PARU
écrivains sur la peuplade qui habitait autrefois la petite île devenue depuis la Cité.
César dit, dans ses Commentaires, que les Parisii fondèrent dans une tle ae la Seine une petite Tille {Oppidum). Le petit territoire qu'occupaient les Parisii pouvait avoir en dehors de leur tle dix à douze lieues d'étendue dans sa plus grande dimension ; il était borné au nord par celui des Silvanectes ( habitants aeSenlis), à Test par celui des Meldi ( habitants de M eaux ), à Test et au sud par le pays des Senones ; enfin , au sud et à l'ouest par celui des Carnutes. Épars sur ce territoire, ils sentaient le besoin , lorsqu'ils seraient attaqués , de se rassembler sur un point dont la défense fût facile. La plus grande des Iles que formait la Seine dans leur territoire leur parut la position la plus favorable, protégée qu'elle était déjà par les eaux du fleuve. Telle est l'origine que l'histoire assigne à Paris. A cette époque , les habitations de Lutèee étaient en bois, de forme ronde , et défendues par de faibles remparts. L'an 54 avant J. C, les Parisiens sortirent de leur lie à l'approche de Labienus , lieutenant de César, et allèrent à sa rencontre. Ils furent battus après un combat sanglant, et Camulogene, leur chef, fut tué.
Trois ans après , César réunit à Lutèee les principaux chefs gaulois, et cette petite ville commença à prendre plus de développement. César y fit construire de nouvelles maisons, rit rétablir les deux ponts qu'avaient rompus les Parisiens, et à l'extrémité de chacun de ces ponts il éleva de grosses tours qui en devaient défendre les approches.
Lutèee devint alors la résidence du proconsul romain chargé du gouvernement de la Gaule celtique, et peu à peu elle vit s'élever dans ses environs des maisons de plaisance et des temples consacrés aux nouveaux dieux, dont les Romains avaient apporté leculte. A cette époque s'élevait le palais des Thermes , dont Julien est regardé à tort comme fondateur. Julien ne fit que réparer ce palais, ainsi que V aqueduc d'Arcueil qui y apportait des eaux ; il agrandit l'enceinte de la ville , qui fut alors portée au dehors de l'île, et la plupart des em-
bellissements de Paris sous la domination romaine lui sont attribués. Un enclos, qui se nommait encore, en 1224, le Champ des Arènes , et qui s'étendait de la rue des Fossés-St-Victor à la rue Saint-Victor, fait conjecturer qu'il y avait un amphithéâtre dans cet endroit.
Sur l'emplacement où depuis Childebert I,r fit élever l'église de Saint- Germain des Prés était un temple d'Isis. Au milieu de l'île de la Cité était un temple de Jupiter. Les fouilles faites en 1711 dans le choeur de l'église de Notre-Dame, pour l'érection de l'autel consacré par un vœu de Louis XIII, ont levé toute espèce de doute à cet égard ; on y a découvert un autel antique portant pour inscription :
TIB. CAESABR AUO. IOVI. OPTVH
MAXUMO. ABAM Il AVTAB. PABISIACI PUBLICE. POS1BBV NT.
7ï6[erio] Cssare Aug[usto imperante] Jovi oj)tim[o] maxumo aram nautx Parisiaci publiée pos[u]erunt(*) .
Ainsi ce fut sous le règne de Tibère que fut élevé cet autel par les nautes parisiens, qui paraissent avoir occupé sous les Romains les premières charges municipales; car l'un des bas reliefs dont cet autel est orné, les représente marchant en corps, ayant en tête leurs druides , et participant à la consécration du monument.
Julien fit de longs séjours dans le voisinage de Lutèee, qu'il appelle sa chère Lutèee. Après lui, Valentinien y résida, et Gratien perdit sous ses murs, contre Maxence, une bataille qui lui coûta l'empire.
Depuis l'invasion des barbares jusqu'à l'établissement plus régulier des premiers rois francs dans la Gaule, on n'a que peu ou point de renseignements sur l'histoire de Paris. Du reste, dans un ouvrage consacré à l'histoire de France en général, des articles particuliers étant destinés à chaque fait important , on comprend que l'histoire de Paris , où cependant un grand nombre de ces faits se sont passés, doit être fort res-
(•) Muratori, pig. cxxxvm et mxlyi.
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PARIS
treinte; nous ne nous occuperons donc ici que de ce qui regarde spécialement cette ville, ses développements matériels, ses monuments et ses principaux établissements, renvoyant pour plus de détails aux articles spéciaux.
Clovis étant devenu chrétien, la nouvelle religion remplaça peu à peu, à Paris , l'ancienne idolâtrie ; les temples furent détruits et des éçlises s'élevèrent à leur place. La situation de Paris au milieu des possessions franques de la Gaule, sur le bord d'une rivière grande et navigable, engagea, en 506, Clovis à établir le siège dé son empire. Quand, sa mort, ses quatre fils se partagèrent son royaume, il fut convenu que Paris resterait indivis et qu'aucun d'eux n'y pourrait entrer sans l'agrément des autres. Cependant , Childebert, après le massacre de ses neveux, fils de Clodomir, y fixa sa résidence , et il y resta jusqu'à sa mort.
Les ministres de la nouvelle religion ont à cette époque dans le gouvernement une grande influence, et on voit presque toujours l'évéque de Paris conseiller intime du roi. Le premier évéque, dont l'existence ait été bien démontrée , est Victorin , qui vivait vers l'an 346. Après lui viennent Paul, Prudentius et saint Marcel ou Marceau, qui, selon la légende, délivra Paris d un monstre affreux qui empestait la ville de son haleine et dévorait les enfants. Il fut , après sa mort , inhumé hors de la ville, dans une cha-
{ )elle dédiée à saint Clément. Sous Louis e Débonnaire, cette chapelle, convertie en église, reçut le nom de Marcel et donna naissance au bourg Saint-Marceau, aujourd'hui l'un des faubourgs de Paris. On vovait encore, en 1790, appendu dans l'église, le monstre vaincu pnr le saint; c'était une espèce decétacé empaillé, auquel on avait ajouté des cornes de bœuf.
Un des personnages chrétiens de cette époque, dont le nom est resté le plus populaire, c'est sainte Geneviève qui, dit on, détourna de Paris, par ses prières , le farouche Attila , et contribua à la conversion de Clovis. Morte en 509, elle fut inhumée dans une église élevée sur le mont Locutitius (montagne Sainte-Geneviève) en l'hon-
neur de saint Pierre et de saint Paul.
Plus tard , cette église reçut le nom de la sainte, et les fidèles vinrent prier devant un oratoire en bois construit au-dessus de sa tombe, pour la guérison de tous les malades. La dévotion à mainte Geneviève a toujours été très-fervente, et, jusqu'aux derniers temps de l'ancienne monarchie, dans les grandes calamités, on portait solennellement sa châsse dans les rues de Paris.
Sous Childebert , Germain , évéque de Paris, est conseiller et archichapelain du roi. Landri, l'un de ses successeurs, est ministre de Clovis II, et fonde un hôpital pour les pauvres malades.
Sous les rois de la seconde race, Paris perdit beaucoup de son importance.
Charlemagne n'y résida que rarement, et le règne de ses faibles successeurs fut marqué par une suite de terribles calamités. Déjà, en 588 , une inondation des eaux de la Marne et de la Seine avait failli engloutir la ville ; des incendies auxquels les constructions légères de cette époque fournissaient un aliment facile, l'avaient ruinée à plusieurs reprises, et les guerres intestines des rois de la première race avaient retardé encore les développements que lui aurait donnés une
fiopulation active et industrieuse. Vers e commencement du neuvième siècle apparaissent pour la première fois sous les murs de Paris, les Normands ni devaient si souvent y porter la évastation. En 845, ils se jettent sur la Cité et n'y laissent que des ruines. Charles le Chauve s'en débarrasse moyennant 7,000 livres pesant d'argent. En 856 et 857 , ils reparaissent , mettent le feu à la ville, brûlent les églises de Saint-Pierre et de Sainte- Geneviève. Celles de Saint-Vincent et de Saint-Germain se rachètent du pillage moyennant des sommes considérables. C'était là un funeste moyen; aussi, alléchés par la facilité d'un pareil butin, ils reviennent en 861 et rompent le grand pont dont les arches interceptent le passage de leurs bateaux.
En 885, nouvelle invasion; mais cette fois la ville est en état de défense. Ils en font le siège, et , dans un espace de
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treize mois, lui donnent huit assauts.
Eudes , alors comte de Paris , encourageait les Parisiens à une énergique résistance. Cependant, pressé par les Normands , il avait demandé de nouvelles troupes à Charles le Gros qui lui avait envoyé Henri, duc de Saxe; mais une sortie malheureuse fit perdre aux assiégés les avantages qu'ils auraient pu tirer de ce secours. Henri fut tué et ses troupes défaites. Eudes se rendit alors lui-même auprès de Charles alors à Metz , pour demander un nouveau secours , tandis que les Parisiens luttaient contre leurs infatigables ennemis.
Charles le Gros s'avança en effet bientôt avec une armée ; mais au lieu de profiter de ses forces pour faire payer aux Normands leurs continuelles déprédations, il acheta leur éloignement au prix de quatorze cents marcs d'argent, nonteux traité dont la mémoire de Charles le Gros restera toujours flétrie. Il fut en outre permis aux Normands de continuer leurs courses dans le pays arrosé par la haute Seine. Il est vrai que pour ne point endommager le grand pont , ils durent tirer leurs barques hors de l'eau et les transporter par terre jusqu'au-dessus de la ville. La même année (886), un débordement de la Seine ayant renversé le petit pont , les Normands brûlèrent la tour du sud qui se trouvait ainsi séparée de la ville. En 978, l'empereur Othon II, en guerre avec Lothaire, lit incendier le faubourg septentrional , et dans un transport de vaine bravade frappa de sa lance une des portes de la Cité. Le lendemain il fuyait en déroute. Ces dévastations cruelles si souvent répétées avaient apporté avec elles des fléaux non moins terribles et le plus redoutable de tous, la famine, qui à plusieurs reprises décima la population. En 975, la disette fut si horrible, que les hommes se dévoraient entre eux. Des épidémies auxuelles on donnait le nom de feu sacré, e mal des ardents, de mal des enfers, venaient encore ajouter à la misère du peuple.
Hugues Capet, élu roi en 987, continua à habiter le palais de ses ancêtres dans la Cité , et c'est de cette époque nue date le séjour constant des rois de France à Paris. Son fils Robert II
agrandit considérablement ce palais , a,ui fut habité ensuite par plusieurs rois jusqu'à Charles VII ; celui-ci l'abandonna entièrement aux parlements.
La résidence des rois a Paris ne pouvait manquer de donner à cette ville un grand développement. Les églises et les palais bâtis dans son enceinte ou dans ses environs peuvent être considérés comme les premiers degrés de sa grandeur future. Les abbayes, par de nombreuses acquisitions et des constructions, s'étaient augmentées considérablement ; des artisans et des laboureurs attirèrent le commerce; enfin, des négociants s'établirent dans les différents quartiers. Au temps de Louis VII , l'enceinte de Paris , partant de la rive droite de la Seine, dans le voisinage de Saint -Germain • l'Auxerrois , suivait la direction des rues actuelles des Fossés-Saint-Germain , deBéthisy, des Deux Boules, de la rue et de la place du Chevalier du Guet, de la rue Perrin- Gasselin , et aboutissait à la rue Saint- Denis , où était une porte , en face du grand Chdtelet situé en tête du Pont au Change. Elle se dirigeait ensuite le long des rues d'Avignon, des Écrivains, enveloppait l'église Saint-Jacques-Ia- Boucherie, et aboutissait à la rue des Arcis , où se trouvait une porte nommée porte ou archet de StMerry ; enfin, de là elle suivait les rues Jean-Pain- Mollet et Jean-Lépine, et aboutissait à la place de Grève et au bord de la Seine.
Au midi l'enceinte, partant du point où est aujourd'hui le marché à la volaille, allait rejoindre la rue St-Andrédes-Arcs , où se trouvait une porte appelée la Barre : puis, aboutissant rue Hautefeuille, elle suivait la rue Sarrasin , traversait la rue de la Harpe, longeait la rue des Mathurins , puis la rue des Noyers jusqu'à la place Maubert, où était une porte, et de-là, suivant les rues Perdue et de Bièvre, descendait à la Seine à un point nommé les Grands Degrés.Y>n cet endroit était une tour nommée de St-Bernard ou tourelle des Bernardins,
Autour de Paris et presque y attenant, se trouvaient alors de nombreux espaces de terrain cultivés ou couverts de maisons, mais entourés de murailles, et à cause de cela nommés Clos.
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Dans la partie méridionale étaient les clos de S te- Geneviève, de S t- Germain des Prés , de St-Victor, de St-Médard et de St-Marcel, qui contenaient ces abbayes et leurs dépendances ; le Clos des vignes ou Cour tille s'étendant de la rue des Saints-Pères aux rues St-Benoît et de l'Égout ; le clos St-Sulpice sur l'emplacement du Jardin du Luxembourg ; le clos lignerai sur une partie de ce jardin et de l'enclos des Chartreux; le clos S t- Etienne des Grès contigu à l'église de ce nom et au clos de S te «Geneviève; les clos de Mauvoisin et de Gar lande; le clos L'Évéque; le clos du Chardonnet, sur lequel lut construite l'éclise de St-Nicolas du Chardonnet; le clos Bruneau entre les rues de Tour non et de l'Odéon, et sur remplacement duquel se trouve aujourd'hui la rue de Condé; le clos St-Symphorien, grand vignoble situé entre les rues de Reims, des Cholets , des Sept- Voies et de St-Étienne des Grès ; le clos Tyron entre les rues St-Victor et des Boulangers ; le clos St-Victor entre les rues du Faubourg St-Victor , JNeuve- St-Ètienne, des Boulangers et' le clos des Arènes; le clos du Roi sur l'emplacement duquel a été bâti l'église St- Jacquesdu haut Pas; enfin les clos des Mureaux, des Bourgeois, des Jacobins, des Poteries.
Le bourg St-Médard contenait les clos du Breuil, du Mont-Cétard, des Mors-fossés, des Treilles, de Copeau , de Gratard, de la Cendrée, des Saussayes.
On nommait terre dïAlez un vaste terrain compris entre le clos du Chardonnet et le point où la Bièvre se jetait dans la Seine. Au quinzième siècle , on voyait encore une rue d'Alez parallèle à celle des Fossés-St- Bernard.
Dans la partie septentrionale à l'est de la Grève, étaient le clos St-Gervais entre les rues St-Gervais, Culture St-Gervais et du Temple ; le clos St- Êloi dans l'emplacement de la rue et de l'église St-Paul et de l'Arsenal ; le clos Margot, sur lequel a été ouvert la rue St-Claude au Marais ; les enclos du Temple, de l'abbaye St- Martin, de St-Merry et de St-Magloire s'étendant entre la rue St-Denis et la portion orientale de Paris ; les champeaux
compris entre la me St-Denis et le
Palais-Royal. »
Au delà d'un vaste marais qui, venant de Ménilmontant, se prolongeait jusqu'au pied du village de Challoet ou Chaëllot , aujourd'hui Chaillot , était la Ville t Êvêque , d'abord maison de plaisance de l'evéque, et qui ensuite devint un village.
Entre Pans et Montmartre se trouvaient encore le clos de Malevart où est aujourd'hui la Courtille ; le clos Georgeau, qui a donné son nom à une rue qui joint la rue Traversière à la rue Ste-Anne; le clos Gauthier et le clos du Hallier.
Paris renfermait dans son enceinte six petits bourgs du côté du nord et quatre du côté du midi. Le plus gros de ceux du midi se nommait le Beau-Bourg, et à la suite il y en avait un autre nommé Thibout d'une ancienne famille de Paris. Les rues qui ont conservé ces noms indiquent encore aujourd'hui remplacement de ces bourgs.
Pour compléter la description de Paris à cette époque , il nous faut mentionner les différents édifices qui s'étaient élevés depuis l'établissement des rois francs : c'étaient presque tous des monuments religieux que les rois avaient fondés, ou de simples chapelles que leur dévotion avait agrandies et transformées en églises. Ainsi , outre ceux dont nous avons déjà parlé, se trouvaient dans l'intérieur de la Cité:
Notre-Dame ; la construction de cette église , dont la date précise n'est pas connue, se rapporte au règne des premiers rois mérovingiens. Saint' Denis de la Chartre , édifice gui fut rebâti aux quatorzième et quinzième siècles, et qui possédait une crypte où, dit-on, saint Denis avait été jeté en prison. On y conservait une pierre carrée percée d un trou circulaire, que l'on regardait comme l'instrument du supplice de ce saint. Cette église fut démolie en 1810, et sur son emplacement s'ouvre aujourd'hui le quai de la Cité. Sl-Symphorien , chapelle située rue du Haut-Moulin et qui porta d'abord le nom de Ste-Catherine. Rebâtie et agrandie au treizième siècle, elle eut le titre de paroisse jusqu'en 1698. Cédée en
PARIS
FRANCE
PARIS
1704 à la compagnie des peintres, elle devint propriété nationale en 1792 , et n'a pas été rendue au culte depuis cette époque. L'abbaye de S t- Martial située sur remplacement contenu entre les rues de la Barillerie, de la Calandre, aux Fèves et de la Vieille-Draperie. Saint Éloi y fit bâtir une abbaye ae femmes,
3ui reçut sous la seconde race le nom e son fondateur. Incendiée au onzième siècle, puis rebâtie, cette abbaye fut donnée à des moines de St-Maur les Fossés. L'emplacement et le voisinage de ce monastère ont longtemps porté le titre de Ceinture de saint Éloi. L'église de St-Christophe dans la rue de ce nom, était devenue, au neuvième siècle, un hôpital de pauvres. Au douzième, elle redevint paroisse, et fut démolie en 1747, quand on établit l'hospice des Enfants trouvés. St-Jean le Rond , baptistère de Notre-Dame , dit-on , et qui subsista jusqu'en 1748. Sur son emplacement est aujourd'hui l'ouverture de la rue du Cloître. L'église St Germain le Vieux démolie en 1802. La chapelle de St-Leufroi détruite en 1604.
St-Barthélemu située rue de la Barillerie en face le Palais de Justice. D'abord chapelle du palais, construite et réparée par Eudes qui prit le titre de roi vers l'an 890, St- Barthélémy devint alors église royale et prit le nom de St-Magloire dont elle possédait le corps. Lorsque ces corps furent transportés à l'oratoire St-George , Saint-Barthélemy reprit son nom, et elle fut érigée en paroisse en 1148. La reconstruction de ce monument, entreprise en 1772, fut interrompue par la révolution , et Ton établit, à cette époque, sur son em- . placement la salle de théâtre de la Cité, auquel succéda la salle des Veillées, puis des loges de francs-maçons et enfin le Prado. L'église St-Lanari, qui fut supprimée et démolie pendant la révolution. L'église Saint-Pierredes-Arcis située rue de la Vieille-Draperie, et dont la construction paraît remonter à Tan 926; elle fut rebâtie en 1424 et démolie en 1800. Sur son emplacement est aujourd'hui une rue qui va rejoindre celle de la Pelleterie. La chapelle Sainte-Marine transformée aujourd'hui en un atelier, et qui a laissé son nom a un cul-de-sac de la Cité;
elle fut, dit-on, fondée sous le règne de Henri I". Ste- Geneviève des Ardents, rue Neuve-Notre-Dame, construite sous Louis VI et démolie en 1747. St- Pierre aux Bœufs situé sur l'emplacement
2 n'occupe aujourd'hui la rue d'Arcole.
>n ignore l'époque de sa construction , ainsi que le motif de son surnom. Son portail , qui existait encore lorsqu'on a percé la rue d'Arcole , a été enlevé et appliqué sur la façade de St-Severin.
Ste-Croix, rue de la Vieille-Draperie, au coin de la rue du même nom, existait avec le titre de chapelle au douzième siècle. On y établit plus tard la confrérie des cinq plaies de Notre-Dame de Pitié; elle a été démolie en 1797. St- Denis du Pas, église située nu chevet de Notre-Dame , et qui après la révolution fut affectée au service de l'Hôtel- Dieu ; c'est aujourd'hui une salle de réception pour l'admission des malades.
Autour et en dehors de la Cité , les édifices religieux s'étaient multipliés aussi, et la plupart ont laissé leur nom à des rues, souvent à des quartiers tout entiers. Nous citerons entre autres l'abbaye de Ste-Geneviève, fondée d'abord sous le nom de basilique de St- Pierre et St-Paul, par Clovis et sa femme Clotilde en 508 ; détruite , comme on l'a vu , par les Normands, en 857, et rebâtie en 1175, vers la fin du règne de Louis VII. Les corps de Clovis et de Clotilde que l'on avait inhumés dans la sacristie, furent alors relevés et déposés au milieu du chœur, dans un tombeau de pierre, orné de cette statue couchée du roi, qui, après avoir été conservée au Musée des Petits Augustins, fut transportée à St-Denis en 1816. Le tombeau de Ste-Geneviève, en marbre , entouré d'une grille et placé au milieu d'une crypte, avait été ouvert, et son corps déposé dans une châsse d'un grand prix, placée derrière le chœur rt supportée par quatre colonnes en marbre précieux. La châsse fut portée, en 1793 , à l'hôtel des Monnaies pour être fondue , et les reliques furent brûlées publiquement sur la place de Grève. A la même époque fut transporté aux Petits -A ugustins le tombeau de Descartes, dont le corps avait été déposé dans un petit mausolée renfermé dans cette église , en 1666.
PARIS
L'UNIVERS
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L'église de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, fondée par Childebert en 543, au retour d'une expédition contre l'Espagne, sur les ruine? du temple d'Isis, portait alors le nom de Sainte-Croix et de Saint-Vincent , parce que Childebert y avait déposé la tunique de ce saint et une croix d'or enrichie de pierres précieuses. Elle ne prit le nom sous lequel on la désigne encore aujourd'hui qu'après la canonisation de Germain , évéque de Paris et conseiller de Childebert. Ce prince dota richement son église, ainsi qu'il l'appelait, lui donna le bourg é'/ssiacum (Issy1) et ses dépendances, le cours de la Seine, ses deux rives , des bois et des prés , plusieurs terres, etc. Pour la décoration de l'église elle-même , Childebert fit des dépenses considérables. Suivant Grégoire de Tours, les voûtes s'appuyaient sur des colonnes de marbre, les lambris étaient dorés , les murailles ornées de peintures faites sur des fonds d'or, le pavé en mosaïque, enfin la toiture en cuivre doré, ce qui lui fit donner le surnom de Saint -Germain le Doré.
Childebert étant mort peu de temps après la dédicace de son temple , y fut enseveli; sa veuve Ultrogothe et ses deux filles y furent réunies plus tard. Sur son tombeau fut sculptée son image , et ce tombeau , conservé au Musée des Petits-Augustins pendant la révolution , a été transporte à Saint- Denis lors de la restauration. L'église de Saint-Germain servit à la sépulture des rois et de la famille royale, jusqu'à l'époque où Dagobert affecta a cette destination l'abbaye de Saint- Denis.
Dans le chœur de l'église on voyait sur leurs tombes les figures deChilpéric, de Frédégonde sa femme, de Clotaire II et de sa femme, de Childéric H et de sa femme. Cette église, ruinée à plusieurs reprises par les Normands, conserva peu de restes de sa première construction : il n'en subsiste plus qu'une tour carrée , dont la partie inférieure parait remonter au cinquième siècle.
Outre ces monuments religieux, Paris avait vu se former quelques établissements qui devaient répondre aux premiers besoins d'un peuple sorti de la barbarie, tels que les écoles fondées par Charlemagne , et dont la plus cé-
lèbre était celle de Saint-Germain des Prés ; Y hôpital Salnt-Gervais , situé d'abord au parvis de l'église Saint- Gervais, fondé, en 1171 , pour donner asile aux pauvres voyageurs : au quatorzième siècle, il reçut les religieuses hospitalières de Sainte- A nastase, qui peu à peu le transformèrent en un monastère.
Avec le règne de Philippe-Auguste commence une ère nouvelle pour Paris. Les établissements de tous genres se multiplient; la police de la ville se régularise; un port est construit pour recevoir les marchandises qui ar- ; rivent par la Seine. Aux aqueducs romains, détruits par le temps et par les invasions , succèdent de nouveaux aqueducs : celui de Saint-Gervaii va prendre les eaux des hauteurs de Menilmontant et de Romainville, et les apporte dans Paris, où elles sont reues par les fontaines Saint-Lazare et es Filles-Dieu, dans le faubourg Saint- Denis; par celle des Saints-Innocents, adossée alors à la rue Saint-Denis et à la rue aux Fers. Un autre aqueduc prend les eaux de Belleville et les amène à l'abbaye de Saint-Martin dei Champs. Les rues de la ville sont pavées. De tous côtés s'élèvent des monuments où l'architecture appelée gothique remplace une architecture lourde et sans goût. Bientôt s'élèvent les colonnes déliées , les ogives élancées et les flèches hardies de Notre-Dame, que fait reconstruire Maurice de Sully, devenu, de simple écolier, évéque de Paris; l'église Saint-Thomas du Louvre; enfin, celle de Saint-André des Arcs, fondée par les moines de St-Germain des Prés. Près de là, au coin des rues de la Harpe et de l'École de Médecine , est fondée l'église de Saint-Côme et St-Damien.
Déjà s'élève la tour du Louvre, germe de l'un de nos plus remarquables monuments. A l'entour, Philippe -Auguste élève une muraille; un mur enceint aussi le cimetière des Innocents et enferme la tour du Bois, corps de gsTâe
2ui sert de phare pendant la nuit ; enn , la ville elle-même est entourée d'une nouvelle enceinte qui , partant de la Seine un peu au-dessus de l'emplacement actuel du Pont des Arts, va passer par la porte Saint-Honoré ,
FRANCE
PARIS
près du temple actuel de l'Oratoire, s'ouvre à la porte Coquillière, où est aujourd'hui la rue de ce nom, à la porte Saint-Denis, au coin de la rue Mauconseil, à la porte Barbette dans la rue Vieille -du -Temple, entre les rues des Francs-Bourgeois et des Rosiers , à la porte Baudoyer, puis s'arrête au quai des Célestins. Elle reprend du coté méridional à la Tournelle, et s'ouvre encore aux portes Saint-Victor, Bordet, Saint-Jacques, Saint-Michel , des Cordeliers près la Cour du commerce, de Bussy, et vient enfin s'achever à la Tour de Nesle , située sur remplacement de la rue Mazarine. Au dehors de la ville , sur l'emplacement qui répond au quartier Saint-Denis, se fonde un hôpital pour les pèlerins et les voyageurs attardés, et qui doit recevoir plus tard, sous le nom $ Hospice de la Trinité, les enfants des pauvres ouvriers.
Louis VIII, dans son règne si court, et tout occupé de la guerre des Albigeois, ne put continuer les travaux de son père. Louis IX , au retour de sa première croisade en 1252, lit bâtir près de son palais une chapelle royale pour y déposer la couronne d'épines et les autres reliques achetées à fempereur Baudouin : ce fut la Sainte- Chapelle. En 1791, les reliques furent envoyées a Notre-Dame, et les pierres précieuses qui les accompagnaient, à la monnaie. Saint Louis fonda les Célestins pour six moines qu'il avait ramenés avec lui de la terre sainte ; fit bâtir, en 1254, l'hôtel des Quinze- fingts,
four 300 pauvres aveugles, restaurer Hôtel-Dieu, qu'on nommait alors la Maison de Dieu, élever l'église des Frères Mineurs , sur l'emplacement qu'occupent aujourd'hui la rue de 1 Observance et la place de l'École de Médecine. Au règne de ce roi se rapporte encore la fondation de la Maison de Sorbonne, destinée alors à recevoir de pauvres écoliers , et qui dans la suite reçut de si notables agrandissements de la générosité du cardinal de Richelieu. Quelques années plus tard, Paris comptait de nombreux collèges, celui de Clunu, fondé en 1269, par Yves de Vergy, abné de Cluny; celui d'//arcourt, fondé en 1280, par Raoul d'Harcourt , et devenu de nos jours le collège
Saint-Louis; celui de Bayevx, dont la fondation remonte à 1 308 ; le collège de Justice, ainsi nommé du nom de Jean Justice , son fondateur ; dans la rue de la Harpe, le collège des Cholets, devenu collège Louisle-Grand ; le collège du cardinal Lemoine , rue Saint- Victor.
Désormais l'impulsion est donnée :
Paris va s'agrandir continuellement; chaque jour apporte avec lui sa création nouvelle, et ce serait entreprendre une tâche impossible que d'essayer de décrire exactement et méthodiquement ces accroissements graduels qui. du Paris de saint Louis ont fait le Paris actuel. Chacun apporte sa pierre au grand édifice qui s'eleve. Saint Louis a créé de nouvelles congrégations religieuses et enrichi celles qui existaient déjà. I^es Jacobins , ou Dominicains de la rue Saint-Jacques , ont éprouvé sa libéralité, et commencent, ainsi que les Cordeliers, une longue lutte avec l'Université naissante; les Frères Sachets.
lui doivent leur existence; les Grandsdugustins sont venus sous son règne s'établir à Paris et donner leur nom à un quartier de la ville ; les Carmes du Grand Couvent ont été amenés par lui de l'Orient; enfin , les Chartreux ont obtenu la cession du château de Vauvert, sur l'emplacement duquel s'est formé depuis te jardin du Luxembourg.
Sous les successeurs de saint Louis , de nou\eaux collèges s'élèvent. Les égli» ses, déjà si nombreuses, se multiplient encore; les monastères, les hôtels, les maisons particulières, prennent la place des espaces vides et des terrains cultivés contenus dans l'enceinte de Philippe-Auguste. Enfin , sous Jean II , cette enceinte, qui tombe en ruine, ne suffit plus à renfermer les constructions, et, en 1256, Étienne Marcel, prévôt des marchands, entreprend de la reconstruire. La partie méridionale ne subit que de grandes réparations ; mais la partie septentrionale s'agrandit considérablement. Partant de la porte Barbette, située à l'extrémité orientale du quai des Ormes, elle remonte la Seine jusqu'à l'endroit où se trouve le fossé de l'Arsenal, et à l'angle formé par le fossé et le cours de la Seine, se dresse la tour de B'Uly, qui subsista jusqu'en
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1538. De ce point, la muraille, flanquée de tours carrées, suit la direction du fossé jusqu'à la rue Saint-Antoine, où est construite cette porte fortifiée, qui, agrandie dans la suite par Charles V, devint la Bastille Saint- Antoine^*). De cette porte, la muraille laissant le boulevard actuel en dehors, suit la direction de la rue Jean de Beauvais jusqu'à la rue du Temple, la rue Meslée jusqu'à la rue Saint-Martin où se trouve la porte de ce nom, puis la rue Sainte-Apolline; elle forme ensuite la porte ou Bastille Saint-Denis, et revenant par les rues de Bourbon-Villeneuve et Neuve-Saint-Eustache, elle arrive à la porte Montmartre, traverse la place des Victoires, se rend au jardin du Palais-Royal , vers le milieu de sa longueur, suit la rue du Rempart et aboutit à la porte Saint-Honore, d'où elle se prolonge jusqu'à la Seine, dans la direction de la rue Saint-Niçoise; elle s'arrête enfin à la tour du Bois , qui subsistait encore sous Louis XIV.
Charles V, sans agrandir cette enceinte, y fit de grandes réparations , rehaussa les murailles qu'il garnit de tours, fortifia de nouveau les portes, et lit de la Bastille Saint-Antoine une forteresse. A l'intérieur de la ville, il construisait V hôtel Saint-Paul, qui s'étendait de la rucSaint-Antoine au cours de la Seine, et de la rue Saint-Paul à la Bastille ; agrandissait le palais de la Cité et le Louvre. Ces demeures royales étaient du reste autant de forteresses et presque de petites villes. Car le logement royal proprement dit y tenait peu de place , et tout l'emplacement était occupé par des jardins potagers, des colombiers, des poulaillers; les bâtiments par la paneterie, l'épicerie, la pâtisserie, la fruiterie, l'éehansonnerie, etc.
Pendant la période qui s'étend du règne de Charles V à celui de Louis XII, on s'occupa d'assainir Paris, où des eaux stagnantes qui séjournaient dans les rues, entretenaient des foyers constants de corruption et de maladies. L'ancien lit du ruisseau de Ménilmontant offrit un canal naturel , qu'on nomma le grand égout, et où allèrent s'écouler plusieurs égouts particuliers qui parcouraient les rues de
(•) Voy. Bastille