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OH LE ANS

Maupeou contre les parlements, etrèfusa de prendre place au sein de la nouvelle compagnie formée par ce ministre. Cette résistance aux ordres du roi le fit exiler dans ses terres, et commença, entre lui et la branche régnante de sa maison , la longue série d'hostilités qui devait avoir un dénoûment si tragique.

Sa disgrâce cessa à l'avènement de Louis XVI ; il reçut alors la permission de revenir à la cour, et on lui donna même , au commencement de la guerre d'Amérique, un commandement général dans l'armée navale. Il commandait l'arrière-garde au combat d'Ouessant, et il y montra du courage et du sangfroid. Le vaisseau le Saint-Esprit, qu'il montait avec le brave amiral Lamotte- Picquet, fut vivement attaqué par l'ennemi, et fit une belle défense. Les jeunes courtisans qui accompagnaient le prince, effrayés par les premiers boulets que reçut le vaisseau, s'étaient réfugiés à fond de cale; il refusa de les suivre dans cette honteuse retraite, se tint constamment pendant la bataille sur le tillac, exposé au feu de l'ennemi; et même, voulant s'assurer si l'on avait bien compris les signaux de l'amiral, il se jeta dans une chaloupe et alla, à travers les plus grands dangers, s'assurer de la vérité auprès du comte d'Orviiliers. Cette conduite lui valut d'abord les éloges les plus exagérés ; lorsqu'il revint a Paris , et se présenta à Versailles, il fut accueilli partout avec enthousiasme , et reçut les honneurs d'un véritable triomphe. lie ministre de la marine écrivit en ces termes au duc de Penthièvre , grand amiral de France : « M. d'Orvilliers a donné des « preuves de la plus grande habileté , « M. le duc de Chartres, d'un courage « froid et tranquille, et d'une présence « d'esprit étonnante. Sept gros vais- « seaux, dont un à trois ponts, ont succi cessi veinent combattu celui de M. le « duc de Chartres, qui a répondu avec « la plus grande vigueur, quoique privé « de sa batterie basse, etc. » Le roi luimême sanctionna les éloges du ministre , en laissant au duc de Chartres la désignation des officiers et des marins des trois escadres qui avaient mérité des récompenses.

Mais cette faveur ne put le préserver longtemps du mauvais vouloir de la cour. Il était retourné à son poste ; on profita de son absence pour répandre une foule de calomnies contre lui : on publia des pamphlets , on fit courir des épigrammes ou, non-seulement on lui contestait les preuves de bravoure qu'il avait données, mais où on ne craignait pas même de l'accuser et de poltronnerie et de lâcheté. A son retour à Paris, il s'aperçut bien vite du changement subit qui s'était opéré à son égard , et il songea à regagner la mer pour y reprendre son service ; mais une lettre de la reine ne lui permit pas de suivre cette résolution. ■ Le roi, lui écrivit-elle, est in- « formé et mécontent , Monsieur, de la « disposition où vous êtes de vous join- « dre à son armée. Le refus constant « qu'il a cru devoir faire aux instances « les plus vives de ce qui le touche de « plus près, les suites qu'aura votre « exemple, ne me laissent que trop voir « qu'il n'admettra ni excuse, ni indul- « gence. La peine que j'en ai m'a déter- « minée à accepter la commission de « vous faire connaître ses intentions, « qui sont très-positives. Il a pensé « <iu'en vous épargnant la forme sévère • d'un ordre, il diminuerait le chagrin « de la contradiction , sans retarder « votre soumission. Le temps prouvera « que je n'ai consulté que votre propre « intérêt, et qu'en cette occasion, com- « me en toute autre, je chercherai tou- « jours, Monsieur, à vous prouver mon « sincère attachement. » Quelque soin

?|ue prît Marie-Antoinette de paraître avorable au duc de Chartres, celui-ci n'ignorait pas que la résolution du roi n'était que le résultat de l'inimitié

fiersonnelle de la reine, et dès lors, il ui voua une haine implacable.

Le motif qui avait porté la famille d'Orléans à faire entrer le duc de Chartres dans la marine était l'espoir, assez bien fondé , puisque , à la mort de son père, il devait être le premier prince du sang, que cette carrière le conduirait à la survivance de la charge de grand amiral de France, dont se trouvait pourvu son beau-père, le duc de Penthièvre, qui lui-même avait bien compté lui transmettre cette succès-

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sion comme une partie de la dot de sa fille. Non-seulement le roi la refusa au prince et à sa famille, et la promit à un autre, mais encore ii éloigna le duc de Chartres de la marine, en créant tout exprès pour lui rempioi de colonel général des hussards. Donner pour récompense de services rendus sur mer un poste sur terre, c'était une sorte de moquerie, une véritable insulte. Tout le monde prit la chose ainsi, le prince, sa famille , ses amis et ses ennemis.

Ceux-ci recommencèrent leurs plaisanteries sur le héros d'Ouessant, et la cour elle-même en donna l'exemple; mais elle eut bientôt lieu de se repentir de ces offenses. De cette époque, en effet, date l'opposition systématique, tantôt cachée, tantôt ouverte, mais toujours active, de Louis-Philippe-Joseph, qui, à partir de ce moment, ne cessa plus d'être le centre et le point de ralliement de tous les mécontents, de tous les ennemis du roi et de la cour , de tous les hommes avides de changement.

Devenu duc d'Orléans à la mort de son père (1785), il fut, dans la première assemblée des notables , l'un des chefs de l'opposition , plus par l'influence de son nom et de son rang que par celle de sa capacité et de sa considération personnelles ; car ses ennemis avaient habilement profité des dérèglements de sa vie privée, pour ternir sa réputation et jeter de la défaveur sur sa conduite politique.

Le 6 aotlt 1 7*7, il osa interpeller le roi en plein parlement , et lui demander s'il tenait un lit de justice ; puis, sur la réponse affirmative du monarque, il protesta hautement contre cette mesure , déclara que le droit de voter des impôts n'appartenait qu'aux états généraux, et fit rendre par la cour un arrêt portant qu'elle ne prenait aucune part à l'enregistrement illégal des r dits que le roi lui avait apportés.

La reine demanda aussitôt une lettre de cachet contre le duc d'Orléans, qui fut exilé à Villers-Cotterets. Mais cette disgrâce ne fit que lui donner de la popularité. Le parlement s'empressa de réclamer sa liberté et celle des deux conseillers Freteau et Sabathier; de sou côté, la reine tint bon, et le roi repoussa cette demande ; . alors le par-

lement adressa au roi des remontrances, où il lui Ht observer qu'il n'avait pas le droit de punir, puisqu'il n'avait pas celui de juger; qu'il n avait que le plus beau droit de tous, celui de faire grâce; qu il fallait par conséquent accorder des Juges a ceux des membres de la cour qui se trouvaient sous le coun d'une simple condamnation ministérielle. l*e gouvernement n'eut garde de se rendre a de telles représentations; il aurait craint de fournir l'occasion d'un triomphe solennel à ses ennemis, en acceptant l'arbitrage d'un pouvoir avec lequel ii était alors en guerre ouverte; il maintint donc les mesures de rigueur qu'il avait prises, et le rappel du duc d Orléans ne fut signé qu'au mois de mars 1788.

Il présida le troisième bureau , dans la deuxième assemblée des notables, et

{r combattit avec la même véhémence es projets ministériels. Bientôt après, les états généraux furent convoques, et il fut élu à la fois à Paris, à Villers* Cotterets et à Crespy en Valois. Il opta pour le bailliage de Crespy, en considération de la force avec laquelle les électeurs de ce pays avaient réclame, dans leurs cahiers, la réforme des abus et l'abolition des privilèges. Déjà son nom était devenu une espèce de signe de ralliement pour les partisans des innovations. A la procession solennelle qui eut lieu à Versailles, la veillede l'ouverture des états, on cria sur le passage de la reine : Vive le duc d Orléans; et l'on remarqua l'affectation avec laquelle ce prince, séparé de la famille royale et confondu parmi les députés de "la noblesse, salua la multitude qui bordait le cortège ; ce fut pour lui un véritable triomphe.

Dès les premières séances, il se prononça hautement, comme dans les assemblées des notables, pour la cause populaire, et il lutta énergiquement avec la minorité de son ordre contre les prétentions de la majorité. Le 25 juin 1789, il parut, à la tête de cette minorité, au milieu des députés du tiers état, et déclara que ses collègues et lui venaient se réunir aux représentants de la nation. Cette démarche exaspéra la . cour; et, selon quelques historiens, qui s'étavent des aveux même du baron de Bretêuil, il fut question, dans les con-

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L'UNIVERS

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ciliabules de la haute aristocratie , de se débarrasser du prince patriote et de huit ou dix membres des plus influents de rassemblée. Ainsi désigné aux poignards des satellites de la faction féodale, le duc d'Orléans ne pouvait manquer d'obtenir les suffrages des amis de la révolution. Le 3 juillet, l'Assemblée nationale, procédant à sa constitution définitive , le nomma son premier président. Il refusa cet honneur, par faiblesse selon les uns , par feinte modestie selon les autres. Au milieu de l'ivresse populaire qui suivit la prise de la Bastille, son buste et celui de Necker furent promenés triomphalement dans les rues de la capitale. De toutes parts fut alors signalée l'existence d un parti orléaniste , premier moteur de toutes les scènes majestueuses et terribles qui agitaient la France, et travaillant en secret à changer Tordre de successibilité à la couronne.

Mais ce fut surtout après les événements des 5 et 6 octobre, que la cour et ses partisans désignèrent le duc d'Orléans comme le promoteur de tous les désordres révolutionnaires. La chose en vint au point que la Fayette lui ordonna, en Quelque sorte, de s'éloigner momentanément , et de passer en Angleterre. Pour donner l'apparence d'une mission diplomatique à cet exil, le ministre des affaires étrangères envoya des instructions , et conféra ainsi implicitement le titre de plénipotentiaire a celui qu'on n'osait bannir officiellement.

Le duc d'Orléans céda aux désirs du commandant général de la garde nationale; il quitta Paris le 14 octobre 1789, et aussitôt!, le Châtelet, obéissant aux ordres de la cour, commença une procédure qui était destinée à faire peser sur lui et sur Mirabeau toute la responsabilité des journées d'octobre. Mais le prince revint à Paris au commencement de juillet 1790, avant même qu'aucune décision eût pu le rassurer sur les suites de l'imputation que les magistrats chargés de l'instruction criminelle avaient accueillie. A sa rentrée dans l'Assemblée nationale, il prononça un discours qui fut écouté avec faveur, et dans lequel se trouvait un exposé apologétique de sa conduite. Peu de temps après, le Châ-

telet envoya une députation à la barre* de l'assemblée pour y rendre compte du résultat de l'instruction qu'il avait dirigée contre lui et Mirabeau, et fit conclure à leur mise en accusation; mais l'Assemblée, sur le rapport de Chabroud , repoussa le réquisitoire du ministère public, et décida qu'il n'y avait lieu à suivre.

Cette absolution fut regardée comme une amnistie, et l'on continua de mêler le nom du prince à tous les désordres qu'excitait la fureur des partis. Quelques personnes seulement pensèrent qu'il avait renoncé alors à ses projets ambitieux, parce qu'il avait manqué, au 6 octobre , de l'habileté et de l'audace nécessaires pour accomplir son usurpation. « Mirabeau , selon elles , l'avait « abandonne, en lui reprochant de n'a- « voir pas su même se baisser pour « prendre la couronne, qu'il avait mise « a ses pieds. » Ce qui est plus certain, c'est que le grand orateur disait que le duc d'Orléans n'était pas lui-même de son parti, et qu'il n'avait jamais eu que des velléités de vertus et de crimes. Il est possible que Mirabeau, désespérant de voir la branche réçnante de la maison de Bourbon s'affectionner sincèrement aux nouvelles institutions, ait songé à déplacer le sceptre et à le donner à la famille d'Orléans ; il est possible aussi que de véritables patriotes, n'osant encore aspirer à la république, n'aient pas été éloignés de confier les rênes du gouvernement à un prince qui avait donné tant de gages à la révolution ; et la nombreuse clientèle de la maison d'Orléans, les Genlis, les Latouche, les Valence, etc., durent accueillir cette idée avec enthousiasme. Mais les hommes éclairés qui avaient rêvé un changement de dynastie ne tardèrent pas à s'apercevoir que le petit-fils du régent n'était nullement apte à maîtriser le mouvement révolutionnaire et à s'emparer des rênes de l'Etat: aussi Mirabeau s'empressa t-il, quand il voulut enchaîner de nouveau le lion qu'il avait démuselé, de déserter le Palais-Royal pour aller négocier aux Tuileries et à Saint- Cloud.

Après la clôture de l'Assemblée constituante le duc d'Orléans fit un voyage

sur les côtes de l'Ouest , reçut le titre d'amiral , et ne put parvenir néanmoins à obtenir un commandement dans les armées navales. En 1792 , il demanda sa mise en activité avec plus d'instance que jamais , et triompha cette fois des refus du roi» dont le consentement ne fut du reste qu'une nouvelle expression de la haine et du mépris que lui inspirait le prince : « // peut faire « tout ce qu'il voudra* » dit Louis XVI. Le duc se rendit aussitôt à l'armée du Nord , où ses deux fils, les ducs de Chartres et de Montpensier, servaient auprès de Duinouriez. Il assista aux combats de Menin et de Courtray, et fut immédiatement rappelé à Paris , le roi craignaot qu'il ne cherchât à se former un parti dans l'armée. Cet affront valut au duc d'Orléans de se trouver dans la capitale lors de la journée du 10 août, et de se faire nommer ensuite député à la Convention nationale. Une circonstance cependant pouvait embarrasser les électeurs : l'abolition des tit res féodaux par l'Assemblée constituante, et Ja proscription de la qualification de prince français après la chute du trône constitutionnel , avaient laissé le duc d'Orléans sans nom; il fallait lui en donner un pour pouvoir l'inscrire sur les bulletins électoraux : on lui conféra celui d'Egalité , et il parut sous ce nom dans le sein de la représentation nationale.

11 y siégeait depuis trois mois à peine, lorsque Lanjuinais, pour éloigner, disait-il, des chances de troubles et de désordres , proposa le bannissement de tous les Bourbons sans exception. Les montagnards s'opposèrent à cette mesure , et leur opinion forma le décret de la Convention. Le bannissement fut déclaré inapplicable aux membres de la famille des Bourbons qui étaient sous le coup d'un décret d'accusation , et Ton ajourna à deux jours la question de savoir si Philippe , ci-devant d'Orléans, avant été nommé représentant du peuple, pouvait être compris dans l'exil prononcé contre ses proches. L'ajournement expiré, la question ne fut point reprise, et Philippe Égalité continua de prendre part aux travaux de la Convention.

Le procès du roi occupait alors pres-

ue exclusivement cette assemblée; la écence, l'honneur, la justice, imposaient peut-être au duc d'Orléans l'obligation de se récuser ; quel qu'ait été le motif de sa conduite, il ne le fit pas; et quand son tour d'opiner arriva , il s'exprima en ces termes : « Uniquement « occupé de mon devoir; convaincu que « tous ceux qui ont attenté ou attente- « raient par la suite à la souveraineté «du peuple méritent ta mort, je pro- « nonce la mort de Louis. » Ce vote fut accueilli par des cris d'indignation partis de tous les bancs. A peine avait-il cessé de parler, que Manuel monta précipitamment à la tribune , et s'écria :

« Je reconnais ici des législateurs ; je « n'y ai jamais vu déjuges.... Jamais la « Convention n'a ressemblé à un tribu- « nal. Si elle l'eût été, certes, elle n'au- « rait pas vu le plus proche parent de « Louis n'avoir pas, sinon la conscien- « ce , du moins la pudeur de se récu- « ser. »

Quelques jours après, le duc d'Orléans adressa à ses commettants une

Srofession de foi, qu'il croyait propre à issiper les doutes qui s'élevaient sur son patriotisme : « j'estime, y disait- « il, ceux des membres de la Convention < qui veulent la république, qui la veu- « lent une et indivisible, et qui, con- « tents d'établir la liberté, ne cherchent « pas à envahir le pouvoir ; i'ajoute « que je n'estime que ceux-là. Plusieurs « n'entre eux ont prononcé à la tribune « qu'ils immoleraient le premier à qui « ils verraient des projets ambitieux : « je pense comme eux , et, dans ce cas, . « j'immolerais ce que j'ai de plus cher. » Mais cette démonstration lui fut de peu d'utilité, et il continua de servir de prétexte aux Girondins et aux Montagnards, pour s'accuser mutuellement de vouloir rétablir la monarchie dans sa personne ou dans sa famille , jusqu'au jour où il fut décrété d'arrestation ( 4 avril 1793) , à la suite de la trahison de Dumouriez, dont on l'accusait d'être le complice. Voy. Dumouriez, Danton, Desmoulins, Girondins, etc.

Le 6 avril , la Convention ordonna que tous les membres de la famille des Bourbons seraient détenus pour servir d'otage à la république.

Le 7, le ministre de la justice mit h

exécution le décret de la teille, et fit. arrêter et conduire à la mairie le citoyen Egalité , en attendant la décision ultérieure de la Convention, relativement à l'un de ses membres. Le duc d'Orléans se hâta d'écrire à cette assemblée, protesta de son républicanisme, et se glorifia de son vote contre Louis XVI; mais cette démarche n'aboutit qu'à un ordre du jour, motivé sur ce que la Convention avait entendu le comprendre dans son décret. Il fut conduit à l'Abbaye ; sa translation à Marseille fut immédiatement arrêtée , et il se mit en route dans la nuit du 9 au 10 du même mois. Arrivé à sa destination , il subit , le 7 mai , un interrogatoire, dont il se tira avec autant d'adresse que de sang-froid , niant toujours avoir eu des relations avec Mirabeau et Dumouriez , et se proclamant l'inébranlable adhérent des jacobins et de la Montagne. Il adressa ensuite à la Convention plusieurs pétitions , où il reproduisait les mêmes attestations , mais qui restèrent toutes sans résultat.

Au bout de six mois de détention à Marseille, il fut transféré à Paris et enfermé à la Conciergerie , d'où on le tira bientôt , pour le traduire devant le tribunal révolutionnaire comme complice de Dumouriez et des Girondins. Il nia tous les chefs d'accusation articulés contre lui ; mais ses dénégations ou explications ne purent le soustraire à la mort. Il entendit son arrêt avec le plus grand calme; il avait demandé à être exécuté sur-le-champ : cette grâce lui fut accordée. « Le même jour (6 octobre 1793), vers quatre heures de relevée, il fut conduit au lieu de l'exécution , avec Coustard , son collègue à la Convention, et les nommés Goudier , Labrousse et Laroque, condamnés les jours précédents : arrive devant son ancien domicile , Égalité jeta dessus un regard sec, qu il prolongea sur la rue de la Loi ; au demeurant, on n'apercevait sur sa ligure aucune altération : il fut exécuté le premier 6ur la place de la Révolution (•). »

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