OUDINOT L'UNIVERS. OUDINOT
de nuit à Neckerau , blessé de cinq coups de sabre, pris et envoyé en Allemagne.
Echangé au bout de cinq mois , il enleva à l'ennemi , dès son retour à l'armée , Nordlingen , Donawerth et Neubourg. Au blocus d'Ingolstadt , où il eut à lutter contre des forces décuples , il reçut une balle à la cuisse , trois coups de sabre sur les bras et un sur le cou; cependant, sans attendre que sa guérison fût parfaite, il rejoignit sa division à Ettenlieim, et chargea le bras en écharpe. L'affaire du pont de Manheim , la bataille de Feldsirch et la prise de Constance que défendait le prince de Condé, lui valurent le grade de général divisionnaire. De nouveau blessé à la bataille de Zurich, il devint chef d'état-major de Masséna, qu'il suivit en Italie , et avec lequel il soutint le glorieux siège de Gènes. Conservé par Brune dans les fonctions de chef d'état-major de l'armée d'Italie , il se distingua à toutes les affaires dont les rives du Mincio furent le théâtre 1 et fut chargé de porter à Paris la nouvelle de la paix bientôt signée à Trévise.
Grand-aigle de la Légion d'honneur en 1805.il part du camp de Boulogne à la tête de 10,000 grenadiers , s'empare de Vienne, comme en passant, au bout de quarante-cinq jours de marche , se présente au pont du Danube que défendent cent quatre-vingts pièces de canon, arrache la mèche des mains du premier canonnier autrichien , passe le lleuve, occupe la rive opposée avec sa division, et force à capituler toutes les troupes ennemies qu'il rencontre. Après avoir participé aux combats de Wertingen et d'Annstetten, Oudinot, blessé encore une fois à celui de Juntersdorff, assista , quoique convalescent , à la bataille d'Austerlitz, où il cueillit de nouveaux lauriers. En 1806, il prit possession des comtés de Neuchatel et de Valengen , puis entra à Berlin. Au commencement de 1807, il gagna en Pologne la bataille d'Ostrolenka , qui lui valut le titre de comte et une dotation d'un million. Il alla ensuite avec une forte division renforcer le corps du maréchal Lefebvre qui assiérait Dantzick , et amena la capitulation de cette place. Le M juin , attaqué à une heure
du matin par 80,000 Russes , dans la plaine de Friedland , il résista jusqu'à midi , et alors Napoléon , survenant avec le reste de l'armée, remporta cette sanglante victoire qui fut suivie bieutôt de la paix de Tilsitt.
Gouverneur d'Erfurth , en 1808,
Sendant la réunion des souverains, Ouinot continua de commander, en 1809, les grenadiers réunis. Cette formidable avant-garde, partout victorieuse, battit les Autrichiens à Pfaffenhofen , le 19 avril, entra le 13 mai à Vienne, concourut à la victoire de Wagram, et valut à son digne chef les titres de maréchal et de duc de Reggio. Eu 1810, il s'empara sans coup férir du royaume de Hollande, et y commanda jusqu'à l'ouverture de la campagne de Russie. Placé alors à la tétedu deuxième corps delà grande armée, il se rendit à Berlin, dont il fut deux mois gouverneur, et participa ensuite aux affaires les plus mémorables, jusqu'à ce que, grièvement blessé à celle de Polotsk , il dut remettre son commandement au général Gouvion Saint- Cyr. Toutefois, en apprenant bientôt l'évaeuation de Moscou , nos premiers désastres et la blessure de son successeur , il se hâta , quoique à peine guéri,de rejoindre son corps, concourut, avec les maréchaux Ney, Mortier et Victor, à assurer aux débris de l'armée française le passage de la Bérésina, et fut encore blessé.
En 1813, Oudinot combattit glorieusement à Bautzen,mais essuya un rude échec à Gros-Beeren , et partagea peu après celui de Ney à Dennewitz. A Leipzick, il combattit encore; mais, quelques jours avant la bataille de Hanau, il tomba mnlade et fut emporté mourant du théâtre de la guerre. Cependant il prit part aux plus terribles affaires de la campagne de France en 1814, aux combats de Brienne et de Champ-Aubert, ainsi qu'aux revers de Bar et de la Ferté-sur-Aube.
Après la capitulation de Paris et la déchéance de Napoléon , le duc de Reggio se voua tout entier au service de Louis XVIII , qui le nomma colonel général des grenadiers et chasseurs royaux , et gouverneur de Metz. Mais tous ses efforts ne purent contenir que jusqu'à Troyes l'impatience de ses trou-
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pes, qui l'abandonnèrent pour aller audevant de Napoléon. Il passa les cent jours dans sa campagne de Montmorency, et, après la seconde restauration, fut nommé commandant en chef de la garde nationale parisienne, major général de la garde royale, pair de France, ministre d'État, grand-croix de Tordre royal de Saint-Louis, et enfin chevalier du Saint-Esprit. Dans la guerre d'Espagne de 1823, le maréchal Oudinot, à la tête d'un corps d'armée, entra sans coup férir à Madrid, reçut du prince généralissime le commandement de cette capitale, et jusqu'à son départ pour Paris, s'appliqua à contenir une populace féroce et fanatisée.
Quand éclata la révolution de juillet 1830, Oudinot était encore un des quatre majors généraux de la garde royale.
11 prêta serment au gouvernement nouveau , mais parut Te bouder pendant quelques années; puis, en 1837, il accepta le poste de grand chancelier de la Lésion d honnneur, qu'il n'a quitté, en 1842, que pour passer à celui oe gouverneur des Invalides qu'il occupe encore.
Oudky (Jean-Baptiste), peintre et graveur, né à Pans, en 1686, mort en 175S, fut élève de Largillière ; peignit rbistoire , le portrait , le paysage et les fleurs, et se fit ensuite une réputation par ses tableaux de chasse ou d'animaux, le musée royal en possède deux de ce genre : la Chasse au loup , et celle au sanglier. On estime beaucoup sa suite de dessins pour les Fables de la Fontaine, en 4 vol. in-fol., Paris, 1755.
Ole?! (saint), en latin Audoenus, et connu aussi sous le nom de Dodon, naquit à Sancy près de Soissons. Élevé au monastère oe St-Medard de Soissons , et admis de bonne heure à la cour de Clotaire II , il fut référendaire de Dagobert, et chargé par saint Éloy de missions importantes. Il fut élu en 639 évéque de Rouen, et mourut à Clichy en tJ83, le 24 août, jour où l'Église célèbre sa féte. On a de lui une fie de saint Eloy. publiée par Surius dans ses VUst sanctorum, et par d' Achery, dans son Spicilége.
Ouessast, Uxantis, petite île delà côte dt Bretagne, aujourd'hui comprise dans le département du Finislère. Indépendamment du village de Saint-Mi-
chel qui en est le chef-lieu , elle renferme plusieurs hameaux, un château fort et un phare; on y compte 1,900 habitants.
Ouessant ( combats d' ). Le gouvernement français venait de signer un traité d'alliance et de commerce avec les États-Unis d'Amérique, et il avait, par conséquent, décidé qu'il ferait la guerre à l'Angleterre (6 février 1778); mais il ne voulait pas prendre l'offensive, et attendait que les Anglais commençassent les hostilités. Déjà plusieurs navires marchands avaient été attaqués et détruits par des vaisseaux de cette nation , lorsque eut lieu le combat d'Ouessant.
Le comte d'Orvilli ers commandait la flotte française stationnée à Brest; il sortit du port de cette ville le 20 juillet, avant sous ses ordres une flotte de 32 vaisseaux de ligne, divisée en trois escadres : la Blanche au corps de bataille , la Blanche et Bleue à l'avantgarde, et la Bleue à l'arrière-garde.
Le comte d'Orvilliers, généralissime, sur la Bretagne de 110 canons, était au corps de bataille, le comte de Guichen avec lui.
Le lieutenant général Duchaffault , sur la Couronne de 80 canons , dirigeait l'avant-garde avec le capitaine de vaisseau Rochechouart. Le duc de Chartres, monté avec le contre-amiral Lamotte-Piquet sur le Saint-Esprit de 80 canons , conduisait l'arrière garde ; le comte de Grasse était sous ses ordres. l*es armées navales de France et d'Angleterre se rencontrèrent le 23 juillet.
Desquelles furenten vue l'unede l'autre , elles manœuvrèrent durant quatre jours consécutifs, le comte d'Orvilliers pour conserver l'avantage du vent, l'amiral Keppel pour le recouvrer. Enfin, le 27 juillet, à neuf heures du matin , le temps paraissant favorable, la flotte française offrit le combat à l'ennemi. Les Anglais savaient qu'un prince du sang royal de France commandait l'escadre bleue, qui, avant le combat, formait l'arrière-garde delà flotte française; ils manoeuvrèrent dans l'intention de couper cette division du reste de l'armée navale : alors le comte d'Orvilliers fit virer de bord ; l'escadre bleue