‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 60 sur 86 · COA FRANGE. GHA · texte numérisé non relu

COA FRANGE. GHA

Mllent ceansm maHii, pubUcum maltum, fdaeuim, eonioeniui gênera*

fis, etc.

Champ du drap d'or. — En 1520, Charles-Quint et Francjois 1", se pré-

Krant à la guerre, se disputaient mitié de Henri VIII , prince orirueilleiix, passionné, et qui avait pris luiméhue pour devise : « Qui Je déjends est moUre, » Charles avait déjà visité le roi d'Aijgleterre, quand François voulut à son tour avoir une entrevue avec ce prince. Les deux souverains étaient convenus de cette rencontre par le traité de tiifS, en vertu duquel Tournai avait été restitué à la France; mais leurs commissaires avaient perdu beaucoup de temps à régler les dispositioni qtie r on c roy ait nécessaires pour ménager la sOreté et le point d*honneur des deux rois. Au commencement de juin, les souverains arrivèrent au lieu du rendez- vous avec leurs courtisans ; et, jaloux de se surpasser en magnificence, lis déployèrent un luxe dont on n'avait pas encore vu d'exemple. « Avoit fait le roi de France , dit Fleuranges , les pins belles tentes qui furent jamais vues, et le plus jL,'rand noinl)re et les principales étoient de drap d'or frisé dedans et dehors, tant chambres, salles

3ue galeries; et tout plein d'autres raps d'or ras, et toiles d'or et d'argent, fit avoit dessus lesdites tentes Toroe devises et pommes d'or ; et quand elles étoient tendues au soleil , il les faisoit beau voir. Et y avoit sur celle du roi un saint Michel tout d or, alln qu'elle fiist cognue entre les autres , mai^il étoit tout creux. Or, quand je vous ai devisé de l'équipage du roi de France , il faut que je vous devise de celui du roi d'Angleterre , leouel ne fit qu'une maison; mais elle étoit trop plus belle que celle des François , et de pUis de coutance ; et étoit assise ladite maison aux portes de Guines , assez proche du château; et étoit de merveilleuse grandeur en carrure , et étoit ladite maison toute de bois , de toile et de verre; et étoit bien la plus belle vcrrine que jamais l'on vit , car la moitié de la maison étoit toute de verrinei et vous assure qu'il y faisoit

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bien clair. Et y avoient quatre corps

de maison , dont au moindre vous eussiez logé un prince. Kt étoit la cour de bonne grandeur, et au milieu de ladite cour et devant la ^orte y avoit deux belles fontaines qui jetoient par trois tuyaux, l'un liypocras, l'autre, vin, et l'autre , eau." Kt t'aisoit dedans ladite maison le plus clair K»gis qu'on sauroit voir, et la chapelle de merveilleuse grandeur et bien ctoftee^, tant de reliques que de tous autres pa remens, et vous assure que si tout cela étoit bien fourni , aussi étoient les caves , car les maisons des deux princes, durant le voyage, ne furent fermées à personne.» Ces tentes étaient dressées dans un champ situé entre Guines €t Ardres, etqui reçut le nom de champ du drap dor. Les deux rois s'y rencontrèrent le 7 juin ; ils s'embrassèrent, entrèrent dans le palais , et y signèrent un nouveau traité rédigé par Wolsey et par Robertet. Dès le lendemain ( François 1% qui « ii'éloit pas homme soupçonneux^ et qui étoit fort marry de quoi on n'ajoutoit pas plus de foi les uns aux autres, » laissant de côte tous les règlements établis par les commissaires , alla à Guines voir Henri VIII , sans être attendu. Il entra dans la chambre du roi (pii dormait encore, l'éveilla et l'aida à s'habiller. Le lendemain , Henri VIII lui rendit sa visite ; et dès lors , pendant trois semaines, les diMix cours passèrent leur' temps en déduits et choses de plaisir, « Par douze ou quinze jours coururent les deux princes l'un contre l'autre , et se trouva audit tournoi grand nombre de bons hommes d'armes , ainsi que vous pouvez estimer, car il est à présumer qu'ils n'amenèrent pas des pires. Je ne m'arresterai à dire les grands triomphes et festins qui se tirent là , ni la grande dépense superflue, car il ne se peut estimer; telienient goe pinceurs y portèrent leurs monlms , leurs forests et leurs prés sur leurs épaules (*). » Cette entrevue , dont on attendait de si grands résultats, n'en produisit aucun. Le

(*) Mémoires de M. du Beiiay.

trnité signé par tes deux rois devait unir à jamais TAngleterre et

la Fninrc; niais, pendant que le chevaleresque François l"' joutait à Ardres, et y prodiguait follement les somuMs qaHï tenait d'arrarher à la France , sous prétexte des besoins de l État , Charles-Qtiint gagnait Wolsey et préparait en secret la ruinedesproirtsdflsonrival. Henrivnit en s'en retournant, trouva à Graveiines Charles qui était venu à sa rencontre, et lui renouvela ses pro* inesMs d'alliame. Quoi quMl en loit, les arts ont perpétué le souvenir de cette féte royale , que représentent les bas - reliefs en marbre de riidtel de Bour^théroalde, à Rouen, exécutés au seizième siècle, et d'un fort beau travail.

Champ du Mensonge (*).— Après son expédition contre Peptn, rotd*A;auitaine, l'empereur Louis s'était h/lte de rei^agner son palais d'Aix-la-tiliapelle. Il croyait avoir mis lin à la guerre, et il espérait, après ta lutte honteuse qu'il avait soutenue contre son fils, trouver quelques instants de repos.

Mais bientôt il apprit qu'une grande ligue s*était formée; que LoUiaire, FipiB et Louis, le roi de Bavière, se disposaient à venir lui demander, à main armée, le maintien des anciens partages. Déjà les trots rois avaient rassemblé leurs guerriers. L'alarme fut grande au palais d'Aix-la-Chapelle.

L empereur Loui^ convoqua ses fidèles et tous ceux qui s'étaient dévoués aux intérêts de sa femme Judith et de Char* les , le plus jeune de ses (ils. Beaucoup répondirent à cet appel -, c'étaient sans doute des hommes du Nord qui prirent les armes en haine des populations du I^Iidi , qu'entraînaient à leur suite les iiis de l'empereur. C/etaient aussi quelques évéques et quelques abbés, qui n'avaient point cessé d'avoir part aux faveurs impériales; des comtes nouvellement créés , et les officiers enri-

(*) Nous empruntons cet artide plein d'intérêl el de recherches curieuses aux scènes historiques publiées par M. Jean Tanmlu , dantl» Jf««iMdu a5 août i838.

chis par les bénéfiees que Louis aooOT' dait avee tant de prodigalité.

Quand l'empereur eut autour de lui une suite nombreuse, il se mit en marche , et il arriva à Worms aux approehes du printemps. Il s*arréta quelque temps dans cette ville, et il y célébra les fêtes de Pâques et de la Pentecôte, Lothaire , Pépin et Louis envoyèrent à leur père plusieurs messages ; mais l'empereur rejeta toutes leurs propositions. Cependant il ne savait à quoi se résoudre, et il hésitait encore lorsqu'il apprit que ses fils s'avançaient avec leur armée; alors il résolut da marcher à leur rencontre.

Près deColmar, entre cette ville, Kunsbeim et Sigoitsheim, s'étend une vaste plaine qu'on appelait Rothfeld ou le champ raufje; c'est dans cette plaine que les aruiees se trouvèrent en présence. Des deux côtés on éleva des tentes; et les guerriers, qui avaient des vivres en abondance dans ces riciies campai^nes du Rhiu, purent attendre le rmitat des néj^iations qui venaient de commencer. Mais déjà la partie n'était plus ég.dc; les hotnmes les plus illustres de l'F.uipire arrivaient au camp de Lothaire, le chef de la ligue, et au milieu d'eux on voyait révdque de Rome, dont la suprématie sur toutes les églises d'Occident, sanctionnée par le roi Pepîn et par Charlemagne, était alors fermement étM}lie.

11 y eut un moment oiî le bruit courut dans l'armée de Louis que le uape Grégoire allait rexcommunier, lui et les siens. Vn grand tumulte 8*éleva , et les évéques qui accompagnaient l'empereur s'écriereut : a JNous ne reconnais- « sons point l'autorité de Croire , et « si le pape de Romenottsexconimunief « nous rcxcommunieronsà notre tour.»

Bientôt la colère lit place à la réllexion , et la crainte s'empara des plus courageux. Le pape était le chef reconnu de ' toute la chrétienté , et c'eilt été un sacrilège que de combattre contre lui.

Le pieux empereur Louis devait avoir lui-même de grands scrupules. Dès lors le découragement gagna son armée, et ceux qui l'entouraient attendirent avec anxiété l'issue de celte lutte.

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