PAYS-BAS L'UNIVERS
PAYS-BAS
deux derniers articles, toutefois , sont incomplets : ils ne présentent que l'exposé des faits antérieurs à 1789; nous allons les compléter ici.
Lorsque l'Assemblée législative eut, par un décret du 18 avril 1792, déclaré la guerre à l'Autriche , il fut aussitôt résolu que les hostilités commenceraient par l'invasion de la Belgique. On se flattait d'un triomphe facile. Vraisemblablement , ce pays où l'Autriche avait eu naguère une révolution à comprimer, se soulèverait de nouveau à la première apparition des Français. C'était d'ailleurs un commencement d'exécution du projet déjà caressé par les
Jiatriotes , de profiter du mauvais vouoir des souverains contre la France, pour la reculer à leur détriment jusuu'à ses limites naturelles. Nous avions alors quatre armées : l'année du Midi , sous Moutesquiou, observait les Pyrénées et les Alpes; l'armée de l'Est, sous Lukner, défendait le Rhin ; l'armée du Centre, sous la Fayette, campait vers Metz, et l'armée du Nord, sous Rochambeau, occupait la Flandre. Rochambeau était donc le plus à portée d'agir; mais ce maréchal, qui avait bien conduit la guerre autrefois, avait vieilli; de plus, il était maladif et mécontent du nouveau régime. On lui préféra le général la Fayette, qui était jeune, aôtu% adoré de ses soldats , et que ses antécédents politiques, ses opinions bien tranchées, rendaient plus apte que personne à diriger une invasion moitié militaire, moitié populaire. La Fayette demanda 50,000 hommes, et proposa de se porter par Namur et la Meuse, jusqu'à Liège , d'où il serait maître des Pays- Bas. Ce plan judicieux obtint approbation. L'Autriche, en effet, la guerre venant d'être déclarée, n'aurait pas eu le temps de couvrir ses possessions de Belgique, et la réussite paraissait certaine. La Fayette eut ordre de se porter, avec 10,000 hommes d'abord, que le reste de sou armée suivrait à petite distance , de Givet sur Namur, puis de Namur sur Liège ou sur Bruxelles. Pendant qu'il ét.iit en marche, deux forts drtachements de l'armée du Nord devaient déboucher, l'un de Valenciennes sur Mons, l'autre de Lille sur Tournay, et occuper soudainement ces places;
double démonstration qui n'avait pour but que de masquer l'attaque véritable confiée à la Fayette. L'exécution du plan fut tentée dès la tin d'avril, mais elle échoua aux premières tentatives.
Au lieu d'être accueillies par les populations insurgées, les colonnes que Rochambeau expédia , et qui étaient commandées par les généraux Biron et Théobald Dillon, se heurtèrent, l'une près de Mons, l'autre au sortir de Lille, contre des troupes réglées qui les culbutèrent. Le desordre se mit dans les rangs de nos soldats ; ils se crurent trahis,et s'enfuirent jusqu'à la frontière, au terrible cri de sauve quipeui.ha Fayette, avec des fatigues inouïes et par des chemins affreux, était parvenu de Metz à Givet. Apprenant le désastre des officiers de Rochambeau, il dut s'arrêter.
Dans le courant de juin, Lukner, qui avait remplacé Rochambeau, essaya encore l'offensive sur la Belgique. Il s'empara de Menin le 17, d'Ypres et de Courtray le 20, puis fut contraint de rétrograder. Pendant les deux mois environ qui suivirent, nos troupes, retranchées dans les camps de Maulde , de Maubeuge et de Lille , se bornèrent à d'insignifiantes escarmouches.
Après te 10 août, Dumouriez devint général eu chef des armées du NorJ et du Centre. Persuadé que l'envahissement des Pays-Bas autrichiens y ferait éclater une révolution et sauverait la France des attaques -de l'Allemagne, il allait à son tour se porter en avant, lorsqu'on reçut la nouvelle de la capitulation de I^ongwv. Dès lors il ne s agissait plus d'envahir quelques-unes des provinces de l'Autriche; il fallait délivrer le territoire même de la France envahi par les Prussiens. Dumouriez se dirigea donc vers les plaines de la Champagne. Or, Dumouriez à peine parti, le duc Albert de Saxe-Teschen, qui commandait les troupes autrichiennes de Belgique, vit d'un œil jaloux les Prussiens s'avancer sur l'Argonne, ne voulut pas demeurer eu arrière, et se rua sur notre frontière du Nord. Replier dans les places 8 ou 9,000 hommes que le général en chef avait laissés dans les camps, lui fut facile; puis, après avoir menacé divers points, il parut tout à coup devant Lille* pour essayer un siège queies plus grands