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FRAIS CE

PA1JEEME 313

« elle, que de pouvoir être garçon. Ayant « entendu conter que Marie* Germain « était devenue garçon à force de sau- « ter, je me mis à sauter d'une telle « façon , que c'est un vrai miracle que « je ne me sois pas cassé la téte cent « t'ois pour une. » Elle avait été d'abord destinée au jeune duc de Courlande ; mais , lorsque ce prince l'eut vue, il ne voulut plus entendre parler de mariage, et partit pour l'armée, où il fut tué. C'est que, en effet, la princesse Palatine n'était rien moins qu'une jolie femme; voici le portrait qu'elle a tracé elle-même de sa personne : « Dans « tout l'univers entier, on ne peut , je « crois, trouver de plus laides mains « cjue les miennes. Mes yeux sont petits; « j'ai le nez court et gros , les lèvres

• longues et plates, de grandes joues « pendantes , une figure longue. Je suis

■ très-petite de stature; ma taille et « mes jambes sont grosses. Somme to-

■ taie, je dois être un assez vilain petit « laideron. J'ai pris le parti de rire la « première de ma laideur, ce qui m'a « fait grand bien. «Telle était la femme qui devait succéder à la charmante Henriette d'Angleterre, comme épouse de Philippe de France, frère de Louis XIV. Lorsqu'elle arriva à Saint-Germain, « elle s'y trouva comme tombée des nues » au milieu de la cour étonnée de sa laideur; « vous comprenez bien, « écrivait madame de Sévigné , la joie « qu'aura Monsieur d'avoir une femme

• qui n'entend pas le français ! »

1* princesse Palatine était protestante ; on la mit entre les mains de trois évêques, oui se hâtèrent de la catéchiser : elle abjura; et , le lendemain (21 novembre 1671 ), eut lieu la cérémonie du mariage. « C'était, dit Saint- « Simon , une princesse de l'ancien « temps , attachée à l'honneur et à la

• vertu ; inexorable sur les bienséances; m de l'esprit autant qu'il en faut pour

• bien juger; bonne et fidèle amie, vraie, - droite, aisée à prévenir et à choquer; «fort difficile a ramener; vive, et « femme à faire des sorties , quand les « choses et les personnes lui déplai-

• saient. » « Je n'ai jamais eu l'air d'une « Française , dit-elle , dans ses MémoU « res , et n'ai voulu , ni pu en pren-

• dre les manières. Je ne prends ja-

« mais ni chocolat , ni café , ni thé ; « pour la table , je suis toujours Afle- « mande, et de la vieille roche. » Elle avait une aversion extrême pour la parure , et surtout pour le rouge, que Monsieur l'obligeait de mettre , et qu'il lui mettait souvent lui-même, les jours de grandes cérémonies. Elle aimait beaucoup les chiens, montait souvent à cheval , et s'habillait en homme pour se livrer à cet exercice. Madame de Maintenon ne l'aimait pas ; cependant, lorsqu'après la mort de Monsieur, en 1701, le roi lui fit demander si elle voulait se retirer dans un couvent de Paris ou à Maubuisson, elle répondit qu'elle resterait à la cour, et madame de Maintenon fut obligée d'y consentir. Elle aimait beaucoup Louis XIV, qui avait pour elle une véritable affection. « Il n'y a • que Madame, disait-il dans sa vieil- « lesse, qui ne s'ennuie pas avec moi. »

Elle mourut à Saint-Cloud, en 1722, Agée de soixante-dix ans. Il a paru à Paris , en 1788, des Fragments de lettres originales de Madame , écrites de 1715 a 1720, auducUlricdc Bavière et à la princesse de Galles ; ces fragments ont été réimprimés en 1823, in-8°, par M. Schubart, sous le titre de Mémoires sur la cour de Louis XI /" et sur la régence, extraits de la correspondance allemande de madame Elisabeth-Charlotte, duchesse d'Orléans.

Palatine (école). Voy. Écoles.

Paléographie. Voy. Écrituhk.

Palebmb (bataille de). La guerre avec l'Espagne que Louis XIV poussait à la fois et sur terre et sur mer , avait eu pour résultat défaire voir que la France pouvait, avec sa jeune marine, tenir téte aux puissances les plus formidables sur la mer. Ruyter était mort des suites de blessures reçues à la bataille du Mont-Gibel, et Duquesne, nommé lieutenant

général et marquis, était retourné nrenre le commandement réel de la flotte de la Méditerranée, tandis que le commandement nominal en restait au maréchal de Vivonne. Après la mort de Ruyter, la flotte hollandaise était entrée dans le port de Palerme, pour réparer ses avaries.

Leduc de Vivonne, ayant reçu à Messine les galères de France et trois vaisseaux de guerre, monta lui-même sur

PALERHE

PALISOT

la (lotte pour aller à la recherche des ennemis.

« Il sortit le 28 mai 1676 du port de Messine arec vingt-huit vaisseaux, vin^tcinq galères et neuf brûlots. La flotte ennemie, après s'être raccommodée, était sortie de Syracuse et s'arrêtait pour lors auprès de Païenne : le maréchal de Vivonne la rencontra le 81 ; il envoya une felouque soutenue des galères pour connaître ses dispositions; on lui rapporta que cette flotte,coroposée de vingtsept vaisseaux de guerre , de dix-neuf galères rangées dans les intervalles, et de quatre brûlots, était en bataille sur une ligne ayant le môle de Palerme à sa gauche, le fort de Castelmare derrière elle, et une grosse tour avec les bastions de la ville à sa droite.

«Sur cet avis, le maréchal de Vivonne fit attaquer, le 2 juin, l'avant-garde ennemie par un détachement de neuf vaisseaux que commandait le marquis de Preuilly, et de sept galères aux ordres des chevaliers de Breteuil et de Béthomas, accompagnés de sept brûlots. Ces vaisseaux et ces galères approchèrent ceux des ennemis à la longueur d'un câble, et essuyèrent tout leur feu sans tirer un coup de canon, jusqu'à ce qu'ayant mouillé dans le même lieu où étaient leurs ancres, et ayant fait avancer les brûlots à la tête des galères , ils commencèrent le combat avec une si grande vivacité, que trois de leurs brûlots ayant aborde et mis le feu à trois des vaisseaux ennemis , le reste de Pavant-garde de ceux-ci coupa ses câbles et alla échouer aux terres les plus proches; le maréchal de Vivonne, pour profiter de l'avantage que lui donnait ce premier désordre, tomba avec le gros de sa flotte sur le corps de bataille et sur l'arrière-garde des ennemis, où étaient les amiraux de Hollande et d'Espague; le feu fut grand de part et d'autre, et le combat fut toujours fort opiniâtre. Enfin, deux brûlots de l'armée de France ayant embrasé l'amiral d'Espagne, son vice-amiral et le contre-amiral furent obligés de couper leurs câbles pour éviter l'embrasement de l'amiral, et le reste de la flotte ennemie suivit incontinent leur exemple; une partie alla échouer sous Païenne , et l'autre se sauva dans le port : ceux qui comman-

daient leurs quatre brûlots y mirent le feu de peur d'être pris, et quatre autres brûlots de la flotte de France, avant été poussés dans le port par l'impétuosité du vent, portèrent le feu au viceamiral d'Espagne , au contre-amiral de Hollande et a sept autres vaisseaux qui y étaient échoués l'un sur l'autre. L'incendie de ces vaisseaux et des brûlots, et les efforts de la poudre qui y était enfermée , poussant en l'air des pièces de fer et des parties entières de navire, abîmèrent la Reale d'Espagne, la Patronne de Naples et quatre autres galères , sans compter un grand nombre d'officiers, de soldats et de matelots tués ou estropiés. Le port fut ravagé ; plusieurs édifices de Palerme furent ruinés : ce fut, en un mot, le plus horrible et le plus affreux spectacle que l'imagination puisse se représenter. Les ennemis perdirent en ce combat sept gros vaisseaux de guerre , six galères , sept brûlots et quelques autres petits bâtiments; sept cents pièces de canon et près de cinq mille hommes. Cette victoire, la plus complète qui fut remportée sur la mer pendant cette guerre, ne coûta aux Français que deux enseignes et très-peu de soldats : elle fut gagnée le 2 juin (*). »

Palisot de Beauvois (Ambroîse- Marie-François-Joseph, baron de), né à Arras en 1762, se lit, en 1772, recevoir avocat au parlement de Paris, et ses savantes observations le firent nommer, dès 1 781 , membre correspondant de l'Académie des sciences. En 1786ilentre-

fnrit un voyage en Afrique, où il étudia a flore du Bénin ; et il fit parvenir en France une grande quantité de fleurs et d'insectes. Mais , quoique d'une santé robuste, il ne put résister aux influences du climat, et s'embarqua presque mourant sur un vaisseau qui le transporta à Saint-Domingue. Lorsqu'il y eut rétabli sa santé, il reprit ses savantes recherches, et devint membre du conseil supérieur du Cap-Français. La révolution qui éclata ensuite a Saint-Domingue l'ayant forcé de fuir, il se retira à Philadelphie , où il fit de nouvelles collections de plantes et d'animaux ,

(*) Uist. milit. de Louis XIV, par Quincy, L 1 1 p. 5o6.

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