CHA 4SI
et août 1599 aux chambres mi-par' ties dans les parlements de Paris et de Rouen. Ces lehambres jugeaient en dernier ressort les procès ou les réformés étaient parties principales. L'un des conseillers dont elles se composaient devait appartenir à la religion réformée. Ces chkinbres fbrent supprimées en I6f)0.
. Chambres de rhétorique, sortes d*académies qui fleurirent, au quatorzième sièrle, dans les Pays-Bas, oh elles ne furent peut-être qu'une imitation de nos pays ou compagnies littéraires. Au commencement du siècle suivant, nous trouvons une association établie sous ce titre à Arras, et distribuant, en 1431, des prix sur cette question ! Pourquoi la paUe ne vient pas en France. La ville de Tournai eut de même une chambre de rhétorique, et elle conserve encore, danssé bibliothèque, un manuscrit rontennnt la suite des pièces couronnées dans cinquante -deux assemblées , du premier mardi de mai 1477 au premier mardi de juin 1491.
Ces compositions, toutes en langue frnnr.iise, sont des rondeaux, des hal- Iniies, desfastras (voyez ce mot). Chaque chamhTB avait sa devise et son blason symbolique. (Yoyei COMPA- GNIES LITTERAIHES.)
Chambres des comptes ^ nom que Ton donnait autrefois aui ooort établies pour connaître et juger en dernier ressort de tout ce qui concernait la manutention des Unances et la consertatiofl du domaine dl! la couronne.
L;i ('h:iml)re des comptes de Paris était la plus ancienne et la principale de ces cours, hlle était d'abord ambulatoire, «'est-è-dire , qu'eHe se transportait successivement dans les différentes parties de son ressort. Philippe le Longj par un édit daté de Titiers en Brie, en 1SI9, la rendit sédentaire à Paris, et en nommA présidents Sully et l'évéque de ^oyon.
il lui donna au palais le local qu'elle occupa depuis jusqu'à sa suppreasion,
L< s rois venaient souvent assister aux délibérations de la chambre des comptes. Philippe de Valois, Gbar-
FRANCF.
4tt CHA LTNIVEES; ClU
Jes y, Charles VI et Louis XII s'y étendue à tout le royaume. Mais rendirent souvent pour délibérer sur les six chambrés supprimées fuies affaires les plus importantes de rent rétablies en 1568. I3epuis, plul'État. Ce fut à la chaml)re tles comptes sieurs autres chambres des comptes que Ton examina s'il convenait de don- furentsuccessivementcrééeSf àRouen, ner connaissance au peuple du traité en 1580; à Pau, en 1634; à Dôle, en de Bretrgny conclu en 1359, et qu'il 1092, et à Metz, en 1679. EnOn , les fut résolu qu'on le rendrait public. chambres des comptes de Lorraine et
Le conseil secret , que Ton appelait de Bar furent conservées après la réuaiors grand conseil , se tenait souvent nion de ces deux provinces a la France, à la chambre des comptes «n présence Celle de Blois fut supprimée en 1775. des princes, des grands du royaume. Les archives de la chambre des du cliancelier, des cardinaux, des ar- comptes de Paris contenaient les actes chevêques et évéques, des présidents les plus importants de Patitorité publiet des maîtres des requêtes , et Ton que ; l'histoire pouvait y puiser d'utiles traitait, dans ces assemblées, des af- renseignements, mais on n'avait pas faires les plus importantes sur les û- eu soin d'en faire faire des copies aunances, la justice et Tadmlnistration tbentiques; un incendie écliata, le du royaume. Les résolutions prises 27 octobre 1737, dans ces archives, en dans ces circonstances forment ce consuma une grande partie, et fit que l'on appelle les ordonnances ren- ainsi éprouver à la science une perte âues par le oontett tenu en fa cAoni* irréparable. hre des comptes. Dans d'autres oc- dette chambre se composait, aomocasions, les officiers de la chambre des ment où elle fut supprimée , d'un precomutes étaient mandés près du roi, mier président, de douze présidents et admis aux délibérations qui avaient de chambre , soixante et dix-huit milieu dans le conseil privé. très, trente-huit correcteurs, quatre-
Philippe de Valois donna pouvoir à vingt-deux auditeurs, un avocat et un la chambre, par lettres du 13 mars procureur général , deux greffiers en 1889, d'octroyer, pendant le voyage chef, un commis phimitif, deux comquMl allait &ire en Flandre, toutes mis du greffe, trois contrôleurs du lettres de grc^ce, d'anoblissement , greffe, un payeur des gages et trois l^itimation , amortissemeuts, octrois, contrôleurs, un premier huissier, un etc.; et il lui permit, par d'autres contrôleur des restes, un garde des lettres du dernier janvier 1 340 , d'aug- livres , vingt-neuf procureurs et trente menter ou diminuer le prix des mon- huissiers : en tout , deux cent quatrenaies d'or ou d'argent. Des ofCciers vingt-neuf officiers. £lle se divisait en de la chambre des comptes furent plusieurs chambres particulières , telchargés de l'exécution des testaments les que la chambre des fiefs, oà deCnarlesV et de Charles VL étaient déposés les actes de foi et
On comptait dans le royaume, en hommage, les aveux et lesdénombre-
1566, six cnambresdes comptes, outre ments; la chambre des terriers, où
celle de Paris. Ces chambres étaient se faisait le d^t des terriers de tous
établies à Dijon, Grenoble, Aix, Nan- les héritages qui étaient en la ce&«
tes , Montpellier et Blois. Les quatre sive du roi , etc.
premières avaient été créées par le duc Michel l'Hôpital fut premier prési*
de Bourgogne, le dauphin de Viennois, dent de la chambre des comptes de
le comte de Provence et le duc de Bre- Paris, depuis 1554 jusqu'en 1560, épo-
tagne. Celles de Montpellier et de que où il fut nommé chancelier. Cette
Blois avaient été établies par Fran- charge devint ensuite presque hérédi-
çois l*' en 1623 et 1525. taire dans la famille de Micolaï ; c'é-
Toutes ces chambres furent sun- tait un membre de cette famille qui
primées en 1566, excepté celle ne présidait l'audience solennelle du 17
Paris, dont la juridiction fut alors août 1787, lorsque Monsieur (depuis
FRANCE. OIA * 4tai
Louis XVIII) sV présenta pour faire seil des Cînq - Cents , Coiïsti-
enregistrer les édits du timbre et de tutions. Contention, Cobps lé-
la subvention territoriale. gislatif, Députés, États GBNB-
Toiites les chambres des comptes baux , P vins , Sénat.) ayant été supprimées par Tarticie 12 Cuambiueh de France, Caméra' de la loi du 7 septembre 1790 , furent fius. — La charge decamérierouchamd*abord rpinpiaréos par h commission brier était, comme nous l'avons dit de complabilité nationale j qui le fut, ailleurs, tout à fait distincte de celle elle-même, par la cour des comptes , de chambellan : elle consistait dans en conséquence de la loi du 16 sep- la garde de la ehambre du roi , e'esttembre 1807. ( Voyez Cour de» à-dire, du trésor royal. Son origine comules.) remonte très haut , puisque l'archevéchambrcs législatives, Cest ainsi que de Reims, Hincmar, mort en 882 , qu'on appelle , depuis 1814, les deux parle en ces termes des devoirs du assemblées qui, de concertavec le chef chambrier : « Le bon ordre du padu pouvoir exécutif, sont chargées lais, le soin des ornements royaux par la constitution de procéder a la et des dons annuels faits par les vasconfection des lois. L'une de ces deux saox , excepté ce qui peut avoir rapchambres porte aujourd'hui le nom port aux vivres , aux ooinons et aux de chambre des députés; l'autre, ce* chevaux , appartient principalement à lui de chambre des pairs, la reine , el sous elle , au camérier : liCS assemblées législatives n*ont pas ils doivent les ranger suivant leur natoujours, en France , été désignées par ture et leur qualité, afîn qu'on puisse les mêmes noms. On sait que celle qui s'en servir en temps utile. Au caméfut convoquée en 1789 , sous le nom rier seul appartient la réception des é^éktis généraux, prit , après la véri- inr^nts rats par les ambassadeurs , à fication des pouvoirs de ses membres, moins ^ue , sur l'ordre du roi, la reine et la réunion des trois ordres en une ne s'adjoigne à lui pour les recevoir. » seule assemblée , le titre A' Assemblée Le camérier recevait encore les tributs lus/tona/e^ et Qu'elle fut plus tard nom- en argent payés au prince; et, après mée Assemblée continuante. Celle qui les avoir pesés, il les serrait dans la lui succéda, en vertu de h constitu- cassette royale. « T.e chamberier, dit tion de 1791 , est connue sous le nom « un registre de la chambre des comptes. d*yissembi€e législative. EWen'eut que «cité par du Can^e, à cause cle sa quelques mois d'existence , et fut rem- « chamberie, a plusieurs cens et rentes placée par la Convention nationale, a assis tant en la ville de Paris et envi- Après la Convention, deux assemblées «ron, comme ailleurs, à cause desfurent chargées du pouvoir législatif ; « quels cens il a telle justice et conce furent \c Conseil des Anciens 9i le «trainte comme à seigneur foncier Conseil des Cinq-Cents, auxquels suc- « appartient. » Cet officier avait droit cédèrent plus tard le Sénat et le Corps de juridiction sur les fripiers , les /^g'fate///*. Ces deux assemblées furent cordonniers, les ceinturiers et sur remplacées, en 1814, par la chambre quelques autres corps de métiers de des pairs et la chambre des députés; Paris.
celle-ci fut desii^née, dans l'acte addi- Cette charge, après avoir éprouvé
tionnei aux constitutions de Teuipire , de nombreuses moclilications, fut eniiu
SOUS le nom de chambre des repré- supprimée en 1545, par François r*",
sentants; mais elle reprit, après les qui remplaça le chambrier par les
cent jours, le titre de chambre des quatre gentilshommes de la cbam-
dé^u^'5;et,depuis, les deux chambres bre.
législatives ont toujours conservé les Voici, d*après du Cange, les noms
dénominations sous lesquelles on les de quelques chambriers de la première
désigne aujourd'hui. ( Voyez Assem- et de la seconde race , et la série com-
BLBBS, CosEiL DES ANCIENS, CoN- plètc de CCS ofûciers depuis 1060 :
T. IV. 28" Livraison, (Dicx. engycl., bxg.) 28
Tallrt sons naRolMfrt.
Vainlaliniir, sons Gutitran
H('<;iiiar«l> Tanculfe cl Bernard, sous LouU
lo nébonnaiN.
Ingrlramit comte, MMf CbarlM la CiMOTt.
Twerry, «et» Looii II.
inlin. Baiiiaùd.
jo65 h to85. Walerancl ou GaîeraniL irtHb. Giiillntiri'.i'.
1 106 à liât. Qui ou Guion (Wido) 1127 et iiiS. Aubfj (Albcriiu)* (t3«». Maiwsses.
Il 34. lIllfttM.
iiSft. Oui •« Gui<M (WM<».) Hugues.
ji3g. Malhiru, mort en ii5i ou iiS*.
]i5i. Aubri ; il rivail «ocora eo ifit* S160 el 1174. Mathitu.
jtjû. Renaud.
atU. RaoaL
1190 •! 1*07. Mathtea. nwrtaraal tst4^ 1109. Union.
Burchard, siiivastle moaTain tiaitédadi*
ploinaliqne.
fao6, iito, 1317. RarlhélenqrdaHflja.
Jean de BeaumoaU ia4o i ia48. Jean de llanta«il.
iaS8. Alphonse de Brienne, mort en 1170* s»7t. Érnrd de Valéry, non en 1277.
«279. ItuhiTi, ducdetovj>(ogM,qci maitaneora
en 1297.
Jean 11 , comte de Dreax . mort vers 1309. l3ia. Louis I*', duc de Bourbon, mort an il4>* i34t. i'inrre l*% duc de Bourbon, mort an tS56.
i356. l.oai!t II, duc de Bourbon, mort en ilto. j4to. Philippe de Rour^(>f;ne, mort m t4i5. I4l5. Ji'.Tll de Chrilciii III, inurt en i JiS. 1419. Ouillanine, seigneur de Cbasteauvillain, mort en 1439.
3439' Charles 1*^, duc de Bourbon, mort en t4S6. 1456. Jean II , duc de Bourbon , mort an t4M. t48S. Karra 11, due de Boiaxbon, mort an i5o3. iSo3> Clurlea III , daeda Beurbon, mort an i5a7, X$a7> Henri , duc d'Orléaoa atd'AagouMma^ depuis Henri 11.
Cbarlaa, daad'Oriëma, aort aa tS4S.
Chambure ( Auguste - Lepelletter dp', l'un (1rs officiers les plus braves de nos années impériales, naquit, en 1789, à Vitteaux (Côte-d'Or) , fit les campagnes de Prusse et de Pologne, puis"nnss:i on Espagne , où il se fit Dientot remarquer par de nombreuses actions d'éclat. Il fut mis à l'ordre du jotir ()our sa belle conduite pendant la dctV'! se (le C,ii!(!a(l-Uodri;:o : dans une audacieuse sortie, n'ayant avec lui que trois cents hommes, il fut attaqué par dix>hutt cents fantassins, douze cents cavaliers et trois pièces d'artillerie; rengagement coinmen(;;ait à peine, lorsqu'un biscaîen lui fracassa l'épaule. Sans se laisser abattre par la douleur ni par la perte de son sang, il soutint un combat de quinze
heures, et se retira enGn vers Salaman-
âue , suivi seulement d'une centaine 'hommes qui lui restaient. Épuisé par les nombreuses blessures qu'il avait reçues, il rentra ensuite en France et abandonna la carrière militaire. Mais lorsqu'en 1812 la guerre éclata de nouveau avec la Russie , il demanda à rentrer en activité , et partit, quoique souffrant encore, pour allier se réiafermer dans la ville de Dantzic, en qualité d'officier d'état»* major du général Rapp. Là , il commença une suite de faits d'armes dont le récit forme , peut-être, la partie la plus brillante de l'histoire de la mémorable défense de cette ville. A la téte d une compagnie franche , qu'il avait formée pour les coups de main les plus hardis et les plus périlleux, il releva par son dévouement le courage des assiégés et répandit la terreur parmi les troupes assiégeantes. '
L'ennemi poussait ses travaux en avant du Bischofsberg ; Chambure s'einbaraue avec ses cent braves à Neuftnrwasser , au milieu de la nuit, descend à quatre lieues sur les derrières des Russes , et arrive au village de Bohnsack, occupé par trois mille hommes. Sa manae est si secrète et si rapide , son attaque si soudaine et si furieuse, que les sentinelles sont égorgées avant d'avoir pu pousser un seul cri, et que la gar« nison est surprise dans le sommeil ; trois cents hommes sont massacrés, des magasins saccagés, quinze pièces de canon endouées , et plusieurs milliers de fusées incendiaires détruites avec leurs caissons. Blessé de deux coups de baïonnette , Chambure reunissant ses forces , remonte à cheval , ramène sa troupe à travers les bandes de Cosaques et rentre à Dantzig à huit heures du matin, après avoir perdu trois hommes seulement.
Pendant l'incendie de la ville , les assiép;ea!-ts s'étaient emparés de l'avancée des redoutes de Frioul. Chambure, compiandant touiours ses cent braves, 8*élance dans les paKsaadei, tue cent cinquante hommes , et emmène le reste prisonnier. Plus tard|
Digitizecl by CjOOgle
une bomlio avant éclaté dnns la chambre de Chaiiibure et l'ayant réveillé, il se lève austitôt , réunit sa eompeh anie infernale , se précipite sur la batterie d'où était partie la bombe, tue sur la place quatre-vingts hommes, eneloue les canons, et met dans la bouche d'un mortier une lettre qui est devenue célèbre.
La capitula tion de Dantzig vint enfla mettre on terme à tant «Phéroîqués efforts ; mais Tempereur Alexandre refusa de la ratifier, et exigea que la garnison fût envoyée prisonnière en Russie. Cbambure déclara dans le conseil de guerre, où ses brillantes qualités l'avaient fait admettre, quoique son grade de capitaine ne lui en donnât pas rentrée, que tout homme capable d'accepter ces conditions était indiixne de porter le nom de Français, et lit la proposition de détruire tous les magasins , d'enclouer les canons , défaire sauter les fortificiitions , pour ne laisser à rennemi que des ruines , se chargeant lui-même de tous les périls de l'exécution , tandis que la garnison tenterait de se jeter dans Birscliau , où elle pourrait tenir longtemps encore.
Le général Rapp recula devant tant d'audaee : « En bien , s'écria Gham- « bure, si cette capitulation honteuse « est signée, je cesse d'être sous les «ordres d'bommes qui sacriGent à «leun intérêts l'honneur de leur «pays. " La capitulation signée, Chambure porta son epée au prince de Wurtemberg, qui le ut partir pour Saint-Pétersbourg.
Revenu en France en 1815 , il fut chargé, pendant les cent jours, d'organiser.dans le département de la Coted'or, un corps franc qui battit en toute rencontre les Autrichiens et les royalistes. Quand il fallut se retirer vers la Loire, Chambures y renditsuivi d'un petit nombre de eataliers; quelquesuns de ces hommes qui marchaient en avant garde, arrêtèrent deux officiers anglais et les pillèrent; Chambure étant survenu répara de son mieux cette violence, et fit relâcher les étran- ^rs, bleu que la oessatton dei hosti-
lités n'eût point encore été officiellement proclamée. Tel fut , cependant , le fait qui servit plus tard de prétexte, lorsîïu'on voulut punir, dans sa personne , l'un des plus nobles modèles de dévouement et de patriotisme. Des eondamnations aux traraux forcés à perpétuité, au carcan , à la marque, et bientôt après, en 181(5, une condamnation à la peine capitale, vmreot frapper le brareofHder qui avait voulu empêcher les royalistes du Doubs de prendre la cocarde blanche et de faire cause commune avec l'étranger. A cette funeste époque , Chambure s*é> tait réfugié à Bruxelles. Plus tard, il revint en France, demanda à purger sa contumace, et fut renvoyé au procureur général li. Bellart; « mais, dit*ily quand je voulus y « aller, il me sembla que l'ombre « de iiey se plaçait devant moi « pour m*arrêter. » Il lui fut œoini difficile de s'adresser à M. Jaoquinot de Pampchnie, et enfin, après bien des démarches , il obtint ua arrêt qui le couvrit de l'amnistie de 1816. Il vécut alors dans la retraite, tout en continuant néanmoins à travailler pour la gloire nationale , et ne revint à Paris qu'après la révolution de 1830 , époque où le maréchal Suult le nomma colonel d'étatniajor, et 1 appela auprès de sa personne en qualité de premier officier d'ordonnance. Il fut enlevé, en 1832 , par une attaque de rholt'ra. Chambure avait publie en et 1827, Aapoléon et ses contemporains , suivi de gravureê représentant des traÛf d'héroïsme , de générosité ^ HtC»^ 12 livraisons iu-4", avec texte.
CuAMCOJiT ( Sebastien-Rocli-Kicolas) était, oomnne d'Alembert, comme Delille, un enfant naturel : il ne connut jamais d'autres parents que sa mère, à laquelle il fut toujours tendrement attaché. Il naquit en 1741, dans un village près de Clerniont en Auvergne. Un docteur de la faculté de iSavarre, nommé JMorabin, obtint, pour le jeune Nicolas (tel était le nom primitif de Clianifort), une bourse au «oU^e des Grassins. C'est là qu'il fit
CBA rUOTVERS. CHA
ses premières études, qui, d'abord ne présagèrent pas ce quMl devait être un ^r. Mais son esprit naturel ne tarda pas à se développer , et il terni inh ses classes de la manière la plus brillante. A son entrée dans le monde il prit le nom de Cbamfort , qu*il devait ren* dre célèbre. Il débuta par quelques articles dans le Journal encyclopédique, et par une collaboration au rœabulaire français. Il remporta le prix de poésie à l'Académie française par son Épitre d'un père à son fils sur la naissance d'un petit-fils.
Les éloges de Molière et de la Fontaine, qui obtinrent aussi des palmes académiques, l'un à Paris, l'autre à Marseille ; le succès de la Jeune Indienne^ du marchand de Smy me, de la tragédie de Mustapha et Zéangir, lui acquirent bientôt une grande réputation, et lui valurent quelques fa- Yetirs de la cour . Le prince de Gondé le nomma son secrétaire des commandements , et, peu de temps après , en 1781, il fut élu membre de l'Académie française, à la place de Sainte-Palaye.
Son discours de réception fut un des meilleurs qu'on eût entendus depuis longtemps ; mais ce fut le dernier morceau purement littéraire que composa Cbamfort. Il renonça même à écrire pour le public, et se consacra tout entier à la société, dont il faisait les délices par les agréments de son esprit. Ce fut pour une seule personne, madame Élisabeth , qu'il rédigea ce commentaire de la Fontaine, travail dont, suivant ses propres expressions, il ne conserva que les rognures , que Gail a publiées plus tard dans les Trois fabulistes. Le manuscrit complet, qui était dans la bibliothèque de madame Elisabeth, a été détruit ou 8*e8t perdu pendant la révolution.
JNé avec un caractère ferme et indépendant, Chamtort n avait pas attendu 1789 pour invoquer de tous ses vœux une réforme sociale. Il avait contribué pour une grande pari à l'cioquent écrit de Mirabeau sur l'ordre de (^neinnaius; et quand la révolution commença , il continua à inOuer par ses conseils, et quelquefois, plus
directement encore , sur les productions du grand orateur. Il composa même tout entier le discours sur la Destruction des académies, que Mirabeau devait lire à la tribune.
Les violences populaires dont Cbamfort avait admis la nécessité fini* rent cependant par révolter son âme. Il cacha trop peu ses sentiments. C'est lui qui traduisait les Mots Fratemiti ou la mort, inscrits sur les édifices , par ceux-ci : Sois mon frère, ou je te tue. Il fut arrêté et conduit aux Madelonneltes. Il en sortit peu de temps après; mais telle était l'horreur qu'il avait conçue pour le séjour des prisons, que, sur le point d'être arrêté de nouveau , il fit plusieurs tentatives de suicide. Il se blessa fort grièvement; mais on le rappela cà la vie, et on lui laissa la liberté. Il jouissait du repos , lorsqu'il mourut presque subitement, le 18 avril 1794.Chamfortne fut ni un grand écrivain , ni nn srand poète , mais il avait quelques-unes des qualités du poète et de Técrivain, surtout une pureté soutenue dans le style, et une notable habileté à manier la langue.
Chamieb (Daniel), l'un des plus grands tbéologiens du parti réformé, fut pendant longtemps ministre à Monteliniart, sa patrie , puis énsuite à Montpellier, et eut la plus grande part à la rédaction de Tédit ae Plantes.
Nommé, en 1613, professeur de théoloi^ie à Montauban , i! se trouvait dans cette ville, lorsqu'elle fut assiégée par Louis XIII. Il déploya alors le plus grand courage , alla exhorter les soldats, partout où il y avait du danger.
Kniin, il fut tué d'iin coup de canon, le 16 octobre 1621.
Ohahiliabd (Michel de), nommé contrôleur général des finances en 1699 , à la place de M. de Pontchartrain, el ministre de la guerre «n 1701 , en remplacement du mai^ quis de Barbezieux , fils de Louvois. C'était au moment où l'Europe allait se coaliser de nouveau contre la France, que Louis XIV confiait à un homme aussi inhabile que ■ Cliomillard , le double héritage dq
CSA FRANGE.
HiOuvois et de Colbert. Le ministre •sentait sa faiblesse , mais Louis XIV le rassura par cette parole présomp* tueuse : J% vont ieeméeriAi comme 8*n eût pu se passer d'un ministre éclairé, et comme si sa main eût été assez puissante pour diriger toutes les affaires. On a prétendu que Chamillard avait dû Tetonnante faveur dont il jouit pendant dix ans à son adresse au billard; mais il est absurde de supposer que Louis XIV ait choisi un ministre pour uti motif aussi futile. Le véritable mérite deChamillard c'était d'être honnête homme et d'avoir plu par sa modestie à madame de Maintenon, alors qu'il était chargé de Saint-Cyr. Mais il n'était ni politique, ni guerrier , ni même homme de finance , et il se laissa toujours diriger par des subalternes. Au reste, madame de Maintenon avoue dans ses lettres que c'était un homme incapable. Elle sacrifiait donc l'intérêt de la France au désir de maintenir son influence sur Tesprit du roi, et dans ce but elle l'entoinrait d'hommes dont elle ne craignait rîen.
On ^aii tous les malheurs qui accablèrent la France sous le ministère de Chamillard. Instrumcntdes passions de la cour , il éloigna Villars des armées, l'envoya dans les Cévenues combattre les Gamisards, et opposa Villeroi à Eugène et à TNInrlborough. Le désordre dans les finances étant devenu extrême , le ministre eut recours à ces expédients qui ne font que pallier le mal et qui augmentent la misère publique. Enfin, cédant au mécontentement générai, Chamillard remit le contrôle des finances à Desmarets, en 1708, et, en 1709 Ja direction de la guerre à Daniel Voisin. Il mourut le 14 avril 1721, à l'âge de soixante et dix ans, emportant la réputation d*un très - mauvais ministre , mais d'un bomme honorable dans la vie privée.
Châmtlly, ancienne seigneurie de
Bourgogne, auj. du dép. de Saône-et- Loire, a 12 kil. de Châlon-sur-Saône.
Chamilly ( ^'oël Bouton , comte de), maréchal de Franoe, naquit & Chamilly, ]e6avriU636. «U étoit d'es-
cellente famille, dit Saint-Simon, car depuis 1400 les Boutons ont toujours servi et aucun d'eux n'a porté robe. » Entré de bonne heure an service, Chamilly gagna tous ses grades à la pointe de son épée. Dès ses débuts militaires, il prit part aux expéditions les çlus aventureuses de Tépoque. C'est ainsi que lorsqu'on 1664 le maréchal de Schomberg passa en Portugal avec quatre mille Français, en apparence soudoyés par le roi Jean IV , mais réellement payés de l'argent de Looia XIV, Chamilly l'accompagna en qualité de capitaine de cavalerie, et se distingua a la bataille de Villaviciosa, dont le succès contribua tant à affermir sur le trône la famille de Bragance. De même, lorsnu'en 1668 Louis XiV envoya sept mille hommes sous les ordres du duc de Beaufort , au secours de l'île de Candie. Chamilly sollicita comuie une faveur de faire partie de cette expédition , et il s'y conduisit encore avec distinction.
A son retour en France, il fut nommé inspecteur de l'armée d'Italie, et, quelques années plus tard , il joua un rôle important dans la guerre de Hollande. Nommé en lOT.'î , gouverneur de Grave, il s'illustra par une vigoureuse défense de cette petite place que le prince d'Orange assié^ geait en personne. Celte défense, mii dura quatre-vingt-treize jours, eoilta seize mille hommes à l'ennemi , et si Chamilly capitula , ce ne fut qu'aux plus honorables conditions et sur les ordres du roi. Louis XIV l'autorisa, en recompense de sa belle conduite, à lui demander une grâce. Chamilly ne demanda que celle de son ancien colonel qui était à la Bastille. Nommé lieutenant général en 1G78, il ne reçut le bâton de maréchal que vingt-cinq ans après, le dimanche 4 janvier 1703. Il y avait déjà neuf maréchaux ; on en créa alors dix du même coup, dans > la crainte d'en manquer, » dit Saint* Simon. Mais ce n'est ni à l'héroïque défense de Grave, ni au bâton de maréchal de France, que Chamilly doit sa grande célébrité ; il la doit en ârande partie au bonheur d'avoir été la hé-
Diyitizeu by GoOglc
ros des Lettres portugaises. Il traversait UD jour une petite ville à la téte de son escadron , pendant qu'il aemit en Portugal : de jeunes religieuses étaient venues se placer à l'un des balcons de leur couvent pour voir le défilé de la cavalerie française. L'une d'elles, nommée, à ce qu'on croît, Alcaforada, remarqua Cnamilly, conçut
{)Our lui une passion des plus vioentes , et lui adressa les lettres e^ question. Les trois ou quatre dont 1 authenticité paraît certaine , sont ce que l'amour a jamais dicté de plus passionné et de plus éloquent. Mais si ces Lettres montrent jusqu où peut s'élever IVIoquence naturelle de l'amour, elles sont, d'un autre côté, la preuve de l'aveuglement de cette fiassion. Cbamilly était à Ja vérité grand et assez bien fait, mais il était en même temps fort gros, et si bête, 81 lourd, qu'a le voir et à l'entendre, non-seulement on ne comprenait pas qu'une femme se fût éprise de lui , mais encore qu'il pdt avoir quelque talent pour la guerre. S'il lit son chemin malgré son excessive bétise, c'est cju'il eut le bonheur d'épouser une Jemme pleine de sens et d'esprit. Appréciant son mari à sa Juste valeur, la comtesse de Chamill;|r raccompagnait partout et le suppléait dans toutes ses fonctions sans qu il y parût. Ce fut elle qui, sous le ministère de Chaniillard, le remit à flot et lui fit enfin obtenir le bâton de maréchal. Du reste Chaniilly se roniporta en véritable officier de cavalerie , dans son intrigue avec la religieuse. Il rendit d*abora flamme pour flanjiiie . puis , au bout de quelques semaines, apprenant la nomination d'un de ses proches au grade de colonel , et voyant là une chance d'avancement , il demanda à quitter le Portugal, et , de retour en France, il eut l'insigne fatuité de montrer à qui les vonlut voir, et même de faire traduire et de publier les lettres de sa maîtresse. Chaniiliy mourut à Paris , le 8 janvier 17iô, sans postérité.
HeirarU Bouton , marquis de Cha- XILLY, frère aîné du maréchal, s'attac)ia dés sa jeiiiic§seau pjrinoe 4e Goqdé,
qu'il suivit dans toutes ses guerres. Plus tard, il se distipgua tellement en Hollande , sous les yeui de Louis XIV| que le roi le nomma son aide de camp, et lui donna assez de place dans son estime et son amitié 'pqur exciter la jalousie de Louvois. Cbamilly devint néanmoins lieutenant général, et il allait être maréchal de France lorsqu'il mourut en 1673. Il laissait un fils qui fut ambassadeur en Danemark , do 1697 à 1703.
CiiAMONT ou Chaumond (saînt), était fils de Sigonius, préfet de Lyon. Élu évêque de cette ville, vers 653, il fut accusé d'avoir comploté, avec les évêqnes bourguignons , dans le parti dont saint Léger était le chef. Il se rendit à Paris pour se justifier auprès d'Ébroïn ; mais il fut assassiné , par ordre de ce ministre , à Chiilon-sur- Saône, le 28 septembre 657. Ce crime a été attribué aussi à la reine Batbilde; mais cette imputation n'est pas vraisemblable. (Voy. Butler, trad.
par Godescard , au 28 septembre.)
Cbamolss£X ( Claude - Ilumbert Piarron de ), mattire ordinaire de la chambre des comptesde Paris, nédans cette ville, en 1717, mort le 27 avril 1773, consacra, pendant sa vie entière, tous les moyens que sa position so^ ciale et sa fortune privée mettaient à sa disposition, pour améliorer le sort des ouvriers et soulager les inlirmcs, les malades et les pauvres. Né dans une classe distinguée, il manifesta dès son enfance les dispositions qui devaient en faire uo iour l'un des philanthropes les plus actiu et les phis dévoués qui aient jamais existé. Aussittjt qu'il lut maître de sa fortune, il transforma sa maison en un hôpital , où étaient accueillis et combles de soir^s des ma* lades de tout âge et de tout sexe appartenant à la classe indigente. La, ces malades recevaient ^gratuitement les secours de la médecine, et à leur sortie il leur était alloué unesommequi les indemnisait du temps que leur maladie leur avait fait perdre. L'entassement dans les hôpitaux publics de malades couchés plusieurs ensemble dans le méine li(, où iU s'efira^aiei^t
FRAlfCE.
mutuellement par le spectacle de leurs plaies, de teur déUraet de leur agonie, révolta son âme cbatltabie , et il résolut d'offrir un exemple qui anion.1t l'administration publique à mettre lin à de tels abus. Il loua à la barrière de Sèvres une maison commode, et il en fit un liôpitni-inodèle , où chamie malade eut son lit séparé, et où les bons soins , accompagnés de la propreté , eurent pour résultat un grand nombre de guérisons. Il eut la Kalisfaction devoir son enseignement produire des fruits, et Tadministration introduire dans les bôpitaax publics le régime auquel il avait soumis sa maison de santé. Chnmousspt eut la première idée de ces associalions de secours mutuels si nombreuses aujourd'hui parmi les clasSes ouvrières , a'^soriations où chaque souscripteur, moyennant une cotisation hebdomadaire de peu d'importance , s*assure , en cas de maladie, les secours de la seience, une indemnité en nature ou en arirent, et des funérailles modestes niais décentes en cas de décès. Nommé intendant général des hôpitaux militaires , Chamousset , malgré les devoirs que lui imposa cet emploi, ne discontinua fwint ses obsenrations sûr les différentes parties de l'économie publique, et il est peu d'étahlissements de bienfaisance créés depuis, (^u li n*ait indiqués 6u dont il n^ait sollicité la fondation avec ardeur. Il proposa l'institution d'une maison de prêt offrant tous les avantages des lombards et des monts-dO'piéte sans en avoir les inconvénients. C'est sur ses instances, et d'après ses plans, que fut créée la petite poste de Paris; et on lui doit la première Idée des compagnies d'assurance contre l'incendie. Il publia en outre' un grand nombre de mémoires remplis de vues utiles sur les hdpitaui militaires , les enfants abandonnés, Textinction de la mendicité, la poliee des ouvriers et domestiques, le connnerce des grains, etc., etc.
Champagnb {Cùn^pîmia). — Du temps de César, cette province était habitée par les Tricn^ses , les Rcmi , les CatalmiH, les Seiwnes, ks lin-
gones » et une partie des Meldse. Les Hemi et les Caktlauni étalent Beli;es ; tous les autres peuples étaient de la Gaule celtique. Sous Honorius , la Champagne était comprise en partie dans la seconde Belgique , en partie dans la quatrième T..yonnaise. Les A/ngones (le Rassigny) dépendaient de la première Lyonnaise.
A l'époque de la guerre de César, Reims et Langres étaient de puissantes cités. Langres, assiégé par le conquérant romain , fut obligé de capituler, et sa reddition entraîna celle de Reims. Trois siècles plus tard, Constantin le Grand, durant son séjour en (iaule, ( iioisit Langres pour résidence, et combattit les Alcmans et les Bufgundes aux portes mêmes de cette • ville.
Durant les invasions des barbares qui amenèrent la chute de Tempire romain, la Champagne eut, comme le reste des Gaules, à souffrir sa part de désolation et de ruines. Dans la terrible invasion d'Attilu , Truyes, suivant les légendes , ne dut son salut qu*aux vertus de Loup, son saint évêfjue; et ce fut dans les plaines de Châlons (voy. ChàloiNS [bataille de]) ^ue se donna cette terrible bataille où Attila fut vaincu pour la première fois. Plus tard, quand Clovis envahit la Gaule, il battit aux environs de Soissons Afranius Syagrius, que Grégoire de Tours appelle roi des Romains. On pense que des lors la Champagne fut iionvernée par des comtes et des ducs Uclégués par les rois francs.
Lors du partage qui suivit la mort de Clovis , la Cliampagne échut au royaume d'Austrasie. C'est sous le règne de Siçebert qu'on voit paraître le premier duc de Champagne, Loup, qui sous ce prince jouit d'une grande faveur, qu'il dut sans doute à Brunebaut ; car , dans la lutte de la reine contre les seigneurs austrasiens, Loup perdit son duelié , et fut remplace par Guintrio ou Vintrio. Au septième siècle, on trouve comme ducs les noms de Jean et de Wimar. Au commencement du huitième , Orogon OU DreuA, et Grimoald, maire du pa-
CHA LITNEVEIIS. CHA
lais de Childebert II , tous deux fils de Pépin d'Héristal , furent ÎSucs de
Champagne. Grimoald avnntfit« assassiné, son Gis naturel, Théobald , âgé de six ans, fut mis à sa place par Pépin ; mais Carloman et Pépin le Bref le firent mourir en 743.
Les ducs de Champagne finissent avec la première race , et Ton ne sait pas au juste comment cette province fut gouvernée durant les deux siècles suivants.
Comtes de Champagne de la maison de Fermandok,
'Herbert ou Bér^eri, eomte de Ver*
mandois , doit être placé à la tête des comtes héréditaires de Champagne. Il mourut Tan 943.
Son troisième fils, Robert, lui succéda. Il étendit son autorité sur le Soissonnais, et obtint dans ia succession de son beau-père Giselbert , duc de Bourgogne , le iBomté de CShâoos.
Il mourut en 968.
Herbert II fut confirmé dans la possession du comté de Champagne et mourut en 998.
Êtienne /er , son fils , mourut sans enfants vers 1030, et avec lui s'éteignit ia race des premiers comtes de Champagne.
Comtet de Champagne de la moUon
de Dlois.
A la mort d'Étienne, Eudes II, quatrième comte de Blois, qui était son plus proche parent , lui succéda. Il fut tué en 1037 , dans une bataille contre l'empereur Conrad le Salique.
Etienne II , son fils aîné, s'engagea dans de longues guerres contre Henri 1er, roi de Franee. A sa mort, son frère Thibaut , comte de Blois , s'empara de ses Etats au préjudice d'Eudes, fils du défunt, et posséxia simultanément les deux comtés jusqu'en 1089, époque de sa mort.
Hugues A'r^ son fils aîné, mourut en terre sainte, on ne sait en quelle année.
Thibaut II y septième comte de Blois, réunit le comté de Champagne à celui de Blois , par la cession que lui eu fit Hugues son oncle. En 1141 1 il fit hommage au duc de Bour-
gogne, pour le comté de Troves et ses autres fiefs qui relevaient de cedu' ché de la même année, il fit la paix avec le roi de France, contre lequel il guerroyait depuis plusieurs années.
Il mourut en 1153. Sa mémoire fut longtemps en grand honneur à Troyes, qui lui doit ses premiers établissements d*utîlité publique, ses manufactures et son commerce. Ce fut lui qui, pour la commodité des manufacturiers de cette ville, partagea la Seine en mille petits canaux qui portaient les eaux dans tous les ateliers.
Henri /er, fils aîné de Thibaut, lui succéda. Pl'étant encore que comte de Meaux, il avait accompagné Louis VII en Palestine, et s*y était distingué parmi les plus braves compagnons du monarque. Devenu comte de Champagne , il prit la qualité de comte Palatin , affectée a Talné de sa maison, et rendit foi et hommage au roi de France, avec lequel il vécut dans une intimité dont il abusa quelquefois. En 1178 il se croisa de nouveau pour la terre sainte, et partit l'année suivante avec Pierre de Courtenay, frère du roi et plusieurs autres seigneurs. En revenant par l'Asie Mineure et Tlllyrie, il tomba, en 1180, dans une embuscade, et fut fait prisonnier. Il fut délivré par Tinterniédiaire de l'empereur grec , et mourut à Troyes en 1 181 , sept jours a[)rès son retour.
Henri II y dit le Jeune, s'allia en 1183 avec Philippe, comte de Flandre, contre Philippe-Auguste. En 1190, accompagné de Jacques d'Avènes , il s'embarqua pour la terre sainte, où il fut reçu avec de grands honneurs. • Deux ans après, Richard Cœur de Lion le nomma roi de Jérusalem , du consentement de tous les seigneurs.
En 1197, il tomba d'une f»nétre de son palais d'Acre et se tua. il eut son frère pour successeur.
Thibaut III fit, en 1198, hommage lige de la ville de Melun à Philippe-Auguste. Le roi, de son côté, s'engagea à le défendre contre toute créature qui peut vivre et mourir.
Lorsque Foulques de ISeuilly vint, en
1199, prêcher une ooavelle troisadB
CHA
au château d'Écri , où le comte de Champagne donnait une féte magnifique , celui-ci, et tous les seigneurs qui se trouvaient à l'assemblée , prirent sur-le-champ la croix. Thibaut , quoique à peine âgé de vingt-trois ans, fut élu l'année suivante généralissime de cette expédition. INIais, au moment de partir, il tomba malade. Il était au lit
3uand arriva Geoffroi de Ville-Harouin, maréchal de Champaîzne, qu'on avait envoyé à Venise pour traiter avec le doge et la seigneurie de 1cmbarquemeot des croisés. Le comte ayant appris de lui le surrès de la négociation, se mit de suite en route.
« Mais quand il ot un ^u aile, si re- « tourna, sa maladie li enforca. Il fist « son testament et commancla qu'on « pavast ses chevaliers et si com che- « valier reeevroit l'avoir, aue il jurast « Tost de Venise à tenir ; le remanant « commanda de partir en l'ost. » II mourut peu après , le 24 mai 1201.
Son épouse. Blanche de Navarre, était enceinte ; elle donna le jour à un fils qui fut Thibaut IV, surnommé le Posthume.
Tout porte à croire que Thibaut //' ne prit guère qu'à l'âge de vingt ans l'administration de ses États ; jusquelà, ils furent habilement gouvernes par sa mère , Blanche de Navarre.
Après une lutte qui dura plusieurs années, ÉrarddeBrienne ou de Raincru,
3ui prétendait avoir des droits du chef e sa femme au comté de Champa- ^e, renonça à ses prétentions. Il oeda a Thibaut* du eonsentement de sa femme , les comtes de Champagne et de Brie, et Thibaut donna en retour à Érard douce eents Uorées de terre en fief lige , et quatre mille livres, nionnaie de Provins.
« Ln 1221, dégagé de la tutelle maternelle, Thibaut le Posthume commence cette existence chevaleresque qui a rendu son nom si populaire. vSes amours avec la reine Blanche de Castille sont devenues un des plus poétiques épisodes de l'histoire de France.
Le roman s'ouvre en 122G; T-ouis VIII est parti avec le jeune comte de Ciiatn-
pagûe pour .une croisade contre les
Albigeois , les troupes royales ont pris et saccâgé Avignon , et le roi s'est retiré au ciiAtenu de Montpensier, pour se garantir d'une affreuse contagion
3ui désuie l'armée. Thibaut , au bout e ses quarante jours de service obligé, demande à se retirer, et, sur le refus du roi, déclare qu'il usera de son droit et partira malgré lui. Louis a beau menacer, s*il le fait, de mettre eo feu tous SCS domaines, lecomte s'éloigne; et, quelcjue temps après , on annonce à l'armée la mort du rui. « Le bruit courut, disent les chroniques, que Thibaut lui avoit fait donner un poison à cause de la reine qu'ii aimoit criminellement d'une passion charnelle. » Quoi qu'il en soit, lorsque Thibaut voulut se rendre à Reims pour le couronncuient du jeune roi Louis IX , Blanche de Castille lui fit fermer l'entrée de la ville et en fit chasser ses gens. Cet affront dut irriter proiondément le comte de Champagne, qui forma aussitôt contre la r^ente une ligue formidable avec Hugues , comte de la IMarche, et Pierre de Dreux, comte de Bretagne, surnommé Mauclerc. Mais le roi leva promptement une armée, et marcha contre les barons rebelles jusqu'à la Charriere de Curçay. Soit uue cette puissance et cette activité efrravassent Thibaut, soit qu'il se repentît de s'être aliéné celle qu'il aimait malgré sa dureté, il se rendit
Çrès de Louis et lui fit sa soumission, fn peu plus tard , les autres rebelles furent aussi reçus à pardon; mais ils ne pardonnèrent pas à celui qui , le premier , avait fait défection , et ils suscitèrent contre lui Alix , reine de Chypre, fille de Henri II , qui prétendait, comme sa soeur Philippe, au comté de Champagne et de Brie. Cependant , un raccommodement avait été opéré, et l'on était convenu que le comte Tird)aut épouserait Yolande, fille du duc de Bretagne, dont on vantait la ridiesse et la" beauté. Au jour marqué, le père, la jeune fille et tous ses parents attendirent en vain le comte de Champagne à l'abbaye de Val-Se-
cret, oà devait se faire le mariage:
é4È OU
une lettre de la reine avait eu sur ThîlMitt assex d'influence pour le faire
manquer à sa parole , et le décider à rebrousser chemin jusqu'à Château- Thierry.
« 1A Ugue projetée avec Thfbaot se
forma, malgré sa défection, mais clic se tourna contre lui (1230), Les barons > iudigués. entrèrent sur ses terres et s'avancèrent jusqu'à Provins.
L'intervention du roi , qui parut à la téte d'une troupe nombreuse, força l'armée ennemie de quitter la Cliaiiîpagne ; mais il y eut encore bien- des combats, bien des dévastations, avant
3ue les haines fussent satisfaites. Le uc de Bretagne et les Anglais , que les confédérés avaient fait entrer dans leur parti, et qui étaient descendus en France, conclurent une trêve de trois ans avec Louis IX. Trois des plus puissants ennemis du comte de Champagne , Tarchevéque de Lyon, Robert, comte de Dreux , et Philippe , comte de Boulogne, iils de Philippe-Auguste, moururent presque eo même temps.
Enfin la reine de Chypre , Alix , renonça, en 1234, au comté de Champagne et de Brie, moyennant quarante mille livres tournois et deux milte livrées de terre que Thibaut lui assigna sur ses domaines. Le roi approuva le traité fait avec la fille de Uenri II, et ce fut lui qui paya les quarante mille livres tournois convenues , en retour desquelles Thibaut lui vendit ses flefs des comtés de Chartres et de Blois , de Sancerre et de la vicomte de Châteaudun, avec leurs appartenances.
« A la fin (lu traité, Thibaut est appelé roi de Navarre. Sanche le Fort, son oncle, lui avait destiné cette couronne. Après la mort de Sanche, le comte de Champagne fut couronné roi de Navarre le 7 mai 1234. Il trouva dans le trésor dix-sept cent mille livres; et le pape Grégoire IX écrivit, en 123.'), pour empêcher la ligue de quelques seigneurs de Navarre contre Thibaut, qui avait pris ia croix , et la querelle fut étouffée.
« Cependant Thibaut était abreuvé d'outrages à la cour de Louis IX. Le comte d'Artois lui faisait Jeter un fro«
CBA
mage mou au visage par ses valets , tans que le roi voulût même infliger
une punition aux coupables. « Jamais, dit Philippe Mouskes, on n'avait vu mener ainsi un roi et un comte. »
Thibaut songea enfin à se venger ; il fit épouser sa fille à Jean , fils du duc de Bretagne, puis il se ligua contre le roi avec le duc lui-même , le comte de la Marche et plusieurs autres sel* gneurs. Mais il ne fallut qu'une démonstration de guerre de la part de Louis IX et une lettre de sa mère pour arrêter le versatile oomte de Champagne, et ramener à céder, pour payer les frais d'armement faits par le roi , Montereau et Bray - sur - Seine (*). »
En 1239, on découvrit des Albigeois en Champagne. Leur procès fut promptement instruit, et, sur leurs aveux, leur condamnation fut prononcée. Cent quatre-vingt-lrois hérétiques furent brûlés vifs au mont Aimé,
Srès Vertus , et Thibaut , accompagné 'une foule immense , assista à cette tragique exécution. En 1239, il s'embarqua à Marseille pour la terre sainte, et en revint vers la tiu de l'année suiirante. A son retour , il accorda à la ville de Troyes des lettres d'afiranchissement , par lesquelles il lui permettait de s'ériger en commune. £n 1241 , il fit hommage au due de Bourgogne pour le comté de Troyes , et mourut le 10 juillet 1253, âgé de cinquante-trois ans. La question de son amour pour la reine Blanche a été longuement tft diversement traitée j)ar plusieurs auteurs. La Ravallière, dans son introduction aux poésies de Thibaut, s'est prononcé pour la négative; mais son opinion n'est pas généralement adoptée. Le roi de Navarre était un habile trouvère ; et , suivant la chronique de Saint-Denis , ses chao- .
sons « furent les plus délitabies et les « plus mélodieuses qui onrques furent « oyes en chanrons et en vielle ; et les
('} Extrait d'ua ouvrage pleiu de recberdies savantes et curieuses sur la provînoe
de Champagne, publié en iS4o, par I\î. Félix l'ourquelol , sous le litre raodeslô (ï Histoire de i'ivvinsi l. I, p. 164 et suif.
L'UMITIBS.
CHA FRAI^GE. CliA 443
« fîst escrire en sa sale de Provins et « ea celle de Troyes, et sont appelées « les ehaoeons tu roy de Kavarre. »
Dante traite Thibaut d'excellent maitre en poésie. « En effet, dit M. Bourquelot (*), pour ceux qui ont étudié la Ëinguedes trouvèree au traizidme ti^ de, les èlUDSOiis du poëte cbampenoii Font des morceaux pleins de charmes.
Peu de pensées , mais beaucoup de douceur, une grande délicatesse de aentiments , et quelquefois de In passion assez chaudement exprimée, tels sont les caractères de ces curieuses productions. »
Thibaut FMk Jeune n'avait que treize ans lorsqu'il succéda à son père. Dix-sept ans après, il suivit saint Louis dans sa dernière croisade, et mourut la même année que le roi de France, à Tnipnni eu vSicile.
Son frère, Henri III , fut aussi roi de INavarre. Il mourut en 1274.
Après loi , sa 0lle Jeanne prit possession du royaume de Navarre et du comté de Champagne, sous la tutelle de Blanche sa mère , qui , après avoir réprimé quelques niouVements en Navarre, épousa, en 1L*7.) . Edmond, second lils de Henri Hl , roi d'Angleterre. Cette alliance lit prendre à ce prince le titre de comte de Champagne jusqu'à la majorité de Jeanne.
Le 16 août 1284, Jeanne épousa l'iiilippe le Bel , qui devint roi de France Tannée suivante ; mais elle resta pro* priétaire des biens qu'elle avait apportés en dot. JMiilippe le Bel ne prit point les titres de roi de Navarre, de comte de Champagne et de Brie. Lors> qu'il donna quelques ordonnances ou quelques chartes qui devaient avoir leur exécution dans |a Champagne ou dans la Brie , il y mentionaait Te consentement de sa chère compagne, et à la fin de Pacte, Jennne, par la grâce de Dieu , reine de France et de Navarre , comtesse palatine de Champagne et de Brie , en approuvait le contenu , et y mettait sceau aprè?
celui du roi.
LauU le Htdin MociSda à sa mère
(*) puvngp cité»
dans le royaume de Navarre, et le comté de Champagne et de Brie. II mourut en 1816, ayant eu de Marguerite de Bourgogne une Gile nommée
Jeanne, et laissant enceinte Clémence, sa seconde fenmie. Son frère Philif^pe le Long conclut, le 17 juillet 1316, avec Eudes, duc de Bourgogne, au nom de Jeanne, leur nièce conmiune, un traité par leuuel il l'ut stipulé que, dans le cas où fa reine Clémence accoucherait d'une fille, cette fdle et Jeanne, ou l'une des deux, si l'autre venait à mourir, auraient en héritage, lorsqu'elles seraient en âge d'être mariées , le royaume de Navarre et les comtés de Cnnmp.'iirne et de Brie, sauf ce qui revenait tle droit à Philippe le Long et à son frère Charles le Bel pour la succession de Jeanne de Navarre, leur mère.
La reine Clémence étant accouchée d'un fils ^ui ne vécut que quelques jours, Philippe le Long, devenu roi , fît un second traité, le 27 mnrs 1317, avec le même duc de Bourgogne stipulant pour sa nièce. Il fut convenu que si le roi venait à mourir sans enfants mâles, les comtés de Champagne et de Brie appartiendraient à la princesse Jeanne en propriété ; et que si elle mourait sans héritiers, ces comtés re« tourneraient à la couronne. Le roi promit à sa nicce, par le même acte, en forme de dédommagement , quinze cents livres de rentes en domaines, et cinquante mille livres à placer en héritage (jui lui seraient propres.
Cependant Thilippe le Long étant mort sans laisser de postérité, les oom. tés de Champagne et de Brie ne furent pas restitués à Jeanne de France , reine de Navarre, mariée alors au comte d'Évreux. Charles le Bel et Philippe de Valois en conservèrent la possession par deux traités conclus en 13^7 et en 1335. Par le dernier, le roi et la reine de Navarre cédèrent à Philippe de Valois leurs droits sur les comtés de Chanip.ignc et de Brie, moyennant des rentes de cinu mille livres, de trois mille livres et ae sep. mille livres sur différents domaines gu'ils tiendraient de la cou^onae^eô
CHA
L'UNIVERS
CBA
baronnie et pairie , et à foi et hom- liers , et cinq commanderies pour les
mage. Ainsi fut consommée la réu- cliapelains et servants d'armes. Ses re*
nion de ces deux pays à la ooaronne , venus s*élevaieiit à cent^arante-trois
réunion qui devint irrévocable par les raille sept cent quatre-vingt-quatre li»
lettres que le roi Jean donna en 13G1. vres.
Ce prince défendit en effet alors à Toute la Champagne était, ainsi que
son fils de jamais les en distraire, non la Brie, du ressort du parlement,
plus que quelques autres provinces de la chambre des comptes et de la
qu'il y réunissait. 11 voulut même que cour des aides de Paris. Son gouver>
les rois, en montant sur le trône, ju- nement renfermait neuf bailliages et
rassent l'observation de cette loi. sièges présidiaux , et sa généralité,
douze élections.
La Champagne était bornée au nord La Champagne était régie par diver-
par le pays de Liège et le Hainaut ses coutumes : celles de Troyes, de
français , au sud par la Bourgogne , à Meaux et de Chaumont étaient remar-
Test par le duché de Bar, le Toulois quables par un usage singulier. Nous
et la Lorraine, à l'ouest par In Brie, voulons parier de In noblesse de ven-
qui, au quatorzième siècle, fut coni- tre, c'est-à-dire de la noblesse que les
prise dans la province, et qui conGnait femmes pouvaient transmettre. Cepri-
avec rilende-France. vilége fiit, si l*on veut en croire quel*
Elle se divisait en huit parties, sa- ques auteurs, accordé aux Champenois
voir : par Chnrles le Chauve après la bataille
La Champagne proprement dite, de Fontenay , où la plus grande partie
comprenant les villes de Troyes, Ghfl- • de la noblesse de Champagne avait
Ions, Ste-Menehould , Épernay , Ver- péri. Quoi qu'il en soit, voici comment
tus; 2" le /îmow, comprenant : Keims, a cet égard s'exprime la coutume de
Rocroy, Fismes, Château-Portien ; 3" Troyes: « Entre les rivières d'Aube
le Rethehis , comprenant : Rethel , « et de Marne, leJruU munit le oeti-
Mézières, Charleville, Donchery; 4** le « tre et la condition d*icelui , excepté
Perthois, comprenant: Vitry-le-Fran- « quand l'un des conjoints est noble,
çais , Saint-Dizier ; 5° le hallage , « auquel cas le fruit ensuit le côté no-
comprenant : Joinville, Bar-sur-Aube, « ble , si suivre le veut. »
Arcis-sur-Aobe, Vassy ; €f le Bassi- On appelait bour^eoiM du roi fia
mont , Montigny-le>Roi , Andelot , raient dans les ressorts du bailliage de
Grand ; 7* le Satùtiaà9, comprenant : la prévôté de Troyes ou dans la terre
Sens , Joigny , Tonnerre , Cbably ; 3* d*un seigneur haut justicier qui n*avait
la Brie champenoise , comi)rpnant : pas de droits féodaux.
Meaux , Provms , Château-Thierry , La Champagne forme aujourd'hui
Sesamie , Goulommiers , Montereau- les départements de la Marne , de la
ftutpTonne, Bray-sur-Seine. Haute-Marne, de l'Aube et des Arden-
Le gouvernement de Champagne nés , et une partie des départements
et Brie était l'un des douze grands de l'Yonne , de l'Aisne , de Seioe-et-
gouvernements du royaume. Il ren- Marne et de la Meuse,
fermait deux archevêchés : Reims Champagne (campagnes de). (Vof.
et Sens; quatre évt^chés : Langres, pour celle de 1792 l'article Abgonne,
Chàlons, Troyeset Meaux ; et, de plus, et pour celles de 1814 à 181& l'article
un grand nombre d'abbayes , dont la France (campagnes de).
£lu8 célèbre était celle de Clairvamr. Cuampâginë (Philippe de), peintre
,c revenu du clergé était estimé à qua- d'histoire, natiuit à Bruxelles le 26 mai
tre millions et demi de rente annuelle. 1602. Il montra de bonne heure une
Le grand prieuré de Champagne, forte inclination pour la peinture, et
quinze commaiideries pour les dieva- voir écrire. Son premier maitoe tax m
Champagne les roturiers qui demeu-
CVA
artiste médiocre , nommé Jean Bouillon; il étudia ensuite sous Michel de Bourdeaux , et apprit enfin le paysage à récole de Jacques Fouquière. Venu à Paris , en 1621 , il s'y lin d'nmitié avec le Poussin, et peu de temps après ils furent tous deux employés par Marie de Médicis , qui faisait alors peindre au Luxembourg. Duchcstie , premier peintre de la reine, et qui était chargé des travaux , lit laire n Cljampagne quelques tableaux, dont Maugis, intendant des bâtiments, fut si satisfait, que DuchestK! en devint jaloux.
Champagne crut alors devoir repartir pour Bruxelles. Mais en 1639 * Duchesne étant mort , il revint à Paris sur les instances de Maugis, qui lui fit donner une pension de douze cents livres et la oontinnatioii des travaux du Luxembourg , où il flt en effet quelques plafonds. C'est à la même époque qu'il peignit dans la voûte de réglise des carmélites de la me Saint« Jacques , un Crucifix que Ton regardait comme un cbef-d'œuvre de perspective. En 1634 , il lit , par ordre de liOuisXin, un tableau représentant la Tenue du chapitre de l'ordre du Saint - Esprit à Fontainebleau en 1633; ce tableau fut placé dans l'église des Augustins. Louis XIII lui commanda aussi dans le même temps, pour ^'.-D., un tableau où il ét^iit représenté à genoux devant le Christ, en commémoration du vœu quMI avait fait en 1680. £n 1G3G, le cardinal de Richelieu lui fit peindre dans son palais(le Palais-lloyal) l'un des c6tés(*) de la galerie des hommes illustres, un plafond représentant Apollon dominant sur les arts, et plusieurs tableaux à sa maison de Uuel : on signale surtout la Descente de Croix qui tut placée dans la chapelle du château. Il fit ensuite les peintures du dôme de la Sorbonne. Ces peintures représentent le Père éternel et les quatre Doctettrs de l'Église. Ce fut alors qu ayant perdu son fils unique , il ut venir de Bruxelles son neveu Jean - Baptiste de Champagne, qui devint son
O G» latTomi qui peifut l'antre eôté.
élève et fut l'héritier de ses talents. Après les peintures de la Sorbonne, il peignit une Nativité de la f^ierge et une Présentation ^ qui furent exécutées en tapisseries ; une Jssomption, un Saint Germain et un Saint Vincent pour Téglise de Saint-Germain TAuxerrois ; une Annonciation pour le noviciat ries jésuites du faubourg Saint-Germain ; une autre pour la chapelle de rhùtel de Chavigny à Paris ; une Nativité pour la cathédrale de Rouen; la Cuerison du Parab/tiquc pour rii(">pital de Pontoise; la f 'ision de saint Bruno pour la chartreuse de Gaillon. Anne d*Autriehe le chargea de travaux considérables au Val-de- Grûce : il y peignit les reines et les impératrices qui ont été en répulation ' de sainteté, la Tie de saint BentM eC la Madeleine aux pieds du Sauveur, etc. Il fit pour le couvent des bernardins de Port-Royal une Cène et une Samaritaine ; pour la maison de villa de Paris, trois tableaux où étaient représentés les magistrats de la ville. Il alla à Bruxelles, en 16àl, et y ût pour Tarchiduc Léopold Aikan et Ève pleurant la mort cCAheL A son retour, il fit pour Saint - Gervais les trois tableaux (aujourd'hui placés au Louvre et au musée de Lyon) qui représentent Tapparition de saint Gervais et de saint Protals à saint Anibroise, Tinvention des reliques de ces saints, et leur translation.
Il peignit ensuite, en 16S9, avec son neveu, 1 un des appartements du château de Vincennes, où il représenta la paix des Pyrénées et le mariage du roi. Puis il fit un Qirtst donnant les à saint Pierre et une Assomption pour la cathédrale de Soissons ; un Crucifix pour l'église de Sainte-Croix de la Bretonnerie; une Présentation pour l'église de Saint- Honoré ; une ISadrité de Notre - Seigneur et une Assomption pour les PP. de l'Oratoire ; Jésus - Christ déHorant les âmes du purgatoire et Saint Pierre délivré de prison pour les jésuites de la rue Saint-Antonie ; une / ierge de piUé pour Sainte - Opbortune ; Jésus»
Christ dans le temple au milieu dsi
44i CHÀ
docteurs pour les chartreux ; le Songe de Joseph pour les minimes de la
{)lace Royale; un Ange gardien pour 'église des Ineurables; Saint Joa^ et sainte Geneviève pour Salnt-Séveriiî ; le Martyre de sainte Jgathe pour Saint-Merry. Il travailla en 1606, toujours nvee son neveu, à l'apf)arte« ment du dauphîn dut Tuileries, où il Ht son tableau de \ Éducation d'Achille.
£nfin il fit, en 1671, son dernier ouvrage, le PortraU du président dê Lamoignon.
Philippe deChnmpagne excellait dans les portraits ; il en a lait plusieurs de liOufs XIII , de Louis XIY enfodt , d'Anne d*Autriche , de Richelieu , de Mazarin, de Colbert, du chancelier Séguier , etc. Il lut le premier niemlire élu de KAcadémie de peinture, et donna pour son nioroeau de réception Saint Philijype en méditation. En 1 665, il fut nommé professeur, puis vecteur. Cet artiste ne fut pas uù peintre de génie, et pourtant ce fut un grand peintre. Il dessinait fort bien, imitait avec exactitude la nature , savait la choisir belle, mais ne pouvait 6*élever jusqu*à l'idéal .11 était tres-versé <lans toutes les sciences qui touelient à iapeinture; etsescompositions sont en efmbien plus savantes que poétiques; iKlIes sont Irréprochables, mais n'entraînent pas. Les musées duLouvreet de Versailles , la galerie du Palais- JRoyal , Fontainebleau , possèdent un grand nombre de ses oeuvres. Il mourut le 12 aoiU 1074.
Son neveu, Jean-Baptiste de Champagne, ou Champagne le neveu, peintre d'histoire comme lui , naquit à Bruxelles en 1G31. Il fut appelé à Paris à Pitue de onze ans par son oncle, dont il devint Télève. £n 1658, il alla en Italie , et à son retoor il aida Pbi* Jippe de Champagne dans tous les travaux que ce dernier fit à Vincennes. Il se rendit ensuite à Bruxelles où il peignit divers tableaux ; et, en 1668, lorsqu'il revint à Paris , il fut reçu Académicien sur son tableau de la / '«leur sous la Jigured'IJercule couronné par la yertu. Il peignit ensuite au VaNMiAit la dtmHsoopole d« la
dfÀ
chapelle du Saint-Sacrement. En 1667< il lit le tableau du may de Notre-Dame, et y représenta saint Paul lapidé par iesjuijk. Son oncle le chargea, Tannée suivante, de décorer l'appartement du dauphin aux Tuileries, ne se réservant que le plafond , où il représenta, ainsi ^ue nous Tavons dit, l'éducation d'Achille. Louis XIV l'employa en»
suite à Versailles, où il pcip;nitun Mercure , divers sujets relatils à l'histoire des lettres et des arts dans un plafond, et toute la chapelle de la feine. 11 fit ensuite, pour l'abbaye de Saint-Antoine des Champs, une Apparition du Sauveur à la Madeleine. Il mounit la 37 octobre 1681.
Champagny (Jean-Baptiste Nompère de) , duc de Cadore , naquit à Roanne en 1796. Sa mèra était soeur de l'abbé Tcrray ; et, |Mir la protection de ce ml* nistre, (^bampainy obtint une bourse au collège de la Flèche. Ea sortant de ce collège , il fut admis à Técole mili* taire de Paris , et entra dans la marine. Nommé, dés 1775, enseifîne de vaisseau, il parvint, en 1780, au grade de lieutenant de vaisseau , et fut fait major snt ans après. Il comptait alors neuf campagnes, et avait assisté à cinq combats. Une blessure grave qu'il reçut à celui du 13 avril 1783 lui va* lut la croix de Saint-Louis.
Élu député aux états généraux par la noblesse de bailliage de Montbrison, il ût partie de la minorité de son ordre qui se réunit au tiers état sur la question du vote par téte.Il fut cependant du petit nombre des nobles qui protestèrent contre l'abolition des titres héréditaires , lors de la révision de I acte constitutionnel du 8 août 1791. Pendant les trois années de la session, constamment occupé des utiles fonctions de rapporteur du comité de la marine , il ne se fit remarquer que ))ar le succès de sa défense du comte d'Albert de liivers» officier général sous les ordres duquel il ataît servi.
Arrêté comme noble en 1793, il fut incarcéré et ne recouvra sa liberté qu après le 9 thermidor. Quand Bonaparte, après le 18 brumaire, voulut jeiar ka fiMMteiHta da h M»mllQ
L'UNIVËRâ;.
tÉÂ FRANCE.
CHA
monarchie, il rerhercha de préférence les hommes qui avaient renoncé âux traditions révolutionnaires , et s'empressa d'appeler Cliainpagny au conseil d'f^tat. Orateur du couvernement au Corps législatif et au X'ribunat, Ghampagny montra dans ses discours, toujours fort habiles , un dévouement absolu au pouvoir consulaire ; aussi fut-il nommé , en juillet 1801 , ambassadeur à la oour de Vienne , oà la noblesse , la douceur et la réserve de ses manières firent accueillir très-favorablement le gentilhomme représentant de la républiaue.
Le premier acte du nouvel ambas* sndeur avait été de prescrire aux personnes de sa suite la plus grande circonspection politique, et de leur défendre d'affecter des sentiments révolutionnaires. Il était encore àVionnn, lorsque JNapoléon le nomma ministre de rintérieur (aoAt 1804) , en remnlacément de Chaptal.Dans son expose de la situation de l'empire, on remarquait ces mots, qui peuvent donner une ici^e de sa féconde adulation : «On a re- « connu enfin, dit-il, qu'il n*y avait de * « salut pour les grandes nations que « dans le pouvoir néréditaire, que seul « il assurait leur vie politique, et etii« « brassait da ns sa d u ree les {générations « et les siècles. Le sénat a été, comme « il devait Tétre, l'organe de l'inquié- « tude commune ; bientôt a éclaté ce « vcsu d'hérédité qui était dans tous les « cœurs vraiment français ; il a été pro- « clamé p^r les collèges électoraux , par « les années. Le conseil d'État , les <i magistrats, les liommes les plus éclai- « rés, ont été consultés , et leur ré- « ponse a été unanime... Napoléon a c voalu rendre à la France ses formes « antiques, rappeler parmi nous ces « institutions que In Divinité semble a avoir inspirées, et imprimer au com- « mencement de son règne le sceau « de la religion ménie. »
Le 10 aoilt 1807, Cliampagny fut appelé au ministère des relations iïxtérieures , en remplacement de Talleyrand , qui avait encouru alors la disgrâce de l'empereur. Le projet d'occuper le Portugal et 1 Es*
pagne, et de détrôner la dynastie de Philippe V, le trouva tout disposé à justifier et à seconder les vues de l'empereur , et ses nctes officiels dans cette occasion, comme dans les démêlés avec le pape , témoignent de son entière docilité. Devenu due de Ca* dore, il fit partie de la célèbre réunion de diplomates tCQue à Erfurth en octobre 1808.
En 1809, la guerre étant deve* nue imminente avec l'Autriche, Champn^ny eut avec M. de Metternich un entretien dont il communiqua les résultats au sénat, en y joignant une dépêche qu'il avait adressée, le 16 aoilt 1808, au général Andréossy, ambassadeur à Vienne, ainsi que ses divers rapports à Tempereur, et la séance se termina par un sénatus-consulte qui Ordonna la levée de quarante mille conscrits. Il suivit ensuite lïapoléon dans la rapide et brillante campagne de 1809, et contribua à la conclusion du traité de Vienne, qui amena le mariage de l'empereur avec rarchiducbe88eMarie-Loui8e.Mal« gré SCS .services, ses adulations et son zèle, le duc de Cadore perdit en 1811 le portefeuille des relations extérieures , pour il*avoir pas compris , dit-on, la politique de Napoléon à l'égard do la Russie. Afin qu'il ne parût pas cependant avoir encouru une disgrâce oom{)lète , on le nomma Intendant do la 4-ouronne, grand mattre de l'ordre de la Réunion , et enfin sénateur, le 6 avrillSia. 11 était minidtre secrétaire d*État de la régence , et eommaodait en chef une leiiioii delà garde nationale parisienne, lors de l'invasiou des étrangers en 1814. Il adhéra , le 14 avril , a la déchéance du prince au» quel il avait montré tant de dévone« ment,et fut appelé, par une ordonnance du roi , à faire partie de la chambre des pairs. Au retour de Napoléon, eu 1815, il n'en reprit pas moins TinteiH dance des domaines de la couronne, et accepta la pairie impériale. Apres la seconde restauration, il rentra dans la vie privée. M. Decaze le comprit , etf 1819, dans la fournée qui devait rendre la majorité au ministère. Aprèi
dU
les évéoements de 1830, il prêta serment an nouveau gouvernement, et
vota constamment avec le centre droit.
Il a terminé sa carrière en 1834.
Champ ABT, terme usitc autrefois dans plusieurs coutumes et provinces pour exprimer une redevance qui consistait en une certaine portion des fruits de l'héritage pour lequel elle était due. Ce mot vient du latin campi pars ou campi part us ^ ù'oxi l'on a formé dans les am-iens titres latins les mots campars, campipar- ^m, campartium, camparium, camparaus , campariiis , campîpertio.
(Voy. du Cançe,oux mots Campi PAUs) .
£n français, ce droit recevait aussi difflfirents noms: en quelques lieux, on rappelait ferrage ou agrîer; en d'autres, on l'appelait tas(pie ou tâche, droit de quart ou de ciiiquain, nettrléme vingiain, etc.
Ce droit avait lieu en différentes provinces, tant des pays coutumiers que des payrde droit écrit. Kn quelques endroits, il était fondé sur la coutume , les statuts ou les usages du lieu; en d'autres, il dépendait des titres.
Il ? avait trois sortes de champarts : on distinguait d*abord le champart
seigneurial, qui tenait lieu de cens, et était dû in recognUionem domimi; on donnait aussi ce nom à une redevance semblable au surcens ou rente seigneuriale; enfin le champart non seigneurial était celui qui consistait dans une redevance foncière due au propriétaire ou bailleur de fonds, dont rnéritage avait été donné à rc tte condition.
Le plus ancien règlement que Ton trouve sur le droit de champart se trouve dans des lettres de Louis le Gros, de Tan ItlO, accordées aux habitants du lieu nommé Angere régis, que Secousse croit être Angerville dans l'Orléanais. D'après ces lettres les habitants de ce lieu devaient payer au roi un cens annuel en argent
i)o'ur les terres qu'ils possédaient. Ces ettres furent confirmées par Giarles VI, le 4 novembre 1391.
La dîme, soit ecclésiastique, soit inféodée , se percevait avant le champart \
et le seigneur ne prenait le champart que sur ce qui restait après la dîme prélevée; c'est-à dire que, pour fixer le champart, on ne comptait point les gerbes enlevées pour la dime.
La quotité de ce droit dépendait de Pusage du lieu, et plus encore des titres.T.es coutumes de Montargis, de fierri et de Vatan le fixaient à la dou* zième gerbe, s'il n'y avait convention contraire; celle de Dovine à la dixième gerbe. Dans certains lieux il était encore plus fort : quelques seigneurs en Poitou percevaient de douze gerbes deux, et même trois. Dans les provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, il était ordinairement du quart ou du cinquième des fruits; c'est pourquoi on l'appelait droit de quatre ou de cinquain. En Dauphiné, on l'appelait droit de viogtain, parce qu'il était de vingt gerbes une.
Le champart étant une redevance en nature proportionnée au produit, les seigneurs avaient des ofliciers, nommes numeratoresy qui comptaient les gerbes dont se composait la récolte* afin d'établir le nombre des gerbes ^QÎ leur revenait. Leur office se nommait • ncmbraye {numeragium) ; et Ton appelait du même nom leur salaire, qui ordinairement se prélevait aussi sur Ja récolte.
Ch AMPAUBBBT, Village de Tancienne Champagne, auj. du dén. de la Marne, '
à deux myriamètres d'Épernay, où Napoléon battit Tavant-garde de l'armée prussienne, le 10 février 1814.
Champaubebt (bataille de). ^La France était envahie par l'Europe coalisée; ses armées, affaiblies par la campagne de Russie et par la défection des alliés, défendaient cependant la patrie avec toute l'ardeur que pouvait inspirer la présence de Napoléon.
Mais la supériorité numérique de Blùcher et de Schwartsemberg était telle, que pour n'être pas enveloppé ou cou[)é de la capitale, rem|)ereur dut , au commencement de février 1814 , se retirer de Brienne sur Troyes et sur Nogent. Il avait aussi pour but de séparer par ses habiles et rapides manœuvres les deux grandes
armées prussienne et autrichienne,
pour les attaquer et 1rs h.ittie l'une après l'autre. Ce plan eut un [iremier et brillant succès, le lO février, a Cbampaubert , où le général russe Ousouwief s'ôtail arrêté, à la téte de douze régiments, rsnpolcoti le vovant isole, lit uiarcher contre lui Maruiont, soutenu par Ney. L'ennemi , mis à couvert par des bois et par un marais, résista avec couraf^e; mais on enleva les bois, et Ton se ieta sur les Russes, qof, débordés à dfroite et à gauche, ne purent résister. Attaqués une seconde fois snns avoir eu le temps de se remettre de ce premier échec, ils furent de nouveau culbutés et poussés jusqu'au village par le corps de bataille des Français. Ils espéraient s'y arrêter et recommencer le combat, quand, à droite et à gauche, ils aperçurent des divisions d'infanterie et d'' cavalerie, et furent contraints de se jeter dans la traverse d'Êpernay. Près de la Caur», Ils changèrent de direction, croyant pouvoir "déborder à leur tour l'aile droite des Français et reprendre la chaussée d'Étoge's; mais une brigade de cuirassiers les chargea par le flanc, les mit en désordre; puis Pinfanterie de îNey les prévint au débouché de la Toiite et acheva leur défaite. Le général russe fut pris avec six mille des siens; le reste de ses troupes demeura sur le chauij) (le bataille ou lutnoyedans un étang. Quarante pièces de canon , tous les caissons et les bagages restèrent en notre pouvoir. Le lendemain, Blùrher fut battu à Montmirail.
Champcemetz (le chevalier de), né à Paris en 1759, était officier aux gardes françaises avant la révolution.
Lié avec Uivarol, le vicomte de Mirabeau et quelques autres, il composa avec eux un recueil périodique mtitulé les Jetés des Jpôtres, pamphlet dirigé contre les chefs du parti révolutionnaire. On a encore de lui beaucoup d'écrits du même genre, et entre autres : les Gobe-mouches au Palais- Royal, et le Petit Almanach de nos grands hommes. Apres le 10 août 1792, Champcenetz s'était retiré à Meaux, où il aurait pu vivre en sûreté.
T* IT. 39* WraUon, (Dict. bhc
Mais il eut l'imprudence de revenir à Paris; il y fut arrêté peu de temps .'■près, condanuié à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécute le 23 juillet 1794.
Champ clos. — Au temps des combats judiciaires, on appelait ainsi un terrain que l'on couvrait de sable, qti*on environnait d'une double bar> rière, et sur lequel on élevait des estrades pour le roi, les ju^es du camp, les dames, les honunes de la cour et le peuple, que ne manquait jamais d'attirer le spectacle d'im procès plaidé par les armes et jugé par la fortune aussi souvent que par la valeur.
Tous les apprêts du champ clos sefiiisalent ordinairement par l'accusateur; quelquefois cependant l'accusé avait la fierté de vouloir concourir pour moitié dans la dépense. On lit dans Sauvai que le prieuré de Saint- Martin des Champs et l'abbaye de Saint- Germain des Prés avaient des champs clos. A cette oceasion. Sainte - Foix remarque que, comme les religieux de ce prieuré et de ( elte abbaye ne pouvaient point se battre, ils n'avaient pr^aré ces champs de bataille que pour les louer à ceux qui, dans une contestation, étaient décidés à recourir au jugement de Dieu.
Ce fait peut être exact; mais ces champs clos pouvaient aussi servir aux moines de ces abbayes à vider, par le moyen d'un champion, ainsi que le faisaient les vieillards, les femmes, les enfants et les gens d'é-ghse, les différends auxquels donnaient lieu leurs rapports avec les gens du monde.
Quand les champs clos furent fermés à ceux que divisaient des intérêts pécuniaires, ils restèrent ouverts à ceux qui demandèrent à prouver par le duel la fausseté d*one accusation ou d'une imputation qui blessait leur honneur.
Kn 1547, il en fut prépare un à Saint- Germain en Laye pour Jarnac et la Châtaigneraye. Sous Charles IX, on en établit un à Vincennes pour le duel qui eut lieu entre Honoré d'Albret, seigneur de Luynes, et le capitaine Panier, qui lui avait reproché le soupçon qu'on avait contre lui au sujet de