FORTIFICATIONS
L'opinion s'était accréditée depuis longtemps que Paris ne devait point avoir de fortifications. Ce ne fut donc point sans étonnement qu'on vit tout a coup faire, en 1841 , la proposition de le fortifier. Mais I l'état aes affaires de l'Europe avait inspiré des craintes; on avait parlé de guerre, et bientôt tout le monde fut persuadé que la France allait avoir à se détendre contre une nouvelle coalition européenne.
C'est sous l'influence de cette préoccupation ojue fut proposée et acceptée une loi, qui ordonnait la construction d'un système de défense autour de Paris. Plus tard, on voulut revenir sur cette idée, mais on était trop engagé; les uns par crainte, les autres par une fausse honte, reculèrent devant le rappel de la loi, ne firent entendre que de tiedes ou d'incomplètes réclamations, et par une inconséquence incroyable, Paris voit s'élever autour de lui quatorze forts, dont l'érection avait une année auparavant soulevé l'indignation de la population.
Les travaux doivent comprendre une enceinte continue, embrassant les deux rives de la Seine; et en avant de cette enceinte, quatorze forts détachés, comme nous T'avons dit, situés à Charenton, à Nogent. Rosny, Noisy, Romainville, la Briche, au Mont- Valérien , à Vanvres, Issy, Montrouge, Bicétre et Ivry; les deux autres prennent le nom de fort de l'Est et fort du Nord.
L'enceinte continue, bastionnée, avec fossé, chemin couvert et glacis, comportera quatre-vingt-dix bastions et autant de courtines; le fossé a 14 mètres de large au fond et 18 à son ouverture, avec une profondeur de 6 mètres. Le rempart est élevé de 5 mètres au-dessus du sol naturel. Au delà du rempart, est une zone de 200 mètres, dans laquelle on ne peut bâtir.
La circonférence de l'enceinte sera de 10 lieues; destinée à devenir l'unique enceinte de Paris, elle agrandira encore cette ville des villages qu'elle
doit enfermer, et qui sont actuellement en dehors des murs d'octroi. Partant de la Seine, vis-à-vis Issy, elle entoure, sur la rive droite, Monceau, les Batignolles, Montmartre, la Chapelle, la Villette, Belleville, Ménilmontant, et Charonne, et vient rejoindre le fleuve au-dessus de Bercy; sur l'autre rive, elle entoure les villages d'Austerlitz, du Petit Gentilly, du Petit-Montrouge, de Vaugirard et de Grenelle.
Beaucoup de gens croient que cette enceinte ne sera jamais terminée; quant aux forts, ils sont presque tous trèsavancés. Ainsi, on pourra voir un jour Paris, ville des arts, du luxe, de l'industrie et des plaisirs, devenue en même temps une ville de guerre.
Paris est le siège du gouvernement et la résidence du roi et des deux chambres, du conseil d'État, de la cour de cassation, de la cour des comptes, du conseil royal de l'instruction publique, desdivers ministères, d'une cour royale, d'un tribunal de première instance , d'un tribunal de commerce, d'un conseil de guerre, d'un hôtel des monnaies, de l'administration des télégraphes, de celle du cadastre, de la direction générale des mines, des archives du royaume, de l'imprimerie royale, etc. Paris est administré spécialement par deux préfets, le préfet de la Seine et le préfet de police. Il est divisé en 12 arrondissements; chaque arrondissement possède un maire, deux adjoints, un juge de paix et quatre commissaires de policé, c'est-à-dire un pour chacun des 48 quartiers. Voyez Prévôt des marchands, Prevot de Paris, Assemblée DES ELECTEURS , COMMUNE DS
Paris, Districts, Sections, Municipalités.
La garde municipale, chargée de veiller à la police de la ville, est un corps militaire composé de 3.200 hommes, dont 200 à cheval. (Voyez Gardk municipale. ) La garde nationale compte 55,000 hommes; elle est divisée en 12 légions, une par arrondissement, outre une légion unique de cavalerie, fille avait autrefois une artillerie qui a été supprimée. Voy. Garde nationale.
Sous les ordres du préfet de police,
PARIS
FRANCK
sont 12 à 1,500 sergents de ville portant uniforme, et une armée d'agents secrets. Voy. Police.
A Paris, se trouvent des musées de toutes sortes ( voy. Musées et Muséum), des bibliothèques nombreuses (vov. Bibliothèques). Centre de l'Université (voy. ce mot), cette ville possède une école de droit, une école de médecine , une école de pharmacie , une école des beaux-arts, une école des arts et métiers, une école de dessin, etc. (voyez Écoles). On y compte cinq collèges royaux et deux collèges particuliers.
Il y a à Paris vingt hôpitaux civils et deux hôpitaux militaires (voy. Hôpitaux); une prison militaire, l'Abbaye ; sept prisons civiles, la Conciergerie, la Force, la prison de la Roquette, Sainte- Pélagie, le Dépôt de la préfecture; enfin, et la prison de la garde nationale et celle des détenus pour dettes. 11 S a, en outre, deux prisons pour les femmes, Saint-Lazare et les Madelonnettes.
Enfin, Paris contient 1,094 rues, 27 ruelles, 32 carrefours, 42 places, J27 passages, 147 halles et marchés, 10 ports, 21 ponts, 32 cours; il y circule environ 10,000 voitures de toutes sortes.
La population de Paris s'élève à environ 950,n00 habitants, sur lesquels on compte 77,000 indigents.
On consomme annuellement à Paris, 940,000 hectolitres de vin, 37,000 litres d'eau-de-vie, 80,000 bœufs, 11,000 vache*, 77,000 veaux, 384,000 moutons, 90.000 porcs et sangliers, 113,880,000 kil. de pain, 325,000 hectolitres de pommes de terre, 1,130,000 stères de bois, 2.000,000 4'hectol. de charbon de bois, 1,000,000 4'bect. de charbon de terre.
Voyez Capitale et Centralisation (*).
Paeis (bataille de). Les autorités que l'empereur avait laissées à Paris en 1814, montrèrent la plus coupable impré-
(•) Voy. en outre les non» des différentes corporations d'artisans; ceux des ordres monastique* et des ministères ; et les arlitles Couns, Cvatkmt, Parj.«mmt , Commerce, Htxtes, Hajiquks, Bourses de comuxacs, Eclairait*, CfloÛM, EripàMifS, Fa«i?es, rrc, rrc — .
voyance, et ne songèrent même pas a prendre les moyens nécessaires à la défense de cette grande ville. Lorsque, te 80 mars 1814, les ouvriers demandèrent des armes pour aller se battre, le ministre de la guerre Clarke les fit repousser et les empêcha de sortir même désarmés; et cependant les arsenaux étaient remplis de munitions ! La garnison formait environ 22,000 hommes; la garde nationale en comptait à peine 10 à 12,000, dont une moitié était armée de fusils, et l'autre de piques; un tiers sortit de la ville pour se battre; le reste garda les barrières.
Le 30 mars, le canon des ennemis se fit entendre dans Paris. « Les souverains alliés , ayant 140,000 hommes, dont 25,000 cavaliers, résolurent de brusquer l'attaque; Barclay, avec trots corps, les réserves et les gardes, marcha au centre sur le plateau de Belleville; le prince de Wurtemberg, avec deux corps, se plaça à Vincennes pour couvrir l'armée du côté de la Marne.
La bataille commença. Marmont chassa les Russes du plateau de Romainville,
Cendant que Mortier leur disputait Auervilliers. Barclay, étonné de cette résistance et de ses pertes, s'arrêta et attendit Rlùcher, qui se développa par Panlin, Saint-Denis, Montmartre, et tourna Romainville par la Villette. A ce redoutable déploiement de forces, Joseph, désespérant du salut de Paris, s'enfiiit en autorisant les maréchaux à capituler. La bataille recommença. Nos braves combattaient avec desespoir :
« Ils sont trop, » disaient-ils en tombant. Marmont, chassé des rues et du bois de Romainville, se reforma dans le parc de Saint-Fargeau ; mais il fut bientôt rejeté dans la grande rue de Belleville, où H se défendit encore; la butte Chaumont fut emportée; les boulets roulaient déjà dans les rues de Paris.
Pendant ce temps, Mortier détendait avec une poignée de braves la Villette et la Chapelle; mais à l'ouest, Montmartre était enlevé; la barrière de Clichy, que défendait Moneey. allait être emportée ; l'ennemi se prolongeait sur la route de Neuillv et le bois de Boulogne ; Mortier éva'coa pas à pas la Villette et la Chapelle, et s'accula sur le mur d'enceinte. En même temps, les
L'UNIVERS
PARIS
ponts de Saint-Maure et de Charenton avaient été enlevés par les Wurtembergeois; la garde nationale et la réserve d'artillerie avaient vaiuement attaqué la cavalerie russe sur la chaussée de Vincennes; elles avaient été rejetées sur la barrière. Marmont demanda une suspension d 'armes, que les coalisés s'empressèrent d'accorder, parce qu'ils venaient d'apprendre que l'empereur était en marche sur Paris. En effet, un aide de camp arriva à toute bride , pour solliciter les maréchaux de tenir encore vingt -quatre heures. Mais la ville pouvait être prise d assaut; une capitulation fut signée, par laquelle r.muee évacuait Paris et se retirait sur la route d'Orléans; Paris était recommandé à la générosité des souverains allies. La bataille avait coûté à l'ennemi, et de son propre aveu , dixhuit mille hommes; les Français en avaient perdu quatre mille (*). »
Paris ( monnaies de). On attribue souvent aux Parisii quelques monnaies gauloises d'or et de bronze, qii représentent d'ordinaire, d'un côte un cheval au galo,i, accompagné de divers symooles, et de l'autre, une figure bizarre, que l'on prend généralement pour un œil.
Les unes sont anépigraphes, les autres portent pour légende, des deux côtes, une inscription qui peut se lire vocaban ou vocarani. La seule raison valable qu'on puisse alléguer en faveur de l'attribution de ces pièces aux ParUiiy c'est que cette espèce de monnaie se trouve ordinairement dans la partie de l'Ile-de-France qui formait le territoire de ce peuple. Sans contredire celte attribution, qui, après tout, n'est pas absurde, nous nous contenterons de l'admettre comme douteuse, et nous nous hâterons d'arriver a la période mérovingienne, pour laquelle on trouve des monnaies réellement frappées a Paris.
Cette ville possédait a cette époque un atelier monétaire très-actif, et l'on peut lire dans Grégoire de Tours le récit d'un miracle dont cet atelier aurait été le théâtre. On sait que saint Éloi le dirigea sous les règnes de Dagobert et de Clovis II. On a de celte
(*) Lavalléc , Uut. de* Fraisait, t. IV, p. 607.
époque des triens et des saigay ou deniers d'ari;ent, de Dagobert et f> Clovis II; en voici la désertion : 1° dagobertvs bbx ; croix ancrée par '?
bas, et cantonnée des lettres elict.
— rJ. parisiciv. Téte royale, tournée à droite. 2*clotovbvs bbx ; croix a::crée par le haut, avec ce mot. elici.
rJ. — parisivs in civet; profil royal, tourné à droite. On a en outre un grand nombre de triens frappés à Paris psr des monétaires. Mais nous nous bornerons à donner la liste de ces officiers; quant aux pièces, nous ne décrirons qu<; celles qui sont réellement intéressantes. Voici d'abord la liste des monétaires:
ALCO ; ANTERI? ARNEBODE ; ARNOlL* DVS; REROALDVS; EL1GIVS ; FRIDO ; MANSOBB? RIGVLDE? SESI? VITALS; VVLFAR.
Parmi les pièces où selisenteesnoms, les plus remarquables sont celles dont la description suit - 1° parisivs; buste de face. rJ. — abnoaldvs mo; croix ancrée. On sait que les têtes de face sont très-rares sur les monnaies mérovingiennes. 2° kligivs; croix ancrée par le haut. u-. — parisivs ; téte de profil, tournée à droite. Il faut encore remarquer des saïga 0 » deniers d'argent qui portent au droit le mot parisivs autour d'une téte de profil, et au revers une croix ancrée par le hautrtaui branches de laquelle sont suspendus deux appendices perpendiculaires, dégénérescence de a et <û. Ces deniers ont dû être fabriqués pendant le huitième siècle, et ce type; qui est par excellence celui de Paris, a été imite dans tout ie diocèse, notamment dans u i lieu nomme sur les deniers mérovingiens lbvdedis vico. Ce heu, jusqu'ici re>té inconnu, nous semble devoir être Saint- Germain en Laye, qui a toujours été la principale localité de la forêt de Laye, dont le nom, dans les textes anciens, est Ledia.
Le type parisien de la croix ancrée aux briiu'hes latérales de laquelle soi .t suspendus deux appendices , sembie avoir joui d'un grand crédit au lmit»eme siècle ; car il fut du petit nombre de ceux qui survécurent a la dynastie mérovingienne. On le retrouve euevre à Paris du temps de Pepiu et de Clkr* lemague. 1° Type de la croii ancrée ,
paris
FRANCE
PAHIS
*. — dans le champ r p surmontés d'un trait abrëviatif. 2» Même type, et de plus quatre points cantonnant la croix.
a). — c**° en deux lignes dans le
champ. Charlemagne a en outre frappé
à Paris des deniers ou le nom de
RI
se trouve inscrit dans le champ, en deux ligues; le nom du roi est placé de l'autre côté, comme dans la pièce qui précède.
Toutes ces monnaies ont du être frappées avant l'avènement de Charles à l'empire; on n'en connaît aucune qui soit postérieure à cette époque, et qu'on puisse lui attribuer.
Le type adopté à Paris, sous Louis le Débonnaire, est cWui que l'on trouve le plus communément sur les monnaies de ce prince; on y lit d'un côté, parisii, en une seule ligne; de l'autre hlvdovicvs imp, autour d'une croix à branches égales.
Charles le Chauve en montant sur le trône dut continuer à employer le type de son père; aussi c'est aux premières années de sa domination qu'il faut, nous croyons, attribuer le denier suivant:
PABt
su,
en deux lignes dans le champ, a-.
— car lu s rbx, autour d'une croix. Ce fut seulement plus tard que l'on emplova à Paris, comme partout, la formules! usitée alors, oratia di rex, autour d'un monogramme carolin. Eudes et Raoul s'en servirent également, et les deniers d'Eudes et de Charles le Chauve ne diffèrent que par le monogramme ;
Suant à ceux de Raoul et de Charles le impie , ils ont éprouvé de plus grandes modifications. Sous ces princes, le nom de Paris est écrit en deux lignes dans le champ; on revient aux anciennes empreintes, à celles de Louis le Débonnaire dont les deniers , qui circulaient peutêtre encore , devaient avoir un grand crédit, à cause de leur titre élevé.
Voici la description des pièces frappées à Paris, sous Raoul , Charles le Simple et Louis IV : J**^, en deux
lignes dans le champ, a. — gratta di rbx ; monogramme de Raoul, ou de Charles, ou branches de ce monogramme, autour desquelles on lit lodwic. Le denier suivant me semble avoir
été attribué à tort à Raoul ; on y voit d'un côté le nom de Paris en deux lignes cmTA*5 de rautrc la {(>rmu\t ordinaire gratta di rex ; et, dans le champ eox. Cet o rond me parait être tout simplement , comme cela se voit souvent , l'équivalent de l'o carré , noyau du monogramme carolin ; les lettres e, x. sont les restes du mot rex , qu'à celte époque on plaçait souvent en toutes lettres en cet endroit, et que l'on disposait aussi en monogramme cruciforme. Cette pièce est donc anc.iyme et doit avoir été frappée à l'époque où les ducs de France , déjà maîtres de Paris avant d'avoir le titre de rois, établirent dans cette ville le siège de leur puissance. Voici le premier denier ducal parisien qui nous soit connu : -f .... o lATDivx autour d'une croix; a-. —
ciVita ' en dcux ,ignes » accoslees de deux croix. Ne pourrait-on pas lire, dans la légende si barbare du droit ,
le mot HUGO GRATTA DEI DUX ? Ce
qu'il y a de certain , c'est que Hugues le Blanc a fait frapper cette pièce. La suivante est de son fils ; elle a été frappée probablement à l'époque où il n'était pas encore roi : gratta di dux autour du monogramme de Hugo , dis-
f>osé comme les monogrammes caroins. Revers semblable aux précédents.
Hugues devenu roi changea de type, et inscrivit d'un coté son nom hvgo pra , en légende , autour du mot rex placé dans le champ , et de l'autre parisi civ. autour d une croix.
A partir de Hugues Capet , nous avons décrit à la fin des articles consacrés aux différents princes qui ont régné en France , les pièces frappées à Paris, en leur nom. Nous renvoyons le lecteur à ces différents articles, nous bornant à indiquer ici quelques traits généraux de l'histoire monétaire de Paris sous la troisième race.
Depuis Hugues Capet jusqu'à Louis VI, le mot rex fut inscrit en une seule ligne dans le champ; mais un autre type régna en même temps à Pans: sur les pièces qui le portaient, I'a et l'a» suspendus par des rubans étaient représentés dans le champ. D'un côté de ces deux genres de deniers se voyait le nom du roi, de
PAIIIS
L'UNIVERS
PARIS
Vautre celui de la ville. A partir de Louis VI ou de Louis VII, le mot rex passa dans la légende , et fut remplacé dans le champ, par l'abrégé de celui de fbancorvm , sic : en légende, lvdo-
vicvs rex ; dans le champ : JJ£ ou
, et au revers : parisii civitas
autour d'une croix. Sous le règne de Philippe- Auguste, le type et le nom des Parïsts devint commun à des espèces frappées par toute la France, et ne désigna plus un denier purement parisien.
(Voyez Monnaies et Pari sis.)
Paris (traités de). La guerre contre les Albigeois se continuait toujours avec la même cruauté de part et d'autre. Les succès que Raymond VII avait obtenus vers le commencement de 1228 n'avaient point empêché les catholiques de presser leur entreprise. Humbert de Beaujeu ne recevait pas de secours , il est vrai, de la France ; mais les évéques du Midi, après a voit prêché ia croisade dans leurs diocèses, vinrent le trouver à son camp avec une armée nombreuse et fanatique. L'évêque de Toulouse, Fouquet , détermina Beaujeu à se rapprocher de cette ville ; les habitants effrayés s'enfermèrent dans leurs murailles, et ils espéraient traîner ainsi la guerre en longueur; mais Fouqurt indiqua le moyen de ravager la campagne pour réduire ia ville. Les blés furent fauchés , les vignes arrachées , les arbres fruitiers abattus, les maisons brûlées, de manière qu'il n'y resta plus aucune trace de l'industrie de l'homme et que les habitants de Toulouse furent entièrement ruines . Cette guerre cependant n'était pas soutenable pour les Languedociens ; plusieurs seigneurs avaient déjà fait leur soumission ; enfin , Raymond prêta l'oreille aux propositions àe paix qui lui furent faites par l'abbé Grandselve. « Il lui donna, le 10 décembre, pleins pouvoirs pour traiter en son nom avec le roi , avec la reine sa mère et avec le cardinal Romain de Saint-Ange , s'ençageant à ratifier tout traité qui aurait obtenu l'assentiment de son cousin Thibaud , comte de Champagne , qu'il prenait pour arbitre de ses différends avec la reine sa cousine.
• Àucoramencement de l'année 1229,
le cardinal- légat tint deux conciles provinciaux, l'un à Sens, Pautre à Sentis, pour préparer les articles relatifs à la pacification de l'Albigeois. Il se rendit ensuite à Meaux, où l'on vît arriver le roi avec la reine Blanche, le comte Ravmond VII. les députés de Toulouse, l'archevêque de JSarbonne et les principaux évéques de sa province. Le traite, qui avait été rédigé de concert par l'abbé de Grandselve et le cardinal de Saint-Ange, fut ensuite lu; c'était le plus étrange qu'on eût jamais demandé a un souverain de signer; chacun de ses articles, dit Guillaume de Puv-Laurens, contenait une concession qui aurait pu suffire à elle seule pour la rançon du comte de Toulouse , s'il avait été fait prisonnier dans une déroute universelle de son armée. Raymond n'hésita pas cependant à y donner son consentement.
« Le traité définitif fut signé à Paris, le 12 avril 1229. Par cet acte Raymond Vil abandonna au roi tout ce qu'il possédait dans le royaume de France , et au légat tout ce qu'il possédait dans le royaume d'Arles. Après ce renoncement universel, le roi, comme
Ear grâce, lui accordait en fief, pour i durée de sa vie , une partie seulement de ce qu'il venait de lui prendre; savoir : des portions des diocèses de Toulouse, de l'Albigeois et du Quercy, avec les diocèses entiers de l'Agenols et du Rouergue. Ces provinces que le roi lui rendait devaient de plus former la dot de sa fille Jeanne, alors âgée de neuf ans seulement , qu'il nommait son héritière universelle et qu'il s'engageait À remettre immédiatement entre les mains de la reine Blanche, pour qu'après l'avoir fait élever sous ses yeux, elle la fit ensuite épouser à un de ses fils à son choix. Blanche la destinait à Alphonse, le troisième, qui, de son côté, n'avait pas plus de neuf ans. Toulouse avic toutes les provinces réservées à Raymond VII devaient après sa mort passer à sa fil le et aux enfants que «a fille aurait par son mariage avec un frère du roi. A leur défaut, ces fiefs devaient faire retour au roi, sans jamais revenir aux autres enfants que pournit laisser Ravmond VII d'un nouveau mariage.
D'autre part, les deux tiers à peu près