‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 56 sur 86 · S0 OU · texte numérisé non relu

S0 OU

« ront et seront miens de mon drdt.

« Item , je dois servir ladite dame de « vin la première fois qu'elle sera à a table , et le hanapon , couppe ou au- «tre vaissel à quoy elle boyra sera « mien et de mon droit. Item , le lit * et les paremens de la chambre de la- « dite dame , en laquelle elle couchera « la première nuit, ainsi garni comme «il seroit, seront miens et de mon « droit. Et est le devoir à la manière « de l'hommage tieux : car je dois faire «mon hommage, ledit monseigneur «estant à la messe, quand il voit à «l'offrande, et luy bailler un denier «d'or pour tout mon devoir, lequel « denier il doit offrir à la messe. »

Le prévôt de Paris prenait le titre de chambellan ordinaire du roi, parce qu'à toute heure U avait accès auprès du souverain.

Pour marque de leur dignité, les chambellans dans le dernier siècle portaient derrière l'écu de leurs armes deux clefs d'or passées en sautoir, et dont les anneaux étaient terminés par une couronne royale. Ils se distinguaient encore par un costume particulier et par une clef d'or attachée au haut des naiques de Thabit.

Lorsque Napoléon rétablit la noblesse , il n'oublia pas d'attacher à sa maison impériale un grand chambellan et des chambeUans ordinaires. Sous la restauration, la maison royale fut remise sur Tancien pied, et il y eut alors, outre le grand chambellan (le prince de Talleyrand), quatre premiers gentilshommes de la chambre , quatre maîtres de la garde-robe , et trentedeux gentilshommes honoraires de la cbambre. Ces charges ont cessé d'exister à la révolution de 1880.

Chambéry (prise de). — Le roi de Sardaigne ayant , en 1792 , accédé à la coalition, le généralMontet^iou, commandant en chef TarméeduMidi, reçut l'ordre d'envahir la Savoie. Il réunit au fort Barreaux le peu de forces dont il

KuTattdi8po6er,etentra en campagne.

!S Piémontais avaient construit trois redoutes qui dominaient le seul débouché conduisant en Savoie ; ces redoutes allaient être terminées et garnies de ca-

nons. Deux colonnes , sous les ordres

du maréchal de camp Laroque, furent mises en mouvement pour tourner les positions ennemies. Aussitôt les Piémontais se mirent à fuir sans tirer uo coup de fusil, et les trois redoutes furent occupées et détruites. Vaincus sans combat , les ennemis évacuèrent précipitamment les châteaux des Mar* ches, de Bellegarde, d'Aspremont, de Notre-Dame, de Mians; et, par un mouvement rapide, le général Montesquiou, se portant sur le centre de l'armée sarde, la coupa en deux corps, dont l'un se retira sur Annecy, et l'autre sur Montmélian , qui , le lendemain même , ouvrit ses portes ; bientôt tout fut au pouvoir des Français, depuis le lac de Genève jusqu'au bord de l'Isère ; et , le 25 septembre 1793, Montesquiou fit son entrée solennelle à Chamhéry. Cet événement fut le signal d'une révolution qui réunit la Savoie à la France , et lit de Chambéry le chef-lieu du département du Mont-Blanc.

— Les coalisés ayant envahi la Savoie en 1814, entrèrent, le 20 janvier, dans le chef- lieu du département du Mont-Blanc , que le général Desaix avait évacué la veille, avec le peu de troupes qu'il avait pu réunir.

Mais quand, un mois après, nous eûmes repris l'ofrensive, les Autrichiens, fuyant devant nos colonnes, se sauvèrent en désordre à Chambéry, et se rallièrent sur les hauteurs en arrière de la -ville. Le 19 février, au matin , le général Marchand fit marcher une colonne de six cents liommes pour les prendre à dos, pendant que Desaix attaquait le pont de Reclus. Repoussé de toutes parts , rennemi continua de battre en retraite.

Chambley, ancienne baronnie de Lorraine, auj. du dép. de la Moselle.

Ghamblt, ancienne châtellenie du Beauvoisis , auj. chef-lieu de canton du dép. de l'Oise , à 26 kil. de Senlis. On y compte maintenant 1418 bab.

Chaicbon, Cambonum, petite tUIa de l'ancien pays de Combrailles, en Auvergne , aujourd'hui du dép. de la Creuse, à 24 kil. de Boussac. C'est à

L'UmiVERS.

CBk FRANCE. •

CHA-

Chambon, suivant quelques auteurs, qu'il faut placer la eapitale des Cam^

biovicenses. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette ville présente de nombreux restes d'antiauités, dont quelques-unes sont attribuées areo raison à un peuple gaulois. C'était, au sixième siècle, une forteresse considérable. Les babitants de Limoges y transportèrent les rdfqaes de sainte Valérie, |iour les soustraire à la rapacité de Chilpéric, q?!! ravageait alors la province. Pendant la guerre de la Praguerie , Xaintrailles vint, avec une armée de dix mille hommes , mettre le siège devant Chambon , et la prit d'assaut. La plu* part des babitants furent tués; ceux qui échappèrent se réfugièrent dans la tour dite de l'Horloge, et pay^ent cent marcs d'argent pour leur rançon.

C'est à Chambon que se trouve le tri- Imnal de Tarrondissement de Boussae.

Chambon (Antoine-Benoit), membre de la Convention nationale, était, en 1789, trésorier de France à Uzerdie en Limoosin. Partisan de la révolution, il fut nommé député de la Corrèze à la Convention nationale; il se lia intimement avec les girondins, particulièrement avec Gensonné. Il vota la mort du roi , avec l'appel au peuple , et devint membre du comité de sûreté

Sénérale. Les sections de Paris , dont avait encouru la disgrâce , demandèrent vainement qu'il fût expulsé de la Convention; l'Assemblée, loin de se rendre à leur désir, le choisit pour secrétaire. La proscription qui , plusieurs fois, l'avait menace , l'atteignit enfin à la suite du coup d'état du 31 mai 1793, contre lequel il s'était prononcé avec beaucoup d'énergie. Il fut déclaré trat* tre à la patrie etmis hors la loi. Découvert à Lubersac, près de Brives, il fut tué dans une grange où il s'était caché.

Chambon de Montaux (Nicolas), médecin en chef delà Salpétrière, né à Brevannes, en Champagne , en 1748 , fut élu maire de Paris , le 3 décembre 1799, en remplacement de Pétion , et exerça ces fonctions, jusqu'au 2 février 1793 , époque où il donna sa démission.

Il est mort en 1836.

Chambonvas, ancienne seigneurie du Languedoc , aiy . dép. de rAidèctae^

à 33 kil. d'Uzès, érigée en marquisat en 1688.

Chambornas (le marquis de) , était neveu du maréchal de Biron , et avait énousé une iille naturelle de M. de Saintrorentin et de madame de Sabatler»

dont il se sépara dans la suite par un procès qui fit beaucoup de bruit. Devenu maire de isens , il tut chargé de présenter è l'Assemblée nationale le tobd formé par ses concitoyens pour qu'on élevât un monument aux premiers législateurs de la France. Grand admirateur de la Fayette , il fit faire, en 1790, des copies nombreuses du portrait de ce général , et en envoya à tous les départements; il devint j en 1792, maréchal de camp de la garnison de Paris, et fut nommé, la même année, ministre des affaires étrangères. Bientôt un marche pour fournitures d'armes, passé entre lui et Beaumarehais, fat sifflé comme frauduleux à l'Assemblée, et annulé par elle. Le 9 juillet, il fut dénoncé par Brissot pour n'avoir pas donné connaissance de rapproche des troupes prussiennes,etpour s*étre fait l'instrument des manœuvres de Ja cour. Il se justifia en assurant que lui-même n'avait pas été informé d*nne manière certaine de l'approche des ennemis, et il donna le m^nie jour sa démission avec tous ses collègues , qui déclarèrent ne pouvoir plus résister à Vanarchie. Sorti de France après la journée du 10 août, il se réfugia à T.ondres , où il se lit successivement horloger, orftvre et bijoutier. Il y mou^ rut en 1807, dans un état voism de la misère.

CuAMfiOAD, magnifique château si-' tué dans Tancien Blésois (auj. dép. de Loir-et-Cher). Cétait , en 1090 , une maison de chasse et de plaisance des comtes de Blois; Louis XII la réunit au domaine de la couronne, et François r% à son retour d'Espace, la fit démolir pour faire construire par le Primalice le château que l'on admire encore aujourd'hui. Pendantdouze ans, dit-on , il y employa 1800 ouvriers , et dépensa , suivant les comptes du trésor royal, 444,570 livres , somme

âui représente plus de cinq millions e notre monnaie. Les finanees étaient

en trep mauvtls éùt à ta mort,

]iour permettre à ses successeurs ilenri II, Henri III et Charles IX de terminer la constructioa de ce château. Ils y eonMcrerent cependant encore 391,000 livres; cependant Chambord est resté inachevé dans certaines parties, rsutre cadre ne nous permet pas de décrire toatee lee merveilles architecturales de cet édiflce, Tun des plus beaux monuments de la reqaissance. JNous devons nous Iwrner è dire quMI est digne du grand artiste qui en conçut le plan , du ciseau des Cousin , des Bontemps , des Goujon et des Pilon , qui le décorèrent, et enfin des princes qui le firent élever. L'histoire de Chambord n'est d'ailleurs, pour ainsi dire , que Thistoire des galanteries de François 1" et de ses sucoesMure. Construit par le roi chevalier pour perpétuer la mémoire de ses premières maîtresses, la comtesse de Thoury et la châtelaine de Montfrault , il présente de toutes parts les F avec la salamandre entourée de flammes. Les caryatides reproduisent les traits de la duchessed' Étampes et de la comtesse de Châteaubriand. La tradition désigne les constructions mystérieuses qui favorisèrent les rendez-vous et souvent les miidélités de Biane de Poitiers. François I*"^ pensait peut-être au beau Brissac , lorsqu'il traçait, à Taide d'un diamant , sur la vitre d'un cabinet voisin de ta chapelle, oes vers si connus : «

8o«)VCat femme varir.

Est bien fol qui &'y fie.

Ailleurs s'offrent aux regards les H, les D et les croissants , ehiffres de Henri II et de Diane de Poitiers. Après Henri H , Charles IX y conduisit la

I'eune Orléanaise Marie Touciiet. Henri II et ses mignons en firent le théâtre de leurs monstrueuses orgies. Louis XIII, après l'exil de mademoiselle de la Fayette, l'habita fort souvent. Les chiffres et emMèmes de niademoiselle de Mancini , de mademoiselle de la Vallière, de madame de Montespan et d'autres encore gravés sur les lambris, attestent les visites de Louis XIV, qui y donna des fêtes brillantes. Ge lut

OHA

dans l'une de oes fêtes, ao note

d'octobre 1670, que Molière et sa troupe représentèrent pour la première fois le Bourgeois gentilhomme.

Après avoir vu les débauches du réigent, Chambord fut donné à Stanislas, roi de Pologne, puis, en 174.5, au maréchal de Saxe, qui lui rendit une partie de son ancien éclat. Deux femmes, mademoiselle de Chantilly et madame Favart , vinrent encore tour a tour en faire l'ornement. Après la mort du eomte Mauriee et du comte de Frise son neveu , ce beau domaine revint à la couronne, et en 1777 la fa,mille de Polignac en obtint de Louis XVI la joiiinanee. Pendant la révolution, un dépôt de remonte y fut établi. Sous l'empire, il (it partie de la dotation de la Légion d'honneur. Après la bataille de Wagram, Napoléon l'assigna, à titre d'apanage, au maréchal Ber- Ihier, qui devait en faire le siège de sa principauté et terminer les bâtiments d'après les dessins du Primatiee.

Kn 1819 , la princesse douairière fut forcée d'aliéner ce domaine, et l'adjudication eut lieu le 6 mars 1821, pour la somme de 1 ,749,677 fr. , au profit d'une commission de courtisans, qui, agissant , disait-elle , au nom de la France, en fit hommage, le 27 janvier 1830, au duc de Bordeaux, oe?eou ainsi comte de Chambord. On saii d'ailleurs que la souscription ouverte dans ce but n'étuil nen moins que vo* lontaire, et qu*elle avait été réellement . imposée en grande partieà tous les fonctionnaires publics et à tous les employés des différeutes administrations. Tout le monde a lu le spirituel pamphlet par lequel Courier, au prix de deux ans de prison , a stigmatisé cette smgulière opération. Depuis la révolution de 1980, on a élevé la question de savonr si, Chambord ne ferait pas retour à l'État en qualité de domaine apanagé, et les tribunaux viennent de prononcer en fiiveur du duo de Bordeaux.

M. de la Saussaye , correspondant de l'Institut , a publié sur oe ehâtaau une notice intéressante.

Chamboxaui , audeDiie baromiie du Poitou auj« dép. ét la Crwait i

au L*UMI?ERS.

GIIA

FRAIiCE.

CHA

Î8 kilom. de Gtiéret. Cette sei^rnenrie n donné son nom à une ancienne et illustre famille, dont un des membres fut colonel de l*un des premiers ré^imefUsde hussards créés en France, et connus sous le nom de hu&mrdsde Chamborant.

Chambors , ancienne seigneurie du Vexin français, nnj. du (ipp. de l'Oise, à 4 kil. de Chauniont, érif^ee en oomté'à la lin du dix-septième siècle.

Chambobs (maison oe). — Cette famille , dont le premier nom était la Boissiére ^ descendait de Maurice dp la tioissiEUË, seigneur breton, qui fiit privé de ses biens par le duc de BreiaLïne, pour avoir suivi le parti de Louis XI. Charles VIII l'en dédommagea, en 1491 , en le nommant l'un de ses maîtres d'hôtel ordinaires. Son fils, Jean de la Hoissikre, épousa en 1528 Jacqueline le Sueur, héritière de ChamborSj et fut ainsi le premier de sa famille qui joignit à son nom celui de cette terre. Jean, son fils, fui maître d'hôtel lies rois (;li;irles IX, Henri III et Henri IV, et mourut en 1024 ^ âgé de quatre - vingt - dix ans. De ses quatre fils, deux avaient été tués à la nataille d'Ivri, en 1590; le troisième , qui était chevalier de Saint- Jean de Jérusalem , avait péri au sié^e d'Amiens , en 1597 ; enfin , le quatrième , Jean de la Boissii-iRE , seigneur de Cliauibors , après s'être également distingué dans tes affaires ou ses frères avaient péri , avait été nommé conseiller au parlement de Paris. Il mourut en IGll, laissant trois fils , dont le second , Jean , fut tué à l'attaque des barricades de Suze , en 1G*J7 ; l'aîné , Guillaume , assista comme volontaire au siège de la Rochelle. Nommée» 1636 capitaine d*une compagnie d'ordonnance, il se signala l'année suivante au siéiïe de Saint- Amour, et délit un régiment espagnol qui venait au secours de la place , et lui enleva un drapeau, que le roi l'autorisa à déposer dans le chœur de l'église de Chambors. Il devint , l'année suivante, mattre dlidtel do roi, et assista en qualité de maréchal général des logis de la cavalerie aiu sièges de

Saint-Omer et de Thionville, Fait prisonnier devant cette dernière ville, il fut échangé peu de temps après. Mais la bienveillance que lui avait témoignée le comte de Soissons l'engoi^ea à entrer dans le parti de ce prmce. Il se trouvait heureusement dans le pays de Liège, lors de la bataille de la Merfée. Il échappa ainsi à la vencieance du cardinal de Richelieu, qui, ne pouvant s'emparer de sa personne, fit détruire ses châteaux fX couper tous ses bois.

Chamhors se retira alors à la cour du cardinal infant, puis à celle du duc de Savoie, et quoiqu'il eût été amnistié nominativement dans le traité de Mézières, il ne rentra en France qu'aprèl la mort du cardinal.

Mazarin lui témoigna alors autant de bienveillance que son prédécesseur lui avait montré de haine et de colère. Nommé de nouveau capitaine de cavalerie, Chambors se distingua aux iMtailies de Rocro3r.et deFri- bourg et au siège de Philipsbonrg JNommé en 1645 mestre de camp du régiment de Mazarin, il fut blesse à la halaille de Nordiingen et fait de nouveau prisonnier, L année suivante , il fut établi sergent de bataille et servit en cette qualité au siège de Courtray.

Nommé en 1647 maréchal de bataille, il assista encore aux sièges d'Armen- ^ tieres et de la Bassée. Il fut nommé en 1648 maréchal de camp, et fut tué la même année à la batatlle de Lens.

De ses trois fils, le second, /.ouis, fut tué a Arleu en 1651 ; le troisième , Charles- André j mourut en 1681 des blessures qu*il avait reçues au siège de Candie; enfin l'aîné, Guillainne , qui fut fait comte de Chambors par T>ouis XIV, se distingua à la bataille de Kethel et au combat de Saint-Antoine.

Il mourut en 1784, laissant plusieurs enfants.

Guillaume i l'aîné, mena de front le métier des armes et la culture des lettres. Il fit les campagnes de 1688 et de 1701, se distingua d'une manière particulière à la bataille de Luzara , et fut nommé, en 1721, membre associé de l'Académie des ins^ptions et bel* les-iettres.

CHA

Joseph 'Jean- Baptiste de Chambors, son frère, embrassa aussi la |)rofession des armes , et fit avec distinction les campagnes de 1707, 1708, 1709 et 1710. Il se trouva en 1712 à la bataille de Denain , et contribua à Ja prise de Douai , en montant le premier à l'assaut du fort de Scarpe. Il fit ensuite les campagnes de 1713 en Allemagne, et de 1719 en Espagne* U laissa plusieurs enfants , entre autres un fils, Yves- Jean- Baptiste , que Louis XV créa marquis de Cbambors.

CHAiffBB4ï (Koland-Fréard , sieur

de), savant architecte, né à Cambrai, dans le dix-septième siècle, a publié plusieurs ouvrages , dont le plus important a pour titre : Parallèle de

Varchitecture ancienne avec la modernCf 1650, in-folio. Parent de Bes- Doyers, surintendant des bâtiments soùs Louis XIII, il reodit aux arts d'importants services ; ce fut lui qui ramena le Poussin de Rome à Pans.

Chambuay , ancienne seigneurie de Normandie, auj. dép. de l'Eure, à 8 kil. de Bernay, a donné son nom à une famille connue dès le onzième siècle', et dont les membres les plus remarquables sont ^mat^n', qui accompagna Robert, duc de Normandie, à la conquête de la terre sai^e, en 1099 ; Jacquesy qui fut chambeiTan de Louis XII , grand bailli d*Évreux, et Tun des députés envoyés en 1490 pour In ratification du traité d'Estaples ; Gabriel, député de la noblesse du bailliage d'Évreux aux états généraux tenus à Blois en 1576; Tannerjui , baron de Chambray , maréchal de camp des armées du roi sous Louis XIII ; Nicolas II, capitaine de vaisseau dans les armées navales de France , qui fut chargé par César , duc de Vendôme , de négocier le mariage de Marie-Élisabeth-Vranooise de Savoie-Nemours , petite-fille oe ce prince , avec Alphonse VI , roi de Portugal ; et enfin Jacques-Frati' fois, second fils du précédent.

Jacques de Chambray naquit à Évreux en 1687. Destine par ses parents à l'ordre de Malte, il fut reçu en qualité de page chez le grand maî-

tre don Raymond Pereilos de Racoful ; mais le peu de godt du jeune Oiain*

bray pour l'état qu'on voulait lui ftire

embrasser le ramena bientôt en France, où il obtint une sous-iieutenance, et fit la campagne de 1704. Les instances de sa mère , qui avait sans doute le pressentiment du sort brillant qui l'attendait à Malte , finirent cependant par l'emiiorter sur sa répugnance. Il consentit à repartir pour cette île au mois de septembre 1716 , et à commencer immédiatement sur les calères de Tordre les caravanes eiîgies par les règlements. Après deux campa^^ies, il passa dans l'escadre des vaisseaux, composée de deux bâtiments de soixante canons, d*un de dnquante-s» , et d'une frégate de quarante.

Cbambray suivit cette escadre en 1707 à Oran, dont les Algériens avaient entrepris le siège. U s'y distingua par sa résolution et son courage , et y reçut deux blessures. Nommé enseigne a son retour à Malte , il prononça ses vœux et fut adnns au nombre des chevaliers de l'ordre. Les honneurs et la gloire lui vinrent rapidement : il fut élevé aux grades de lieutenant de vaisseau en 1711 , de capitaine en second en 1719, de major d'escadre en 1721 , et de capitaine de frégate en 1723.

En cette dernière oualité , il prit le commandement de la frégate le SaitU' rincent , et alla croiser dans les parages de la Sicile. Son but était de chercher et de combattre le vice-amiral delà régenee de Tripoli, qui, depuis quelque temps, s'était rendu formidable au commerce des chrétiens, et qui montait un vaisseau de quarante-huit canons, donné au dey de Tripoli par le Grand Seigneur. Le chevalier chrétien et le corsaire barbaresque ne tardèrent pas à se rencontrer : une lutte terrible s'engagea entre eux, et ce ne fut qu'après quatre heures de la résistance la plus opiniAtre, que le forban , démâté et coulant bas , se résigna à amener son pavillon.

Cbambray n'eut pas plutôt conduit sa prise à Malte et réparé ses avaries , qu'il remit à la mer , s'empara d'une

CIIA

CHA

tartane tripolitaine, et força un corsaire altiérien de trente-huit canons de s'éciiuuer à la côte. Ces glorieux senrioes lui Talorent les féliatattons du grand maître, Marc-Antoine Zondadari , et lui firent donner le grade de capitaine de vaisseau, avec la commanoerie de Virecourt en Lorraine.

Au mois de janvier 1726, Cliambray fut appelé au commandement du Samt-.inloiney de soixante canons, et chargé de détruire les nombreux corsaires qui parcouraient la Méditerranée.

En quelques courses, il prit , bnlia ou coula bas un grand nombre de bâtiments appartenant aux régences d'Alger, de Tripoli et de Tunis. Il fut alors élevé au poste le plus honorable de Tordre , et nommé lieutenant général, commandant des vaisseaux delà Reltgion, dignité qui mettait sous sa dépendance toute la marine de Malte.

Un succès éclatant mit, en 1732, le comble à la gloire. Il fut envoyé, avec le Saint- Antoine et le Saint-George, sur les côtes de la Syrie, d'où un nombreux convoi de bâtiments turcs devait partir pour les ports de Gonstantinople et de Smyrne. Deux tartanes lui servirent de mouches et lui donnèrent des renseignements sur les forces qu'il allait avoir à combattre : le convoi , comprenant une quarantaine de bâtiments, était sous la protection de deux sultanes, dout Tune de soixante •t dix et l'autre de soixante canons ; et non loin de I.à , sur sa route , croisait un troisième vaisseau portant soixante et dix canons. Chambray arriva le 15 aoOt au soir à la hauteur de Damiette, et fit ses dispositions pour l'attaque. Les vaisseaux turcs voulurent d'abord l'éviter ; mais le commandeur leur donna la chasse pendant plusieurs heures , atteignit enfin la sultane amirale de soixante et dix canons, et. de ses premières bordées, la démflta de son grand mat. La riposte ne fut pas moins vi-

Soureuse que l'attaque, et le commaneur fut contraint de laisser arriver pom* réparer ses avaries. Commencé à une heure et demie, n soutenu avec une grande valeur de part et d'autre.

le combat continua jusqu^au soir. Les combattants réparèrent pendant la nuit les dommages qu ils s'étaient ftits réciproquement ; et le lendemain, comme Chambray se disposait à reprendre l'offensive , il fut r^oint par le Saint - George , qui avait poursuivi Tautre sultane sans avoir pu l'atteindre. Les deux Maltais écrasèrent l'amiral turc, lui abattirent ce qui lui restait de. mâts et le rasèrent comme un ponton. La résistance de celui-ci fut glorieuse, longue, désespérée , et il fallut que ses adversaires lui envoyassent leurs volées en enfilade et le canonnassent en pointant à coulor bas, pour le forcer à amener son pavillon. La reddition de la sultane apprit au connnandeur de Chambray qu^il avait eu pour adversaire le fameux Méhémet-Ali , l'un des meilleurs officiers de mer du Grand Seigneur. Il le reçut avec toutes les marque» de considération et de respect qui étaient dues à son courage et à son malheur. Sur cinq cents hommes d'équipage, Mébémet en avait perdu trois cent soixante et dix , et son vaisseau n*était |)Ius qu'une ruine flottante.

Reconnaissant l'impossibilité de conserver ce bâtiment , le commandeur y fit mettre le feu. De nouvelles félicitations el (le nouveaux honnem-s l'attendaient a Malte : à son retour il fut nommé grand-croix, bailli de l'ordre, et promu à la eommanderie magistrale de Metz.

On peut juger d'après les résultats que le commandeur obtint avec de faibles moyens, de ce ou'il aurait pu faire avec des forces plus considérables.

Mais encore plein de vie et de force, il se vit arrêter tout à coup dans cette glorieuse carrière. Grftce a ses servi-' ces , les Barba resques étaient moins à craindre, et l'on pensa qu'il suflirait de deux vaisseaux et d'une frégate pour les contenir dorénavant. réduction de la marine maltaise lui ôta toute l'importance qui l'avait fait placer sous le commandement d'un lieutenant général. Elle passa sous les ordres d'un capitaine de vaisseiui , et Cbambiay fat condamné à une retraite

4M au LUKIVSES.

fbroée. Ge filliine grande joie pour les gouvernements des régences d'Aller , de Tripoli et de Tunis : « flous ne rencontrerons donc plus à la mer eè^^o^g€ de Malte, » disaient les beys; car ils avni<*nt doiiné ee surnom à I illustre marin , dont la figure martiale était relevée par un teint trèfl^loré.

Chambray, en qualité décommandant, avait fuit vingt -quatre campagnes, oris pnze bâtiments aux iuûdèies et fait entrer on million quatre cent mille livres dans le trésor de l*ordre.

Le bailli voyant sa carrière militaire terminée à l'âge de quarante-buit ans, donna aussitôt un antre bat à son activité. Il sollicita et obtint du grand maître et du conseil de Tordre la permission de bâtir une ville fortitiée sur rtle de Gozo, située au nord-ouest de Halle. Les travaux , commencés en 1749 , furent poussés vivement pen- (|ant six années ; la cUé neuve de Chambray s'éleva sous la direction du bailli , bordée d*un cdté par des rochers inaccessibles surmontés d'im fort, et de Tautre par une ligne de fortifications. Mais le fondateur de la nouvelle cité ne devait pas avoir la satisfaction de terminer son œuvre.

Ayant eu l'imprudence de s'installer dans une maison d'une construction trop réocyite, Il y contracta une maladie grave qui le conduisit au tombeau , le 8 avril 1756 , à l'âge de soixante-neuf ans. « Chambray, dit un historien , était un hommed'une grande taille , très-corpulent, doué d'un tern-

{Ȏrament des plus robustes et d'une brce de corps extraordinaire. Sa vue,

3ui était fort bonne, lui permettait de isiinguer les moindres objets à une très-grande distance, et cet avantage lui fut plus d'une fois utile à la mer. A ces diverses qualités , Il joignait une rare bravoure et un sang-froid imperturbable. Il était généra iement considéré comme le plus célèbre marin de son temps , et il est justement plnré au nombre des plus grands hommes dont s'honore l'ordre de Malte. »

Le dernier membre connu de la maison de Chambray est le marquis de Chambray, néàParis en l7Sa* Il fit en

qualité de capitaine d'artillerie la campagne de 1813, et en écrivit l'histoire, sous le titre d'Histoire de l'exf^dition de Rutsièf Paris, lass, S vol. in-S«.

Gbambbb. — Ce mot signifie an propre une pièce quelconque d'un appartement ou d'une maison; mais il se dit aussi du lieu où se tiennent certaines assemblées , où siègent certains tribunaux , et , par extension, de ces assemblées et de ces tribunaux eux-mêmes. C'est dans ces deux derniers sens que nous entendons le mot chambre dans les articles suivants

Chambre apostoiigue , juridiction que Tabbé de Sainte-Geneviève exei^ çsit autrefois à Paris en qualité de conservateur-né des privilèges apostoliques et de député du saint-siége.

Cette chambre , qui connaissait d'un grand nombre de causes entre les gend d'église, avait nu moyen âgeune grande importance ; mais elle se réduisait à peu de chose au moment où elle Ait abolie par la révolution. Les fono* tions de la chambre a|Tostolique se bornaient alors à décerner des monitoires, lorsque les juges séculiers croyaient devoir lui en demander.

Cette chambre se composait de trois ju^es, Tabbé, un chancelier et un secrétaire.

Chambre ardente. —On donnait ce nom, dans l'origine , au lieu où Ton jugeait les criminels d'État appartenant à d'illustres familles, parce qu»

ce lieu, entièrement tendu de noir, était éclairé par un grand noinbre de flambeaux. Dans la suite, le nom de chambre ardente fut donné à tous les tribunaux d'exception, à toutes les commissions temporaires établies hors du droit commun. Ainsi on appela chambre ardente la chambre établie par François 1*' vers IStS, au parlement de Varis, pour \i\ retherche et la punition des hérétiques et des réformés. Cette Juridiction, dont les arrêts étaient souverains et exécutés sans délai , cessa de siéger vers 1560.

On donna également le nom de chambres ardentes aux commise ous extraordinaires établies sous Louis XIV contre les empoisomMuni , ei

FÈAICB.

•ous la régence contre les fermiers lies revenus publics , et lors du visa des actions de la liaiHiue de Law (voy. Cour du fokmu et Chambré du

visa) .

Chambre aux denier* y institution dont les attributions étaient les mêmes que celles de l'intendance de la liste civile, pour ce qui concernait les dépenses de la bouche du roi. Cette cbambrt était composée de trois trésoriers qui alternaient cbsQue année, avaient sous leurs ordres aes contrôleurs, et étaient eux-mêmes subordonnés au ffrand maitre de France.

Chambre civUey nom d'une ancienne juridiction qui siéiienit au Châtelet, et dont le lieutenant civil était le seul juge. On n*y jugeait que des affaires sommaires , et dont 1 importance ne dépassait pas mille livres.

Chambre de justice ^ nom par le- ^el on désignait ordinairement des cours souveraines, établies extraordinairetnent, pour rechercher les malversations des iinaaciers.

La première chambre de justice dont il soit fait mention dans notre histoire est celle qui fut établie en Guyenne par déclaration du 26 novembre 1581. Un édit de 1584 en établit une autre, qui fut composée d*officiers de la chambre des comptes et du parlement; mais elle fut supprimée en 1585. Enfin , une troisième chsmdre de justice fut formée en 1597, et révoquée quelques mois plus tard.

Mais la sévérité que déployaient ces cours, pendant leur existence épbémère, n'effrayait que médiocrement les comptables , et les mêmes désordres se renouvelaienttoujours. Henri IV établit, au mois de mars 1607, une nouvelle ehambre de Justice, C|u*il supprima au mois de septembre suivant, après s'être fait donner un million de livres par les comptables.

Dès le 8 avril 1608, une chambre de justice fut rétablie, et elle tint ses séances, sous forme de grands jours (voyez ces mots) , dans la ville ùe Limofles.

Une chambre de justice fut encore cséée au mois d^octobre 1634 , et ré-

voquée au mois de mai 1625 , par un édit dont l'un des articles portait que la recherche des officiers de finance

serait continuée de dix ans en dix ans. Mais dix ans après, en 1635, les financiers furent déchargés de la plupart des paurndtes décrétées contre eux ; et , en 1643, les prescriptions de l'édit de 1025 furent tout a fait abrogées.

Cependant , cinq ans s'étaient a peine écoulés que l*on se crut de nouveau forcé d'établir une chambre de justice, qui subsista jujqu'en décembre 1652; mais, en 1655, soit que l'on reconnût <]ue les prévaricationa des comptables étaient trop nombreuses pour que l'on pût toutes les punir; soit, ce qui est plus probable , que les prévaricateurs eussent traité, avec ceux qui dirigeaient alors le gouvernement, on abolit toutes les poursuites dont ils étaient l'objet , et on leur accorda une amnistie pleine et entière pour toutes les concussions qu'ils auraient pu commettre jusque la fin de cette aimée.

Depuis ce temps, il y eut encore deux chambres de justice; la première fut établie au mois de novembre 1661, et fut supprimée au mois d'août 1669; la seconae , créée par un édit du mois de mars 1716, tai révoquée en mars 1717. Elle dut fechercher toutes les prévarications commises par les comptables, depuis 1689 jusqu'à cette époque. Les historiens du temps donnent quelquefois le nom de chambre ardente h cette dernière chnnihre de justice* (Voyez Chambre ardente.)

Chambre de la maçonnerie , tribunal établi autrefois dans l'enclos du palais, à Paris, et qui connaissait de toutes les contestations relatives aux bâtiments. Ce tribunal était composé de huit conseillers du roi, qui prenaient le titre de jufies et maîtres généraux des bîUiments de Sa M.ijesté.

Chambre de réunion, «i Les traités de Westphalie (1648), d'Aix-la-Chapelle (1668), et de Mmègue [I67Î)), avaient stipulé que les villes doiuiéts à la France étaient codées avec leurs dépendances. Ce terme était vague, et il y avait tant de complexité dans le régime féodal, qu'on pouvait, sous

498 chA LUinVERS. GflA

le nom de dépendances, élever des prétintioi» sur des provinces entières.

Louis XIV créa , dans les parlements de Metz , de Brisach et de Besancon , des chambres dites de réunion, cnargées de rechercher les terres et fiefs oui avaient relevé des trois évêchés, des villes d'Alsace ou de Franche- Comté, afin de les réunir à la couronne. Ces chambres adjugèrent à la France Saarbruck, Saarwerden, Falkenberg, Gcrniersheim , appartenant à rélecteur de Trêves; Veidentz, appartenant à rélecteur palatin ; Deux« Ponts , appartenant au roi de Suède :

Lauterbourg, appartenant à l'évéque de Spire; Montbéliard , appartenant au duc de Wurtemberg, etc. Des troupes furent dirigées sur tous ces points, et les occupèrent sans résistance. Vainement la diète de Ratisbonne adressa des représentations.

Louis n'y répondit qu'en réunissant secrètement en Alsace vingt mille hommes, qui investirent Strasbourg, et sommèrent cette ville de reconnaître le roi de France pour maître, en vertu d'un arrêt du parlement de Brisach, qui lui adjugeait toute TAlsace en pleine souveraineté. La résistance était impossible; les magistrats se laissèrent séduire ou effrayer; et la ville qui, dans la dernière guerre , avait été tant de fois une porte ouverte aux ennemis de la France , capitula , sous condition qu'elle conserverait ses libertés, ses magistrats , ses revenus , Texercice de la religion luthérienne (80 septembre 1679). Louis y fit son entrée en triomphe , et Vauban commença les immenses travaux .qui devaient taire de cette place le boulevard de la Flnuice (*). «

Mais la paix de Riswiek, conclue le 30 octobre 1G97, en confirmant let trai tés de Westphal ie et de IN imègue, an« nula les arrêts des parlements de Metz , Besançon et Brisach; et Louis XIV s'engagea cà restituer à l'Kmpire tout ce qu'il avait occupé, soit pendant la

Suerre , soit auparavant , sous le nom e réunions. Cependant la ville de

O Lavaliéé, Histoire des Franc., t. lU, p. s58.

Strasbourg ne fut pas comprise dans cette restitution; et, depuis cette épo-

aue , elle n'a plus cessé de faire partie u territoire français. (Voyez RiswiCK [traité de].)

Ckambredet aides. Voyez Couardes aides.

Chambre des avocats ^ des avoués, des huissiers, des notaires. Voyez ces mots.

Chambre des blés y juridiction établie dans le parlement de Paris le 11 juin 1709, pour connaître de toutes les questions relatives au commeroe des blés. Cette chambre n'eut pas une année d'existence; elle fut supprimée le 4 avril 1710.

(Cambre des décimes. Voyez IXciMEs et Bureau des décimes.

Chaynbre desft^s. Voyez C^Mmbre des comptas.

Chambre des monnaies. Voy. Cour des monnaies.

Chambre des pairs. On donnait quelquefois ce nom , avant la révolution, à la grand* chambre do parlement de Paris, parce que c'était dans cette chambre que se réunissait cette compagnie, quand les princes et les pairs venaient siéger avec elle. (Voyez Faibs et Parlement.)

Chambre des prélats, nom par lequel on désignait aussi quelquefois la grand*' chambre du parlement de Paris, parce que , suivant une ordonnance de Philippe le Bel (22 mars 1302), il devait toujours y avoir au moins deux prélats parmi les membres de cette compagnie. (Voy. Pablembnt.)

Chambré des requêtes, \oyei Pablembnt.

Chambredes ierrlers. Voyez Cham^ très des comptes.

Chambre des vacations. C'est celle qui , dans les cours et tribunaux , est chargée de faire le service et de rendre la justice dans les affaires urgentes, pendant le temps des vacances. (Voyez • d'ailleurs les articles Parlement et Vacances.)

Chambre dorée du palais, nom par lequel on a quelquefois désigné la grand chambre du parlement de Paris , parce que Louis XII en avait fait

Page 1