‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 171 sur 434 · PARIS FRANCE · texte numérisé non relu

PARIS FRANCE

PARIS 899

des Etats du comte de Toulouse devaient demeurer au roi , d'après le traité de Paris, pour être immédiatement réunis à la couronne ; savoir : le duché de Narbonne , Béziers , Agde , Magueionne, Uzès et Viviers, aussi bien que tout ce que le comte possédait ou pouvait prétendre dans le Velay , le Gévaudan et la seigneurie de Lodève.

« Ce n'était encore là qu'une petite partie des sacrifices auxquels Raymond VII dut se soumettre; il promit de payer vingt mille marcs d'argent en quatre ans, une moitié au proÛt des églises, et l'autre pour relever les fortifications des places qu'il livrait à ses ennemis; de restituer a tous les ecclésiastiques les biens qui leur avaient été saisis pendant la durée de la guerre ; de taire raser les murs et combler les fossés de Toulouse; de recevoir garnison française dans le château de Narhonnois,qui servait de citadelle à cette grande ville; de faire raser les fortifications de trente autres villes ou forteresses, enfin, d'en livrer huit au roi, pour qu'il y mit garnison. Il promit encore de ne jamais élever de fortifications dans aucune place de ses États; de renvoyer tous les routiers, ou ' tous ceux qui faisaient habituellement Je métier de soldats aux gages de quiconque voulait les enrôler; d obliger enfin tous ses sujets à prêter serment, nonseulement qu'ils observeraient ce traité, mais encore qu'ils tourneraient leurs armes contre lui même, si c'était lui qui venait à s'en écarter. Ce n'est pas tout : on contraignit Raymond Vil à promettre qu'il ferait désormais la guerre à tous ceux qui, .jusqu'à ce moment, lui étaient restes fidèles , en particulier au comte de Foix ; et qu'il payerait à tout particulier quelconque, qui arrêterait un hérétique , deux marcs d'argent , pour chacun de ses sujets qui serait ainsi traduit devant les tribunaux. Il semble, au reste,que Raymond se sentit cruellement humilié des conditions qu'on lui faisait souscrire, puisqu'il demanda lui même à être retenu prison au Louvre, pendant qu'on commençait à exécuter le traité; et qu'il se soumit à l'obligation de servir cinq ans à la terre sainte, quand il sortirait de sa captivité, pour ne pas être témoin de la ruine de son pays.

L'amour du repos, cependant, la crainte

des humiliations qu'il aurait à subir dans une armée de fanatiques, ou peutêtre de nouvelles espérances , l'engagèrent ensuite à se soustraire à cette deruière condition (*). »

— La guerre que Philippe IV faisait aux Flamands, soutenus et secourus par Edouard, roi d'Angleterre , se poursuivait toujours avec drs chances diverses , mais plutôt au désavantage de la France; les habitants de Bordeaux en profitèrent pourchasser la garnison qu'ils avaient reçue de Philippe. Ce contretemps, joint aux difficultés qui s'étaient élevées entre Boni face VIII et le roi , fit désirer à ce dernier de faire la paix avec Édouard; d'autre part, le roi d'Angleterre était obligé de rassembler toutes ses forces contre les Écossais, et se trouvait très-dispose à la paix; il accueillit donc avec empressement les ouvertures de Philippe, d'autapt plus que cHuici offrait d'exclure les Ecossais du traité. « A cette condition, Edouard envoya à Paris les mêmes ambassadeurs qu'il avait déjà chargés, à plusieurs reprises, de ses différentes négociations, Ainédée de Savoieet OthoudeG randson. Cesdeux seigneurs signèrent, le 20 mai 1303, en son nom, un traite de paix définitif entre la France et l'Angleterre, par lequel Philippe rendait à Édouard le duché d'Aquitaine a»ec toutes les seigneuries, les fiefs et les immeubles qu'il lui avait enlevés; tandis qu' Édouard s'engageait à rentrer sous la foi et l'obéissance de Philippe, comme duc d'Aquitaine et pair de France, et a se présenter à lui à Amiens, le 8 septembre suivant, jour de la Nativité de la Vierge, pour lui faire hommage. D'ailleurs , les deux monarques, avec une égale mauvaise foi, abandonnèrent de part et d'autre tous leurs alliés, et n'en firent aucune mention dans le traité (**). »

— « Le 24 mars 1515, un traité de mariage fut conclu à Paris entre Charles d'Autriche, souverain des Pays-Bas, et François lfr. Celui-ci promit en mariaçe sa belle-soeur Aenêe, tille de Louis XH, à Charles d'Autriche ; eilc n'avait alors

(•) Sismondi , Hist. des Français, X. VIII ,

P*(*Vsb™'ndi, Hist. des Fran fais, \. IX* p. 117.

PARIS

L'UNIVERS

PÂR19

que six ans , et elle devait être consignée à so>i futur époux. Seulement ,

f^uand elle en aurait douze, elle devait ui porter pour dot 200.000 écus en argent , et le duché de Berry , estimé 400,000 écus; les deux souverains contractaient en même temps une alliance offensive et défensive ; et Charles, quoiqu'il nommât son aïeul Ferdinand son allié , s'engageait a ne pas le secourir contre la France, si celui-ci ne terminait pas avant six mois les différends qu'il avait avec elle, concernant le royaume de Navarre. Ce traité , auquel les deux princes s'étaient obligés par les plus étroites garanties , n'eut pas d'exécution (*). »

— La guerre désolait depuis sept ans l'Europe , lorsqu'on songea enfin , en 1762, à une paix qu'appelaient de leurs vœux presque toutes les parties intéressées : la Prusse avait perdu à ce terrible jeu 180,000 soldats, la Russie 120,000, l'Autriche 140,000, la France ïOO.oOO , l'Angleterre, y compris les alliés à sa solde, 160,000, la Suède 25,000, les Cercles 28,000. Le duc de Nivernais se rendit à Londres, accompagné du chevalier d'Èon, en même temps que le duc de Red fort se rendait à Paris, pour traiter directement avec le duc de Choiseul. On fut bientôt d'accord sur les conditions principales : la France était résolue a renoncer à ses possessions continentales en Amérique, et elle insistait seulement pour conserver les îles de Saint-Pierre et de Miquelon, près du banc de Terre- Neuve, afin de protéger ses pêcheries de morue. Les préliminaires du traité furent signés à Fontainebleau le 5 novembre 1762 ; ils furent ensuite convertis en un traité définitif, signé à Paris le 10 février 1763 « Piir ce traité, la France abandonnait à l'Angleterre toutes ses prétentions sur î'Acadie, le Canada et l'île du cap Breton. Elle recouvrait la Martinique, la Gua ieloupe et les petites îles du golfe du Mexique, qu'elle avait perdues, aussi bien que ses comptoirs en Afrique et dans les Indes orientales. Llle échangeait Minorque contre Belie-Isle , et elle évacuait

tout ce qu'elle possédait dans le Hanovre ou la Westphalie , des États du roi d'Angleterre et de ses alliés. L' Espagne reconnaissait aux Anglais le droit de couper du bois de ca ni pêche dans la baie d'Honduras; elle leur cédait la Floride et la baie de Pensacola , et elle recouvrait la Havane et les Philippines.

Mais , en compensation des pertes aux-

3uelles la France l'avait entraînée, cette ernière puissance cédait à l'Espagne, par une convention secrète signée en même temps que les préliminaires, la vaste et riche colonie de la Louisiane, qui était, il est vrai, presque déserte à cette époque.

« Lesintérétsde l' Allemagne n'étaient entrés qu'accessoirement dans ces négociations; les puissances contractantes s'étaient obligées seulement à retirer leurs armées respectives du territoire de l'Empire, et a ne donner plus aucun secours a leurs alliés d'Allemagne (•).• Voy. sur ce traité, les Annales, t. II, p. 137 et suiv.

— On désigne encore sous le nom de Traités de Paris, ceux qui furent conclus en 1815, entre les puissances coalisées contre la France et le gouvernement de Louis XVIII; nous en avons donné la substance dans les Annales (tom. II, p. 657), nous n'y reviendrons pas ici.

PÀhis (François), diacre de l'église de Paris, né en cette ville, en 1690, mort en 1727, est moins connu pour la sainteté de sa vie que par les prétendus miracles opérés sur son tombeau dans le cimetière de SaintMédard. (Voy. Convulsionnâmes et Jansénisme). On a du diacre Paris, des Explications sur l'Ê pitre de saint Paul aux Romains , sur CEpitre aux Gâtâtes; une Analyse de l'É pitre aux Hébreux, etc.

PAms (les frères) étaient nés à Moras, en Dauphiné, où leur père tenait une auberge, à l'enseigne de la Montagne. L'aîné se nommait Antoine \ le second la Montagne (du nom delà maison de leur père) , le troisième Duverney, et le quatrième Montmartel.

Pendant une disette qui désola w Dauphiné , ils firent venir des blés «

O Sismondi , But, dts Fronçai*, L XVI , (*) Sisroondi, Hist. des Français, t. XXIX. P- *»• p. «63 ai rai*.

PARIS

FRANCK. parisi* 401

Bourgogne, et ramenèrent l'abondance dans le pays; mais on les accusa d'accaparement,' et ils furent obligés de se sauver à Paris. Duverney entra alors dans la garde royale, et ses trois frères se placèrent dans les bureaux du munition na ire de l'armée d'Italie, auquel ils avaient été utiles dans le Dauphiné.

Leur habileté et leur bonne conduite leur avant concilié la bienveillance de leurs chefs, Antoine Pâris fut1, en 1704, chargé de la direction des vivres de l'armée de Flandre; il s'en acquitta avec zèle et intelligence, et bientôt sa réputation d'habileté, et celle de ses frères, furent telles, que le fameux Samuel Bernard leur prêta quatre millions pour les aider à faire face aux besoins du service. Us continuèrent à occuper des emplois dans les finances, jusquà l'époque de la révolution opérée par l'adoption du système de JLaw. Duverney avait depuis longtemps quitté le service pour s'associer à ses frères. Il présenta au régent un mémoire où il s'efforçait de démontrer tout ce qu'il y avait d'illusoire dans les plans du financier écossais. Law vit ce mémoire et fit exiler les frères Pâris dans le Dauphiné. Mais on se souvint d'eux, quand la débâcle arriva; ils furent rappel es; Duverney proposa d'assurer le payement des dettes réelles et de soumettre au visa tous les papiers du système, dont l'État ne pouvait être garant pour leur valeur fictive. Son avis fut adopté; il fut chargé de ce soin avec ses frères, et ils s'acquittèrent, dit Voltaire, avec un talent prodigieux de cette opération de finance et de justice, la plus grande et la plus difficile qui ait jamais été faite chez aucun peu-

Ple. Duverney fut ensuite chargé de exécution des mesures prises par le conseil de santé pour arrêter les progrès de la peste qui exerçait ses ravages dans le Midi; et il remplit cette mission, comme celles qui lui avaient été précédemment confiées, avec zèle et dévouement. Mais il se mêla , en 1726 , à une intrigue de cour qui avait pour but d'éloigner du ministère le cardinal de Fleury, et celui-ci, après l'avoir fait exiler avec ses frères, le fit arrêter et mener à la Bastille, dont il ne sortit qu'en 1728. Il rentra deux ans après aux affaires, et y resta dès lors jusqu'à sa mort, ar-

T. XI. 26* Livraison. (DlCT. bnci

rivée en 1770. Ce fut lui qui conseilla , en 1751, l'établUsément de TÉcole militaire, dont il fut nommé le pre; mier intendant avec le titre de conseiller d'État. On attribue à Duverney un ouvrage intitulé: Examen du livre intitulé : Réflexions politiques sur les finances et le commerce , par de Tott, 1740. 2 vol. in* 12. Le général Grimoard a publié: Correspondance du maréchal de Richelieu, du comte de Saint- Germain et du cardinal de Bernis avec Pâris Duverney y Paris, 1789, in-8.

Pâris de Montmartel fut nommé , en 1722, garde triennal du trésor royal ; il devint ensuite banquier de la cour, et acquit une si grande influence , qu'il fixait, dit-on, le taux de l'intérêt de l'argent, et quTon le consultait pour le choix des contrôleurs généraux. Il fut créé marquis de Brunoi par Louis XV, et laissa son immense fortune à son fils, Paris de Montmartel, marquis de Brunoi, qui ne se fit guère connaître que par ses prodigieuses dépenses et par son goût singulier pour les cérémonies religieuses. Il employa, dit-on, 500,000 francs pour faire faire une procession. Ses parents demandèrent et obtinrent son interdiction.

Jean-Baptiste Paris de Meyziecj, neveu de Paris-Duverney, obtint la survivance de la charge d'intendant de l'École militaire, qu'occupait son oncle, et mourut en 1778. Il avait réuni une ma* gnifique bibliothèque; on dit que cellequi fut vendue à Londres, en 1791, et dont le catalogue, publié sous le titre de Bibliotfteca elegantissima Parisina , est très-recherché, avait été formée par lui.

Pari su. Voyez Paris.

Parisis. Lorsque, au onzième siècle, l'empire fonde par Charlemagne se démembra, et que les provinces , refusant de reconnaître une loi et une autorité communes, s'administrèrent et se gouvernèrent d'une manière indépendante, il y eut, nous l'avons répété bien souvent, autant de monnaies et de systèmes monétaires que de seigneuries. Mais comme ces monnaies variaient de poids, de date et de valeur, on était obligé, pour désigner de quelle monnaie on voulait parler, d'ajouter aux mots sol, livre, denier, obole, le nom de la ville où la pièce avait été

etc.) m

402 PARISIS

frappée. C'est ainsi que la monnaie de Paris fut appelée monela paiisiensis ; et ces mots n'eurent pas d'autre sens ?t|ue celui de monnaie frappée à Paris, jusqu'au commencement du treizième siècle ; mais , à cette époque , le substantif Parisis , abréviation de parisiensis, changea complètement d'acception; ce fut alors que Philippe-Auguste opéra , dans le système monétaire , cette révolution dont nous avons déjà parlé : il établit que le système suivi à Paris serait uniformément adopté dans ses possessions du nord , tandis qu'à l'ouest on suivrait le système tournois. Ajoutons, toutefois, que ce que nous venons de dire est une déduction tirée des faits, et qu'on ne le trouve formellement mentionné dans aucun document authentique.

Sur la fin du règne de Philippe-Auguste et sous celui de Jouis VIII, on frappa , dans toute la Picardie et dans la partie septentrionale du domaine royal, de véritables parisis, portant l'empreinte ordinaire de Paris : lvdovicvs rex

en légende ; dans le champ ; et au

revers, autour d'une croix, le nom de la ville, tel que monstbevl, auras civis, seikt omer , etc. Cet usage disparut sous saint Louis. Le mot Parisis perdit sa signification première et signilia purement et simplement un genre de mounaie; on dit alors un parisis, comme on disait un tournois, un esferlin^, un denier, etc.; et, à partir de cette époque aussi , les parisis furent frappés dans toute la France , avec le mot parisivscivis au revers. Les barons eux-mêmes, entre autres le duc de Lorraine, se servirent de ce mot de la même manière que du mot tournois.

(Voy. Ferri //'dans l'art. Lorrains ( monnaie de.)

Ainsi, depuis saint Louis jusqu'en 1789 , car c'est a cette époque-là seulement que le système parisis fut abandonné, une livre, un sol, un denier, une obole ou maille parisis, signifièrent une livre , un sol , un denier, une maille d'une valeur d'un quart plus forte que celle des tournois ; puis , dans les derniers temps , le mot parisis ne fut plus employé que pour les monnaies de

Louis VI paraît être le premier prince qui ait fait frapper des deniers de Paris avec le type suivant :

j-VDOVicvs rex en légende, dans

le champ, a-. — parisii civis autour d'une croix à branches égales. Ce type, usité sous Louis VII et Philippe-Auguste, fut maintenu par ses successeurs. Le droit seul, sous Philippe II et sous Louis VIII, fut importé sur les parisis du nord. Le droit et le revers, avec la légère variante parisivs civis, fut adopté partout à partir du règne de saint Louis et jusqu'à Philippe le Bel. A cette époque, on commença à faire des doubles parisis ou doubles deniers parisis. De ceux que l'on a de ce prince, les uns sont semblables , pour le type général, aux anciens parisis; d'autres se chargent au droit dans le champ, d'une fleur de lis , accompagnée du mot regalis, avec la légende moneta dvplex regalis; on y voit, au revers , le nom royal avec une croix fleuronnée ; d'autres enfin affectent des types extrêmement variés. Comme il serait trop long de les décrire tous ici, nous nous contenterons de dire que le type primitif subsista jusqu'au roi Jean, et que l'inscription parisivs civis persista jusqu'au temps de Louis XL Nous avons décrit , à la fin des différents règnes, les divers types adoptés parles rois pour les parisis qu'ils ont fait frapper ; nous y renvoyons le lecteur.

On sait que la livre parisis était d'un cinquième plus forte que la livre tournois, et que, jusqu'à la révolution française et jusqu'à l'adoption du système décimal, on continua a compter par livres tournois et livres parisis.

Parlembnt. Ce mot paraît signifier dans notre histoire politique une assemblée quelconque où l'on délibère.

Du Cange rapporte une charte de Raymond de Toulouse, qui se termine ainsi : Àctum Tolosœ, in domo commune, n pcrlico parlamento. Dans une autre charte du Dauphiné , il est dit que l'Université s'assembla en parlement au son de la cloche (*). L'acception ge-

(*) On trouve encore dans le* Gtsttt de Louis U Gros, à propos d'une, a^nroblee du roi de France, de l'empereur el d<

PARLEMENT

nérique du mot parlement et de sa racine parler ou parlier a servi quelque temps à dénommer les avocats^ sous le titre iïampar liers, avant^parliers.eic.

H nous est resté, du mot en question, l'usage de désigner encore certaines délibérations par le nom de pourparler.

L'expression de colloque que portent quelques assemblées historiques, telles que le colloque de Poissy, n'est que la traduction latinisée de l'ancien mot générique de parlement. Mais, dans une acception plus restreinte et seule à peu près usuelle, le mot de parlement signifie : • Une cour souveraine établie pour administrer la justice , en dernier ressort , au nom et par ïautorité du roi. » C'est du parlement, dans cette dernière acception , qu'il va être ci-dessous traité. On dira tour à tour : 1° l'origine du parlement ; 2° sa constitution définitive ; 3° les divers lieux oit il a été établi ; 4° son histoire ; 5U sa destruction.

Page 1