IV. 1762. Louis -Philippe duc
d'Orléans , dis du précédent , né à Paris, en 1725, se distingua dans les campagnes de 1742, 1743 et 1744, reçut le grade de lieutenant général, fut nommé gouverneur général du Dauphiné, et passa les dernières années de sa vie dans sa délicieuse résidence de Bagnolet, où il avait un théâtre sur lequel il ne dédaignait pas de monter lui même. Jouer la comédie était chez lu une véritable passion; mais au milieu de ces agréables passe-temps il s'occupait aussi de choses sérieuses ; il fut un généreux protecteur des lettres; nul ne favorisa autant que lui l'introduction de la vaccine en France. Sa charité était telle, qu'il distribuait chaque année aux pauvres jusqu'à 250,000 francs , sans compter ce que les gens de lettres recevaient de sa libéralité. Il mourut en
Il laissa deux enfants : Louis-Philippe-Joseph et Louise-Marie , duchesse de Bourbon. Devenu veuf de Louise- Henriette de Bourboîi-Conti , il avait épousé secrètement la célèbre marquise de Montesson (Voy. ce mot).
V. 1785. Louis-Philippe-Joseph était né au château de Saint-Cloud, en 1747, et avait reçu en naissant le nom de duc de Montpensier, qu'il quitta à la mort de son aïeul, en 1752, pour prendre celui) de duc de Chartres, et avait épousé, en 17G9, Louise- M arie-A délaide de Bourbon, fille du duc de Penthièvre. Homme d'esprit et de plaisir, il fut, ainsi que le maréchal de Richelieu, l'un des types des grands seigneurs philosophes de la seconde moitié du dix-huitième siècle; il allia les mœurs de la régence aux opinions de l'école voltairienne , et se montra du moins, sur ce point, supérieur à ceux des compagnons de ses débauches qui , nés comme lui sur les marches du trône, n'eurent de leur époque que la dépravation des mœurs, mais en repoussèrent constamment les lumières et les progrès, joignant à la corruption du règne de Louis XV, la dévotion de Louis XIV dominé par madame de Maintenon.
Dès 1771, le duc de Chartres eut occasion de manifester ses sentiments populaires ; il s'opposa, ainsi que le prince de Conti, au coup d'État du chancelier
ORLÉANS
L'UNIVERS