PAS D'ARMES
sainte Euphimie. Elle y vécut neuf années à peine, et mourut en 1661 à l'âge de trente-six ans.
Elle avait composé dans sa retraite des Cantiques spirituels et un Règlement pour t éducation des enfants de Port-Royal^ qui ont été imprimés avec les Constitutions de Port-Royal. Voy.
Perikb (Mm*).
Pas d'abmbs. On appelait ainsi, au moyen âge, des combats simulés représentant tout ce qui se faisait alors à la guerre, lorsqu'on attaquait et défendait un pont, un défilé ou un passage étroit qu'il était important de forcer ou de garder.
Quand un chevalier voulait faire un pas d'armes, il allait, armé de toutes pièces, se camper fièrement sur un chemin fréquente, appcndait son écu à un arbre; personne, ayant le droit de ceindre l'épée, ne pouvait passer outre, sans s'être mesuré contre lui ; et le vaincu était soumis à diverses peines , stipulées d'avance.
Il y avait des passages qui étaient des lices perpétuelles, où les chevaliers se donnaient rendez- vous pour mesurer leur adresse et leur courage.
Tel était le défilé qui existe entre Calais et Saint- Jacquevert, fréquenté particulièrement alors par les Anglais. Les chevaliers de Guyenne et de Languedoc allaient établir des pas d'armes aux frontières d'Espagne , pour obliger les caballeros de ce royaume de croiser avec eux la lance et l'épée. Au devant du château de Pau, en Béarn, il y avait une enceinte fermée de barrières , oui servait habituellement de champ clos aux ferrailleurs des deux côtés des Pyrénées, et qui a gardé, de sa destination primitive, le nom de Champ bataillé; enfin , à Paris , il y avait au faubourg Saint-Jacques , une enceinte pareille , qui longtemps après avoir été employée à un autre usage , a porté le nom de Maupas.
Les pas d'armes étaient annoncés comme les tournois, et de toutes parts la noblesse s'empressait de s'y rendre, parce que, s'ils étaient une occasion de gloire, ils en étaient une aussi de divertissements et de banquets. Olivier de la Marche en rapporte plusieurs qui eurent lieu 4e son temps , tels que celui
3ue treize gentilshommes de la maison u duc de Bourgogne, Charles le Téméraire , tinrent, sous le commandement du eomte de Charny, à une croisée de grands chemins, appelée le Charme de Marcenay , ou Varbre de Charlemagne% à une lieue de Dijon, en allant à Nuits; celui qui fut gardé par le seigneur de Haubourdin, oâtard de Saint- Pol , et cinq chevaliers , près de Saint- Orner, sur la route de Calais ; enfin, celui que le chevalier de Lalain défendit en Bourgogne, l'an 1441, un an entier près de la ville de Châlon, et qui fut nommé te pas de la Fontaine des pleurs.
Le roi René tint un célèbre pas d'armes près de Saumur. Il fit construire un château en bois, qu'il nomma le château de la Joyeuse garde, et s'y établit avec des dames et des chevaliers auxquels il donna des festins somptueux et des amusements variés et nombreux, en attendant des adversaires. Pendant quarante jours, il défendit son poste, par lui-même ou par les siens , contre tout venant. Quand les jeux furent Gnis, il fit décerner des prix à ceux qui avaient le mieux fait. Quant aux vaincus, ils payèrent, selon l'usage, le prix de leur défaite.
Le dernier pas d'armes dont nous parlerons, fut donné à Lyon en présence de Charles VIII, par Claude de Vaudrey, gentilhomme franc-comtois et un des plus renommés chevaliers de son temps.
Ce pas d'armes a laissé un long souvenir, parce que Boyard , à peine sorti de page, y fut vainqueur, et y révéla ce au il serait un jour , quand il aurait à figurer dans des luttes plus utiles à son pays.
Les historiens disent communément que ce fut dans un tournoi que Henri II reçut de Montgomery le fatal coup de lance dont il mourut, le 10 juillet Ï559. Les lettres de défi portent que c'était un pas d'armes. Au reste, on appelait souvent du même nom ces deux exercices, qui différaient cependant entre eux. Le duc de Valois , ayant formé en 1614, à Abbeville, le projet d'un tournoi, y fit publier, par permission du roi Louis XII, que le pas serait ouvert à Paris, au mois de novembre, par lui * neuf de ses compagnons, pour être trnu