GHA FEAI^CE. CHA
reprit bientôt plusieurs revanches à Châtilion et à Cnollct, où les rebelles, disait Kléijer , combattirent comme des tigres et les républicains comme desMions. A Château-Gonthier , la division Chaibos fut mise en déroute par la faute du général en chef Léchclle, dontrimpéritie coûta la vie à un grand nombre de guerriers , entre autres à l'intrépide Bloss. ('et offieier général, blessé à la téta, ne voulant pas^ disaitil , survivre à la lionte d'une pareille journée, s*élança au-devant de Tenneiiii , sur le pont qu'il venait de défendre comme un autre Horatius Coclés. L*armëe républicaine, après cette défaite, ne voulut plus obéir à Léchelle ; elle demandait à grands cris u'on lui rendit Dubayet, du que Kléer fût chargé do commanaement ; mais celui-ci refusa. « Vous avez ici, dit-il en parlant de Chnibos, un iré- •« néral divisionnaire qui, à l'expérience • de quarante ans de service , joint le « ton du commandement et les for- « mes nécessaires pour inspirer de la «< ccnHance. Je soufi rirais chaque fois « que je serSiis obligé de donner des « ordres à un tel homme. » On se rendit aux misons du brave et modeste Kléber. Chalhos prit le commandement en chef par intérim , et le comité de salut public approuva ce remplacement. Ce brave général mourut commandant d'armes de la place de Himnee en 1808.
CiiALG Rîx (Jean Franrois-Thérèse) naquit à Paris eu 1739, entra de bonne heure à l'école d'architecture, et y fut élève de Servandoni d*8bord , puis de Boullée. Ces maîtres, qui luttaient contre le goilt du temps, s'efforçaient de remettre en vigueur, dans toute leur antique pureté, les règles de l'architecture f^rec que. Le jeune Chalgrin fut un des premiers qui adoptèrent leurs idées; il remporta, en 1758, le grand prix d^arrhitecture , et partit pour l'Italie. De retour à Paris, il obtint la protection du ministre Rertin, qui encourageait les arts et protégeait les artistes» et le duc de la Vrilltère le chargea de construire son grand hôtel de la rue Saint-Florentin. Ce fut à cette
époque qQ*il oomposa on projet d'église grecque que Ton conserve encore à l'école polytechnique. Abusé par une admiration exclusive et maladroite
pour rantiquité, il voulait simplifier le système des églises chrétiennes , et ramener leur architecture à l'unité de plan et d'ordonnance et à la forme des temples antiques. Cétait d*après ces idées que Servandoni avait élevé son portail de Saint-Sulpice. Chalgrin fut chargé , en 1777, d'achever ce monument; il éleva, de 1769 h 1784, Téglisede Saint-Philippe du Roule. L'Académie d'architecture l'admit, en 1770, au nombre de ses membres , et il d«'vint bientôt après architecte de Monsieur (Louis XVII I). Enfin, il fut chargé de la restauration du Luxembourg. Mais loin de se borner à restaurer, il voulut corriger l'ceuvrc de Jacques de Brosse. Il supprima un avant-corps, refit les façades, et détruisit Tadmirable galerie de Rubens pour y pratiquer un escalier : il est vrai que cet escalier est un chefd'œuvre.
Kn 1809, Chalgrin fut chargé , de
<'onccrt nvr(! Raymond , d'élever l'arc de ti iomphe de iTltoile. Cette bizarre décision produisit des résultats au.v quels on devait s'attendre. « deux artistes , dit M. Qualremèrede Quincy, ne lurent ou ne parurent d'accord que tant que dura relabiissement des massih de la fondation. Leurs déntélés virent le jour dès que l'édifice sortit de terre. Cbacun des deu.x avait un projet différent: \L Raymond avait orné son arc de colonnes engagées ; M. Chalgrin avait disposé dans le sien des colonnes isolées , c'est-à-dire, adossées.
Au lieu de décider entre les deux dispositions , on décida que Tare serait sans colonnes. » Chalgrin, par la retraite de Raymond , resta seul chargé d'achever ce beau monument, qui, par les grandes idées qu'il rappelle, est le principal titre de gloire de Tarrhiteete qui en dirigea l'exécution , et qui est, après tout, l'un des plus grands architectes des temps modernes.
Chalgrin avait fait partie de l'Acadé-
li'UNlVKRS.
mie d'architecture ; il fit aussi partie de rinstitut(Acnd(Mni« des beauk-arts).
. Il forma peu d'élèves, et mourut le
. 20 janvier 181 1.
CHALiEii (Joseph) naquit près de Suze en Piémont en 1747. Destiné d'abord piir sa famille à l'état ecclésiastique, il étudia la philusopliie chez les dominicains, et puisa, à leur école, cette exaltation et cette énergie qu'on le vit déployer plus tard. Déjà, à cette époque, il s'indi^^nait des abus de l'état social où il vivait, de l'égoïsme du grand nombre, et souhaitait une révolution radicale qu'il priait Dieu d'accomplir. Arrivé à Lyon fort jeune encore, il s'occupa d'études littéraires, de dessin, de commerce, et devint enfin l'associé d'un sieur Muguet.
Il se mit alors à voyager pour augmenter ses connaissances, tout en servant les intérêts commerciaux de son protecteur. En 1775, il visita Constantinople et leséchelles du Levant, et ces voyages eurent une grande iuUuence sur sa destinée ; il vit de près ie despo« tisme et ses plus terribles conséquences , et il attribua à cette cause tous les maux contre lesquels il s'élevait jadis au couvent. Dès lors il se passionna pour la liberté et l'égalité, et leur voua un culte absolu. « Partout, dit -il, a j'avais vu , observé et réiléchi sur le « despotisme, la tyrannie et les abus « de tout genre. Au Levant, en Ita- « lie, à Naples, à Rome, à Florence, « à Gènes, à Païenne, à Cadix, à « Madrid, partout je voyais le peuple « opprimé, et lorsqtie je me rappe- « lais par l.i lecture les beaux jours « d'Atlienes et de Rome, la compati raison était effroyable. » Les événenienis de 1789 lui firent abandonner la carrière du commerce, dans laquelle il avait toujours montré une sévère probité. Il se rendit à Paris, se lia avec Robespierre , et de retour a Lyon, il essaya de faire partager aux' habitants de cette ville le patriotisme qui ranimait. Nommé notable de la ville et membre de tons les comités, il déploya partout une graïuic activité. L'oraanisation de la garde nationale, cene de la
police, le règlement des finances de la ville, tout lui est dû.
Lorsque la Convention se partagea en deux c^mps, la Gironde et la Montagne, Chalier, fidèle à la cause démocratique, devint montagnard. Le plus grand nombre des habitants de Lyon avaient, au contraire, adopté les piincipes bourgeois et fédéralistes de la Gironde, a La liberté, leur disait-il, «chacun la veut; niais l'égalité qui « donne des coliques, c'est antre «i chose. » Alors commença à Lyon la lutte entre les démocrates, peu nombreux, dominant à la commune seulement et dans la société des jacobins, et la bourgeoisie dominant au conseil départemental et dans la garde nationale. Le 28 janvier 1793, Cnalier, avec trois cents hommes armés, vint jurer au
{)ied de l'arbre de la liberté d'anéantir es aristocrates , les feuillants , les modérés, les égoïstes, les agioteurs, les accapareurs et les usuriers. Cette démonstration mit les partis en présence. Tout annonçait une crise violente. Lyon était devenu l'un des prinripanx foyers des intrigues royalistes. Sa proximité de la frontière, ses tendances égoïstes permettaient, avec raison, aux agents de Coblenti, de croire qu'on pourrait faire soulever celte ville contre la Montagne. Chalier, les clubs et la commune avertis, firent arrêter, dans In nnit du au 6 février 1793, un grand nombre de contre-révolutionnaires, et deci(|M«nt, dit-oo,
fju'il fellait les faire guillotiner rév<K utionnairemcnt. Le maire, Nivière, s'opposa à ce projet, et rassembla la garde nationale. Le club lui ajraut déclaré qu'il avait perdu sa «enfiaaot, rîivière donna sa démission; mais il fut aussitôt réélu par les modérés.
Chalier et les patriotes, la commune et les clubs , prévoyant bien que of succès allait donner de nouvelles forces aux royalistes et aux girondins, envoyèrent une adresse a la Couvention pour obtenir l'établissement d'us tribunal révolutionnaire, le désarmement des suspects, et une levée de huit mille quatre cents hommes pour former une armée révolutionnaire. Le
ClU
CHA
Convention î'(*fusn, rt pnr ce refus ranima l'audace des contre-révolutionnaires et leur donna les moyens d'attaquer la municipalité, cVst-à-dire, le parti jacobin. Arriva enfin la journée du 29 mai (voir Lycsi. Les jacnhins furent vaincus; le champ de bataille resta aux girondins, et ceux-ri corn* mencèrent une réaction terrible. Clialieretsesamis furent mis en j!ii;cment, malgré Tordre de la Convention , qui reconnut enfin son erreur, et ils furent tous condamnés par un tribunal décidé d'avance a ne pas les acquitter.
Les motifs de la condamnation étaient an nombre de douze. Le plus important était .le complot tendant à rnire mettre à mort les suspects, complot dont on voulait voir la récidive dans le projet d*établir un tribunal révolu^ tionnaire. Chalier fut guillotiné le 16 juillet 170:1 (*), et sa mort fut le signal du soulèvement des Lyonnais contre la Ck>nvention, soulèvement qui devait être si cruellement réprimé. (Voyet Lyon et Fotjch^.)
CiiALiGNY, CalUniacus, ancienne aeigneuriede Lorraine, auj. dép. de là fileurthe, h 13 kii. de ICancy, érigée ett
liomté en 1562.
Chaliony (famille de). — Cette famille eomptenil une suite de fondeurs célèbres, dont le premier est Jean, né à Nancy en 1529, mort en 1615, qui fondit la fameuse coulevrine de vingt-deux pieds dont le P. Daniel a conservé le dessin {Mil. franc. , 1. 1, pl. 28). Son fils David, mort eri 1631 , commença ie cheval de bronze qui detait porttr la statue de Charles in , duc de Lorraine. Son frère Antoine acheva ce cheval , et exécuta le modèle en terre de la statue du duc. Louis XIV d*ëmpara att cbaval, et le fit transporter à Dijon, oiî il Servit à Pune de sès statues éque<:tres. La statue du duc est aujourd'hui au musée de jVanc^^ Aiitolllé Chaligny Ait hodimé eommi^B ftfllre général des fontes de Tartiileriede Traiioe, et moimit avant 1666. Son fils
(*) Voyez silr Chalier une intéressante notice insérée par M. César fiertliolon
dan* h Aerne du Lyobna^, aedt tà35.
Pierre travailla avec lui à la statue de Charles 111, et lui succéda dans sa
charge.
Chalin dk TiifABTO (Raymond),
médecin du quatorzième siècle, né à Vinac, petit village du Languedoc, étudia la médecine à IMontpellier, et.
après y avoir exercé (quelque temps, se rendit à Avignon, ou il fut témoin de cette pe>>te meurtrière qui se manifesta pour la première fois en 1317, puis te renouvela en 1360, en 1876 et en 1382. Chalin a donné une description exacte de ce fléau dans un ouvrage, estimé, mais dont le style se ressent de répoque à laquelle il fiit éertt.
Challans 'comhat de). — En avril 1794, le bruit que les puissances coalisées devaient opérer un débarquement de troupes sur les cAtes de la Vendée. ()our faciliter la marche de leur armée sur Paris, pénétra dans les provinces de l'Ouest. Celte nouvelle augmenta Tardeur des royalistes et fit doubler leurs rangs. Charette et Stnfflet, longtemps désunis par une rivalité funeste à leur cause, sentirent le besoin d*agir de concert.LÎB 30 avril, avec leurs forces combinées, Ils attaquèrent Challans, petite ville du département de la Vendée, que le général Butmy occupait avec une garnison assez considérable. Au point du jour, l'avant-garde de Charette, commandée parGuérin, culbuta les avant-postes répuMieains et les repoussa dans la place. Pendant ce temps-là , Stofllet attaquait sur la gauche, et Charette lui-même s'avançait par la route de Machecoul
Çoùr couper la retraite aux patriotes, out à coup, un nombreux détachement de cavalerie sort de Challans, et fond sur Guérin aui s'est trop engagé.
Ce chef résiste a*abord avec succès; mais bientôt, secondés par une colonne d'infanterie, les cavaliers républicains renouvellent leur charge, et mettent le désordre dans les rangs ennemis. Le mouvement rétrograde de Guérin entraîne la colonne de Charette, qui se volt bientôt contraint de quitter le combat, fltofllet, trop faible pour le continuer lettl, prit également le parti de se re* Urer; suds les répuUicaiBS la pourrai*
L*UiaVERS.
«HA
virent, et lui enlevèrent un convoi de vivres , perte d^autant ploi sensible que le pays était ravagé et n'offrait aucune ressource. Il fallut que les soldats de Cbarette partageassent leur pain avec ceux de Stofflet.
CHALLE(Cliarles-Micbel-Aiige), peintre d'histoire, né à Paris en 1718, obtint, en 1741 , le grand prix de peinture sar le sujet de la GuérUon de Tobie; entra à r Académie en 1753, et fut nommé professeur de perspective en 1758. Challe avait étudié particulièrement Tarehiteeture et la géométrie. Son goût pour la décoration le fit charger plusieurs fois de la direction des fêtes publiques. Cet habile artiste mourut le 8 janvier 1778.
Challe (Siuion), sculpteur, frère du précédent, né à Paris en 1719, obtint le grand prix de sculpture en 1743, sur le sujet ne t Ange frappant de la peste le royaunie de DaoitU 11 fut reçu à l'Académie en 1 75G , pour une Naiaâe qu'il avait exposée en 1755. 11 s'occupa, comme son frère, d'architecture, et exposa, en 1757, plusieurs dessins représentant des projets de jardins et de places publiques. Ciialle mourut en 1765, âgé de quarante-six ans.
Chalmel (J. L.;:. né à Tours, vers le milieu du dernier siècle , se montra partisan de la révolution et fut appelé, en 1792, aux fonctions de secrétaire fiénéral du département d'Indre-et- Loire. Venu à Paris après le 9 tliermidor, il y fut nommé secrétaire général de radminislratlon derinstruction publique , rt porté , en 1798 , au Conseil des Cinq-Cents par les électeurs de Tours. Il y dénonça rélection du directeur Treilhard' comme inconstitutionnelle, signala les agents de police comme provocateurs des applaudissements des tribunes, et reprocha au Directoire d'avoir établi une odieuse inquisition autour des représentants dn peuple. Associé dès lors aux honunes les plus énergiques du parti républicain , il appuya fortement la motion de déclarer' la patrie en danger, et se lit remarquer parmi les plus ardents défen3eurs d« la cons-
titution de Tan m , dans la fameuse séance du 18 brumaire à Saint<3oad.
Aussi Napoléon fit-il inscrire son nom
sur la liste des soixante et un députés proscrits. Cependant Cbalmel finit ensuite par le fléchir; il devint souspréfet de l'arrondissement de Locbef • en 1815, et reparut à la même époque à la chambre des représentants. Lors de la seconde restauration, il se ratira complètement des affaires publiques, et mourut à Tours en 1829.
CaALOiN-sufi'SAÔNE, CobUlonum , ancienne capitale du GhAlonnais d% Bourgogne, aujourd'hui l'un des chefslieux de sous-préfecture du département de Saône-et-Loire.
L'origine de cette ville remonte à des temps fort reculés. Cim dit dans ses Commentaires qu'elle appartenait aux y£dui, et il raconte C) qu'il y forma des magasins de vivres. Auguste la visita ; mais le véritable bienfaiteur de Ch<1lon , comme de toute la Bourgogne, fut l'empereur Probus, qui naturalisa sur les coteaux voisins la culture de la vigne. Constantin le Grand s'y arrêta avec ses légions, lorsqu'en 312 il marcha contre Maxence. Cette ville a eu souvent à souffrir des ravages de la guerre. Pillée et brûlée par les Germains vers 264 , par Attila en 451, puis par le mérovingien Chramn , elle fut reconstruite par Childebert.
Contran, roi d'Orléans et de Bourgogne , choisit Châlon pour sa capitale, et Hrunehaut y résida. Les Sarrssins d'Abdérame y laissèrent, en 732, de tristes marques de leur passage. Trente ans après, Waifre , duc d'Aquitaine, la ravagea. Cbarlenuigne la rebâtit et y tint un condie en 813. Mais après la mort de ce prince, la barbarie ayant repris son empire, Lothaire saccagea Cliàlon, en 834,
mit le feu, et y commit des actes de
plus révoltante cruauté. Ainsi, par ^es ordres, la belle GerbeHba, sœur du duc de Septimaine , y fut arrachée de son couvent , traînée par les cbeveui sur le pont , enfermée dans on
(*) Guerre des Gaules, liv. vk, ch. qo.
lonmau et jetée cUms la Sadue. Lei
Hongrois prirent Ch;1lon m 937. An quinzième siècle, elle fut la proie des ecorcheurs; puis , les guerres civiles du c||uinzième et du aeizièine siècle y causèrent de nouveaux malheurs. Chalon ayant embrassé le parti de la ligue, Mavenne s'y retira en 1588 , et , lors delà trêve de 1595, cette ville fut du nombre de celles qu'on lui accorda pour sûreté. Avant la révolution , Châlon faisait déjà un commerce considérable. Mais son importance s'est principalement accrue pendant les guerres de l'empire à cause de sa position sur le canal du Centre.
Lorsque l'étranger envahit notre pays en 1814, ses habitants coopérèrent activement à la défense du territoire ; ils rompirent deux arches du pont sur la Sadne, et tinrent pen* dant deux jours en échec une division autrichienne. Pour les récompenser de cette belle conduite, l'empereur leur fit don de quatre pièces d'artillerie, qui leur furent retirées sous la restauration, puis rendues après la révolution de juillet 1830.
La cathédrale de Châlon est un édifice gothique de la fin du treizième siècle, bâti sur remplacement d'une autre église , fondée en 532. Châlon est une des villes de la France où il s'est tenu le plus de conciles ; les évèques français s y sont réunis liuit fois, savoir , eu 579 , 644 , 813, 88G , 804 , 1063, 1115 et 1129. Cette ville possède aujourd'hui des tribunaux de première instance et de commerce, une bourse de commerce, une société d'agriculture, un collège communal et une bibliothèque publique de dix mille volumes. Sa population est de 12,220 hab. Cest la patrie de saint Césaire , de Pontus de Thiard , du conventionnel Roberjot, du savant Denon et de Tingénieur Gauthey, qui dirigea les travaux du canal du Centre.
Chalon ( comtes de ). — Les premiers comtes de Cluilon-sur-Scione furent bénéficiaires ou amovibles -, quelques-uns turent en même temps comtes de Bfâcon et d*une partie du Cbarolais.
r Àdalard, comte de Châlon , fat charf^é, en 763 , par Pcpin le Bref, de marcher contre Chilping, c^mte d'Auvergne, qu'il vainquit sur les bords de la I^ire. Après la mort de GarkNnao, il se soumit à Charlemaj^ne.
2* fVarin ou Guérin fut créé par Louis le Débonnaire, comte d'Auvergne, de Châlon et de Mâoon. Il mourut en 856.
3* Thierry , son fils , lui succéda dans le comté de Châlon. Il fut un des principaux conseillers de Charles le Clinnve, et assista avec ce prince , en 870, au traité d'Aix - la - Chapelle. Louis le Bègue le nomma, en 878, son grand chambrier , et lui donna , l'année suivante, le comté d'Autun.
Thierry fut tué en 880 ou 881 , dans une bataille contre les Saxons révoltés.
4° Raculfe lui succéda, et fat remplacé, en 886, par
5** Manassès, dit le ^ietix, qui fut comte de Châlon, d*Auxois, de Beaune et de Dijon ; prit part , en 888 , à la bataille gagnée par Richard , duc de Bourgogne, contre les Normands, près d'Argenteuil; à la prise de Sens, sur le comte Garnier, en 896; et à la célèbre victoire que Richard et Robert, marquis de France, remportèrent près de Chartres, en 910, contre une nouvelle nrniée de barbares. L:i valeur dont il fit preuve dans ces différentes circonstances lui valut le surnom de Preux. Il mourut vers l'an 919.
60 Giselbert , son (ils, lui succéda dans les comtés de Châlon, de Beaune et d'Auxois. Il fut encore créé comte d'Autun \ et devint , en 931 , duc de Bourgogne , après la mort de son beau-Dère, Richard le Justicier. Il mourut eh 956.
7° Robert de Fèrmandois , comte de Troyes, son gendre, lui succéda dans le comté de Châlon , que sa fille Adélaïde porta en dot, en 968, à
S'Lanwerty fils de Robert, vicomte d'Autun, regardé par les auteurs de l'Art de vérifier les dates comme le
Sremier comte héréditaire de Châlon.
1 mourut en 978.
9* et 10". Sa veuve, Adélaïde, se
L'UVIIVKIUS.
remaria avec Geoffroy Crhonellej comte d'Anjou, qui devint ainsi c^mte de Cthlion. Mais ce seigneur étant Iiibrtcn 987, Adélaïde abdiqua, et Humies Cappt força Hugues f', le seul fils qu'elle eût eu de son premier mari, et qui avait embrassé l'état ecdésiastiquo, à s% charger de radmfnistration du Cliâlonnais. Huu'tic^ obéit, et, pfndniit sa lonf^ue administration, il prouva nlus d'une fois qu'il savait également bien potter la euiâ'asse et !a haire. Il mourut en 1039.
1 1° Son neveu , Thibaut , fut a|)rès lui comte de Châlon , et mourut ea iO0S. Il eut pour sut^esseut
12* Hugues II , qui , en mourant, sa 1075, institua pour son héritière,
f S* JMâde, la sœur atnée, veuve
de Guillaume, seigneur de Thiem. Elle
mourut en 1083.
14° Gui de Thiem, son fils, Geo/- Pnâ dê Donzy, et Sù^mic <fe f^^rgv»
se disputèrent énsuite lé cômté de Chtilun , qui resta enfin , en 1113 , au fils de Gui de Tliiern,
Ifi* GMtMtfàe qui mourut vérs 116S, avec une fort mauvaise ré] nt atinn. Voici ce que rapporte de lui , d'après les auteurs contemporains, le Mtràlr hUîorial : « En Bourgogne , Guillaume, le comte de Ch<11on-sur- Saûne, n l'aide de grand planté de Brabançons vint courir sus à Tab* ba^e Otùtti. r«ligièut ét plusieurs gens de la terre vindrent au devant tous désarmés portant les reliques qu'ils avoient avec eulx , la croix et le Corpus Dominij pour lut pHer hierd , êt pour Thonneur de DIftn nue 11 ne mesfit rien à Téglise : mais le déloyal comte et ses gents les dépouillèrent tous nuds et robèrent I*abba|^e èt pillèrent tout ce qu'ils troiivèrnnt et en tuèrent bien cinq cents. Cest horrible faict sçut le roi ; il ass^nibla son ost hastivement , ét Tint sur le comte qui ne l'osa attendre. Le roi pritit le mont Saint -Vincent de Chriion, la moitié en donna au duc de Bourgogne, et Tautre moitié nu comte rlévëfS, pdiir ee qu'ils ratoièut servi en sdn
ost : tous les Brabançons qu'il j
trouva fit pendre. »
1G° Guillaume II y fils et héritier de Guillaume P*", alla, en Itéd, à l'abbaye de Veselay , faire sa soumission à Louis le Jeune, qui lui rendit les domaines qu'il avait enlevés à son pèrp. Il accompagna ensuite le roi ft la croisade, en 1 (90;il en revint et mourut en 1203, ne laissant qu'une fille, qui lui succéda.
17* Béatrix mourut en J337. lais* snrit de son mariage avec Ètlenhë ÔQ ' Estevenon, im fils et ime fille.
18° Jean dit le Sage avait été associé, du vivant de ta mère , au gou<r vernement du comté de Châlon. Il lui succéda , et écban^ca , en 1237 , ce comté, avec Hugues IV, duc de Bourgogne, contre les seigneurie^ de Salins , de Brncon , de VillafanS et d*Ornan. IMais il conserva le titre de comte de Cbàlon , qu'il transmit à ses descendants. ( Voyez Salius [ sires de].)
Chalon-sur-Saône (monnaie de).
— On connaît une monnaie gauloise d'argent , sur laquelle ol) litCàBAiLO, et qui représente au droit u n bœuf , et , au revers, une téte juvénile diadémée.
On pense qu'elle a été frappée, pendant . les premiers temps de la période romaine, à Châlon- sur-Saône. Quoique cette ville soit devenue plus importante dans la suite, on cessa cependant d*3r battre monnaie. Mais , après là grande invasion des barbares, on y rétablit un atelier monétaire, qui fut un des plus actifs de la Gaule. Les triens
Sii en sont sortis sont en effet si vaésetsi nombreux, que nous devons renoncer à les mentionner tous. Nous citerons seulement les plus curieux ; entre autres le fameux tiers de sou d'or, à téte de face, du monétaire mjl- G?îOAtt)VS, et qu'on a cru longtemps, mais à tort, sur la simple autorite de Boutroue et de le Blanc, avoir été fr.jipc par Brimoliaut. C*est le triens à tète de face le plus anciennement connu ; depuis , on en a trouve un assez grand nombre tant de Châlon que d'autres localités. Les autres monnaies de cette ville, onranl
oomme à Pordindra des profili, pri- légende CAmoms ctt. Quant à la
Hntent, au reytn, une croix tantôt monnaie de Lothaire , on ylit : cavi-
simple, tantôt misée ou clirismée, locivit. et , entre grenetîs, —
et généraieuieut accostée des lettres JtLOTAiiivs bex, le champ est mar-
CA t fnitiales dé CabUUmum on Cbp<tonkniy qu'elles portent pour légende,
en toutes lettres au droit : ca- . BLONMO, CAViLOiN^io. ^ous ne pou- . TOns omettre ici ulie particttlarite importante Que présente la monnaie de Chîilon , c est la présence des noms de deux monétaires sur un même . triens: cette ville, à elle seule, nous offre deux exemples de cetiè partiettlarité : C4bilon!vo fit svintio èt
B0I>(IFACi0. — CABILONO f II i>K&£DE PAST. PISCVS ET D0HN0LV8. Ofl doit
encore remarquer la bizarrerie de cette dernière légende, qui ne peut s'expliquer uu'en admettant aue Tévêque oe Cbalon avait obtenu le droit de battre monnaie.
On connaît aussi des deniers frnppés à Cliâlon, sous la première race.
Ces pièces portent, d'un odté, le mot TivoBBiBTB . qui peut être tout aussi |)ien le nom d un monétaire que celui d*unroi} et, de l'autre coté, la légende CA-BL'ON-RO, coupée en quatre par une croix à longues brancnes.
Sous la seconde rnce, l'atelier monétaire de Chàlon ne fonctionna plus avec une aussi grande activité. On connaît cependant des monnaies frappées dans cette ville au nom de Charlemagne. de Cliarles le Chauve, de louis ÏV et de Lothaire. Celles de Gnariemagneont dû être rrapp( es avant son voyage en Italie; elles sont jj;rossières et portent le nom du roi en deux |ili;nes, avec eelui de la ville en monogramme. Celles de Charles le Chauve sont, comme à l'ordinaïre, marquées du monogramme de ce prince , et n*offireat d'mlleurs rien de particulier. Il ^*en est pas de même des deniers frap- MSau nom d'Eudes, de Louis IV et pu roi Lothaire. Dans ceux du premier, on volt les deux mots odobbx , écrits circulairement dans le champ; sur les deniers de Louis, le mot lv- DQVicvs n£ porte pas d'u , et la syllâoe tAiS , dii champ , y foit suite à la
qué d*un b. Cette empreinte est trèsremarquable, et elleservit de typeàla monnaie chAIonnaise pendant tout le moyen âge. I^ous connaissons, en effet, des deniers du roi Robert, de Henri I" et de Philippe r% marqués de la même empreinte. Cependant, coumie cette ville n'a[)p irtenait pas à ces princes, il est à peu près certain que CCS monnaies ne furent point frappées à leur profit , mais au profit des comtes de Chdlon. En effet , un de ces eomtes, nomlné Hugues, effaça le nom du roi, et le renipl.iça par l,i léi^ende MONETA RVGOMi». (> comte doit être Hugues II , qui mourut en 1076. Cependant, nous devons le dire* tous les déniera ainsi marquée paraissent avoir été frappés à une é|>oque
8 lus récente. Cette circonstance ne oit point cependant nous arrêter, puisqu'on sait que, dans le mo^ren â;:e , les types des monnaies étaient
Quelquefois statiounaires. Il est proable que , depuis la Sa du oobmÎbb siècle jusqu'en 1937 eu environ , les seules espèces qui eurent cours à Châion portaient pour légende, d*un côté, MOmsTA HVGOifis , entre grcnetia , autour d'une croix à branebes égilee, cantonnée d'un fleuron au premier et au Quatrième canton, et d un anneiet pu deuxième et au troisième \ de Tau* tre, lïABVLO civiTAg; et, dans Je rliamp, un b accosté de trois annelets et d'une croisette. Ce qm nou# eoi>firme dans cette opinion, c'est que ion connatt plusieurs deniers mer*
Sués de ce tvpe, et ofïrnnt entre eux e grandes différences sous le rapport du style et de la fabrique» Las exemples analogues sont d'ailleurs asses communs; on en trouve sur les monnaies de Nevers, d'iVn^ers, du Mans, d'Angottléme, de Poitierff, et de beaucoup d'autres villes. Vers Vin, le type des monnaies de Châlon changea; le comte Jean elVa^ du jchamo le b , qui n*était proba-
CHA
L'UNIVERS
CHA
blement que l'initiale de Durgimdiay et frappa une monnaie qui porte pour légende, d*an cdté, iohaniiis coms, autour d'une croix; et, de l'autre, CABiLLOCivis autour d'un temple. En 1237, ii vendit sa monnaie avec son oomté à Hugues IV, doc de Bourgogne; et, depuis cette époque , on ne trouve aucune monnaie qu'on puisse attribuer à Châlon.
Gbaloit (petite guerre de). Lors d'un voyage que le roi d'Angleterre Édouard I' "^ lit en France , en l'année 1273 , il fut invité à un tournoi que le comte de ChAlon-sur-Sadne donnait en l'honneur des chevaliers revenant de la terre sainte. Le prince accepta et fit annoncer par toute la Bourgogne que lui et les eheraliers qui l'avaient suivi en Palestine tiendraient un pas d'armes contre tons venants.
Au lour fixé, quand il se présenta dans le cliantp dos, il avait mille Anglais sous ses ordres, et le comte de Châlon avait environ ie double de -soldats. Êdouard , dans les joutes contre les comtes et les barons, eut tous les honneurs (lu tournoi. Puis ensuite il y eut une mêlée affreuse entre les fantassins des deux nations. L'issue ne pouvait en être douteuse, car les Anglais seuls étaient exercés ati\' armes, dont l'usage en France était prescpie interdit par les seigneurs aux bourgeois et aux roturiers. « Les Anglais, ait Mathieu de Westminster, s'abandonnant à leur colère tuèrent un grand nombre de Français; et comme c'étaient des gens de condition vilfi , 071 se souciait fort peu de leur mort ; car c'étaient des fantassins désarmes qui ne songeaient qu'à enlever du outin. » Ces quelques lignes du chroniqueur donnent a penser que le comte de Chr^lon et ses chevaliers n'étaient peut-être pas fichés de se voir ainsi débarrassés de quelques milliers de ces bourgeois et de ces paysans , dont l'esprit d'indépendance et de liberté commençait déjà à leur inspirer de vives inquiétudes. Le lieu du combat fut couvert de morts, et ce sanglant tournoi fut dé-
signé sous le nom de petUe guerre de Châlon, Chalounais db BouBGOGim, Ca^
biUonensis agrr ou tractus. Ce petit pays, dont Chfdon-sur-Saône était le chef lieu, avait, en 1789, 52 kil. en tout sens; il était borné, à l'est, par la Franche-Comté ; au nord , par la Bourgogne propre ; à l'ouest, par l'Autunois; et au sud, par ie Méconnais. Il est aujourd'hui compris dans le département de Saône-et-Loire.
Du temps de César, il était habité par les Ambarri et les Zediones, peuples qui disaient partie de la confédération des liduens. Sous Ilonorius, il était compris dans la première Lyonnaise. De la domination romaine, it passa sous celle des Bourguignons , et fut ensuite conquis par les Francs. Vers
I an 850, le Chalonnais commença à être gouverné par des comtes particuliers et héréditaireSfdont le dernier fut Jean le Sage , tige de la maison des princes d'Orange, qui, comme nous l'avons déjà vu (page 410, col. 2), échangea en 1S87, son comté avec Hugues !¥, duc de Bourgogne. Depuis cet échange, le Chalonnais suivit les destinées dtt duché de Bourgogne.
CHALONirAIS DE CHAHPAONB , CiE»> tahtunensls ager ou tractus, canton de rancicnne province de Champagne, dont Chàions-sur-Marne était le cheflieu* Borné, au nord, par le Rémois et le pays d'Argonne; au sud, par le Perthois' et la Champagne Pouilleuse ; à l'est , par le duché de Bar ; et à l'ouest , par la Champagne proprement dite , il avait environ 40 Kil. en tout sens.
II était iiabité par les Catalauni, compris, du temps de César, dans le vaste territoire fies Remit mais dont aucun auteur ancien , avant Const^intin , n'a fait mention , quoique nous ayons des médailles antiq les frappées au nom de ce peuple (*). Sous Honorius, le Chalonnais faisait partie de la seconde Belgique. Il est maintenant compris dans le département de la Marne.
(*) Mioanet , Descr. des méd. , 1 1 , p. Sx.
4fS
Chàlonnes, petite et ancienne ville de TAnjou , auj. chef-lieu de canton
du dép. (le Biaine*et-Loire , à 24 kil. d'An£;ers. Chalonnes était autrefois défendue par un cli^Ueaii fort, qui fut plusieurs fois assiégé pendant le seizième siècle, et fut démoli sous le règne de Louis XIII. On compte maintenant à Chàlonnes quatre mille neuf cent soixante-neuf habitants.
Chalons-sub-Marnb , Catalavnî, Tune des cités gauloises dont les historiens anciens ont parlé avec le plus d'éloges, est fréquemment mentionnée dans Yopiscus , Kutrope et Ammien Marcellin. Ce dernier, qui suivait à la guerre des Gaules T empereur . Julien, la nomme au nombre des belles villes de la seconde Belgique, même avant Reims , métropole de cette province ; et les anciennes notices des cités et provinces des Gaules lui donnent le troisième rang parmi les villes de la Gaule Belgique. Les Romains embellirent cette ville et la fortilierent. Saint Memmie y prêcha le christianisme vers 250, et en fut le premier évêque. En 273, une bataille sanglante eut lieu sous ses murs, entre Auréiien et Tétricus. En 451 Attila v fîit défait par Aetius[voy. Ciialons (bâtai Ile de), p. 414 et suiv.i.En 963 , Herbert et Ro- Lert de Vermandois rassiégèrent et la brdièrent avec le château qui en faisait kl princinale défense. Au dixième siècle, Chôlons, qui avait depuis lonj;temps le titre de comté, forma une es* pèce d*État libre sous le gouvernement de ses évêques , qui furent investis du titre de grands vassaux de la couronne, et qui gouvernèrent cette ville jusqu'en J860 , épo(|ue où le roi Jean réunit le comté de Châlons au domaine royal.
C'est dans cette ville que Charles VII, accompagné de Jeanne d'Arc, reçut, en 1439, les députés de Reims.Les Anglais tentèrent vainement de s'en emparer en 1430 et en 1434. Sous la ligue, elle resta ûdèle à Henri III, et garda la même Cdélité à Henri IV. I^e 10 juin 1591, le parlement de Châlons déclara scandaleux, calomnieux et plein d'impostures le monitoire lancé contre le roi par Grégoire XIV, et Ht brûler ce
monitoire sur la place publique par la main du bourreau.
Avant la révolution , Châlons était le siège d'une généralité, d'un bailliage présidiai, d'une élection, d'une grande mattrise des eaux et forets, etc. Son évéché, qui avait le titre de comtépairie, et datait du quatrième siècle, était suffragant de Reims. Aujourd'hui , cette ville , dont la popoi. est de 12,413 hab., possède encore on évéché; elle est le chef-lieu du département de la Marne , de la deuxième division militaire, et de la dixième conservation forestière. Elle possède des tribunaux de première instance et de commerce ; une chanibre consultative des arts et métiers ; une société d'agriculture, sciences et arts; une école des arts et métiers ; un collège communal) un grand et un petit séminaire, et une bibliothèque publique de vingt mille volumes.
Ses principaux monuments sont : la cathédrale, reconstruite en partie sous le règne de Louis XIV ; relise Notre- Dame, édifice du quatorzième siècle, où l'on remarque un pavé en mosaïque.
Couvert d'inscriptions curieuses ; l'hôtel de ville , construit en 1773, et dont le fronton est orné d'un beau bas -relief; enfin, l'hôtel de la préfecture, ancien hôtel de l'intendance, construit en 1764.
L'astronome la Caille, le médecin Akakia, le traducteur Perrot d'Ablancourt, le lieutenant général Sainte- Suzanne, etc. , sont n& à Châlons.
Chalons - SUR - Marnb ( monnaie de). — On attribue à la ville de CIiûlons des D)onnaies gauloises qui portent pour légende les lettres cata et CATAL, et dont on connaît déjà trois variétés; l'une présente, d'un côté, une téte casquée tournée à droite, et, de fantre, un lion tourné à gaudie, avec des symboles assez difliciles à expliquer. Sur la seconde, on distingue , au droit, une téte de Mars tournée à
Î;auche, et au revers, un aigle sur un budre, etun vase; enlin , la troisième représente, d'un côté , un porc tourné vers la droite, et, de l'autre, une massue, une tite de&oe, et quel-
414 «llà Vm
ques autres figures assez vagues.
Gomme on le pensa bien, en mon^
naies, qui sont de bronze, ne sont attribuées à cette ville que d'une manière tout à fait conjecturale ; mais il n*en est pas de mèine d*uh tien de son d'or niérovingieii^qui représente un profil tourne a droite , avec la légende ca- TÀL4. civ£ , et une croii à branches tfpilei , autour de -laquelle se trouve le nom d'un monétaire , lvcivs moneta; ni de deux deniers de Charles le Chauve, marqués du monogramuiedecepriucei et dès légendes smATiA di bu etcA-
TALAYNIS gît; CATALAYMS GATA
{>our (civitas). Pendant le moyen â^e , a monnaie de Châlons-sur-Marne aj^partint à Tivéque ; et , pendant le treizième siècle, il en est souvent fait mention dans les chartes relatives au Verdunois, où il parait qu'elle avait eoon à oettc époqiie. Cependant cee actes, qui sont tous inédits, sont les seuls, à notre connaissance, où il en soit question. Duby ne nous fournit aucun taie qui soit relatif k cette monnaie; et il se contente de donner le dessiii de deux pièces qu'il croit appartenir à Châlons \ mais l'une est évidemment nue monnaie de Làon ; quant à l*autre , elle appartient réellement à la ville de Châlons, et a été frappée sous r^dministration de l'évéque Geoffroy de Grandpré. On y voit d*un câté, en légende, gavebidvs episcop, et, dans le champ , pax — — ; de l'autre , c a- XALAVNicivii , et dans le champ, une croii i branches égales, cantonnée d*an basant aa deuiiéme et au troisième canton.
CpALONS (bataille de). — La bataille de Châlons est un des événements le« plus importants de notre histoire. Ja* mais une invasion aussi terrible que esUe d'Attila n'avait menacé la Gaule.
jyoR autre côté, œ pays venait de re* eovoir, par une suite d'autres invasiona partielles, de nouvelles populations
âui, fondues ensemble et avec les Gallo- Lomains , devaient , plus tard , former la nationalité française. Il est curieux de voir ces populations si diverses réunies, pour la première fois, sous les mêmes drapeaux pour combattre un
ennemi commun. Le^ efforts qu'elles firent alors pour défendre le sol au'elïaè
venaient de conquérir, durent le leuip faire chérir davantage, et contribuèrent sans doute à les y fixer d'une ma* nière Immuable. H. Fauriel a reisneini dans les historiens oriainauz, et babi* leinent groupé toutes les circonstances de ce grand événement ; noue lui avons emprunté une grande parti* de notre récit.
Non content d'avoir, pendant vingt ans, humilié ou ravage l'empire ro« main, Attila avait résolu de le oon»
quérir. Ayant des griefs contre TuiM et l'autre moitié de cet empire, il envoya en même temps des ambassadeurs il Gonstantinopleetâ Ravenne, porter des demandes dont le refus devait traîner la guerre, et dont la concession équivalait s des droits de conquête A Gonstantinople ,. il fit réel^mer due arrérages de tributs; à Ravenne, il demanda, à titre de fiancée, la princesse ilonoria, avec la portion dè Pempire d*Oocident qui ml NvènaH pour sa dot.
Les demandes du roi des Huns furent reietées avec la même fierté à Gonstantinople et à Ravenne et il ne lui resta plus qu^à décider lequel des deux empires il allait attaquer le premier. Il se décida pour celui d'Ooddent, et résolut d'y pénétrer par la Gaule.
Il passa le Rhin sur un pont de bateaux {***) , et prit sa marche de t'est ft l'ouest , à travers ce pays, en se dirigeant sur Orléans. Une peuplade d*A*
lains. au service de l'empire, était alors stationnée sur les boras de la Loire; le chef de cette peuplade, Sangiban, était, à œ qu'il parattt d'intelligence avec le roi des liuns, et devait lui livrer les passages confiés à sa garde C***).
Des populations que les Iluns ren»
contrèrent sur leur route, les unes furent égorgées dans leurs villes prises
(«) Excerpu e Piiici bisloiia. vu.
(") ibid.
(***) Sidon. Apollîuar. Panegyrk. Avtti.
("*«) Jomaade», de Reb. Gel.
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FfUNCE.
d'assaut, les autres, par masses ou disperi>ées, se cachèrent dans les bois, dans les cavernes, sur les montagnes, et quelques-unes furent épargnées à la prière de h^urs évéques (*). Des chances si diverses ne faisaient qu'accrottre le désordre et le péril de rinvasien; elles déconcertaient toutes les résolutions courageuses, jusqu'à pelles du désespoir.
Arrivé aux bords de la Loire, A^ tila n*y trouva pas les Alains ; leur trahison avnit été pressentie et déjouée. Il sonnna Orléans de se rendre ; mais, excités par leur pieux évéque, les habitants se résignèrent à toutes les conséquences d'un siège.
Ce siège était déjà commencé lorsque Aétius, qui avait appris à Rome la nouvelle de l'irruption d'Attila, accourant on toute hâte h la déicnse de la Gaule, reparut sur les bords du Rhdne Il amenait quelques renforts de troupes ; mais toutes ses forces réunies n'étaient prohableinent pas le tiers de celles dont il avait besoin pour aborder Attila* Il ne pouvait se passer d'auxiliaires, et il ny en avait ponr lui d'autres que ces mêmes barbares , déjà maîtres d'une grande partie de la Gaule , et ^ en général , beaucoup plus disposés à presser qu'à retaroer la chute de l'empire romain. Il fallait non-seulement gaf^ner tous ces peu-
f>les , mais les gagner d'emblée, les enever, pour ainsi dire, avant qu'Attila obtint lin sui'cès décisif.
La tache f t;iit difficile; mais la renommée d'Aetius était une puissance, et ses efforts ftirent d'ailleurs secondés avec bcniicoup d'énergie et d'habileté par Ferréolus, alors préfet du prétoire des Gaules , et par l'Arverne Ayitus, qui Tavait été, et qui remplissait peut-être encore alors quelqu'un des grands offices de la préfecture.
Ce dernier fiit député vers Théo-
doric, auprès duquel il jouissait d'un grand crédit. C'était dans les forces de ce prince qu' Aétius met-
(*) Gesta Francorum. t.
O SidoB. ApoUiaur. toivyr. Avili.
tait son plus ferme espoir; mais Tliéodoric était celui des rois barbares , de la Gaule qu i . ayant le plus de moyens ' et de chances ae s'agrandir aux dépens de l'empire , répugnait le plus à le secourir dans cette crise. 11 voyait avec autant de souci que de colère les Huns, ces vieux ennemis de sa race , prêts a passer la Lnire et i\ fondre sur lui; mais il voulait les attendre sur ses frontières , et se flattait de les éi»rter par ses propres forces. Il y avait , dans ce parti , un côté hasardeux qu'Avitus mit aisément à découvert i et sur ses remontrances, Théodorio se déeid^ franebemeni à mettre ses moyens en commun avec ceux d' Aétius (*).
Tandis qu'Avitus assurait ainsi les secours des Yisigoths à la cause romaine , d'autres négociateurs f p* gnaient de même les Bretons armoricains, la partie des Burgondes stationnée entre le Rhin et les Vosges, les Franks des bords de la Meuse, la peuplade de Saxons dès lors établie sur les côtes de l'Armorique, et d'autres populations moins connues ; diverses milices qui avaient autrefois combattu dans les armées romaines , mais qui , depuis , avaient posé les armes et vieilli dans d'autres ifatigues que celles des camps {**).
Aétms mit une incroyable célérité à réunir toutes ces forces, levées à de grandes distances les unes des autres, et ma relia à leur tôte à la délivrance d'Orléans. Attila ne jugea pas à propos de Tattemlre; il battit en retraite, et se relira dans la direction de Test. L*année romaine le suivit (***). Le roi des Huns ne cherchait, pour accepter la bataille que lui ofirait Aétius , qu'une position où il pQt déployer librement son immense cavalerie; mais il recula assez longtemps pour se donner un air d'hésitation et d'inuiétude, de mauvais augure pour issue de Texpédition. Il ne s'ari^
(*) Sidnn. ApolUnar. Avil. Panegyr., v,
336, sqq. I''|)ist. vu, la.
(**) Jornaud., de Reb. Get.,xxxvi. Sidon. ApoU. loc cit.
(***) Jofaaiid., xixvu.
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qu'à une cinquantaine de lieues d'Orléans, aux environs de Châlons, dans une vaste plaine traversée par la
Marno. Là aussi , s'arrêta l'armée romaine; et l'on se prépara, de part et d'autre, à une bcitaille.
Jamais, peut-être, deux aussi énormes masses de rombattantsne s'étaient trouvées en présence. Il y avait, sur cet immense champ de bataille, des champions , des détiicberoents dés peuples de toutes les races de l'Europe.
Quelques-uns de ces peuples se trouvaient en entier dans Vun des deux camps ; d'autres s*étaient partagés entre les deux ; de chaque côté, il y avait des Franks et des Burgondes; les Goths faisaient une partie considérable de chaque armée. Enfin , dans Pun et Tautre canip, il y avait des peuplades ou des bandes appartenant à des nations inconnues. L 'histoire ne dit rien des BeUonotes, des Nevrions oui combattaient pour Attila (*); elle se tait de même sur les Ibrions et sur les liiparioles qui avaient répondu à l'appel d'Aétius(**).
Attila se plaça nu centre de son armée, à la lête'des ITuns; à sa droite, il plaça les Ostrogoths et les Gépides; et forma son aile gauche des autres peuples barbares qui servaient sous lui comme sujets. Aétius se plaça à l'aile gauche de son armée, composée de Romains et dVne partie des barbares auxiliaires ; Théodoric forma l'aile droite avec ses Visigoths; et au centre, les Alains, suspects d'intelligence avec Attila, furent placés de manière que leurs mouvements pussent être aisément observés , et leurs mauvais desseins prévenus (***).
L'action s'engagea par un combat entre un détachement de Iluns et un corps de Visigoths, commandé par Thorismund, fils de Théodoric. ues deux corps se disputèrent vivement la possession d'une éminence qui dominait le champ de bataille , et formait
(*) Sidon. ApoUinar. Panq]fr. Avili.
(••) Jornand. , xxwx, (*••) Ibid., xxxyiii.
un excellent poste d'observation et de réserve. Cette éminence resta aux Visigoths, qui virent, dans ce premier succès, un présage de la victoire.
« Cependant Attila , s'ébranlantavec le centre de son armée, fondit sur le centre de son ennemi quMI enfonça sans éprouver beaucoup de résistance, et prit en flanc la cavalerie des Visigoths , violemment ébranlée par ce choc.
«Ce fut, dit Jornandès, vn terrible combat, obstiné, sanglant, tel que n*en vit jamais l'antiquité. S'il nous faut en croire les vieillards, un petit ruisseau , gonflé par le sang des guerriers morts, devint un torrent. Ce fut là que le roi Théodoric , haranguant son armée , fut renversé de cheval et termina sa ▼le. Les Visigoths se séparant alors des Alains , se précipitent sur les bataillons des ITuns : ils eussent écrasé Attila , SI celui - ci , qui avait déjà pris
Ï prudemment la fuite , ne se fOt enfermé ui et les siens dans le camp que défendaient ses chari' ts. C'élnitun faible rempart; et cependant les voilà ces hommes qu'aucun mur ne pouvait arrêter, cherciiant la vie derrière ce misérable retranchement. Thorismund , fils deThéodoriC; qui avait aussi débusqué les ennemis , croyant se rendre dans son camp, se trouva égaré par les ténèbres au milieu des chariots des ennemis. Il tomba , après des prodiges de valeur, frappé à la téte. Aétias, par une erreur semblable, errait au milieu des ennemis : tremblant à la crainte de quelque mallieur pour les Goths , il parvint enfin dans un camp ami , et passa le reste de la nuit protégé par les boucliers.
« Le lendemain , les Goths virent les champs jonchés de cadavres; et comme les Huns n'osaient sortir, ils pensèrent que la victoire était à eux : car ils savaient bien que ce n'était qu*abattn par «ne affreuse defiiite qu'Attila avait quitté le combat.
Grand jusque dans la défaite même, ce chef faisait entendre le son de ses trompettes et menaçait d*une nou»
velle. attaque. Semblable i un lion qui, pressé par les chasseurs, s'arrête à l'entrée de sa caverne, n'ose
ou FRANCE.
tMk 417
§*élaiioer, mait, par tes affreax niginementg, répand Teffroi tout alentour, le terrible roi des Huns troublait, quoique enfermié dans son camp, le repos de ses ennemis. Cependant les Goths et les Romains s'assemblent, et se demandent comment ils achèveront la défaite d'Attila. Ils se décident enfin à le fiitisoer par les lenteurs d'un siège, et a l'aifamer dans son camp. Ce fut alors, dit-on, que ce roi se fit dresser un immense bûcher , formé de selles de chevaux, pour s'y précipiter si les ennemis donnaient l'assaut : il eût craint , lui , maître de tant de nations , de se voir entre les mains de ses ennemis.
9 CeneDdant on s'étonnait de l'absence au roi des Visigoths. Après de longues recherches, on le trouva à la place qui convient aux braves, parmi les morts du premier rang , et on l'enleva au milieu de chants funèbres , à la vue des ennemis. Alors on eijt vu les Goths, avec leurs cris et leurs mille dialectes , observer les cérémonies funéraires au milieu de la fureur des combats. On répandait des larmes, mais de ces larmes que le brave a coutume de verser. Les Gotbs offrent, au bruit des arme?, la dij^nité royale au valeureux Thorismund qui, couvert de gloire, rend les derniers devoirs aux mânes de son père chéri. Puis , désolé de cette perte et emporté par sa fougue guerrière , jaloux de venj^er sur les restes des Huns lu mort de son père, il consulte Aétins qui avait toute l'expérience que donne la vieillesse. I\Iais celui-ci , craignant sans doute de voir l'empire romain écrasé par les Goths, si tes Huns étaient anéantis, lui conseille de retourner dans ses États; et, en effet, ce prince retourna dans la Gaule. Dans ce combat fameux , et où sereuoontH^ntdes peuples si vaillante, il ^ eut des deux cotés, dit-on, cent soixante-deux mille morts, sans compter encore quatre-vingt-dix mille Gépides etFlrancs, qui, avant l'action générale, se rencontrèrent pendant la nuit et M tuèrent mutuellement (*). »
Jensndes, de Biehi Getic. , xxxvnt.
T« IT.17* Lbraison. (Digt. engi
AttQa n'avait sans doute pas été
aussi comolétement vaincu que parait le croire lliistorien des Goths. Cvpo.ndant il commença sa retraite des (ju il fut assuré que ses ennemis n'avaient plus le projet de la troubler. Aétius le poursuivit encore quelques jours ; puis, quand il fut convaincu que sa retraite n'était pas une feinte, il renvoya dans leurs stations accoutumées les' divers n u X i I ia i r es, Gaulois, Francs, Germains, ou autres.
Chalosse , Calossia, pays de l'ancienne Gascogne, qui se divisait en Chalosse propre ^ turmn et marsan.
A l'époque romaine , cette contrée était habitée par les TarbelU et les Tarusates. Depuis, elle a suivi, en générai, les destinées de la Gascogne.
CuALOTAis. Voy. La Chalotais.
Chalucet (A.-L.-B. de), nommé évéque de Toulon en 1684, et saeré seulement en 1G92, déploya un rare courage lorsque l'armée des alliés , commandée par Victor -Amédée. duc de Savoie, vint, au mois d'août 1707, mettre le siège devant cette ville. Les ennemis ne purent approcher de Toulon , défendue par des hauteurs garnies de troupes et de canons; mais la flotte qui bloquait la place par mer la bombarda, et treize bombes tombèrent sur le palais episcopal. L'évéque ne voulut jamais s'éloigner; il consacra tous ses instants à entretenir Tunion parmi les troupes, a relever le courage du peuple et des soldats, et vendit tout ce qu'il possédait pour lef nourrir. Aussi, l'année suivante, unA inscri[)tion fut-elle placée à l'hôtel de ville pour immortaliser le zele du prélat et la reconnaissance du peuple.
Chalucet, mort en 1712, a laissé quelques ouvrages de controverse, et d'excellentes Ordonnances synodales .
Toulon, 1704, in-lS.
Chalus - Chabbol , petite et ancienne ville dti Limousm, auj. dép.
de la Haute - Vieune , à 24 kil. do Saint - Yrieix. Une tradition fort ré* paudue dans la province attribue la fondation de celte ville, nommée en latin Castra Luciiy à Lucius Oon préolus, proconsul d'Aquitaine, soua
etc.) 27
Auguste. Si l'on interroge sur ce point un paysan limousin, il répondra (]ue ce gouvernetir Ivmain,
qui devait, du reste, son surnom à son goût, tant soit peu populaire,
Eour les cnevrières des montagnes, fit âtir, à l'endroit où existe aujourd*hoi Clia!'is, im château fortifié de tours et de remparts, ainsi qu'un vaste palais; et même, si l'on en croit encore une Opinion aoeréditée par plusieurs siècles , et appuyée par les récits des chroniqueurs, ce fut le proconsul Lucius oui cacha dans de profonds souterrains inestimable trésor dont la cnnqtir'te tenta la cupidité de Richard Cœur de Liou. (Voyez CaALUs [siège de]. )
Ghalus, qui avait le titre dé baron-
nie, appartenait anciennement aux vicomtes de Limoges. Henri , roi de JNavarre, la donna à Charlotte d'AJbret , sa soeur, pour sa part de la soecession d'Alain d'Albret et de Françoise de Bretagne , leurs parents communs. Charlotte épousa César Borgia , duc de Valentinois; et leur fille, Louise Ëorgia, porta le comté de Chalus à Phiii[)pe de Bourbon-Busset, dont la postérité en jouissait encore dans le siècle dériiier;
Chalus (siéçc de). — Le bruit s'était répandu que Guidomar, vicomte de Limoges, avait trouvé dans la terre un trésoi- d'un prix inestimable; Richard Cœur de Lion le réclama, comme comte de Poitou. Soupçonnant que ce trésor était caché à Clialus, il vint en personne investir ee petit château (1199).
Au momentoil il reconnaissait la place, un archer, nommé Gourdon, lui décocha une ileche qui le blessa daugereuaement. Son intempérance aggrava le mal , et l'aventureux monarque ne vécut plus que onze jours. Avant sa mort. Kichard fit amener devant lui te aoMat qui l'avait frappé. « Que t'ai-je « 6it, misérable, lui dit-il , pour que tu « aies voulu me tuer? » — « Ce que tu « m'as fait? répondit froidement Gour- Addn : tnastttéinonpère, mamèreel é mes deux frères. Mon bonheur est « complet, je les ai vengés. Fais-moi « mourir, Je brave ta colère.» — «Mon
« ami, dit Richard étonné, je te parie donne; sois libre. » Sur-le-champ il lui fit ôter ses fers, et ordonna qu'on lui donnât de l'argent. Quelques instants après, il expira. Quant à Gourdon, il fut repris, écorché vif, et
fiendu, comme l'avaient déjà été tous es défenseuK du Château de Chalus (1199.)
Chalussbt. Le château de Chalusset appartenait, au 13* siècle, à cette vicomtesse Marguerite, qui possédait aussi la redoutable forteresse d'Aixe, sur la rive droite de la Vienne, à huit kilomètres de Limoges, et qui eut avec les bourgeois de cette ville de si fréquentes querelles. Celle-ci le vendit, en 1273 , à Gérard de Maumont. Sous Charles Y, les Anglais en forent obatsés par les hnbilnnts de Limo;zes, avec l'aide du célèbre connétable de Saucerre. Un 1574, J. de iMaumont, seigneur de Saint-VIc, s'en empara, et en releva les fortifications, prétendant, dit le P. Bonnvcnture, le tenir pour ceux de la religion réformée. £n même temps , il se mit à piller lea villages voisins et à rançonner paysans et voyageurs. Les bourgeois de la ville s'étant rassemblés marchèrent contre lui , et te forcèrent à s'eni^rm^ dans ses murs. Trois jours après, ils se réunirent à ceux de Saint-Léonard , de Solignac r <i-B><"<>utiers , etc. Le fort fut invUti-4 jet se rendit an bout de cinq joints. Les coalisés résolurent alors , pour assurer la paix de la contrée, de démolir cette redoutable forteresse, de manière à en rendra k tablisseinent impoeaible.
Chalvtgnac, bourg de l'Auvergne, auj. dép.du Cantal,a 6 kil. de Mauriac. On remarque près de ee homjs les rui* nés de Fanliqoe château de Miremont « célèbre par les sièges qu'il soutint contre les Anglais, en 1183, 1196, 1M7 et 18i9. A cette dernière époque , Robert Knol s'en empara par surprise, et y laissa le fameux Mandonet Badafol, qui ravagea longtemps le pays, en rot chassé en 1374, s'en empara de nouveau quelque temps après , et le rendit enfin par com|)Osition. !Madeleine de Sâint-£^eciaire » veuve de Qui
crA
CBA
de Snint-Exnnéry, s'y illustra, pendant Jes guerres religieuses du seizienie sièdë, î)ar le oodrage aveclequel elle repoussa lesattaquesdu baron deMontal.
Chamarande, ancienne seigneurie de Cliuiiipagiie, auj. dép. de la Haute- Marne , érigée en comté en i68S.
CuahàVes, peuple gerninin, transplanté, sous Constance Cblore, dans la Gaule belgique.
Chambellan (grand), ofîRcfer de la chambre â coucher du roi , dont la charge était distincte dccelledn grand chamorier. La distinction de ces oflices est Clairement établie dans une ordonnance de Philippe III , où Ton désigne à ia fois, comme témoins de l'acte, « monk sieur llerart, cliambrier de France, et
* monsieur Mathieu de MailH,chantber- « lenc de France. » « Le grand -cham-
* bcilan de France, disent les estats de « rhôtei des rois Philippe le Bel et Phi- « lippe le Long, doit gésir, quand la « reine n'y est pas , aux pieds du lit du « roi. . . Après la cure de l'âme , l'on « ne doit mie être si négligent de son Il corps , que pour négligence ou aaltre n mauvaise çarde , nuls périls advlen- « nent , 5[)éci.')mTriant quand , pour une « personne , pourroient estre plusieurs « troubles i nous ordonnons , et de ce « spéciamihent chargeons noS diam- « bellans, que nulle personne mécon- « nue, ne garçon de petit estât, n'en- «trent en 'nôstre garde-robbe, ne « mettent main , ne soient à nostre Ilot
* faire , et qu'on y souffre mcstre nuls « draps estranges. » Le grand chambellan atait la garde du lit et inspection de la garde - robe du roi ; il faisait l'office de maître d'iK^tel, et même d'écuyer tranchant Outre le grand diamMllan, que les anciens oocuments désignent <]uelquefois par les noms âe grand chamherfenc y de maistrechambellaiifùepremierchambeUariy il y aVait etieore des chambellans ordinaires, que l'on trouve mentionnés dans un acte dès l'armée 1273.
Les chambellans assistaient à l'hommage que les tassanx fiiisaieat an roi ; ils interrogeaient et répondaient au nom de celui-ci ; et , après L'hommage t le manteau du vassal leur
appartenait; cette redevance s'appelait chambellage. Le Jour du sacre du roi, le grand cbambéilan recevait les* bottines royales , que Tabbé de Saint- Denis lui mettait en niain , pour en chausser le roi ; et à lui seul appartenait le droit de revêtir ce prince de la dalniatique de bleu azuré, par-dessus le manteau royal.
Les princes avaient aussi leurs ëhambelfans qui jouissaient vis-à-vis d'eux des mêmes prérogatives que les grands chambellans de France.
La citation suivante, tirée d un acte du mois de Juillet 14t0, complétera tout ce que nous avions à dire de ces officiers : r François de Montbe- « ron , vicomte d'Aunay et chambellan «de Poitou, etc.... Premièrement, « toutefois que je vicomte seray au- « dit pays de Poitou , devers ledit mon- « seigneur , il me doit faire délivrer < pour moy, mes gens de ebevaux que « j'auray , et selon ce quMl appariien- « dra. Item, quand ledit monseigneur
* sera audit pays de Poitou , ie dois <t porter ou faire porter son seel de se* « cret, duquel seel doivent estre sedn lees tontes les lettres des hommages, « et d'avoir les profits et emoluniens «des lettres, qui en doivent estre « scellées , et tout ce qui de lui sera à « cause dudit chambellage. Item, quand « mondit seigneur viendra premiere- « ment è Poitiers , que je dois de mon « droit avoir son lit garni de tous les «paremens, qui seront, esquels il «couchera la première nuit. Item,
• quand nsadame la comtesse viendra « premièrement à Poitiers, je la dois, « mener par le frein , de la porte par « où elle entrera à Poitiers, iusques à «la salle, et la dots descendre, et le « mantel ou chappe qu*elle aura vestu, « et le cheval sur lequel elle sera ve- « nue, soit destrier, coursier, palefroy, «OU autre monture Quelconque, en « Testât, et aussi garni comme serxi, » doit estre et sera mien. Et si ladite « madame venoit en litière ou en chaire, « je ia dofs semblablement mener jus* a ques à ladite Salle \ et descendre , et « la litière ou chaire garnie comme « elle seroit , et les chevaux demou-