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PATENTES

L'UNIVERS

tout Cé qui concerne les patentes, et elle sert encore de basé à cette matière fiscale. On y établit six classes de patentes, et Un droit fixe pour chacune d'elles, droit qui quelquefois pourtant varie pour certaines professions, d'après le plus ou le moins de population des communes. Outre le droit fixe, déterminé par un tableau annexé à la loi , l'on ajouta au droit de patente un droit supplémentaire, appelé proportionnel.

Ce droit est ordinairement le dixième du loyer des maisons d'habitation, usines, ateliers, magasins, boutiques où se trouve établi le commerce. Les baux authentiques pour les locataires, l'extrait du rôle de la contribution foncière pour les propriétaires, ou la simple déclaration du patenté, servent de base à l'évaluation de ce dixième. Ce droit proportionnel n'est dû ni par les patentés de la sixième classe, ni par ceux dont l'état donne lieu seulement à un droit fixe de 30 francs et au-dessous.

Les quittances du payement des droits et les patentes doivent être délivrées sur papier timbré, dont les frais sont à la charge des imposés. Si un individu exerce plus d'un commerce , il n'est tenu de payer qu'une seule patente, celle qui comporte le droit le plus fort.

Les personnes que la loi exempte de la patente sont : les fonctionnaires et salariés du gouvernement, en ce gui concerne l'exercice de leurs fonctions ; les laboureurs et cultivateurs, qui vendent les produits de leur exploitation ; les commis, les ouvriers journaliers et toutes les personnes travaillant pour autrui dans les maisons, ateliers et doutiques de ceux qui les emploient; les artistes en peinture, gravure et sculpture; les ofliciers de santé attachés aux armées, aux hôpitaux et au service des

Sauvres ; les sages-femmes , les maîtres e poste aux chevaux, les pêcheurs, les cardeurs, fîleurs de laine et coton, les blanchisseuses, les savetiers et tripiers, et enfin ceux qui vendent en ambulance dans les rues, les fruits, les légumes, les œufs, le beurre, le fromage et autres menus comestibles.

La loi de l'an vu frappe d'une amende de 50 francs celui qui, dans les actes relatifs à son commerce, ne fait pas mention de sa patente, avec désignation

de la classe, de la date, du numéro et de là commune où elle a été délivrée.

Un arrêté du gouvernement du 15 fructidor en vin charge le contrôleur des contributions directes de dresser un tableau des citoyens sujets à patentes, et de le transmettre au maire qui doit l'arrêter, afin qu'il soit envoyé au préfet, puis aux directeurs des contributions, et rendu enfin au préfet, qui déclare les patentes exécutoires.

Telle est en sommé la législation des

Satentes. Quelques ordonnances renues depuis la loi de brumaire ont réglé dans certains cas particuliers le mode à suivre pour calculer le droit proportionnel ; mais nous ne pouvons entrer dans ces détails.

Patin (Gui), médecin célèbre par son esprit satirique et par la singularité de ses manières, naquit en 1601 à Houdan en Beauvoisis. Il fut professeur de médecine au collège royal , grand partisan des anciens et grand ennemi de l'a ntimoine, et eut avec ses confrères des querelles très-vives. Il mourut à Paris, en 1672. On a de lui un Traité de la conservation de la santé, 1632, in- 12, et un Recueil de lettres, 1718, 7 vol. in-12. Ces lettres, écrites avec beaucoup de verve, contiennent une foule d'anecdotes curieuses pour l'histoire du temps.

. Charles Patin, son second fils, né à Paris en 1633, se distingua, comme son père, dans la pratique et dans l'enseignement de la médecine; mais ayant été accusé d'avoir distribué des exemplaires d'un ouvrage injurieux, à une princesse , il fut forcé de s'exiler et condamné aux galères par contumace. Il voyagea pendant ùuelfjue temps en Allemagne, puis en Italie, et finit par s'établir à Padoue. Il fut, en 1677, nommé premier professeur de chirurgie à l'université de cette ville, et y mourut. 11 était aussi savant antiquaire qu'habile médecin. Il a publié : Fanatise romanœ ex antiquis. numismaUbus, 1663, in-fol. ; Traitt des tourbes combustibles, 1663, in-4e; Introduction à l'histoire par la connaissance des médailles, Ki6i>, in-12; ImperatO' rum romanorum numismata, 16'^ in-fol.; Relation historique de durr> voyages en£urope, 1673, in-l»î m"

ger chez eux, vendaient ordinairement ne la pâtisserie. Saint Louis leur donna des règlements en 1270, et, ce qui surprendra, c'est qu'il leur fut permis de travailler tous les jours de l'année, excepté les dimanches, tandis qu'il y avait une trentaine de fêtes où le travail était interdit aux boulangers, bien plus nécessalres que les pâtissiers.

Ce fut seulement en 1567 que ces artisans furent mis en communauté par-

FRAHCE.

rtta dette tnedagtte, 1673; Swfanius ex h/tmismalihus illustra tus, 1675, in-4" ; Thésaurus numismatum a Petro MaUroctHo cotlectorum, 1684, in -8°; Commentarii in tnonumenta antiqua Marcellina, 1688; Thésaurus numisrnaturn e musœo CaroU Patini, 1672, in-8°.

Patissf.ru: et Pâtissier. Le goût de la pâtisserie est un des plus anciens de fa ttâtion : on en trouve la preuv e jusque dans les maisons religieuses; souvent les vassâux qui en dépendaient étaient tenus de leur fournir un certain nombre de pâtés ; quand saint Anségise, nbbé de Fontenelle , donna , au commencement du neuvième siècle, une constitution à son monastère, il y régla le nombre des pâtés que les villages et les fermés relevant de l'abbaye seraient tenus de lui donner annuellement. C'étaient trente-huit pâtés d'oies et Quatre-vingt-quinze de poulets à Noël, et autant à Pâques.

Dans un état des biens et des revenus du monastère de Saint-Riquiér, dressé au même siècle par l'abbé Héric, est parlé de douze fours banaux ap- ;nant à l'abbaye, lesquels rapportent par an, entré autres choses, trois cents flans.

Quelquefois, âu lieu d'exiger des vassaux de la pâtisserie en nature, on leur demandait seulement les objets qui servaient à la confectionner. C'est ainsi

Îue Charles le Chauve, nar une charte e 862. oblige certains fermiers à fournir annuellement à l'abbaye de Saint- Denis cinq mesures de froment, seize mesures de miel et onze cents œufs, en stipulant expressément que ce tribut est pour la pâtisserie nue le monastère est dans l'habitude de taire faire en certains jours de l'année.

Les cabaretiers qui donnaient à man-

PaV

ticulière. Us furent alors partagés en

deux classes : celle des cabaretiers, traiteurs, rôtisseurs, etc., dont nous venons de parler, à qui fut donné le nom de pâtissier s-oublayeurs, des oublies qu'ils fabriquaient et envoyaient crier par les rues ( Voy. Oublie et Oublieux ) ; et celle des pâtissiers de pain d'épice.

L'apprentissage du métier de pâtissieroublayeur était de cina années consécutives; une absence de trois mois à l'insu ou contre la volonté do maître annulait le contrat d'apprentissage , quelque temps que l'apprenti eût déjà servi. Tout aspirant à la maîtrise était tenu au chef-d œuvre. Les veuves jouissaient des mêmes droits que dans les autres communautés. Celle-ci était, eu 1783, composée de deux cents maîtres.

Ces pâtissiers avaient, pour annoncer leurs établissements et éclairer leurs boutiques, des lanternes fermées, transparentes et ornées dans toute leur circonférence de figures grotesques, bizarres, qui leur avaient fait donner le nom de lanternes vives. C'était un des ornements que, dans l'origine, ou avait employés sur la scène, pour la représentation des farces, mystères et sotties, qui, pendant longtemps, formèrent notre théâtre. On les exclut par la suite, et les pâtissiers, qui s'en emparèrent pour attirer les regards des passants, les conservèrent jusqu'à la fin du dixhuitième siècle. Régnier, faisant dans sa satire XI' le portrait burlesque d'une vieille, dit qu'elle

Restera Uoil transparente ou lanterne vire Dont quelque pâtissier amuse le* enfans Où des oisons brides , guenucbea , éléphant, Chiens , efaats , lièvre* , renards et mainte

étrange béte, Coureut l'un âpre* l'autre.

La profession des pâtissiers fabricants de pain d'épice datait de loin ; on lit dans Athénée qu'il se faisait à Rhodes un pain assaisonné de miel, d'un goût si agréable, qu'on en mangeait avec plaisir après les plus grands repas. Les Grecs le nommaient melilatés ; c'est de là qu'il a passé en Europe et est parvenu jusqu'à nous. A Paris, les fabricants de pain d'épice formaient une corporation de quinze ou seize maîtres, qualifiés dans leurs statuts :

pâtissiers de pain d'épice.

Nul ne pouvait être reçu maître,

patte LTJNTVERS. PAU

qu'il n'eût atteint l'âge de vingt ans, et le temps de l'apprentissage était fixé à quatre ans, de même que celui du compagnonnage.

Patois. Voy. Dialbctbs.

Pathix (Pierre), né à Caen en 1583, écuyer de Gaston d'Orléans, cultiva la poésie avec succès, et mourut à Paris en 1671. On a de lui : la Miséricorde de Dieu sur un pécheur pénitent, Blois, 1660, in-4* ; Poésies diverses , dans le Hecueil des plus belles pièces des poètes français.

Patbu (Olivier), avocat plus célèbre par l'amitié de Boileau et de Racine que par ses ouvrages, né à Paris en 1604. Il cultiva la littérature en même temps qu'il suivait le barreau; reçu à l'Académie française en 1640, il y introduisit l'usage des discours de reinercfment. Ses succès, comme orateur, furent éclatants. Mais, négligeant ses affaires personnelles, il se trouva bientôt dans un état voisin de la misère, et il était sur le point de se défaire de sa bibliothèque pour arrêter les poursuites de ses créanciers, lorsque Hoileau vint à son secours, acheta cette bibliothèque, la lui pava, et lui en laissa la jouissance jusqu'à sa mort, arrivée en 1681. Patru a passé pour l'homme de son temps le plus versé dans la connaissance du mécanisme de notre langue. La meilleure édition de ses Œuvres est celle de Paris, 1732, 2 vol.

in-4*.

Patte (Pierre) , architecte , né à Paris le 3 janvier 1723, s'est fait connaître plus par les ouvrages qu'il a écrits sur son art que par ses travaux d'exécution. Il s'était associé avec les collaborateurs de l'Encyclopédie pour la direction des dessins et gravures de ce grand ouvrage ; mais une brouille étant survenue , il se laissa emporter , par esprit de vengeance, à publier, dans le journal de Fréron , que les directeurs de cet ouvrage n'avaient d'autres planches que celles qu'ils avaient dérobées à Réauraur. Il fut reconnu que le fait était faux ; Patte fut obligé de se rétracter, et de là le mépris que Grimtn affecta, lorsque cet architecte critiqua les plans do Soufflot pour la construction de l'église Sainte-Geneviève. Dans cette circonstance, cependant» Patte

avait raison , et l'événement justifia ses critiques; car, en 1780, il publia un nouveau Mémoire , où il signala les nombreuses lézardes qui se faisaient déjà voir dans toutes les parties d/e l'édifice. Patte mourut à Mantes en 1814. Il avait élevé à Paris l'hôtel Charost , dirigé la construction d'une partie du palais du duc de Deux-Ponts, et celle du château de Jaresboure, dessiné sur le modèle de Tria non. Il a laissé, en outre, de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Monuments érigés en l honneur de Louis XV; Mémoires sur les objets les plus importants de l 'architecture ; Traité de la construction des bâtiments; Études d'architecture, etc. On a aussi de lui six estampes de perspective et d'arcbitecture gravées d'après Piraoesi.

Pau. Ville du Béarn, aujourd'hui chef-lieu du département des Basses- Pyrénées. Cette ville doit son origine à un château bâti par un des premiers princes de Béarn, vers le milieu du onzième siècle; mais elle ne commença à prendre quelque extension qu'au quinzième siècle, sous Gaston IV. Ce prince en étendit l'enceinte, et la fit entourer de murs et de fossés; il y fit aussi construire une église et réparer le château. Insensiblement Pau s'agrandit et se peupla, et, lorsqu'elle fut la capitale du Béarn, elle devint le siège d'un conseil souverain , d'un parlement , d'une académie des belles-lettres, d'un hôtel des monnaies et d'autres établissements considérables. Elle était encore fort importante, et prenait tous les jours de l'accroissement dans les derniers temps de l'ancienne monarchie; mais la révolution arrêta la construction des maisons à demi bâties, et suspendit les différents projets d'embellissement.

On remarque dans cette ville le château où naquit Henri IV, la place Royale, les hôtels de Gassion et de Tassel, etc. C'est la patrie du maréchal de Gassion, de Bernadotte , de Bordeu , etc. On y compte 1 1 ,000 habitants.

Paulbt ( le chevalier), d'origine irlandaise, était depuis quelque temps établi en Fi ance, lorsqu'il y fit, en 1772, le premier essai de la méthode d'enseignement mutuel. Quoique d'abord négligée par le gouvernement, cette tnsti-

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