FRANCE. PARIS
gros, v sont tous représentés. Parmi les statues des sculpteurs modernes, on remarque surtout le Spartacus de Foyatier, statue pleine d'énergie et de vérité.
C'est dans le jardin des Tuileries que commença, pour ainsi dire, la révolution de 1789. Le 1S juillet, il y avait déjà du tumulte dans Paris; le prince de Lambesc, à la tête des cavaliers de royal -allemand, fondit dans le jardin, par le pont tournant, et blessa grièvement un vieillard; le lendemain, le peuple en armes courait à la Bastille et s'en emparait; deux ans après, I^ouisXVI traversait le jardin pour aller demander la protection de l'Assemblée législative. Vinrent les temps de disette, et pendant on an le jardin des Tuileries fut planté de pommes de terre. Le 11 juin 1794, on v célébra la féte de l'Être suprême. En 181 5, alors que la place du Carrousel était devenue un immense bivouac pour les troupes ennemies, des femmes, des jeunes filles, appartenant, dit-on, à la haute aristocratie, y accueillaient les vainqueurs avec une joie folle, et formaient des danses, où les femmes allaient elles-mêmes prendre par la main les officiers étrangers pour leur faire prendre place aux quadrilles. L'une d'elles, et non des plus inconnues, s'adressa à Biiicher, qui, malgré sa naine contre Napoléon, restait stupéfait devant ces indécentes manifestations. « Madame, répondit-il d'un ton « rude, si l'armée française entrait a « Berlin, même en amie, les dames de « Berlin prendraient le deuil. »
Aujourd'hui, le jardin des Tuileries est une des promenades les plus fréquentees de Paris. Tandis que les enfants y viennent de tous côtés respirer on air pur, les poètes vont rêver sous ses épais ombrages ; les femmes élégantes et les dandys, ce qu'on est convenu d'appeler le beau monde, va se montrer et faire galerie dans l'allée des Orangers, tandis que les vieillards vont réchauffer leurs membres refroidis à l'extrémité du jardin, qui a reçu le nom de Petite-Provence. Du reste, à toute heure du jour, on y rencontre des promeneurs et des passants de toutes sortes. Pour les habitants de Paris, ce jardin est un trésor; pourries étrangers, c'est une merveille!
Le Louvre. On ne connaît pas l'époque précise de la construction du Louvre, ni l'origine de son nom. Sous le règne de Philippe-Auguste, c'était un château que ce prince dégagea de diverses redevances, annuellement payées aux religieux de Saint-Denis, à l'évéque et au chapitre de Paris; il en fit une ci* tadelle environnée de larges fossés et flanquée de tours. La grosse tour était isolée et bâtie au milieu de la cour et de tout l'édifice. Il semblait que ce prince eût voulu donner à ce cnâteau, centre de l'autorité royale et d'où relevaient tous les grands feudatairesde la couronne, un aspect capable de les intimider, et de leur rappeler que là ils trouveraient leur punition s'ils manquaient à leurs serments. En effet, la tour du Louvre servit longtemps de prison d'État. Philippe-Auguste y renferma Ferdinand, comte de Flandre, u'il avait fait prisonnier à la bataille e Bouvines, en 1214, et qu'il retint captif jusqu'à ce qu'il eût consenti à lui céder tousses États. Plusieurs princesy furent aussi prisonniers; entre autres les comtes Guy et Louis de Flandre , Jean, duc de Bretagne, les comtes de Richemont et de Montfort , Enguerrand de Coucy, Enguerrand de Marigny, Charles le M.iuvais, le fameux captai de Buch, Jean de Grailli, qui y mourut de chagrin. Sous Charles VI , les Parisiens révoltés y enfermèrent Charles des Essarts, le duc de Bar et le comte de Dammartin.
Le dernier prisonnier de marque qui y ait été enfermé, fut Jean II, duc d'Alençon. La tour du Louvre fut aussi destinée à contenir les trésors des rois. Cette tour avait 144 pieds de circonférence, et fe6 de hauteur; les murailles avaient 13 pieds d'épaisseur près du sol, et 12 dans les étiges supérieurs.
Les bâtiments qui entouraient la cour principale du Louvre, étaient surmontés de tours et de tourelles, qui toutes avaient un nom particulier. C étaient la tour du Fer à Cheval, celle des Port eaux y celle de fVindal, sur le bord de la Seine, celles de Y Étang, àtV Horloge, de YArmoirie, de la Fauconnerie, de la Grande et de la Petite-Chapelle, de la Tournelie, où siégeait le conseil, de V Écluse , etc. ; il y avait aussi la tour de la Librairie, où Charles V réunit