‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 163 sur 434 · ARIS · texte numérisé non relu

ARIS

acte de puissance. C'est à l'hôtel de Tille que Louis XVI vint recevoir des mains de Bailly la cocarde nationale; enfin, c'est à l'hôtel de ville qu'après les journées de juillet vint siéger quelque temps le gouvernement provisoire.

Institut. Le monument où les diverses académies tiennent aujourd'hui leurs séances a été construit en 1665. Le cardinal Mazarin avait conçu le projet d'établir un collège en faveur d'un certain nombre de jeunes cens pris dans la noblesse ou la haute bourgeoisie des pays nouvellement conquis. Il en ordonna la fondation , par son testament du 6 mars 1661 ; les élèves , au nombre de soixante, devaient être pris 1* à Pignerol et dans son territoire, 2° dans l'état ecclésiastique, 3° dans l'Alsace, 4° dans la Flandre et le Roussillon :

c'est ce qui fit donner à cet établissement le nom de collège des Quatre- Nations. Pour cette fondation, Mazarin léguait 2 millions en argent, 45,000 livres de rente sur l'hôtel de ville et sa bibliothèque. Ces dispositions, confiées jà MM. de Lamoignon, Colbert, Letellier, etc., furent exécutées sans obstacle; mais, comme on ne trouvait pns de monument convenable pour rerevoir ce collège, on résolut d'en construire un; pour cela, on acheta tout ce qui restait de l'ancien hôtel de Nesle, on y joignit quelques maisons voisines , et les constructions furent commencées sur les dessins de Levau. Le monument, sans être d'une belle architecture, plaît cependant par sa disposition théâtrale.

La façade se développe sur une ligne courbé terminée à chaque extrémité par un gros pavillon qui s'étend sur le nord du quai. Au centre est le portail de l'église au-dessus de laquelle s'élève un dôme surmonté d'une lanterne et d'une croix. Cette église spacieuse et de forme circulaire contenait autrefois les figures des dix-huit béatitudes, par Desjardins. A droite du sanctuaire, on voyait le tombeau du cardinal Mazarin, l'un des plus beaux ouvrages de Coysevox, et aujourd'hui dépose au musée de Versailles.

Pendant la révolution, ce collège fut d'abord affecté à l'école centrale des uatre-Nations ; puis, il a été donné l'Institut, qui tint, dans les pre-

miers temps, ses séances dans la chapelle. Dans la galerie qui sert d'entrée, on a placé les statues en marbre de Molière, de Corneille, de la Fontaine, de Racine, de Pascal et de Montesquieu. La lanterne du dôme a été entièrement reconstruite en 1806; à l'extrémité de chacun des pavillons qui s'avancent vers la Seine, on a ouvert, au rez-de-chaussée, un passage pour les piétons. Depuis quelques années on songe à démolir ces deux pavillons pour faciliter la circulation sur le quai.

La Bourse. Tout le monde connaît ce qui fut l'origine de la Bourse. La rue Quincampoix, où Law établit, en 1690, son système d'agiotage, vit les premières opérations de bourse. En 1724, ces opérations reçurent une organisation à peu près régulière, et le lieu où elles se firent , le palais Mazarin , rue Vivienne, reçut le nom de place du change. Pendant la révolution, la Bourse fut transférée dans l'église des Petits-Pères; sous Napoléon, dans les galeries de bois du Palais-Royal, puis dans une maison de la rue Feydeau; enfin, en 1808 , on posa la première pierre de l'édifice actuel qui devait s'élever sur l'emplacement du couvent des Filles Saint- Thomas. Les travaux, suspendus par les événements de 1814 et h mort de Brongniart, architecte chargé de la construction, furent termines par Labarre, en 1826. On a calculé que l'érection de la Bourse avait coûté 8,149.192 fr.

Un soubassement d'environ dix pieds de haut supporte soixante -six colonnes d'ordre corinthien, de trois pieds de diamètre, de vingt d'élévation, et séparées l'une de l'autre par un espace de douze pieds. Ces colonnes soutiennent à leur tour un entablement et un attique, et forment autour du vaisseau du bâtiment une galerie spacieuse eteouverte, à laquelle on arrive par les seize marches du perron. La façade principale s'ouvre sur la place à laquelle le monument a donné son nom.

L'intérieur offre une salle immense de 38 mètres de nrofondeur sur 25 de largeur. Chaque face de cette salle est décorée, vers le haut, de tableaux en grisaille, peints par Meynier et Abel de PujoU au fond se trouve la salle des agents de change.

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Cest à la Bourse que siège le tribunal de commerce.

Halle aux blés. Cet édifice colossal a été construit, de 1763 à 1772, sur les dessins de Lecamus de Mezières , à la pince de l'hôtel de Soissons, lequel, à la mort de Victor - Amédée de Savoie , prince de Carignan, son dernier propriétaire, avait été vendu, par les créanciers de ce prince, aux magistrats de la ville. Le plan de cet édifice, df forme circulaire, laisse au centre une vaste cour de même forme; la face extérieure est percée de vingt-huit arcades et d'autant de fenêtres; on monte à l'étage supérieur par deux escaliers à double rampe. En 1783 on acheva la coupole de cet édifice qui fut incendiée en 1802, puis rétablie avec des fermes de fer moulé. Elle est revêtue de lames de cuivre. Plusieurs portraits étaient placés sur les parois des murs intérieurs, il ne reste plus que celui de Philibert Delorme.

A cet éHiûce est adossée la colonne dite de Catherine de Médicis; antique reste de l'hôtel de Soissons, on la conserva lors de la démolition de cet hôtel; l'intérieur de cette colonne contient un escalier à vis par lequel on monte au sommet, qui a a peu près la figure d'une sphère. Ce vieux monument n'a pas moins de 90 pieds de hauteur. Dans les cannelures qui sillonnent sa surface, on voyait autrefois des couronnes , des fleurs de lis, des miroirs brisés ei les initiales des noms de Catherine et de Henri.

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