‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 185 sur 434 · PASCAL · texte numérisé non relu

PASCAL

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3t entre elles , le président , à mps de là, le surprit cbér:

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aux lignes et aux cerclés. Emerveillé et effravé à la fois, car Biaise n'avait alors

Sue douze ans, il consulta, sur ce qu'il evait faire, quelques amis, qui lui conseillèrent de laisser son fils suivre son inclination. Il lui mit alors Euclide entre les mains, 1 admit régulièrement à ses conférences, et, cette fois, le jeune Biaise put y assister comme un auditeurcapable de comprendre ce qui s'y disait, et de prendre lui-même la parole dans les discussions. Ses progrès furent étonnants :

à seize ans, il présenta aux amis de son père son traite des sections coniques , que Descartes attribua au président, ne pouvant pas croire qu'il eût été composé par un jeune homme de cet âge.

Quelaue temps après, le président Pascal rut nommé intendant de Rouen ; et il chargea son fils des calculs que cette place l'obligeait de faire. Le jeune homme chercha à abréger son travail , et il inventa sa machine arithmétique.

Mais l'application à laquelle il s'était livré pour obtenir ce résultat altéra sa santé; et ce fut à partir de cette époque que commencèrent les souffrances qui le tourmentèrent le reste de ses jours.

De retour à Paris, Pascal continua à s'occuper des sciences qu'il aimait avec passion, et composa son Triangle arithmétique, sa Théorie des probabilités, sa Solution des problême* de la roulette; enfin, il fit les curieuses expériences dont il consigna les résultats dans ses Traités de féquilibre des liqueurs, et de la pesanteur de Mr. Il ne se bornait pas d'ailleurs à des recherches spéculatives, et cherchait à trouver des applications utiles de ses découvertes ; c'est ainsi qu'on lui doit l'invention de la brouette ou vinaigrette, celles du hoquet, de la presse hydraulique, et d'autres encore qui ont été modifiées et perfectionnées depuis.

Cependant, tourmenté par une maladie noire, il consulta des médecins qui lui conseillèrent les distractions et

les divertissements. Un jour, qu'il allait en carrosse à Tîeuilly, ses chevaux prirent le mors aux dents , et s'élancèrent dans la rivière; l'avant-train se brisa , et le carrosse resta suspendu.

Cet Décident frappa son imagination; il avait alors trente ans, et déjà, depuis quelques années, il s'était livré aux pratiques de la dévotion : il crut voir, dans l'événement do pont de Neuillv, un avertissement du ciel, et le lendemain même, il alla s'enfermer à Port-Royal. La vie qu'il y mena fut des plus austères ; les sciences furent mises de côté, et s'il s'en occupa encore, ce ne rut qu'à de rares intervalles. Sa lecture habituelle était l'Écriture sainte. Il ne voyait guère que les solitaires, et sa sœur, madame Périer. Les solitaires étaient alors persécutes; et Ar»

nauld , leur chef , avait été censure par la Sorbonne. A r nauld voulut repondre , et fit part de sa défense à ses amis ; personne ne l'approuva; c'était de la théologie contre de la théologie ; on pensa qu'elle ne produirait aucun effet dans le monde , et on en*

§agea Pascal à réfuter les docteurs e Sorbonne : il se mit à l'œuro, et donna , le 23 janvier 1656, sa première Lettre de Louis de MontalU à un provincial; la dernière parut en mars 16&7. Le succès de cet ouvrage fut immense; il courut toute la France, et eut plusieurs éditions en très-peu de temps. Cependant la maladie à laquelle Pascal était depuis longtemps en proie , faisait des progrès alarmants, et bientôt ii n'y eut plus d'espoir de le conserver; il mourut en 1663.

On trouva, après sa mort, parmi ses

f>apiers,un grand nombre de petits feuilets enfilés en diverses liasses (*), et sur lesquels étaient écrites des pensées, qui se reportaient à un grand ouvrage sur la religion. Ces feuillets furent réuni* et publiés (Paris, 1669, in- 12) par sa famille et ses amis, et ce furent les Pâtées de Pascal; mais les éditeurs de ce recueil ne le publièrent pas sans modification; « parmi un grand nombre de pensées, disent-ils dans leur préface, ou a pris seulement celles qui ont paru « plus claires et les plus achevées; et on les

O Préface des Pauée4% éd. de

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telles qu'on les a trouvées, sans l'appréciation de Pascal comme écrivain, y rien ajouter ni changer; si ce n'est comme savant et comme philosophe, qu'au lieu qu'elles étaient sans suite, « Je considère, dit-il, Descartes et sans liaison, et dispersées confusément Pascal comme les fondateurs de la prose de côté et d'autre, on les a mises dans française Descartes l'a trouvée et Pasquelque sorte d'ordre, et réduit sous les cal Ta fixée.... Descartes, qui invente et mêmes titres celles qui étaient sur les produit sans cessé, laisse encore échapmémes sujets; et Ton a supprimé tou- per bien des négligences. Pascal n'a pas tes celles qui étaient ou trop obscures cette fécondité inépuisable; mail tout ou trop imparfaites. • Ils auraient dû ce qui sort de sa main est exquis et dire, pour être exacts, que redoutant la achevé. Osons-le dire : l'homme, dans censure et se proposant avant tout de Pascal, est profondément original, mais faire un livre irréprochable et édifiant, l'esprit créateur ne lui avait point été ils avaient omis précisément les pensées donné. En mathématiques, il n'a point les plus originales, celles qui mettent à fait de ces découvertes qui renouvellent nu Tâme de Pascal, son scepticisme dé- la face dé la science, telles que l'applicasole\ 6a foi inquiète et désespérée; al- tion de l'algèbre à la géométrie : le seul téré quelquefois dans leur fond, énervé graud calcul auquel son nom demeure presque toujours dans leur forme les attaché, est celui des probabilités, et pensées qu'ils conservaient; enfin donné Fermât partage au moins avec Pascal un grand nombre de pensées qu'ils n'a- l'honneur d'avoir commencé ce calcul, ▼aient point tirées des petits feuillets En physique, il a démontré la pesanteur dont nous avons parlé, et qui, par con- de l'air, que Descartes avait trouvée séquent, ne devaient point appartenir au douze ans même avant Torrieellj. En grand ouvrage auquel travaillait Pas- philosophie, il n'a fait autre chose q\ie cal (*}. rallumer la vieille guerre de la foi et de Heureusement, la famille du grand la raison, guerre fatale à l'une et àl'auécrivain conserva religieusement le ma- tre. Pascal n'est pas de la famille de ces nuscrit des Pensées, et son neveu, l'abbé grandes intelligences dont les pensées Périer, le déposa, en 17U , à la biblio- composent l'histoire intellectuelle du thèque de Saint-Germain des Prés : il genre humain : il n'a mis dans le monde se trouve maintenant à la Bibliothèque aucun principe nouveau; mais tout ce royale, et c'est de là que M. Cousin l'a qu'il a touche, il l'a norté d'abord à la exhumé pour en publier, d'abord dans suprême perfection. Il a plus de profonle Journal des Savants (avril-novembre deur dans le sentiment que dans la pen- 1843), puis en un volume in-8° (Paris, sée, plus de force que d'étendue. Ce qui Ladrange, 1843), un spécimen, que l'on Je caractérise," c'est la rigueur, rigueur peut considérer comme un des plus inflexible qui aspire en toute chose à la grands services rendus dans notre siècle dernière précision, à la dernière éviaux lettres françaises et à la philosophie; dence. De là, ce style net et lumineux, car M* Cousin a ainsi restitué dans sa ce trait ferme et arrêté, sur lequel se forme première un des plus admirables répand ensuite ou la grâce de l'esprit monuments de notre langue , et ses pré- le plus aimable, ou la mélancolie sublime ci eu. ses découvertes lui ont permis d'é- de cette âme que le monde lassa bien clairer, par de magnifiques développe- vite, et que le doute poursuivit jusque roents,plusd'unpointobscurdel'histoire dans les bras de la foi (*). » delà philosophie en France au dix-hui- Jacqueline Pascal, sœur du précétième siècle, Nous lui emprunterons dent, naquit à Clermont en 1625. Ca-

tholique et janséniste comme les autres X„nt i. «„nir . ii.i. Ton»™ cbe, 1 abbaye de Port - Royal - des -C amps ,

ami», enfin de quelque* écrit, qu'il avait corn- <* y fi* profession , en 1 652 , a l â> de posé* plusieurs années avant sa mort, et qui Ymgt-sept ans , SOUS le nom de sœur

étaient ratés manuscrits. Par conséquent , si le fond était bien de Pascal, la forme ne pou- (*) Des Pensées Je Pascal, rapport à TA fait être attribuée qu'à ses éditeurs. endémie française, p. 5 et suiv.

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