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VERS. PARIS

Paris ; mais ces égouts étaient à ciel ouvert et sans maçonnerie, à l'exception d'une partie de celui du Pont Perrin, qui, passant sous la Bastille Saint-Antoine, fut en 1412 détourné et dirigé dans les fossés du Temple. Un grand nombre de rues furent pavées; plusieurs beaux édifices s'élevèrent, entre autres l'église Saint-Êtienne du Mont, les hôtels de Cluny et de la Trèmouille ; quatre boucheries furent établies, et plusieurs ports furent disposes sur les rives de la Seine , le port des Barrés, devenu le port Saint-Paul , le port au foin, le port Saint Gervais, depuis le port au blé , le port de Bourgogne, le port de la Saunerie et le port du Louvre. Dans la Cité se trouvaient les ports Notre-Dame et de Saint-Landri; sur la rive gauche de la Seine, étaient ceux de Saint - Bernard , de Saint-Jacques et de Nesle.

Le pont Notre-Dame avait été reconstruit en 1413. Il résista aux grandes inondations de 1 426, 1427 et 1493; mais en 1499, le 25 octohre, il s'écroula avec soixante maisons qui le couvraient. Le cordelier Jean Joconde fut chargé de le reconstruire en pierre, et il termina, en 1512, celui qui existe encore aujourd'hui, et qui resta couvert de maisons jusqu'en 1786. Le petit pont, emporte en 1408, fut reconstruit aussi en pierre en 1499, par le même cordelier Jean Joconde.

A cette époque , seize fontaines publiques existaient dans Paris et dans ses faubourgs. La fontaine Maubuée, celles de la rue Salle au Comte, des rues Ste-Avoye et Bar du Bec, et de la porte Baudoyer, étaient alimentées par l'aqueduc deBelleville ; celles des Innocents et des halles, du Ponceau, de la Reine, de la Trinité, de la rue des Cinq-Diamants, de St-Lazare, des Filles-Dieu, des Cultures Saint-Martin et du Temple rece; vaient les eaux de l'aqueduc du pré St-Gervais.

Paris était divisé en trois villes distinctes et séparées, la Cité, ['Université, la f ille. La Cité était la plus petite des trois ; et la Ste-Chapelle, Notre-Dame, vingt et une églises, THôtel-Dieu, je Palais, couvraient, avec quelques misérables nies, cet étroit espace.

V Université occupait la rive gauche

PARIS

FRAINCE.

PARIS

de la Seine depuis la Tournelle jusqu'à la tour de Nesle. La montagne Ste- Geneviève y était renfermée avec quarante-deux collèges, les abbayes de la Sorbonne, des Bernardins, de Ste Geneviève, des Mathurins, de St-Benoît, des Augustins, des Cordeiiers; l'hôtel de Cluny, les logis de Rome, de Nevers, de Reims, les thermes de Julien et une infinité de petites rues étroites qui subsistent encore en partie dans ce qu'on appelle le quartier latin. Ce côté de la Seine était très-peu marchand ; il n'y avait à proprement parler de quais que du pont St-Michel à la tour de Nesle; le reste du bord de la Seine était une grève ou un entassement de maisons dont le pied baignait dans la rivière.

Au delà de l'Université s'étendaient des prés, des champs et quelques faubourgs, entre autres celui de St-Victor avec son abbaye ; celui de St-Marceau avec son couvent et trois éclises ; celui de St- Jacques avec trois églises ; celui de St- Germain, le plus considérable de tous, avec sa magnifique abbaye. On trouvait encore au dehors de l'Université le couvent des Chartreux.

La fille , déjà la plus grande et la plus riche des divisions de Paris, s'étendait sur la rive droite de la Seine , de la tour de Billy à la tour du Bois. L'hôtel Saint- Paul et le Louvre, deux demeures royales; la Bastille; quarantequatre églises ; plusieurs monastères ; le Temple , occupaient la plus grande partie de ce vaste espace. Au delà des Tourne! les était le fameux jardin Déda- /in, donné par Louis XI à son médecin, et sur l'emplacement duquel est aujourd'hui la place Royale.

Sur la Seine étaient cinq ponts , trois à droite, le pont Notre-Dame, le pont au Change et le pont aux Meuniers; sur la gauche, le petit Pont et le pont St-Michel.

L'Université avait six portes , nommées les portes St-Victor, Bordet, Papale , Saint-Jacques , Saint-Michel et Sainte- Geneviève. La Ville en avait six aussi, les portes St-Antoine, du Temple, Saint-Martin, Saint-Denis, Montmartre et St*Honoré; enfin, un fossé large et profond entourait les murailles. Voici le tableau que fait de Paris, Co-

rozet, auteur du commencement du seizième siècle :

Cette ville est île onze portes Avec gros mur, qui n'en pas peu de ebose, Profond* fossés tout a l'eninnr s'estendent , Où maintes eaus de toutes parts se rendent , Lequel enclos sept lieues lors contient , Comme le bruyt tout commun le maintient; Plis après sont cinq grands ponts Pour dessus l'eau passer et repasser Depuis la ville en la noble cite, De la cité en l'université.

La fin du quatorzième siècle et le quinzième" furent pour Paris des époques de souffrance et d'agitation. En 1358 , les Parisiens ayant à leur téte Etienne Marcel, prévôt des marchands, se révoltent contre le Dauphin, pénètrent jusque dans la demeure royale et égorgent en sa présence ses plus fidèles serviteurs. Le Dauphin s'enfuit de Paris ; le roi de Navarre, échappé de sa prison, y commet toutes sortes d'excès, et en est chassé à son tour. Enfin Marcel trame cette perfide trahison qui devait livrer la ville aux Anglais, et qui est heureusement prévenue par Maillard.

En 1383, les impôts onéreux qui surchargent le peuple excitent un nouveau soulèvement; des bandes furieuses se saisissent de maillets de plomb déposés à l'hôtel de ville et de toutes les armes qu'elles rencontrent , enfoncent les prisons, mettent les détenus en liberté, massacrent les percepteurs des impôts, pillent leurs maisons et l'abbaye de St- Germain des Prés, qui en a recelé quelques-uns. Le roi revient punir les révoltés, auxquels leurs armes principales avaient fait donner le nom de Maillot iris, et rentre dans Paris au milieu des acclamations. En 1407, le duc d Orléans est assassiné dans la rue Barbette, par les ordres du duc de Bourgogne , et là commencent ces longues querelles des Bourguignons et des Armagnacs , qui ensanglantèrent si souvent la capitale.

En 1420 , la ville fut prise par les Anglais. En H29 , l'armée commandée par Jeanne d'Arc , et forte d'environ 12,000 hommes, vint attaquer Paris entre les portes St-Honoré et St-Donis. L'assaut fut très-cruel, dit le journal de Mathieu Pàris, et dura quatre heures; l'armée rovale, après quatre heures «le combat, décimée par les canons de la ville et les traits des assiégés, se retira, et Paris ne put être délivré qu'en 1430.

T. xi. 23e Livraison. (Dict. encycl. , etc.)

PARIS

L'UNIVERS

Cette même année, le froid et la famine moissonnèrent une grande partie de la population. En 1437 et 1438, outre la

f)este et la famine, on vit des troupes de oups affamés se répandre dans la capitale et y causer d'affreux ravages. Enfin, en 1466, la mortalité fut si grande qu'on fut obligé de donner asile aux malfaiteurs, pour repeupler la ville.

Sous François 1er, malgré les guerres d'Italie , malgré la captivité du roi en Espagne, de grands travaux furent exécutés à Paris. Outre la reconstruction de nombreuses églises et la fondation de plusieurs collèges, Paris vit s'élever rhôtel de ville , dont la première pierre fut posée en 1533, et qui ne devait être terminé qu'en 1605 par André du Cerceau. Une maison et un jardin situés hors Paris dans un lieu voisin d'une fabrique de tuiles, furent achetés par le roi, qui les donna, en 1525, à sa mère, Louise de Savoie, et ce fut là l'origine du château des Tuileries élevé plus tard sur cet emplacement par Charles IX.. Le Louvre, qui avait été réparé lorsque François Ier y reçut Charles-Quint, fut démoli en partie pour être reconstruit sur un nouveau plan.

Henri II continua les travaux de son père et en confia la direction à Pierre Lescot, l'un de nos premiers architectes. Eu 1548, le corps de bâtiment qu'on nomme aujourd'hui le vieux Louvre était presque entièrement terminé, et Jean Goujon fut appelé à en décorer l'intérieur de ces belles sculptures, l'un des plus anciens et des plus précieux monuments de la renaissance des arts en France. Pierre Lescot et Jean Goujon associèrent aussi leurs talents pour la reconstruction de la fontaine des Innocents, dont on admire encore les élégantes et gracieuses sculptures. L'hôpital des Petites-Maisons fut relevé par la ville en 1557. Les Enfants- Trouvés furent établis en 1552 dans l'hôpital de la Trinité. Le pont Saint- Michel , détruit pour la deuxième fois en 1547, fut reconstruit. Enfin en 1559, sous le règne si court de François II , l'hôpital de l'Oursine fut destiné à loger et soigner les pauvres atteints de la maladie vénérienne.

Sous Charles IX, Paris, ensanglante par les horribles massacres de la St- Barthélémy, s'enrichit cependant encore du palais des Tuileries, qui se composait alors du gros pavillon du centre , de .deux bâtiments latéraux avec des pavillons à leur extrémité.

L'Arsenal, ancienne grange que Henri II avait convertie en bâtiments destinés au logement des officiers d'artillerie et à la fabrication de la poudre, avait été détruit en partie car une explosion des poudres ; Charles IX le fit reparer. Henri III, que la débauche n'empêchait pas de se livrer aux actes de dévotion les plus puérils, attira à Paris les Capucins qui vinrent s'établir, en 1574, au village de Picpus, puis dans une maison de la rue St-Honoré. Les Feuillarits vinrent aussi alors s'établir rue St-Honoré en face la place Vendôme. G race à lui , les Jésuites virent s'agrandir et se multiplier leurs propriétés. En même temps les fortifications étaient étendues du côté de l'ouest; te jardin des Tuileries était compris dans l'intérieur de la ville; le faubourg Saint- Germain, ruiné par les guerres du quinzième siècle, était rebâti en 1540 et ses rues pavées; dans la Cité, sur remplacement de la Ceinture de Saint- Èloi , on ouvrait plusieurs rues nouvelles; les environs du Louvre étant couverts de bâtiments, on établissait un bac pour communiquer avec le faubourg St- Germain; enfin, en 1578, Henri III posait la première pierre d'un pont destiné à rendre cette communication plus facile. Mais la construction de ce pont fut abandonnée par suite des désordres dont la ville fut le théâtre pendant la ligue, et ne fut reprise que sous Henri IV.

Avant d'arriver au règne plus tranquille de ce prince, Paris devait encore être le théâtre de bien des troubles et avoir à supporter toutes les horreurs de la guerre. C'est d'abord te 12 mai 1588, Ta journée des barricades, coup d'essai de la ligue, qui voulait éprouver ses forces. Vainement Henri III a-t-il pris quelques mesures de prudence; ses 4,000 Suisses disséminés dans Paris sont écrasés sous les pierres qui pleuvent des toits , ou tués des coups d'arquebuse qu'on tire des fené-

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