‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 120 sur 434 · J10 PAJOU · texte numérisé non relu

J10 PAJOU

« pas en France. » Au retour de 111e d'Elbe, l'empereur le nomma pair de France et lui confia le commandement du Ier corps de cavalerie, avec lequel il passa la Sambre, s'empara de Charleroi, battit l'ennemi à Fieurus et lui prit

10 pièces decanon.Ce fait d'armes lui lit donner le grand cordon de la Légion d'honneur. Le 18 juin 1815. après s'être emparé de Namur , il dirigeait son mouvement sur Bruxelles, lorsqu'il ap-

Îrit la perte de la bataille de Waterloo. I rejoignit alors le corps du maréchal Grouchy, qui arriva sous Paris sans avoir été entamé. Il fut , le 7 août suivant, sur sa demande, mis à la retraite; mais la révolution de juillet 1880 le releva de cette position ; il fut nommé, l'année suivante , commandant de la première division militaire, et conserva ce poste jusqu'au 29 octobre 1842, époque où on le lui retira pour le donner au général Tiburce Sébastiani. Il a été alors mis en disponibilité.

Pa jou ( Augustin ) , né à Paris , en 1730, élève de Lemoine, le plus habile sculpteur de ce temps , obtint le grand prix, à l'âge de dix-huit ans, et fut envoyé a Rome. Il revint à Paris, après douze ans de séjour en Italie, et présenta, pour être admis à l'Académie, un groupe de Pluton tenant Cerbère enchaîné. C'était le meilleur ouvrage qui eût paru depuis longtemps. Cette nouvelle route qu'il ouvrit , et où il a été surpassé de-

fiuis, lui valut le titre de restaurateur de 'art statuaire en France. Il exécuta plus de cent quatre-vingts morceaux en marbre , en bronze , en plomb , en pierre, en bois, et même en carton.

On lui doit la sculpture de la grande salie de spectacle du château de Versailles, les frontons delà cour du Palais-Royal, les embellissements du Palais-Bourbon et de la cathédrale d'Orléans. Lorsque Louis XVI eut ordonné d'élever des statues aux grands hommes de la France , Pajou fut chargé de faire celles de Descartes, de Pascal, de Turenne, de Bas sue t et de Duffon, et il fut presque le seul qui sut tirer un heureux parti de la forme des vêtements modernes.

11 entreprit dans le même temps la statue de Psyché au moment où l'Amour vient de Julr. Cette statue , qui se trouve aujourd'hui au Louvre, dans

la galerie des sculptures modernes, est pleine d'affectation, et les formes en sont lourdes et communes. Ce fut lui aussi qui fut chargé de faire la quatrième façade de la fontaine des Innocents , lors du déplacement de cette fontaine.Cet artiste, qui était professeur à l'Académie de peinture et de sculpture, était arrivé a une certaine aisance, lorsque la révolution anéantit sa fortune sans abattre son courage : mais de cruelles infirmités fondirent sur lui dans un âge avancé, et le réduisirent à suspendre ses travaux. Il mourut à Paris le 8 mai 1809. Il était membre de l'Institut depuis l'établissement de ce corps.

Paladins. On appelle de ce nom, dans les romans historiques du moyen âge, des chevaliers aventureux qui, diton , couraient le monde , le casque en tête et la lance au poing, cherchant des torts à redresser, des damoisellesà couvrir de leur protection, des châteaux à enlever par escalade , des mécréants à déconfire et des géants à pourfendre. Si ces illustres extravagants, toujours vainqueurs et toujours amoureux , au nombre desquels on compte : Ogier le Danois, Tristan le Léonnais, Lance] ot du Lac, Percevai le Gallois et bon nombre d'autres encore , avaient eu jamais d'autres pères qu'un moine désœuvré, appelé Turpin ou Tulpin , et ses imitateurs qui , au treizième siècle , les ont créés et mis au monde dans d'abominables poèmes, le nom général sous lègue! on les connaît et qui vient de palatin , indiquerait qu'ils étaient de grands oiticiers, attachés à la personne ou à la maison du roi, lesquels , dans les intervalles de paix , allaient se signaler sur les grandes routes , par de beaux faits d'armes , pour se tenir en haleine et s'entretenir la main. Mais comme rien n'est moins prouvé que leur existence, comme aucun historien sérieux n'en parle, et que nul auteur de biographie n a eu la hardiesse de mentionner, même le plus illustre de tous, le célèbre Roland, neveu de Charlemagne, comte d'Angers, tué à Roncevaux, et dont, plusieurs siècles après , les soldats entonnaient la chanson, pour s'exciter en marchant au combat, nous pouvons en conclure que ce sont autant de personnages fabuleux créés pour satis*

Page 1