PAPAUTE L'UNIVERS* PAPETIERS
fort pour te secourir, et sans qu'il eût ensuite essayé de punir ses assassins.
(Voy. Basseyills.)
Pie VI essaya pourtant de résister ; mais, après quelques engagements dont le résultat ne pouvait être douteux (voy. Itaub [ guerres d' ! , tome IX, p. 648), Bonaparte, qui s'était avancé jusqu'à Tolentino, lui imposa un traité qui fut signé dans cette ville le 19 février 1797. Voici quelles en étaient les conditions : « Le pape, révoquant tout traité d'alliance contre la France, reconnaissait la République, et se déclarait en paix et en bonne intelligence avec elle. Il lui cédait tous ses droits sur le comtat Venaissiu; il abandonnait déûnitivement à la république cispadane les légations de Bologne et de Ferrare, et , en outre , la belle
[>rovince de la Romagne. La ville et 'importante citadelle d'Ancône restaient au pouvoir de la France, jusqu'à la paix générale. Les deux provinces du duché d'Urbin et de Macerata , que. l'armée française avait envahies , étaient restituées au pape, moyennant la somme de 16 millions. Pareille somme devait être payée conformément à l'armistice de Bologne, non encore exécuté. Ces 30 millions étaient payables, deux tiers en argent, et un tiers en diamants ou pierres précieuses. Le pape devait fournir, en outre , huit cents chevaux de cavalerie , huit cents chevaux de trait , des buffles et autres produits du territore de l'Église. Il devait désavouer l'assassinat de Basseville, et faire payer 300,000 fr. tant à ses héritiers qu'à ceux qui avaient souffert par la suite du même événement.
Tous les objets d'art et manuscrits cédés à la Frauce par l'armistice de Bologne devaient être sur-le-champ dirigés sur Paris. •
Mais peu de temps après (28 décembre 1797), un nouvel assassinat commis par les troupes du pape sur un Français revêtu d'un caractère diplomatique, vint rompre ce traité. Le parti populaire avait organisé à Rome, contre le gouvernement pontifical, une insurrection à laquelle la France était tout à fait étrangère. Cette tentative échoua, et les insurgés se réfugièrent dans la juridiction de l'ambassade fran-
çaise. Mais ils y furent poursuivis par les soldats du pape, qui, sans respect
Kur l'ambassadeur (Joseph Bonaparte), juel, à la tête de quelques officiers, était sorti de son palais pour s'interposer entre les vainqueurs et les vaincus, firent feu, blessèrent le général Duphot, puis le massacrèrent à coups de baïonnette (voy. Duphot).
Le gouvernement romain n'ayant fait aucune démarche pour s'excuser de ce meurtre, Joseph quitta Rome. Le pape offrit alors quelques réparations tardives; le Directoire les rejeta, et ordonna à l'armée d'Italie de marcher sur Rome. Les Français, commandés par Berthier, occupèrent le château Saint-Ange ; les démocrates, après avoir proclamé le rétablissement de la république romaine, demandèrent une constitution à la France (15 février 1798) ; et le pape fut alors conduit à Pise, de là à Savone, puis enfin à Valence, où il mourut l'année suivante.
Le successeur de Pie VI fut Pie VII, qui se hâta de renouer les relations avec la France. Nous ne reviendrons pas sur les événements importants qui signalèrent son pontificat , nous les avons racontés ailleurs (Voy. dans le tome II des Annales, l'histoire du Consulat et de l'Empire, et au Dictionnaire les mots Clergé , Concordat et Empire).
Les événements de 1814 rendirent au pape sa souveraineté temporelle , dont ISapoléon l'avait privé en réunis sant les États de l'Église à la France, et en faisant de Rome la seconde capitale de l'empire. Depuis , les relations de notre pays avec la cour de Rome n'ont offert rien de remarquable, si ce n'est l'occupation d'Ancône par des troupes françaises , événement auquel nous avons consacré un article spécial.
Papetiers. Ce nom était autrefois commun à ceux qui fabriquaient le papier et à ceux qui le vendaient. Cette industrie et ce commerce ne furent ré-
glementés que fort tard, quoique la farication du papier de coton date du huitième ou du neuvième siècle, et que celle du papier de chiffons, de chanvre et de lin , ait commencé au treizième siècle. Louis XIV, informé qu'il se commettait beaucoup de fraudes dans la fe-