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MM. Moreau , Desmaisons , Couture et Antoine en fournirent les plans.
On s'occupa aussi alors de l'aligne* ment et de la disposition des rues environnantes , et la place demi-circulaire qui fait face au palais fut tracée; c'est la qu'ont lieu maintenant les expositions des condamnés, et qu'autrefois on infligeait le supplice de la marque.
Le milieu de la façade du palais présente un avant-corps orné de quatre colonnes doriques; au-dessus de l'entablement rè^ne une balustrade; et, sur quatre piédestaux, sont placées des statues allégoriques représentant la Force, Y Abondance, la Justice et la Prudence. On y arrive par un escalier de dix-sept marches. Deux ailes de bâtiment partent de cette façade, et forment la cour principale fermée par une grille en fer, surchargée d'ornements et de dorure.
En 1831, on a érigé, dans la salle des Pas-Perdus, un monument à la mémoire de Malesherbes. En 1833, on a restauré la galerie qui sert de salle des Pas-Perdus à la cour de cassation. M. Gisors, chargé de cette opération , a pris pour guide de son travail les ornements et les peintures retrouvés sous les couches successives de badigeon qui encroûtaient les chapiteaux et les solives de la galerie. C'est aujourd'hui un curieux monument de l'architecture et de la décoration du quinzième siècle.
Depuis quelques années, on s'occupe activement de dégager et d'isoler le palais de Justice des maisons qui s'étaient groupées autour de cet édifice , et aussi de le débarrasser des boutiques qui étaient venues l'encombrer à l'intérieur. Nous ne savons pas encore quel sera le résultat de tous ces travaux; mais, jusqu'à présent, l'ensemble du palais, à l'intérieur, n'offre qu'une succession confuse de corridors, de couloirs, d'escaliers quelquefois sans issue, de salles sombres , de galeries mal éclairées ; de chambres , on pourrait presque dire de trous de toute espèce, où s'abritent, pendant le jour, une armée d'employés et de commis de toutes sortes.
Nous ne pouvons entrer dans de longs détails sur la construction et l'histoire de chacun des palais dont Paris est orné; il nous a suffi de le faire pour les plus importants ; nous
nous contenterons de quelques mots sur les autres. 11 n'en existe pas de plus ancien que celui de la Cité y si ce n'est celui des Thermes; mais , aujourd'hui , ce n'est plus un palais; une salle unique perdue au milieu des ruines, voilà tout ce qui reste de cet édifice, dont la construction est attribuée à Constance- Chlore par les uns, à Julien par les autres.
Le palais de la chambre des députés est une dépendance du Palais-Bourbon. Commence t en 1723, sur les dessins de Girardini , il fut, en 1795, affecté aux séances du Conseil des Cinq- Cents, lequel y fut remplacé, en 1810, par le Corps législatif, puis, en 1814, par la chambre des députés.
VÊlysée-Bourbon^coustruiten 1718, pour le comte d'Évreux; acquis par madame de Pompadour qui l'habita jusqu'à sa mort ; puis par Louis XV, qui le destina aux ambassadeurs extraordinaires, devint, en 1773, la propriété de M. Beaujon, puis passa à la duchesse de Bourbon, et fut en lin, en 1793, déclaré propriété nationale. Il fut, en 1815, le dernier asile que trouva Napoléon dans la capitale où il avait régné. Pressé par Fouché, gardé à vue par le général Becker, l'empereur partit de là pour aller mourir à Sainte-Hélène. Louis XV III le donna, en 1816, au duc de Berri. Le Palais de la Légion d'honneur, ancien hôtel de Salm , n'a rien de bien remarquable. Le Palais des Beaux- Arts, bâti sur l'emplacement du Musée des Monuments français, et commencé en 1819, par M. Debret, a été terminé en 1839, par M. Duban. Dans la cour d'entrée, a été disposé le portail du château d'Anet; Varc Gaiilon sépare cette première cour d'une deuxième, où ont été réunis et incrustés dans la muraille des fragments d'architecture. Ce palais est affecté à l'école de peinture , sculpture et architecture, qui y expose chaque année les travaux des concurrents.
MOWDMtjro RELIGIEUX.
Ce que nous avons fait pour les palais, nous sommes obligés de le faire pour les monuments religieux ; nous nous bornerons a parler de quelquesuns des plus importants.
Notre-Dame. Nous avons déjà, dans
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le cours de cet article, dit quelques mots de la fondation de cette église , qui remplaça l'ancienne église de Saint- Etienne , la première qui ait été élevée dans Paris. Maurice de Sully , évéque de Paris, conçut en 1 161 le projet d'une entière reconstruction de la cathédrale.
Commencés en 1163, les travaux ne furent terminés qu'en 1213; mais, tant de révolutions ont passé sur Notre-Dame, que ce qu'il en reste aujourd'hui ne peut que donner une faible idée de ce qu'elle était à cette époque. Il fallait alors monter onze degrés pour y entrer, aujourd'hui on en descend un. Que sont devenues au-dessus de ses trois portiques ces statues qui représentaient vingt-huit rois de France, depuis Childebert jusqu'à Philippe-Auguste? Ce serait également en vain qu'on y chercherait maintenant des traces de la statue colossale de saint Christophe, érigée en 1413, par Antoine Desessarts, delà statue équestre de Philippe le Bel , grande comme nature, et de mille autres statues, debout, à genoux, couchées, d'hommes et de femmes, d'évêques et de rois, en pierre, en marbre, eu or, en argent, eu cuivre, en cire même, qui décoraient cette nef immense. Le vieil autel gothique, encombré de châsses et de reliquaires, a disparu; il n'y a plus dans cette église, ni ces tentures ni ces vases d'or et de vermeil qui en faisaient la richesse; le temps et les révolutions ont balayé toute cette pompe d'autrefois.
Néanmoins l'architecture de Notre- Dame suffit à elle seule pour attirer et arrêter encore les regards des curieux et des artistes. On s'occupe en ce moment de la restaurer; mais, ainsi que Ta dit M. Victor Hugo, « Le temps a rendu à cette église plus peut-être qu'il ne lui a ôté; car c'est le temps qui a répandu sur elle cette sombre couleur des siècles qui fait de la vieillesse des monuments l'âge de leur beauté. » Nous aussi, nous aimons comme ce sculpteur dout le nom nous échappe, que le temps ait passé sur les arêtes des sculptures son pouce intelligent, et nous craignons que les artistes chargés de réparer Notre-Dame ne lui enlèvent un de ses plus grands charmes, le vernis de la vétusté.
Quoi qu'il en soit, et avant que cette
restauration se soit accomplie , admirons encore cette immense façade de 120 pieds de large, terminée par deux tours carrées de 280 pieds de haut.
C'est une de ces tours , celle du sud , qui renferme le bourdon, énorme cloche refondue en 1685, et qui eut pour parrain et marraine, Louis XIV et Marie- Thérèse. La façade a trois portiques qui sont chargés de sculptures représentant plusieurs traits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Le portique situé au-dessous de la tour septentrionale est remarquable par un zodiaque où les signes sont accompagnés de l'image des travaux champêtres. Les portiques latéraux ont des portes célèbres par leurs ornements en fonte de fer, attribues a un nommé Biscornet, qui, suivant la légende, fit un parte avec le diable pour que celui-ci consentit à ferrer lui-même ces portes. Le diable n'osa pas ferrer celle du milieu , par laquelle passe le saint-sacrement, et voilà pourquoi cette porte n'a que des sculptures en bois.
L'intérieur de l'église est divisé en une nef, un chœur et un double rang de bas-ccUés. Tout autour de la nef et du chœur, au-dessus des bas-côtés, règne une galerie ornée de 108 petites colonnes, chacune d'une pièce : c'était là qu'autrefois on suspendait les drapeaux pris sur l'ennemi pendant la guerre.
Les 113 vitr8uxqui laissent pénétrer dans l'église une lumière diaprée lui ont été dounés par Suger, abbé de Saint- Denis.
Le chœur est pavé en marbre, décoré de stalles en bois richement sculptées, et de huit grands tableaux de Lahire, Philippe de Champagne, Lafosse, Jouvenet, Louis de Boulogne et Halié.
Au milieu du chœur était autrefois un lutrin orné de figures en bronze , représentant les vertus cardinales. Ces figures supportaient un globe surmonté d'un aigle également en bronze, et dont les ailes déployées recevaient le livre du chœur. Ce lutrin, de 7 pieds de haut, exécuté en 1765, par Duplessis, fondeur du roi, a été détruit pendant la résolution. Celui qui l'a remplacé est très-ordinaire.
Le sanctuaire a été entièrement répa-
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L'UNIVERS
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ré en 1714 ; et c'est alors que les ogives du rond-poînt ont été disposées en arcades à plein cintre. Il est entouré d'une grille en fer poli et doré, faite en 1809, sur les dessins de MM. Percier et Fontaine. L'autel principal a de beaux basreliefs; de chaque côté sont des anges en bronze, portant les instruments de la passion et posés sur des socles en marbre blanc. Derrière cet autel et sous l'arcade du milieu , est un groupe en marbre nommé le Vœu de Louis XI II.
Louis XIV, qui posa la première pierre de l'autel, en 1699, ut exécuter ce groupe par Coustou, en 1723. Il se compose d'une grande croix en marbre blanc sur laquelle est jetée une draperie. Au bas, la Vierge assise soutient sur ses genoux la téle et une partie du corps de son fils descendu de la croix. Aux deux côtés étaient placées sur des piédestaux les figures de Louis XIII et de Louis XIV, offrant des couronnes à la Vierge; ces deux figures, enlevées pendant la révolution , puis replacées en 1816, ont été de nouveau enlevées en 1830. Elles sont maintenant au Musée de Versailles.
Dans l'ancienne chapelle de la Vierge , est la belle statue dite la Vierge des Carmes, sculptée à Rome, par Antoine Raggi,dit le Lombard, d'après le mode du Bernin. Le lutrin en bois placé dans cette chapelle, est d'un travail précieux.
Derrière Notre-Dame , et attenant à l'église, était autrefois le palais de l'archevêché. En 1831 , dans une émeute populaire , cet édifice fut en partie détruit; depuis, il a disparu complètement, et le terrain qu'il occupait a été planté d'arbres et entouré d'une grille.
Sainte-ChapeUe. Saint Louis avait acheté de Baudouin, empereur deConstantinople, la couronne d'épines qui avait, dit-on, servi à la Passion de Jésus-Christ. En 1241, d'autres reliques furent apportées à Paris; c'étaient des morceaux de la vraie croix, un morceau du fer de la lance, une partie de l'éponge, le roseau, une partie du manteau de pourpre, un morceau du linge dont s'était servi Jésus pour laver les pieds des apôtres , des godttes de son "ig, du lait de la Vierge, la verge de «e, etc., etc. Nous n'avons pas la
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prétention de discuter ici l'authenticité de toutes ces reliques , avec lesquelles l'empereur grec avait spéculé sur la piété crédule des chrétiens de ce temps. Toujours est-il que saint Louis voulut construire une église digne de renfermer tant de trésors ; et la Sainte-Chapelle fut élevée en 1242, sur l'emplacement de l'église Saint-Nicolas, par les soins de Pierre de Montreuil. Elle fut terminée en 1248.
Cette chapelle est à deux étages; la chapelle inférieure, dédiée à la Vierge, était destinée aux habitants de la cour du palais; la chapelle supérieure, appelée de Sainte-Couronne ou de Sainte- Croix, était réservée au roi et à ses officiers.
On s'occupe en ce moment de la restauration de cet édifice; mais il est douteux qu'on parvienne à lui rendre son ancienne splendeur. Les vitraux trèsnombreux dont elle était ornée, étaient renommés pour la vivacité de leurs couleurs. Les voûtes étaient peintes en azur, parsemées d'étoiles d'or et encadrées dans des nervures dorées, qui retombaient sur des colonnes chargées aussi de dorures. Sur le soubassement, on avait joint aux dorures, des incrustations de verre; le maître-autel étincelait d'or et de pierreries. Il suffira de dire que l'érection de cette chapelle coûta à saint Louis 40,000 liv. tournois (environ 790,000 fr. ), et que pour les reliques et châsses, on avait dépensé 100,000 liv. tournois { environ 1,975,000 fr.). Ces reliques étaient enfermées dans une grande châsse en bronze doré placée sur le maître-autel, derrière une autre châsse en vermeil, ayant la forme exacte de la Sainte-Chapelle et enrichie de pierreries. Aux deux côtés de l'entrée du chœur, étaient des autels décorés de tableaux en émail , ouvrage de Léonard de Limoges, qui les avait exécutés sur les dessins du Primatice.
Saint Louis assigna des revenus considérables au chapitre chargé de desservir la Sainte-Chapelle. Le premier dignitaire de ce chapitre porta successivement divers titres; au quatorzième siècle, il avait celui à'archichapciamj Clément VII lui accorda le droit d'officier avec les ornements pontificaux,
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et de donner la bénédiction au peuple.
Depuis cette époque, il prit le titre de prélat , et on le trouve même désigne dans quelques actes sous la qualification éepapedelaSainte-Chapeue. Les règlements obligeaient trois clercs et un chapelain à passer la nuit dans l'église, pour garder les reliques. Pendant la nuit du vendredi au samedi saint , les possédés y venaient pour se débarrasser de Satan par la vue de la vraie croix.
Le trésor de la Sainte-Chapelle contenait une grande croix de vermeil, faite par ordre de Henri III, et où était placé on morceau de la vraie croix ; le bâton de chantre ; des livres d'église, tresrtchement reliés et décorés, et enfin le camée, déposé aujourd'hui au cabinet des médailles, et représentant l'apothéose d'Auguste. Ce précieux morceau a été rompu en deux dans l'incendie du palais, en 1618.
L'escalier extérieur de la Sainte-Chapelle ne date que du règnede Louis XI; auparavant la chapelle n'avait pas de sortie extérieure; elle communiquait avec le palais par une grande galerie, qui existe encore en partie. Apres l'incendie de cet édilice, en 1776, les réparations amenèrent la démolition de la sacristie. En 1789, la chapelle fut destinée à servir de magasin de farines, et, en 1802, on la transforma en dépôt des archives judiciaires.
Saint -Germain ï Auxerrois. Cette église est aujourd'hui l'un des plus anciens modèles d'architecture que possède Paris. Fondée par Chilpéric, ruinée par les Normands, elle fut reconstruite par le roi Robert. Le portail actuel date de 1435. Devenue la paroisse des rois, lorsqu'ils habitèrent le Louvre, cette église subit successivement de notables changements. Le jubé, qui masquait l'entrée du chœur, fut démoli; les piliers gothiques prirent une forme moderne ; une grille a hauteur d'appui, en fer poli et doré, sépare le choeur de la nef ; le banc d'oeuvre a été exécuté d'après les dessins de Perrault et de Léonin. Un grand nombre de tableaux de Philippe de Champagne, de Jouvenet, etc., décoraient le chœur. Cette église fut envahie par le peuple en 1831, à la suite de l'émeute qui amena le sac
de l'archevêché. Elle resta ensuite fermée pendant plusieurs années.
Saint- Eustache. On ne sait trop à quelle époque ce nom fut donné à une petite chapelle oui existait déjà avant le treizième siècle. En 1254, le prêtre qui desservait cette chapelle obtint du curé de Saint-Germain l'Auxerrois , dont elle dépendait, le titre de curé , mais à des conditions tellement onéreuses, qu'il en était résulté ce proverbe : Il faut être fou pour être curé de Saint- Eustache. En 1250, Jacob, ancien moine de l'ordre de Ctteaux, qui se faisait appeler le Maître de Hongrie, parut à Pans, à la tête des pastoureaux. Il choisit Saint Eustache pour le lieu de ses prédications, et y exerça quelque temps l'autorité épiscopale. En 1532, on entreprit la reconstruction de cette église, qui ne fut achevée qu'un siècle plus tard, en 1642. C'est un monument de transition. Le portail de la rueTralnée et celui du passage Saint- Eustache sont gothiques et ornés de jolies sculptures ; la façade, d'architecture grecque, a été élevée sur les dessins de Mansard et de Moreau. L'intérieur est d'architecture sarrasine. Le chœur est un des plus beaux des églises de Paris. Audessus de la galerie dont il est entouré, sont percées douze fenêtres cintrées , garnies de vitraux précieux, représentant les Pères de I Église. La majeure partie de ces vitraux est du célèbre V Pmegrier. Dans la nef, *e trouve l'ancienne chaire de l'église métropolitaine, venue là pendant la révolution.
La chapelle de la Vierge est ornée d'une statue en marbre blanc, de Pigale; deux bas-reliefs, l'un en marbre et l'autre en pierre de liais, par Daniel de Volterre, décorent les côtes de la nef.
Avant la révolution, l'église Saint- Eustache contenait un grand nombre de tombeaux ; entre autres, ceux de l'historien du Haillan, de Voiture, de Vaugelas, de Lamotte-Levayer, de Benserade, de Fnretière, du peintre Lafosse, du maréchal de la Feuillade, de l'amiral de Tourville, de Colbert, et enfin du célèbre Chevert.
A l'extrémité de cette église, au coin de la rue Montmartre, existait autrefois une petite chapelle, appelée la ChapeUe Saint-Joseph , où avaient été
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