PAPAUTÉ FRANCE. PAPAUTÉ
et du comtat Venaissin au domaine de la couronne. L'hiver suivant , il prit des mesures pour faire passer des troupes en Italie, et assigna au pape le 15 lévrier 1664, comme terme péremptoire , pour se soumettre. Enfin, la paix fut signée à Pise le 12 février 1664. Alexandre VII consentit à toutes les demandes du roi, et, en outre, le cardinal Chigi, le cardinal Imperiali et les deux frères du pape furent contraints d'aller faire à Louis XIV les apologies les plus humiliantes. De plus, une pyramide fut élevée à Rome vis-à-vis l'ancien corps de garde des Corses , avec une inscription qui portait que la nation corse était déclarée à jamais incapable de servir le siège apostolique, en punition de l'exécrable attentat commis par elle contre l'ambassadeur de France. Les cardinaux Chigi et Imperiali furent reçus à Paris , par Louis XIV, avec tous les égards possibles.
Clément IX, successeur d'Alexandre VII, mit tant de douceur et de bienveillance dans ses relations, que la bonne harmonie se trouva bientôt rétablie entre la France et la papauté. En 1668, il obtint de Louis XIV que la pyramide élevée à Rome fût abattue, et la détermination que prit le roi d'envoyer un corps de troupes françaises à Candie, assiégée par les Turcs, fut due en grande partie à ses prières. Le 15 mars 1668, a la demande du roi, il publia une bulle remarquable , par laquelle il autorisait les magistrats et officiers du parlement de Paris, pourvus d'induit, a requérir des collaleurs en commende les bénélices réguliers, autres néanmoins que les prieurés conventuels électifs et les offices claustraux.
A sa mort (1670), il fut remplacé par le candidat de la faction française dans le sacré collège , par le cardinal Altieri, qui prit le nom de Clément X, et n'occupa le saint-siège que six ans. Sous son successeur Innocent XI , eut lieu la grande querelle de la régale , qui donna lieu a la célèbre déclaration de 1682. (Voyez Déclaration et Régale.) Cette querelle, qui amena une seconde saisie du comtat d'Avignon, se continua sous Alexandre VIII et ne fut terminée qu'en 1693.
Voyez, pour les querelles qui éclatè-
rent entre l'Église de France et le saintsiège dans le dix-huitième siècle, l'article Jansénisme, et dans les Annales, la fin du règne de Louis XIV, la régence du duc d'Orléans, et la règne de Louis XV.
Comme on devait s'y attendre, la papauté se montra très-opposée à la révolution française, qui avait amené la constitution civile du clergé, et lui avait enlevé le comtat d'Avignon. Pie VI refusa d'approuver les décrets de l'Assemblée nationale relatifs à la constitution civile du clergé, et il publia, en 1791, une bulle qui leur était tout à fait contraire. Il accueillit avec une grande faveur les prêtres français émigrés , et , lorsque nos armées eurent mis le pied en Italie, il ne cessa de conspirer sourdement contre elles. Il en fut puni par la prise de Bologne, dont Augereau se rendit maître en juin 1796, et conclut alors un armistice, par lequel il abandonna à la republique cinquante-deux tableaux de grands maîtres, l'herbier d'Aldrovandini, une riche collection de minéraux, et un grand nombre de manuscrits précieux et de livres rares. Mais les armées françaises s'éloignèrent; l'Autriche fit de nouveaux efforts, et le pape espérant sans doute que Bonaparte serait écrasé par les armées ennemies qui fondaient de tous côtés sur lui, recommença ses intrigues, et leva des troupes qui se joignirent à celles qui devaient combattre l'armée française.
La capitulation de Wurmser a Mantoue (2 lévrier 1797) détruisit toutes ses illusions, et le frappa comme un coup de foudre. Bonaparte pouvant alors disposer d'une partie de ses forces, dirigea immédiatement une expédition contre les États de l'Église. Le pape était dans une cruelle anxiété: il s'était compromis par une alliance avec l'Autriche, alliance aue la défaite d'Aïvinzi rendait inutile; la correspondance du cardinal Busia, secrétaire d'État et ennemi juré de la France, avait été interceptée , et elle avait dévoilé les projets formés contre l'armée française, qu'on avait voulu attaquer par derrière; enfin, un envoyé diplomatique de la république avait été assassiné par la populace de Rome, sans que le gouvernement pontifical eût fait aucun ef-