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PAPAUTÉ L'UNIVERS. PAPA UT

PÊelise gallicane et ses propres droits.

Enfin , après avoir lutté plusieurs années contre la papauté de la cour d'Avignon ; après avoir proposé divers moyens pour le rétablissement de l'union et de la paix , elle porta un coup mortel à Clément par un mémoire que composa , sur le même sujet , Nicolas de Clemengis, un de ses membres les plus distingués. Ce plan de pacification, dont le roi Charles VI et son conseil avaient été frappés , étant venu à la connaissance de ce pape , il en conçut tant de colère, de douleur et de crainte, que ces différentes jmpressions lui causèrent une apoplexie qui l'emporta de ce monde le 16 septembre 1394, après environ seize ans de pontificat. En mourant, il laissa dans ses coffres 300,000 écus d'or. »

A peine Clément VII était-il mort , que le roi , qui voulait à tout prix mettre fin au schisme, écrivit aux cardinaux de surseoir à l'élection. Ceux-ci se hâtèrent d'y procéder, avant de décacheter ses lettres ; ils avaient tous , il est vrai , juré que celui qui serait élu ferait tout pour la paix de l'Église, et céderait même la tiare, s'il le fallait; mais certainement aucun d'eux n'était décidé à tenir sa promesse. Leur choix tomba sur l'Aragonais Pierre de Luna, qui prit le nom de Benoît XIII. Pour obtenir de lui qu'il tînt ses serments , on lui envoya une ambassade solennelle.

Les ducs de Berri, de Bourgogne et d'Orléans vinrent le trouver à Avignon, avec un docteur qui représentait l'Université de Paris, et nui le harangua avec une extrême hardiesse. « Le pape était un habile homme, dit M. Michelet, mais un Aragonais, une tête dure, pleine d'obstination et d'astuce. Il se joua des princes, lassa leur patience, les excédant de doctes harangues, de discours, de réponses et de répliques, lorsqu'il ne fallait , comme on le lui dit, qu'un tout petit mot : cession. Puis, quand il les vit languissants, découragés, malades d'ennui, il s'en débarrassa par un coup hardi. Les princes ne demeuraient pas dans la ville d'Avignon, mais de l'autre côté , à Villeneuve, et tous les jours ils passaient le pont du Rhône pour conférer avec le pape. Un matin, ce pont se trouva brûle ; ou ne

passait qu'en baroue avec danger et

lenteur. Le pape assura qu'il allait rétablir le pont; mais les princes perdirent patience, et laissèrent l' Aragonais maître du champ de bataille. La paix de l'Église fut ajournée pour longtemps. »

Benoît s'etant complètement refusé à l'abdication, le roi écrivit à tous les souverains, et l'université de Paris k toutes les universités , pour demander un concile général, qui prononcerait la déchéance des deux papes et donnerait un chef unique à la chrétienté. Un concile national s'assembla en 1398 , et déclara la France soustraite à l'obédience des deux papes. Cette résolution hardie fut acceptée par le conseil du roi et tout le clergé; il fut défendu de sortir du royaume pour aller à Rome, et de payer aucun impôt pontiiical ; et pour compléter ces mesures , on envoya une armée contre Benoit XIII , qui fut assiégé dans Avignon , pendant quatre ans, par le maréchal de Boucicaut , et s'enfuit en 1403.

Mais la France ne persista pas dans le parti qu'elle avait pris, elle revint bientôt à l'obédience de Benoît. Néanmoins, en 1409, un autre concile national tut convoqué,et l'on y décida qu'un concile général serait assemblé pour réformer l'Église dans son chef et dans 6es membres , et que la France se retirerait de l'obédience des deux papes.

Benoît jeta alors l'interdit sur le royaume ; mais il fut déclaré hérétique et forcé de s'enfuir en Espagne. Enfin , le concile oecuménique assemblé à Pise déclara les deux papes hérétiques , excommuniés et déposés, et élut à leur place Alexandre V.

Mais cette nomination n'éteignit pas le schisme; au lieu d'un pape on eu eut trois, et l'anarchie religieuse continua et ne fit qu'accroître les malheurs de la France , déchirée alors par la guerre civile des Bourguignons et des Armagnacs. Alexandre V mourut en 1410, sans avoir rien fait pour la réforme de l'Église, et Jean XXIII lui succéda. Mais Benoît XIII et Grégoire XII , reconnus toujours à Avignon et à Rome, n'en continuaient pas moins à entretenir le scandale. Enfin, un nouveau concile général fut convoqué à Coustance, pour le 16 novembre 1414.

PAPAUTÉ

FRANCE

La France joua un grand rôle dans lté assemblée, Tune des plus solennelles que l'Église ait jamais tenues. Sur la proposition de Jean Gtrson, député de l'Université de Paris , et l'un des plus savants docteurs de la chrétienté , le concile se proclama supérieur au pape, et déposa les trois prétendants.

Jean XXIII , bien que reconnu comme

Fape légitime, abdiqua; Grégoire XII imita; l'opiniâtre Benoit XIII, qui résista, fut déposé, et l'on élut Martin V,

3ui se hâta ( 1418 ) de prononcer la issolution du concile.

Cette assemblée s'était vivement

{)réoccupée des malheurs de la France; es Bourguignons et les Armagnacs s'y étaient disputé la prééminence; mais les opinions démocratiques de lUniversité v avaient prévalu , ce qui avait excité l'indignation générale des princes.

Martin Y, d'après les décrets du concile de Constance, convoqua en 1423, à Sienne, un concile qui, n'ayant amené aucun résultat, fut transféré à Bâle, où il ne s'ouvrît que sur la fin de l'année 1431. Les députés de Charles VII s'y rendirent ; ceux de l'empereur Sigismond se joignirent à eux ; et les deux souverains prirent le concile sous leur protection. Mais bientôt la discorde éclata entre les Pères et le successeur de Martin V, le pape Eugène V. Les premiers ayant aboli les annates, les maudats, les réserves et d'autres droits qui servaient de prétextes aux papes pour extorquer dans toute la chrétienté d'immenses impôts , Eugène prononça la dissolution du concile, en convoqua un nouveau à Florence , et les mesures les plus violentes furent prises de part et d'autre. Enfin, les Pères du concile ayant été excommuniés, déposèrent Eugène, et nommèrent à sa place le duc de Savoie, Amédée VIII, sous le nom de Félix V.

Presque tous les États de la chrétienté adoptèrent les décrets du concile , qui étaient très-favorables à l'indépendance des églises nationales, et surtout à l'autorité royale. Ce fut un choix de ces décrets, dont que'quesuns avaient été modifiés, que Charles VII présenta au clergé français assemblé à Bourges, en 1438, et dont résulta une ordonnance qui , sous le nom de

Pragmatique sanction, devint une des lois de l'Etat (voyez Pragmatique sanction). Cependant le concile de Bâle ne fat pas soutenu par les rois dans ses projets de réformes. Après avoir profité des décrets qui les affranchissaient de l'autorité pontificale, ceux-ci se réconcilièrent avec Nicolas V, successeur d'Eugène IV; Félix V abdiqua; et en* fin, la paiz fut rendue à l'Eglise.

Nous avons raconté, dans les Anwa-

, les rapports que la papauté eut avec la France pendant les guerres d'Italie et les troubles de la ligue. Nous n'y reviendrons pas (*).

Lorsque Henri IV eut abjuré le protestantisme, il chercha à rétablir les bons rapports de la France avec Home ; car il avait besoin de la papauté pour affaiblir la puissance de la maison d'Autriche en Italie. Ce fut par sa médiation et par les soins du cardinal de Joyeuse que fut apaisé, en 1607, le grave différend qui s'était élevé entre la république de Venise et Paul V, au sujet d'une bulle mouitoriale donnée par celui-ci en 1606. Le successeur de Paul V, Gré-

§oire XV, érigea, en 1621, à la prière e Louis XIII, le siège de Paris en métropole, et autorisa, vers la même époque, l'établissement de la congrégation de Saint-Maur en France.

En 1644, à la mort d'Urbain VIII, qui avait en vain essayé, en 162&, de ménager la paix entre la France et l'Espagne, au sujet de la Valteline, le sacré collège se trouva partagé eu trois factions : celle des Baruerini. le parti français et le parti espagnol. La France se déclara contre le cardinal Pamlili ; cependant, par suite d'intrigues secrètes, le cardinal Antonio Barberini, protecteur de la couronne de France , et le marquis de Saint-Chaumont, notre ambassadeur à Rome, ne prononcèrent pas l'exclusion de ce cardinal , qui fut élu, le 16 septembre 1644, sous le nom d Innocent X, et arriva ainsi au trône pontifical avec la réputation d'être l'ennemi déclaré de la 1* rance.

En effet, il ne tarda pas à avoir quelques démêlés avec elle ; le cardinal Antonio Barberini et ses deux frères, pour-

(*) "Voyez surtout l'art. Cohcoedat, pour le rèçne de François l,r.

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