PARMENTIER FRANCK. PARMENTIER
le mariage du duc don Philippe avec Louise-Elisalwth , fille de Louis XV (1725), les relations de la France avec le duché de Parme n'offrent rien de remarquable.
Lors de la révolution française , le duc de Parme , don Ferdinand , suivit l'exemple des autres souverains de l'Europe et se ligua avec eux contre nous.
Mais en 1796 il fit la paix, et grâce à l'alliance conclue en 1800, entre la France et l'Angleterre, il fut maintenu dans la possession de ses États. Toutefois, par un nouveau traité signé avec l'Espagne, le 21 mars 1801 , cette dernière puissance céda à la France les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla, qui durent y être réunis après la mort de don Ferdinand , infant d'Espagne. Ce prince étant mort le 9 octobre 1802, une armée française occupa aussitôt ses États, qui ne furent cependant incorporés à l'empire /ranç^is qu'en 1805.
Le traité signé à Vienne, en 1815, donna le duché de Parme à l'archiduchesse Marie-Louise, ex-impératrice des Français.
Parmentter (Antoine-Auguste), né à ltlontdidier en 1737 , fut orphelin de bonne heure, et forcé, par la médiocrité de sa fortune , d'entrer chez un pharmacien, avant d'avoir fait les études des collèges. Il vint ensuite à Paris, et en partit en 1757 , pour se rendre en qualité de pharmacien militaire, à l'armée de Hanovre. De retour à Paris, en 1763, il y reprit ses études, et, trois ans après, il obtint au concours la place de pharmacien de l'Hôtel des Invalides. Ce fut alors qu'il étudia spécialement les propriétés de la pomme de terre, et qu'il eut la gloire de dissiper les préventions aveugles qui s'opposaient chez nous à l'emploi général de cette plante utile. Le maïs et la châtaigne ne furent point non plus négligés par lui , et il épuisa tout ce qu'on pouvait dire en faveur de ces deux produits si précieux pour quelques-unes de nos provinces. Non content d'augmenter les ressources alimentaires , il travailla aussi à perfectionner la boulangerie, et proposa la mouture économique , dont l'emploi augmente d'un sixième le produit de la farine. Chargé pendant la révolution de surveiller les
salaisons destinées à la marine, il s'occupa en même temps de la préparation du biscuit de mer ; devint membre de l'Institut, en 1796. remplit ensuite les fonctions d'inspecteur général du service de santé et d'administrateur des hôpitaux; améliora le pain des troupes, et rédigea un code pharmaceutique, qui fut généralement adopté pour les hôpitaux civils, les secours à domicile et les inQrmeries des maisons d'arrêt. Il indiqua le moyen de rendre les soupes économiques aussi saines qu'agréables au goût; pendant le blocus continental, il reconnut et proclama les avantages du sirop de raisin ; en un mot, toutes les découvertes utiles trouvèrent en lui un zélé propagateur. 11 mourut en 1813.
Ses nombreux ouvrages sont remplis de détails intéressants , mais ils se ressentent de l'insuffisance de ses premières études ; ils manquent de méthode , et sont écrits d'un style lâche et diffus; nous citerons seulement les principaux : Examen chimique de la pomme de terre, 1779, in- 12; le parjait Boulanger, ou Traité complet de la fabrication et du commerce du pain, 1778, in-8*; Recherches sur les végétaux nourrissants qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires, 1781, in -8°; Méthode facile de conserver, à peu de frais , les grains et les farines, 1785, in-12; Instruction sur tes moyens de suppléer à la disette des fourrages et d'augmenter la subsistance des bestiaux, 1785, in-8°; le MaU ou blé de Turquie apprécié sous tous ses rapports. T éd., 1812, in-8°; Économie rurale et do* mestique, Paris, 1790, 8 vol. in-12; Code pharmaceutique à l'usage des hospices civils, des secours à domicile et des prisons, 181 1, in-80, 4e éd.; VArt de faire les eaux de-vie et vinaigres , 1819, 2e éd. , in-8#, fig.; Formulaire pharmaceutique à C usage des hôpitaux militaires, 1842 : la première édition de cet ouvrage est de l'an xi : il a été traduit eu allemand et en italien.
Pàrmkntier (Jehan), né à Dieppe en 1494, est, dit on, le premier Français oui ait conduit des vaisseaux au Brésil, et le premier navigateur qui ait découvert les Indes jusqu'à l'Ile de Su-
L'UNIVERS
P.AHROCEL
matra , où II mourut à l'âge de 49 ans. On a de lui des mappemondes, des cartes marines, et un recueil de poésies imprimées en 1536, in-4", sous le titre : Descouvertes nouvelles des merveilles de ce monde.
Pabny (Évariste-Désiré Dbsforgbb de), né à l'île Bourbon, en 1753, appartenait à une famille noble et des plus considérables de cette colonie. Envoyé en France à l'âge de dix-neuf ans, il fit ses études au collège de Rennes, puis vint à Paris pour y prendre l'habit ecclésiastique. Mais peu à peu ses idées prirent un autre cours; sa foi disparut ; il quitta la soutane pour l'uniforme , et passa les premières années de sa jeunesse au milieu des séductions d'une société brillante et di.ssipée qui pouvait lut rappeler celle du Temple , celle de Lafare et de Chaulieu. Dans un voyage qu'il fit à Bourbon en 1775, il fit la connaissance d'une jeune créole, Esther de Baïf , qu'il a immortalisée depuis sous le nom d'Êléonore , et s'enflamma pour elle de la plus vive passion, il ne put toutefois obtenir sa main et revint en France, emportant avec lui une consolation mêlée de douceur et de tristesse , celle d'être devenu poète éleiîirtque. Ce fut au commencement de 1778 qu'il publia ses Poésiesjrotiques, dont le succès fut aussi grand qu'il était mérité. Il accompagna, en 1785 , à Pondichéry, M. de Souillac, gouverneur général des établissements français dans les Indes; revint l'année suivante à Paris , et ne tarda pas à se démettre de ses emplois , bornant sa carrière militaire au grade de capitaine de dragons, qu'il occupait encore en 1789.
Les mesures financières qui furent prises pendant la révolution le privèrent de sa fortune. Il se vit obligé, pour subsister, de vendre jusqu'à ses livres et de demander, au mois de novembre 1795 , un emploi dans les bureaux de l'instruction publique. Toutefois les revers de la fortune n'éteignirent pas sa verve poétique : celui de ses ouvrages qui a le plus étendu sa renommée , la Guerre des dieux anciens et modernes , vît le jour au printemps de 1799. Cependant sa situation ue s était guère améliorée; l'Institut, créé depuis cinq
années, ne lui avait pas encore ouvert ses portes. Un ami généreux , le général Macdonald , répara , dit-on , plus d'une fois , les injustices de la forUnir envers lui , et l'emmena , à la fin de 1801 , dans le pays des Grisons, où il allait triompher des armes de l'Autriche. Enfin , au printemps de 1803, Parny entra à l'Institut , en remplacement de Devaines. Après avoir supporté longtemps sa mauvaise fortune, il trouva enfin dans Français de Nantes à la fois un bienfaiteur et 'uu ami. Grâce à lui, il put jouir d'une douce aisance daos sa vieillesse. Il fit paraître en 1805, It Portefeuille volé, renfermant le Paradis perdu, poème en quatre chants; les Déguisements de ! énus et les galanteries de la Bible , sermon en vers; eo 1 807 , les Rose-croix , poëme en douze chants. Depuis il ne publia plus rien d'important. Sa santé, qui n'avait jamais été bien florissante , s'affaiblissait de
I'our en jour; il mourut le 5 décem- >re 1814. Une année auparavant, l'empereur lui avait accorde une pension de 3,000 francs. On a de lui, outre les ouvrages que nous avons déjà mentionnés , la Journée champêtre , des Lettres mêlées de vers ; les Fleurs; Jamsel; des Chansons madécasses ; un Hymne pour la fête de la jeunesse, inséré dans le Moniteur de l'an vu ; îsnel et Asléga , ou les Scandinaves ; Goddam ! poëme en quatre chants , composé à l'occasion du projet de descente en Angleterre; les / oyagis de Céline ; et des Poésies mêlées. Ses œuvres ont été souvent réimprimées; l'édition la plus estimée est celle qui fait partie de la collection Lefevre (1827, gr. in -8°).
Parpaillot. C'était une des dénominations sous lesquelles on désignait les prolestants avant l'édit de Nantes.
Ce nom leur avait élé donné à cause de Jean Perrin, seigneur de ParpaiUe, magistrat d'Avignon, et calviniste trèsexalté, qui fut décapité en 1602 par ordre de Fabrice Serbelloni, gouverneur d'Avignon pour le pape Paul IV. Sa maison fut rasée par ordre de ce pontife et l'on construisit au lieu quelle occupait la place qui prit dès lors le nom de place Pie.
Pabbocel (BarO)éleiny),néàMoot-
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brtson au commencement du dix-seplième siècle, fut le premier et pour ainsi dire la souche d'une nombreuse famille d'artistes, qui peuventétrecomptés comme une des gloires de la France.
Destiné par ses parents à l'état ecclésiastique, il quitta bientôt une carrière pour laquelle il ne sentait aucune vocation, et partit pour l'Italie où il voulait perfectionner son talent pour la peinture. Un grand d'Espagne qu'il rencontra en route et qui devint son protecteur, remmena dans sa patrie. Parrocel y Gt de nombreux travaux et y gagna beaucoup d'argent; puis il quitta l'Espagne pour se rendre à Rome; fut pris en route par un pirate algérien, puis relâché, et arriva enfin dans la capitale du monde chrétien. Apres y avoir séjourné quelques années, il' revint en France et se fixa à Brignolies, où il mourut vers 1660.
Joseph Parrocel, son troisième fils, né en 1648, étudia la peinture sous son frère Louis, qui mourut jeune et sans avoir acquis une grande célébrité. A F âge de *ingt ans il alla à Rome, où il se mit sous la direction du peintre de batailles Courtois , surnommé le Bourguignon. Après un séjour assez long en Italie, où il avait eu des aventures de plus d'un genre, il revint en France et se fixa à Paris vers 1675. Il fut reçu à l'Académie de peinture sur un tableau représentant Une sortie de la garnison de Maastricht repoussée par les Français , commandés par Louis XIY en personne. Lebrun , dont l'esprit ombrageux craignait toujours des rivaux, éloigna de la composition, des tableaux de lui, représentant les Campagnes de Louis XU\ et qui devaient être exécutes en tapisserie aux Gobelins. Louvois, qui connaissait son mérite, le chargea alors de peindre uu des quatre réfectoires des Invalides.
Parrocel v représenta les Conquêtes de Louis Xl'r. Le ministre lui commanda ensuite des travaux pour Versailles ; il mourut peu de temps après, et Mansard qui fut alors mis à la tête des bâtiments, et qui avait à se plaindre de Parrocel, fit mettre à l'écart son tableau représentant le Passage du Rhin. Mais Louis XIV, informé de ce qui se passait, voulut voir ce tableau , et ea fut
tellement satisfait, qu'il le fit placer dans la chambre du conseil. Depuis lors, Parrocel n'eut plus à subir de tracasseries, et il fit un grand nombre de compositions qui sont encore justement estimées. Son coloris est chaud et brillant , et sa touche pleine de verve ; malheureusement , plusieurs de ses tableaux ont perdu de leur premier mérite , à cause de l'altération qu'ont éprouvée les couleurs. Outre le Passage du Rhin, on a de lui un tableau de bataille , plusieurs dessins à la plume, et des gravures à Peau-forte sur des sujets de sa composition. Parmi celles ci, il faut distinguer les quatre Heures du jour; V Aurore ou le Camp; le Midi ou la Halte ; te Soir ou la Bataille; la Nuit ou le Champ de bataille ; quatre sujets de batailles; une suite de quarantehuit sujets tirés de la f'ie ae Jésus- Christ, et qui sont très-remarquables par la verve de la composition. Parrocel mourut en 1704.
Charles Paxrocel, l'un de ses fils, et comme lui peintre de batailles, naquit à Paris en 1688. Après avoir commencé sous Lafosse l'étude de la peinture, il alla en Italie, où il fut admis comme pensionnaire du roi sur un tableau représentant Moïse sauvé des eaux. De retour à Pans, il trouva la réputation de son père encore vivante, et voulut comme lui s'adonner à représenter des batailles; mais , afin d'être plus exact et plus véridique, il s'engagea dans un régiment de cavalerie et fit plusieurs campagnes. Il était alors membre de l'académie de peinture et professeur.
En 1721, le duc d'Antin lui commanda deux tableaux qui ont été depuis reproduits sur un grand nombre de tapisseries; ce sont Y Entrée de l'ambassa deur turc par le jardin des Tuileries, et la Sortie du même ambassadeur par le Pont -Tournant^ après une audience.
En 1744 et 1745, Parrocel accom|>agna Louis XV dans ses campagnes de Flandre, et à son retour, il peimût les Conquêtes du roi. Quoique ayant moins de verve que son père, Charles Parrocel lui est cependant supérieur à cause de la vérité de ses compositions ; et , comme il peignait dans la pâte, ses couleurs n'ont pas éprouvé les ravages du temps. Ou a de lui , outre ses grands
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