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PAIX

et prononçait contre les infracteurs de la paix, la malédiction suivante: « Nous « excommunions tous les chevaliers de « cet évécbé, qui ne voudraient pas « s'engager a la paix et à la justice , « comme leur evéque l'exige d'eux.

« Qu'ils soient maudits eux et ceux qui « les aident à faire le mal ; que leurs « armes soient maudites ainsi que leurs • chevaux , qu'ils soient relégués avec » Caïn le fratricide, avec le traître Ju- « das, avec Dathan et Abiron, qui en- « trèrent tout vivants dans renier; et « de même que ces flambeaux s'étei- « gnent à vos yeux , que leur joie s'é- « teigne à l'aspect des saints anges ; à « moins qu'ils ne fassent satisfaction « avant leur mort et qu'ils ne se sou- « mettent avec juste pénitence selon le n jugement de leur évéque. » A ces mots, tous les évéques et les prêtres qui tenaient à la main des cierges allumés, les tournaient contre terre et les éteignaient, tandis que le peuple, saisi d'effroi, répétait tout d'une voix : « Que Dieu éteigne ainsi la joie de ceux « qui ne veulent pas accepter la paix et « la justice. »

Voici les dispositions principales des décrets rendus par les conciles provinciaux, pour l'établissement de la paix de Dieu :

1. « La paix de Dieu, treuga Deiy durant laquelle aucune guerre ne peut être faite, a lieu depuis T'Avent jusqu'à l'Épiphanie, et depuis le dimanohe de la Quinquagésime jusqu'à la Pentecôte; puis pendant les Quatre-temps, les jours de mai et les principaux jours de fête; enfin dans chaque semaine , depuis le mercredi soir jusqu'au lundi matin.

2. « La paix ainsi flxée sera pour les guerriers et les guerroyants. Auront une paix continuelle les églises , les cloîtres , les cimetières , l'intérieur des villages, ce gui est contenu entre le fosse et la haie, les moulins , les routes royales, les ecclésiastiques, les pèlerins, les marchands, les juifs, les laboureurs et les femmes.

3. « 11 sera donné un signal par toutes les cloches, au moment ou la paix commence. Il est défendu à un prêtre quelconque, sous peine de destitution, de célébrer le service divin là où qui que ce soit aura enfreint cette paix. Un che-

valier qui nie l'Infraction de la paix se justifiera en présence de sept témoins garants de son serment; tout autre prouvera son innocence par le jugement de Dieu. Le chevalier convaincu d'avoir enfreint la paix, ou d'avoir blessé ou tué quelqu'un, sera chassé de l'alleu, qui sera transmis aux héritiers, ou du fief , qui reviendra au seigneur. Si les héritiers ou le seigneur ont porté aide à Tinfracteur, le bien deviendra domaine royal. Le serf qui tue pendant la paix aura* la tête tranchée; s il a fait une blessure, on lui tranchera la main. Chacun a le droit d'exécuter ce jugement; nul ne peut se racheter. Celui qui se réfugie dans une église ou dans un autre asile n'y sera ni pris ni tué , mais il y sera tenu prisonnier jusqu'à ce que la faim le force à se rendre.

4. « Pendant la paix , nul n'aura la permission de porter des armes, excepté le voyageur traversant un pays où la paix n'est pas strictement observée. •

Ces dispositions et d'autres semblables furent souvent renouvelées et jurées par les hommes de toutes les conditions ; mais il est vrai qu'elles ne furent pas toujours bien observées. Dans quelques pays, on levait des impôts pour taire observer strictement la paix , ou pour indemniser ceux qui avaient sont; fert des dommages , quelquefois aussi pour former une espèce d'assurance des Liens mobiliers.

A côté de cette paix de l'Eglise et de Dieu, les princes séculiers établirent, avec des dispositions non moins sévères, la paix politique; mais toutes 1« deux ne parvinrent jamais" à amener une paix telle que nous la croyons nécessaire de nos jours. La paix de l)i«u ne défendait la guerre qu'à certaines époques de l'année ; il restait donc à la paix publique de fixer les causes pour lesquelles In guerre était regardée comme juste et permise , ou plutôt à fixer celles pour lesquelles elle ne pouvait pas avoir lieu. Pendant les jours de paix, personne n'avait le droit de porter d'autre arme que Tépée; il n'y avait d'exception que pour les tournois. Dan* l'intérieur des villes, des châteaux et des villages , l'épée même était prohibée.

Les mesures les plus énergiques et

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