FRANCE. PAQUES VÉ BON AISES
ris, et la pratiqua ensuite avec succès, en consacrant ses loisirs à l'étu<le de la physique. S'étant rendu en Angleterre, il y fut accueilli avec distinction par les savants, dont il s'était déjà fait connaître par ses ouvrages , et Bovle l'associa à ses belles expériences sur la nature de
Le 18 juillet 1796, les assignats, entièrement discrédités, cessèrent d'avoir cours dans les transactions commerciales , et ne furent plus admis en payement des contributions.
Une loi du 16 pluviôse an v' (4 février 1 797) porta qu'à dater de sa publication les mandats cesseraient d'à voir l'air. Il fut admis en 1681 à la société cours forcé de monnaie entre particu- royale de Londres; et, en 1687, l'uniliers ; que jusqu'au 1er germinal suivant ▼ersité de Marbourg lui offrit une chaire (21 mars), ils seraient reçu? dans les de mathématiques, qu'il remplit avec caisses publiques, au cours de l'époque, beaucoup de succès. Enfin, il fut nommé en payement des contributions arrié- en 1699 correspondant de l'académie des rees de l'an iv et années antérieures; sciences, et mourut en 1710, laissant, et que , passé cette époque, ils ne se- outre un grand nombre de lettres et de raient plus admis en payement que mémoires imprimés dans le Journal pour les biens nationaux à vendre.
Enfin , l'annulation des 21 milliards d'assignats restants fut consommée le 19 mai 1797.
Papillon (Jean), graveur sur bois , né en (639 à Rouen , mort à Paris en 1710, a laissé des ouvrages où l'on remarque un grand talent d'exécution , mais aussi une grande ignorance des règles du dessin.
Son fils , Jean Papillon le Jeune, né à St-Quentin en 1661, mort à Paris en 1710, suivit la même carrière et atteignit un plus haut degré de perfection. Il travailla nour les tapissiers, les brodeurs, les gaziers, et surtout pour les libraires. Il inventa le trusquin. Les amateurs recherchent ses portraits de Paul III, Jules III et Pie IV.
Jean-Nicolas Papillon, frère du précédent , né à St-Quentin en 1663, mort à Paris en 1714 , obtint moins de succès , parce qu'il apporta moins de zèle et d ardeur à l'étude de son art.
Jean- Baptiste Papillon, fils de Jean, né à Paris, en 1698, mort dans cette ville, en 1776, se distingua dans la même carrière. On admire encore les culs de-lampe qu'il exécuta pour l'édition in-folio des Fables de la Fontaine. Il a publié un Traité historique et pratique de la gravure sur bois, 1766, 2 vol. in-8°.
Papin ( Denis) , célèbre physicien et l'un des premiers qui aient connu l'emploi de la vapeur appliquée au mouvement des machines , était né à Blois vers le milieu du dix-septième siècle ; il
des savants, les Transactions philosophiques , les Nouvelles de la république des lettres, et les .teta eruditorum de Leipzig , plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue celui qui est intitulé : Manière d amollir les os et de /aire cuire toutes sortes de viandes en fort peu de temps et à peu de frais, etc., 1682, in- 12. Cet ouvrage, qui a été souvent réimprimé depuis, n'est autre chose que la description de la fameuse machine appelée digesteur de Papin, autrefois fort usitée, mais que de nouvelles découvertes ont fait abandonner depuis.
Isaac Papin , cousin du précédent , naquit aussi à Blois , en 1657 ; devenu ministre protestant, il se fit remarquer par un grand esprit de tolérance et une certaine hardiesse de vues sur le dogme, et notamment sur la grâce efficace; ce qui lui attira de la part de ses coreligionnaires, entre autres du fameux Jurieu, des désagréments qui le décidèrent à passer en Angleterre. L'évéque d'Éli l'admit dans son clergé; mais peu de temps après il fut forcé de se réfugier en Allemagne , où le poursuivit encore la haine de ses ennemis. Il revint alors en France, abjura le protestantisme (1690) entre les mains de Bossuet , et mourut à Paris en 1709. Ses réponses aux attaques de ses adversaires ont été publiées avec sa rie, par loratorien Pajon , son cousin , 1723, 3 vol.
in- 12.
Paqubs véronaisbs. Lorsque après les victoires de Bonaparte en Italie , le gouvernement vénitien le vit franchir
étudia la médecine à la faculté de Pa- les Alpes pour porter la guerre en Al-
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lemagne, il pensa que le moment était venu de soulever contre les Français les passions populaires et le fanatisme religieux. Se& agents parcoururent les montagnes, en faisant circuler les bruits les plus absurdes sur le sort de i armée d'Italie. Leur but était de soulever le pays, et , à la première nouvelle d'un revers éprouvé par Bonaparte, de tomber avec les insurgés sur les Français qui étaient restés en Italie. Déjà un grand nombre de Français avaient été massacrés ; Bonaparte Pavait su , et , avant de partir, il en avait demandé satisfaction au gouvernement vénitien.
Mais bientôt ce que Ton pouvait encore considérer comme des actes isolés menaça de devenir une révolte générale.
Le mauvais vouloir et les manœuvres secrètes de la république de Venise perçaient partout. Les montagnards soulevés (levaient se joindre au général autrichien Laudon, qui marchait sur Vérone , la ville la plus importante des États vénitiens. Enfin, le 15 avril 1797, le parti aristocratique et antifrançais donna avis à ce général qu'il pouvait s'avancer, et qu'on lui livrerait cette place.
Mais le général Balland, qui commandait la garnison française, s était aperçu de l'agitation qui régnait depuis quelques jours dans la ville, et il se tenait sur ses gardes. Il avait donné à toutes ses troupes l'ordre de se retirer dans les forts au premier signal. Il réclama au-
f>rès des autorités vénitiennes contre es mauvais traitements exercés à l'égard des Français, et surtout contre les préparatifs qu'il voyait faire; mais il n'obtint que des paroles évasives et point de satisfaction réelle. Alors il écrivit à Mantoue et à Milan pour demander des secours , et il se tint prêt à s'enfermer dans les forts. Le 28 germinal (17 avril), jour de la seconde fête de Pâques, une agitation extraordinaire se manifesta dans la ville ; des bandes de paysans y entrèrent en criant : Mort aux Jacobins ! Balland fit retirer ses troupes dans les forts, ne laissa que des détachements aux portes, et signifia qu'au premier acte de violence il foudroierait la ville. Cependant , vers le milieu du jour, des coups de sifflet furent entendus dans les rues ; on se préci-
pita sur les Français; des bandes années assaillirent les détachements laissés à la garde des portes, et massacrèrent ceux qui n'eurent pas le temps de rejoindre les forts. De féroces assassins couraient sur ceux que leurs fonctions retenaient dans la ville, les poignardaient et les jetaient dans l'Adige. Ils ne respectaient pas même les hôpitaux, et ils se souillèrent du sang d'une partie des malades. Cependant , tous ceux qui pouvaient s'échapper et qui n'avaient pas le temps de courir vers les forts se jetaient dans l'hôtel du gouvernement , où les autorités vénitiennes leur donnèrent asile , pour que le massacre ne parût pas leur ouvrage. Déjà plus de quatre cents malheureux avaient péri , et la garnison française frémissait de rage en voyant leurs cadavres flottant au loin sur l'Adige. Le général Balland ordonna alors le feu, et couvrit la ville de boulets. Il pouvait la mettre en cendres , mais les habitants et les magistrats vénitiens effrayés lui envoyèrent un parlementaire ; ils menaçaient de venger tout le mal qui serait fait a la ville, sur les malheureux qui s'étaient réfugiés au palais du gouvernement. Il y avait là des femmes , des enfants appartenant aux employés des administrations, des malades échappés aux hôpitaux , et il importait de les tirer du péril. Balland demanda qu'on les lui livrât sur-lechamp, qu'on fit sortir les montagnards et les régiments esclavons, qu'on désarmât la populace , et qu'on lui donnât des otages, pris dans les magistrats vénitiens , pour garants de la soumission de la ville. Les parlementaires demandaient qu'un officier v!nt traiter au palais du gouvernement. Le brave chef de brigade Beau poil eut le courage d'accepter cette mission : il traversa les flots d'une populace furieuse qui voulait le mettre en pièces, et parvint enfin auprès des autorités vénitiennes. Toute la nuit se passa en vaines discussions avec le provéditeur et le podestat, sans pouvoir s'entendre. On ne voulait pas désarmer, on ne voulait pas donner d'otages , on voulait des garanties contre les vengeances que le général Bonaparte ne manquerait pas de tirer de la ville rebelle; enfin, pendant ces pourparlers , la convention de ne pas tirer dans Tinter-
PAQUKS VÉRONAISES FRANCE. PAHC AUX CERFS 341
valle des conférences n'était pas exécutée par les bordes furieuses qui avaient envahi Vérone ; on se fusillait avec les forts , et nos troupes faisaient des sorties. Le lendemain matin t 29 germinal ( 18 avril ), le chef de brigade Beau poil rentra dans les forts, sans avoir rien obtenu. Bientôt on apprit que les magistrats vénitiens , ne pouvant gouverner cette multitude furieuse , avaient disparu. Les coups de fusil recommencèrent alors contre les forts, et le général Bail and fit de nouveau mettre le feu a ses pièces et tirer sur la ville à toute outrance. Le feu éclata dans plusieurs uartiers. Quelques-uns des principaux abitants se réunirent au palais du gouvernement pour prendre la direction de la ville en l'absence des autorités. On parlementa de nouveau; on convint de ne plus tirer; mais cette convention ne fut pas mieux exécutée par les insurgés, qui ne cessèrent de tirer sur les forts. Les féroces paysans qui couvraient la campagne se jetèrent sur la garnison du fort de la Chiusa, placé sur l'Adige, et J'égorgèrent ; ils firent de même à régara des Français répandus dans les villages des alentours.
Mais l'instant de la vengeance approchait. Des courriers partis de tous les côtés étaient allés prévenir le général Kilmaine. Des troupes arrivaient de toutes parts. Kilmaine avait ordonné au général Chabran de marcher sur-lechamp avec 1.200 hommes; au chef de la légion lombarde Lahoz de s'avancer avec 800 ; aux généraux Victor et Baraguay-d'Hilliers de marcher avec leurs divisions; pendant que ces mouvements s'exécutaient, le général Laudon reçut la nouvelle de la signature des préliminaires de Léoben , et il s'arrêta sur l'Adige; enfin , après un combat sanglant , que le général Chabran eut à livrer aux troupes vénitiennes, la ville de Vérone fut entourée de toutes parts, et alors les furieux qui avaient massacré les Français, passèrent de la plus atroce violence au plus grand abattement. On n'avait cessé de parlementer et de tirer pendant les journées du 1" au 5 floréal ( du 20 au 24 avril ). Les magistrats vénitiens reparurent alors ; ils voulaient encore des garanties contre les vengeances qui les menaçaient; on leur avait donné
vingt-quatre heures pour se décider; ils disparurent de nouveau ; une municipalité provisoire les remplaça, et en voyant les troupes françaises maîtresses de la ville et prêtes à la réduire en cendres, elle se rendit sans conditions. Le général Kilmaine fit ce qu'il put pour empêcher le pillage ; mais il ne put sauver le mont-de-piété, qui fut en partie dépouillé. Il fit fusiller quelques-uns des chefs de l'insurrection pris les armes à la main ; il imposa à la ville une contribution de 1,100,000 francs, et lança sa cavalerie sur les routes, pour désarmer les paysans et sabrer ceux qui résisteraient. 11 s'efforça ensuite de rétablir l'ordre, et fit sur-le-champ un rapport au général en chef, pour attendre sa décision à l'égard de la ville rebelle. Tels furent les massacres connus sous le nom de Pâques véronaises (*).
Paraclrt (le). Voyez Abailard et Héloisb.
Parc aux cerfs. Madame dePompadour ayant rompu ses relations intimes avec Louis XV, et sachant que ce roi ne pouvait se passer de maîtresses, songea à éloigner de lui celles qui pourraient prendre une influence qu'elle ne voulait pas abandonner. « Sa jalousie pour écarter toutes celles qui auraient pu la supplanter, qui avaient un rang dans le monde, de l'esprit, de la conversation, était vigilante et furieuse, tandis qu'elle se prétait volontiers h introduire auprès de lui de jeunes filles dont elle croyait n'avoir rien à redouter. Le mar-
3 uis de Lugeac, son neveu, s'entenait pour cet infâme métier avec Lebel, valet de chambre du roi, et ils étaient toujours sûrs d'être secondés au besoin par l'intendant de police.
Bientôt madame de Pompadour découvrit que Louis XV pourrait lui-même s'amuser à faire l'éducation de ces jeunes malheureuses. De petites filles de neuf à douze ans , lorsqu'elles avaient attiré les regards des gens de la police par leur beauté , étaient enlevées à leurs mères par plusieurs artifices, conduites à Versailles et retenues
(*) Voy. Itm.ii [guerres d'], ton». IX,
J>ag. 649 et suivantes, et Thiers , Hist. de a révolution Jrançaue, t. IX , p. x 09 et suivantes.
342 PARC Al'X CERFS L'UNIVERS. PARDESSUS
dans les parties les plus élevées et les plus inaccessibles des petits appartements du roi. Là , celui-ci passait des heures avec elles ; chacune d elles avait deux bonnes pour la servir; le roi s'amusait à les habiller, à les lacer, et à leur faire des exemples pour écrire; aussi plusieurs arrivèrent-elles à avoir une écriture absolument semblable à la sienne. Il avait le plus grand soin de les instruire lui-même des devoirs delà religion; il leur apprenait à lire , à écrire et à prier Dieu, comme un maître d'école. Il ne se lassait pas de leur tenir le langage delà dévotion. Il faisait plus, il priait lui-même à deux genoux avec elles, toujours avec sa pieté accoutumée, et cependant, dès le commencement de celte éducation si soignée, il les destinait au déshonneur. Madame de Pompadour, qui ne faisait pas semblant de s'apercevoir du train de vie de son ami, lui donna, vers 1753, la charmante retraite de l'Hermitage , dans le parc de Versailles , sur la route de Saint- Germain. Ce bâtiment et le jardin avaient été construit et planté par elle avec toutes les recherches de la volupté, aux frais du trésor royal; elle prétendit s'en être ennuyée, et voulut donner au roi le moyen d'éviter la publicité dans ses rendez-vous de galanterie. Bientôt quelques maisons élégantes furent bâties dans l'enclos attenant,
?|u'on nommait le Parc aux Cerfs. Elles urent destinées à recevoir les jeunes filles qui attendaient les embrassements de leur maître. Elles étaient soignées dans leurs couches , mais leurs enfants leur étaient toujours enlevés pour être placés dans des collèges ou des couvents; jamais ils ne devaient revoir leur mère, qui de son côté ne revoyait jamais le roi. Le nombre des malheureuses qui passèrent successivement au Parc aux Cerfs est immense ; à leur sortie, elles étaient mariées à des hommes vils ou crédules, à qui elles apportaient une bonne dot. Quelques-unes conservaient un traitement lort considérable.
Les dépenses du Parc aux Cens, dit Lacretelle , se payaient avec des acquits au comptant. Il est difficile de les évaluer; mais il ne peut y avoir aucune exagération à affirmer qu'elles coûtèrent plus de 100 millions à l'État ; dans
quelques libelles on les porte jusqu'à un milliard (*). »
Pabchemiwibhs. On appelle ainsi ceux qui mettent en couleur les parchemins et vélins aussitôt qu'ils sont sortis des mains du mégissler. Les statuts de cette communauté dataient de 1545; ils furent augmentés par Louis XIV en 1654.
Pardessus (Jean-Marie) est né à Blois en 1772. Fils d'un avocat, il embrassa la carrière du barreau, devint, en 1805, adjoint au maire de sa ville natale , et fut nommé maire peu de tem ps après. Son premier ouvrage sur le droit, son Traité des servitudes, qu'il Gt paraître en 1806, lui servit de marchepied pour monter plus haut ; il fut appelé, en 1807, au Corps législatif, où H se montra tout dévoué au pouvoir impérial. Le 19 juillet 1810, il obtint au concours la chaire de droit commercial qui venait d'être créée à la faculté de Paris. Quand les Bourbons revinrent, il se prononça en leur faveur; puis, au retour de l'Ile d'Elbe, il signa une adresse à l'empereur, où il promit de a ne laisser échapper aucune occasion « pour jeter dans le cœur de la jeu- « nesse les semences des idées libé- « raies y qui finissent toujours par « triompher de tous les obstacles qu'on « voudrait leur imposer. »
Le département de Loir-et-Cher l'envoya, en août 1815, à la chambre des députés ; et il s'y associa complètement à cette majorité réactionnaire et avide de vengeances , qui, par les excès qu'elle fit commettre à cette assemblée, lui mérita le nom de chambre introuvable. Lors de la discussion sur l'établissement des cours prévôtales, M. Pardessus soutint que les crimes commis avant la création de ces cours devaient rétroactivement être jugés par elles. Dans la discussion sur les élections , il défendit avec chaleur le renouvellement quinquennal de la chambre; enfin, le 25 avril 1816, il chercha a justifier la commission militaire qui avait condamné, à Rennes, le général Travot. Il ne fut point réélu après la dissolution de lachambre (23 no-
(•) Sismondi, But. des Frtmç., t. XXIX p. 8 el suiv.
PARDlic FRANCE* paré m
▼embre 1816). Mais en 1820, le département des Bouches-du-Rhône le choisit pour son représentant, et il lui continua son mandat en 1824 et en 1827.
Dans le cours de cette longue carrière législative , M. Pardessus fut toujours l'homme des lois d'exception. Un de ses collègues lui ayant reproché un jour ses opinions antérieures à la Restauration et son adresse a Napoléon en 1815, il confessa en ces termes sa faute du haut de la tribune : « J'ai été « coupable, bien coupable; mais j'ai « demandé pardon à mon roi , et mon « roi m'a pardonné. » Dès le 16 mai 1816, il avait été nommé conseiller à la cour de cassation; et il est à croire qu'en l'appelant à cette haute fonction, 1 on avait voulu récompenser plutôt l'homme poli tiqué que le savant jurisconsulte. Il a été élu, en 1829, membre de l'académie des inscriptions et belleslettres. Depuis 1830, M. Pardessus est rentré dans la vie privée. Outre son Traité des servitudes , il a publié un Traité sur le contrai de la lettre de change, 2 vol. in-8°, et un Cours de droit commercial, 5 vol. in -8°. Son Traité des servitude* est très-estimé, et son Cours de droit commercial est incontestablement l'ouvrage le plus complet et le plus savant qui existe sur cette matière.
Pabdiac. Le Pardiac était un petit pays situé entre le Fezenzac et le fligorre, qui avait pour chef-lieu le château de Montlezun , situé à trois lieues de Mirande (Gers), dans l'Astarac, dont il faisait autrefois partie. Voici la liste des seigneurs qui le possédèrent, depuis qu'il fut séparé de ce comté :
1025 ou environ. Bernard (VAstarac , dit Pelagos , troisième fils d'Arnaud II , comie d' Astarac.
Vers 1088. Otger /er, fils du précédent.
Guillaume, fils à* Otger. On ne connaît ni l'époque de son avènement, ni celle de sa mort. Il vivait encore en
Boémond, fils du précédent
1182. Otger 11 , que l'on croit être le gendre du précédent.
Vers 1204, au plus tard, Arnaud' Cuithem fils d'Otger II.
1275. Arnaud-Guilhem II, fils du
précédent, donna en 180Ô, des coutumes , des privilèges et des franchises aux vassaux de son comté.
1309 au plus tard. Arnaud-Guilhem 111 , fils du précédent, servit avec dis* tinction la France dans les guerres de Flandre.
1333. Arnaud-Guilhem IV s'acquit une grande réputation par ta valeur qu'il déploya dans la guerre de Flandre, et plus tard au service du roi de Navarre.
1353. Arnaud-Guilhem V, fils du précédent, s'attira, par ses violences contre un consul de Marciac , un arrêt du parlement qui confisqua son comté et sa baronnie. Il mourut sans avoir été relevé de cette condamnation , et ne laissa pas d'enfants.
1377. Anne, sa sœur, recouvra, par une faveur de Charles V, les domaines confisqués sur son frère , et les porta dans fa maison d'Armagnac en épousant Géraud d'Armagnac, vicomte de Fézenzasuet. Mais Bernard , comte d'Armagnac, s'empara, en 1402, du Pardiac, qui , après sa mort, passa à son second fils. (Voy. les Annales, tom. I, p. 64.) Le Pardiac fut réuni au domaine royal en 1477.
Paré (Ambroise), le père de la chirurgie française, naquit a Laval vers le commencement du seizième siècle. Il fut le fils de ses œuvres. Venu à Paris pour y suivre les leçons des maîtres qui brillaient à r< ttc époque , il débuta comme aide de Jacques Goupil, professeur au collège de France. En 1536 , il accompagna en Italie, comme chirur-
f;ien, le sieur René de Monte- Jean, coonel général des gens de pied. A son retour en France, il fut nommé docteur en chirurgie au collège Saint-Edme; puis, en 1552, chirurgien ordinaire de Henri II, emploi qu'il conserva auprès des successeurs de ce prince, François II , Charles IX et Henri III.
De nombreux récits nous montrent de quelle considération il fut entouré.
Son caractère était, en effet , à la hauteur de sa science et de son talent. S'il eut beaucoup d'amis , il eut aussi d'ailleurs beaucoup d'ennemis. Des envieux l'accusèrent d'avoir empoisonné François II, en lui faisant des injections dans l'oreille droite. En apprenant cette
344 PARENT
L'UNIVERS
PARIS
imputation, Catherine de Méd ici s s'écria! « Non, non, Ambroise est trop « homme de bien et trop notre bon ami « pour avoir eu la pensée de ce projet « odieux ! » Charles IX, auquel il avait sauvé la vie , se ressouvint de lui lors du massacre de la Saint-Barthélemy. « Il l'envoya quérir, dit Brantôme, et venir le soir dans sa chambre et garde-robe, lui commandant de n'en bouger , et disant « qu'il n'étoit pas raisonnnable « qu'un qui pouVoit servir à tout un « petit monde fût ainsi massacré. »
Henri m ne lui montra pas moins de bienveillance. Il mourut a Paris le 20 décembre 1590.
Ambroise Paré tient dans la chirurgie moderne le même rang qu'Hippocrate dans la médecine antique. Le premier, il affranchit l'art du joug superstitieux de l'autorité, et prit pour guide l'observation , l'expérience. La plupart des découvertes de la chirurgie moderne se retrouvent dans ses écrits, qui ont été traduits dans toutes les langues. Ils forment, dit un biographe, une véritable encyclopédie chirurgicale, où il reste beaucoup à puiser pour les praticiens de nos jours. Il porta à la perfection la thérapeutique des plaies faites par les armes à feu. C'est à lui que nous devons le meilleur mode de traitement pour la guérison radicale des rétrécissements de l'urètre, ainsi que l'étude plus méthodique des maladies des yeux et des dents. On a de lui , Manière de traiter les plaies faites par arquebuses, flèches, etc., in-8°, 1545; Jirieve collection de l'administration atmtomique, 1549, in-8°; Œuvres d'Ambroise Paré, 1562, in-fol., fig.; Traité de la Peste, 1568, in-8°.
Tous ces ouvrages ont eu un grand nombre d'éditions.
Parent (Pierre), né à Auxerre, souslieutenant au 23e régiment d'infanterie légère, s'opposa, le 19 juillet 1799, avec sa compagnie, au débarquement des Anglais à Porto-Ferrajo , et défendit pendant deux jours, sans vivres et sans eau, la position qui lui avait été confiée. Après avoir tué plusieurs ennemis, il fut renversé d'un coup d'épée par un officier anglais qui venait de se rendre à lui , et qu'il n avait pas voulu désarmer.
Pabpdmeubs. La fabrication et la vente des parfums n'étaient pas assez importantes pour qu'on en nt l'objet d'une industrie spéciale ; elles étaient réunies à la fabrication et à la vente des gants. Les statuts de ceux qui s'y adonnaient furent établis en octobre 1190, par Philippe-Auguste; puis renouvelés , confirmés et augmentés en mai 1656, par lettres patentes de Louis XIV. Ces statuts leur donnent le nom de maîtres et marchands gantiersparfumeurs.
Sous leur dernière appellation, les gantiers pouvaient vendre de la poudre a poudrer, des pommndes odorantes, des parfums secs, liquides, etc. Par un arrêt du parlement du 26 novembre 1594, il leur fut défendu de vendre et débiter séparément aucuns parfums et objets de senteur qu'ils ne les eussent faits et composés eux-mêmes.
Quelques marchands merciers de Pans ayant voulu , sur la fin du seizième siècle, se qualifier de marchands merciers, maîtres parfumeurs, l'arrêt du parlement dont nous faisons mention plus haut, leur défendit de prendre ce dernier titre, attendu qu'il n'appartenait qu'aux seuls maîtres gantiers, selon qu'il était porté dans leurs statuts et règlements.
L'usage des parfums s'étant trèsrépandu dans la suite, la fabrication et la vente des objets que l'on range dans cette catégorie donnèrent naissance à une profession particulière et à un grand commerce d'exportation.
Pabis. L'origine de Paris est trèsincertaine, et ce qu'on sait sur les établissements, base première de cette grande ville, n'offre rien de précis.
Quand on a voulu chercher d'où lui venait le nom de Lutetia , qui lui est donné par les Romains, on a dû nécessairement rester dans la même indécision. On a cependant proposé une foule d'étymologies plus ingénieuses les unes que les autres; mais, afin de ne pas nous égarer dans toutes les suppositions que se sont plu à créer les érudits pour donner de la consistance à leur opinion , nous laisserons de côté cette recherche douteuse , et nous ne nous occuperons que des témoignages authentiques que nous apportent les
paris FRANCE.