PARIS FRANCE. PARIS
tue et remplacée par une statue colossale de la liberté, fcn plâtre coloré en bronze. La place qui s'appelait auparavant place Louis XV ^ prit alors le nom de place de la Révolution, et c'est là que rut décapité Louis XVI, le 21 janvier 1793. Sous le consulat, la statue de la Lil»erté dut être remplacée par une colonne , dont Lucien Bonaparte posa la première pierre, niais qui ne s'éleva jamais , bien que la place eût pris à cette occasion le nom de la place de la Concorde. On voulut y élever, sous la restauration , un monument expiatoire du meurtre de Louis XVI; mais en 1830 on n'y voyait encore que le piédestal d'une statue à venir , et pendant les premiers temps qui ont suivi la révolution de juillet , on put lire sur ce bloc de marbre ces mots écrits avec un pinceau en caractères grossiers : Monument à la Charte.
Place Royale. Cette place, commencée en 1604 par Henri IV, sur remplacement de la cour intérieure de l'ancien palais des Tournelles, démoli en 1564, a été achevée en 1612. Elle est carrée. Les bâtiments qui la composent sont tous semblables , et bâtis avec des briques, dont les interstices sont recouverts d'une couche saillante de mortier à la façon des constructions italiennes et du midi de la France : ils sont tous couverts de combles très-élevés. Au rezde-chaussée est une galerie ouverte au public et qui entoure la place. Henri IV plaça dans certaines parties de ces bâtiments des manufactures ; il voulut gu'on nommât Pavillon Royal celui qui lait face à la rue Saint-Antoine , et Pavillon de la Reine celui qui est en face de la rue des Minimes. Marie de Médicis donna, en 1612, sur cette place , un magnifique carrousel; Richelieu y fit poser, en 1639, une statue de Louis XIII. Le cheval était de Daniel de Volterre et la statue de Biard fils. Cette statue fut renversée en 1792; on établit à sa place un bassin alimenté par les eaux de l'Ourcq.Une nouvelle statue de Louis XIII, sculptée en marbre blanc par M M. Dupaty et Cortot, y a été inaugurée en 1829.
La Place Royale était, sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, le quartier des beaux esprits. C'était là
que demeuraient Marion Delorme, ÎÇi* non de LencJos , etc. Scarron , dam une petite pièce intitulée Adieux à la Place Royale, fait la nomenclature des personnages qui l'habitaient alors ; elle est maintenant aussi déserte que le quartier du Marais dont elle fait partie.
Place du Châtelet. Sur cette place existait autrefois le Grand Châtelet , qui lui a laissé son nom. C'était un vaste et lourd bâtiment flanqué de tours, attenant au Pont-an-Cnange , et qui servait de porte à l'enceinte de Paris. Quand * Paris se fut agrandi , le Châtelet fut affecté au service de la prévôté de Paris. Il s'y trouvait alors des prisons, dont on a* fait d'effrayantes peintures; leurs noms seuls désignent des lieux de supplice : c'étaient les puits . la bouche' rie, les oubliettes^ et une fosse remplie d'ordures, de reptiles et d'insectes venimeux, à laquelle on avait donné le nom de fin a? aise.
Sous le règne de Charles VI , le Châtelet fut le théâtre de sanglantes exécutions. Les Bourguignons, maîtres de Paris, que leur avait livré Périnet Leclerc, avaient ameuté la populace qui se porta en foule au Châtelet , où se trouvaient un grand nombre de prisonniers. On criait : Tuez les chiens!
Mort aux Armagnacs ! et le massacre dura pendant douze heures. Le 21 août 1418, le massacre recommença au Châtelet, et cette fois il s'étendit dans toute la ville, à tous les partisans des Armagnacs.
Le Châtelet fut entièrement détruit sous l'empire, et au milieu de la nouvelle place on constrisit une fontaine.
Sur un piédestal orné d'aigles et de cornes d'abondance s'éleva une colonne de cinquante-deux pieds de haut, et dont le fût a la forme d'un palmier. Des anneaux en bronze doré , placés de distance en distance, la divisent, et sur ces anneaux sont gravés les noms des principales victoires remportées par les années françaises. Au-dessus du chapiteau, et sur une demi -sphère, se dresse une statue de la Victoire, tenant une coumune (i.ms chaque main. Ce monument est de M. Boisot.
WOSrTAIWES.
Fontaine du marché des Innocents.
C'est une des premières qui aient
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L'UNIVERS
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existé à Paris. Elle fut reconstruite en 1650 par Pierre Lescot, et ornée de sulptures par Jean Goujon. Située à l'angle des rues Saint-Denis et aux Fers, elle n'avait alors que trois arcades. En 1788, après la démolition de l'église des Innocents , on voulut la transporter au milieu de la place, mais il fallut y ajouter un quatrième côté.
MM. Poyet, Legrand et Molinos furent chargés de ces travaux, et ce monu- ' ment fut alors disposé tel qu'on le voit aujourd'hui.
Au-dessus de trois gradins s'élève un vaste bassin carré, au milieu duquel est un soubassement de même forme; aux angles sont placés quatre lions en plomb, moulés à Rome sur ceux de la fontaine deTerminî. Sur les faces de ce soubassement sont en saillie les bassins en plomb, où viennent se verser les eaux des cascades supérieures. Au-dessus s'élève une construction quadrangulaire , percée sur chaque face par une arcade, dont les côtés sont ornés de pilastres corinthiens cannelés. Entre chacun de ces pilastres est une figure de naïade. Cette fontaine, qu'alimente l'eau du canal de l'Ourcq, est une des plus belles de Paris.
Fontaine de Grenelle. Ce monument, ûû au ciseau de Bouchardon , fut construit par les ordres du corps municipal de Paris, et achevé en 1739. Il est décoré de sept figures, dont les trois principales sont groupées , et représentent la ville assise sur un piédestal, ayant à ses côtés la Seine et la Marne, qui lui apportent des productions de toutes ies saisons, représentées par quatre figures de moindres dimensions.
Fontaine Molière. Cette fontaine , située non loin de la maison où mourut Molière, à l'angle des rues Richelieu et Traversiere-St-Honoré, a été construite avec les fonds d'une souscription nationale, et inaugurée le 15 janvier 1844. Sur le soubassement s'élève un ordre corinthien accouplé, au centreduquel est une niche circulaire, ornée dans sa partie supérieure d'une clef portant une table de marbre où est inscrit le millésime de 1844. Le monument est terminé par un riche entablement surmonté d'un fronton circulaire, au centre duquel est assis un génie qui couronne
le poète. Un piédestal en marbre blanc supporte la statue de Molière. Cette statue, qui est assise et en bronze, est de M. Seurre atné. Au-dessous et de chaque côté du piédestal sont deux figures en marbre blanc, portant chacune une légende où se trouvent inscrits les titres des comédies de Molière. L'une est la muse grave, l'autre la muse enjouée; on les doit au ciseau de M. Pradier.
Un bassin octogone est en bas et reçoit l'eau qui jaillit de trois têtes de lions. Tout le monument a seize mètres de haut sur six et demi de large. Il a été composé par M. Visconti.
Après ces trois fontaines, il faut citer encore celles de f'augirard , de la place Louvois, de la Pointe Saint-Eustache, de la rue de I1 Echelle, du carrefour Gaillon, etc., etc.