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parler, les possesseurs que leur indigence réduisait au service personnel pouvaient seuls obtenir légitimement ce gu'on appelait une vacation, c'està-dire , une exemption de cliarges extraordinaires. Cette faveur était pareillement acquise à ceux qui s'étaient fait inscrire dans un corps de métier.
Voilà pourquoi on appelle encore vacation, en terme de droit, la profession particulière d'un artisan. Les hommes qui ne faisaient partie d'aucune corporation industrielle reconnue par les lois étaient tous soumis aux charges sordides, de même que les colons et les serfs des décurions et des églises. Après la conquête de la Gaule par les Francs, ces charges devinrent perpétuelles sans qu'il fût nécessaire d'en publier l'indiction, et, jusqu'à la révolution, oui les abolit, elles firent partie, sous le nom de corvées, du revenu utile des terres seigneuriales.
Charité. — Bien que nous ayons fonné ce terme du mot latin charitas, oui revient à chaque page dans les écrits philosophiques de Cicéron ; bien que le principe affectueux dont il représente l'idée , ait servi de base à la morale religieuse de presque tous les peuples, on peut dire cependant au'il est devenu chez nous l'expression d'un sentiment que l'on ne retrouve dans aucune autre foi que la foi chrétienne. La charité n'est plus , en effet, dans le christianisme, une simple sympathie de l'homme pour les souffrances de son semblable; elle ajoute à la bienfaisance la sanction d'en haut, et fait au croyant une obligation d'embrasser dans un même amour ses frères et le père céleste. C'est , non-seulement un désir, mais encore un effort continuel dirigé vers le bien du prochain en vue de suivre les voies de la Divinité. La charité, avant les progrès du scepticisme moderne, a fondé le plus grand nombre de ces asiles ouverts à toutes les misères, et que nous ont légués nos ancêtres. Elle a créé CCS saintes sociétés dont les membres se dévouent au soulagement de toutes les souffrances. i\ous ne nierons point que la charité c'ait parfois ses erreurs.
Le zèle de ses adeptes n^est pas toujours éclairé. C'est elle qui, pendant des siècles, entretint au cœur de Paris la hideuse plaie de cette population de truands que vomissait chaque matin dans les rues le repaire de la cour des Miracles. C'est peut-être elle aussi qui, par ses libéralités irréfléchies , a rendu le fléau de la mendicité si difficile à extirper. Mais disons aussi que la charité a sur sa moderne émule, la philanthropie, cet avantage, qu'essentiellement active de sa nature, elle ne ' peut même se concevoir à l'état spéculatif, état auquel se réduit trop souvent la seconde. Rappelons d'ailleurs en finissant , que c'est la charité qui, dans des vocations diverses, a inspiré N'incent de Paul , Fénelon, Belsunce et l'abbé de l'Épée. L'histoire de plusieurs grandes oeuvres de charité a été résumée aux articles Aumône et Bienfaisance publique; nous devons cependant encore nous arrêter sur quelques-unes de ces œuvres , dont la place se trouve marquée naturellement ici , par le titre même qu'elles portent.
Les frères de la charité^ institués par .îean de Dieu, afiprouvés comme société par Léon X en 1520, reconnus plus tard comme ordre religieux, furent introduits en France par Marie de Medicis en 1601 , et fondèrent à Paris l'hôpital qui a conservé leur nom. Henri IV leur accorda, en ÏG02, des lettres patentes que confirma son successeur. Ils eurent jusqu'à vingtsept maisons , tant en France que dans les colonies, et pratit^uèrcnt avec succès la chirurgie jusqu'à la révolution. Leur ordre disparut alors pour toujours. Un frère de la charité, le P. Élysée, jouissait encore auprès de Louis XVlIl d'une assez grande faveur.
Sous le titre institution de la charité chrétienne , Henri III avait voulu fonder à Paris, dans le quartier Saint-Marcel, une maison de retraite pour les vieux soldats invalides. Les fonds devaient en être pris sur ceux de tous les hôpitaux de France; mais le projet reçut à peine un commence-
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ment d'exécution. Voyez Moine lai.
Les dames de charité^ qui sont de-
Suis lon^mps attachées à la plupart es paroisses et à quelques bureaux de bienfaisance , sont pénéralenimt choisies dans les classes de la société les plus favorisées de la fortune. Elles oot La double mission de solliciter les aumônes du riche et de rechercher les besoinsdupauvre.SMIn'estque trop vrai que ces saintes fonctions sont |K)ur quel- , ques-unes un simple objet de mon* daine vanité, d'autres savent ajouter, par ces douces consolations dont leur sexe a le secret, un prix nouveau aux secours qu'elles apportent à rindîgence.
Écoles de charité.— Des écoles gratuites sont établies sous ce nom dans la plupart de nos grandes villes. Qu'on nous permette de faire observer, au sujet de ce nom , que l'on commence, du reste , h mettre de côté , combien c'est unechose choquante que dans un pays comme la France , ce soit par charité que l'on donne au peuple les notions les plus indispensables au commerce de la yie.
Filles ou sœurs de la charité. Le noyau de cette utile institution existait dès 1617 à Cliâtiilon-lez-Dombes, en Bresse. Cétab une confrérie dont on désignait les membres par le titre de tervantes des pauvres. Des soins aux malades, des secours aux indi-
{|cnts , rinstruction chrétienne à fenance, des consolations religieuses aux prisonniers, telles étaient les œuvres auxquelles avait appelé de pieuses veuves et de généreuses filles , la dame Louise de Marillac, veuve d'Antoine le Gras , secrétaire de la reine. En novembre 1633, aidée de la coopération de Vincent de Paul , elle établit sa confrérie à Paris , dans le voisinage de Saint-Nicolas du Chardonneret, d'où elle la transporta ensuite dans une maison sise a la Viilette, pour la fixer définitivement, en IGSn, rue du Fniil)Ourg-Saint-Denis, en lace des bâtiments de Saint-Lazare. Le 18 janvier 1655, l'arcbevéque de Paris, le cardinal de Retz, érigea cette confrérie en congrégation;
Louis XTV l'autorisa par lettres patentes le 14 novembre 1657 ; et enfin le eardinal de'Venddme, légat à Ustere de Clément IX , en confirma les statuts les juin 1668. En 1770, les Filles de la charité desservaient en France plus de 400 établissements, dont prèf de 180 hosj ices. Paris seul en comptait 35. Ces pieuses filles furent forcées, en 1792, d'évacuer le siège de leur communauté ; et tant que dura la tourmente révolutionnaire^ on ne rencontra plus leur robe grise consacrée par tant de bénédictions; mais la plupart de ces charitables hospitalières, en déposant le costume, étaient demeurées fidèles à l'œuvre, et elles n'avaient rien perdu de leurs habitudes de dévouement , lorsque ISapoléon les rappela, en 1809. L'empereur voulut qu'elles fussent , comme autrefois , sous la direction du supérieur général des Lazaristes , et en même temps il les plaça sous la protection de sa mère. Toutefois, elles ne reprirent pas d'abord leur habit primitif ; la bure noire remplaça le drap gris, et le bonnet rond la grande coiffe empesée. Elles ne sont revenues que depuis quelques années à leur ancien costume. Depuis 1813, le chef-lien de Tordre est établi me du Bac , dans l'hÔtel de la Vallière.
C'est là que réside la supérieure générale, et qu'est placée la maison du noviciat. Le temps des épreuves qu*on y fait est de ô ans, et les voeux .simples que font ensuite les sœurs ne les en-
â agent chaque fois que pour ce laps e temps. A Paris, elles partagent avec d'autres communautés le service des hospices. Elles ont en particulier les Incurables , les Ménages, les Enfants-Trouvés , où elles sont rentrées en 1814 , etc. Elles gèrent aussi les maisons decharitéoù se fait la distribution des secours dans les arrondissements municipaux. Si, d un côté, le pouvoir hiérarcniaue auquel elles sont soumises, éteint a peu près complètement chez elles la liberté individuelle, de l'autre, les exigences extrêmes de leur discipline ont quelque-' fois forcé radministnitioii à se prii
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de leurs soins : comme il est arrivé à rbospîoe de la Chanté de Paris, où
elles considérèrent la nomination d'un économe comme une atteinte
Sortée à rindépendance de leur orre. Toutefois, disons -le en terminant , dans Paccomplissement de leur mission , ces dignes filles de Vincent de Paul méritent bien cette vénération dont le peuple ne se départit jamais à leur égard, et le spectacle des douces vertus des sœurs grises ou des sccurs du pot, comme il les appelle dans certaines localités, n'est pas l'enseignement religieux dont il proBte le moins.
Vordre de la charité de la sainte Vierge fut fondé par Guy, seigneur de Joinville, à Boncberaumont, en Champagne; il fut approuvé par les papes Soniface YIH et Clément YI , et on lui donna le monastère des Billettes, bâti à Paris en 1290, sur la maison d'un juif accusé de sacriléf:;e. Ces religieux, gui suivaient la règle de Saint- Augustm, se consacraient exclusivement au service des malades.
Vassociation de la charité maternelle y fondée par madame Fougeret, a pour but d'encourager, par le don d*une layette et d*one légère pension en argent, les femmes indij^entes devenues mères en état de mariage, à nourrir elles-mêmes leurs enfants. La reine Marie-Antoinette se mit dès Porigine, c'est-à-dire, en 1788 , à la t^te de cette association , dont les temps difficiles qui survinrent arrêtèrent les progrès, mais qui se reforma dès les premières années du Directoire par les soins de madame de Pastoret. Les ressources de cette institution étaient cependant encore fort bornées , lorsqu un décret du 5 mai 1810 ta mit, sous le nom de Société maternrlle, au nombre des institutions im|)eriaies, et lui assigna une large dotation. Un autre décret du 25 juillet de Tannée suivante homologua ses statuts. La société devait être exclusivement régie par des dames. Marie-Louise prit le titre de protectrice, lequel s'est depuis perpétué dans la première prinpesse de chaque lumille régnante. £a
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1837, la société avait étendu de bienftisantes ramifleations dans 86 dea
principales villes du rovaume , et à Paris seulement, près de 800 mères avaient , dans Tannée , eu part à ses secours.
Charité-sub-Loibb (la), petite ville de Tancien Nivernais, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Nièvre , doit son origine et loii nom à une abbaye de Tordre de Cluay»
fondée vers le milieu dû onzième siècle, ou même, suivant quelques traditions assez incertaines, a un monastère établi vers l'an 700. Elle était jadis fortifiée et beaucoup plus considérable
Î[ue maintenant. Mais sa position sur a route de Paris à Lyon , et près d'un pont sur la Loure, loi ont attiré de grands malheurs- Elle a été plusieurs lois prise, dévastée et détruite, notamment dans les guerres contre les Anglais et dans les guerres de religion, où elle fut une des places de sdreté accordées aux protestants. Le prieur du monastère avait le titre de seigneur spirituel et temporel de la vilK, et possédait , outre des revenus considérables , le droit de nommer à un grand nombre de bénéfices du royaume. La Charité était, avant la révolution, le siège d'un bailliage. On y cx)mpte maintenant cinq mille cent habitants.
CaAfiivABi , nom que Ton donne à tin bruit injurieux que, dans certaines provinces, et surtout dans les campagnes, le peuple va faire , pendant la nuit, aux portes des personnes qui convolent à de secondes, troisièmes ou quatrièmes noces , et même de celles
3 ni épousent des personnes d'un âge isproportionné au leur, ou qui refusent de contribuer, par le don d'une somme proportionnée à leur fortune, aux divertissements de la jeunesse du lieu. Le charivari était, au moyen âge, une peine presque légale dont on se rachetait moyennant une composition. On lit , en effet , ce qui suit dans une pièce de 1409 : <> Le suppliant et «Jeban Lolier dirent qu'ils avoient « composé cellui sur qui devoitsefidre « ledit chalivari à xij solz pour le boire a des compaignons et à iiij solz parisîf
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B pour la chandelle que les femmes « mettent ardeot l'image de I^ostreé Dame dùdit lieu. »
Depuis quelques années, et notamment depuis la révolution de 1830 , !e charivari est devenu uoe manifestation politique. Les minoritfis taliicues dans les luttes électorales font retentir quelquefois son bruit discordant et sauvage aux oreilles des candidats 4ùi font emporté sur les leurs; et plus d*un préfet a été, pour des mesures qui n'avaient pas obtenu l'assentiment générai, flagellé ainsi par une partie de ses administrés; enfin, il est arrivé quelquefois à des députés d'apprendre par un charivari, après la clôture d'une session législative, que la conduite politique qu'ils avaient tenue à la chambre n^était pas approuvée par tout le monde. Sous le point de vue de l'ordre public, le charivari est considéré comme bruit et comme tapage nocturne ; et , selon les circonstances, il est puni de peines de police et même de peines correctioa- De|ies.
CfiABiATANS. — Cest alosi que Ton
désigne particulièrement ces hâbleurs qui haranguent le peuple sur les places publiques, et lui donnent pour son argent des élixirs, des drogues, de Forviétan, et autres spée^ues uni»
ques qui guérissent les maux passés ,
Présents, futurs, et, chose bien plus tonnante more , empêchent de mourir. MaiSf 'dans une acception plus générale , ce nom s'applique encore à tous les diseurs de mensonges, à tous les faiseurs de belles promesses , dont l'industrie est de spéculer sur la niak série du public. Sur la même ligne que le marchand d'eau de Cologne, il faut placer tous ces faiseurs de phrases sonores , qui , dans les salons , dans les journaux , dans des préfaces de livres, dans les collèges électoraux, à la chambre haute ^ à la chambre des députés, partout, s annoncent comme des phénix, et ne font tant de bruit que pour attirer sur leur petite personne l'attention du pays , qui , sans cela , ne les remarquerait pas. Charlatans en plein tàit coarlatans en ganis jaunes , tooâ