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324 PAPAUTÉ L'UNIVERS. papauté

secours de Charles- Martel , auquel le dernier de ces pontifes envoya deux nonces , les premiers que Ton vit en France, suivant les auteurs de V Art de vérifier les dates. Ils étaient chargés de remettre au prince les clefs du tombeau de saint Pierre, avec une lettre qui finissait par ces mots: « Nous vous con- « jurons par le Dieu vivant et véritable « et par les clefs très-sacrées de la con- « fession de saint Pierre, que nous vous a envoyons comme les marques de la « souveraineté, de ne point préférer l'a- « mitié du roi des Lombards à celle du « prince des apôtres.* Charles reçut les nonces avec de grands honneurs;' mais ne voulant pas rompre avec Luitprand, il leur promit seulement sa médiation.

Ce furent ses successeurs , Pépin et Charlemagne, qui se chargèrent de détruire la puissance lombarde et de fonder celle des papes. (Voy. Caelovingif.ns et Chablemagne.)

Depuis la chute des Carlovingiens jusqu'à Grégoire VII, les relations de la papauté avec la France n'offrent rien de remarquable. Nous nous bornerons à mentionner l'avènement au trôna pontifical de Gerbert (voyez ce mot), archevêque de Reims, de Léon IX (voyez Bbunon), évéque de Toul, et de Nicolas II, évéque de Florence, mais né dans le royaume de Bourgogne. Des députés romains avaient, en 1048, offert à Halinard , archevêque de Lyon, le trône pontifical laissé vacant par la mort de Clément II ; mais ce prélat avait refusé cet honneur. Léon IX était venu , en 1045, présider le concile de Reims.

Philippe Ier. après la malheureuse campagne de Flandre où il avait perdu la bataille de Cassel en 1071 , s'était

K longé dans la débauche, et trafiquait onteusement des bénéfices ecclésiastiques; il fut bientôt troublé dans son repos par les admonitions d'Alexandre II, puis de Grégoire VIL Ce dernier, au mois de décembre 1073, écrivit contre le roi une lettre fulminante à Roclen , évéque de Chalon-sur-Saône. * Entre « tous les princes de notre temps, dit-il, « qui par une cupidité perverse ont ven- « du l'Église de Dieu en dissipant ses «biens, nous avons appris que Phi- • lippe, roi des Français, tenait le pre-

« mier rang. Notre zèle pour la charge « qui nous est confiée nous animait à « punir avec sévérité des attentats aussi « audacieux; mais, tout récemment, « Aubré, chambellan de ce roi, est venu « nous promettre de sa part qu'il se « soumettrait à notre censure , qu'il « réformerait sa vie et respecterait do- « rénavunt les églises. C'est pourquoi « nous suspendons les rigueurs canoni- « ques , et nous consentons à éprouver « quelle créance nous devons ajouter à « la parole de Philippe. S'il ne tient « pas sa promesse , qu'il sache qu'avec « l'autorité des saints apôtres Pierre et « Paul, nous réprimerons son endur- « cissement et sa rébellion. Or, il fau- « dra bien" qu'il renonce à son hérésie « simoniaque, ou que les Français, « frappés du glaive de l'anathème, ab- « jurent son* obéissance , s'ils ne préfè- « rent abjurer la foi chrétienne ! »

Cette sortie violente obtint d'abord l'effet que désirait le pape. Philippe s'humilia; mais il ne se réforma pas.

Une autre lettre encore plus véhémente fut adressée par Grégoire aux prélats •français, en novembre 1074. Mais heureusement pour le roi de France , qui secrètement n'en continuait pas moins son commerce de bénéfices ecclésiastiques, Grégoire VII se trouva bientôt trop occupé par sa lutte contre l'empereur Henri IV, pour avoir la possibilité de réaliser ses menaces d'excommunication.

Grégoire VII en mourant avait désigné comme ses successeurs trois prélats , au nombre desquels se trouvait Otton ou Odon , évéque d'Ostie né à Reims. La tiare fut donnée à Victor III ; mais Otton , désigné une seconde fois

i)ar celui-ci, lui succéda en 1088, sous e nom d'Urbain VI. Ce fut lui qui vint présider le célèbre concile de Clermont où fut résolue la première croisade (voyez Conciles et Croisades). IPne prit du reste aucune part aux querelles qui eurent lieu entre Philippe et le clergé de France.

Gelase II , forcé par l'empereur Henri V de quitter l'Italie , se rendit en France au mois de novembre 1118.

Louis VI envoya Suger au-devant de lui ; mais le pape mourut à Cluny au mois de janvier suivant. Les cardinaux

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