J*CE. PAPAUTÉ
pagnies d'aventuriers et, après s'être assurés de l'appui du roi de France et de la reine de Naples, ils prirent, le 9 août 1 378, la résolution hardie de déclarer le saint-siége vacant et l'élection d'Urbain VI illégale.
Le 20 septembre suivant , ils élurent pour pape le cardinal Robert de Genève, nomme jeune, belliqueux, habile, et du reste sans aucune conviction religieuse. Ce nouveau pape prit le nom de Clément VII ; il fixa d'abord sa résidence à Naples et à Gaëte; puis, en 1379, une insurrection des Napolitains le détermina à venir établir son siège à Avignon, où il se rendit avec les cardinaux et toute sa cour. Il était assuré de recevoir un bon accueil de Charles V, car ce prince devait nécessairement embrasser la cause des cardinaux français qui l'avaient élu ; d'ailleurs le roi devait être bien aise de voir revenir la cour pontifiVale eu France, sous son influence immédiate , de manière à pouvoir obtenir d'elle les prélatures et les bénéfices qu'il lui demanderait, à lui faire sanctionner les décimes qu'il voudrait imposer sur le clergé, et enfin à l'employer, comme un instrument docile , au service de sa politique, soit intérieure, soit extérieure.
Cependant, il faut le dire, ce schisme, si désastreux pour l'influence de la papauté, ne le fut pas moins pour la France, qui se trouva bientôt seule et en opposition avec presque toute l'Europe ; car Wenceslas de Luxembourg, successeur de l'empereur Charles IV, la Hongrie et les États Scandinaves, l'Angleterre et les Flamands se déclarèrent pour Urbain VI. «Ce fut, disent les auteurs de Y Art de vérifier les dates. un vrai malheur pour l'Église gallicane que cette résidence de Clément VU en France. Ce pape et le duc d'Anjou, roi de Sicile , se vendirent l'un à l'autre le clergé de France. Clément accordait des décimes au duc d'Anjou, qui lui laissait prendre la moitié des bénéfices et vendre l'autre. Jamais l'abus des grâces expectatives ne fut porté si loin. L'université de Paris, que ce brigandage frustrait du prix légitime de ses travaux, et que le scandale du schisme affligeait , défendit avec courage les libertés de