‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 63 sur 86 · I.MTK CHRONOLOGIQUK 0«S CBASCtUBM OK · texte numérisé non relu

I.MTK CHRONOLOGIQUK 0«S CBASCtUBM OK

vvif piiiH X.B BftBv jusqu'à hos jonat.

Sous Pb/^H h Bref.

Cbrodinf , 752.

BcQit« 7$a.754- Vvidiur, 7Sa, 753, 759.

S. Bonifacp. «rdMfêfiw ds Miywt, 7Sa.

Krancon, 7i4' Volfard, 759.

Adalolfiu, 764.

Beddilo, 7Sa, 760» tSS.

Hîtliier, 767.

Sous CarlonuM, fils de Pépin, Magiaud.

Sous CltarUmagne,

LoddMTt ou Lnlbert, 768, 77a.

RItki«r, dë{l dunecUerMiuFrpin, 7O8, 790.

LaUiicr.

BartbAeniT, 7651, R idoii, 778, %o9.

Arcbeinband, 708.

Hicrtnias, 780.

WMcbald ou Hild< huld . 788.

Uatf rad oa Lntward, 800.

Habîllon pMM qn'on n'est pas surnsamment «tttoris^ à donner la tiuwde cbancdier à £f inlurd et à Autperi.

Sous Loub h DéàaMaire,

Bdiracar. jusqa'M 9ij* MilMfd. 818.

Loois, Sig*

Begeoifrld; uehevéqM d« VienflAi

Frideg'at,

Theodo ou HkUOO* Hugues.

IrmengiT. : '.

Deodat.

HalïMdiar.

Sous Char/ei ie ChtmPê*

Otadin.

Saus Zmus le Bègue,

Sous Curhma» //.

Wnlbrd.

Sous Charles le Gros, BaiMid. abbéd«Saliit.lliahrl.

Uatwud. liatpcrt.

Sotts Eudes,

mOn m Eblo.

^■cherté, évéqM de Purlt.

Gantier. Adalgaire.

Sous Charles le Simple, Feulqnes de Eetms , jtuqa'en 900.

Brmwt, id.

Machut. Anschcric.

Hervée, de 900 îi 91».

Katbodc , archevêque de Trêves.

Roger, arcberéqae de Trêves, rers 9».

I^tttwird» .

Sous RaouL Abbon, évéque de Soissons.

Anraaw m Amegiac. Thierry.

Sons Louis d'Outremer,

Ansusus ou Ansegise.

Eric, évéque de Lan grès.

Hagaei , éfi^aa de Aeims.

Aruld ou Artrad, «itlievéqiw dtUtat.

AleiBodre.

Gcronoe, aidieréqne de Boargea.

Acârd.

Sous Lothaire, AftaM «9 Artaud.

Odalric , archevèqne de Reima , jnaqu'en 971 AdalbëroD , archevêque de Reina.

Sous Louis V,

Idalbéfttn.

Sous Hugues Capet.

Adalbdnm (la miiaa que aooa Ladiaira).

lefinaU vm Batnald . Mque de Parla.

Biitger* dfêqne de Beauvais.

Sous Robert,

Abbon , évoque.

Francon , év^ue de Paria.

Arnalf , archevêque de Beiaaa.

PvIbartdaCharicai.

Sous Henri P*,

43erraia. archevêque da Kdna* toSft :

Bauduin, ie6t & IQ67.

Pierre, abbé de Salnt4>«raain, 1067 à 1071^ Guillaume, 1073. Gofrid, 1076 à 109a.

Roger de Beauvais, 1070, 1080, iio5.

Ursion de Senlis, 1090.

Hoberl* 1091, 109a.

Hamfaavd. logS.

Arnair, 1097.

Qlaldiert, 109$, iioS.

Étiaaoai iso6, 1108.

Sous Louis le Gros,

Éticnne (le même), 1x08 à 11 16.

Etienne deCarlanda» SII6, liaSi ll33* Fulcbrade, 1119.

Slnoa, tsaS, ixS3.

Bagues, txag.

Angria, ii34i

Sous Louis le Jeune,

Augrin (le même), ii5o.

Noël, abbé deRebais, ii4o« Cadurc, ii4o, It47t lidartc, ii4>.

BarlhUemy, 1 147< Baudouin, ti47' Simon, iiSo, ii53.

Hugues de ChampFleari|dfiéqtta de iiSi, X169, 117a.

de Puiseau«, 1178, Ii79«

Sous Philippe-Auguste,

Baguée de Paiaeain, josqn'ea 118S.

BngMa dt Béthisy, 1180,1186.

Sous Louis FUI, Goarîn, jusqu'en iaa6.

Sous Loms IX,

Gnarin , abdique en 1127, etapida loillyt

dans la cbancellerie.

Philippe d'Aiitongny.

Jeau Allegrin, vers ia4o.

La cbancellerie vaqae en ia4l.

nioolaa da Cania, aa49- SainMïinei. arèhevéque de Tyr, Jean de Court d'AnbargaiiTiUai

ia58, 1260.

La chnncrilerie vaque en laSg»

Simon de Brie, en ia6i.

Philippe de Caturc, 1x69.

Matbiea de Veaddatat abbé da SaiaMkaiti

ia«l.

Sous PhiRppe Ui.

pierre T^arbette, archevêque de Reims , H70,

La chancellerie vaque en xayii 'S74« ï*77»

Benri de Vczelay, sito.

Pleira da Cbalbm» tait & ittS.

i Sous PluRppe IF,

Jran de Vassaîgne, 119», mort en i3oo.

Étipnne de Sonsy, lagi, i3oa, i3o4.

Guill iuine de Crespy, 1 igS, IlifS»

Pierre Flotte, i3ao à i3oa.

Piaira da Balla»P8i^, évéqM 9lMmn» iM à •307.

Pierre da Orb. évlqna d'Aosaita* OaiHiiniiiada Ro|ai«t, XS07.

CHA

CHA

Gilles Ajccliii, •rclicvrquedeMarlioDnr, i3og, i3t3. Fiom^UtilH. i3r3&t3i4.

Sous Luuis le Hutilt»

ÉtÎMMWd* Mornai, i3>4,

Sous Philippe F,

Pierre d'Arablai, i3f7.

FirriP (le Chappes, i3>t.

Jean de Cbercbeinunt, 1 3an.

Sous Charles IF,

Pierre Rodier. i3a3.

J«m d* Chwdieinont, i3i8.

Sous Philippe Fl,

MalMea Famnd. sS»8.

Pierre de Marigny, archevêque de Rouen, t3a9. Guillaume de Sainte-Maure, iSsg, i334.

Pierre Rogifr, i334. (Depuis Clcment VI). Gui Baudet. éTcque de LaugrMf i334i l338. Élicnne de Viisac, i338.

QntlUume Flotte, i339,(i347.

Vtriatii Coquerel, éTêifue de Noyen, t349* Viatn d*U Forêt, cardinal, i357.

Sous Jean II,

Pierre de I» Forêt, forai d^MifMT Jt iSIf I iSSg, é|>oquo h lAquelle il Alt iMbI^N.

Fouqut't Bjrdoul.

Gilli'5 Aicelin de Montaf!;u, i357, i36o.

Jean de Oormans, cvèque d<^ Beauvaia, i36i.

Sous Charles F,

Le mime , joaqu'en 1371.

OaHIaoïne de Dormaas, t373. fiem d'Orgeuiont, i3lou

a&m CharUi Fi,

Miles oa VilM à» DonMas» MfM iê Banmbt

Pierre de Giac , i388.

Anead de Corbie, deetitaé en i3qS , réintégré de t4«e I i4e5( émuHUiâma» Mcoade foie, il exerça

de nomream fmpfem i4<9' H abdiqva

Hier de Martreuil Mouteux).

ineolas du ik>is, évêque de Bajens. 1398 à t4oo. Jean de MoaUffs» ardMrlqM da Hmh da s4aS I ■409.

Cberles de Saroiey (fort dootenx).

Bustache de l^istre, i4i3» pnis de i4i8 à i4aoi. Henri le Corgne, dit dellarle, i4i3, i4t8. JcoD le Giere, 1419 ^ i4>4.

Sous Charles Fil.

Louis de Luxembourg, évéquede Théroneuiie, t435.

Tbnmas Hoo, chevalier anglais, i44g.

Robert le Maçon. 1418. i4i9i i4>i>

Martin Ooaget de Charpaigtiet , éréque da Cler-

mont, i4it i 1435, pois de i4a5 à t4a8, ni'iiaiid de Chartres, archevêque de Reims ,'da al

mars au 6 août t4a4, puis de 1438 à i445- Goillanme JuTéual des Crsins, archevèquede Reims*

de i44S à s46t.

Sous Louis XI.

Pierre de Norvillier, 1461 à (465.

luétne Guillaume J««Mial« l47a« Pieria d'Oriolc, i483.

Sous Charles FUI.

Gotllamaa d* Roohefort, x49a, • ' —

Robert Briçonnet, arcLevéqoe de Reima, t4gi, tkn» Ooi da EadwTort.

Sotu Louis XIU \jti même, jusqu'en iSe^.

Jean de Gaunaj, i5i>.

Étieana Poncher, tSi5.

Sous Fran^ou /•', Antoine de Prat, i535.

Antoine du Bour^, i538.

Mathieu de Loiigurjoue, évè<{ae deSoisaons, d'abord

en i538, puis de i5.(4 ^ i545.

Guillaume Poyet. iS38 à i54a. ^ François de Montholon, «S43« Piraaçoia £rrault. tS44.

Ffaaçot» Olivier, i54S.

Sma Mèmi il»

Le nJoift

Jean Bertrand , nommé garde dea sceaux en iSSi jaaqa'aa 1SS9.

Sous François II,

Le même François Olivier, jusqu'en 1S60.

SoHS Charles IX,

Michel de riIJpital, 1&G8.

Jean de Morviller, évëqoe d'Orléans, tSgi.

B«Bd da BingM. Ittlkn. sS^S.

Sous Bout llh

Philippe Hurault, i588.

François de Montholon, iSSg.

Cbarlcs de Bourbon, cardinal de Ven4dMU

Sous Henri IF,

Le même , jusqu'en 1 589.

Le roi lui-même tint les sceaux jnequ'ea aaAt 1(98^

Le uicine Philippe Hurault, iSgg.

Pompone de Bellièvre, ifio^, Micolaa r

Bralard de SiUery, créé garde dea aeaaw M i6a5, at «haaealler en 1607 Joaqafin i6s6»

Sous Louis XIII.

Gaillaanie da Vair, garde dea aooaiûr. ifii6« ftiê

de 1617 I t6si.

Claude Mangot, garde des sceaux, 1616, 1617. Charles d'Albert , duc de Loynes, garde des sceaux,

I fn I .

Meri de Vicd'iCrmenotiville, garde des sceaux, >6aa.

Ix>uis le Fèvre de Caumartin, i6aa, i6a3<

Ëtienne d'Aligre, i6a4, t6a6.

Michel de MariUac, i63o.

Charlaa da l'AobeapIne, marquia 4a GMlana^llaïC

Pierre Seguier, garde des sccaui, i633, chancelier, i635 à i65o, |>uii en i65i, pais de i6&6à 167a. ■ton tiat lai

Le roi après sa tempe lui-méane.

Sous Louis XIF, Matliieu Molê, i65i, i656.

Étieone d'Aligre 11, garde des Miaas, i67»t celier de 1674 i 1677.

IMiclifl !(• Tellier, ifi;;.

Louis lîoucherat , i68fl à 1699.

Louis r'hpiypeaux de Pontchartrala, I7t4*

Daniel-François Voisin, 1717.

Sous Louis XF.

Benri-Fraaçvia d'Agneaseau, s7tl,atda>7aal t7ai« J.-J.-B. d'AcMDOMTÎUe, (7aa à 17x7.

Germain-Loab Chaavclin. garda «mtmm, 1737. OulL da Lano^BMi, i7S<i^

CIIA

'I.-B. ét Macbaalt, gatde de* acMiu» 1750. Le roi Louis XV. dm t4mn vjijmm iSoctabre 1761. If tcolas-Rmé Ben^Wk dw tnetacv ijtt. Paul-E*prit-Feyd«ta é» Brou, gard* dai MMiut*

Betii-Charlrs de Meaupoa . rice • chancelier, et

ganle des sreaux, puis chancelier en 176S.) BeiM-JNtc«U»>Cb.-AugtuUn de Maap«ou.

Sous Louis Xr/.

U Site* E. JT^^-Anf . 4a Hrarm, jittiia*cii

Sous fmiig^rt»

Cambacérèt, àrchicbamtiMr J««qa*«l lll4t M ^ rmnt Im caat jours.

501» Loms Xf^itt,

De Bareiitin , chancelier honoraire, de i8i4 à iBiq. Danbray, garde des sceaux, puis cfaaaèiliair <ie iliSi iia4.

Sous CJtarh's X.

Le inrinn Dainbray. jusqu'en iXaç).

De Pastoret, vice-cbanceLer en 1828, chancelier en ië3o, donae, après la révolution de juiUei, sa démission de* droite et prérogailvce.

Sous Loms-Ph^ffê,

Le baron Pasquicr.

ClIAi\CËLI£H D£ L'UmVEBSITB,

nom de Tofficier ehqrgé de sceller les

lettres des grades et des provisions , dans l'ancienne Université, il y en avait deux; l'un déuendait de l'archevêque, Tautre de Tabbé de Sainte-Oeoevieve.

'Na|>Oléon , en réorganisant TUniversite, rétablit le grade de chancelier, qui , cependant « depuis longtemps , D^est piaa eonféré.

Le ChancbLibI ou vice-président DE l'Académie française est le second dignitaire de ce corps. 11 reiUi plît les fonetioDS do direoteur, Ion* que celui-ci est absent.

Le Chancelier DU GRAND PHTEuai de France était l'officier qui scellait les commissions et les mandements da chapitre et de rassemblée des ordres de chevalerie , qui tenait le registre des délibérations et qui en délivrait les expéditions tous le sceau de Tordre.

Aujourd'hui , le premier dignitaire de l'ordre de la Légion d'honneur porte encore le titre de grand chancelier.

"Voy. LÉGION D'HOifirsin.

On donne aussi le nom de Chanceliers aux officiers chargés de la partie administrative et contentieuse des ambassades et dei oonsulats du dépôt et de l'expédition do tous les actes de la légation, des passe-ports et des actes de l'état civil des nationaux établis

ou voyageant dans les pays oii l'ambassadeur ou consul est accrédité. Ces chanceliers sont à la nomination des aml}nssndpurs et des consuls.

Chancelleiue.— Ce nom sert à désigner à la fuis le lieu où l'on scelle certaines lettres ou certains, actes avec le sceau du prince, pour leur donner l'authenticité nécessaire , et le corps des ofûciers qui sont employés à ces fonctions. H y avait autrefois plusieurs sortes de chaneellerioi que nous allons énumércr.

La grande chancellerie était le lien où le chancelier de France demeurait ordinairement, où il donnait audieiicct etc. C'était là qu'on scellait les lettres avec le grand sceau du roi , quand la garde en était confiée au chancelier (voyez Chancelier). On appelait jQS lieu grande chancellerie par opposition aux autres chancelleries établies près les cours et (nrésidiaux ; et on n*a commencé à lui donner ce nom que lors de l'établissement de ces chancelleries particulières, c>ât-à-dire, vers la fin du quincième siècle.

Les peHteè chancelleries étaient celles où l'on scellait avec le petit sceau les lettres de justice et de grâce. Il y en avait lui grand nombre. T^es lettres de justice étaient les reliefs d'appel simple ou comme d'abus , les anticipations , compulsoires , les re-

Suétet civiles, etc. Les lettres de grâce talent les bénclices d'âge ou émancipations , etc. Parmi les petites chancelleries ou distiix^uait les suivantes : 1* Chanetikrt^ pré» h$ parte»

vients. Ces chaneelleries furent établies Successivement auprès des parlements des différentes provinces, à mesure que ceux-ci furent créés, lorsque le parlement de Paris eut été rendu sédentaire. Ce dernier avait aussi une chancellerie, qu'on appelait ehane^lerte du palais ou peHfê chancellerie. Elle se tenait à Paris dans le Palais de justice, et était déjà établie en 1490.

2* Chaneeileries près les cours des aides. Ces chancellerie s i < mplissaient auprès des cours des aides les mêmes fonctions que les précédentes auprès

FRAIfGE«

CSA

des parlements. La première fut établie en 1574 près la cour des aides de Montpellier.

S* Chancellerie dea grands jours.

C'était une chancellerie particulière aue le roi établissait pour les grands Jour» ou aniiei qui se tenaient de tpmps en temps dans les provinoei éloignées.

4® Chancelkries des bureaux det finanee». Elles iTaient été établies

f)rès de chaque bureau pour sceller es jugements, les lettres, commissions et mandements émanés de ces tribunain.

5* ChaneeUêirie» présidiaUs, Les

Eremières chancelleries qui furent étalies nrès les présidiaux, furent créées

gir éait du mois de décembre 1S57.

epuis, ces chancelleries se multiplièrent successivement, à mesure qtir le nombre des présidiaux fut augmenté.

erchmeêûerîêdesjui/g. Cétalt «a* chancellerie établie spécialemeiit pour sceller les obligations passées en France au prolit des Israélites. Les Juifs ne pouvaient poursuivre leurs débiteurs qu'autant que les actes sur lesquels ils se fondaient étaient scellés ; et l'on ne pouvait faire usage pour eux ni du scel royal , ni du scel des seigneurs dont ils étaient sujets , parct que leur loi leur défendait de se servir de figures d'hommes em-

Ï freintes , gravées ou peintes. Phi- Ippe-Auguste , par une ordonnance dont la date est incertaine, établit dans chaque ville deux hommes de probité qui devaient garder le sceau des juifs et faire serment sur TÉvangile de ne l'apposer à aucune obligation, avant d'avoir eu connaissance

1)ar eux-mêmes ou par d'autres , que a somme qui était robjet de Tobllga* tion était légitimement due. Philippe V ordonna, au mois de février 1520,

3ue les émoluments de la ciiancellerie esjuife tourneraient au profit du roi comme ceux de la ebancellerie de France.

Les petites chancelleries furent supprimées par la loi du 7 septembre 1790, et In grande chancellerie par odie du 27 novembre suivant. La

chancellerie de France fut recréée en 1814, c'est-ù-dire, que l'oiûce decbaneelier fut rétabli.

L'hôtel qu'habite le garde des sceaux, ministre de la justice, porte encore aujourd'hui, au-dessus de la principale porte d^entrée, riaserfpliM de CAm* cellerie de France , et les arrêtés de ce ministre sont terminée par une formule annonçant qu'ils ont été donnés en chanoellerie. .

Chancellerie (hourte de la). C'é* tait le nom que l'on donnait à une portion des émoluments du sceau qui an* partenait i eertains ofBders de la chancellerie. Il n'est point parlé dft cette bourse avant l'année 13r)7.

Ch AivcELi^&iB {sckndum de). C'est le nom que Ton donne à vnt ancienne instruction pour les notaires et secré* taires du roi concernant l'exercice de leurs fonctions dans la ciiancellerie.

Cette instmetioa très-enriense eon<« tient soixante et dix articles , et paraît avoir été rédigée au plus tard entre 1413 et 1416.

CRAiTDBttiis. — Il y avait autrefois deux cor|)orations de chandeliers ou fabricants de chandelles : celle qui faisait les bougies et celle qui fournissait les chandelles. Le rdie de la taille de Paris sous Philippe le Bel nous apprend qu'en 1292 la capitale possédait soixante et onze fabricants de chandelles de suif et dix-neuf ciriers. Piéan« moins, les statuts de ce métier, conte* nus dans le livre d'hUienne lîoileau , ne parlent aue des premiers, et ce fut seulement le 12 avril 1520 qu'un rè< glement fut établi pour le métier des fabricants de bou^'it s et de cierges.

Après avoir été visé par une sentence du prévôt de Paris , le statut des chandeliers fut oonflrnié et ln> séré dans les lettres pntentps du roi Charles y I, sous la date de juillet 1392. Les chandeliers furent réunis, au commencement du quinsième siècle, au corps d'épiciers, puis ils en furent séparés en 1450, et il leur fut défendu de vendre aucune épicerie , et enjoint de se borner à la vente du suii^, de l'huile, du vieux oing, et d'autres semblables graisses, lis forniif ent aion

476 CHA Vm

de nouveau une communauté séparée, à laquelle il futdonnédes statuts et des jurés , comme aux autres corps de métiers. Quant aux épiciers , ils continuèrent de vendre concurremment avec les chandeliers jusqu'en 1469, oii cela leur fut défendu , les miicbaildk ses qui formaient l'objet du OOmmefCO de ces derniers.

Avant la révolution, l'apprentissage du métier de chandelier éùiit de six ans, après lesquels; deux ans de compagnonnage étaient encore exigés avant d'arriver à la maîtrise. Le brevet coûtait cinquante lÎYres, et la matbrise neuf cents.

ClUNDBANÂûOB. Yoy. InDS FRAN- ÇAISE.

Chandbbnagor (prise de). — Vers

le miiieti du dernier siècle, notre puissance dans les Indes allait en s'anioindrissant chaque jour. Cependant, nous étions encore nrattres de Chandernagor, et cette possession faisait un tort immense im commerce des Angbis dans cette riche contrée. Aussi exdtait - elle leur convoitise. Néanmoins, en 1757, le vice -amiral Watson , trop faible pour en risquer la conquête, consentit d'abord à renou- Tcter le traité de neutralité qui déjà avait été conclu , pour les possessions des Européens dans les Indes. Ce traité avait été rédigé; on allait le signer , et le Yice - amiral en avait même donné sa parole , lorsqu'il apprit que le vaisseau le Cumoerlundi de quatre-vingts caoons, et monté de mille hommes de débarquement , était arrivé à l'embouchure du Gange. Aussitôt il rompt la négociation, et, au mépris de ses serments, il forme le siège de Chandemagor par terre, tandis que dix-huit vaisseaux foudroient la place du côté de la mer. Les Français , surpris , ne perdirent point courage. Ils réôlstèrânt cinq jours, et ne capitulèrent qu'à la der^ -nière extrémité.

Chandieu (A. la Roche de), né vers 1534 dans te Mâconnais , d'une ancienne famille du Forez, fut à vingt ans reçu ministre protestant, et chargé d'exercer les fonctions du ministère à

VERS. CHA

Paris, d'où quelques écrits en faveur des calvinistes le forcèrent plus tard de sortir. Il se retira à Genève , en 1562, après avoir présidé le synode national d'Orléans. Appelé ensuite auprès de Henri IV, encore roi de Navarre, il ne put supporter longtemps les fatigues ae la vie des camps , et il revint à Genève, où il exerça de nouveau son ministère, et professa la langue hébraïque jusqu'à sa mort, arrivée le 23 février 1591. Il prenait dans ses œuvres le nom de Sadeel ou Zamariel. On lui doit, outre quelques ouvrages théologtques , une Histoire des persécutions et des martyrs de téfjlise de Paris, depuis l'an 1557 jusqu'au règne de Charles IX, Lyon, 1568, in-8*. Il avait eu avec Ronsard une querelle qui avait donné lieu , de part et d'autre, à plusieurs écrits injurieux , dont l'un est intitulé : la Mé" iamorphosê de Ronsard en prêtre.

Chanfrein ou Chamfrain. — On appelait ainsi une pièce d'armure, une espèce de masque en métal, ou en cuir bouilli , qui couvrait le devant de la tête du cheval, quand il était monté par un cavalier armé de toutes pièces.

Le chanfrein présentait souvent à son centre un daid allongé, espèce d'arme offensive dirigée contre le cheval de l'adversaire. Il existe au musée d'artillerie de Paris de très-beaux chanfreins en acier poli damasquiné d*or. En effet, on avait poussé fort loin le luxe de ces armures, qu'on ornait quelquefois de pierreries , d'or et de panaches. Elles n'ont guère survécu au règne de Henri IV.

CHANGABNîKRfNicolas-Anne-Théodulej , né à Autua, en 1793, entra au service en 1816, comme garde du corps, avec le brevet de lieutenant de cavalerie. Il se fit remarquer dans plusieurs affaires de la campagne d'Espagne de 1820, et fut admis, en 1825, en récompense de ses services et de son dévouement bien connu à la dynastie régnante, avec son grade de lieutenant, dans le l*** régiment d'infenterie de la garde royale. Trois ans après , il fut nommé capitaine. Il fit partie de l'eApédition d'Alger eu 1830|

CHA

ie trouva h toutes les affaires oui signalèrent cette campagne; et (lepuis, li s'est acquis, par de glorieux faits d'armes , des droits incontestables à Testime et a radmiration du pays.

En 1835, ie capitaine Charii^arnier fut nommé chef de bataillon, et justifia ce clioix par des actes d'une Sra- 'VOiire éclatante. Le bataillon quMl commandait fit partie de la première expédition de Constaotine, en lâ3G.

Pendant cette courte et désastreuse campagne, ce brave ofQcier sut trouver plus d'une occasion de se signa let-. Le 34 novembre , dans l'un des moments les plus difQciles de la retraite, son bataillon et le 68* régiment d*infanterie de ligne, soutenus par les chasseurs à cheval d'Afrique, repoussèrent toutes les attaques de Pennemi , lui tuèrent beaucoup de monde, et parvinrent constamment à le contenir. Le commandant Changarnier surtout attira sur lui les regards de toute l'armée. Presque entouré par les Arabes , chargé vigoureusement, et perdant beaucoup de inonde, il sut inspirer une telle confiance à son bataillon aui venaitdese former en carré, qu'à ('instant où ils étaient -ie plus viveînnnt assaillis , ses soldats poussèrent deux cris de vive le roi! les Arabes intimidés firent demi-tour à vingt pas du bataillon , et aussitôt un feu de deux rangs couvrit de cadavres trois faces du bataillon carré. Pendant toute la journée du 24 , et pendant celles qui suivirent, ce bataillon continua de servir à l'arrière-garde avec la même distinctiou. Changarnier fut ensuite nommé lieutenant - colonel du 10* régiment d'infanterie de ligne , puis il fut maintenu en la même qualité au 2" léger. JNommé colonel de ce régiroeoC le 37 août 1839, il se fit encore remarquer plusieurs fois, notamment dans les affaires des 14 et 15 décembre 1839, et surtout au combat d'Ouad- Halleg.

Lors de l'expédition de Medeah , en avril et mai 1840, il fut de nouveau cité avec éloges dans les rapports officiels, surtout pour l'affaire du 8 mai, où quatre compagnies du Se l^er

emportèrent avec un âan extraordinaire les hauteurs qui forment la berge

fauche de la rivière Ouad-ei-Hach«u.

•e succès de ce combat fut dd , selon le rapport du maréchal Yalée , à l'hâbileté et à Ténergie du colonel Changarnier.

A la prise du col de Moozafa , le 13 mai , le 2* léger, entratué par son co*

lonel , se précipita sur les retranchements, triompha de tous les efforts des Arabes, les culbuta dans les ravins, et vit enfin flotter glorieusement son drapeau sur le point le plus élevé de la chaîue de l'Atlas.

Dans l'expédition qui eut lieu au mois de juin 1840, Gnangarnier se fit de nouveau remarquer , et fut cité dans les rapports officiels , pour sa brillante conduite aux affaires du 13 et du 15. Dans cette dernière il eut ses habits criblés de balles.

^ommé maréchal Ue camp, le 21 juin 1840, il fut ensuite chargé de plusieurs expéditions ayant pour objet, soit de ravitailler les places occupées par nos troupes , soit de chutier les tribus hostiles ; toutes ces expéditions furent conduites avec une énergie remarquable, et elles ont eu tout le succès que l'on devait attendre des talents et de la bravoure du général Changarnier.

Changeurs. On sait que dès le onzième siècle , la multiplicité des monnaies, dont le cours était resserré dans des districts particuliers, avait donné naissance à rétablissement de changeurs titrés dans les principales villes du royaume, surtout dans celles où se tenaient les foires. Ces hommes se chargeaient de recevoir indistinctement toutes les espèces anciennes, défectueuses, hors dt; cours, et faisaient ainsi des profits iisuraires, qui leur permettaient d'afficher un grand luxe (*). Ils furent nos premiers banquiers ; et c'est sans doute aux cédules ou billets qu'ils donnaient quelquefois an lieu d'argent, et dont on devait

(') Factunt boc intentione lucrauJi; denique incttirunl erimen innrn. Die^Mumirt de Jean de Garlaade, » , S5,

toucher la valeur chez un changeur d'une autre ville, qu'il faut rapporter l'origine des lettres de ehange.

A Papis,les comptoirs des changeurs, presque généralement tenus par des juifs ou par les Lombards établis dans cette ville vers la fia du douzième siècle (voyez Lombabds), occupaient les maisoi^s qui ^garnissaient les deux côtés du pont au Ciiange. Mais en 129C, lorsque ce pont, alors bâti en pierre, eut été ruiné, et refait en bols. Phi* lippe le Bel rétablit les changes ou bureaux des changeurs, entre la tête (|u pont et l'église de Saint-Leofroy. Le même prince institua, en 1305 , quatorze autres changes publics dans divers lieux de son royaume (*). A la différence des banquiers, qui n'étaient que des négociants , les ebangeurt avaient titre d'office , leur nombre était limité , et divers règiements déterminaient leurs droits et leurs obligations. Charles VI, par lettres patentes du 14 novembre 1421, les soumit à lajuridiotion des généraux des monnaies. Un édit de lôôo, confirmé par Charles IX en 1571 , et par Henri III en 1580 , érigea leurs charges en titre d'office liérédit.Mre. l")es lettres patentes du 29 décembre 1581 les déclarèrent exempts de la collecte des tailles, du guet, des eorvées, etc. Par un édit d'avril IGUU, leur nombre fut diminué de moitié , et il leur fut enjoint de tenir des registres, de eîsailler toutes les espères décriées, et de déformer celles qui n'avaient p;is le titre légal. En 1696, Louis .XIV r^la leurs droits de cliange, leur enjoignit d'envoyer aux botels des monnaies toutes les espèces ou matières à réformer, et coufirma leurs privilèges.

Enfin la eoor des monnaies résuma, Dar un arrêt de janvier 1716,' les nom- Dreux règlements qui les concernaient.

Ajoutons encore qu'une déclaration du 7 octobre iliS ordonna, sous peine de eonfiseation, de remettre aux hôtels des monnaies ou aux changes les plus

Srochains , contre le payement ioiméiat de leur valeur, toutes les vieilles

(*) Du Cany, sa moi CmaUmh

monnaies de France trouvées sous les scellés , parmi des effets saisis , dans des démolitions , etc. Ce fut là Torigine du cabinet des médailles qui se trouve à l'hôtei des monnaies de Paris. Le Livre (le la taiUe de Paris, sous Philippe le Bel, en 1S93, nous apprend qu'à cette époque la capitale comptait, outre quarante-neuf lombards et loinbardes , seize changeurs. On y compte aujourd'hui vingt'hiiit changeurs.

Chanoines. Le mot chanoine, dérivé de canonicus, est grec d'origine:

xavwv signifie règle. On désignait donc, dans Porigine, par ce niot, des ecclésiastiques soumis à une r^le; et en effet, rbistoire ecclésiastique nous apprend que dans la primitive église, les chanoines, ou prêtres formantle clergé des cathédrales , vivaient en communauté comme des religieux. Avec le temps , le sens du mot se modifia, et il fut employé pour désigner des ecclésiastiques séculiers. On fait remonter à Tan 1200 l'époque de ce changement, dont le résultat fut d'affranchir les chanoines des gênes de la vie commune.

Avant la révolution, il y avait des églises, telles que celles de Lyon et de Strasbourg, dont les chanoines étaient obligés de faire preuve de noblesse.

« Les chanoines de Snint-Jean de Lyon, dit Sainte-Foix, foni preuve de quatre races de noblesse paternelle et maternelle. • Aussi prétendirent-ils que de bons gentilshommes comme eux n'étaient pas obligés de se mettre à genoux à l elévatioQ de l'hostie. La faculté de Sorbonne condamna cette prétention, comme arrogante et scandaleuse; mais les chanoines noblesse pourvurent au conseil, en disant que la liKulté de Sorbonne n'avaft point de juridiction sur leur chapitre, et le conseil, par arrêt du 25 août 1566, cassa la censure de la Sorbonne, .

Les chanoines étaient et sont encore obligés de résider dans le lieu ou est située leur église , et d'y chanter Toflice aux heures reliées. Il a' était pas nécenalre d'être pidtre, avant 1788, pour posséder un canonicat; mais lot chanouKi qui n'étaiott poim aosaiéi

rUNlVERS.

dans les ordres sacrés n*avaieDt jpas voix au chapitre.

Chanoines HiR^oiTàiBB8.0n appelait ainsi des laïques auxquels quelques églises ou collégiales avaient, pour prix de libéralités ou de services, conféré les honneurs du canonicat, avec le pouvoir de les transmettre à leurs descendants, comme un bien patrimonial et séculier. Par le fait de son avènement à la couronne, le roi de France était premier chanoine honoraire héréditaire des églises de Saint- Hilairc de Poitiers, de Saint-Juhen du iMans, de Saint-Martin de Tours, ainsi que des cathédrales d*Angers. d'Orléans, de Lyon et de ChAlon.s. Lorsqu'il y faisait son entrée, on lui présentait l'aumusse et le surplis. Les ducs de Berrl étaient chanoines lionoraires de Saint- Jean de Lyon. Les comtes de Ciiastelus en Bourgogne prenaient le titre de premier chanoine héréditaire de Téglise cathédrale d'Auxerre, et voici à quelle occasion ce titre leur avait été conféré : en 1423, Claude de Beauvoir , seigneur de Chastelus , ayant chassé de Crevant des brigands aui's'en étaient emparés, et rendu au chapitre d'Auxerre cette petite ville qui lui appartenait, le chapitre lui conféra , en reconnaissance de ce service, la dignité de premier chanoine héréditaire dont le seigneur de Chastelus prit ainsi possession : après avoir prêté serment, il se présenta , pendant tierce, à la porte du chœur, en huhit militaire, botté, éperonué, revêtu d*un surplis , le baudrier en sautoir, l'épée au côté, ganté des deux mains , l'aumusse sur le bras gauche, un faucon sur le poing, et à la main droite un chapeau bonté , orné d'une plume blanche. Il fiit Introduit et proclamé, prit place à droite dans les hautes stalles, entre le pénitencier et le souschantre, et contmua jusqu'à la fin avec ses confrères Tuffice commencé.

La dignité de chanoine héréditaire fut abrogée, comme beaucoup d'autres, lors de la révolution.

On ne dit point d'ailleurs que nos rois aient jamais fait usage des prérogatives (font elle les investissait ^ car, à

l'exception de Robert, on n'en cite aucun qui ait pris personuellcment part aux cérémonies cfe l'église.

Chanoines hégl-mers. C'étaient des chanoines qui étaient revenus à leur ancienne institution , et qui vivaient en communauté. Ils demeuraient tous ensemble, sous la direction de leurs évéques, et habitaient un même cloître. C'est de la que les quartiers voisins des églises cathédrales oa collégiaîes s'ap[)ellent encore aujourd'hui des cloîtres.

Dans les derniers temps qui ont précédé la révolution , tous les religieux connus sous le nom de rlianoines réguliers, les Préuiontrés, les Antonins, les Genovéfuins, les Victorins, possédaient des cures, des prieurés, des abbayes ; bénéfices qui étaient interdits aux autres religieux par les canons. La règle qu'ils suivaient était celte de Saint-Augustin.

C 1 1 4 N 0 1 N E s s E s , fi 1 1 es qui exerçaient les mêmes fonctions que les chanoines; qui 1 connue eux, formaient un chapitre, possédaient des prébendes, et chantaient à l'église à des heures marquées, revêtues de l'aumusse; elles n'avaient d'ailleurs aucun vœu a faire. Elles avalent la libre Jouissance de leurs bieiiS, et vivaient chacune en son particulier, quoique leurs maisons fussent dans un même enclos.

Si, malgré les commodités d*un pareil genre de vie, elles venaient à s en déjiortter, elles pouvaient le quitter et se marier. Pour être admise parmi les chanoinesses, il fallait faire preuve de la plus ancienne noblesse.

il y avait aussi des chanoinesses régulières, qui faisaient des vœux et vivaient , comme les chanoines régu- ]iers,en communauté, sous la règle de Saint-Augustin.

CuANSON. « Voltaire a dit avec raî- • son qu'il n'y avait point de peuple « qui eût tto aussi grand nombre de « chansons que le peuple français; et « cela doit être , s'il est vrai qù*il n'y « en a pas de plus gai. Cette gaieté a « été surtout satirique ou galante, n La citation et la réflexion sont de la Hairpe. Au même endroit, la Uarpo

dit encore, en parlant dWrecaeil de

vers fait de son temps , où l'on avait imaginé de rappeler et de caractériser les événements et les personnages du dix-septième siècle par les chansons dont ils avaient été le sujet : a Cette e idée est prise dans le caractère fran- « çais; on n'aurait pas imaginé chez « les Romains, ni même chez les Athé- « niens, aussi légers que les Romains « étaient sérieux, de trouver leur his- " toire dans leurs chansons. Celles « d'Horaee et d*Anacréon n'ont pour « objet que leurs plaisirs et leurs « amours ; et les guerres civiles et les « proscriptions n'ont point été chez « les anciens des sujets de vaudeville.» En effet « à quelques exceptions près , telles que ces couplets populaires chantés en chœur dans les fêtes publiques de la Grèce, et dont nous avons un exemple dans les vers en Tbonneur d'Harmodius et d'Artstogiton conservés par Athénée, telles que ces chants fiescennins, qui, répétés par les soldats romains derrière le char de triomphe,

f)Oursuivaient de leurs piquantes raileries le vainqueur au milieu de sa gloire, la chanson se bornait, en général, chez les anciens, à célébrer Tamour et à prêcher la morale du plaisir. Encore faut- il remarquer que dans ce genre , les chansons des anciens sont rarement susceptibles d*étre assimilées aux nôtres , pour la forme du moins , et que d'ordinaire elles rentrent dans les différentes espèces de poésie lyrique.

La chanson, dans l'acception la plus ordinaire que noire langue donne à ce mot, genre de poésie vif, léger, rapide, populaire, consacré tantôt à l'enpression du plaisir, à l'éloge de l'amour, a celui de I ivresse, tantôt aux traits railleurs d'une gaieté satirique qui fronde les ridicules et les abus de la société ; la chanson , ainsi entendue , appartient surtout h notre nation :

elle est toute française. £lle est un des traits les plus sailiants de notre physionomie nationale. On la retrouve à toutes les époques de notre histoire, dans toutes les vicissitudes de la fortune française. « On chantait , dit

ERS. au

M. da Tony, quand les Anglais d^ membraient le royaume; on chantait pendant la guerre civile des Armagnacs, pendant la ligue, pendant la fronde, sous la régence; et c'est au bruit des chansons de Rivarol et de Chancenetz que la monarchie s'est écroulée à la lin du dix-buitième siècle. » Les chansons de Rutebœuf , ce poète contemporain de saint Louis, montrent déjà sous une forme rude et sans souplesse, telle qu'était la langue il y a six siècles, le germe vivace de cette gaieté caustique et de cette philosophie sensuelle qui composent chez nous le caractère principal de la chanson.

Remariqnons toutefois que. ce n'est

qu'au seizième siècle que la chanson en France est devenue surtout épicurienne et moqueuse. Au moyen âge, il lui arrive plus d'une fois sans doute de célébrer en riant l'amour et le vin, de raconter les folles équipées des écoliers et des ribauds, de frapper des traits du ridicule les prodigalités des grands et les désordres des moines.

On connaît les vaux de vire d'Olivier Basselin et les huitains de Villon. Mais le plus souvent, avant le seizième siècle, la chanson est un genre de poésie assez semblable ù la ballade, et qui se prête maintes fois comme elle à l'expression de sentiments sérieux. La plainte amoureuse aux accents lanuissants et souvent mélancoliques y omine surtout, comme dans nos romances actuelles. Quel(^uefois une sentence morale y est présentée avec une gravité naïve; ou bien une leçon de piété, d'honneur et de courage, y est donnée aux chevaliers, comme dans cette religieuse exhortation à la croisade, qu'on trouve au milieu des chansons de Thibaut de Champagne:

Signer, ncte, ki or m •'«n ira

Kn c«1e terre, a Diex fu mort et vit,

Et ki )a croix d'outre mer ue prendra «

A paines mais ira en paradis :

Ki a en toi pilié et rameinbrance » ' '

Au haut seigneur doitqacm M ttofUM

Et délivrer sa terre et son pays.

Il faut remarquer aussi qu'à cette époque la forme métrique de la chanson était oïdinaiiement plus savante

GMA

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