue du bien public, permit à Chabannes de se faire restituer ses biens. Ce premier pas fait, il eut peu de peine à se réconcilier avec Louis XI, qui connaissait par expérience son audace et ses talents militaires. L'arrêt de sa condamnation fut cassé, et, en 1468, pendant la tenue des états généraux à Tours, le roi proclama son innocence par lettres patentes. Peu de temps après, Chabannes devint l'intime conûdent de Louis XI, qui lui accorda une faveur bien plus f;rande encore que celle dont il avait joui auprès de Charles VII. Ce fut à lui qu'il remit le commandement de rarmée lorsqu'il déclara la guerre au duc de Bourgogne , et Chabannes se montra digne de cette marque de confiance. Charles le Téméraire s'étant rendu mattre de la personne de Louis XI, le força d'envoyer à Chabannes l'ordre de licencier les troupes qu'il commandait ; mais celui-ci , comprenant à merveille Tarrière-pensée du roi , refusa d'exécuter retordre, et sauva le roi en restant sous les armes. Il reçut bientôt de Louis Xi une lettre ainsi conçue :

(ùÈLA Ltîiams. CHU

« Monsieur lé grand mattre , mon ami , «vous m'avez bien montré que vous « m'aimez , et m'avez fait Je plus grand « service que pouviez fairé. » Lort 4e rinstitution de l'ordre de Saint-Michel , en 1469, Chabannes fut un des premiers nommés. A l'époque de l'expé* ditfoii contre le duc de Ifemonrs, îe sire d'AIbret, les comtes de Foh et d'Armagnac, il eut les pouvoirs les plus étendus, et n'en fit usage que pour é(nf mettre tel tebélles et leur pardonner^ En 1471 ,Ghabanues déploya autant d'audace que d'habileté contre Charles le Téméraire, qui avait repris les armes, et le eontraignit à solliciter une trêve. Mais soit jalousie, soit défiance, Louis XI se lassa de le voir toujours investi du commandement des troupes; Il eessa de l'employer, tout en laf conservant sa charge de grand mattre, et il lui écrivit à cette occasion : « Je « n'oublierai jamais les grands services « que vous nl'avez faits, pour quelque 4t nomme qui en Teoille parler. »

A partir de ce moment, la carrière publique de Chabannes fut terminée.

Cependant, après la mort de Louis XI, Charles VIII le rappela de la retraité oii il vivait, pour lui donner le gouvernement de rile de France et de Paris. Il mourut à la fin de l'année 1488.

La maison de Chabannes a encore donné naissance à la branche des COM' tes de Saignes j dont l'auteur fut, comme on l'a vu plus haut y IrançoiSf fils de Joachim, seigneur de Curton* Un de ses fils, Jacques, commença la branche des seig?ieurs du Ferger ; un autre, nommé Joachim, la branche des seigneitn de Tntny trOrgueiUeux, La branche des seigneurs et comtes de Pionzac descend, comme nous l'avons dit, de Gabriel, vicomte de Savigny, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, et dernier fils de Joa* chim, seigneur de Curton. Son petitfils, Gilbert t\ devint maréchal de camp en 1660, et fot toé au siéçe de Mouron. Gilbert II, fils de celui-ci , fut fait prisonnier à la bataille d'HœchstaBdt,en 1704, oixBonUs Françots-Anr Mm fut blessé. Il mourut maréobal de camp, en 1720t

▲ cette Êimille appartiennent en-

core /. B. M. F. marquis de Chabannes, pair de France et aide de camp de Louis XYIII , et le marquis deCliAftAiniis db lâPaligb, mort à Paris en l83îî,ctdevenucélèbrepourIes bizarreries sans nombre qui signalèrent les dernières années de son existence.

CtfABAim (Antoine), colonel direc* teur du génie, né à Nîmes en 1737, de parents protestants, lit les campagnes du Nord et de Hanovre, publia, vers 1776 , VHUtoîre des vùtes de Mmut- Hnédy, Péronne, Saint-Quentin et Se»

dan. L'année suivante , il Ait nommé major, et la croix de Sainl-Louis lui fat décernée; mais il la refusa, parce quMI fallait prêter un serment de catliolicité. Il fut envoyé, en 1783, à Constaotinoplepour fortifier cette ville et le détroit des Dardanelles , et pour donner des conseils aux Turcs sur toutes les parties de l'art de la p^uerre. A son retour en ("rance , il embrassa avec ardeur la cause de la révolution, et fut élu, en 1790, président du co* mité militaire établi à JNîmes. Il mourut à Cette, en 1791, au moment où il venait d'être nommé colonel directeur du génie.

Chabaud-Lâtour (Ant. G. Franc., baron de), membre du Conseil ties Cinq-Cents, du tribunal, du Corps législatif et de la chambre des députés, né à Paris en 1769, appartient, comme le précédent, à une famille protestante. Il prit du service en 1788. comme iieatenant en second dans rarme du génie, et passa, en 1789, dans le régiment de Rohan-infanterie. Partisan de la révolution, il devint, en 1791, eommandant d*one légion de lA fprde nationale de Ntmes. Plus tard, il fut arrêté comme fédéraliste et (-(nidamné à mort par le tribunal révolutionnaire; mais sa femme, par un dévouement que madame de la Vallette a renouvelé depuis, le fit évader au moment même où Ton dressait i'écbafaud. il rentra en France après le 0 thermidor, et vécut très-retiré jusqu'en 1797, OÙ le département du Gard le nomma membre du Conseil des Cinq-Cents. Après le coup^ d'État du 18 brumaire, auquel il prit part, il fit partie de la commissioa chargée de rédiger la constitution de

cHA nANCK. «ÉA m

Tan viii. Membre du tribunat, il se royalistes Gardanoe et Loverdo , dans

^Donça pourrétablitietnentilereni- l« départMiMit de* Hautet-Alpes, il

f>ire, comme il s'était prononcé pour arrêta leurs progrès, et fut nommé

e consulat. Cependant il ne tarda pas lieutenant {général par Napoléon. Il

à tomber dans la disgrâce de Tempe- servit en cette (]ualîté, sous les ordres

teur, sons qu*OD Bâché (iréclsément da tnaréchal Stichet, pendant le resta

pourquoi. En 1813, le département du de la campagne, et quitta Tarmée des

Gard le nomma au Corps législatif. Alpes après son licenciement, pour se

A la première restauration, il fut de retirer dans les euvironsde Grenoble,

la tommissiott ebargée de préparer où, depuis, il vécut dana la retraite,

ploaieurs parties de la charte, et s*op* Chabeuil, petite Tille du départe-

posa à l'établissement de la censure, ment de la Drome, à 12 kil.tleVa-

Au retour de I>iapoléon, en 1816, il se leuce, construite, suivant Danville,

retira à Ktmes, et pendant les téàe- anr l'eniplaceoMnt de fftneienne

tions qui suivirent la dernière chute du CerebelUaca y mentionnée dana lea

gouvernement impérial, il défendit itinéraires romains , comme point în-

avec courage la cause de ses coreli- termédiaire entre Aoste et Valence.

Sionnaires. Il ne reparut à la chambre CTest dans \ti environ» de Chabeuil

es députés qu'en 1817, époque où il que l'empereur Constance prépara

fut réélu par le département du Gard, vers Pan 355, contre les barbares, la

Il vota contre les lois d'exception et fameuse expédition dont Julien eut le

oohtrft le nouteau svsttoie électoral, commandement , et pendant laquelle

Depuis , il ne cessa OB siéger dana léa il fut élevé à l'empire. Cette ville avait

ra.i^s de l'opposition. autrefois le titre de principauté. Sa

Ca\BEBt (Théodore), né à Ville- population est aujourd'hui de 4,500

li'aa:ne en 1758, fut employé en qua- nao., et elle possède un collège com*

lité de général de brigade dans les munâl. Cest la patrie de M. ae Mon*

nrm{>es des Pyrénées - Orientales et talivet, ministre de Tintérieur aous

dcs Alpes, et nommé député au Con- l'empire.

manda l'avant-garde de la division du rons de cette ville que se donna, en 841,

Saint-Cothard , et passa dans le royau- la bataille de Fonianet (aujourd'hui

me de NapleSi Rentré en France, il Fontenailie, suivant l'abbé Leoeuf),en-

vota contre \e consulat à vie, et ce ne tre l'empereur Lothaire et ses frères, fut pas la seule cause qui lui lit en- Louis le Germanique et Charles le courir la disgrâce de INapoiéon. Em- Chauve. La population de Chablis est ployé à l'armée d'observation de la maintenant de 2,555 hab. Gironde, sous les ordres du général Chabot (famille de). —Cette célè- Dupont, il commandait l'avant-garde bre maison du Poitou est connue deà la malheureuse affaire deBaylen, où puis l'an 1040. Elle se divisait en pluil eut deux chevaux tués sous lui, et sieurs branches, savoir: 1° la branche fut choisi avec le général Marescot , par des barons de Retz ; T celle des selle conseil de guerre, pour traiter de g/ieurs de la Crève ; 3' celle des cette capitulation si honteusement cé- seigneurs de Jamac ; 4" celle des lèbre. A son retour en France, il fût seigneurs de Saint- Aulaye , due» de enfermé à l'Abbaye, destitué, ainsi que Ronan; 5° celle des seigneurs de Dupont et ^Tarescot, et envoyé en sur- Èrion, comtes de Charni; 6° enfin Veiflance dans son département. Mais le celle (ks marquis de Mirebeau.Lai fanoble désir d'effacer Un Acheux sou- mille de Chabot a joué un rôleaasez imvenirluifit reprejidre les armes quand portant dans notre histoire; mais le de nouveaux dangers menacèrent la plus célèbre de ses membres est Phipatrie en 1814. Opposé aux généraux ^ Uppe de Coaboi, conQU aussi sous

GHA

le nom d*ainiral de Brion , comte plleeait dàis le inioîstère. Mais ce

de Charni et de Busançois. Il fut triomphe ne put faire oublier à ChA-

élevé au château d'Amboise , avec bot la condamnation dont il avait été

François r', Anne de Montmorency frappé; il mourut le i"^ juin 1543.

et d'autres grands seigneurs de la On conserve à ta bibliothèque royale

cour. En 1524, il se jeta , avec deux un manuscrit des Lettres écrites en

cents lances et trois mille fantassins Î5'2S par' l'amiral de Brion^ 2 vol.

italiens, dans la ville de Marseille, in-fol. C'est à Chabot que Ton doit

assiégée par les Impériaux , qu'il l'idée de la ooloniè du Canada. Son

obligea bientôt à lever le siège. L an- tombeau , célèbre morceau de sculp-

née suivante , ce fut en partie par ses conseils que se livra la malheureuse bataille de Pavie , et « il fit si bien,

dit Brantôme, que le roi lui donna la charge d'amiral. » En 1529, il se rendit en Italie, chargé par Fran-

ture, transféré, pendant la révolution , au musée des Monuments français, est maintenant l'on des plus précieux monuments des galeries du

Louvre.

LouU ' Antoine • Auguste , duc de

çois l" de faire ratifler par Charles- Chabot-Rohan , lieutenant général.

Quint le traité de Cambrai. En 1535, on lui confia le commandement en chef de la guerre contre le duc de Savoie, et il s^empara en peu de temps de Chambéry, de Montmélian, de Turin , et de presque tout le Piémont.

Malheureusement il se laissa influen-

né en 1733, entra au service en 1747, assista au siège de Maëstricht , en 1748, et fut fait colonel Tannée suivante. Il combattit à la bataille d^Hastembeck, à la prise de Menden , à la retraite de llanovre , à l'affaire de Creveit, à celles de Corback , de War-

cer par le cardinal de Lorraine, et bourg, et à la journée de dostercamps.

. commit la faute de ne pas poursuivre II fut nommé lieutenant général ea

ses succès. A son retour en France, il 1781 , se prononça , en 1789 , pour

se mêla aux intrigues de la cour , et, le parti de la révolution, et accepta le

lorsqu'en 1541 François I*' résolut de grade d'aide de camp national auprès

.faire rechercher juridiquement ceux du général la Fayette. Mais, lorsqu'il

oui s'étaient enrichis aux dqiens de vit la démocratie prendre le dessus,

.l État, le faste de Chabot fournit à il accourut au secours de Louis XYI,

son ennemi , le connétable de Mont- ne le quitta pas dans la journée du

morency, un prétexte pour lui nuire. 10 août et le suivit à l'Assemblée. Ce

Il fut arrêté et enfermé au château de Melun. Une commission établie pour le juger fot présidée par le chancelier Povet, vendu au connétable, et le 8 février 1540, Chabot, comme convaincu de concussions, d'exactions, de malversations et autres

retour subit le fit ranger au nombre des suspects, ii fut incarcéré, et devint une des victimes de septembre.

Chabot ( François ), né en 1 759, à Saint - Gêniez , dans le Rouergue , d'un cnisinier du collège de Rho-

entreprises sur l'autorité royale, fut dez, profita de la facilité que lui offrait

condamné à quinze mille livres d'à- la position de son père pour faire ses

raende, au bannissement, et ù la con- études, entra dans un couvent de ca-

fiscation de ses biens. Le jugement nucins et reçut la prêtrise. Mais la

fut présenté à François I", (jui l'ap- lecture des livres philosophiques lui fit

prouva, mais qui, touché par les pleurs bientôt dédaigner les pratiques reli-

de la duchesse d'Étampes , pardonna gieuses auxquelles il s'était soumis

ensuite à Chabot, le déchargea de l'a- dans la ferveur d'une piété exaltée,

mende, et le rétablit dans tous ses Devenu partisan et enthousiaste de

emplois. Peu de temps après, le con- la révolution, il fut un des premiers à

nétable fut disgracié, et par ordre du abandonner son monastère, à la suite

roi. Chabot et le cardinal de Bourbon des décrets de l'Assemblée oonsti*

se partagèrent les fonctions qu'il rem- tuante sur les ordies religieux , et de-

fMk FBANCE.

OU

vint, peu de temps après, grand vicaire

du savant et pieux abbé Grégoire, évêque constitutionnel de Biois. En septembre 1791, le département de Loir* ct-Cher renvoya à l'Assemblée législative, où il siégea à l'extrême gauche. 11 dénonça, avec Basire, le fameux eonUfé oitMeMen : il attaqua d'abord*Brissot, puis la Fayette, Dillon, Kochambeau, et les ministres Du portail , Montmoriu et Bertrand de Molleville. Aecnsé par ces derniers de les avoir calomniés , il essuya, de la part du juge de paix Lariviere, des poursuites que l'Assemblée arrêta, en prenant Cbabot et Basire 80U8 sa protection , et en décrétant d'accusation Ta^ K^nt du pouvoir exécutif qui avait osé porter atteinte à leur inviolabilité. Aux approches du 10 août, Cbabot aborda, Tun des premiers , la question de la déchéance du roi , et s écria qu'il ne croyait pas que l'Assemblée , en blanchUsaaU et en savonnant le pow>ohr exéaOtf, pdt endiatner la volonté du peuple, parce qu*il pouvait toujours changer les institutions à son gré.

Le 15 , il proposa et obtint que Cnalier ( voyez ce mot) Ittt rétabli dans ses fonctions d'officier municipal à Lyon ; fit destituer les administrateurs du département , nommer une commission populaire pour juger les conspirateurs des Tuileries, et abolir les droits féodaux sans indemnité. Deux jours après, il reprocha aux royalistes constitutionnels, qui formaient le côté droit de l'assemblée, d'avoir provoqué { insurrection du 10 août, en s'opposant au décret d*accusati<m contre la Fayette, et demanda que l'on mit à prix la tête de ce général , comme traître à la patrie. Le lendemain , il fit la motion d*armer tous les dtovens.afîn de rendre plus prompte , plus radie et

f)lus sûre la vengeance publique contre es ennemis de la liberté , et se présenta ayec empressement pour raûre partie de la légion de tyrannicidet , dont l'organisation avait été proposée par Jean Debry. Chargé, le 3 septembre, de protéger les prison- .

niers de l'Auaye contre les exécuteurs des vengeances populaires, il revint dire à l'Assemblée qu'il était impos-

sible d'empêcher la justice dupeuple; et que l'agitation était due au bruU répandu par quelques journcUistes , de Pttvénemeiu projeté dvn prince étranger sur le trône de Ftamée, Il resta néanmoins fidèle au souvenir d'une ancienne liaison , et sauva la Tie à Fabbé Sieardt qol se trouvait au nombre des détenus. Réélu à la Convention par le département de Loir-et-Cher, après la session de l'Assemblée législative, il s'y fit remar^ quer, dès la seooiide séance ( 21 sep* tembre 1792), en combattant la proposition de Manuel, qui semolait réclamer, pour le président de la nouvelle assemblée, un cérémonial

Ïeu conforme aux idées démocratiques.

1 fut pourtant accusé, sur une dénoudationdtt ministreNarbonne, d'avobr reçu de l'argent de la cour, et il Mut toute sa réputation de civisme pour étouffer cette affaire. A quelque temps delè,fl demandaPabolition delà loi martiale,etdéfenditla princesse de Rohan* Rochefort, menacée d'un décret d'accusation, en la représentant comme aliénée. Il s'opposa , en décembre , au bannissement de tous les Bourbons, demandé par Buzot, et manifesta , en cette circonstance, une vive sollicitude pour Philippe d'Orléans. Il se prononça aussi contre la proposition de donner des conseils au roi, et dénonça Marat, comme ayant réclamé dans un des derniers numéros de VJnU du peuple, l'établissement d'une d ictature. Dans le procès de Louis XM , il vota pour la mort, sans appel et sans sursis. Intimement lié avec Merlin de Thionville, il le défendit, ainsi que Rewbell, lorsque ces deux députés furent accusés , après la prise de Mayenoe. Il appuya fortement la pétition qui fut prâentée, le 8 février 1793, à la Convention , par la société des jacobins, et qui tendait à faire annuler les poursuites dirigées contre les auteurs des massacres de septembre. Chabot avait applaudi à la chute des girondins ; il proposa ensuite d'expulser du territoire de la république tous les aristocrates ; demanda line \o\ générale du maximum , et la taxe du pain à un sou la livre dans

•M mA L*miIVSRS. tmA

toute la ftum». Le 7 septembre , il

prononça un discours qui renfermait cette étrange phrase : « Que le ci- « toyen Jésus-Clirist était le premier « 9BBB*culotte du monde « » et réclama, le 18, une nouvelle loi sur Ips (^migres, tellement simple , au'un enfant pût envoyer un émigré à la guillotine. Jusqu'alors les passions fougueuses de Chabot avaient trouvé, dans son ardeur révolutionnaire, un aliment suffisant ; et trop souvent elles l'avaient poussé beaucoup plus loin que n'auraient voulu les vrais et sages patriotes avec lesquels il siégeait à la Con- TCDtion. Affectant de mépriser toutes les recherches du luxe, et de les re* garder comme incomf)atibles avec la sévérité des mœurs républicaines , il avait conservé et même exagéré l'excessive malpropreté qu'on reprochait aux capucins. Il avait la téte crasseuse, le cou et la poitrine découverts, portait une jaquette au lieu d'habit , un pantalon d'etofTe grossière, et des sabots pour toute cnaussure. C'est sous ce costume qu'il allait siéger à la Convention. Ce fut lui qui imagina de donner aux jeunes gens proprement vêtus la dénomination de muscadins; ce fut encore lui qui proposa de chasser du territoire de la republique tous ceux qui n*avaient pas les mains calleases, et de donner léurs propriétés aux sanS'Cuiottes. Mais cette ardeur insensée devait bientôt faire place à une modération non moins ooapable.Une vaste conspiration, soutenue et dirigée par les émigrés et par la coalition , s'était formée dans le but de fomenter la discorde parmi les révolotiomiaires les plus ardents, de les gagner à force d'or, et d'étouffer la révolution par les mains des hommes les plus po-

Slaires. Le caractère passionné de labot offrait une prise facile à tou-* tes les séductions; ce fut lui qu'on attaqua d'abord. Junius Frey, banquier autrichien, et l'un des principaux agents de l*émieration et de l'étranger, s'empara delui , le circonvint de toutes les manières ^ et pour se l'attacher d'une manière mdissoluble, lui offrit la main de sa sœur avec me dot de deux cent mille francs.

0ial>ot aeeepla , et dès lors ce montagnard , autrefois si énergique et si ardent, devint l'instrument passif des desseins de son beaufrère. Enivré des douceurs d'un luxe nouveau pour lui, il ne songea plus qu'à ses plaisirs. Le premier acte par lequel il signala sa trahison fut son opposition à la loi contre les étrangers. Mais les efforts qu'il fit pour en empêcher l'adoption, de concert avec les députés gagnés comme lui , ne furent pas heureux; il en conçut on mécontentement qui devint en peu de temps une haine violente, et il seieta

{)lus avant encore dans la contre-revontion.

Bientôt l'or de l'étranger ne suffit plus pour assouvir sa cupidité ; il s'associa avec Julien de Toulouse, Delaunay et Fabre d*figlantine , pour fabriquer un faux décret relatir^à la Compagnie des Indes , au moyen duquel ils réalisèrent une somme considérable. On vit alors ces fiiussaires insulter à la misère du peuple par jenr insolente fortune. Ils recevaient de l'argent du fournisseur d'Espagne pour feire accepter ses marchés par fa Convention nationale ; ils en reoe* vaicnt également de tous les agioteurs pour protéger leurs honteuses manœuvres.

Mais enfin ces scandales éveillèrent l'attention du gouvernement, et Chabot, dans la crainte que la conspiration dans laquelle il trempait ne Ittt découverte , et qu'elle ne le conduisit à l'échafaud , révéla tout ce qu'il en savait au comité de salut public. 11 prétendit n'être entré dans le complot que pour mieux en suivre ks trames ; mais le comité ne se paya point de celte raison ; car, si telle eût été l'intention de Chabot, 11 aurait pu ISiiredes révélations dès le GommeiH cément de ses relations avec les conjurés. Il dénonça également la falsification du décret relatif à la Compagnie des Indes; mais 11 ne nomma que deux de ses complices , Julien de Toulouse et Delaunay d'Angers. Il se tut à l'égard de Fabre d'Êglantine. 11 espérait, par ses aveqx, mériter rinduigenoe du comité et

VA F&ÀNCE«

mxxmr sa tête. Son espofr fîit trompé;

un mandat d'arrêt fut lancé contre lui et contre ses complices. Tous furent traduits devant le tribunal révo* lutioiinaire , condamnée à mort, et exécnlés le 5 avril 1794.

Chabot ;L. Fr. J.), lieutenant général, baron, etc., né à INiort en 1767, était sous-lieutenant en 1789, et capitaine en 1792. Kmplové la même année à l'îirmée du Nordf, il se distingua contre les Autrichiens aux environs de Lille , puis au siège d'Anvers, à la bataille de Nerwinde et au passage de la Meuse, sous Ruremonde. Envoyé, peu de temps après , dans la Vendée , il devint général de brigade , se signala à la prise de Chollet , au combat de Châtillon, et fut élevé au grade de général de division le 29 avril 1794; il prit alors le commandement de la division du général Kléber, appelé à l'armée du Nord , passa ensuite à l'armée d'Italie, commanda la première diTîsion des troupes employées BU blocus de Hantooe, et reçut la capitulation que souscrivit Wurmser.

L'année suivante , il commanda dans les fies Ioniennes, et dirigea la belle défense de Corfou, place qu'il ne rendit qu'n la dernière extrémité [voyez CoBirOu (siège de)]. Envoyé ensuite à l'armée de TOuest, le général Chabot battit Bourmont, et le îforça à faire sa soumission. Il retourna , en 1802, à l'armée d'Italie, passa, en 1808, à l'armée de Catalogne, commanda la 9* division militaire, et rentra, en 1815, dans la cinsse des officiers généraux en retraite. Le général Chabot est mort en 1837.

Chabot db l'Allibb (6. Ant.), né à Montiuçon , dans le Bourbonnais, en 1758* exerçait la profession d'avocat à l'époque de la révolution.

Entré à la Convention après le 9 tbep> midor, il en fut expulsé bientôt après comme royaliste. Il fut cependant aopele de nouveau dans les assennbiées législatives , et siéflea an Conseil des Cinq-Cents et à aJui des Anciens. Devenu membre du tribunat, il y proposa de donner au preiniér consul un gage éckUant de la reconfialsfaficie tuaUmah^ «t G«tt«

motion ftit adoptée. Lorme^, de consul pour dix ans , Napoléon se fut fait empereur héréditaire , Chabot de l'Allier fut encore de son avis, et l'empereur Ten récompensa en le nommant commandant de la Légion d'honneur, conseiller à la cour de cassation et inspecteur des écoles de droit. Chabot de PAIIier avait plus de mérite comme jurisconsulte que comme homme politique; il prit une part active à la discussion du Code civil, et publia plusieurs ouvrages de droit qui sont encore estimés. Il est mort en 1819j en possession des divers em-

I)lois ijui lui avaient été conférés sous 'empire.

ChabotiAbb (affaire de la). Charette, lâchement abandonné par ceux mêmes dont il défendait ia cause, était sur le point de suooomber, et avec lui allait Hnir Pinsurrection de la Vendée.

Traqué comme une béte fauve depuis plus de vingt jours, blessé de deux coups de feu dans une rencontre récente, il s*étBit enfoncé dans le taillis de la Chabotière , |)rès de Saint-Sulpice (mars 1796), et fuyait, soutenu par deux soldats déterminés à partager son tort.

Les grenadiers du général Travot l*at* teignent, et font feu sur lui. Ses compagnons se dispersent ou tombent à ses côtés. Il ne lui reste plus qu'un déserteur allemand, exécuteur ordinaire de ses ordres cruels. Cet homme se dévoue, se laisse prendre, et atlirme

âu'il est Charette. Déjà le chef venéen se glissait le long d'un fossé , et allait échapper encore, quand un déserteur de Cassel , dans l'espoir d'obtenir ainsi sa^râce, le fait reconnaître. Aussitôt plusieurs grenadiers fondent sur lui ; mais Charette ne veut se rendre qu'à Travot. Fait prisonnier par ce général , il lui offre sa ceinture , remplie de pièces d'or. « Garde% voire or, répond Travot, vous ai arrêté, je suis satisfait. » charette subit bientôt le sort que Stofflet avait eu à Angers on mois auparavant, et TOnest fut pacifié.

CiiABBAW (Jos.), comte, lieutenant général, etc., né à Cavaillon, en 1769» rengagea comme félOBUén on 17M^ passa woBmhmoM' p«r tM» ta

•grades, et fut nommé général de brîcade après la bataille de Roveredo; n re€ut, avec son brevet, un sabre a'bonneiir, sor la lame duquel étaient gravés ces mots : « A i'adjuaant « général Cbabran, avec le brevet de « générai de brigade pour les batailles « de Lodi, Lonato, Roveredo et Treote, « le 10 vendémiaire an x. » Vérone venait de se révolter; Cbabran fut envoyé contre les insurgés, les battit et emporta la place. La modération dont il fit preuve dans cette circonstance difficile lui valut ensuite une mission plus délicate encore. Il fut chargé de réprimer les troubles qui agitaient les départements des Boucnes-du-Rhône et des Alpes, et y réussit par une conduite où il sut allier la fermeté et la longanimité.Après la bataille de Harengo, au gain de laquelle il avait contribué , Cbabran prit le cotmnandenientdu Piémont, et montra dans ce nouveau poste tous les talents d'un babile admmistrateur; il rétablit l'ordre dans ce pays, veilla à la sûreté des routes, et fit renaître la confiance. Une nouvelle coalition s'étant ensuite formée contre la France , Napoléon le chargea de la défense de nos «ôtes, de Nantes à la Gironde. Il l'appela ensuite au commandement de la 10° division militaire,et deux ans après à l'armée de Catalogne. La conduite, sage et ferme à la fois du général Cbabran, son désintéressement, son courage, lui concilièrent l'affection des habitants de Barcelone , dont il était gouverneur. Rentre en France, il prit sa retraite, et fut créé comte le 23 décembre 1814.

Chabbillant , seigneurie de l'ancien Dauphiné , auj. du déj). de la Drùiue, à ô kil. de Crest , érigée en marquisat en 1676.

Ghabbit (Pierre), conseiller au conseil souverain de Bouillon, et avocat au parlement de Paris, composa, vers la fin do siècle dernier, un traite intitulé De la monarchie française et de ses lois j Bouillon, 1783-84, 2 vol. in-8°. Ce livre fit beaucoup de bruit à cette époque, et l'Académie française décerna à l'autear le prix fondé par M. de .ValbeUe poor l'ouTnge le plus utile.

Chabrit mourut jeune et pauvre, à Paris , en 1785. On assure qu'il s'empoisonna, désespéré de ne pouvoir payer, à son édieance, une dette dont l'argent lui arriva le soir même de sa mort.

CuABBOL (maison de). Le premier membre connu de cette fanulie est GuiUaumê'Michel Chabbol, avocat

du roi an présidial de Riom , né dans cette ville en 1714. 11 reçut de Louis XV, en 1767, des lettres de noblesse, fut nommé conseiller d'État par Louis XVI le 21 mars 1780, et mourut à Riom le 22 février 1792. C'était un savant jurisconsulte. Son Commentaire sur la coutume cf'^umigme jouit d*nne réputation méritée.

Son fils était lieutenant criminel à la sénéchaussée de Riom, lorsqu'il fut nommé, en 1 789, député de la noblesse de cette sénéchaussée aux états généraux. Il y vota constamment avec le côté droit , et signa les protestations des 12 et 15 septembre 1791, contre les décrets de l'Assemblée nationale. Les deux suivants sont ses fils.

Le comie André Jean Chàbboldb Gbouzol, pair de France et ministre de la marine sous la restauration, fut nommé auditeur au conseil d'État en 1806, et remplit , sous l'empire, différentes fonctions administratives. Il se rendit, en 1811, dans les provinces Illyriennes, comme intendant général des finances , emploi dans lequel il montra une grande activité. Les gou* verneurs successifs de ces provinces, les généraux Bertrand et Junot , ainsi que Fouché, duc d'Otrante, rendirent le meilleur témoignage de sa conduite et de son attachement à l'empereur; ce qui ne l'empccha pas de se rallier un des premiers à la cause des Bourbons, qui le nonmiéTent conseiller d'État et préfet du département du Rhône. Lors du retour de JNapoléonen 1815, M. Chabrol de Crouzol essaya vainement de défendreLyon , il fut obligé de sortir par une porte, tandis que l'empereur entrait par l'autre, et il ne dut la vie et la liberté qu'à la générosité du vainqueur. Après la défaite de Waterloo , 1 ex-préfet du Ahôoe alla se joindre à rarinée «utri^

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chienne qui bloquait Lyon, et n*y rentra qu'avec le secours des baïonnettes étrangères. Les excès qui furent commis à cette époque dans le département du Rhône ne rappellent que trop les malheurs de 1793; M. Chabrol aura sans doute gémi plus d'une fois de ii*avoir pu comprimer cette sanglante réaction. Cest sous son administration , et sous le commandement militaire du général Canuei, qu'éclata ce qu^on a appelé la oonspiratioii <la S9 octobre I8t6. Les victimes furent entassées dans les prisons, les t^tes roulèrent sur réchafaud , et l'instrument de mort narcourut les communes, déjà affligées par des dévastations de tous genres. Louis XVIII mit enfin un terme à ces cruelles exécutions.

M. Chabrol de Crouzol cessa d*étre préfet, et M. Canuel fut révoqué.

M. Chabrol fut cependant maintenu sur la liste des conseillers d'État en service extraordinaire. En 1818, M.

Latné , ministre de Tintérieur, se le fit adjoindre comme sous-secrétoire d'Ktat ; et M. de Clemiont - Tonnerre lui donna, en 1821 , le portefeuille de la marine. On prétend que lorsqu'on lui présenta les chefs de ses bureaux , il demanda à chacun d'eux s'il était au fait de son travail ; la réponse fut unanime et affirmative.

<i C'est fort heureux, dit le ministre» « car moi, je n'y entends rien. «

Le comte Gilbert-Joseph-Gaspard Chabbol deVolyic fut, âpres sa sortie de l'école polytechnique, adjoint à la commission d'Egypte en qualité d'ingénieur, et coopéra au grandf et bel ouvrage publié par cette commission.

Après la révolution du 18 brumaire an viii , il fut nommé sous-préfet, et en 180G, préfet du département de Montenote. Il se trouvait en congé à Paris, lorsque éclntn , en 1812, la conspiration du général Mallet. L'empereur le nomma préfet du département de la Seine, à la place de Frochot, qui n'avait pas , suivant lui , montré assez de fermeté. Dans ce poste éniinent, qu'il conserva sous la première restauration et auquel il futrappelé après les

T. IT. 96* (DiCT. SIICTC&. ,

cent jours , M. Chabrol a fait preuve d'im zèle éclairé et d'une haute capacité administrative. Paris lui doit la plus grande partie de ses embellissement. Rendu à la vie privée par la révolution de 1830, M. de Chabrol a été dans ces dernières années appelé à la députation par le départemoot du Puy de Ddme.

Chabroiid (Charles) , né à Vienne en Daujphiné, en 17âO, y exerçait la profession d'avocat, lorsque cette province donna à la France le signal ae la révolution, filu membre des états généraux par les états de Romand , il prit bientôt on rang distingué à TAssemblée constituante, et défendit souvent à la tribune la cause de la révolution ; mais ce fut surtout dans les discussions sur l'organisation du pouvoir judiciaire qu'il fit remarquer la profondeur et l'étendue de ses vues, ^ommé président le 9 avril 1791, il occupait le fauteuil lorsque Louis XVI vint se plaindre à PAssemblée d*avoir été empêché, par la populace parisienne , de se rendre à Saint-Cloud ; il fit au monarque cette réponse : Qu'une pénible inquiétude était inséparable des progrès de la liberté. L évasion du roi le jeta ensuite parmi les adversaires les plus violents du parti royaliste; il proposa de iàire juger, par une haute cour, les complices de la fuite du monarque , s'opposa à ce que l'on reçût la déclaration de Louis XVI et de la reine , se constitua le défenseur de quelques écrits où se trouvait exprimé le vœu d'abolir la royauté ^ et réclama les mesures les plus sévères oontre les émigrés. Il prit ensuite une grande part à la discussion sur le code militaire, en qualité de rapporteur de la commission qui avait été chargée de ce travail. Bientôt après , voyant augmenter chaque jour la puissance du parti républicam, il s'efforça de mettre des obstacles à son triomphe , ce qui lui fit perdre toute popularité , et finit même par lui être funeste. Décrété d'arrestation , il n'é-, cbapua qu'avec peine à l'échafaud.

Eenda i la liberté, ii fut appelé aa

402 CBà VUÎXTVEAS. OiÂ

tribunal de caes^UoB , où il siégea jusqu'en 1707^ A cette époque, il rentra dans la vie privée , et reprit ses fonctions d'avocat consultant. Sous Tenopirej il devint avocat à la cour de ^ssation , au conseil d^tat et au conseil des prises. Pe|i de mois après le retour des Bourbons, il donna sa démission, et mourut en 1816.

GHABBY(IiOUise) , ouvrière en sculpture, fut chargée, le 5 octobre 1789, de préser.ter au roi les réclamations des leinines venues de Paris à Verlailk s ; elle avait alors dix-sept ans, et était douée d'une beauté remarquable. Fn apercevant Louis XVI, la jeune iille s'évanouit : lorsqu'elle eut repris ses sens , elle demanda à parlei* à la reine seule; et s'acquittant de sa mission, elle lui fit, d'un ton ferme, Quelques reproches sur sa conduite depuis son entrée en France , et termina en Pexliortant à changer de manière d'n£:;ir. Qiipl(|ues- unes de ses compagnes ayant proteré des menaces:

«Ne craignez rien , dit-elle, c'est uh «conseil d'amies que nous sommes n venues vous donner; et pour vous <t prouver que nous vous pardonnons « le passé , nous allons vous embras- « ser. » Louis XVI étant alors rentré, demanda ce dont il avait été question e.! sou absence. « Les atlaires « des tînmes , lui répondit > encore

Louise , ne sont pas celles des hom- « mes. Soyez toujours notre bon roi, « et ne vous laissez pas prévenir con- « tre votre peu^)le qui vous aime plus « que père et niere , et qui donnerait « sa vie pour votre service. » En se retirant, elle voulut baiser la main de Louis XVI , qui Pembrassa en lui disant qu'elle en valait bien la peine. Louise Chabry retourna presque aussitôt à Paris, avec une partie des femmes qui l'avaient aceomfMignée. Cette jeune fille, aux paroles si simples et en même temps si énergiques, est une de celles qu'on a pris a tfldie de représenter eomme des femmes perdues de débAuofae et d'ivresse.

CiHABAY (Marc) , peintre et sculp-

teur, naquit à Barbantane pu à LyoA êq 1^60. La plupart de ses ouvrages ont été détruits en 1793 ; mais on éite , parmi les plus remarquables , la peinture et la sculpture du maître autel de l'église Salnt-^rUoine à Lyon; le bas-relief de Louis Xlf à chemlf qudessus de l'entrée de l'hotel de ville; les arouf)es des jets d'eaux la place BelTecour, etc. Xouis XIV le norom»

son sculpteur à Lyon. Quelque temps après, Chabry fut appelé en Allemagne; mais il revint bientôt à Lyon, où il mourut en 17S7. Son fils, I^arc Chabby, fut aussi un sculpteur distingué : il fit , pour l'église des Carmes déchaussés , les quatre évangé&sies, saint Pierre et safat Poui^ et quelques autres statues.

Chacenay ou Chassenay, bnronnie de l'ancienne Champagne, auj. di| dép. de l'Aube, à 6 kd. de Bai^uv- Seine.

CiiACONNB, genre de composition musicale et chorégraphique, fort en usage autrefois, et qui nous vint d'Italie, où l'on a supposé,d'après une étymologie assez | eu probable qui fait dériver ciaccona de ciecconcy qu'il fut il|venté par un aveugle. Le mot chaconne dcsii^nnit à la fois un air de danse d'un cai-ictere particulier, qui servait de linal a un ballet, le pas qui ^ dansait sur cet air, et le ballet lui-même. L'air, dont le rhylhme était fortement marqué, et où la modulation , sans quitter le ton primitif, passait alternativement d'un mode à l'autre, s'éferivait à deux ou à trois temps, et se jouait sur un niouvenjent modéré. Luili . Rameau , G luck , ont composé la musique de plusieurs chaoonnes. Le pas tenait le milieu entre la danse haute et la danse dite terre-à-terre. C'est à ce pas que le fameux Dupré dut ses plus grands succès. Le ballet à chaconne qui ait eu le plus de vogue est celui de V Union de t Amour et des Arts, que Floquet fit représenter en 1773.

ChatlLt , ' seigneurie de l'anden Gâtinais français, auj. du dép. de Seineet-IMarne, à 6kil.de Melun. Le seigneur de Chailly avait le droit d'entrer dans

J'église oolMgialt «le Melun , Tépée au <;oté, J'aiimusse sur le l)ra8, d'occuper Ù pren)ière place parini les cb{U)eia««, êt 4*eoionner une antienne.

Chaise-Dieu (la), Casa-Dei, petite et ancienne ville de la basse Auvergne (auj. dep.de la Haute-Loire), à 24 ki\. de Brioude. La Chaise-Dieu doit son nom et son origine à une fumeuse abbaye de bénédictins, fondée, vers le Oiilieu du onzième siècle, par saint Robert l'Auvergnat , et dont rétablissement iiit approuvé par le roi Henri I*' et le p:ipe Léon IX. Bientôt on y vit jusqu'à trois cents moines, et ce monastère devint le plus fameux Ae TAuvergne, et Tun aes plus riches de Frniu'e. Au noDihre tie ses abbés, dont les huit premiers furent canonisés, on remarque Pierre, ûls de Moger, devenu plus tard pape, sous le nom de Clément VI, et une foule d'autres noms illustres; des (ils naturels de rois de France; les cardmaux de Richelieu , de IMazarin , de Rohan; des Mancini , des la Rocbcfoucailldy des d'Armagnac , etc.

Ce riche établissement subit, a diverses époques , de crueUes défastations : Blacoris, l'un des lieutenants du fnroiiclie baron des Adrets, s'empara de la ville, qui fut reprise peu de temps après par tes catholiques. L'abbaye était alors défendue par des murs très -épais et par une vaste et forte tour carrée. L'église abbatiale, dont la fOnstruction est due à Gtément VI, est un de nos plus beaux monuments d'architeetnre. Le chœur, au milieu duquel s'eleve le tombeau de ce pontffe , est entouré de peintures fort curieuses , allégorie terrible de l'égalité établie par la mort. Elles représentent cette fameuse danse macabre, ai souvent reproduite par nos pères dans les cimetières , les palais , les marcliés , les églises , etc. , etc. La po-

Sulation de la Chaise-Dieu est aujour- 'hui de 1,886 hab.

Chaise d'or , nom d'une monnaie royale de France, ainsi nommée [)arce que le roi y était représenté assis sur ion trône. Cette monnaie s'appelait

OBoen eadirey mot dont la aigniflca^

tlon a de l'analogie avec celle des précédents, royal dur, et enlin mnsm ^

Sarce que le roi y et ut liguré tenant a la main droite une niasse d*armes.

Le poids et le titre des chaises ont souvent varié. Les premières qui furent frappées par Philippe le Bel n'étaient qu'à vingt-deux carats de fin, et pesaient cinq deniers douze grains trébuchant. Sous Philippe de Valois, elles avaient augmenté de titre et diminué de poids, puisqu'elles étaient d'or fin et ne pesaient que trois deniers seize grains. Les premières que Charles VI lit faire étaient au même titre , et du poids de quatre deniers dix-huit grains; mais il en frappa ensuite d'autres qui n'étaient qu'a vingtdeux carats un quart. Sous le règne de Charles VII , époque oà nous retrouvons cette monnaie pour la dep* niere fois , elle avait une valeur moindre encore, puisque le titre n'était que de seize carats et le poids dê deux deniers vinîït-neuf crains et demi. Les chaises d'or de Philif»pe le Bel retrouvées de nos jours peseut de cent trente à cent tirente-trois grains , et celles de ses successeurs à j)roportion. FJIes valaient à cette époque vin^t sous parisis ou vingt-cinq sous tournois.

Nous Tavons dit tout à l'heure :

c'est de leur type, l'un des ()lus gracieux qu'aient inventés les monnayeurs français au moyen âge , que ces monnaies avaient emprunté leur nom.

Nous en avons donné une idée suft* santé, en disant que le roi y était représente assis sur un troue, et tenant en main un sceptre ou une masse ; le revers était ornéd'une croix cantonnée de couronnes royales et lleuronnée avec soin. Cette croix et le trône dont nous venons de parler étaient eiselés avec une grande richesse. Les légendes sont cel es de [»res(pje toutes les monnaies d'ur de la même époque : XPS (Christus) TiNciT ; xps bboitat; zps iMPEBAT du c(îtéde la croix ; phtlip-

PUS ou KAROLUS DEt GRATTA FRA>-

COBUikL BKX du côte OU se trouve le

trdne oa la dialae. On remarqnejme

404 CBA vvm

grande différence de tvpe entre les chaises de Charles VI et de Charles VII et celles de Philippe de Valois. Si le revers y est à peu près le même , le droit est bien diitérent : dans les dernières, le roi tient d'une main une épée et de l'autre une masse surmontée du globe du monde ; sa chaise est un pliant terminé par deux têtes ; il a les pieds posés sur deux lions , et le tout est flanqué de deux ecusde France nouveaux. Du reste , la légende est la même. Quelques seigoeurs, tels que les ducs de Guyenne , imitèrent les chaises d'or ; nous parlerons ailleurs de ces imitations.

Chaises a pobteubs. Un chevalier d'industrie, qui se prctrndail fils naturel du duc de Beitegarde , et prenail le titre à» seigneur de Souscarrière, étant allé en Angleterre « pour se remplumer de quelque perte au jeu, » comme dit Taliemand des Aéaux {*), et pour y attraper aussi iea gens (car c'était un maitre pipeur), en rapporta l'invention des chaises, .«dont il eut le don en commua avec madame de Cavoie, et cela leur valut beaucoXip , » ajoute le malin auteur des Hisforiettes (**). Pour leur donner la vogue , Souscarrière « n'allait plus autrement ; et durant an an on ne rencontrait plus que lui par les riies, afin qu'on vît que cette voiture était commode. » — L'exploitation de chaises fut longtemps , à ce qu'il pa* raît, l'objet d'un privilège fort recherché; car nous en trouvons une concession exclusive , faite par lettres patentM , le SS ma! 1767 , à une de»

moiselle d'Estampes, plus tnrd vicomtesse de Bourdeilles. Cette concession porte défense à tous selliers et carrossiers d*en louer, et permission défaire arrêter les contrevenants les jours de dimanches et de fêtes. Les particuliers <}ui se faisaient porter par des bricoliera non inscnts sur les registres de la noble darne, encouraient la peine de la confiscation de la voiture et une amende de cinq cents livres.

n Historiettes, vol. IV, p. 187.

(**) IbkL), toi.

ERS. CriA

Les porteurs de chaises aux services desquels recouraient tous les gens du grand monde, et surtout les médecins, formaient une corporation nombreuse que la révolution a dissoute.

Chalais, ou la Roche - Chalais , ( alescum , ancienne seigneurie du Périgord , avec titre de principauté , à 18 kil. de Barbesieux. C'est auj. l'un des chefs-lieux de canton du dep. de la Charente.

Chalamowt , Tune des douze châtellenies qui composaient l'ancienne principauté de Dombes. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du dép. de TAin. Sa pop. est de 1,450 habitants.

Chaland. — On désignait par ce nom , au treizième siècle , les petits bâtiments qui voguaient sur la Seine et sur la Loire. I^s Parisiens appelaient aussi pain chaland celui qui leur arrivait par cette voie, et chaiands ceux qui en achetaient. De là , ce mot prit insensiblemei.t la signification plus étendue qu'il a aujourd'hui.

Chalant , ancienne seigneurie de Franche- Comté, érigée en comté vers l'an 1420.

Chauios (François) , né à Cubfères

(Lozère), générarde division des armées de In république, était chef de brigade lorsqu'il arriva , le 22 mars .1798, à Fontenay , où s*organi8aient quelques bataillons oui composaient toute l'armée républicaine. Sincèrement dévoué à la patrie, réunissant la •bravoure aux talents militaires , il remporta sur les Vendéens plusieurs avantages remarquables. Vamcu à la Châtaigneraie par des forces quatre fols supérieures en nombre (voves Châtaigneraie [combat de]), il se retira sur Fontenay, où il répara glorieusement sa délaite (voyez Fontenay). Cependant Chalbos, rentré dans la Châtaigneraie, était continuellement harcelé par les Vendéens ; il fut forcé de se replier sur Fontenay. Mal secondé par ses troupes, qui étaient composées en grande partie de levées en masse, il fut encore battu ; mais il

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