L'UNIVERS. PAUPÉRISME
conducteurs des ateliers où ils sont ac« vés , dont le plus grand nombre étaient tuellement employés, sinon les faire misenpensiondanslescampagnes.il emprisonner; faire porter à l'Hôtel-Dieu est bon d'observer que ces chiffres ne reles pauvres malades qui s'y trouvent posent que sur l'affirmation de IVconoabandonnés ; lever les enfants abandon- miste , ex-ministre d'État , et qu'ils ne nés et les faire porter a la couche; et sont pas appuyés sur des pièces. Ne enfin employer leur crédit auprès du sont pas compris dans cette statistique, magistrat, et partout ailleurs ou il leur les hôpitaux militaires, au nombre de sera possible, pour le soulagement des soixante-dix , et renfermant ordinairepauvres honteux de leurs quartiers, qui ment 6,000 malades, viennent leur découvrir leurs misères « L' Assemblée constituante se préocet leur faire confidence de leurs be- wipa vivement d'abolir la mendicité; soi us (*). » elle forma un comité chargé d'en pro- Jusqu'à la Révolution, le sort des poser les movens. Le rapporteur de ce pauvres fut réglé de la manière que comité, la Roehefoueauld-Liancourt, nous avons indiquée, et n'inquiéta le évalua au vingtième de la population, la pouvoir que par les séditions et les misère française qui était a la charge de troubles que pouvaient exciter dans les la charité publique, dans les hôpitaux grands centres de population, ces mas- et les hospices, et il supposa que le nomses sans industrie et sans ressources, bre des indigents à domicile était à peu La Révolution, qui toucha à presque près égal à celui des pauvres qui peutoutes les questions importantes, if ou- plaient les établissements de secours, folia pas celle des pauvres. Un écono- D'après lui, le nombre total delà poniiste d'un talent supérieur, qu'une pulation souffrante s'élevait à environ mort prématurée a enlevé très-jeune 3,248,691 individus, qui se décompoencore à ses amis et à la science, M. Eu- salent en quatre classes :
gène Buret a donné dans un livre (**) innrm„ et vieillards »4,77i
remarquable par les recherches, le sa- a. Pauvre* valide* 6i5,.*r2
voir et les hautes pensées qu'il ren- * Enflfauna?reda^uvrw dt . wW ferme, une exposition claire et rapide 4 Malades..^/.'.'.'. Y.Y.V .'.Y.'. ' «,5i» de ce qui fut fait à cette époque pour s,3*8,mi résoudre la question du paupérisme. ' — •ttous croyons être agréables à nos lec- « La constitution de 1791 déclara teurs en leur mettant sous les yeux qu'il serait créé et organisé un établisquelques passages de cet ouvrage: sèment de secours publics pour élever « M. Necker, le premier qui nous les enfants abandonnés, soulager les douna des renseignements statistiques pauvres infirmes et valides. Le nomsur la misère, évalue à 6 ou 7 mille le bre des pauvres était alors considérable, nombre des mendiants enfermés sous Le 4 décembre 1790, Veroier avait déson administration dans les trente-deux claré à l'Assemblée constituante que le dépôts qui existaient alors. Le même département de Seine-et-Oise conteauteur constate l'existence de sept nait 40,000 pauvres sans occupation, cents hôpitaux, outre une centaine de Le 29 avril 1791, un arrêté de Bailly, petits établissements de trois à quatre inséré au Moniteur, « invitait tous les lits, fondés par la charité privée. Il es- ouvriers à ne point démentir les preutime de cent à 110,000, le nombre de ves qu'ils avaient données jusqu alors malheureux qui y trouvaient habituel- de leur patriotisme et à ne pas réduire lement un asile et des secours; 40 mille le corps municipal à la nécessité d eminfirmes ou pauvres , d'un âge avancé, ployer contre eux les moyens qui 'lui présumés hors d'état de gagner leur vie; avaient été donnés pour assurer l'ordre 25 mille malades ; 40 raille enfants trou- public et maintenir Inexécution des lois.» H Liv. i, Ut. », P. *o7. No»8 ne parlerons point du décret de (•*) De la misère des classes laborieuses en la Convention (1793) , qui voulait Angleterre et en France, a vol. in-8°, Paris, disparaître la misère en mettant a 1840; ouvrage couronné par l'Académie des charge de l'État le soin
morales et politique*. malheureux. Ce décret , dont I appuca-
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t ion ne fut même pas tentée à cause de
son impossibilité, accrut encore la misère, en ce qu'il concentra entre les mains du gouvernement tous les revenus des hospices, dont les pauvres furent ainsi privés. Une loi du 27 novembre 1796 régularisa le système de secours actuellement appliqué. Elle institua les bureaux de bienfaisance , chargés d'administrer les biens provenant des fondations , de recueillir les dons volontaires , et d'en faire la distribution aux indigents, à domicile, et autant que possible en nature.
« Depuis la Révolution , on ne s'est plus occupé d'une législation générale du paupérisme, et on a laissé au pouvoir aaministratif le soin de remédier par des ordonnances aux nécessités de chaque iour. Il est même difficile de dire qrielle est la législation en vigueur sur le paupérisme; nous ne savons pas si la loi reconnaît à l'indigent le droit d'être assisté, si elle fait du domicile la condition des secours, ou si, conformément aux doctrines économiques qui ont prévalu en Angleterre , elle rend chaque individu responsable de sa destinée, fût-elle la plus épouvantable détresse, la mort par la faim. Nous n'avons rien de fixé, rien d'arrêté sur cette importante matière. Des lois qui ne sont pas abrogées de droit, contiennent à peu près tous les principes, toutes les dispositions possibles, de sorte que dans l'absence de loi positive , c'est la tradition des usages administratifs, c'est le régime mobile des ordonnances qui gouverne souverainement la charité publique (*). •
Le Consulat ne fit que régulariser et compléter le système des Weaux de bienfaisance et des commissions administratives créées parla loi du 27 novembre 1796. Mais ce mode de charité ne répond qu'à la misère accidentelle ; il soulage les maux qui passent, il ne peut rien contre cette détresse absolue qui demande des secours aussi fréquemment renouvelés que les besoins.
Napoléon, devenu empereur, chercha les moyens de venir d'une manière plus efficace au secours des pauvres; une
(*) De la misère des classes laborieuses, t. I*r, p. aa5 et passim.
loi rendue le 5 juillet 1808 supprima
la mendicité : cette loi était la reprise de celle du lit octobre 1793 qui avait aussi aboli la mendicité, institué en faveur de la misère un système de secours impossible, et était sanctionnée
fwr des mesures répressives. Cette fois, e dépôt de mendicité correspondait à la prison prononcée par la loi de 93.
Cinquante-neuf de ces maisons de refuge , pouvant contenir 23,550 roendiants,turent instituées en quatorze ans, et bien loin de les porter au nombre des départements, comme on l'avait projeté, on songea bientôt forcément à les réduire. Les dépôts ne produisirent aucun des bons effets qu'on s'en était promis, et les départements , qui devaient supporter la charge de leurs pauvres , se plaignirent hautement du lourd fardeau qui leur était imposé. La dépense pour établir les cinquante* neuf dépôts fut très-forte ; elle fut de 2 à 300.000 fr. par chaque département, et l'entretien annuel se monta à environ 00.000 fr., déduction faite du produit du travail des mendiants. Ces dépots étaient d'ailleurs des réceptacles où l'autorité entassait sans discernement et sans choix toute la population immonde: les mendiants valides, les vagabonds dangereux étaient confondus avec les infirmes et les vieillards; on y vit même des filles publiques empestées, des galeux et des épileptiques : c'était à la fois un hospice et une prison.
La Restauration , écoutant les vœux des conseils généraux, qui demandaient l'abolition des dépôts de mendicité, par la raison qu'ils avaient été créés sous Napoléon, en supprima vingt quatre de 1814 à 1818, et peu à peu, tous furent supprimés ou convertis en maisons de correction. Aujourd'hui, la répression de la mendicité n'est plus qu'une mesure locale; les dépôts ne sont que des établissements municipaux, où les cités populeuses et riches enferment Vimage dégoûtante des infirmités et de la nonteuse misère. II n existe que les dépots de la Seine à Saint-Denis et Villers- Cotterets: de l'Aisne à Laon; de l'Ariége à Saint-Lazier ; de la Haute- Vienne à Limoges; du Jura à Dôle, et celui de la Charente-Inférieure. Des établissements semblables ont été créés
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