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FRANCE
PARIS
de dorures; enfin, à force de prodiguer les ornements, on est arrivé a manquer l'effet qu'on voulait produire. Néanmoins, Notre-Dame de Lurette a la réputation d'être la plus riche et en même temps la plus coquette église de Paris; on a dit d'elle que c'était un boudoir religieux.
Nous citerons encore, parmi les nombreuses églises de Paris, Saint-Philippe du Roule , beau monument élevé de 1769 à 1784 , sur les dessins de Chalgrin ; Saint- Nicolas des Champs, qui renferme des sculptures de Sarrasin, et a reçu les dépouilles mortelles de Guillaume Budé , de Pierre Gassendi , de mademoiselle Scuderi , etc.; Saint-Mèry, où Ton voit encore de beaux vitraux de Pinégrier, et qu'a rendue célèbre la lutte dont elle a été le théâtre en 1834; Sainte- M ar guérite f décorée d'une descente de croix sculptée sur les dessins de Girurdou par ses élèves, et placée autrefois dans l'église de Saint- Landry; St-GervaiSy l'une des plus anciennes églises de Paris, avec des vitraux de Jean Cousin, un Ecce Homo de Cortot, les tombeaux de Michel Letellier, de Philippe de Champagne, de Scarron, de du Cange, etc., et un portail élevé par Jacques des Brosses ; enfin Saint-Nicolas du Chardonnet, où se trouvent les tombeaux de Lebrun, de sa mère, et deSanteuii.
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Le Panthéon. Ce monument, le plus beau et le plus gigantesque de Paris, a été construit sur l'emplacement de la vieille éilise de Sainte -Geneviève, qu'il était d'abord destiné à remplacer. Pour subvenir aux frais de construction , on augmenta de quatre sous les billets de loterie fixés à vingt sous. Le monument fut commencé en 1757, d'après les plans de Sou Mot. On employa sept ans à préparer le terrain et a jeter les fondements. Louis XV vint en grande pompe, eu 1764, poser la première pierre de l'un des piliers du dôme. La destination primitive de cet édifice lui a fait donner la forme d'une croix grecque de 340 pieds de long sur 250 de large. La façade principale se compose d'un perron élevé sur onze marches et d'un porche en péristyle imité du Pan-
théon de Rome ; elle présente six colonne de face et en a dans son ensemble vingt-deux, dont dix-huit sont isolées. Ces colonnes sont cannelées et ont 58 pieds de haut. La hauteur du dôme est de 243 pieds. Après quarante ans de travail, des craquelures dans la voûte inférieure firent craindre que ce dôme ne s'écroulât. M. Rondelet parvint à remédier au mal en reconstruisant les piliers. A l'extérieur de ce dôme règne une colonnade circulaire composée de trente-deux colonnes corinthiennes de 34 pieds de hauteur, et supportant un entablement couronné par une galerie découverte ; au • dessus est un atlique sur lequel s'appuie la grande voûte qui , avec la lanterne, termine le dôme.
Après la mort de Mirabeau, l'Assemblée nationale consacra cet édifice à recevoir les dépouilles mortelles des grands hommes, et fit graver, au-dessous du fronton, l'inscription : Aux grands hommes la pairie reconnaissante. Les ornements et bas-reliefs de l'intérieur et de l'extérieur furent changés et remplacés par des sujets analogues aux vertus patriotiques. Les honneurs du Panthéon furent décernés d'abord à Mirabeau, puis h Voltaire, le 11 juillet 1791, et à J.J. Rousseau, le 16 octobre suivant. En 1793 , le corps de Marat y fut déposé; mais , après le 9 thermidor , son cadavre exhumé fut traîné dans les rues par la populace et jeté dans un égout. La Convention nationale rendit, le 8 février 1795, un décret portant que les honneurs du Panthéon ne pourraient être accordés à un citoyen que dix ans après sa mort. Napoléon, devenu empereur, rendit, le 30 février 1806, un décret qui rétablit dans le Panthéon l'exercice du culte catholique, sans néanmoins lui enlever la destination que lui avait donnée l'Assemblée constituante; mais il ôta à celte destination ce qu'elle pouvait avoir de noble et de grand, en décidant qu'on admettrait au Panthéon les sénateurs et les grands officiers et dignitaires de l'empire; c'était donner a la faveur et souvent à l'intrigue un hou* neur qu'on n'aurait dû accorder qu'au talent reconnu.
Sous la restauration , on fit disparaî- T. XI. 25" Livraison. (Dict. ikcycl., btc.) 25
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tre l'inscription du fronton ; mais elle 9 été replacée après 1830*
Ce fut pendant la restauration que Gros peignit la coupole, l'un de ses meilleurs ouvrages.
Des constructions souterraines occupent toute l'étendue du Panthéon : c'est la qu'on voit , près des tombeaux de Voltaire et de Rousseau , ceux du maréchal Lannes, de fiougainville, de Lagrange, de Vien,etc.
Quoique le Panthéon ait été conservé ou rendu pnr tous les gouvernements à la destination que lui avait donnée IVAssemblee nationale, il est loin d'avoir le caractère qu'on s'attendrait à rencontrer dans un monument aussi national , et il semble que, n'osant pas anéantir complètement une si noble et si généreuse idée , on ait constamment cherché à en diminuer la portée. Napoléon y voulut placer ses hommes dévoués; la restauration n'y admit personne; et, depuis la révolution de juillet, on ne semble pas vouloir donner une grande portée à cette institution.
Ouvert au public indistinctement, offrant aux yeux de tous, les noms et les #nnges de ceux dont la France s'honore, le Panthéon devrait être un stimulant pour la jeunesse, et entretenir dans tous les cœurs l'amour de la patrie et celui de la gloire. Au lieu de cela, c'est un monument perdu, où on n'est admis qu'avec une peine extrême.
Hôtel de ville. La hanse parisienne, origine , comme nous l'avons dit , de la municipalité de Paris , tenait ses réunions à la y allée de misère, près la place du grand Châtelet, et l'on nommait le lieu des séances la Maison de la marchandise. Ces séances eurent ensuite lieu dans une maison située entre le grand Châtelet et l'église de Saint- Leufroi , maison qui prit alors le nom de Parlouer aux Bourgeois. En 1357, les bourgeois de Paris achetèrent un hôtel situé sur la place de Grève, et nommé Maison aux Piliers. Cet hôtel, fort simple, servit aux réunions du prévôt des marchands et des échevins jusqu'en 1532.
A cette époque, on entreprit de le reconstruire s'ir un pian plus vaste; Pierre de Viole, ,>ievôt des marchands, posa, «n 153*î, la première pierre du nouvel
édifice, qui était élevé jusqu'au second étage en style gothique, lorsque la construction en fut supenduc en 1549. Un architecte italien, Domenioo Boccardo, dit de Cortone, le continua ensuite, d'à-
{>rès un plan nouveau moins élégant que e premier; enfin il fut achevé, en 1605, par les soins d'André Miron, prévôt des marchands, et sous la direction d'André du Cerceau. La façade se composait d'un grand bâtiment Ûanqué à ses extrémités de deux avant-corps percés chacun d'une arcade; sur le milieu e»t un campanile, où se trouve une horloge exécutée par Lépaute en 1781 ; au-dessus de la porte principale est un basrelief représentant Henri IV à cheval.
L'hôtel de ville fut considérablement augmenté en 1801, époque où l'on démolit l'église et l'hôpital du Saint-Esprit et une partie de l'église de Saint- Jean en Grève, sur l'emplacement desquelles on éleva de nouvelles constructions. Après 1830, on songea encore à agrandir ce monument , devenu insuffisant, et enterré d'ailleurs dans une masse de maisons assez malpropres.
Le 26 mars 1836, le conseil municipal de la ville de Paris adopta le projet de MM.Lesueur et Godde, et aujourd'hui l'hôtel est devenu un palais. On s'est judicieusement astreint pour la construction des nouveaux bâtiments, qui s'étendent jusqu'au quai, à suivre l'ancienne architecture; sur toute la longueur ont été ménagées des niches destinées à recevoir les statues des magistrats les plus célèbres de Paris depuis les premiers temps.
Tout le monument n'a qu'un étage au-dessus du rez-de-chaussée et du son bassement : au rez-de-chaussée sont les bureaux de l'octroi, le conseil de préfecture, etc.; au premier étage, la salle du Trône, les appartements du roi, les salons, la salle de bal, les appartements du préfet de la Seine ; sous la toiture sont les archives , les magasins de réserve et la bibliothèque.
Dans la cour du milieu est la statue de Louis XIV, par Coy>evox.
On pourrait dire que l'hôtel ée ville est le palais du peuple de Paris. C'est là, en effet . que réside l'administration municipale , et c'est là presque toujours que le peuple est venu faire
FRANCK