PASSION
quier, qui avait successivement prêté serment à l'ancien régime, à l'empire et à la restauration , ne se fit aucun scrupule de jurer fidélité au nouveau gouvernement , et reçut de lui , en récompense de ses promesses de dévouement, la présidence de la chambre des pairs. Depuis bientôt treize ans, il occupe ce poste éminent ; c'est donc sous sa présidence qu'ont eu lieu l'abolition de l'hérédité de la pairie, le procès des ministres de Charles X ; ceux des insurgés d'avril , de Fieschi , d' Alibaud , de Barbès , de Darmès , de Quénisset , du prince Louis Napoléon, etc. On ne peut contester à M. Pasquier quelques-unes des qualités que réclame cette haute position; mais dans la discussion de plusieurs projets de loi plus ou moins hostiles aux libertés publiques, ne s'est-il pas montré un peu trop exclusivement l'homme d'un parti, l'homme de la cour ou des ministres ?
M. Pasquier a été, en 1837, revêtu de la dignité de chancelier de France , et , en 1842, élu membre de l'Académie française, en remplacement de M. de Quélen. Il a publié la même année le Hecueil de ses discours et opinions, en uatre volumes in-8«; recueil intéressant plus d'un titre, et qui contient d'utiles matériaux pour l'histoire du temps.
Passarge , rivière de Pologne , sur les bords de laquelle le maréchal Ney culbuta, le 5 février 1807, l'armée prussienne commandée par le général Lestocq, auquel il fit deux mille prisonniers et prit seize pièces de canon.
Passementiers. Voyez Boutonniers.
Passerat (Jean) , né à Troyes en 1534, étudia le droit sous Cujas, mais surtout s'appliqua à la littérature. Il remplaça , en 1672 , Ramus au collège royal, et mourut en 1602. Il fit des vers latins et français, et composa une partie de ceux que l'on trouve dans la Satire Ménippée. On a, en outre, de lui : des Commentaires sur Catulle, Tibulle et Properce, Paris, 1608 , in fol.; une traduction de la IHbliotkrque d'Apollodore, 1604, in-8°. Le Hecueil de ses ouvres poétiques a été publié à Paris en 1597.
Passion (confrères de la). Voyez
Confrères de la Passion , et Mys-
TÈRBS.
Pastorbt ( Claude - Emmanuel - Joseph-Pierre, marquis de) , né à Marseille en 1756, fut nommé conseiller à la cour des aides de Paris en 1781 , et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1785. U embrassa avec ardeur les principes de la révolution , fut nommé procureur général syndic du département de Paris , et fit rendre, en cette qualité, le décret portant que l'église de Sainte-Geneviève serait transformée en un Panthéon destiné à recevoir les dépouilles mortelles des grands hommes. Mais devenu membre de l'Assemblée législative^ s'effraya de la marche des choses , et se retira bientôt des affaires publiques. Élu, en 1795 , député du département du Var au Conseil des Cinq-Cents, il prit, dans cette assemblée , la défense des prêtres persécutés, fut proscrit comme roya* liste au 18 fructidor, se réfugia en Suisse, et ne revint en France que sous le consulat. Bonaparte le nomma d'abord administrateur des hôpitaux , puis, en 1804, professeur de droit naturel et des gens a la faculté de Paris, et membre du sénat conservateur. Il fut , à la restauration, élevé à la pairie et nommé, par ordonnance, membre de l'Académie française. Après la révolution de juillet, Pastoret donna sa démission de vice-président de la chambre des pairs, et se retira dans la vie privée ; il mourut en 1840. Ses principaux ouvrages sont : Z oroastre , Con/udus et Mahomet, 1787 , in -8°; MoUe considéré comme législateur et comme moraliste, 1787, in-8*; Traité des lois pénales , 1790 , 2 vol. in-8° ; Histoire de la législation des anciens peuples, 1817- 27, 9 vol. in-8°. Il a eu part à la publication du Recueil des ordonnancest depuis le 15" volume, et de ï Histoire littéraire de France, depuis le 13*.
Pastoureaux. Pendant la captivité de saint Louis en Égypte, une insurrection éclata en Flandre, et se répandit sur une grande partie de la France. Un imposteur s'annonça comme charge par la Vierge de prêcher une croisade, non pas aux riches et aux nobles, que Dieu avait rejetés à cause de leur orgueil , mais aux pauvres ; et ses disciples fu-
FÀTKL FRANGE. PATENTES 441
rent appelés pastoureaux, parce qu'on y remarquait un grand nombre de bergers et de pâtres, qui s'étaient laissé prendre à cette fraude. La multitude crédule afflua de toutes parts; et Ton vit tout à coup une masse mobile de cent mille hommes, divisée par compagnies, marchant sous des bannières qui représentaient un agneau et une croix, et commandées par les lieutenants de Timposteur. Quant à lui, il revêtit le caractère sacerdotal, et se mita prêcher, à donner l'absolution, à casser des mariages. A Amiens, à Bourges, à Orléans , et à Paris même , il fut reçu comme un prophète envoyé du ciel.
La reine Blanche elle-même fut pendant quelque temps entraînée par le torrent populaire. L imposteur déclamait ordinairement contre la paresse et la corruption du clergé; sujet agréable aux oreilles du peuple , qui , depuis longtemps, faisait retentir les mêmes plaintes. Dans quelques villes, ses compagnons massacrèrent les prêtres et pillèrent Ie3 couvents. Le gouvernement commença alors à interposer son autorité; et l'opinion publique se soulevant contre les auteurs de tous ces désordres , les pastoureaux furent dispersés ou passés au 61 de Cépée. Soixantesix ans après, une autre insurrection du même genre éclata sous le même prétexte d'une croisade, et ces nouveaux insurgés prirent aussi le nom de pastoureaux; ils signalèrent leur courte carrière par un massacre général des uifs (*).
Patab. Voyez Loms XII (monnaies de).
Patabiws. Voyez Hbbksies.
Patel (Pierre), peintre français, que l'on désigne aussi quelquefois sous le nom du oon Patel, naquit en 1664; mais on ne connaît ni le lieu de sa naissance, ni le nom de son maître. Seulement, à en juger par ses ouvrages, il semble avoir pris pour guide Claude Lorrain. On retrouve dans ses tableaux une partie des qualités de ce peintre, et surtout son goût et son talent dans la disposition des ruines et des fragments d'architecture, qui donnent de la ri-
(*) Hatiam, t Europe au moyen âge, t. IV, p. i*3 et suit.
chesse à ses paysages. Le mutée du Louvre possède neuf tableaux de ce peintre; un seul est exposé; il représente un paysage orné de figures d'animaux, et traversé par un fleuve. C'est, sinon le meilleur, du moins un des meilleurs morceaux de Patel.
Pierre Patel, dit le jeune, son fils, cultiva aussi la peinture avee succès.
Il eut tous les défauts et toutes les qualités de son père, avec lequel on l'a quelquefois confondu.
Patenôtbibbs. On appelait ainsi, au moyen âge, les fabricants de patenôtres ou chapelets: ils formaient plusieurs corporations distinguées par la nature des matériaux qu'ils employaient exclusivement. Ainsi le livre des métiers d'Étienne Boileau contient les statuts séparés des patenôtriers d'os et de cor (corne) ; des patenôtriers de corail et de coquilles ; des patenôtriers d'ambre et de jais, Uue dernière classe , comprise sous le titre de patenôtriers et faisiers de bouclets à soulers , paraît avoir travaillé plus pour l'habillement que pour la dévotion. Elle faisait des boutons , des anneaux , des bouclettes , etc., sans toutefois renoncer entièrement aux chapelets. Dans la suite, quand la ferveur religieuse disparut, les diverses corporations de patenôtriers se fondirent en une seule qui fut renouvelée, en 1569, par lettres patentes de Charles IX, et réunie, en 1718, à celle des plumassiers.
Patentes. L'institution des patentes remonte seulement à 1791. Une loi du 2 mars de cette année, après avoir aboli le corps des arts et métiers, s'exprime ainsi : « Art. 7. Il sera libre à toute « personne de faire tel négoce, d'exer- « cer telle profession, art ou métier « qu'elle trouvera bon ; mais elle sera « tenue de se pourvoir auparavant « d'une patente , d'en acquitter le « prix, etc. »
Les 20 et 26 septembre de la même année, la Constituante assura par de nouvelles mesures le recouvrement du droit de patente.
Ce droit étant un impôt, doit être voté tous les ans; la convention ne l'ayant point fait en 1793 et 1794, il ne fut point perçu.
Une loi du 1* brumaire an yii régla