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^6 la douleur et la piété déposent ^ sur les tombes, et suspendent aux mo- * nuraenU faneras.
Ghapel dk paon.— Ce chapel était une couronne ornée quelquefois de broderies , de dorures , et surmoutée de pluniM de paon. La fabrication de cette parure était libre comme relie des chapels de fleurs. Le chapelier de paon ne payait à Paris aucun droit d'entrée m de sortie pour ses ntar* cliandises. II n'étnit point rippelé pour faire le guet , à moins qu'a sa profession il n'en joignit une autre aui 1'^ assujettit. Il pouvait travailler de nuit comme de jour, et devait le faire avec loyauté. « Se chappelliersde paon, dit « Je Registre des métiers , met seur « diapeeude paon estainsdoré, liquex « estains n* est pas seur-argentés avant « qu'il ne soit dorés, l'uevre est fause « et doit estre arse ^brûlée) et cil sur « qui oele ouevre est trouvée sera à « V s. d'amende à poiier au roy. » Les troubadours et les trouvères, vainqueurs dans les jeux-partis, étaient couronnés ordinairement d*un cba* pel de Heurs , mais quelquefois aussi d'un chape! de paon , qu ils portaient tant que durait le jour de leur triomphe, et le conservaient ensuite avec soin en mémoire de leur victoire. On ignore quand a cessé d'être employée celte riche coiffure, dont il ne reste que le souvenir aujourd'hui.
CHApBLAiif.— Selon du Cange, les premiers clercs appelés de ce nom furent ceux qui étaient chargés de garder la chape de saint Martin et de la porter aux armées. Nous avons vu (*) que cette chape n'était rien autre choseque ce que nous appelons aujourd'hui une châsse. On donnait aussi aux gardiens des ohflsses qui contenaient les reliques des autres saints , les noms de capellaniy ou marffjrarîi , custodes martyrum et cuhicùlarii. Enfin , on appelait encore chapelains, les prêtres mil assistaient les evéoues dans la célébration des offices religieux.
Un capitulaire de Cbarlemagne, année 769, qui défend aux serviteurs de
O Art» Cmu% as uan VUmbim,
Dieu de porter les armes et de combattre, semble faire , en fiiveur des chapelains, une exception que nous
n'avons vue signalée encore nulle part.
Voici le passage : Servis Dei per omnia omnibus armcUuram portare, vel pugnarây aut in exercUum et in hostern pergere omnino pro/ubemtts, 7nsi illis tantummodo qui , propter divinum minisierium, missarum soiiteet sotemnia adimplenda , et sanr ctorum patrnclnia porianda, nd hoc e/erti sunl , ù/csf, unum vel duospresbyteros cum captlianis prcabyteris.
Cette disposition s'explique par l'usage où l'on était alors de {)orter, à la suite des armées , les reliques des saints, et par la nécessité dans laquelle pouvaient se trouver les cbapelallis de défendre le dépôt prédeux qui leur était confié.
Les chapelains étaient en même temps chargés de célébrer, sur des autels portatifs, ou sur tes châsses de leurs saints , la messe pour le roi, quand il était à l'armée , et (^u'il ne se trouvait point dans fe voisinage d'une église où il pât l'entendre. La faculté de remplir ses devoirs religieux sans se déranger, et de faire venir Dieu à soi, au lieu d'aller à lui, ayant ensuite paru fort commode aux rois, ils érigèrent dans leurs palais des chapelles pour eux , leur famille , leurs grands officiers , et y attachèrent uu clergé. Alors le chapelain, qui fut le chefde ce clergé , devint un personnage considérable. Il fut chargé de veiller à ce que le clerc célébrât, les jours ordinaires , l'office dans la cha» pelle du roi, et lui, qui était toujours un haut dignitaire de l'Église, un évêque ou un abbé , n'ofliciait que dans les occasions solennelleB. H fit partie de la maison du roi , eut bouche à cou?', reçut des gages, et tint tous les ecclésiustiques du palais sous sa juridiction. Les grands vassaux imitèrent le roi , les vassaux de second ordre imitèrent leurs suzerains , et le nombre des chapelles et des chapelains 8*aoerttt rapidement.
Mais ces ecclésiastiques qui, en verta de leun fonctions, babit«!ent despt-
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lais OU des châteaux , et se trouvaient toute la Journée en la compagnie des Tdiset des ghinds, excitèrent bientdt, à un haut degré, la jalousie de leurs confrères, et AVala, abbé de Corbie , leur reprocha de n'appartenir en rien à rÉsIise , de ne 9&rnr qae pour la parade , de n*avoir en vue que le lucre et les vanités du monde, de ne vivre ni sous la règle monastique, ni sous l^autorité épisoopale. Quoi qu'il en soit, fondés ou non , ces reproches ne détournèrent personne d'une carrière qui conduisait aux dignités religieuses quand on ne les possédait pas , et au pouvoir temporel quand on n'avait plus rien à attendre de l'Église.
Les chanelains tinrent longtemps à honneur de faire usage du privilège qui leur avait été accordé par Charlemagne de porter les armes; et, dans les cérémonies importantes , encore Qu'ils n'eussent pomt de reliques à oéfeddie contre l'ennemi , ils ne manquaient pas de s'en prévaloir. Yôici une anecdote qui le prouvera :
Depuis un temps immémorial , il était d'usage à Toulouse de faire souffleter un juif par un chrétien , le dimanche de Pâques , sous le porche de la cathédrale , en punition des outrages que ses aneêttes avaient faits à Jésus-Christ. L'an 1018 , le vicomte Aimery de Roehechouart étant venu faire ses pâaues à Toulouse , le clergé toulousain délégua par civilité à HotfueSf chapelain de ce seigneur, l'office de souflleter le jnif : Hugues s'en acquitta avec tant de dévotion et de vi-
gieur, qu*îl fit sauter, avec son gtm' leide /eTj les yeux et la cervelle du patient, et le renversa roide mort sur le pavé.
Les chapelains , jusqu'au milieu du ^atorzième siècle, furent chargés de la garde des reliques. Mais quand on cessa de les porter à la téte des armées, leurs fonctions perdirent de leur importance. Le chapelain du roi lui-même perdit de la considération dont il avait joui jusqu'alors ; il fut remplac( par raumdnier, et tomba dans les rangs du clergé subalterne, 4oBl jus^u'atort il avait été le cbeL
On appelle chapelains aujourd'hui , des ecclésiastiques qui desservent , des chapelles publiques oh privée»» • dans lesquelles on ne peut célébrér ni baptêmes , ni mariages , ni enterrements, sans l'autorisation du curé de la paroisse dans la oiraooscription de laquelle elles se trouvent.
Chapelain (Jeau), critique et poète, l'un des premiers membres de l'Académie française et de celle des inscriptions et belles-lettres , naquit à Paris, le 4 décembre 1595. Son père, qui était notaire au Châtelet, lui destinait sa charge ; mais sa mère ambitionnait pour lui les palmes de Ronsard. Au sortir du collège de Cal vi, où il avait fait ses études de latin et de grec, il parut un moment douter de sa vocation, et il se mit à étudier la médecine. Mais il quitta bientôt celte étude pour enseigner l'espagnol, et entra enfin chez le marquis de la Trousse, grand prévôt de France, en • qualité d'instituteur des fils de ce. seigneur. Leur é<lucation terminée au bout de dix-sept ans, il fut charge de la gestion des affaires de la famille, ei écrivit, au milieu de res soins, une traduction du roman espairnol de Gusman d'Aljarachc. Le cavalier Marin! vint, en 1623, faire imprimer à Paris son poënie de XAdone ; Chapelain l'ut chargé d'en composer la prélace. Ce morceau, qui le Ut connaître de Riehetieu, est, du reste, asaes &ible, écrit d'un style ampoulé, et rempli d'éloges sans restriction , que n'a point sanctionnés le jugement de la postérité. Chapelain était pourtant homme de sens , sinon homme de génie, et il contribua par ses elîorts à ramener les auteurs français à une plus striete observance des règles de la littérature dramatique. Il rat un des premiers membres de cette société d'hommes de lettres qui, plus tard, devint TAcadémie française; et ce fut lui, suivant Pélisson, qui détermina ses collègues à accepter les propositions du cardinal. Dans l'opinion quMI rédigea lorsqu'il s'agit d'ériger la société en corps , il exposa « que a l'objet de aes travaui ocfait être
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IIIANCE.
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« de travailler à la pureté de no- « tre langue, et de la rendre capa- « ble delà plus grande éloquence; que, « pour cet effet, ilfiillait premièremeDt • en régler les termes et les phrases « par un ample dictionnaire et une o grammaire tort exacte. » Quelques traits du plan qu'il traça du premier de ees deux ouvrages nous semblent assez remarquables pour être indiqués en passant. Il proposait de grouper après chaque mot smiple, c'est-à-dire • radical , tous ses composés , ses dérivés, ses diminutifs , etc. Une table alph.il)cti(jue devait être placée à la fin pour la facilité des recherches. Il voubit encore qu'on dtât de Torthogra* phe toutes les superfluités qui pouvaient en être retran< lu'es sans conséquence, et conseillait de compléter, par une rhétorique et une poétique, la ■ërie des publications de PAcadénile. Quand celle-ci eut été définiti- Tement instituée, il prit la plusgrande part à la rédaction de ses statuts. Plus tard, il se trouva Ton des commissaires chargés de l'examen du (1(1, et ce fut lui qui écrivit les sentiments de TAcadémie sur Foeuvre de Corneille.
Tout entier aux lettres, il refusa, en 1632, le poste de secrétaire d'ambassade, que lui proposa le comte de I^oaiiles , ambassadeur à Kome. Il en fut dédommagé par le cardinal, qui lui assigna , avec le titre de conseiller du roi en ses conseils , une pension de mille écus. Chapelain, de son cdté, se montra reconnaissant de ces faveurs; il composa à la louange de son protecteur une ode dans laquelle lioileau voyait, dit-on, quelques beautés, et qui ne nousparatt remarquable que par une flatterie sans mesure, et un style alternativement bas et ampoule. Quoi qu'il en soit, il devint bientôt Toraàe des écrivains. Racine, qui quelquefois le consulta, obtint par lui une pension de six cents livres. Chapelain mit vingt ans à travailler son grand poème de la Pucelle , ou la France délivrée. Le plan en nrose en avait paru fort beau. Prôné longtemps d'avance comme un chef-d'œuvre, l ouvrage vit eûûa le jour en 1056, et,
malgré les six éditions qu*il eut en
dix-huit mois , causa bien des désap-
t)ointements. Les épigrammes assailirent de toutes parts le poète. Boileau et ses amis imaginèrent de s'imposer
la pénitence de lire quelques pages de la Pucelle , chaque fois qu'il leur échapperait une faute de français.
Pour consoler le pauvre auteur*, le duc de J.oimueville , qui avait accepté la dédicac(î de son poëme, doubla U pension de mille écus qu'il lui avait faite pendant toute la durée du travail. Chapelain n'a fait paraître que douze chants , c'est-à-dire , la moitié seulement de sou œuvre. On peut voir à U bibliothèque royale manuscrit det douze autres. Dans la préface de cette seconde partie, il se plaint fort amèrement des critiques dont sa poésie a été robiet , et finit en déclinant à peu près le jugement de ses contemporains. Cette préface inédite est peutêtre ce que Chapelain a jamais écrit de mieux.
Au milieu des sentiments fades « des expressions barbares, des fatigantes descriptions , qui ont fait condamner la Jeanne d'Arc de Chapelain , on est étonné de rencontrer ça et là de véritables inspirations. 11 rend de la manière la plus heureuse l'effet de l'éloignement progressif du paysage derrière une barque qui descend la Loire;
•> Cliiii.iii li.iisfi-, (ivcroiti,
S'c^loignc, se Ijlaiic'lii i,>'el I ji e ri <li»|)arotst.
Il lui échappe même parfois de courte^ tirades qui ne manquent ni de vervu ni de nombre. Nous citerons son iot
vocation :
dm prenim cari*» fkm 4$ riMnMBi*, Ifenagcft des iMerflt» à» Vmttuo» iofiiiie»