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déposés les restes de la Fontaine et de

Molière. Cette chapelle a été démolie pendant la révolution.

Pendant les journées de juillet, en 1830, on ouvrit les caveaux de Saint- Eustache, malgré la résistance du curé, pour y déposer les cadavres qui encombraient le marché.

Aujourd'hui, cette église est renom* niée pour sa musique religieuse. L'orgue qu'elle possédait, et qui était un des plus beaux de Paris, a été remplacé dernièrement par un autre plus remarquable encore, quia, dit-on, près de 6,000 tuyaux.

Saint-Etienne du Mont. C'était autrefois une petite chapelle, dite la Chapelle du Mont. Au treizième siècle, elle portait le titre d'église, et était acconfpagnée d'une aumônerie. Reconstruite en 1222, elle devint alors église paroissiale; mais elle resta assujettie à celle de Sainte-Geneviève, et ne put avoir une porte particulière. Agrandie en 1491 et rebâtie en 1517, elle eut en lin une porte spéciale , mais à la condition formelle de n'avoir ni flèche ni aiguille. Marguerite de Valois posa, en 1610, la première pierre de la façade actuelle, et donna 3,000 livres pour sa construction. Euùn , en 1626, cette église fut consacrée à saint Etienne, par l'archevêque de Paris, et elle devint paroisse de son chef. Lorsque l'église de Sainte- Geneviève , devenue le Panthéon, fut enlevée au culte, Saint- Etienne prit le nom de cette église, qu'elle était appelée à remplacer.

L'architecture de la façade n'est que bizarre, par suite du mélange des styles; mais l'intérieur de l'église e>t trèsbeau. Les voûtes, la nef et les bas-côtes sont extrêmement élevés, et soutenus par des colonnes qui n'ont pas de chapiteaux; les nervures des voûtes naissent du fût de la coloune. Le jubé, construit par tiiard, est un modèle de hardiesse et de science architecturale.

Au milieu de la voûte de la croisée, descend , de 12 pieds, une clef pendante, formée des nervures de la voûte, qui, après en avoir suivi la courbure, redescendent en s'unissant.

Le maître- autel , entièrement construit en marbre, est décoré avec richesse; derrière, quatre colonnes d'or-

dre toscan supportent une châsse ayant la forme d'une église gothique, et où sont conservés, dit-on, les reliques de sainte Geneviève. En 1801, pendant les fouilles faites dans le voisinage du Panthéon et sur l'emplacement de l'ancienne église placée sous l'invocation de la patronne de Paris, le curé crut trouver parmi les tombeaux qu'on découvrit, celui qui devait avoir contenu les restes de cette sainte; et, quoique les architectes et savants aient refusé de l'attester, le pape Pie VII, juge infaillible, et qui se trouvait à Pans en 1804, accorda, par une bulle, des indulgences à tous ceux qui viendraient faire leurs dévotions à Sainte-Geneviève.

Ceux des vitraux de l'église qui ont été conservés, sont de toute beauté. On cite entre autres ceux qui représentent la Parabole du pressoir , par N. Pinegrier. Dans le chœur, on voit un tableau peint par Largillière : c'est uo ex-voto, donné par la ville de Paris en 1694, après la cess ition d'une famine, qui pendant deux ans avait désolé la capitale. On voit dans ce tableau les marchands et les officiers de la ville en habit de cérémonie, et suivis d'un grand nombre de spectateurs, parmi lesquels on distingue le poète Santeuil.

L'église Saint-Étienne renfermait autrefois un grand nombre de tombeaux d'hommes illustres, parmi lesquels nous citerons Biaise Pascal, dont l'épitaphe a été replacée à l'entrée de la chapelle de la Vierge, Lesueur, Jean Racine, Lemaître de Sacy, Tournefort, etc.

Saint' Hoch. Cette église n'était, en 1587, qu'une chapelle, élevée sur l'emplacement de l'hôtel Gaillon ; elle fut érigée en paroisse en 1633. Anne d'Autriche et son fils posèrent, en 1632, la première pierre de la nouvelle église; mais l'édifice ne fut entièrement achevé qu'un siècle après, en 1740. Élevée d'abord sur les dessins de Mercier, elle fut continuée sur ceux de Robert de Cotte,auquel est dû le portail commencé en 1786. L'église Saint-Roch offre cette singularité, que l'intérieur est divisé en trois chapelles , qui se succèdent les unes aux autres dans le sens de la Iongueur.Les deux premières sont décorées d'une statue de saint Augustin, d'une autre de saint François de Sales, par Pa-

paris FRANCE. PARIS

jou, et de tableaux de Vien et de Doyen. La chapelle de ia Vierge, située derrière le chœur, a été bâtie en 1709; elle est de forme circulaire et couronnée par une coupole représentant V . Assomption, peinte par Pierre. L'autel offre la scène de Y Annonciation, exécutée sur les dessins de Falconet. L'autel de la chapelle de la Communion est surmonté d'un groupe, sculpté par Paul Slodtz. Pour toutes les chapelles, on a cherché une disposition de lumière différente , et pour celle du Calvaire, on est arrivé à un très-bel effet de décoration. Au fond de cette chapelle très-basse et recevant à peine du jour par une seule croisée, se trouve une vaste niche, où sont représentes, sur la cime du Calvaire, Jesus-Christ crucifié et Madeleine pleurant au pied de la croix, et; sur le premier plan, des soldats couchés, et un serpent qui rampe sur les rochers.

Cette scène est éclairée par une ouverture mj'on ne voit point , et qui jette one vive lumière sur le visage du Christ; la lumière descend ensuite en s'affaibiîssant, et vient mourir à l'extrémité du rocher, qu'elle éclaire à peine. Celte décoration a été composée par Falconet; les sculptures sont de Michel Auguier.

On a, dans ces dernières années, ouvert a cdté de cette chapelle, une espèce de caveau, où a été sculpté l'ensevelissement de Jésus.

La chaire est une des plus belles des églrsfs de Paris.

Saint-Roch renfermait avant la révolution les tombeaux de Maupertuis , Lenôtre, Nicolas Ménager, François et Michel Auguier, madame Deshoulieres, François Desmarets, et Pierre Corneille.

En 1821, le duc d'Orléans a fait sculpter au-dessus de l'un des bénitiers de la grande nef, un portrait de Corneille avec une inscription. On trouve encore aujourd'hui à Saint-Roch les restes de plusieurs mausolées ayant appartenu aux églises supprimées dans la circonscription de cette paroisse; entre autres eeux de M/gnard et du cardinal Dubois, etc. Au-dessus du bénitier de la grande nef, parmi les noms de plusieurs personnes illustres inhumées à Saint-Roch, on lit celui de l'abbé de l'Épée.

Saint- Suipice. Cette église existait avant 1211 ; elle était alors placée dans

la dépendance de celle de Saint -Germain des Prés. Sous les règnes de Louis XII et de François I*' , on v ajouta une nef, et, en 1614, six chapelles latérales ; enfin, en 1043, on résolut de construire un édifice nouveau. Le duc d'Orléans en posa la première pierre en 1646. Plusieurs parties étaient déjà achevées sur le dessin de l'architecte Gamart , lorsqu'on s'aperçut que l'église serait insuffisante. Alors on chargea Levau de fournir de nouveaux dessins , et Anne d'Autriche vint, en 1655, poser la première pierre du nouvel édifice. Daniel Guitard continua les travaux, et fut ensuite remplacé par Oppenord.

L'édifice fut terminé en 1723, et la première pierre du maître -autel fut posée , au nom de Louis XV, par le nonce du pape Clément XIII. Le portail, fonde en 1733 , fut élevé sur les dessins de Servandoni , et ne fut guère achevé qu'en 1764. II se compose de de deux ordonnances , la dorique et l'ionique. Aux deux extrémités sont deux corps de bâtiments carres qui servent de base à deux tours de 210 pieds d'élévation. En 1777, Chalgrin fit rebâtir la tour septentrionale. Deux télégraphes s'élèvent sur ces tours. Servandoni avait placé entre elles un large fronton , que le tonnerre renversa en 1770, et qui fut alors remplacé par une balustrade , qui n'est pas d'un aussi bon effet. L'église fut consacrée en 1745, et placée sous l'invocation de la Vierge , de saint Pierre et de saint Suipice.

Richement décorée à l'intérieur , Saint-Sulpice est l'une des plus belles églises de Paris. La chapelle de la Vierge a surtout une réputation méritée. Une statue en marbre, sculptée par Pigale, s'élève au-dessus de nuages éclairés par un jour semblable à celui de la chapelle du Calvaire à Saint-Roch, mais plus brillant. Le curé de Languet de Gergy avait fait faire, par Bouchardon, une statue de la Vierge en argent massif ; mais cette statue a été convertie en monnaie pendant la révolution. Près de l'entrée principale se trouvent deux bénitiers remarquables ; ce sont deux rochers en marbre blanc , sculptés par Pigale, et soutenant deux vastes co-

auiiles du mollusque appelé Tridacne , ont la république de Venise avait fait

PARIS

L'UNIVERS

PARIS

présent à François Ier. Sur le pavé 'est une excellente ligne méridienne longue de 176 pieds , tracée, en 1743 , par Henri Sully. Cette ligne, à son extrémité septentrionale, se prolonge et s'élève verticalement sur un obélisque en marbre blanc de 25 pieds de haut. La fenêtre méridionale de la croisée n'offre qu'une ouverture d'un pouce de diamètre, pratiquée sur une plaque de laiton. Par cette ouverture passe un rayon de soleil qui vient frapper la ligne tracée sur le uavé. C'était à Saint-Sulpice que, sous le Directoire, les théophilanthropes se réunissaient pour les cérémonies de leur nouvelle religion. Rendue depuis au culte catholique, cette église est devenue la plus importante du faubourg St-Germain.

Le séminaire qui l'a voisine, et auquel elle donne son nom , est le premier séminaire de Paris.

La Madelaine. Un village s'était formé vers le quatorzième siècle autour de la Ville-l'Evéque, maison de campagne des prélats de la capitale. Une petite chapelle, construite pour les besoins des habitants de ce village, avait été érigée en paroisse. Charles VIII la (it reconstruire en 1447. En 1659, l'édifice lut réédifié de nouveau, puis démoli, et, en 1 764 , on posa la première pierre d'une nouvelle église. M. Contant d'Ivry en fut le premier architecte. M. Couture, gui lui succéda , fit démolir ce qu'avait fait élever son prédécesseur, et recommença sur de nouveaux plans. Le portail devait avoir douze colonnes avec sept colonnes en retour. Les travaux , assez avancés déjà, furent suspendus par la révolution. Napoléon voulut faire de ce monument un temple dédié à la gloire désarmées françaises, et dans lequel, sur de longues tables d'or, d'argent, de bronze et de marbre, auraient été inscrits les noms des militaires qui se seraient signalés par leur courage et leurs exploits. Les statues des maréchaux de France et des généraux auraient également décoré l'intérieur de cet édifice.

M. Vignon fut chargé de la direction des travaux ; il Gt abattre tout ce qui avait été élevé; et alors fut commencé le monument tel que nous l'avons aujourd'hui, à l'extérieur du moins.

Sous la restauration, le temple de la

gloire redevint l'église de la Madelaine,

qui fut destinée à recevoir les monuments de Louis XVI et de Marie- Antoinette. L'extérieur fut conserve tel qu'il était ; mais les dispositions intérieures durent être changées, tas travaux reprirent en 1816, mais lentement. C'est seulement en 1830 que la construction, poursuivie avec activité par M. Huvé, successeur de M. Vignon, a été terminée.

Cette église a la forme et le style d'un temple antique, ce qui a excité le blâme de beaucoup de personnes. C'est cependant l'un des plus beaux monuments que nous possédions ; elle a de la grandeur, de la majesté sans lourdeur, de la richesse et de l'élégance. A l'intérieur on a prodigué les ouvrages d'art; les sculpteurs et les peintres modernes les plus en réputation ont contribué à la décorer. Les dorures, le marbre, y répandent un éclat éblouissant; enfin', on a joint aux beautés de l'art les agréments du luxe; et des calorifères ont été disposés dans la partie inférieure de l'édifice. Un très-beau bas-relief de M. Lemaire décore la façade principale de l'église, et la porte en Bronze du portail , exécutée par M.

Triquetti , passe pour une des bonnes choses qui aient été exécutées dans ce genre.

Notre-Dame de Lorette. Cette petite église, sans importance sous le rapport architectural, ne mériterait pas une mention à part, si elle ne devait au luxe de ses décorations intérieures, une espèce de réputation, et si ce lieu qui devrait être si saint, n'avait été et n'eut encore une cause de scandale pour bien des âmes pieuses.

Commencée en 1824 et terminée en 1836, r église de Notre-Dame de Lorette n'a que 70 mètres de longueur sur 30 de large, et a coûte 2,050,000 fr. Il est impossible de donner une description exacte de tout ce qui en décore la nef, le chœur et les chapelles latérales* Des sculptures de MM. Duret, Ete*.

Dumont, des peintures de MM.BIondfl.

Heim, Monvoisin, Deveria, Schneti, Vinchon , Langlois , etc. , en font un véritable musée ; les plafonds, charges de sculptures et d'ornements de tout* espèce jusqu'à en devenir lourds, son»

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