‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 61 sur 86 · CHA FRA · texte numérisé non relu

CHA FRA

Cependant ries messagers franchissaient chaque jour Tintervalie qui sépartit les deux camps; et, s'il raut en eroire un contemporain, Pempereur et ses fils échangèreat entre eux oes paroles :

«Vous me de^ei la Tie, écrivait

« Tempereur à Lothaire, à Pépin et à « Louis ; n'oubliez point que je suis « votre père. »

A quoi les fils répondirent : « Après « Dieu , 6 le plus grand des Aagnstes, « votre personne est ce que nous avons • de plus cher et de plus sacré. Nous « ne sommes point des rebelles, comme « le disent nos ennemis; nous venons, « en suppliants, implorer votre misé- « ricorde. Ne nous condamnez point « injustement, ne nous dépouillez point « sans eause de notre héritage. »

L'empereur ajouta : « f^ouvonrz- « vous que vous êtes mes vassaux , et « que vous vous êtes engagés par scr- « ment à me demeurer odeies. »

« "ISoiiR ne vous avons point refusé K le service que nous vous devions, car «votre honneur, votre gloire, votre «bonheur, sont des choses qui nous « sont plus précieuses que la vie. Si «nous venons en armes vers vous, « c'est pour vous délivrer des ennemis « qui vous entourent , c'est pour expo- « ser au grand jour les crimes de ces « hommes qui essayent de pervertir « votre âme si pieuse et si douce , et « qui veulent vous perdre en nous per- « dant. »

L'empereur dit alors : « Je suis le « défenseur légitime du siège aposto- «llque; pourquoi tenter de me ravir « une prérogative que je n'abandonne* « rai jamais tant que je vivrai? »

Lothaire répondit : « Que Votre « Grandeur se souvienne qnrelie a bien « voulu m'associer à elle pour la dé- « fense de toutes les églises. Du con- « sentement de la nation ^'ai été votre « collègue. Mon nom a dguré à e6t6 « du votre dans tous les actes et sur « les monnaies. C'est par votre volonté « que j'ai été appelé empereur, que la «couronne impériale à été placée sur « ma téte , et que j'ai pris en main « répée pour détendre votre empire et

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« rÉglise. J'ai entendu dire que plu« « sieurs dressaient des embûches au « pape; mon devoir était donc de lé «prendre sous ma protection ; Je ne • souffrirai point qu^OQ lui ftuse in* « jure. »

« Il n'est pas juste , écrivit Tempe* « reur, que vous reteniez Grégoire dans « votre camp, et que vous lui fermiez « tout accès auprès de ma personne. »

« Vous nous accusez à tort , dit I<o- «thaire; c'est nous qui avons ouvert « au pape la route des Alpes que vous- « môme aviez fait garder. Nous ne rea tenons point Grégoire par force, et «nous souhaitons ardemment que^ « pour la gloire de Dieu et pour notre « bien , vous vouliez l'entendre. »

L'empereur s'adressa alors directement à Lothaire : « Tu fais une mau- « vaise action , puisque tu retiens au» « près de toi tes frères, qui sont me^ « iils , puisque tu les pousses à se ré« « volter contre moi. »

« Cela n'est pas, Seigneur, cela n'est « pas. Mes frères persécutés avaient « pris la fuite, et j'ai voulu les ramènera «vous: tous ensemble nous venons « implorer votre miséricorde. »

I,e dernier message de l'empereur était ainsi conçu : « Tu as reçu contre « toutdroit mes vassaux dans tes rangs, « tu les retiens auprès de toi. »

«Eux aussi, répondit Lothaire, «étaient dispersés, fugitifs, renfer- « més dans des prisons ou subissant a un dur exil , et cela parce quMls vous « avaient été fidèles, parce qu ils avaient « dévoilé l'astuce et les mauvais des- «seins des ennemis qui vous envi- «ronnent, parce qu'enfin ils avaient « résisté avec courage , avec constance , « aux hommes qui aeshonoraient votre « personne et votre empire. J'ai ac- « cueilli ces fidèles dont le zèle a été « si mal récompensé ; je vous les ra- « mène aussi pour que vous les rece- « viez en grâce. »

Ces négociations, oij l'aigreur s'était souvent mêlée à des paroles de paix, n'avaient eu aucun résultat, et des deux parts on se préparait à recourir aux armes. Le 2< juin, jour de la fête de saint Jean-Baptiste, le pape Gré<*

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goire, qui voyait avec douleur tant de maux prêts à fondre sar l*Enipire, fit une dernière tentative : il se mit eu

marche vers le camp de l'empereur, et lorsqu'il fut arrivé , il donna sa béné« diction suifant l'usage. Louis, malgré sa piété et son respect sans bornes pour

les é\ èqnes , reçut le pape avec froideur, et lui dit: «Si je ne te rends «point les mêmes honneurs qu^aux « papes tes prédécesseurs , si je ne cé» « lèbre point ton nrrivée par des hymnes « et fies cantiques, c'est que tû n'es «point venu, comme eux, pour une « Donne cause. » Grégoire lui répondit : « Ma cause est bonne, puisque je « suis venu pour rétablir ia paix et iâ « concorde. Cette paix , je dois l'ensei- « gner à tous les hommes, la porter en « tous les lieux. » Cependant le pape eut encore plusieurs conférences avec l'empereur, mais bientôt il revint triste et découragé dans le campde Lothaire.

L'arrivée de Grégoire, ses paroles, avaient dd produire sur les partisans de Louis une impression profonde.

Quand ils surent que la mission du pape n'avait pas eu de succès , ils perdirent tout espoir d'accommodement et de paix. Ils s'entretenaient entre eux sur les causes de cette guerre , sur ses chances probables , et déjcà ils délibéraient sur les moyens d'abandonner l'empereur.

On était arrivéàla fin de juin. Pendant la nuit qui précéda ia téte de saint Paul , les soldatsde Louis s'échappèrent en grosses troupes, mais sans tumulte, et ils vinrent dresser leurs tentes dans le camp des rois confédérés. Quand le jour commença à paraître, la surprise fut grande dans l'armée de Lotbaire. Les soldats et les chefs s'interrogeaient sur ce changement subit , sur les causes qui , dans l'espace d'une nuit , avaient amené la désertion de toute cette multitude. Les principaux conseillers de Lotbaire , évêques et abbés, VVala en tcte, se rendirent dans la tente du pape pour lui annoncer cette nouvelle. Alors un des prêtres romains qui accompagnaient Grégoire se leva et chanta le psaume : Dexiera Domini/ecU virtu-

tem. On croyait la lutte terminée , et la jofe était universelle.

Cependant, autour de Tempereur, de sa femme Judith et de Charles, le plus jeune de ses fils , quelques fidèles étaient restés. Ils vinrent auprès de l'empereur, qui leur dit : « Allez vera « mes fils; je ne veux point que vous « souffriez pour moi dans votre vie ou « dans vos membres. » Ils se retirèrent en pleurant. Trahi par tous les siens, Louis se vit forcé d'accepter les

f)roposilions de ses fils. Rassuré par eurs paroles, il partit pour se mettre entre leurs mains; mais il était triste et abattu. Loth.iire, Pépin et Louis, du plus loin qu'ils aperçurent leur père, mirent pied a terre et coururent à sa rencontre. « Souvenez-vous , leur dit * l'empereur, de vos serments ; vous « avez juré de protéger ma femme et « Charles, votre plus jeune frère. »

Après quoi, il embrassa les trois rois et continua sa marche vers leur camp.

Deja Lotbaire, Pépin et Louis songeaient moins aux intérêts de l'Kmpire qu'à régler leurs propres affaires. Mais l'opinion publique commençait à changer : ceu.\-la même qui avaient livré l'empereur eurent de grands remords, quand ils le virent humilié et traité en prisonnier par ses propres enfants.

L'imagination populaire resta frappée de cet événement. « Le lieu où l'empereur Louis a été abandonné, dit un contemporain , a été dès lors appelé d'un nom ignominieux , C hamp du Mensonge. Là , en effet , tous ceux qui • avaient promis fidélité à l'empereur faussèrent honteusement leur parole. »

A l'endroit même où s'était accomplie la trahison , sur le Champ du Mensonge, les trois fils de l'empereur avaient encore une fois partagé l'Empire; puis ils avaient exilé Judith à ïortona, et confie à ia garde de Lotbaire Tempereur et son fils Charles.

Le pape vit bien alors qu'on l'avait trompé. La lutte avait cessé, mais la paix n'était point faite; car cette paix, qu'il avait si ardemment désirée, ne pouvait être le fruit de la fourbe et de la violence. Honteux d'avoir servi d'instrument aux passions mauvaises des

princes , Grégoire passa les Alpes, et rentra , plein de triftesse, dans sa ville de Rome.

Pépin avait repris la route de l'Aquitaine, et Louis celle de la Bavière.

Lothaire se dirigea , avee son père, vers les provinces de la Gaule, où il

espérait trouver encore , pour ses desseins, le concours et Tassistance des évéques. Il traversa les Vosges , passa par Metz et Verdun; enfin il arriva à

Soissons. Ce fut au couvent de Saint- Médard qu'il enferma 1 empereur. Là, il le retînt sous bonne garde , comme dans une prison. Pour lui, il chassa jusqu'à l'automne dans les grands bois qui couvraient encore tout le nord de la Gaule ; puis, tirant son père du couvent de Saint-Médard , il se rendit à Compièiïne, où devait se tenir la i^raode assemblée qu'il avait convoquée.

Chaupeaux (Guillaume de), ainsi appelé du village de Champeaux en Rne , près de Melun , où il naquit vers le milieu du onzième siècle, étudia sous Anselme de Laon. Puis, ayant été nommé archidiacre de Notre « Dame à Paris, il enseigna publiquement dans l'école de la cathédrale pendant plusieurs années , et acquit la réputation du plus habile dialecticien de son temps (*\ Parmi les disciples nu'attira sa C('l('l)rité, fut le fameux Abeilard , dont le mérite fit bientôt ombrage au maître. Dégoûté du monde, Guillaume quitta Pans en lt08 pour se faire moine, et jeta, dans un faubourg de cette ville, les fondements de Tabbaye de Saint-Victor; toutefois, il y rouvrit bienîot une école publique, dans Inquclle il enseigna la rhétorique, la pliilusophie et la théologie , et oij professèrent depuis , avec tant d'éclat, Hugues et Richard. Abeilard , qui avait conçu contre lui une vive animosité, vint Ty entendre, et réfuta, dit'On, avec succès son opinion sur les universaux. En 1113, Guillaume fut placé sur le sieiie épiscopal de Chàions-sur-Marne , ou ii contracta une liaison étroite avec saint

{*) Chron. de Laadulfe ; Maratori, Eer. ital. , Y, ^65.

Bernard , et depuis , il fut Tâme de plusieurs conciles. Il mourut au commencement de 1121.

Il ne reste de ce philosophe , qui joua un si grand rôle dans la querelle du réalisme et du nominalisme , que des opuscules théologiques , dont le f^UÊ célèbre est celui des Sentences^ qui se trouve en manuscrit, à la bibliothèque du roi , 8008 le n* S20, du fonds de IVotre-Dame. Ce manuscrit, d'une écriture du treizième siècle, est un recueil d'explic^itions sur certains points de doctrine, sur des vertus et des vices, et sur des possaf^de récriture. Les autres opuscules de Guillaume de Champeaux sont un Fmament sur l'Eucharistie^ cité par Mabillon, innal. V, et un petit traité sur VOrigine dp tûmey que D. Martenne a publié dans son TnC' sauras anecdotorum. Quant aux nombreux ouvrages philosophiques qu'il publia pour la défense du réalisme, et par lesauels, dit de Wisch C) , il donna a cette doctrine une si grande illustration, ils sont tous perdus. On n'a méine conservé le titre d'aucun d'eux ; « et Guillaume de Champeaux n'est plus qu'un uom célèbre (**), »

CiiAMPEiN (Stanislas), compositeur de musique. nn(|uit à Marseille le 19 novembre 1 763. A Tàge de treize ans , il était maître de musique de la collégiale de Pignon , en Provence; et déjà il composait des morceaux de musique religieuse. Il vint a Paris en 1770, et se fit avantageusement connaître [lar un motet à grand choeur qu'il lit jouer à la chapelle du roi à Versailles. Mais abandonnant bientôt le genre religieux pour la musique draMKitique, il (it jouer, en 1779, son opéra du Solddt /'/(inrais. Cet habile compositeur a donne depuis un grand nombre d*opéras , dont les plus remarquables sont : la MélomO'

(') liibliotb. cisterc. , i33.

(") M. Coiitin,OEiim inéd. d*Abeilard, publiées dans la collection des Do* cuments mur i'histoira de Franoe, ialrod.»

p. CXII.

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rUNÏVERS.

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fUe, lês Dettes et le Nouveau Don Quichotte. La Mélomanie, composée en 1781 , est encore a(x;ueillie avec olaisir. Champein excellait à rendre l'esprit des paroles. Il tenta et résolut le premier le problème si difficile d'adapter de la musique à des paroles en prose. Pour cette innovation hardie , il avait choisi un sujet oii les passions les plus véhémentes et les re* mords les plus terribles exigent du musicien une grande variété de tons et une poésie nnmense. Ce sujet est V Electre de Sophocle, traduite littéralement du grec. Le premier acte de cette œuvre extraordinaire fut répété, et enleva tous les suffrages.

Cependant la représentation publique de VÉketre fut oonstamment rérasée, sans que Tautorité fît connaître les motifs d'un refus qui nuit à la fois et à la gloire du compositeur et à celle de l'éoole francise. Champein est mort le 19 septembre 1830.

Chahpfleub, ancienne seigneurie du Maine, auj. dép. de l'Orne, à 4 kil. d'Âlençon , érigée en comté en 1654.

Chahpibb (Symph.) , en latin Cani' vents et Campegius, naquit, en 1472, 8 Saint-Symphorien le Château , près de Lyon. Après avoir fait ses hnmani* tés à Paris, il alla étudier la médecine à Montpellier , et s'établit ensuite à Lyon , où il pratiqua cet art avec le plus ^rand succès. Antoine, duc de Lorraine, rayant pris pour son premier médecin , le fit chevalier, et remmena avec lui, en 1509, lorsqu'il suivit Louis XII en Italie , où Champier, en digne parent de Bayard , assista à plusieurs batailles. Il accompagna le duc en 1515, et ce fut alors que, se trouvant à Pavie, il fut reçu agrégé au ootlége de médecine de cette vilie. De retour à Lyon , il fut nomtiK^ (-rlievin, et rendit, en cette qualité, de grands services à la cité. Il se servit surtout de son crédit pour faire adopter le projet rriin collège de médecine, qui ne fut fondé que longtemps après sa mort, en 1576, et qui existe encore aujourdliDÎ sous le nom d'école anxi* liaîrc. On ignore l'époque précise de la mort de Champier ^ les uns le font

mourir en 1535, d'autres, en 1539 ou 1540.Champieraécrit un grand nombre d'ouvrakes sur toutes sortes de

sujets : sur la philosophie, sur l'histoire et la médecine. Niceron en compte

i'usqu'à cinquante-quatre. Nous nous tornerons à citer les plus importants.

Janua togico! et phi/si ex , 'Lyon , M98, in-4"; De medicijiœ claris scriptoribusy Lyon, 1506 et 1531, in-8 : à la suite de cet ouvrage en est imprimé un autre , De legum divinarum et htimanannn conditoribus y dans lequel se trouve le passage qui a fait soupçonner Champier d'être Taoteur du fifre intitulé : De tribus impostoribus; Dialogus in magicarxim arfium destructionem, Lyon, in-4*'; liosa gai' Uca omnibus sanltatem af/ectantwus utitis et necessaria, quœ continetprxceptaex f/ippocratis, Galeni, Erasistrati, AsclepiadiSf Dioscoridis^ viultorum aHorum cl. vkvrtm Hàris collecta, Nancy, 1512, in-ia; plusieurs travaux sur Galien, sur Ilippocrate, sur Avicène; Médicinale bellum inter Galenum et Ariitotelem gestum, etc., Lyon, 1616, in-8' -, Syniphonia Platonis cum Jristottic et Galeni cum tiippocrate , Paris, 1516, in-8*; Hortus gatticus, pro GalHs in Gallîa scriptus, etc., Lyon, 1583, in -8°; Campus Elysius GaUiœ amœnitate lejertus, etc., Lyon, 1533 , in-S** : dans ces deux ouvrages , il s'élève contre l'usage immodéré des drogues tirées des [tays étrangers; engai^c a employer les plantes médicinales de la France , et attaque l'ignorance des apothicaires exerçant la médecine; Epistolx phijsicx Campegii, Manardl et Coronœi de transmutatione métal' lorum, Lyon, 1533, in-8»; Cribratio medicamentorum /ère omnium, di' gesta in srr /ihros, etc., I.yon, 1534, in -8°; (iaUicum pentaphàrmacuèu , rhubarbaro , agarico , manna, terebentMna et senc gaÛicis constans, Lyon, 1534, in-S"; Libri septem de dialectica j r/ieîorica , geoinctrica , etc., Bàle, 1537; Quorumdam ntoticorum medicorum catahgus qui nostris temporibua vîxenint, Paris, 1 542 in-8° • Le myroer des apotàiquaires

CHA FRAlfCE

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et pharmacopohs, etc., plus: les Imntltes decyrurgiena et barbiers, Lyon, in-8«, sans date ; Dialogue de la cure du phlegmon, etc., Lyon , in-8°, sans date. Les ouvrages historiques tleClKun-

Sier offrent de l'iiuerét, mais sont épourvus de toute critique; nous nous contenterons de citer sa f ie de Bayardy 1525, in-4°(il avait épousé une parente du chevalier sans peur et sans reproche); son PeUt Uvre du royaume des Allobroges, dit longtemps après Bourrjofjne , ln-8"; son IJistcire des antiquités de la ville de Lyon ; ses Grans chroniques des princes de Savoy e et Piemntmtf Paris, 1516 , in-folio, etc.

Champigny, ancienne haronnie du Saumurrois, auj. du dép. d'Indre-et- Loire , à 12 liii. de Chinon. La pop. d<* cette ville est maintenant de 1,073 habitants. On y remarque une saintecliapelle fort curieuse, qu'elle doit aux ducs de Bourbon, auxquels elle a longtemps appartenu.

Champion de Cicé (J. M.), membre de l'Assembliie constituante, né à Rennes en 1735, frère de Tévéque d'Au.xerre, avait embrassé lui-même l'état ecclésiastique, et reçu l'ordre de lâ prêtrise en 17G1. IVdmmé, en 1765, agent du clergé, charge c^ui fut presque toujours in route de Tepiscopat, il devint évéque de Rliodez en 1770, et passa ensuite en 17âl au siège de Bordeaux. A l*époque de la révolution, les .suffrages des électeurs de son diocèse lui ouvrirent les portes de l'Assemblée constituante, où il se montra partisan d*une sage liberté.L'un des premiers de l'ordre du clergé, il se réunit au tiers état ; aussi, lorsque Louis XVI se décida a composer uu slinistère national, il confia un nortefeuille à de Cicé , qui fut garde des sceaux. Le nouveau ministre, bravant les scrupules de i'evéque, ne craij^ntt pas de sanetlonner le décret que venaitde rendre l'Assemblée sur la constitution civile du clert^c. Mais bientôt les progrès de la démocratie TcffraNèrent, et il alla rejoindre les émigrés. De retour en France , en 1803, il fut pourvu de l'évéché d'Aix , qu'il admi*

nistra jusqu'en 1810, époque de sa mort.

Champion de Yilleneuye , né à

Versailles, de l'un des gens de la maison du roi , embrassa la carrière du barreau, et était avocat au conseil lorsque la révolution éclata. Le 21 juillet 1792, Louis XVI, dont il avait su capter les bonnes grâces, lui confia le

Sortefeuille de l'intérieur. Mais sacoauite douteuse lui fit bientôt perdre à la fois la confiance du roi et celle de* la nation. Après avoir invité la municipalité à. faire , dans le château des Toileries, une visite qui fut sans résultat, il fut blessé dans une émeute populaire au faubourg Saint-Antoine, quelques jours avant le 10 août. Son attitude pendant cette fameuse journée le força à quitter le ministère, et l'Assemblée léfiislative refusa de l'entendre, lorsqu'il se rendit dans son sein pour protester de son civisme.

Il ne reparut sur la scène politique qu'en 1800, époque où il fut nommé membre du conseil de prélecture de la Seine.

Championhbt ( Jean-Étienne) , né

à Valence en 1762, est un des généraux les plus remarquables qui se soient produits sur la scène militaire de la révolution. Quelques railleries sur ViU légitimité de sa naissance (*) lui firent abandonner sa patrie. Tl alla servir en £spagne, rentra en France en 1791, et prit parti pour la révolution. Il fut bientôt nonmié chef du sixième bataillon de la Drome, et char^jc de réduire l'insurrection des girondms dans le Jura. Sa mission terminée, il joignit Tarmée du Rbin , se signala dans une foule de rencontres , surtout à la reprise des lignes de Weissemboorg et au déblocus de Landau, et passa à Tarmée de Sambre-et-Meuse avec le grade de général de division. Il y concourut glorieusement à la bataille de Fleurus i où, assailli par des forces quadru||les, il repoussa les attaques du prince Charles, culbuta la cavalerie de Kau-

(*) Champion net dans le patois de Wk pays «igaifie petit champignon.

m CHA LUNIVERS. CH4

nitz, et, s'élançant k la suite des Taineus , les tailla en plèets à IMarbas, et leuronleva, après un combat sanglant, les hauteurs de Clermont. Championnet, qtti avait employé les loisirs de la mauvaise saison à des méditations et à des études topographiques qui devaient assurer ses succès , fut cnargé de tenter le passage du Rhin. Dusseldorf, Wurtzbourg, Altenkirchen, furent tour à tour témoins do sa valeur et de son habileté. Il se disposait à poursuivre vivement les Autrichiens, lorsque les préliminaires de Leoben vinrent arrêter ses succès. Mais le Directoire ne le laissa pasoisif; il lui confia le commandement de Tune des ailes de l'armée destinée à agir contre TAngleterre. T.'pxpedition n'eut pas lieu , mais il n'en battit pas moins les Anglais, qui, débarqués à Blackenberg, étaient venus Ijoinbarder Ostende. En 1798, le Directoire le tira de l'armée de Hollande pour lui donner le commandement en chef de l'armée de Rome; mais bientôt il se vit obligé , avec ses 13,000 hommes, de se replier devant les 60,000 INapolitnins que Mack poussait devant lui. D'un autre côté, 7,000 Anglais débarquaient à Livoorne.

Championnet , néanmoins, ne se déconcerta pas, et trouva dans son courage et son génie les moyens de faire face à tout. Bientôt il rentra en vainqueur dans Rome, fit investir Capoue, et s'empara de Gaëte. Après la capitulation de Capoue (10 janvier 17U9), il put songer à la conquête de Naples , et en effet, le 23 janvier, il fit son entrée dans cette ville. Il s'empressa d% paciGer la multitude , et d'organiser la république parthénopéenne; mais CCS institutions ne devaient pas avoir une longue durée, et le général en chef lui - même éprouva ui disgrâce du Directoire à la suite d'un arrêté qui chassait de IVaples un commissaire du gouvernement, coupable de concussion. Championnet, destitué, fut traduit devant un conseil de Çuerre, traîné de brigade en brigade jusqu'à Milan, et de là à Grenoble, où il resta incarcère Jusqu'au moment où la lévolQtioQ du 80 prairial an yii le

rendit à la liberté. Les nouveaux diree*

leurs le nommèrent général en chef d'une armée des Alpes, qu'il lui fallut réorganiser tout entière. Ses premières opérations fiirent heureuses; il se

disposait à poursuivre ses succès, lorsque fut livrée la funeste bataille de Plovi. Chargé de remplacer Joubert, il recueillit les colonnes qui avaient échappé au feu ennemi, et s'établit avec elles dans la rivière de Gênes. Il s'y trouva bientôt acculé dans la position la plus difficile, sans munitions, sans arpent, en face d'un ennemi nombreux. Il désespérait dn suhit de son armée, quand le retour de Bonaparte vint relever son courage. Il mit aussitôt cette nouvelle à rordre du jour, envoya sa démission au Directoire, dans une lettre oîi il signala le jeune général comme le seul homme qui pût sauver Tltalie. Cependant le 18 bru* maire eut lieu. Championnet , que ses convictions républicaines rendaient

f)eu favorable à ce coup d'I'.tat, et dont a douleur et la honte avaient d'ailleurs brisé l'âme, demanda avec instances son remplacement. Il l'obtint, et se retira a Antibes , où il mourut le 10 janvier 1800.

CnAMPiONs { Campîanes ). « Les « champions, dit de Lauriere, dans son « glossaire, sont ceux auxquels onaac- « cordé d'entrer à cheval ou à pied en « champ||e bataille clos et fermé, pour « combattre avec armes , ou à l'écu et « au bâton cornu, pour vùider leur « différend, ou de ceux pour lesquels « ils sont receus au combat, >• Ce mot, que les uns font dériver du latin campus ^ les autres de Tailemand kampf (combat, lutte), a été surtout employé au moyen â.^e pour désigner les nommes qui, moyennant une somme d'argent, allaient défendre en champ clos la cause d*un accusé dispensé de combattre. Il y avait cinq cas , suivant les assises de Jérusalem, oij l'on pouvait se faire remplacer. « Li pre- « mier des ensoines si est, se cil gui « veut avoir avoe, montre qu'il li faille « aucun de ses membres, par lequel il a est apperte cose, que li cors en soit « plus lolbles. Li secons, ai est, s'en a

tUA FRANGE.

« passé Taage de lx ans. Li tiers en-

« soines, si est, s'il est nrroustiimé de « maladie qui vient soudainement , « comme de goûte, artérique ou den- « tin. Li quars. si est, s'on est mala- « des (le quintaînc, de tierrhaine ou « d'autre maladie appertement, sens « fraude. Li quins ensoines, si est, se « famé apele, oa est apelée, car famé « ne se combat pas. »

Les chevaliers et les princes qui accusaient quelqu'un de vol, de rapt ou de quelque autre méfait pouvant entraîner le duel; les enfants, les moines et les ecclésiastiques, et -enfin ceux aue leurs seigneurs y autorisaient, étaient admis à se niire remplacer.

1\ïais rhommc accusé de parricide ou de lèse-majesté ne pouvait se faire représenter par un champion, « a moins que la vieillesse , Tenfanee ou Tinfirmité ne rempêchfit de combattre. » C'est ainsi que parle la loi des Lombards; car 1 usage de se faire remplacer par des champions remonte à l'époque des invasions des barbares, (lette profession mercenaire des champions les faisait réputer infâmes, et pourtant ils pouvaient eux-mêmes ne pas combattre en personne , mais substituer en leur lieu et place des hommes appelés pugiles.

Avant de descendre dans la lice, les champions juraient « que fia cause « qu'ils avaient embrassée était la « cause de la vérité, et qu'ils sQutien- « draient de tout leur courage et de « toute leur f)tiissance, de toute leur « a me et de toutes leurs forces, la par- « tie pour laquelle ils combattaient, « et qu'ils n'useraient dans le combat « d'aucun sortilège ou maléfice; » ensuite on leur coupait les cheveux en rond au-dessus des oreilles.

Les champions ne pouvaient eombQttre qu'à pied, jamais à cheval. « Au n jour qui est assis à faire la bataille, « dit une ancienne coutume de iSor- « mandie, se doivent les champions « offrir à la justice, ains que midy soit « passée, tous appareillez en leurs « cuirées ou en leurs cotes, avec leurs « écos et leurs bastons cornus, armez « tA comme oiestier sera de drap, de

« cuir, de laine et d'estoupes. Es eacos,

« ne es bastons , ne es armures des « jambes ne doit avoir fors fust ou « cuir, ou ce qui est pardevant dit; « ne il ne peuvent avoir autre instru- « ment à grever l'un l'autre, foif « l'escu et le baston. »

La peine du champion vaincu dans le oomhat varie suivant les localités « et les temps. « Le champion vaincu, « dit un ca[)itulaire de Louis le Débon- « naire, doit avoir la main droite cou- « pée, h cause du pariure qu'il a com« « mis avant le combat. » Quand le combat n'avait lieu que pour soutenir un droit, le champion était puni de même, suivant Dumanoir, et avec raison, dit-il; car «se porroit faindre « par loier, et se clameroit vaincus, a parquoi ses maistres emporteroieot • le damage et la vllonnie, et dl émet porteroit l'argent, et pour ce etk « bons li jugemens du mehaing. »

Mais quand il s'agissait d'une accusation capitale, la défaite du champion emportait pour lui la peine de mort. " Si la bataille est de chose » qu'on a mort deservie, disent les as- « sises de Jérusalem , et le garent « est vairicu, il et celui pour qui il fait « la bataille seront pendus; et se le " garent est tel qu'il puisse mettre « champion pour soi, et son champion - « est vaincu, ils seront tous trois « pendus. Et se feme fait l'apeau (ap- « pel;, et son garent et son champion « est vaincu, elle sera arse, et le ga- « rent se combat et est vaincu, sera « pendu; et se il met champion pour a soi , et il est vaincu , il seront tous « deux pendus, et la feme arse. Et se « la bataille est pour la quarele td « que l'on ne doit mort recevoir, qui « en sera attaint , celui ou celle pour « qui il combat , de qui le cluimpioiai « est vaincu, pert la quareUe, et vois « et respons en cout, et le champion « doit estre pendu. »

Telles étaient les principales règles de la législation à laquelle étaient soumis les champions. >fous renvoyons, pour plus de détails, aux mots Combat lUDIGIAIRB, DUBL, et au glOS«

salie de du Cause, au mot Caupio.

«HA - LUNXVERS. ClU

Champlatn f Samuel), voyageur du plus haut mérite, auquel sont dus nos premiers établissements du Canada, et particulièrement la fondation

(le Québec. Ses connalssnin'es mnritimes, et la bravoure qu'il déploya contre les Espagnols, sur les côtes de Bretagne, dans la guerre de 1595, fixèrent l'attention de Henri IV. Aussi, lorsque le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, eut obtenu un privilège pour fonder de nouveaui établissements dans l'Amérique septentrionale . le roi le vit-il avec plaisir confier la direction de celte entreprise à un homme aussi distingué que Champiain. Le 15 mars 1603, Clhamplain s'embarqua à Honlleur sur le vaisseau de Pont Gravé, marin trèshobilo, avee lequel il lit, dans la suite^ beaucoup d'autrct voyages; et, le 24 mai , l'expédition jeta Tancre dans le iieuve Saint-Laurent. Apres avoir remonté le cours de ce fleufo dans de petites barques jusqu'à l'endroit où Jacques Cartier (voyez ce mot) s'était également arrêté en 1536, Champiain revint en France, et présenta le récit de son voyage à Henri IV, qui l'avait prié de lui en rendre compte. Le journal de cette première excursion a été publié à Paris en 1603, sous oe titre : Des sauvages, ou f^ojfaqt de Sth muel C/iawplain, etc.

Le commandeur de Chaste étant mort sur ces aitrefoites, le sieur de Mon», gouverneur de Pons, auquel Henri Iv accorda les mêmes pouvoirs, voulut aller lui-même en Amérique avec Champiain , et mit à la voile en 1604. Il se dirigea vers rAcadie(Nou« vellc-Êcosse), dont le climat lui paraissait préférable a celui du Saint-Laurent. Mats cette entreprise n*eutd*autre résultat que de permettre à Champiain de visiter les côtes de cette contrée.

A son retour, en 1607, il publia la relation de ce second voyage , et donna une description de la côte méridionale de l'Acadie et celle de la Baie française, comprise entre cette presqu'île et le continent américain , qu'il avait cdtoyée Jusqu'au cap God.

Le sieur de lions étant fevum ea-

suite à Pancien projet, Champiain partit de nouveau en 1608 pour le fleuve Saint-Laurent, avec Pont-Gravé. Ce troisième voyage est le plus important de ceux que lit Champiain. Au portde ïadoussac, situéu environ 901ieues marines de l'embouchure du fleuve, mais qui ne pouvait recevoir un assez grand nombredc biUiuicnts, il préféra un lieu

i)ius commode, situé à 65 myr. de l'em- >ouchure, ou le ileuve se rétrécit tout- <» è-eoup, et que les sauvages appelaient pour cela Québec y c'est-à-dire, détroit ^ rélrécissemenf. Ce qui prouve Cjue le clioix de Champiain était bien tait , c'est que Québec devint bientôt le centre du commerce des pelleteries, qui auparavant arrivaient à Tadoussac,et que depuis, cette même ville de Québec a toi^jours été le chef>lieu de la colonie du Canada. Cependant elle ne se composa longtemps que de quelques maisons construites auprès des magssins, et ne fut entourée de fortifications que vers 1024. Champiain ne recula devant aucune fatigue , devant aucun danger, pour assurer le développement du nouveau comptoir, on pourrait presque dire de la nouvelle capitale. Il lit un grand nombre de voyages dans l'intérieur des terres, soit pour étudier les moMirs et les be* soins des sauvages, soit pour reconnaître le% lieux et voir s'il ne trouverait pas un passage vers le Japon. La découverte que venait de faire Hudsoo de la baie qui porte son oom^ stimula le zèle de Champiain , qui espéra au moins s'avancer en suivant le cours des . fleuves et en inversant les lacs Jusqu'à la nouvdle baie, dont il approcha effectivement, mais qu'il ne parvint pas à toucher. Il visita un grand nombre de fleuves et de lacs, entre autres le lac auquel il donna le nom de Champiain, et le lac Ontario* par lequel il effectua son retour.

Un autre titre de gloire pourChaiii> plain, c*est la bienveillance avee la> quelle il traita toujours les sauvages, qu'il s'appliqua à civiliser, et uui le regardaient à la fois comme un chef et conime un père. Ayant épousé le parti des Uuroos oontn laa iroquoi»» Il

leur apprît à vaincre avec des forces inférieures , et les conduisit lui-niéme à la victoire contre leurs barbares ennemis. On cite de lui pitisieurs traits qui font honneur à son génie autant qu'à son audace. Pendant la guerre maritime que Ot l'Angleterre a la France, de 1627 à 189», Québec, d'abord défendue avec une rare énergie par Champlain, fut forcée de capituler faute de vivres. Lorsqu'à la paix, le cardinal Richelieu eut obtenu que le Canada filt restitué à la France, les Canadiens indigènes, que les n»auvais traitements des Anglais avaient confirmés dans leur bonne opinion sur la compte dos Français , accueillirent Champlnin avec les plus vives manifestations d enthousiasme. 11 n'en persévéra qu'avec plus d'ardeur dans sa politique, persuadé que l'amélioration du sort des sauvages était le meilleur

fage de durée pour la colonie. Kn 685, quelques mois avant de mourir, il fonda à Québec un collège, oii l'on devait élever dans la religion chrétienne plusieurs enfants indigènes, afin qu'ils allassent ensuite Joindre leurs efforts à ceux des missionnaires, et augmenter le nombre toujours crois* sant des conversions.

Champlain fut universellement regretté en France aussi bien qu'au Canada. Son nom , associé à celui de Jacques Cartier, réveillera toujours d'honorables souvenirs pour la nation fîrançaise : l'un a découvert, ou, pour le moins, retrouvé le Saint-Laurent, Tautre a colonisé les rives de ce Qeuve, qui fut longtemps une de nos plus belles possessions.

Champlain a publié des relations de ses différents voyages. La collection eottère a été im|»rimée plusieurs fbis ; la meillenie édition est celte de 1640, in-4'' , avec une carte. On y trouve le récit de ses navigations et ses découvertes par terre, depuis 1603, époque du premier voyage , justprà la prise de Québec par les Anglais, en 162'J.

CUA.MPLITTE, petite ville de fr'randie-Comté, auj. chef-lieu de canton du dép. de la Haute - Saône, à S4 kil.

de Graj. Cette ville est uses aft>

clcnne ; après avoir été à peu près démolie sous le règne de Louis XI, elle fut reconstruite et entourée de fortiGcations redoutables par Cliarles- Quint. Henri 1\' l'assiégea inutilement en ; le duc de Wein)ar la prit, par capitulation, en 1037, et la rendit peu de temps après; mais elle fut prise de nouveau , et entièrement ruinée, par le duc d'Angouléme, en lC3b. On y compte maintenant S,8M» bab.

A quelque distance de Champlittesa trouve le village de ChamplUte-laf Ule, chef-lieu d'une ancienne baronnie, qui fut érigée en comté, en 1674, par Philippe H, roi d'Kspagne, alors souverain de la Franche-Comté.

Cm^plitie C"i^i^on dej. Cette maison tûfe son origine d'EiûfeSy fils de Hugues, comte de Champagne.

Hugues ayant déshérité son lils, nomma, pour son successeur au comté de Champagne, Thiébaud, oomte de Char* très, son neveu. Eudes se retira alors en IJourj^ogne, où l'empereur Frédéric 1"^ et Rainaud et Guillaume, comtes de Bourgogne et de Vienne, lui firent présent de plusieurs fiefs. Il devint ensuite seigneur de Champlitte par son mariage avec Sibylle, héritière de oette terre, dont ses fils por« tèrent le nom. Eudes, qui s'était croi* sé, mourut en 1205. 11 ne laissa qu'nna lille, et la moitié de la terre de Champlitte passa par vente dans les mains de Guillaume de Vergi. Celui-ci, qui prit le nom de seigneur de Champlitte, s'etant joint à la croisade contre les Grecs, gagna l'affection de Boniface»

marquis de Montferrat , roi de Tbessalonique , et acquit pour lui-même FAchaïe et la Morée, dont il lut le premier prince. U pçirtait les titres de prince d Achaïe, vicomte de Dijon, seipneur de Pontaillié- sur- Saune et de Xaimai. Il mourut en Italie eu 1210. Après lui, les seigneurs de Champlitte se partagèrent en trois branches : la branche de Pontaillié, la branche de Vaugaenams et jla branche de ïLKr Gi:v.

La branche de PontailUé est issue de Jean, premier du nom * qai vivait

FAAXiCE;

L'UNIVERS

vers 1345. On remarque dans cette

branche .

Gui de PontaiUié , maréchal de Bourgogne, vers 1383.

Gui II de PontaiUié, seigneur de Talmai, Tun des premiers chevaliers de Tordre de la Toison d'or et maréchal de Bourgogne. Il fut blessé à Montereau, où il accompagnait Jean sans Peur, duc de Bourgogne, lorsque celui-ci y fut tué, et mourut en 1436.

La branche de VAHOnBiiAïf s n*ofifîre aucim personnage remarquable.

Dans la branche de Flagey, on distingue :

Claude de PontaiUié, chambellan de Charlos-Qiiint, et Henri de Ponfaillîé, gentilhomme de la chambre du même empereur, dont il devint aussi iechambellan.

Champmf.slé ( Marie Df-smares , mademoiselle de). Née à Rouen en 1644, d'une lamille pauvre, la jeune Marie Desmares, qui à une grande beauté joignait des dispositions naturelles pour le théâtre, débuta sur celui de sa ville natale, où elle épousa bientôt Charles Cheville t, sieur de Champ* mesié, comédien comme elle, et depuis auteur de plusieurs petites pièces dramatiques qu'il composa seul ou en société avec la Fontaine. Mademoi* selle Ciiampmeslé vint, en 1669, à Paris, où elle eut un éclatant succès; elle fut engagée successivement à différents thâtres, où elle joua les amoureuses tragiques , et c'est là qu'elle connut Racine, qui l'aima tendrement.

La déclamation était loin alors d'être ce qu'elle est aujourd'hui : les élans passionnés en étaient presque bannis; c'était une mélopée, une sorte de récitatif (^u'on pouvait noter comme de la musique. Racine donna à mademoiselle de Champmesié des leçons de cet art, plus difdcile qu'il ne semble, et elle atteignit à de tels effets, que Boileau put dire d'elle, en fiiisant allusion à Tun de sesrdles les plus fameux :

m JaawU Ipbig^oie en ÂnVide immolée V* eoAté fant de pleurs à la Gr^ce assemblée Que dans l'Leureux spectacle à nos yeux étalé £0 a fait «ou* «oa nom vctmt U Cbainpiaetlé. •

Mademoiselle de Champmesié mourut à Paris en 1698, un an environ avant Racine, dont elle avait été jusque-là la plus tendre et la meiUeura

interprète.

Le principal mérite des comédies dues au mari de mademoiselle de Champmesié consiste surtout dans la peinture fidèle des petits ridicules de la société bourj^eoise. Les situations en sont intéressantes, les incidents heureux et plaisants, le style badin et enjoué , mais excessivement négligé.

Presque tous les dénoûments sont manqués ou mal amenés, reproche qu'on peut faire également au plus célèbre des auteurs comiques, à Molière lui-même, mais que Champmesié ne rachète par aucune graude qualité.

Né à Paris, Champmesié y mourut en 1701, deux ans après sa femme.

Champollion-Figeac (J. Jos. ) est né à Figeac eu 1779. Apres avoir été successivement bibliothécaire de la ville de Grenoble et doyen de la Faculté des lettres de cette ville , il est venu se Cxer à Paris, où il est aujourd'hui conservateur des manuscrits à la bil)!iothè(iue royale et professeur à l'école des Chartres. Ses principaux ouvrages sont : Lelire à M. l'ourier, sur rinscripHon, grecque du temple A Denderah en Égypte, 180G, in -8"; Antiquités de C.'r'e noble , ou Histoire ancienne de cette villes d'après ses monuments, 1807, in-4«; Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de la France, 180Î); Notice d'une édition de la Danse macabre antérieure à celles qui sotit connues des bibliographes, 181 1; Xouveaux éclaircissements sur la ville dcCularOy aujourdhui (irenobk, Paris, 1814, in-8» ; Annales des Lagides , ou Chro»

?iofogie des rois grecs d Égypte, successe urs d'Jle.randre le Grande ouvrage couronne par l'Institut, 1819, 3 vol. in-S** ; Supplément aux annales des Lagides, iii-S**; \ou relies recher»

elles sur la ville gauloise d' UxellodU' num, 1820, 1 vol. in-4". AI. Champoilion est aussi Téditeur des œuvres de Fréret , de lettres inédites de Fénelon, du bel ouvrage intitulé : les Toumoiê

êu roi Renéf diaprés le mamufirit et

les dessins originaux composés par ce prince; et des Chartes et manuscrits sur papyrus de la bibliothèque royale.

CHAMPOUfon (J.-F.)i frère du précédent, naquit à Figeacle23 décembre 1791, et vint achever, au lycée de Grenoble, ses études auMl termina à râge de <|i]inze ans. Aamis alors dans l'intimité de Tillustre Fourier , qui , après l'expédition d'Égypte, avait été nommé préfet du département de TI- •ère, il puisa daDstes conversations de cet homme supérieur un goût irrésistible pour l'étude de l'ancienne Êgypte;et bientôt le hasard lui procura l'occasion de montrer tout le parti quMl pourrait un jour tirer de cette étude. Ayant trouvé un ouvrage sur la langue copte, langue que déjà quelaues orientalistes r^rdaient comme identique avec Tanclennc langue des Égyptiens, il composa et lut, à la Société des sciences et des arts de Grenoble , un mémoire remarquable sur la nomenclature des anciennes villes de l'Egypte. Il vint ensuite à Paris, et y resta peu de temps ; il retoorna, en 1809, à Grenoble, où il venait d'être nommé professeur-adjoint d'histoire à la faculté des lettres. Ce fut alors que, sur la recommandation de Fourier, il fut exempté de la oonscription mir un décret spécial de Tempereur. Deux ans après , il annonçait son Tableau de l'histoire des mœurs, des usages, de la géographie, de la langue et des écritures de l'ancienne Egypte avant Cambyse. U Introduction a la partie géographique fut publiée la même année , et bientôt aurès, parut, en deux volumes in -8,, cette histoire géographique de l'Egypte des Pharaons , considérée à la fois dans ses limites naturelles et politiques, ses divisions par nomes ou provinces , et dans chacune des localités mentionnées par l'antiquité et reconnue par les observations des modernes. L'ouvrage , en outre, était termine par un tableau synooymique des noms des provinces c des lieux en copte, en arabe, en grec, en latin, et en langues modernes. Dès

T. IT. WlÂoraitim. (Dicx. bhcyclop., btc.)

lors , Tauteur qui se livrait èune étude assidue des monuments puUiÀ par

la Commission d'Égypte, avait conçu, comme il le dit lui-même, « l'espérance «flatteuse, illusoire peut-être, qu'on « retrouverait enfin sur ces tableaux «« où l'É^ypte n'a peint que des objets « matériels , les sons de sa langue et « les expressions de sa pensée. » « C'était , dit M. le baron Silvestre de Sacy« dans son excellente notice sur Champollion , c'était une idée juste qui le dirigeait , quand il s'attachait avec uner sorte d'opiniâtreté à l'étude analytique et synthétique de l'idiome copte»

comme à l'instrument indispensable de toutes recherches sur le langage et l'écriture de l'Egypte des Pharaons.

La constance avec laquelle il marchait dans celte route, et la connaissance qu'il avait acquise de cette langue sont prouvées par divers écrits qu'il publia de 1811 à 1817, et qui tous avaient pour objet des fragments ou des notices de manuscrits en cette langue. Il en avait déjà rédigé un dictionnaire de ses trois dialectes, en trois volumes in-4°. La faculté des lettres de Taïadémie de Grenoble avait été supprimée en 1816; il mit à profit la liberté que lui procura cette circonstance , et recommença sur un plan tout nouveau et plus systématique son dictionnaire de la langue copte , qu'il regardait comme l'arsenal où étaient déposées les armes avec lesquelles il se flattait de faire un jour la conquête scientifique de l'Égypte. »

Champollion , rappelé , sous le ministère ae M. Decazes , aux fonctions de bibliothécaire-adjoint de la ville de Grenoble, occupa aussi jusqu'en 1821 la chaire d'histoire rétablie pour lui par M. Royer-Collard , et ne cessa pourtant pas un instant de s'occuper avec ardeur de ses études fevorites.

Enfin, à cette époque, il communiqua à l'Académie des inscriptions et belles-lettres le premier résultat de ses recherches. Pour en donner une idée bien nette et bien prf^cise au lecteur, nous allons entrer dans quelques détails préliminaires sur les méthodes graphiques usitées dans l'ancienne

SO

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