‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 108 sur 434 · VI. 1793. Louis-Philippe d'Orléans · texte numérisé non relu

VI. 1793. Louis-Philippe d'Orléans

(*) Bulletin du tribunal révolutionnaire , dans VHist. parlementaire Je la révolution , t. XXXI, p. 9,

fils aîné du précédent, actuellement rdi des Français « est né à Paris le 6 octobre 1773. Connu d'abord sous le titre de duc de f'alois , il prit celui de duc de Chartres à la mort de son aïeul.

Agé de seize ans, en 1789, il adopta avec enthousiasme les opinions de son père, et alla prendre à Vendôme le commandement du 14e régiment de dragons , dont il était colonel. Il partit pour Valenciennes en 1791 , et assista , en 17Î>2, aux combats de Boussu et de Quaragnon. Le 7 mai de la même année, il fut nommé maréchal de camp , et assista à la prise de Courtray. Le 1 1 septembre suivant, il obtint le grade de lieutenant général , et fut désigné pour aller commander la place de Strasbourg; mais il refusa ce poste pour rester à l'armée active, et put ainsi assister à la bataille de Valmy. Il passa ensuite dans l'armée de Dumouriez , qui se préparait à envahir la Belgique, et se trouva successivement à la bataille de Jemmapes, au siège de Maëstricht, et à la bataille de Neerwinden. Dans cette dernière journée, le duc de Chartres commandait, avec le brave et habile général Desforéts, que le général en chef lui avait donné pour l'aider de ses conseils, le centre de l'armée française. Il y donna ainsi qu'à Maëstricht, a Jemmapes et à Valmv , des preuves de cette valeur naturelle aux Français . et que tous ses ancêtres avaient montrée lorsqu'ils en avaient eu l'occasion. Bientôt après, Dumouriez, après avoir livré notre frontière aux ennemis, et essayé de leur faire ouvrir nos places fortes, passa dans leurs rangs (*).

Le duc de Chartres se rendit d'abord avec lui, à Mons* au quartier général des Autrichiens ; puis il gagna la Suisse avec sa sœur et madame de Genlis , qui trouvèrent un asile dans le couvent de Sainte-Claire, tandis que lui , après avoir parcouru à pied les divers^ cantons de la Suisse, était, à la recommandation du général Montesquiou, nommé, sous un nom supposé, professeur de géographie, d'histoire, de français, d'anglais et de mathématiques , au collège de Reicheneau. Ce tut là qu'au bout de huit mois il apprit

(*) Voy.DAHTO*,DvMOCMU, Nubwuidbv.

la mort de son père. Il se retira alors à Bremgarten auprès du général Montesquiou. I! n'y fit pas un long séjour, et résolut d'aller s'embarquer à Hambourg, pour passer en Amérique. Mais arrive dans ce port, il s'aperçut que l'exiguïté de ses ressources financières ne lui permettait pas d'entreprendre le voyage qu'il avait projeté, et il tourna ses regards vers les contrées septentrionales de l'Europe : il visita successivement le Danemark, la Suède, la Norwége, la Laponie, et revint en Allemagne dans le courant de Tannée 1706.

11 se trouvait dans le duché de Holstein, lorsqu'il reçut une lettre de sa mère, par l'entremise du chargé d'affaires de la république française près les ' villes anséatiques.Elle lui apprenait que le Directoire ne voulait consentir à faire cesser les rigueurs dont elle était l'objet avec sa famille qu'autant que son fils aîné s'éloignerait du sol européen , et elle l'invitait à lui donner cette preuve de dévouement. Il quitta en conséquence Hambourg le 24 septembre 1796, et arriva à Philadelphie le 21 octobre suivant. Ses deux frères, les ducs de Montpensier et de Beaujolais, vinrent l'y joindre en février 1797. Ils visitèrent ensemble les divers États de la confédération américaine, se dirigèrent, au mois de décembre 1797, vers la Nouvelle-Orléans par POhio et le Mississipi , y débarquèrent à la fin de février 1798, puis se rendirent à la Havane. Mais le gouvernement espagnol , qui ne voulut pas leur permettre d'y séjourner, ordonna de les reconduire à la Nouvelle-Orléans.

Ils refusèrent d'y retourner, et parvinrent a gagner une colonie anglaise. Le duc de Kent les y accueillit avec distinction, sans oser néanmoins leur fournir les moyens de revenir en Europe. Ds s'embarquèrent alors pour New-York , d'où un paquebot anglais les transporta à Falmouth.

A rrivés à Londres au commencement de 1800, ils s'y rapprochèrent des membres de la famille royale. Le duc d'Orléans vit le comte d'Artois , et s'em-

Eressa d'écrire au comte de Lille , qui abitait alors Mittau. Cette réconciliation opérée, il voulut aller voir sa mère, qui se trouvait à Barcelone , et mit à fa voile pour Minorque. Il débarqua à

Mahon ; mais l'état de guerre qui existait alors entre les cours de Londres et de Madrid l'empêcha d'aborder en Catalogne, et il fut obligé de retourner en Angleterre avec ses frères. Ils se fixèrent à Twickenham, où le duc de Montpensier mourut, en 1807, d'une phthisie pulmonaire. Le duc de Beaujolais était atteint de la même maladie; son frère voulut le conduire dans un climat plus doux, et, d'après l'avis des médecins, il s'embarqua pour Malte.

Mais , à peine descendu dans cette île, d'autres médecins lui déclarèrent que l'air en serait funeste au malade. Il songea alors au mont Etna, et écrivit au roi de Sicile pour obtenir la permission de séjourner dans ses États. Quand la réponse arriva , le comte de Beaujolais n'était plus, et ce fut à Messine que le duc d'Orléans la reçut ; car il avait quitté Malte aussitôt après la mort de son frère.

Il se hâta de se rendre à Palerme, où il fut bien accueilli par Ferdinand IV. Il y connut la princesse Amélie , et , pour mériter sa main , voulut aller défendre en Espagne la cause de la famille de Bourbon. Il partit, en effet, pour cette destination , avec le prince Léopold , fils du roi de Sicile. Mais ce projet contrariait les plans de la politique anglaise ; le cabinet de Saint- James le fit transporter dans un port de la Grande-Bretagne , sans lui avoir permis d'aborder dans la Péninsule.

Ainsi empêché par le gouvernement anglais de suivre une résolution qui l'eût exposé à verser le sang français , le prince souhaita de voir sa mère, et demanda l'autorisation d'aller la rejoindre à Figuières. Le gouvernement britannique fit semblant d'accéder à sa prière, et donna ordre au capitaine du navire qui devait le recevoir a son bord de leconduire directement à Malte. Cette instruction secrète fut ponctuellement exécutée; et le duc d'Orléans, à qui sa sœur s'était réunie à Portsmouth , fut déposé sur les côtes de Malte au commencement de 1809. Après avoir cherché vainement les moyens d'arriver auprès de la duchesse d Orléans, il revint à la cour de Païenne , où il épousa , le 25 novembre 1809 , la princesse Amélie.

Un an après, des envoyés de la régence

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de Cadix vinrent lui offrir un commandement en Catalogne. Il accepta, mit à la voile, et débarqua à Tarragone; mais l'influence anglaise l'y attendait pour lui interdire encore l'accès des camps espagnols. Il voulut alors se diriger sur Cadix , où il éprouva les mêmes obstacles. Forcé de s'éloigner, après de longues et inutiles instances, il retourna à la cour de Palerme , où il resta jusqu'en 1814.

Il revint alors en France , et se présenta, le 17 mai, aux Tuileries, sous le costume de lieutenant général français. Lors du retour de l'Ile d'Elbe, il rut envoyé à la rencontre de Napoléon pour essayer d'arrêter sa marche sur Paris; mais il n'était pas arrivé à Lyon, qu'il reconnut que toute résistance était impossible. Il reprit alors le chemin de la capitale, où son premier soin fut d'envoyer sa famille en Angleterre ; puis il se mit en route (16 mars) pour aller prendre le commandement en chef de l'armée du Nord , placée sous les ordres du maréchal Mortier. Il parcourut la frontière, visita Péronne et les principales places fortes. Bientôt l'arrivée cfe Louis XVIII à Lille l'avertit du succès complet qu'avait obtenu la tentative de Napoléon, et il partit, le 24 mars, pour aller rejoindre sa famille en Angleterre. Il se hâta de revenir en France, après la bataille de Waterloo.

Tels sont lés faits dont a été rem-

(>lie, jusqu'en 1815, la vie du duc d'Oréans, qui est devenu, en 1830, Louis- Philippe Ier , roi des Français.

Voyez, pour les événements qui ont eu lieu depuis, les articles Restauration, Révolution de Juillet, la Fayette, Laffittb, etc.

Ajoutons que Ferdinand- Philippe»

Louis-Charles-IIenri , duc de Chartres, né à Palerme en 1810, et (jui, à l'avénement de son père, avait pris le nom de duc d'Orléans et le titre de prince royale est mort, en 1842, d'une chute de voiture, l/Hssant une veuve et deux fils, le comte de Parti, aujourd'hui prince royal, et le duc de Chartres. Sa mort fut un deuil public : élevé, ainsi que ses frères, dans un collège de l'Université, il y avait puisé des connaissances aussi étendues que variées , et s'y était de

bonne heure initié à cette vie sociaie qui, d'ordinaire, n'existe jamais pour les

f irinces; il avait pris part, en qualité de ieutenant général, au siège de la citadelle d'Anvers,à celui de Constantine, et à plusieurs expéditions entreprises, en Algérie, contre Abd-el-Kader. C'était un protecteur éclairé des beaux-arts. Sa sœur Marie, née à Palerme, en 1813, mariée en 1837 au prince de Wurtemberg, morte à Pise en 1839, les cultivait avec succès ; on a d'elle cette belle statue de Jeanne d'Arc, dont nous avons parlé à l'art. Musée de Versailles. Voyez Bourbon (maison de), t. III, p. 21G.

Orléans (monnaies d'). Apres avoir écarté une attribution absurde , gui donne à la ville d'Orléans une médaille de petit bronze , où l'on voit d'un côté une téte inconnue , et de l'autre , dans une couronne de laurier, les mots métal, avrelianis , médaille frappée longtemps après que la Gaule eut perdu son autonomie , et qui doit être restituée aux contrées riveraines du Danube , où Trajan , Marc-Aurèle et Hadrien , faisaient exploiter des mines , nous dirons que les premières espèces orléanaises connues remontent au temps des rois de la première race.

Parmi elles , nous en remarquerons deux fort curieuses : l'une a été frappée au nom de Clovis II , et porte pour léendes, au droit, chlodovivs autour 'un profil tourné à droite; et, au revers, avrelianis fitvr autour d'une croix accostée des lettres rer , ou plutôt rex. Sur l'autre, on lit, au droit, ratio. ..axisii autour d'une téte de profil tournée à droite; et, au revers, civitas avrilïanis autour d'une croix. Cette dernière pièce n'est certainement pas royale. Sa légende du droit n'a pas encore été expliquée; mais le mot ratio, qu'on y lit , et qui, à cette époque, était pris pour exprimer un droit , prouve qu'alors quelque établissement , probablement religieux, jouissait, à Orléans, des privilèges monétaires. On possède, en outre, de cette ville un grand nombre de triens frappés par des monétaires. Les plus communs et les moins barbares sont ceux de mavrinvs et de iacoti ; ils portent pour type une croix haussée sur des degrés et pommettée à ses

ORL&HS FftANCE. ORLEANS 285

ntrémitès. Comme il serait trop long de décrire un à un tous ces triens, nous nous contenterons de donner les noms des monétaires qui les ont frappés ; ce sont, outre Maurinus elJacoti,

AVG1VLFVS, PAVLINVS, BERTULPVS, DOCOMARVS, CHAGNEDO, MELIXVS et

sicoi^rrvs. Parmi les monnaies mérovingiennes d'Orléans, il faut encore remarquer des saUja, ou deniers d'argent, au même type à peu près , mais beaucoup plus rares que les triens dont nous venons de parler.

La numismatique carlovingienne d'Orléans est importante. Voici la description des deniers sortis , sous la seconde race , des ateliers de cette ville : 1* avrelianis; porte de ville dans le champ. rJ. — hlvdovicvs imp. avg.; profil lauré tourné à droite. Ce dernier est rare ; on sait qu'il en est de même de toutes les pièces carlovingiennes qui portent pour type la porte de ville et la téte deorofiï. 2° avrilianis civitas; crois. 1$. — gratia di rex; monogramme carolin. Denier et obole de Charles le Chauve. 3a avrelianis civitas; croix. rJ. — gratia di rex odo; monogramme carolin. Denier d'Rudes, calqué sur ceux de Charles le Chauve. Le monogramme de Charles n'est placé sur cette pièce que comme un type consacré ; on ne doit pas en chercher une autre interprétation. 4° avreliams civitas ; croix, rJ. — gratia di ; et, dans le champ, odo rex en monogramme. Inutile de dire que cette pièce appartient aussi au roi Eudes. Il en existe un assez grand nombre de variétés, qu'il serait trop long de décrire ici.

&• AVRBLIAN..CI; croix, a-. — gratia di rex ; monogramme de Robert, modelé sur le monogramme de Charles.

Ce denier, qui malheureusement ne se retrouve plus maintenant, est la seule pièce de Robert le Carlovingien qui soit encore connue. 6° avrelianis; portail. r). — carlus rex fr.; croix cantonnée de quatre besants. 7° avreliams; temple, a*. — cablvs rex pr. ; croix cantonnée de quatre besants.

Les deux dernières de ces pièces sont attribuées à Charles le Simple, et elles paraissent en effet avoir été les dernières pièces carlovingiennes frappées à

Orléans. Leur type, la porte de ville, devint pendant les dixième, onzième et douzième siècles, l'empreinte invariable des monnaies de cette ville ; seulement il dégénéra, s'altéra et finit par perdre sa signification primitive. Les deniers d'Orléans devinrent alors anonymes; on y voit , d'un côté une croix aux branches de laquelle sont suspendus un a et un «o , avec les mots avrelianis civitas, et de l'autre, le portail avec la légende di dextra benedicta, qui est la suite de celle du droit , et doit su lire : aurelianis civitas Dei dextra benedicta. La ville est représentée par le portail qui en est l'emblème. Jusqu'ici les légendes de ces monnaies avaient été mal interprétées : au lieu de benedicta , on y lisait bbnedictv, pour Benedictum, que l'on faisait rapporter à un roi qui n'était pas nommé; il est temps de faire justice de cette erreur.

Comme la légende du revers était trop considérable pour tenir sur la circonférence de la pièce , elle déborda dans le champ; peu à peu , les lettres qui y étaient placées, dégénérèrent et se transformèrent en besants et en ligures bizarres. On doit attribuer au dixième et au onzième siècle les deniers anonymes d'Orléans que jusqu'ici on donnait à tort au règne de Philippe I'r. C'est sous ce prince que ces pièces cessèrent d'être anonymes; on y inséra alors son nom , au milieu des légendes, d'une façon assez bizarre : voici la description de quelques-uns de ces deniers:

\9 avrelianis civitas ; croix aux branches de laquelle sont suspendus I'a et Fw. r\ — philippvs rrix di; dans le champ , les lettres detra altérées et plaçéesçà et là autour du portail. 2° philippvs x rexdi ; dans le champ, le portail accompagné des Un très neo 1 1 iTAéparses; revers semblable à celui de la pièce précédente.

Sous les règnes de Louis VI et de Louis VII, la légende se régularisa un peu, et l'on y lit distinctement , d'un côté -+- ludovïcvs rex i; dans le champ, un portail avec des caractères bizarres; de l'autre, avrelianis civitas, autour d'une croix cantonnée de Fa et de F<o.

Après Louis VII , la numismatique d'Orléans s'arrête, et l'on ne trouve plus

2*6 okmesson L'UNIVERS. ormistks

aucun monument que Ton puisse attribuer à cette ville. 11 est cependant certain que Philippe Auguste continua d'y faire frapper des espèces, puisqu'il s'engagea, à l'exemple de son trisaïeul, Henri Ier, et de son beau-père, Louis VII, à ne pas les altérer. Mais, comme on sait qu'il établit que le système parisis serait adopté pour les monnaies du nord de la France , et le système tournois pour celles du sud, il serait très-possible qu'il eut fait frapper des parisis à Orléans. Quoi qu'il en soit, par ia suite l'atelier monétaire de cette ville frappa des florins Georges, sous Philippe VI, ce qui semblerait prouver que jusqu'à cette époque il n'avait pas cessé d'être en activité (voyez Philippe VI) ; Charles VII y fit frapper des blancs, pendant sa lutte avec les Anglais. La lettre o placée à la fin de la légende de ces pièces, était la marque de l'hôtel des monnaies d'Orléans. Cet hôtel, supprimé au plus tard sous François 1" , tut rétabli sous Louis XV, et on lui donna alors un r pour lettre monétaire. Supprimé de nouveau eu 1771 , il n'a plus été rétabli depuis.

Ormesson (maison d'), ancienne famille dont un grand nombre de membres se distinguèrent dans la carrière de la magistrature et dans celle de l'administration ; les plus célèbres sont:

Olivier LeJ'èvre (TOrmesson , né en 1525, qui fut appelé par le chancelier de l'Hôpital au conseil de Charles IX, et devint, quelques années après, contrôleur des finances. Il quitta celte place en 1577, pour accepter une charge de président à la chambre des comptes , et fut un des premiers magistrats de cette cour qui reconnurent Henri IV.

André t son deuxième fils, fut successivement conseiller au parlement de Paris et conseiller d'État; il mourut en 1665, âgé de 89 ans.

Olivier II , fils d'André , remplit les fonctions de rapporteur dans le procès Fouquet, et il s opposa courageusement à la condamnation à mort du surintendant; il fut un des rédacteurs des fameuses ordonnances de 1666, et mourut conseiller d'Etat, en 1686.

André f son fils, ne en 1644, mourut en 1684, intendant de Lyon.

Henri François de Paule, fils du pré-

cédent, né en 1681, fut appelé par le

duc d'Orléans au conseil de régence, et mourut intendant des finances, en

Louis François de Paule , son fils , né en 1718, fut élevé sous les yeux du chancelier d'Aguesseau , qui était son oncle maternel , devint avocat du roi au Chûtelet, en 1739 ; avocat général au grand conseil, en 1741 ; avocat général au parlement, la même année; président a mortier, en 1755; et enfin, premier président, en 1788. Il s'opposa vivement à la convocation des états généraux, et mourut en 1789. Il était membre honoraire de l'académie des inscriptions.

Anne -louis François de Paule Lefèvre d'Ormesson de jSoyseau, son (ils, né en 1753, fut reçu conseiller au parlement, en 1770, devint président à mortier, quand son père fut nommé premier président , et fut député de la noblesse de Paris à l'assemblée constituante, où il siégea avec la faction royaliste. Arrêté comme suspect , en 1793, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort, et exécuté en 1794. Il avait succédé à l'ancien ministre Lenoir, dans |a place de bibliothécaire du roi.

Henri- François de Paule Lbfèvbs d'Ormesson d'Amboile, né en t751, cousin germain du précédent, fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes , intendant des finances, et succéda, en 1783, à Joly de Fleury, dans la place de contrôleur général des finances. Mais étranger a toutes les connaissances qu'exigeaient les fonctions difficiles de cette place, il opéra, dans l'administration , des changements qui portèrent une grave atteinte au crédit public ; de Vergennes le fit destituer, et sa place fut donnée à Calonne. Il fut, en 1792, élu maire de Pansa une immense majorité; mais il déclina cet honneur qui n'était pas sans dangers, et se retira à la campagne, où d vécut tranquille et mourut en 1807.

Ormistes, nom d une faction populaire qui, dans les troubles de la Fronde, s'unit aux princes de Condéet de Conti, et à la duchesse de Longueville, contre le parlement. On les nomma ainsi à cause d'une promenade plantée

orna.no FRANCK. ohna.no 287

d'ormes où ils se rassemblaient tous les

soirs.

Ornano ( Alphonse d' ), naquit en Corse, vers le milieu du seizième siècle, de Sampietro de Bastelica (voy. Sampietro) et de Vanina, de l'illustre famille d'Ornano. Il fut élevé à la cour de Henri H comme enfant d'honneur, et revint en Corse à l'âge de 18 ans , avec quelques secours que lui avait fournis le roi de France, pour soutenir In lutte que son père avait engagée avec la république de Gènes. Après la mort de Sampietro, qui avait été assassiné par les Génois et les parents de sa femme , les Corses choisirent son Gis pour leur général , malgré son extrême jeunesse.

Las de poursuivre une guerre douteuse et n'espérant plus de secours de la France , Ornano ne tarda pas à entrer en aceommodementaveclesennemis.il stipula en 1568 une amnistie générale pour ses compatriotes , et sa sortie de l'Ile avec ceux de ses amis qui voudraient le suWre, sans qu'ils fussent censés bannis. Ces conditions ayant été acceptées, if réunit 800 Corses qui consentirent à suivre sa fortune , passa en France, fut bien accueilli par Charles IX, et nommé colonel général des Corses au service du roi. Il demeura attaché à Henri III pendant les troubles de laLigue, et, après l'assassinat du duc de Guise, il fut envové dans le Dauphiné pour calmer les esprits disposés à la révolte. Il fut l'un des premiers à se ranger sous les drapeaux de Henri IV; contribua, avec Lesdiguières et le connétable de Montmorency, à la soumission des villes de Lyon, Grenoble et Valence , et fut envoyé contre le duc d'tf pernon en Provence. Henri IV, qui appréciait son caractère franc et désintéressé , lui accorda sa confiance, et après l'avoir nommé lieutenant général du Dauphiné, il lui donna le bâton de maréchal de France et le gouvernement de la Guyenne, où Omano mourut en 1610.

Jean-Baptiste éTOrnano, fils aîné du précédent , né à Ststeron en 1581 , succéda à son père dans la charge de colonel général des Corses, fut nommé gouverneur de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, et ce fut lui , dit-on , qui engagea ce prince, qui n'avait que 16 ans , a demander d'entrer au conseil. Cette

conduite le fit disgracier; toutefois, Gaston obtint qu'il fût rappelé, le nomma surintendant de sa maison et lui fit, donner, en 1626, le bâton de maréchal.

Mais Richelieu, qui ne l'aimait pas, l'accusa d'avoir engagé le duc d'Orléans à contracter une union qui le rendrait indépendant , et sur ce prétexte , il le fit arrêter et enfermer au château de Vincennes. Ornano y mourut quelques mois après, le 2 sept. 1626, et cette fin si prompte fit soupçonner qu'il avait été empoisonné.

Ornano (Antoine-Philippe, comte), de la même famille que le précédent, est né à Ajaccio, en 1784. Placé à la téte d'un bataillon de chasseurs corses, pendant ta campagne d'Allemagne de 1805, il se fit particulièrement remarquer à Austerlitz, et fut nommé officier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille. Napoléon lui confia, à la fin de cette guerre, le commandement du réiment des dragons de la garde, à la téte uquel il fit avec distinction les campagnes de 1806 et 1807, en Prusse et en Pologne. Employé à l'armée d'Espagne sous les ordres du maréchal Ney, il se couvrit de gloire au début dé cette guerre, força, le 26 juin 1809, le passage de la JNavia, défendu par une nombreuse artillerie, se signala au combat d'Alba de Tormès , où il enleva quatre pièces de canon, et fut nommé général rte brigade. L'expédition de Russie lui fournit de nouvelles occasions de se signaler: il donna les plus grandes preuves de valeur au passage du Niémen, à Ostrowno, à Mohilow et à la bataille de la Moscowa , où il fut nommé général de division. Il rendit d'importants services pendant la retraite et dans les campagnes de 1813 et 1814. Sous la première restauration , le roi le maintint à la téte du régiment des dragons de la garde, devenu corps royal des dragons de France , et le nomma chevalier de Saint-Louis. Un duel qu'il eut avec le général Bonnet , en 1814, le fit exiler de France au second retour de Louis XVIII. Rentré en 1818, il fut mis en disponibilité et conserva cette position jusqu'en 1830. Après la révolution de juillet, le gouvernement lui confia le commandement de la 4e division militaire , qu'il exerce encore au-

288 ORnf L'UNIVERS. ÔKtMt

jourd'huf (1843). Il a été nommé pair de France, en octobre 1832.

Obne (département de V). Ainsi appelé du petit fleuve qui y prend sa source, le département de 1 Orne comprend une portion de la Normandie proprement dite, du Perche septentrional et du duché d'Alençon. Il est borné, au nord, par les départements du Calvados et de l'Eure; à l'est, par ceux de l'Eure et d'Eure-et-Loir ; au sud, par ceux de la Sarthe et de la Mayenne ; à l'ouest, par celui de la Manche. Le sol de ce département est semé de collines de hauteur médiocre. Sa superficie est de 610,560 hectares, dont 333,400 sont en terres labourables ; 131,045 en prairies; 72,006 en bois et forêts; 18,253 en landes, pâtis, bruyères; 11,121 en vergers, pépinières, jardins, etc. Son revenu territorial est évalué à 22,096,000 fr. La somme de ses impôts directs a été , en 1839, de 2,987,451 fr.,dont2,347,931fr.

pour la contribution foncière.

Ses rivières navigables sont l'Orne, l'Eure, la Mayenne et la Sarthe. Il ne possède point de canaux. Ses grandes routes sont au nombre de vingt-deux, dont huit royales et douze départementales.

Il est divisé en quatre arrondissements dont les chefs-lieux sont : Alençon, chef-lieu du département, Argentan, Domfront et Mortagne. Il renferme 36 cantons et 534 communes. Sa population est de 443,688 habitants , parmi lesquels on compte 2,312 électeurs. 11 envoie à la Chambre 7 députés.

Il forme le diocèse d'un évêché , celui de Séez, suffragant de l'archevêché de Rouen ; il est compris dans le ressort de la cour royale de Caen et dans celui de l'académie de la même ville.

Il fait partie de la 14e division militaire , dont Rouen est le chef-lieu, et de la 15e conservation forestière, qui a son sié^e à Alençon.

Ce département a donné naissance à Hébert , à Charlotte Corday , au baron Desgenettes, etc., etc.

Obry, fils d'un habile administrateur qui avait rétabli les finances de l'Espagne, et que les intrigues d'Alberoni avaient cependant forcé de s'éloigner de ce pays, succéda , en 1730, à Lepelletier des Forts, dans la charge de con-

trôleur général des finances. Il occupa quinze ans le ministère, et eut, en 174ô, Machault pour successeur.

Obte ( le vicomte d') était gouverneur de Bayonne lors de la Saint-Barthélémy. Ayant reçu , comme tous les gouverneurs de province , l'ordre de faire égorger les protestants de son gouvernement , il écrivit, dit-on, au roi Charles IX la lettre suivante : « Sire, «j'ai communiqué la lettre de Votre « Majesté à la garnison et aux habitants « de cette ville. J'y ai trouvé de braves « soldats , de bons citoyens , mais pas « un bourreau. »

Il va lieu de croire, cependant, que cette lettre a été fabriquée plus tard , car il est de tradition que le vicomte d'Orte se montra très-cruel envers les protestants, et qu'il les faisait même oursuivre par ses chiens comme des êtes fauves.

Oethkz, Ortesium, petite ville du Béarn , aujourd'hui chef-lieu de souspréfecture du département des Basses- Pyrénées; population 7,000 habitants.

Cette ville était connue dès le neuvième siècle. Vers l'an 1104, Gaston IV, vicomte de Béarn, l'enleva au vicomte d'Acqs. Gaston VII y fit bâtir, sur le plan du château de ~Moncade , en Espagne, un château fort qui fut longtemps un objet d'admiration. Ce fut la que fut enfermée par Gaston IV, comte de Foix, la princesse Blanche, héritière des Etats de Jean , roi de Navarre et d'Aragon ; elle y mourut empoisonnée , après deux ans de captivité. La reine Jeanne, mère de Henri IV, habita longtemps ce château. Elle établit à Orthez fa religion réformée, qu'elle y rendit dominante, et y fonda pour ses coreligionnaires une université, à l'entretien de laquelle elle consacra les biens du clergé catholique.

Obthez (bataille d'). Vers le milieu de février 1814, à la suite de fortes gelées qui avaient raffermi les chemins, les hostilités , suspendues depuis deux mois entre Soult et Wellington , au pied des Pyrénées, se rouvrirent à notre désavantage. Soult, dont l'armée, à la fin de 1813 , présentait encore un effectif de 60,000 hommes, mais qui, dans l'intervalle, avait dû en détacher

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