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L'UNIVERS. PAPAUTÉ

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les cardinaux qui assistaient au concile. Néanmoins , Innocent III légitima et déclara habiles à succéder les enfants que Philippe avait eus de Marie de Méran, appelée aussi Agnès par quelques historiens.

Ce ne furent pas là du reste les seuls démêlés que Phi lippe eut avec Innocent: ce prince se disposait à envahir l'Angleterre , soulevée contre Jean sans Terre, lorsque celui-ci, effrayé, rendit son royaume feudataire de l'Église romaine ; alors le légat Pandolphe signifia au roi de France qu'il eut à se désister à l'instant d'une guerre désormais impie, puisqu'elle serait dirigée contre un des serviteurs de l'Église. Philippe obéit ; mais son (ils, Louis, malgré les injonctions du saint-siége, se rendit en Angleterre, et y obtint de brillants succès. (Voy. les Annales et Louis VIII.)

Nous avons raconté ailleurs (Voy. les Annales, t. 1er, p. 65 et suiv.) le triste rôle que la papauté joua dans la guerre des Albigeois; nous ne reviendrons pas ici sur ce sujet.

Saint Louis, malgré sa piété, fut assez souvent en lutte ouverte avec la pa-

S.i h dont l'ambition n'avait alors plus e bornes. Ainsi, en 1234, le roi ayant rendu une ordonnance pour resserrer la juridiction ecclésiastique dans de justes limites, Grégoire s'en plaignit à lui par une lettre du 15 février 1235, ou il soutenait que Dieu avait confié au pape, tout ensemble *Je$ droits de [empire terrestre et ceux de l'empire céleste;.tt qu'il terminait en menaçant Louis de l'excommunication prononcée par Hononus III contre ceux qui feraient des statuts contraires aux libertés de l'Église , c'est-à-dire du clergé; mais le roi, malgré cette admonition, n'en persista pas moins à faire exécuter rigoureusement son ordonnance. On sait aussi ( Voy. Empihb d'Allemagne) qu'il ne montra pas moins de fermeté dans les querelles d'Innocent IV avec l'empereur Frédéric , et qu'il refusa au premier un asile dans ses États.

L'avènement du Français Urbain IV au trône pontifical, en 1261, est un fait important, car, depuis cette époque, jusqu'au milieu du siècle suivant, la France exerça sur la papauté une immense influence; ce fut à Urbain IV

et à son successeur , Clément IV, qui était aussi Français de naissance, que la maison d'Anjou dut le trône des Deux- Siciles.

Grégoire X s'étant , en 1273 , rendu à Lyon, dans le but d'v tenir un concile général, demanda à Philippe le Hardi, qui était venu lui rendre visite, de lui restituer le comtat Venaissin, comme faisant partie du marquisat de Provence, que Raymond VII, comte de Toulouse, avait cédé au saint-siége en 1229. Cette demande n'était rien moins que légitime; car Grégoire IX avait, quelques années plus tard , restitué ce marquisat à Raymond. Néanmoins Philippe, qui avait besoin de ménager le pape, lui accorda sa demande, et se réserva seulement la moitié de la ville d'Avignon, que Philippe le Bel échangea seize ans après avec Charles II, roi de Sicile.

Depuis cette époque, jusqu'à l'avénement de Boniface VIII , les rapports de la France avec la papauté furent peu importants ; nous nous bornerons à mentionner l'appui que le Français Martin IV prêta, (la us cet intervalle, à la maison d'Anjou , dans sa lutte contre la maison d'Aragon.

Boniface VIII avait été élu en 1295, par l'influence française ; aussi montrat-il d'abord la plus grande reconnaissance pour Philippe le Bel. Il s'occupa avec ardeur de la canonisation de Louis IX et parvint à décider Jacques d'Aragon a abandonner la Sicile. Il destinait en outre l'empire d'Orient à Charles de Valois, et cherchait par tous les moyens à élever la maison de France en Italie. Mais les exactions commises par le roi sur le clergé firent bientôt cesser cette bienveillance. Le pape demanda à Philippe de mettre en liberté le comte de Flandre et de se réconcilier avec Edouard. Le roi ne se pressant pas d'obéir, Boniface lança une huile violente, dans laquelle il excommuniait tous les clercs qui consentiraient un impôt sans Tordre du saint-siége et tous ceux qui établiraient un pareil impôt. Irrité de cette bulle , Philippe prohiba le séjour des étrangers en France, et défendit d'en laisser sortir ni argent , ni vivres , ni chevaux, sans sa permission. Le pape , auquel cette mesure enlevait ses revenus , répondit

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