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PAVIE FRANCE. PAVIE

vieux et les plus habiles généraux, la Palisse, la Trémoille, le bâtard de Savoie, le duc de Suffolk, San Severino, et Lescuns, maréchal de Foix, étaient d'avis de lever le siège, et de prendre une position avantageuse pour empêcher les Impériaux d'arriver jusqu'à Pavie. Ils disaient que ceux-ci , sans munitions et sans argent , ne pourraient manquer de se dissiper en peu de jours, si on leur refusait la bataille. Dans cette circonstance, ce fut encore l'avis de Bonnivet et des favoris sans expérience qui prévalut, et l'on résolut de combattre. Le roi se contenta de resserrer ses logements; il rassembla son armée en un seul corps à gauche du Tesin au-dessous de la ville ; son front du côté de Lodi , par où venaient les ennemis, était couvert par un rempart et un fossé ; sa droite était appuyée au Tésin , sa gauche aux murailles d'un vaste parc qui entourait la maison de chasse desducs de Milan , à Mirbel : ce fut dans cette position qu'il attendit l'ennemi.

- Cependant plusieurs échecs avaient affaibli les Français; le Milanais Jean- Jacques de Médicis avait surpris le château de Chiavenna et répandu ainsi l'alarme chez les Grisons, qui, se croyant menacés d'une guerre avec l'empereur, rappelèrent six mille hommes qu'ils avaient dans le camp du roi. Ceux-ci le quittèrent cinq jours avant la bataille. D'autre part, quatre mille Italiens, que le marquis de Saluées amenait de Savone au roi , se laissèrent surprendre dans une embuscade en traversant l'Alexandrin, et y périrent presque tous.

m Jean-Louis PalavicinLqui se rendait au camp avec un corps plus considérable encore, fut défait, le 15 février, à Casal-Maggiore, et demeura prisonnier des ennemis. Jean de Médicis, enfin, le commandant des bandes noires, fut blessé à la cuisse le 20 février, au moment où il venait de remporter un avantage signalé, et fut obligé d'abandonner le camp. Enfin , le 22 février, l'armée espagnole reçut 150,000 ducats, qui lui étaient envoyés d'Espagne.

« Ainsi, la position de l'armée française, entre une place forte défendue par une nombreuse garnison et une armée qui venait l'assaillir, devenait tous les jours plus dangereuse. Dès le 1er fé-

vrier, Pescara, Lannoy et Bourbon s'étaient approchés jusqu'à un mille des avant-postes français. Cependant ils hésitaient à attaquer le roi dans ses retranchements, et, pour l'en faire sortir, ils cherchaient chaque jour à engager des escarmouches. Le mois presque entier se passa de cette manière; enfin, le 24 février, Pescara résolut de pénétrer dans le parc de Mirbel , de le traverser pour arrivera Pavie, et de dégager ainsi la garnison , ou , s'il était attaqué , tandis qu'il tournerait les Français par la gauche , de les attirer du moins hors de leurs retranchements, dans le terrain ouvert du parc. Il fit abattre, à une grande distance du camp français , le mur de ce parc avec le bélier ét la sape, dont les coups n'étaient point entendus au loin. Il fit revêtir aux troupes impériales des chemises blanches, pour qu'elles pussent se reconnaître dans l'obscurité, et il les fit entrer par cette brèche deux heures avant le jour. Toutefois , les Français étaient sur leurs gardes : ils s'étaient rangés en bataille, et une formidable artillerie, commandée par Jacques Jailiot de Genouilhac, sénéchal d'Armagnac, couvrait leur front.

« Lorsque l'avant -garde impériale, commandée par Alphonse d'Avalos , marquis de Guasto, eut commencé à passer à portée du canon français, dans une plaine tout unie, les décharges de Jacques Jailiot firent dans ce corps d'épouvantables trouées. Le corps de bataille, conduit par Pescara; l'arrièregarde, sous les ordres de Lannoy et de Bourbon, devaient à leur tour se soumettre à ce feu meurtrier, avant d'atteindre un petit vallon , où un pli du terrain pouvait les mettre à couvert.

Guasto fit éparpiller ses soldats et prendre la course, pour qu'ils souffrissent moins dans cette traversée. A cette vue, le roi s'écria : « Les voilà qui fuient , chargeons ! » — «Chargeons, chargeons! • répétèrent Bonnivet , Chabot et Saint- Mursault, et les autres jeunes courtisans qui l'accompagnaient. A l'instant, toute la gendarmerie s'élance de ses lignes, passe devant la tête de l'artillerie française et en suspend le feu. Toutefois, ces fuyards, que François IV croyait trouver en désordre , s étaient

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de nouveau rangés en bataille. La cavalerie ennemie était entremêlée d'arquebusiers espagnols , et ceux-ci reçurent Ja charge des lances françaises avec un feu bien nourri. Beaucoup de vaillants chevaliers furent abattus, et les chevaux s'arrêtèrent dans leur course.

Les deux armées se trouvèrent alors en entier engagées ; elles étaient à peu près égales en force : chacune comptait environ quinte mille hommes de pied et quinze cents chevaux. Mais déjà le mouvement imprudent du roi avait donné l'avantagea ses ennemis; il avait arrêté le feu de son artillerie, fort supérieure à celle des Impériaux , et il avait dégarni les flancs de ses Suisses et de ses landsknechts en se portant en avant.

Pescara profita aussitôt de cette imprudence; il fît avancer huit cents fusiliers espagnols sur les flancs de la gendarmerie française, en même temps que le marquis de! Guasto, avec toute l'avantgarde, se jetait dans le vide qu'avait laissé cette gendarmerie, et attaquait l'aile droite française, commandée par Anne de Montmorency. De toutes parts, l'acharnemeut était extrême, et si l'armée française avait manqué à la tactique, elle rachetait cette faute par la plus brillante valeur. Mais les Suisses, qui se trouvaient à l'aile droite, déconcertés par l'attaque de flanc qu'ils n'avaient pas dû attendre, ne soutinrent point leur antique réfutation : leur capitaine Jean de Digbach fut tué , et, dans ce moment, ils prirent la fuite, abandonnant Montmorency et Fleurnnges, qui furent faits prisonniers. A côté d'eux était placé le duc de Suffolk de la B ose-Blanche, avec sa légion de landsknechts; il y fut tué. Près de lui périrent Longman d'Augsbourg , capitaine des landsknechts; François de Lambesc , frère du duc de Lorraine ; Wittemberg de Lauffen ; Théodoric de Scliomberg ; et les landsknechts , ne se rebutant point par la perte de tant de chefs , furent presque tous massacrés sur la place. En même temps, le roi, avec sa gendarmerie, se voyait attaqué en face, en flanc et par derrière. Bonnivet, qui était auprès de lui , reconnaissant que la bataille était perdue, et qu'elle l'était par sa faute, courut, la visière haute, au plus épais des enne-

mis, et y fut tué. La Palisse, maréchal

de Cbaoannes: Lescuns, maréchal de Foix ; le vieux la Trémoille , le grand écuyer Galéaz de San Severino , Aubigny , le comte de Tonnerre, et beaucoup d'autres çrands seigneurs furent aussi tués auprès du roi. De toutes les parties de l'armée , les chevaliers se dirigeaient vers l'endroit où ils savaient le roi en péril : Bussy d'Amboise lui-même, qui était chargé de contenir la garnison de Pavie, abandonna son poste pour venir au secours du roi, et fut tué en arrivant. Les Espagnols d'Antonio de Leyva, profitant de ce qu'il leur laissait le passage libre, arrivèrent alors sur le champ de bataille, et, n'v trouvant plus d'ennemis , égorgèrent les prisooniers faits par leurs frères dermes.

11 n'y avait guère plus d'une heure que la bataille était partout engagée, et déjà elle était complètement perdue. Leduc d'Alençon, beau-frère du roi, avait pris la fuite avec l'arrière-garde, qu'il commandait. François avait montré une grande valeur personnelle; on assure qu'il avait tué de sa main le marquis de Saint- Ange , dernier descendant de Scanderberg. Autant il était brave, autant il était hors d'état de faire les fonctions d'un général d'armée. Quand il vit sa troupe en déroute , il poussa soo cheval au galop pour passer le pont du Tésin , ne sachant pas que les fuvards l'avaient coupé derrière eux; d'ailfeurs, avant d'y arriver, il rencontra quatre fusiliers espagnols , qui l'arrêtèrent; leurs fusils étaient déchargés, mais l'un d'eux abattit le cheval du roi d'un coup de crosse qu'il lui donna à la tête. Deux chevau-légers espagnols, Diégo d'Avila et Juan d'Urvieta, arrivèrent sur ces entrefaites, sans reconnaître le roi, qui n'avait pas dit une parole, et qui était tombé, dans un fossé, sous son cheval; ils remarquèrent la richesse de ses habits et le cordon de Saint-Michel dont il était décoré, et ils menacèrent de le tuer, s'ils n'étaient pas admis au partage de sa rançon. Dans ce moment, un gentilhomme du duc de Bourbon, les uns disent la Mothe, d'autres Pompéran, arriva et reconnut le roi: il courut au vice-roi Lannoy, qui le suivait de près, et l'amena assez a temps pour sauver cet important prisonnier, pen-

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dant que ces capteurs étaient prêts à se

battre entre eux pour ses dépouilles. On le tira de dessous son cheval, qui l'accablait; on lui dit que le vice-roi était près de lui ; alors, pour la première fois, il parla : il confessa qu'il était le roi , et il se rendit. On le désarma aussitôt, et on lui trouva deux petites blessures, au visage et à la main. Parmi les prisonniers se trouvaient aussi le jeune roi de Navarre, le bâtard de Savoie, Anne de Montmorency, le comte de Saint-Pol, Brioo-Chabot, Laval, Chandieu, Aubricourt, Fleuranges, Frédéric de Pozzolo et deux Visconti (*). »

Pavillon (Nicolas), Dé à Paris en 1597, et nommé, en 1639, évéque d'Aleth en Languedoc, n'est guère célèbre que par la rigueur qu'il mit à rétablir la discipline dans son diocèse et par ses discussions avec la cour de Home. Ami d'Arnauld,dont il subissait entièrement l'influence , il publia un mandement que condamna la cour de Rome ; il fit sa soumission; mais, quelque temps après, il fit imprimer un rituel que le pape condamna encore; cette fois il ne se soumit plus: il fit réimprimer son rituel , et refusa constamment d'abandonner les doctrines jansénistes. Il mourut en 167t.

Pavillon (Étienne), neveu du précédent, naquit à Paris en 1632, occupa pendant quelque temps la charge d'avocat général au parlement de Metz; puis vint à Paris, où il mena une vie tranquille et douce au milieu d'un cercle d'amis, au nombre desquels il comptait Bossuel. Homme d'esprit et de savoir, il fut reçu, en 1691, à l'Académie française, et remplaça Racine à celle des inscriptions et belles-lettres. Il mourut en 1705.

Pavillon (Jean-François du Ckeyron du), né à Périgueux en 1730, entra dans la marine, et apporta une notable modification dans la manière de faire les signaux. Il fut le créateur d'un système nouveau , qui fut adopté et généralement appliqué en France dès 1778.

Il Ut avec gloire, en qualité de majoreénéral de l'armée navale, la campagne de 1778 contre les Anglais, et fut tué

(*) SUmondi, Hist. <Us Français, t. XVI,

en 1783, à bord du Triomphant* qu'il

commandait sous les ordres de M. de Vaudreuil. On a de lui un traité de Tactique navale, où se trouve expose son système sur les signaux.

Pavois. On n'est pas d'accord surl'étymologie de ce nom; tout ce que l'on s'ait, c'est qu'au moyen âge, on donnait ce nom aux boucliers dont se servaient les pavessiers ou pavoUiers. C'étaient des hommes dont les fonctions étaient de mettre à couvert des combattants armés d'arcs ou d'arbalètès; lorsqu'on était en présence de l'ennemi , ils couraient placer dans l'endroit le plus exposé aux traits et aux projectiles, le bouclier, ou, pour parler plus exactement, le lourd parapet oui leur était confié, et qui se tenait debout de lui-même ; et ils restaient accroupis derrière, tandis que , sous le même abri , les arbalétiers lançaient leurs traits contre l'ennemi. « C'était, dit Monstrelet, à l'ombre des pavois que les arbalestriers et ribauds ribaudoyaient ( lançaient des traits). » Le pavois fut en usage depuis Philippe- Auguste jusqu'à Cnarles VII. C'est sans doute à cause de la longueur du pavois et de son épaisseur que certains historiens ont dit que les premiers chefs de France, lorsqu'ils étaient déclarés rois de France , étaient élevés sur le pavois. Chez les Bataves ou les Francs , lorsqu'on nommait un chef, on recouvrait la partie creuse d'un bouclier oblong d'une planche, ou bien on l'emplissait de sable , et le chef montait dessus. Alors quatre soldats soutenaient chacun sur une épaule un des angles du bouclier, et promenaient ainsi, aux yeux de l'armée, le nouveau chef, qui se tenait en équilibre, en s'appuyant sur le bois d'une framée plantée dans le bouclier.

Pays-Bas (guerres des). Nous avons, à l'article Hollande, raconté les guerres que la France a soutenues dans cette partie des Pays-Bas. Celles qui eurent pour théâtre les autres provinces auxquelles s'étend la même dénomination géographique, c'e>t-a-dire les provinces belges, nous en avons donné un aperçu général à l'article Belgique (relations de la France avec la); nous renvoyons pour les détails, aux articles Flandre, Artois et Espagne (guerres d'). Ces

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