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Ëg)'pte} détails que nous emprunterons à réiégante notice publiée par
M. Arago, dans TAnnuaire du Bureau des longitudes, pour l'année 1836.
« Plusieurs passages d'Hérodote, de Biodore de Sicile , de saint Clément d^Alexnndrie , ont fait connattro que les Égyptiens se servaient de deux ou trois sortes d'écritures : et que dans Tune d'elles, au moins , les caractères symboliques ou représentatifs d'idées jouaient un granci rôle. Horapollon nous a même conservé la sigoiûcation d'un certain nombre de ces caractères ; ainsi , l'on sait que Vépe/lHer désignait Vâme ; Vibl^, \e cœur; îa colombe (ce qui pourra paraître assez étrange), un homme violent; la flûte [ vhomme oUéné; le nombre seize, la volupté; une grenouille , Vhomme imprudent; lu fourmi, le savoir; uu nœud coU' lant, Vamour, etc.
« Les signes ainsi conservés par Horapollon ne formaient qu'une trèspetite partie des huit à neuf cents caractères qu'on avait remarqués dans les inscriptions monumentales. Les modernes, Kirclier entre antres, essayèrent d'en accroître le nombre.
Leurs efforts ne donnèrent aucun résultat utile , si ce n'est de montrer à quels écarts s'exposent les hommes les plus instruits, lorsque, dans la recherche des faits , ils s abandonnent sans freiq à leur imagination. P6ute de données , l'interprétation des écritures égyptiennes paraissait depuis longtemps à tous les bous esprits un problème complètement insoluble^ forsqu*en 1799, M. Boussard, offîcier du génie , découvrit , dans les fouilles qu'il faisait opérer près de Rosette Cen Egypte) , une large pierre couverte de trois séries de caractères parfaitement distincts. Une de ces séries était du
grec. Celle-là, malgré quelques mutilions, fit clairement connaître que les auteurs du monument avaient ordonné que la même inscription s'y trouvât tracée en trois sortes de caractères , savoir : en caractères sacrés ou hiéroglyphiques égyptiens; en caractères locaux (démotiques) ou usuels, et en lettres grecques ; ainsi , par un bonheur inespéré, les philologues se
trouvaient en possession d'un texte grec, ayant en regard sa traduettom en langue égyptienne, qu, tout au moins , une transcription avec les deux sortes de caractères anciennement en usage sur les bords du Nil . Cette pierre de Rosette , devenue depuis si célèbre, et dont M. Boussard avait fait liomniage à l'Institut du Caire, fut enlevée à ee corps savant à Tepoque où Tarmée française évacua l'Égvpte. On la voit maintenant au musée de Londres.
« L'importance de l'inscription de Rosette avait frappé si vivement les membres de la Commission d'É^^pte, que, pour ne pas abandonner ce précieux trésor aux chances aventureuses d'un voyage maritime , ils s'attachèrent à l'envi , dès l'origine , à le reproduire par de simples dessins , \)î)v des contre-épreuves obtenues à l'aide des procédés de l'imprimerie en taiiledouee; enfin, par des moulages en plâtre ou en soufre. Il faut même ajouter^^que les antiquaires de tous les pays ont connu, pour la première fois, la pierre de Rosette à Paide des dessins aes savants français.
« Vn des plus illustres membres de l'Institut , M. Sylvestre de Sacy , entra le premier, des Tannée 1809, dans la carrière que l'inscription bilingue ouvrait aux Investigations des philologues. Il ne s'occupa toutefois que du texte égyptien en caractères usuels.
Il y découvrit les groupes qui représentent différents noms propres et leur nature phonétique. Ainsi , dans l'une des deux écritures, au moins, les Égyptiens avaient des si^es de sons, de vcritahles lettres. Cet important résultat ne trouva plus de contradicteurs, lorsqu'un savant suédois, M. Akerblad , perfectionnant le travail de notre compatriote, eut assigné, avec une probabilité voisine de la certitude, la valeur phonétique judividuelle des divers caractères employés dans la transcription des noms propres que fidsait connaître le texte grec.
a Restait toujours la partie de Hnscription purement hiéroglyphique on supposée telle. Celle-là était demeurée intacte; personne n'avait osé entreprendre de la déchiffrer* » Ce fut sur
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elle que ChampoUion porta toute son attention. Ses études sur ce nionument existentencore, et Ton peut jugerds 1*0* pinifitreté et de la persévérance de ses efforts a la vue des masses de papiers qu'il a remplis entierenieut de son écriture.Enfin * après un travail de quinie ans« Tobservation d'un fait en a|)parence peu important ouvrit dev^mt lui une route nouvelle : il distinç;ua les trois espèoes d'éeritures égyptiennes, hUrogiifphique , procédant pnr des signes , imriges fidèles (r()l)jet3 tres-variés ; hiératique ou sacerdotale, et démotique on populaire, et reeonnut que récriture hiératique n'était qu'une tachygraphie de l'hiéroglyphique, et la troisième encore une abréviation de la seconde. Comme nous l'avons dit plus haut , il communiqua cette première domiée certaine sur les anciennes écritures de l'Kgypte à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans le mois d'août 18S1 ; et voici en quels termes il rendit compte à cette compagnie du progrès et des résultats de son travail :
« Du moment , dit-il , où j'eus reconnu « que le texte intermédiaire de la ■ pierre de Rosette n'était point écrit « dans un système alphabétique , mon « travail sur ce texte prit une marche « sûre; elle était toujours lente à la
• vérité, mais elle conduisait à des « résultats fondés sur un urincipe bien M établi. Cessant tout à rait de cher- « eherdes analogies alphabétiques dans « les groupes de rinseription , et me d pénétrant des régies qui devaient né- « eessairement présider à la combinai- « son des éléments d'une écriture for- « mée de signes d'idées , je parvins à « placer sous la plus grande partie de « ces groupes , sans efforts, sans sup- « position , sans rien changer , sans « omettre enfin aucun signe du texte « égyptien , les mots du texte grec qui « leur eorrespondent constamment. Ce « travail est tellement complet que ses
• parties se justifient et se prouvent « les unes par les autres. On ne peut
• s'empâdier de remarquer , en effet , « que rentre des mots du texte grec,
• loufflif pat M ra^proèbemeat à la
a marche du texte égyptien , n'est que « très - légèrement interverti , et le «changement d'ordre dans les mots « est tout juste ce qu'il doit être, lors- « qu'on soumet une phrase apparte* u nant à une langue à inversion»^ m comme est le grec, à l'ordre logique « ou na/ure/ que suivent ordinairement « les propositions d'une langue formée « de mots privés de terminaisons ou
inflexions, comme la langue égyp- « tienne. Cet aperçu ne perdait rien do « son importance, quoique le texte inatcrniediaire de Tinscription de Ro- «setto n'exprimât point le son des « mots de la langue égyptienne. Il est « de toute évidence qu'en usant d'une a écriture composée de signes d'idées, « les Égyptiens ne purent procéder à « la pemture combinée de plusieurs n de ces idées que dans l'ordre même «qu'ils avaient deja adopté pour les « exprimer dans la langue parlée. Les « pensées , les jugements, en un mot, « la génération des idées est essentiel- « lement liée a l'état de la langue qu'on a parle. »
La découverte de ChampoUion eut un Immense retentissement dans le monde savant, et M. de Sacy lui rendit dans le Journal des Savants un éclatant hommage. Cette première exposition des principes de l'écriture hiéroglyphique fut publiée sous le titre de :
Lettre à M. Dacier, secrétaire perpé" tuel dé fÀeadémiê dei imeripiioHi^ relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les anciens Égyptiens pour inscrire sur les monumerUs lèi tUret, Ut nomt wt ist surnoms des souverains grecs et ro»
mainsy Paris, 1822, in-8«, 4 pl. lithog. Cette publication souleva, surtout â l'étranger , de nombreux eontradio> teurs , à la tête desquels le plaça le savant Thomas Young , qui publia , l'année suivante: Exposé de quelques éSeowertes récenies concernant la MtUrature htérogllfphique et les antiquités égyptiennes . où se trouve l'aiphabel original de ta uteur, augmenté par M. ChampoUion, Londres, 1833, m-S". Mais la question de priori^ a été décidée d'une manière nette et pré*
cise en faveur de notre compatriote, nouvelle dans l'ouvrage qu'il publia,
dans la notice déjà citée de M. Arago, en 1834 , sous le titre de : Précis sur
qui 8*e8t constitué plus d* aoe fois, con- le ty$téme hiéroglyphique des Égyp'
tre les prétentions de nos voisins d'où- tiens. Il y démontra les difTérentes
tre-nier, l'habile défenseur de nos gloi- natures des signes de l'écriture hiéro-
res nationales. elvphique dont les uns servent à pein-
Cependant, si l'analyse rigoureuse arê les objets ; dont les autres sont des
de la partie démotique de l'inscription symboles de convention ; et dont enfin
de Rosette n'avait eu d'autre résultat une troisième classe peint aux yeux les
Pue de faire connaître les rapports de articulations et les sons de la langue
écriture démotioue avec les écritures parlée. Il prouva en outre , d'une ma*
hiéroglyphique et niératique , et les ca- nière irréiragable « ^e l'alphabêt pbo-
ractères propres qui l'en distinguent, nétique s'apjîiique aux le'gendes royales
elle aurait peu avancé CliampoUion hiéroglyphiques de toutes les époques;
dans l'intelligence des textes; mais que, de tout temps, les anciens Egyp-
elle lui révéla une autre vérité : l'É* tiens l'employèrent pour représenter
gypte avait diî nécessairement , comme alphabétiquement les sons des mots de
la Chine , se procurer un moyen quel- leur lanjgue pariée; que les inscrip-
conque de su ppléer tu défaut de toute lions hiéroglyphiques et hiératiques , et
écriture idéographique* qui t ne pou- surtout les inscriptions démotiques,
vant écrire les noms propres étran- sont en partie composées de signes
gers , exige nécessairement des carac- purement alphabétiques; d'où il résulte
tères proprement alphabétiques ; et que ralphabet phonétique est la véri«
elle y était parvenue en se formant, table clef de tout le système hiérogly--
avec des caractères idéog;raphiques phique. L'auteur développa en outre
dans le principe, mais dépouillés dans une proposition que, depuis, il s'est
leur usage de toute valeur représenta- vu obligé de moidifier un peu ; à sa-
tive des idées, une nouvelle sorted'écri- voir, que les caractères pnonétiques
ture destinée à peindre les sons, et, qui ont, avec les caractères hiérogly»
par conséquent, rentrant plus ou phiques, l'analogie d'être toujours, du
moins dans lu catégorie de nos écri* moins dans leur origine et sous leur
tures alphabétiques. Gbampollion étant forme primitive, des représentations
jMirvenu à connaître avec une préci- d'obiets physiques , ne sont jamais ce-
sîon rigoureuse les signes qui apparte- pendant employés qu'à représenter des
naient a chaaue nom propre , acquit sons, et qu'ils se distinguent par con-
bientôt, parla comparaison des divers séquent par eux-mêmes, sans le se-
noms propres et autres mots étran- cours d'aucun signe spécial d'aver-
•gers que contient l'inscription de Ro- tissement , des caractères purement
-sette , la valeur de dix-neuf caractères idéographiques; d où, par conséquent,
^e ce nouveau système d'écriture; et les mots coptes devenaient, dans une
il donna le nom de phonélir/urs h ces foule de cas, le moyen de lecture le
sif^nes , idéogrn[)hiques dans leur prin- plus vrai et le plus nnturei de ces
cipe. mais réduits dans leur emploi mêmes signes. Tel est l'exposé rapide
au rôle de peinture de sons. Le même de la th^rie des hiéroglyphes créée
jour devait nécessairement éclairer les par Champollion; expose emprunté
deux autres brandies du système gra- en grande partie à la notice de M. de
phique des Égyptiens, c'est-à-dire, Sacy, dont nous citerons encore le pas-
fes écritures hiéroglyphique et hîéra- sage suivant. «Nous fie voulons pas
tique; et par conséquent, dans quel- dire qu'il n'y aura rien à réformer
Ques cas du moins, la signification dans les explications nombreuses que
^un certain nombre de lettres dans Chauipollion a faites de son sys-
les trois écritures se trouva fixée tèine; nous ne prétendons point af«
d*une manière rigoureuse. Champollion firmer qu'il ne se soit jamais trompé
donna à ses idées une extension toute dans la lecture ou dans l'interprétatioQ
€MÂ FRAIfCE.
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de quelques caraetères ou de quelques mois..... Mais la postérité n*en reconnaîtra pas moins avec nous que, depuis la renaissance des lettres , peu . d'hommes ont rendu à l'érudition des services égaux à ceux qui consacrent à rimmortalité le nom de Champollion. »
En 1824 , Champollion fut envoyé en Italie pour y- étudier les monuments égyptiens ; et il y examina surtout la belle collection de Turin. A Rome , il avait été chargé, par le pape Léon XII, d'un grand travail sur les obélisques ; mais la mort du pontife interrompit Tœuvre commencée. Au retour de ce voyage, qui avait jeté un grand jour sur rhistoire des anciennes dynasties . égyptiennes, il fut nommé conservateur du musée égyptien fondé au Louvre, et ou vert au public le 25 décembre 1827. Ënlln, par les soins des gouvernements toscan et français, s'organisa une expédition dont le but était l'exploration des antiquités égyptiennes dans rEgypte même. Cette expédition, qui comNut les voeux de Champollion , se composait de huit Français et de cinq personnes envoyées par la Toscane, à la téte desquélies était l'orientaliste Rosellini. Les voyageurs s'embarquèrent à Toulon , sur la frégate VÉylé, le 31 juillet 1828 , et arrivèrent, )e 13 août, devant Alexandrie. Après une exploration intelligente et approfondie de presque tous tes monuments de l'ancienne Egypte , Clinnipollion revint en France a la fin de 1829, rapportant une collection immense de notes et de dessins. La relation de son voyage est dissémin(''e dans les lettres qu'il a écrites d'Égypte, et que l'on publiait au fur et à mesure de leur réception. Le 7 mai 1830, il fut reçu membre de l'Académie des inscriptions, et lise disposait à remplir une chaire d'antiquités égyptiennes, créée pour lui au collège de fVance, lorsqu'après trois attaques d'apoplexie, il fut enlevé au monde savant le 30 mars 1831 , n'ayant pas encore accompli sa quarantième année. C'est une des plus grandes pertes que la France ait faites depuis plusieurs années, et elle est pour longtemps irréparable. Le gouvernement
a ordonné que sa statue serait placée dans la ville de Figeac ; et une pension
de trois mille francs a été votée à sa veuve par les deux chambres. Outre les ouvrages mentionnés dans le courant de cet article, on doit encore à Champollion : 1' CH^servations sur le catalogue des manuscrits coptes du musée Jiorgia à f elietri, par G. Zoéga, Paris, 1811 , in-8*; 2* Lettre ntr les odes gnostiquet attribuées à Salomon, Paris, 1815, in -8»; 3' Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens, ou Recherches sur les Hé' n^ts premiers de cette écriture sa»
crée , sur leurs diverses combinaisons et sur le rapport de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes, 2 vol. dont 1 de planches, Paris, 1824, in-8° ; 4" Lettres à M. le duc de Blacas d^Aulps^ relatives au musée royal égyptien de TUrin, uneseole lettre a paru ; Paris, 1 824, in-4*, 3 planches; 5° Catalogue des monumeiits égyptiens de la bibliothèque du f atican, 1825, in-4°, 3 pl.; 6<» NoHce descriptive des monuments égyptiens du musée Charles X, Paris, 1827; 7° Panthéon égyptien, Paris, 1827, 14 livraisons; 8° Quatorze lettres écrites d'Égypte pendant le voyage scientifique des commissions Jrançaise et toscane dans cette contrée; 9" Les monuments de V Egypte et de la Nubie, ou / monumenti delC Kçjitto e délia Nubia, 2 éditions, l'une Irançaise, l'autre italienne, en collaboration avec Rosellini ; enfin , un assez grand nombre d'articles et de mémoires insérés dans divers recaeila scientifiques.
Champoly , village du Forez , auj.
dép. de la Loire, à 33 kil. de Roanne, dans le territoire duquel se trouve le château d'Urfé, qui a donné son nom à la famille de l'auteur de Vjstrée.
Champbond ou Chamron, ancienne seigneurie de Bourgogne, érigée en comté en 1644.
Cu A MPI ERCiER, villagedel'ancienne Provence, auj. dép. des Rasses-Alpes, à 8 kilom. de Digne , patrie de Gassendi et du général Uesmichels.
Chaupiocë , aucienne seigneurie
L'UNIVERB.
CJU
de rAnjou , auj. dép. de Maine-€t' Loire, a S6 kif. d'An^rs. On remarque à Champtocé les ruines d'un vieux château où fut étouffé entre deux matelas, en 1450, Guillaume de Champtocé, frère de François duc de Bretagne. Ce château avait appartenu nu maréchal de Retz, oui en avait fait longtemps le tliéâtre de ses horribles dérauclies.
CRAMPTùCBAtJx , Castntm Cetsum, ancienne haronuie de l' Anjou, auj.dép.
de Maine-et-Loire , à 32 kil. de Beaupréttti , était autrefois Une tille oon» sidérpble. Elle fut prise successivement par Henri II, roi d Angleterre, en 1 t73J
Sar saint Louis, en 1:230; par Jean, duc e Normandie, en 1841 ; et par le duo de Bretagne en 1420 ; elle fut alors complètement détruite, et depuis elle n'a point été relevée. Il n'en reste que Tancien faubourg, où Ton compte maintenant 1,160 hab.
CnANCELIEBS DE FRANCE. — I/of-
fice de chancelier est aussi ancien que Ja monarchie ; dès le cinquième siècle, on voit paraître une classe de notaires coiuuis sons le nom de référendaires, et dont le principal, appelé grand référendaire , avait , suivant quelques auteurs, la garde de Panneau ou sceau royal ; les fonctions de cet officier devaient être à peu près les mêmes que celles dont plus tard les chanceliers furent investis. Dès la seconde moitié du huitième siècle , le titre de référendaire est fort souvent remplacé , dans les diplômes, par celui de chancelier', et, après cette épo()ue, ce dernier est le seul qui y paraisse. Les chanceliers avaient principalement la charge d'écrire , ou ae faire écrire les chartes , tes ordonnances , et de leur imprimer un caractère d'authenticité, en les contre-signant et en y apposant le sceau royal dont ils étaient dépositaires. Jusqu'au règne de François V\ Tautorité royale ne fut représentée que par le chancelier , qui était en même temps le chef de toute la magistrature. Lorsque le roi assemblait son grand consed, pour statuer sur das affaires d'État hors de la compétence du parlement, le chancelier pré-
sidait ces assemblées extraordinaires.
Ge fut l'évéque de Senlis , F. Guerio ,
qui fit décider, sous Philippe-Auguste, que les chanceliers siégeraient dans l'assemblée des pairs , et qu'ils siégeraient avant les autres grands officier»
de la couronne.
Du Cange cite, relativement aux attributions et aux gages des chance-* liera sous la troisième race, le passage suivant d*ttn registre de la coamfafe des comptes de Paris : « Nous avons « trouve une cédule qui estoit escrîte « de la main de feu maistre Saiitce de « la Charmoye, par laquelle il pria feu o maistre P. de Conde à son vivant, « puis qu'il fu euiré en religion, que il « n rescrisist ou signifiast, quiex ga- . « ges a voit accoustumé à prendre ce^ « lui qui porte le grant seau du rov. « Et ledit frère li rescrisit de sa main » propre en ladite cédule, que du temps « monseigneur saint Lo]jrs , maistre « Phi lippes d'Antongny portoit son o grant seau et prenoit pour soy et « ses chevaux et valiez a cheval sept « soUs pariais par jour, pour araine n et i)our toutes autres choses , et « excepté sou clerc et son vallet, qui « le servoit en sa chambre, qui men- «Joientà court, et estoient doublet « leurs gages ès quatre festes annuex « en l'an, et qtiant le roy prenoit gistc. « Item il avuit ses mantiax, si comme « les autres cleros du Wf , et livrée « de chandoille tant comme il eu con- « venoit, pour sa chambre et pour les « notaires à escrire , et quant li roy «voloit. Il li donnoit palefroy pour « soy, et cheval pour son clerc et som- « mier pour le registre. Et dit que de- « puis le temps monseigneur saint « Loys, ceux qui ont porte le seau du « roy se sont en ce cas portez en moult « de manières, si comme il ont voulu « et len leur a souffert. Item il dit en « ladite cédule que des lettres qui doi- « vent soixante sols de seau, le saeleur « prenoit dix sols pour soy, et sa por- « cion de la commune chancellerie, si « comme les autres cleros du roy. Et « quant il estoit en abbeyes ou en lieu oà « is ne dépendoit riens pour chevansy « ce lut estoit rabatu de ses gages. •
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Les chanceliers , d'abord nommés par le roi et révocables à volonté , se firent nommer à vie, puis eutin élire par une assemblée de ikiagiatrets et de grands seigneurs Iniques et ecclésiastiques que le roi présidait au T.otivre sans y avoir voixdéliberative. Mais leur inamovibilité fut complètement annulée par la créatioîi des gardes des sceaux. Les chanceliers ne portaient jamais le deuil pour quelque cause que ce fiU.
La teneur du ierment qu'ils pr^ taient entre les mains du roi a sou* vent varié. Voici la formule sur laquelle le chancelier Duprat prêta serment en if 14 : t Tous jures Dieu le « créateur et sur votre foy et lioii-> « neur, que bien et lovaulment exer- « cerez Tétat et ofiice de chancelier de « France; serez obéissant au roy , et « servirez audict estât envers tous et « contre tous, sans nul excepter; fe- « rez j|ustice à un chacua, sans accep- « tton de personnes ; là oà verret « qu'il y aura quelque désordre , tant « au faict de la justice que de la chati- « cellerie, y mettrez ordre, en adver- « tirez ledict seigneur , aGn de l'y « mettre ; aimerez le bien et honneur « d'iceluy seigneur, et en toutes clio- « ses lui donnerez bon et loyal con- •« seil. Quand on vous apportera à « sceller quelque lettre signée par le « commandement du roy, si elle n'est a de justice et raison , ne la scellerez « point « encore que ledict seigneur le « Gonrimandast par une ou deux fois :
<' mais viendrez devers celuy seigneur, «• et iuy remonstrerez tous les points « par lesquels ladicte lettre n'est rai- « sonnable, et après que aura entendu « lesdicts points, s'il vous commande « la sceller , la scellerez ; car alors le « péclié en sera sur ledict seigneur et « non sur vous.... Aultrement ferez « tous actes concernant Testât et qui « conviennent estre faicts par un bon « et loyal chevalier , comme ledict « seigneur a en vous sa parfaite fiance; « et ainsi le jurez et promettez. »
L'office de chancelier de France fut supprimé par une loi le 27 novembre 1790. Sous le régime impérial, il y eut on arcbicbancelier cnaiigé de U
promulgation des lois et des sénatusconsultes organiques, et qui assistait à tous les actes de l'état civil de la famille impériale. Les MtHbutions de cet officier, qui avaient été réglées par un statut impérial du 30 mars, furent dévolues au chancelier de France lor^ de la première restauration. Mais en 1815, le ministère de la justice fut distrait de la chancellerie ; la présidence de la chambre des pairs, qui était devenue la prérogative du oban* celier, lui fut enlevée momentanémeal en 1830, mais elle lui a été rendue il y a quelques années.
Les insignes du obaneelier de Franet ^ient Pénitoge ou simarre de velours rouge dounlee de satin, le mortier, et les masses que quatre huissiers portaient devant lui.
Il n'existe jusqu'à présent aucun travail satisfaisant sur les chanceliers de France, dont l'histoire est loin encore d'être sufGsamment éclair»
cie. Les auteurs qui ont traité eê sujet sont souvent en contradiction, et nous n'avons pu nous prononcer entre eux. TSous nous bornerons donc à donner ici une liste de oes officiers, en intercalant à leur place tous la noms fournis soit par Mabillon , soit par du Cançe. soit par les auteurs du nouveau traite de diplomatique. Nous renvoyons à ces ouvrages pour plus de détails.