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jusqu'à neuf cents volumes, collection qui fut le germe de la Bibliothèque royale.
Charles V laissa le Louvre en dehors de l'enceinte que fît bâtir le prévôt des marchands Étienne Marcel ; mais il en répara et augmenta les constructions, et conlia la direction de ces travaux à Raymond du Temple.
On entrait dans le palais par quatre portes fortifiées ; la principale entrée se trouvait au midi, sur le bord de la Seine. Une porte, flanquée de tours et de tourelles, menait dans une avantcour, au bout de laquelle était une autre porte, donnant accès dans Tintérieur, et fortifiée par deux grosses tours. Sur cette porte était la figure de Charles Y, attribuée à Jean de Saint-Romain.
Il y avait dans l'enceinte quelques jardins, un arsenal et plusieurs cours entourées de bâtiments, qu'on nommait, d'après leur usage, maison du four , paneterie , saucerie , épicerie , pâtisserie, échansonnerie, etc.
Les pièces principales de l'intérieur étaient la salle Neuve du Roi, la salle Neuve de la Reine, la Chambre du Conseil , et une salle basse, dont les murs étaient ornés de peintures , et où les princes recevaient à dtner les grands seigneurs dans les jours de cérémonie.
Le Louvre, tel que le trouva François Ier, avait été très-négligé depuis longtemps, et n'offrait pas une habitation digne du goût de ce monarque.
Lorsqu'en 1539, il voulut recevoir Charles-Quint, on fut obligé de faire de grandes réparations. On abattit plusieurs bâtiments, et enfin on put y loger convenablement l'empereur et sa suite , le roi et la reine, le dauphin et la dauphine, le roi et la reine de Navarre, les enfants de France, le cardinal de Tournon, le connétable Anne de Montmorency et la duchesse d'Étampes. Déjà, en 1527, la grosse tour avait été abattue. Mais bientôt François Ier conçut le projet de démolir entièrement l'ancien palais et de le reconstruire en entier. Les travaux, commencés sous la direction de Pierre Lescot, furent continués sous Henri II. Kn 1548, le corps de bâtiment, qu'on nomme aujourd'hui le Vieux Louvre, était pres-
que terminé. Pierre Lescot construisit aussi une partie du bâtiment en retour du côté de la Seine, et une aile qui, communiquant au Louvre, s'avançait jusqu'au bord de la rivière, dont elle est aujourd'hui séparée par le quai.
C'est d'une fenêtre de ce bâtiment avancé qu'on prétend, quoique rien ne soit moins prouvé, que Charles IX tira sur les protestants pendant la nuit de la Saint-Barthélemy.
On conserva cependant quelques parties de l'ancien palais. La façade du côté de Saint-Germain l'Auxerrbis était fort simple, et défendue par un fossé, qui entourait l'édifice de trois côtés.
Au centre, une porte s'ouvrait sur un pont-levis, que protégeaient deux tours rondes.
Au moment où Henri IV monta sur le trône, le Louvre présentait un aspect bizarre. Du côte des Tuileries, ce que l'on devait à Henri II et à Lescot était d'une architecture sans faste, mais assez régulière ; tandis que la façade du côté de Saint-Germainl'Auxêrrois rappelait encore la forteresse et la prison. A l'extrémité de la façade orientale, vers la Seine, l'architecture élégante de Lescot venait se rattacher aux constructions gothiques de Philippe-Auguste et de Charles V.
Près de riches sculptures, d'ordres décorés avec recherche , de portes et de fenêtres ornées dans le goût florentin, l'intérieur de la cour offrait des murs chargés d'ornements gothiques , des portes écrasées et des fenêtres petites, étroites , percées çà et là, sans régularité. Vers la rivière, la façade n'était
fias terminée. Dans le côté du nord, 'aile du château de Charles V existait encore en entier; FrançoisI"et Benn II n'y avaient pas touché. Henri IV, à I epoque de son mariage avec Marie de Médicis , commença à s'occuper àes constructions du Louvre, dont la direction fut confiée à du Cerceau, puis â Dupérac. Les travaux furent continués pendant la régence de Marie de Médias»
mais ils se ralentirent vers 1615.
Le règne de Louis XIII , auque nous sommes arrivés, apporta de granas changements dans le Louvre, et d un château peu considérable ce palais devint une des habitations royales les
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plus vastes de l'Europe. Henri IV avait conçu le projet de l'augmenter ; Louis XIIÎ l'exécuta : Lemercier fut chargé des travaux. Le nouveau projet dou* blait les deux cotés commencés , et en ajoutait deux autres qui enfermaient la cour dans un carré parfait. Ce carré avait par là quatre fois plus de superficie que le palais de François lvr et de Henri IV. La principale entrée était tournée vers les Tuileries. Dans les parties élevées par Lescot , il n'y en avait pas qui remportassent sur les autres en élévation. Leinercier, ayant à doubler la longueur des côtes du carré, pensa qu'il était nécessaire de décorer le milieu de ces côtés d'un pavillon plus élevé que le reste de l'édifice, et il construisit le pavillon de l'Horloge. Mais il n'éleva que les étages inférieurs des trois autres côtés , et ne les termina pas ; toutefois , il fit, du côté de la rue du Coq, une partie de la façade. Ce fut alors, et pour bâtir cette aile, qu'on abattit la partie septentrionale du château de Charles V, dont on combla le fossé et dont les jardins disparurent.
Tandis que Louis XIII agrandissait ie Louvre, Anne d'Autriche embellissait de peintures et de sculptures la partieoù se trouvaient ses appartements; et elle faisait construire une assez grande salle de spectacle dans le pavillon qu'occupe aujourd'hui la première partie du bel escalier du Musée. Ce théâtre, pendant longtemps celui de la cour, ne fut abandonue que lorsque Louis XIV eut fait faire l'immense salle de spectacle des Tuileries.
En 1660, Louis XIV projeta de terminer le Louvre. Lemercier venait de mourir. Levau fut chargé des travaux ; il continua le long de la Seine la façade de Lescot. Comme il élevait en même temps le palais Mazarin, il eut l'idée de mettre les deux édifices en rapport.
Aussi l'entrée du Louvre de ce coté répond-elJe à celle de l'église.
Pendant qu'on travaillait avec ardeur au Louvre , le 6 février 166t, le feu y prit avec violence. Cependant le dommage ne fut pas considérable. Levau, aide de son gendre d'Orbay, élevait à la fois toutes les parties du palais, et la façade du côté de Saint-Germain-
l'Auxerrois était déjà à quelques pieds hors de terre, lorsque Colbert fut nommé surintendant des bâtiments. Ce ministre ne trouva pas cette façade en harmonie avec la magnificence qu'il voulait donner au Louvre. Bien que les travaux eussent déjà coûté des sommes considérables, ils furent suspendus , et les architectes de Paris furent invités à un concours; mais Colbert ne fut pas satisfait des plans qu'on lui présenta. Celui de Perrault lui agréait le plus; cependant il ne le déterminait pas encore à rejeter définitivement celui de Levau , qui fut envoyé à Rome, à Nicolas Poussin, avec prière de recueillir les avis des architectes italiens. Ce projet fut généralement blâmé par les artistes italiens, surtout par le Bernin, qui jouissait alors de la plus brillante réputation. Poussé par la cour de Rome, le Bernin fut bientôt appelé à Paris et il y fut reçu avec les plus grands honneurs. Dès sa première entrevue avec Louis XIV, le roi lui assigna un traitement de 3,000 louis d'or, et en outre une table de plusieurs couverts. Cependant le plan qu'il présenta fut loin de répondre à ce qu'on attendait de sa réputation ; un de ses plus grands inconvénients eut été de démolir presque tout ce qui existait du Louvre et faire disparaître les façades de Lescot et les sculptures de Jean Goujon. Colbert était très-embarrassé ; après avoir fait venir avec éclat un artiste tel que le Bernin, on ne pouvait pas décemment lui dire qu'on pouvait se passer de ses talents ; on résolut de pousser les choses malgré tout , et les travaux furent commencés. Mais avant leur achèvement le Bernin demanda lui-même à se retirer, sa santé lui défendant, disait-il, de rester plus longtemps en France. On le laissa partir, non sans le combler de présents , et on revint aux plans de Claude Perrault, qu'appuyait fortement son frère Charles, contrôleur des bâtiments. Les constructions commencées par le Bernin furent démolies , et on travailla sur nouveaux frais; le 17 octobre 1665, Louis XIV posa la première pierre des nouvelles fondations.
Claude Perrault éleva la colonnade telle qu'elle est aujourd'hui. Cette colonnade, terminée en 1670, s'étend sur une lon-
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gueur de 525 pieds, et n'a pas moins de 55 pieds de hauteur. La partie inférieure présente un mur lisse, percé de 23 ouvertures. La partie supérieure est ornée de 52 colonnes et pilastres cannelés et accouplés. A cette façade d'un développement imposant et majestueux, on a reproché, non sans quelque raison, la nudité du soubassement; mais, dans les parties supérieures, il y a un défaut de construction bien plus grave : c'est le manque de solidité du plafond de la galerie qui règne derrière les colonnes. Ce plafond s'est disjoint depuis longtemps, et exige continuellement des réparations.
Le plan au'avait fait Perrault pour sa façade le contraignit à faire dans celui du Louvre des changements trèsconsidérables; il éprouva mille difficultés lorsqu'il voulut terminer Tintérieur de la cour, pour lequel on avait suivi jusqu'alors le plan de Lescot, en l'étendant, et dont les travaux, parvenus au premier étage dans certaines parties , étaient moins avancés dans d'autres; l'élévation de la colonnade ne permettait plus de se régler sur la hauteur que Lescot avait donnée à son palais. Pour continuer la façade adossée à cette colonnade, on remplaça Panique de Lescot par un second ordre corinthien très-élevé.
Il s'agissait aussi de continuer, en retour de l.i colonnade du côté delà rue du Coq, la façade commencée par Lemercier; on se contenta de suivre ses travaux; mais, quoique belle, cette façade ne répond ni à la colonnade, ni à celle qui suit la Seine. De ce dernier côté, Perrault fit disparaître complètement les Constructions de Levau , et doubla la profondeur des bâtiments pour arriver au niveau de la colonnade.
Perrault n'exécuta pas au Louvre tous les projets qu'il avait formés, et, il faut le dire, ce fut un bonheur, car, au lieu de la belle cour qui figure aujourd'hui au milieu du palais, nous en aurions cinq petites et une agglomération d'édifices extrêmement disgracieuse. Déjà dan9 les dernières années de la vie de cet architecte, on commençait à négliger le Louvre. Après sa mort, on 1 abandonna tout à fait, et cependant il était loin d'être terminé: au-
cune des dispositions intérieures n'était faite, le palais se trouva bientôt dans l'état le plus déplorable; on adossa des maisons à ses murailles; on en arracha les ornements ; on y enfonça des poutres pour sceller les pierres de nouveaux édifices; vers la Seine, les jardins de l'infante servirent de cour aux écuries qu'on établit dans les anciens appartements de la reine ; le garde-meuble et des écuries étaient adossés à la colonnade, qui , non-seulement servait de soutien à la charpente , mais encore où l'on avait fait des trous pour pratiquer des scellements ; les entrecolonnements , en partie murés, offraient différentes distributions, et de tous côtés les cheminées et les tuyaux de poêle vomissaient une fumée qui s'attachait aux ornements et les dégradait. Enfin, tout autour du Ix>uvre s'élevaient des maisons , des hôtels , qui masquaient l'édifice et en défendaient l'approche. A l'intérieur, la cour était obstruée par deux grands bâtiments qui servaient de magasins; les déblais et les immondices s'étaient en outre élevés à une telle hauteur, qu'un nouveau sol s'était formé et menaçait d'enterrer les bâtiments. Enfin, sous le ministère du cardinal de Fleury, il fui question de démolir le Louvre par économie. Cependant ce palais avait été le berceau et était encore le sanctuaire de toutes les académies : Henri IV y avait assigné des logements à des artistes; Louis XIV et Louis XV l'avaient imité.
Ainsi, la salle de Jean Cousin avait été donnée, en 1663, à l'Académie des inscriptions pour y tenir ses séances; celle de Jean Goujon à l'Académie française; au premier étage, l'Académie des sciences siégeait dans les anciens appartements de Henri IV ; TAeadémie de peinture et de sculpture occupait ce qui est aujourd'hui le grand salon et une partie du pavillou d'angle. En 1753, quand on eut de nouveau l'idée de s'occuper du Louvre , plusieurs artistes y avaient des appartements :
Bouchardon, Slodtz.Falconet, Leraoine, le Flamand Raslé , Carie Vanloo , Lapidé, y avaient leurs ateliers.
Ce fut M. de Marigny uui, nomme directeur des bâtiments de la couronne, obtint du roi l'ordre de rétablir ce pa-
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Jais et de reprendre les travaux ; il commença par le déblayer des constructions qui l'obstruaient à l'intérieur et y étaient attenantes à l'extérieur ; on reprit, sous la direction de Gabriel, les travaux des trois façades, et Soufllot après lui termina le pavillon de la rue du Coq. Cependant peu d'améliorations avaient été faites lorsque éclata la révolution.
C'était au gouvernement révolutionnaire qu'il était réservé sinon d'achever le Louvre , du moins d'arracher à la destruction ce qui existait déjà et d'en tirer le meilleur parti possible ; rétablissement du Musée dans les galeries du Louvre fut le salut de ce palais.
Enfin, l'empire acheva l'œuvre commencée par la Convention et le Directoire et il nous donna le Louvre tel qu'il existe aujourd'hui.
Ce palais semble soumis à une fatalité ; quoique l'un des plus anciens de Paris . il n'a jamais été entièrement achevé; ni le goût des arts de François Ier, ni la puissance de Louis XIV, ni même celle de Napoléon , n'ont pu lui donner une existence complète.
Louis-Philippe, dont le goût pour les constructions donnait quelques espérances, s'est engagé à ie terminer, et cependant depuis treize ans on n'y a fait que des travaux insignifiants
Palais- Royal, fin 1628 , Le mercier, qui avait comme architecte toute la confiance de Richelieu , éleva ce palais qui fut achevé en 1636 et reçut de son propriétaire le nom de palais Cardinal. Richelieu en fit une demeure somptueuse et vraiment digne d'un roi ; aussi le donna-t-il à Louis XIII, en 1636, ne s'en réservant que la jouissance viagère.
En 1643, la régente et le roi son (ils vinrent s'établir au palais Cardinal, qui prit alors le nom de Palais-Royal. Pendant la Fronde , le cardinal de Retz y vint haranguer la régente; le parlement s'y rendit en corps, dans la célèbre journée des Barricades, pour obtenir la liberté de Broussel.
Louis XIV céda d'abord ce palais à son frère pour en jouir sa vie durant ; nuis, en 1692 , il en fit donation entière a Philippe d'Orléans, son neveu, depuis régent.
En 1768, la façade de ce palais sur la
rue St-Honoré rut élevée par Moreau, et, en 1 778, on commença à construire les galeries qui entourent le jardin.
En 1790 , la collection de tableaux formée par Richelieu, qu'avait considérablement augmentée le duc d'Orléans et qui avait coûté, dit-on, quatre millions, fut vendue 1,250 mille francs. Ce fut une grande perte pour la France qui vit passer à l'étranger des paysages de Philippe de Champagne ; les Sept Sacrements de Poussin , qui depuis, il est vrai, revinrent au Musée; un saint Jean dans le désert de Raphaël, etc.
Pendant les premières années de la révolution , ce palais prit le nom de palais Égalité. Il devint sous le consulat ie palais du Tribunal.
A la rentrée des Bourbons , la famille d'Orléans reprit ce palais qui était son apanage; Lucien Bonaparte s'y installa pendant les Cent jours ; puis, pendant les quinze années de la Restauration , il fut de nouveau habité par la famille d'Orléans.
Le jardin du Palais-Royal a toujours été le centre des mouvements populaires. C'est là que Camille Desmoulius donna , en 1789 , le signal de l'attaque de la Bastille ; c'était dans le bassin qu'on faisait prendre des bains forcés aux Muscadins i dans une des maisons voisines fut assassiné Lepelletier de Saint-Fargeau en 1793. Sous la restauration , ce jardin fut plusieurs fois le théâtre de collisions sanglantes; enfin ce fut de là que partirent les premières étincelles de la révolution de
La renommée du jardin du Palais- Royal est universelle ; ses galeries sont un bazar immense où se trouvent réunis tous les objets de luxe et d'utilité; autrefois c'était surtout un lieu de plaisir : les restaurants, les cafés, les maisons de jeux y attiraient un grand nombre d'étrangers , et le duc d'Orléans put dire avec vérité en parlant de son palais : « De là je plane sur tous les vices. » Depuis 1830, de grandes reformes y ont été apportées ; les maisons de jeux ont été supprimées, et l'entrée en a été interdite aux courtisanes qui y pullulaient. Mais il semble qu'en cessant
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d'être l'asile du vice , le Palais-Royal ait perdu de son éclat, et malgré la construction de la magnifique galerie qui a si heureusement remplacé les sales et ignobles galeries de bois , il a cessé d'être le rendez-vous des oisifs et des étrangers.
Palais du Luxembourg. Vers 1550, Robert de Harlay fit bâtir sur un terrain vague situé à l'extrémité est de la rue de Vaueirard , un hôtel qui fut acheté peu d années après par le duc de Peney -Luxembourg, lequel lui donna son nom. Cet hàtel presque abandonné tombait en ruine, lorsqu'en 1612 Marie de Médicis l'acheta pour 90,000 livres. L'année suivante elle fit l'acquisition d'une ferme appelée le Pressoir de l'Hôtel-Dieu, de vingt-cinq arpents de terre environnant deux jardins dont la superficie était de 2,400 toises ; et enfin de plusieurs parties du clos Vigneray qui appartenait aux Chartreux. L'architecte Jacques Desbrosses fut chargé de donner les dessins d'un palais à élever sur ces terrains, mais en prenant pour modèle le palais Pitti à Florence. Les travaux, commencés en 1615, furent terminés en 1620, et donnèrent le Luxembourg tel qu'il existe aujourd'hui , à l'exception de la façade du jardin qui a été changée dans ces dernières années.
Marie de Médicis n'occupa que peu de temps le Luxembourg ; elle le légua à son second fils, Gaston de France, duc d'Orléans, et ce palais prit alors le nom de palais d'Orléans . On voyait encore, en 1793, au-dessus de la porte d'entrée, une table en marbre sur laquelle ces mots étaient écrits en lettres d'or.
En 1672 , le palais du Luxembourg passa à la duchesse d'Alençon qui en fit don au roi en 1694. Après la mort de Louis XIV , il fut habité par la duchesse de Berry, tille du régent ; il fut ensuite successivement occupé par la duchesse de Brunswick et par la reine douairière d'Espagne , à la mort de laquelle il retourna au domaine de la couronne. Louis XVI le donna à son frère le comte de Provence, depuis Louis XVIII , qui l'habita jusqu'à son émigration. En 1793, il fut converti en maison d'arrêt. Le Directoire y fut installé en 1795. Puis ce palais devint successivement celui du Consulat et celui
du Sénat conservateur. La Chambre des Pairs en a pris possession en 1814, et elle t'occupe encore aujourd'hui.
Le plan de ce palais forme un carré presque parfait; il consiste en une trèsgrande cour environnée de portiques et flanquée de quatre pavillons. La façade
ftrincipale présente une terrasse au iniieu de laquelle s'élève un corps de bâtiment surmonté d'un dôme. Aux deux extrémités de la terrasse sont deux pavillons carrés liés par deux ailes au principal bâtiment.
Le premier étage de ce palais est occupé par la chambre des pairs et un musée ; au rez-de-chaussée est la chapelle ; une très-belle salle peinte par Rubens, et appelée la chambre à coucher de Marie de Médicis; puis la salle du Livre d'or, où sont conservés les titres des pairs et le timbre de leurs armoiries.
Nous avons parlé ailleurs du musée du Luxembourg; mais, dans ses diverses salles, le palais contient encore un grand nombre de peintures et de sculptures.
On y remarque, entre autres , un Hercule de Puget; un. Èpamirwndas de Duret; un Scipion de Ramey; un Démosthène de Pajou; un Cicéron de Uoudon ; un Cincinnatus de Chaudet ; un Caton d'U tique de Clodion, etun Léonidas de Lemot.
Le jardin, tel que l'avait disposé Jacques Desbrosses, était, dit-on, d'une grande beauté ; il était rempli de charmi Iles, de bosquets, d'allées couvertes. « Il y a de tout dans ce jardin, dit Sauvai , et tout y est d'une grandeur extraordinaire; grandes palissades, grandes et longues allées, grands bois; plusieurs grands jardins remplis de simples, et un parterre qui est le plus grand et le plus magnifique de l'Europe. » On y voyait encore, en 1770, un bassin spacieux au centre, et autour des plates - Bandes ; de distance en distance , des jets d'eau oui retombaient dans des coupes de marbre, dont le surplus des eaux formait des cascades.
A l'entrée du jardin , et au fond de la première partie, à gauche, existe encore une fontaine construite par Jacques Desbrosses, et citée comme un modèle d'architecture rustique, isolé aujourd'hui , ce monument se rattachait autrefois à une suite d'arcades qui formaient la
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cour où se trouvaient les écuries. Lorsque le comte de Provence vint l'habiter, ii rétrécit considérablement le jardin , en vendant la portion de terrain qui forme aujourd'hui la rue Madame.
Ce fut vers la fin de 1795 que la Convention ordonna l'exécution du projet de la belle avenue qui conduit du jardin à l'Observatoire. En 1801, 1811 et 1812, on Ht de notables changements au parterre. Le plus important fut l'abaissement de la grande avenue de l'Observatoire ; on donna alors à cette avenue une seule et même ligne de pente; et, au lieu d'un escalier de dix marches qui y conduisait , on put placer trois marches seulement sur un vaste plan circulaire, qui vient se rattacher aux terrasses latérales. De nouvelles acquisitions faites dans ces derniers temps permettront de donner à ce jardin une bien plus grande étendue.
Palais de Justice. Avant d'être la demeure de la justice, ce palais fut celle des comtes de Paris, puis des rois de la première race; ceux de la deuxième et de la troisième l'habitèrent peu ou point. Saint Louis, le premier, y fît faire des réparations. On attribue à ce roi les salles basses situées au-dessous de la grande salle dite des Pas- Perdus , et la grand chambre qui , dans l'étage supérieur, a porté longtemps le nom de chambre de Saint-Louis* et sert aujourd'hui à la cour de cassation. Philippe le Bel y fit entreprendre de grands travaux; il enferma dans l'enceinte la chapelle de Saint-Michel de la place ; mais, en 1131 , Charles VII abandonna le palais au parlement.
11 y avait une vaste salle de construction fort simple, couverte en charpente, et ornée des effigies des rois depuis Pharamond. C'était là que les rois recevaient les ambassadeurs et les vassaux qui venaient prêter hommage.
C'était là aussi qu'ils célébraient les noces des enfants de France. Vers une des extrémités de la salle , se trouvait une grande table de marbre , où se faisaient les festins royaux ; les empereurs, les rois, les princes du sang, les pairs de France, avaient seuls le droit d'y manger; à certaines époques de l'année, cette table servait Je théâtre aux clercs de la basoche, qui y représentaient des
farces et des mystères. Autour siégeaient les tribunaux appelés la Conné ta b lie, Y Amirauté, les Eaux et Forêts de France.
A l'angle du palais, s'élevait la tour carrée de l'Horloge. L'horloge gu'elle contient est la première de cette dimension qu'on ait vue à Paris; elle fut fabriquée, en 1370, par un Allemand, Henri de Vie, appelé en France par Charles V. Le cadran fut refait et doré sous Henri III. La lanterne de cette tour contenait le tocsin, qui ne sonnait que lors de la naissance et de la mort des rois. I/e 24 aoilt 1572, il se fit entendre au milieu de la nuit; ce fut le signal de la Saint-Barthélemy.
Le 7 mai 1618, le feu prit à la charpente de la grande salle du palais. Cette salle, la première chambre des enquêtes, le parquet des huissiers, les salles des requêtes de l'hôtel, du greffe, du trésor, etc., furent détruits, et les registres du parlement brûlés. La fameuse table de marbre fut brisée, ainsi que les statues de rois. Louis XIII chargea de la reconstruction du palais Jacques Desbrosses , qui termina ses travaux en 1622. La grande salle, nommée d'abord Salle des Procureurs, puis Salle des Pas-Perdus, se compose île deux immenses nefs parallèles, voûtées en pierre de taille, et séparées par un rang, d'arcades qui portent sur des piliers décorés de pilastres doriques. Cette salle est très-belle par sa seule grandeur, car elle est dénuée d'ornements; ce qui, joint à ce que la lumière n'y arrive que
§ar le haut à chaque extrémité, lui onne un aspect un peu triste, imposant, si l'on veut.
La salle située au-dessous de celle-ci, et dont la construction est attribuée à saint Louis, est d'une architecture gothique; aux quatre angles, sont quatre cheminées. A l'extrémité, est un escalier qui faisait communiquer avec l'étage supérieur.
En janvier 1776, un nouvel incendie consuma toute la partie du palais qui s'étend depuis l'ancienne galerie des prisonniers jusqu'à la droite de la Sainte- Chapelle. Les travaux faits à la suite de ce sinistre nous ont donné le palais de Justice tel qu'il existe aujourd'hui.
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