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ces temps est celui de sainte Geneviève, pieuse bergère devenue depuis la patronne de Paris , qu'elle avait sauvé des fu- f reurs d'Attila. A elle est attribuée, ainsi qu'à Clotilde , la conversion de Clovis. Néanmoins , malgré ce séjour d'un évéque à Paris, malgré cette éclatante conversion du chef des Francs, les Gaulois conservaient encore leurs usages d'idolâtrie; car en 560, sous Childebert , on trouve une loi qui permet le renversement des idoles placées dans les champs ou dans tout autre lieu. Quelques années plus tard , le pape Grégoire écrivait à Brunehaut d'user de modération pour contraindre ses sujets à se soumettre à la discipline de l'Église, de sorte qu'Us n'immolent plus aux idoles. Mais les pratiques superstitieuses d'un peuple ne se déracinent pas en un jour, et alors même que le christianisme était généralement adopté, une foule d'usages rappelaient encore que le culte des idoles avait été mêlé à la religion du Christ.

Ce n'était pas, du reste, entre les religions des deux peuples seulement que s'était établie (a lutte. Les usages des Francs étaient souvent en opposition avec les coutumes romaines profondément implantées déjà dans les Gaules ; et partout , on retrouve les traces de cette lutte où la victoire n'a jamais été complète ; car le parti vaincu , en subissant la loi du vainqueur, ne la subit pas sans modification.

Sous la première race, les lois romaines s'altérèrent de plus en plus. Paris eut pour l'administrer un comte et des scabini) plus tard nommés échevins, à qui fut attribuée la juridiction de la ville, et qui furent l'origine de la municipalité. Parler des mœurs à cette époque, ce serait vouloir enregistrer les actes d'une société encore barbare , où le caprice du plus puissant faisait la loi. Que de cruautés, de crimes et de débauches ! L'histoire a fait connaître les mœurs des rois de cette épo-

3ue, et s'il fallait juger de la moralité u peuple par celle de ses chefs , on pourrait avoir l'idée d'une horde de sauvages plutôt que d'un peuple qui commençait a s'organiser. Mais le peuple à cette époque était écrasé sous les impôts, les corvées; à peine avait-il

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assez de force pour satisfaire aux exigences de ses maîtres. Parmi les ministres de la nouvelle religion se trouvaient cependant des esprits éclairés, dépaysés en quelque sorte au milieu de ce peuple abruti, et déplorant l'abandon des travaux de l'intelligence. Grégoire deTours s'écriait : « Le malheureux temps que « celui où nous vivons! L'amour de ré- « tude est éteint.» La langue latine, jusqu'alors en usage , s'était altérée par l'alliance de mots d'origine germanique, et des siècles devaient s'écouler avant que la fusion des divers idiomes de ce temps pût former une langue régulière.

Charlemagne , le second roi de la seconde race, génie supérieur, apparut comme un flambeau destiné à dissiper les ténèbres de la barbarie. Il fit un grand nombre de capitulaires, premier recueil de lois publié en France, et chercha à ramener dans les Gaules le culte des arts et des sciences ; mais au milieu des soins que réclamait son vaste empire, Paris n'eut qu'une faible part de sa sollicitude. De lui cependant date l'établissement des écoles de cette ville, où il appela des savants d'Allemagne, des chantres d'Italie. Dans ces écoles on enseignait la lecture, l'écriture, l'arithmétique, l'astrologie et le plain-chant. La plus célèbre de ces écoles était celle de Saint- Germain des Prés. Toutefois cette instruction primitive, qu'allaient chercher seulement ceux qui se destinaient aux fonctions ecclésiastiques, paraît a\oir eu peu d'influence sur les mœurs, même sur celles du clergé, qui s'était laissé entraîner aux habitudes grossières des guerriers qu'il était appelé a policer. Un capitulaire de Charlemagne défend aux ecclésiastiques d'aller à Ta chasse et de répandre le sang des hommes, de fréquenter les tavernes, et de s'enivrer.

C'étaient là , en effet, les délassements des seigneurs , qui , s'il faut en croire les auteurs du temps , se livraient à toutes sortes de débauches et de crimes. Le moine Abbon, dans un poème sur le siège de Paris par les Normands , reproche aux seigneurs de cette époque l'orgueil , la débauche et le luxe des habits : « Non contents « de répandre les pierres précieuses sur « vos ceintures, l'or sur vos manteaux ,

« il faut que vous en décoriez aussi , leur « dit-il , jusqu'à votre chaussure, jus- « qu'à la canne que vous portez. * C'était le peuple qui fournissait à ce luxe; aussi voit-on sous les faibles successeurs de Charlemagne, le commerce de Paris ruiné par les impôts au'exigeaient le comte, les évêques, les abbés. Os dignitaires , profitant de l'amoindrissement du pouvoir royal , étaient devenus rois eux-mêmes sur le territoire qui leur était départi ; ils y exerçaient une autorité sans limites, y levaient des contributions, et avaient pour soutenir leur puissance leurs troupes et leurs officiers.

Plus on avance dans cette période à laquelle président les rois de la seconde race, plus la décadence des institutions, des lettres et des mœurs, se fait sentir. Les lois sont méconnues, et ce n'est plus que le caprice des seigneurs qui fait loi ; l'instruction qu'avait cherché à répandre Charlemagne se perd de plus en plus , et on rencontre à chaque pas les superstitions les plus grossières.

Avec les premiers rois de la troisième race on voit renaître les améliorations. Louis VI commence à mettre un frein à la puissance des seigneurs, et sous son règne refleurissent les écoles. Abailard qui, en 1118, fonde une école de dialectique à Paris , y attire par son éloquence une telle affluence d'écoliers, que, faute d'espace, il fait ses leçons en plein champ. De ses disciples, cinquante devinrent evêques, vingt cardinaux , et le pape Celestin II avait aussi étudie sous lui. Dans l'abbaye de Saint-Victor, Guillaume de Champeaux élevait une école , qui devint l'une des plus célèbres de France. Paris voulut profiter de l'avantage que Louis VI avait accordé a quelques villes, d'acheter des chartes de franchi se, mais ne put obtenir que quelques privilèges. C'est ainsi que les habitants, justiciables du roi, eureutla faculté de poursuivre leurs débiteurs, de saisir leurs meubles et leurs biens, et d'obtenir, pour effectuer cette poursuite, le secours du prévôt de Paris, nouveau fonctionnaire a qui fut confiée la police de la ville, et qui résidait dans le grand Châtelet. L'évéque de Paris, le chapitre de Notre-Dame , les abbés de Saint-

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Germain des Prés, de Sainte-Geneviève et les seigneurs ecclésiastiques, rendaient la justice dans leurs domaines ; mais les duels judiciaires , les épreuves par le fer , l'eau et le feu t qu on employait souvent pour décider dans les ras' embarrassants, assuraient le triomphe du plus fort plutôt que du plus juste. En 1260, saint Louis supprima le duel en matière judiciaire et y substitua les preuves par témoin ; mais les lois de ce prince, connues sous le titre d'Établissements, ne purent être exécutées que dans les domaines royaux ; les seigneurs et les ecclésiastiques s'y opposèrent de toutes leurs forces et conservèrent encore l'usage des duels, qui leur rapportaient de fortes amendes. En outre , la justice était entravée par les privilèges particuliers, notamment par ceux qui avaient été accordés aux écoliers par Philippe- Auguste , qui avait ordonné aux habitants de venir rendre témoignage en justice des insultes faites aux écoliers, d'aller à leur secours s'ils étaient attaques, d'arrêter les agresspurs et de les livrer à la justice. Il était défendu au prévôt de mettre la main sur un écolier, et de le conduire en prison. Si un écolier méritait d'être arrêté, il ne pouvait l'être que par la justice du Toi , et encore en flagrant délit , sans qu'on pût le frapper. Les écoliers abusèrent souvent de ces privilèges pour maltraiter les habitants. En 1223, il s'éleva une violente querelle entre ceux-ci et les écoliers, dont 320 furent tués. Il faut dire que si , d'un côté, ces privilèges étaient une source de désordres, de l'autre ils tendaient à favoriser les études , et sous ce point de vue on ne peut savoir mauvais gré à Philippe-Au-

Suste de les avoir accordés. Au règne e ce prince remonte aussi l'institution des ribauds, ou sergents d'armes, premier corps affecté à la garde du roi , dont l'existence soit authentique.

Ces ribauds, qui veillaient constamment auprès de la personne du monarque , avaient un chef qui portait le titre de roi des ribauds , et était chargé de la police dans l'enceinte du palais.

A saint Louis Paris dut de nombreux règlements, qui améliorèrent grandement son administration et sa police.

Ce fut lui qui, le premier, assigna

des gages au prévôt de Paris. Il nomma a cette dignité Étienne Boileau, devenu célèbre par son Livre des mestiers, où furent inscrits les règlements des différentes communautés de marchands et d'artisans. Au guet, composé de soixante sergents à pied et à cheval, et commandés par le chevalier du guet, fut adjointe, pour réprimer les vols et les brigandages qui se commettaient pendant la nuit dans les rues sombres, une milice communale prise parmi les bourgeois, et qui reçut le nom de guet • des métiers. Des règlements sé\eres mirent des entraves à U prévarication et à la corruption des juges. Enfin les femmes publiques , établies auparavant en corporation et dotées de privilèges, furent chassées dç Paris, où elles s'étaient multipliées d'une manière extraordinaire et peuplaient des quartiers entiers. Les noms de certaines rues peuvent encore servir à indiquer les parties de la ville qui leur étaient affectées.

C'est sous saint Louis que l'on voit , pour la première fois, les écoles de Paris se réunir pour former cette corporation nommée Université, qui devait, plus tard , devenir une puissance redoutable dans l'État. En 1278, sous Philippe III, fut établie la confrérie des chirurgiens, qui, en 1437, fut agrégée à l'Université. Les assemblées des barons et des évéques, appelées, dans les premiers temps de la troisième race, à délibérer sur les grands intérêts de l'État, commencèrent à porter le nom de parlement vers la fin du douzième siècle. Au treizième, elles furent aussi chargées de juger les matières contentieuses et les procès , qui devenaient de jour en jour plus nombreux.

Philippe le fiel, qui donna une organisation au parlement, voulut qu'il y eût deux sessions qui se réuniraient à Paris , l'une après l'octave de la Toussaint; l'autre après celle de la Pentecôte. En 1316, le parlement commença à être permanent.

En 1302, Philippe le Bel avait institué la communauté des clercs du parlement, sous le nom de basoche; et cetle communauté subsista, quoiqu'elle perdit graduellement de son importance , jusqu'à la révolution. Enfin , dans le cours des treizième et qua-

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torzrème siècles , les institutions de toutes sortes s'étaient multipliées , et on marchait à grands pas vers une amélioration certaine. La hanse parisienne, ancienne communauté des marchands de Paris, était devenue un corps important. En 1258, son chef avait reçu le titre de prévôt des marchands , et les confrères celui de jurés, quelquefois celui d'échevins. En 1273, le chef de cette confrérie était encore nommé maître des écheuins de Paris. Cette institution, qui devint par la suite le corps municipal de la ville, rendit de grands services pendant les troubles de la On du règne de Jean 11. De nombreux collèges s'étaient élevés de tous côtés , et leur réputation attirait déjà à Paris beaucoup d'étrangers. Les combats judiciaires, défendus par tous les rois , se maintenaient encore vers la fin du quatorzième siècle, mais bien moins fréquents que par le passé.

Quant aux mœurs, celles des grands surtout paraissaient s'être peu améliorées : la tour de Nesle a acquis un triste renom des débauches des trois bellesfilles de Philippe le Bel. Pour satisfaire à leur luxe, et à leurs plaisirs, les chefs de l'État donnaient eux-mêmes l'exemple de rançonner le peuple, et Paris eut plus d'une fois à payer les fêtes que donnaient ses rois. La richesse du costume des seigneurs, le peu de modestie de celui des dames , excitaient la satire des poètes, les reproches des moralistes, sans que , pour cela , personne songeât à se corriger. Cependant cette satire même était déjà un témoignage de progrès; et la forme qu'elle adoptait indiquait qu'on s'occupait des lettres. Pour nous, ces poésies n'ont plus (jue le mérite de conserver le souvenir de certains usages; mais, sous ce point de vue, ce sont encore des monuments curieux.

Le tableau de Paris, tracé par Guillaume de Villeneuve, nous montre cette ville pleine d'activité et de bruit; il a, dans le morceau suivant, rapporté chacun des cris que faisaient entendre en parcourant les rues de la capitale , les différentes corporations de quêteurs et de mendiants.

A m fr*re» de saint Jacques (les jacobin*) pain, Pain por Dieu , aus frères ineuors (cordeliers)j

Gala tieas je par bon* peraoars (preneurs).

Au* frères de saint Augustin (les auguttins) Icil vont criant par matin ;

Du pain ausftar* (frère* «achats), pain an* barré*.

(canne.).

Aus po> res prison* enserres , A cell dn val des écolier* :

Li ans avant, li antre* arriéra , Ans frères de* pies ( g u illimités) demandent Et li croisié (chanoines dn sainte Croix) par urs

a tendent, A pain crier mettent grand peine :

Et li aveugle à haute alatoa, Du pain à cels de champ- porri (dea qoinss-vingtii Dont moult souvent, sachiez, ma ri.

1** bons enfants (écolier*) orret crier { Du pain , nés veuil pas oublier.

Le* fille* Dieu savent bien dire.

Du pain pour Jbesu nostre Sire , Ça du pain, par Dieu , aua aacbettes Par cea rues sont graux le

A tous ces cris , il faut joindre ceux des marchands qui vendaient des fruits et des aliments de toutes sortes , cuits et non cuits; du vin, du vinaigre; ceux des meuniers qui demandaient si on avait du blé à moudre; ceux des marchands de charbon, etc., etc.; puis, par fois, au milieu de tout cela, on criait /? ban du roi, ordre donné aux habitants de Paris de se préparer à la guerre. Une fois la nuit venue, tout devait se taire; un homme, habillé de noir, parcourait les rues une sonnette à la main, en criant : Priez Dieu pour les trépassés. Puis, le couvre-feu, qui sonnait tous les soirs à Notre-Dame , obligeait chaque habitant à éteindre son feu et ses lumières. A certains jours de fête, Paris présentait un spectacle encore plus bruyant et plus animé : c'était la grande fête de la basoche le jour de Saint-Nicolas; c'était la cavalcade des officiers du Chfltclet, qui se promenaient triomphalement le lundi après le dimanche de la Trinité ; c'était encore l'empereur de Galilée, chef de la communauté des clercs de la cour des comptes, qui célébrait la fête de cette communauté la veille et le jour des Rois; enfin, c'étaient les corps de métiers , qui tous avaient leurs jours de cérémonie.

Pendant la fin du quatorzième siècle etlecommencementduquinzième, Paris eut trop à souffrir pour voir se développer dans son sein les germes de civilisation qu'y avaient déposés les siècles précédents. Mais, une fois le calme rétabli , l'instruction , les institutions reprirent leur marche progressive.

découverte de l'imprimerie donna a ce

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mouvement une nouvelle impulsion.

Vers 1470, cet art fat accueilli, polir la première fois, dans le collège de la Sorbonne. En 1473, trois imprimeurs, Martin CranU, Michel Friburger deColmar, Ulrich Gering de Constance, vinrent s'établir dans la rue Saint-Jacques, au Soleil d'or, et ils ne tardèrent pas à avoir des rivaux. La médecine faisait aussi des progrès, et devenait le but d'études spéciales; l'Université, en 1469, établissait des écoles pour cette science dans un local de la rue de la Bikherie. Ce fut aussi l'Université qui employa la première des messagers, origine de la poste aux lettres. En 1464, Louis XI établit 230 courriers, qui devaient faire le service dans tout le royaume , mais seulement pour le roi.

(Test à cette époque qu'on voit se répandre le goût des spectacles parmi le peuple, qu'avaient charmé les représentations données lorsdes fêtes solennelles pour les entrées des rois dans Paris.

Sous le règne de Louis XI, les clercs du parlement et ceux du Châtelet commencèrent à donner des représentations publiques. Ils jouaient des farces, sotties ou moralités, dont les sujets étaient empruntés aux événements publics , aux mœurs du temps. Les confrères de la Passion , qui jouaient des mystères, s'associèrent les enfants sans souci , troupe de baladins dirigée par le prince des sots. Enfin, le théâtre des Halles était favorisé par le gouvernement, qui se servait de ce puissant agent sur l'esprit du peuple pour diriger l'opinion publigue.

Au seizième siècle, tout se perfectionna ; les arts eurent une grande part dans l'éclat dont alors brilla Paris ; malgré les restrictions apportées par François Ier au développement de l'imprimerie, le progrès des lettres et des arts, à cette époque , vient consoler des sanglants événements dont Paris fut le théâtre; aussi oublie-t-on parfois, quand on parle du seizième siècle, les massacres de la Saint-Barthélemy, les folies religieuses de Henri III, et lés malheurs de la ligue, pour ne se rappeler que la renaissance des arts, des sciences et des lettres.

En 1629 , avait été fondé le collège royal de Frauce. François I,r y établit

deux chaires , l'une de langue grecque, l'autre de langue hébraïque. Bientôt on y compta douze lecteurs ou professeurs royaux : quatre pour les langues; deux pour les mathématiques ; deux pour la philosophie; deux pour l'éloquence, et deux pour 'la médecine. Henri II y fonda une chaire de philosophie; Henri III , une d'arabe; Charles IX, une de chirurgie; Henri IV, une de botanique et d'anatomie.

La justice et les règlements de police étaient toujours les parties de l'administration les plus difficiles à régler, à cause de l'immensité des détails, de l'opiniâtreté des préjugés et des oppositions gu'il fallait déraciner ou détruire. Les juridictions , même à l'intérieur de Paris, étaient très-nombreuses. Le parlement exerçait la haute police, et le prévôt de Paris était chargé de faire exécuter ses arrêts. Le prévôt des marchands présidait à tout ce qui concernait la défense et le commerce de Paris. Il dirigeait aussi le bureau de la ville, composé de quatre échevins, d'un procureur du roi , d'un greffier , d'un receveur, et de vingt-six conseillers ; dix sergents exécutaient ses arrêts. On vit alors se former la juridiction des juges consuls, créée par le chancelier de l'Hôpital, afin que les commerçants fussent jugés par leurs pairs. Cette institution est devenue , en se perpétuant jusqu'à nos jours , le tribunal de commerce.

La garde bourgeoise était commandée par seize quarteniers, quatre cinquanteniers, et deux cent cinquante -six dizeniers. Le guet royal, qui faisait la ronde dans les rues, et le guet assis, composé de bourgeois ou artisans postés dans divers quartiers, constituaient la police de nuit, sous la conduite du chevalier du guet. Le guet avait pour auxiliaires les compagnies d'archers , d'arquebusiers et d arbalétriers. Un gouverneur de Paris, lieutenant du roi, avait le commandement de toute cette force armée. Néanmoins, ces institutions , entravées par les justices particulières et les privilèges, ne pouvaient qu'imparfaitement pourvoir à la tranquillité de la ville, où des bandes de mauvais garçons se livraient impunément à leurs brigandages nocturnes, tandis que les coupeurs de bourses et

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les ttreurt de laine exerçaient leur industrie en plein jour.

D'un autre côté, les écoliers, abrités par les privilèges de l'Université, occasionnaient continuellement les désordres les plus graves. En 1548, ils dévastèrent les propriétés de l'abbaye Saint- Germain des Prés; en 1565, le parlement fut forcé d'employer contre eux la force armée sans pouvoir faire cesser leurs désordres.

Les habitants des différents quartiers eux-mêmes ne vivaient pas entre eux dans l'accord le plus parfait. Ceux du faubourg Saint- Marcel , du faubourg Saint- Jacques et du quartier ftotre- Dame des Champs, étaient souvent en guerre ouverte; et l'usage de porter des armes, que tout le monde avait conservé, malgré les défenses du parlement, faisait quelquefois dégénérer en bataille sanglante la plus légère querelle.

François 1er avait attiré à Paris un grand nombre de savants et d'artistes; et bientôt, grâce à eux, une révolution s'opéra dans les arts. L'architecture grecque remplaça l'architecture gothique; on emprunta à l'antiquité tous les modèles qu'elle put fournir ; les tableaux des meilleurs peintres d'Italie décorèrent les palais qu'élevait Philibert Delorme , qu'ornaient de leurs gracieuses sculptures Jean Goujon et Germain Pilon; enfin, Bernard Palissy, protégé par François 1er, Henri II et Charles IX, fit faire de grands progrès à l'art de la poterie et à la peinture sur verre.

Les lettres, de leur côté, s'illustrèrent des travaux de Philippe de Commines,de Clément Marot, de Marguerite de Navarre, de Rabelais, de Ronsard, d' Amyot, de Baïf, de Montaigne, etc.

Le théâtre ressentit l'influence du développement des arts. Aux mystères grossiers avaient succédé des tragédies dont les sujets étaient empruntes à la mythologie ou à l'histoire , et quelques comédies un peu moins triviales, dans lesquelles les poètes cherchaient déjà à imiter les productions du théâtre espagnol.

Néanmoins, malgré ces sensibles progrès, l'instruction était loin d'être générale parmi les grands seigneurs et même parmi les membres du clergé. La

plupart des seigneurs ne savaient pas écrire; lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent offrir la couronne au duc d'Anjou, depuis Henri III, ou fut obligé pour avoir un gentihomme qui pilt leur répondre en latin, de faire venir d'Auvergne un baron de Milhau.

L'astrologie était en grand crédit; Catherine de Médicis avait donné l'exemple de ces superstitions, et les sorciers et magiciens s'étaient multipliés à l'infini.

Les moeurs relâchées de la cour devaient exercer une fâcheuse influence sur celles du peuple ; les nobles ne se faisaient pas faute de commettre toutes sortes d'excès ; beaucoup même allaient jusqu'à détrousser les passants. Sous le règne de Henri IV, plusieurs gentilshommes furent décapités pour assassinats et brigandages commis sur les grands chemins. Les duels étaient devenus si fréquents, que, sous le même règne, on compta 4,000 individus tués en combat singulier. Le parlement, les édits royaux n'avaient pu arrêter les effets de cette coutume, qui s'est conservée jusqu'à nos jours.

La passion du jeu entraîna souvent les seigneurs et les rois eux-mêmes au point que Henri IV perdit, dit-on, dans une soirée, jusquà 22,000 pistoles.

Le luxe était devenu excessif , et les satires de d'Aubigné en rapportent des exemples incroyables ; mais cet excès emportait du 'moins ce bien avec lui,

âu'il favorisait les progrès des arts et e l'industrie. On commença à élever des vers à soie, à fabriquer de belles tapisseries, des glaces, des lunettes d'approche. Le premier carrosse parut a Paris vers le commencement du seizième siècle ; à la fin de ce siècle, on y avaitapporté déjà de grands perfectionnements. Les portières avec des vitres étaient venues remplacer les grossiers rideaux de cuir qui servaieot d'abord à fermer ces voitures.

Commencé d'une manière brillante, sous les auspices de François 1er, le seizième siècle devait, avant d'être accompli, voir fondre sur Paris les maiheurs de la ligue. Mais , heureusement, ce ne fut là qu'un point d'arrêt momentané dans la marche progressive de la civilisation ; les germe*

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