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PAYS-BAS FRANCE. PAYS-BAS

généraux n'avaient pu exécuter avec de puissantes armées et un matériel considérable. Le duc, qui n'avait qu'une quinzaine de mille nommes et un matériel médiocre , ne put attaquer qu'un seul côté de la place; mais il y éleva une batterie d'obusiers et se flatta d'intimider les habitants par la violence du feu.

Lille déploya une constance admirable.

Bombardée sans relâche pendant plus de dix jours, elle perdit 700 maisons; mais tandis que l'incendie, ta dévorait, les citoyens défendaient les remparts; enfin, le 8 octobre, l'ennemi, vaincu par leur opiniâtreté, abandonna ses travaux.

Il préparait une tentative sur Valenctennes, quand Labourdonnayeet Beurnonville, l'un à la téte de troupes rassemblées à l'intérieur, l'autre avec la gauche de Dumouriez, et tous les deux manoeuvrant de manière à lui couper la retraite , le forcèrent à repasser précipitamment la frontière.

Dès que le canon de Valmy eut arrêté l'invasion de la Champagne, Dumouriez, laissant les Prussiens se retirer tranquillement, au lieu de les poursuivre, et dirigeant tous les corps de son armée victorieuse vers la Flandre , où nous avons déjà vu celui de Beurnonville s'acheminer, en revint à son projet favori : la conquête de la Belgique. L'empereur d'Autriche, Joseph 11, avait fait démanteler la frontière de cette province, où il n'existe pas de position militaire, et où, suivant l'expression de Dumouriez, on ne peut se maintenir qu'en gagnant des batailles. Le duc Albert de Saxe et tes généraux Latour et Beaulieu, chargés de la défendre, n'avaient encore que 22,000 hommes ; mais Clerfayt leur en amenait 12,000 de la Champagne , et allait réussir à opérer sa jonction. Dumouriez, néanmoins, qui disposait d'environ 90,000 soldats , devait conserver une immense supériorité numérique, et avait arrêté en conséquence son plan général. C'était de pousser principalement les Impériaux de front, sans cependant négliger rien pour les prendre a revers. Ainsi , tandis que Valence, à la téte de V armée des Ardennes , forte de 15 à 20,000 hommes, et Labourdortnaye , avec V armée du Nord , qui en comptait 18,000, manœuvrèrent, le premier sur la Meuse, et le second sur l Ks-

caut , de façon à déborder les ailes de l'ennemi, Dumouriez lui-même conduisit à l'attaque du centre l'armée de la Belgique , qui présentait une masse de 40 à 50,000 combattants.

Les généraux autrichiens , fidèles au vieux système, avaient formé un cordon de' Tournav à Mons , et quoique l'armée de Clerfayt eût porté leur effectif à 34,000 hommes , ils n'eu avaient réuni que 20,000 devant Mons, leur position principale. Les divisions de Dumouriez , que commandaient le duc de Chartres , Miranda, Ferrand , Beurnonville , Dampierre et d'Harville , s'v portèrent en deux colonnes, par Valenciennes et Maubeuge. Le 3 novembre, on arrive en face du moulin de Boussu, et le brave Beurnonville, qui commandait Pavant-garde , reçoit ordre de déposter l'ennemi des hauteurs. L'attaque, après avoir d'abord réussi, est ensuite repoussée; mais, sentant combien il importe de ne pas reculer au début , Dumouriez renvoie Beurnonville à la charge , enlève tous les avant-postes ennemis , et se trouve le 5 au soir en présence des Autrichiens. Il leur livre bataille dans la matinée du 6, remporte la fameuse victoire de Jemmapes , et, le jour suivant , fait dans Mons une entrée triomphale. Le reste de la campagne n'est plus qu'une promenade militaire. Latour, avec 8,000 hommes , se repliait sur Anvers. Labourdonnaye pénètre sur ses pas dans Tournav, puis marche surGand et Bruges. Valence , qu'un détachement sur Longwy avait d'abord retardé, atteint Nivelles et précipite la retraite des Impériaux sur la capitale de la Belgique.

Dumouriez les presse de son coté; il les bat encore le 13 à Anderleht, et entre le lendemain à Bruxelles, qu'ils ont évacué dans la nuit. Clerfayt, qui est devenu général en chef, se retire d'abord sur Malines, mais Anvers succombe, et alors il va, tandis que Latour gagne Ruremonde, prendre lui-même position à Lpuvain. Dumouriez fait occuper Malines et le suit. Bientôt, les trois corps français se portent sur la Meuse : Valence, 'de Nivelles à Namur, Dumouriez par Louvain , et Miranda , qui a remplacé Labourdonnaye , par ïurahout et Hammond. Valence devait

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arriver le premier sur le fleu?e: Oer- renommées militaires de l'Europe, qui

fayt, pour lui faire obstacle, envoie de avait l'archiduc Charles « le prince de

Lou vain à Namur , le corps de Beau- Wurtemberg et les comtes de Latour

lieu; mais Du mouriez renforce son lieu- et de Clerfayt pour lieutenants, ils fran-

te nant, et Beau heu est rejeté sur Liège. chirentlaRoër à l'improviste, tombèrent

Namur même est occupé, et ses châ- sur les cantonnements français , enle-

teaux sont investis. Dumouriez, cepen- vèrent ceux d'Aldenhowen et d'Esche-

dant, atteint et culbute les Impériaux à weiler, occupèrent Aix-la-Chapelle et

Tirlemont, les pourchasse jusqu'à Liège, replièrent les divisions de Dumouriez

les bat de nouveau sous les murs de sur la Meuse Au bruit de la marche

cette ville, et y entre aux acclamations de Cobourg , Miranda, qui assiégeait

des habitants. Miranda est parvenu à Maëstricht, manqua de résolution. Au

Ru remonde. Clerfayt rétrograde jus- lieu de concentrer ses troupes devant la

Ïu'à l'Erft. L'armée française passe la place pour défendre le passage du fleu-

leuse , occupe Aix-la-Chapelle , Ver- ye, il abandonna même la rive gauche,

viers , Spa , et place ses avant-postes leva le siège , et se retira sur Tongrei.

sur les bords de la Roér. Sa retraite compromit tout. Notre aile

Là. Dumouriez, au lieu de mettre gauche, portée sur Hure monde, et for-

à profit l'élan de ses troupes victorien- mée des divisions Lamariière et Champ-

ses , au lieu de pousser jusqu'au Rhin, morin, ne soutint pas l'attaque de La-

et de rejeter derrière ce îleuve l'ennemi tour, et ûla sur Diest. Notre droite ,

éperdu; là, disons- nous, Dumouriez composée des divisions Steingel et

s arrêta; et rien, ni la prudence, ni la Neuilly, qui occupaient Verriers et Spa,

désertion qui commençait à s'introduire fut rejetée dans le Limbourg. Enfin,

parmi les volontaires de son armée, ni Valence, craignant, s'il restait à Liège,

l'insuffisance de son matériel , ni l'état d'être cerné, évacua cette ville pour re-

de déiiûment où se trouvait le soldat, joindre Miranda. Les Impériaux, cepen-

ne saurait l'en justifier. 11 aima mieux dant, débouchaient de tous les points. Hi

se rendre a Paris, sous le prétexte, allé- précédèrent Miranda a Tongres, et y ob-

gué plus tard dans ses mémoires, de sau- tinrent un léger avantage sur ce gêné-

ver Louis XVI; eu réalité, pour tâcher ral.

de parv enir, a l'aide des jacobins ou des Les débris de l'armée française se

girondins, à une espèce de dictature, réorganisèrent à Saint-Trond; mais, en

Déçu dans ses ambitieux projets, il re- six jours on avait perdu des milliers de

partit pour son quartier général, à la prisonniers, des magasins immenses,

un de janvier 1793 , et, bientôt, quoi- une partie du matériel, les passages de

que la désertion éclaircît de plus en la Meuse et vingt-cinq lieues de pays,

plus ses rangs , quoique la faiblesse du Ces pertes, immenses en soi, eurent un

matériel, le manque de munition et la effet moral encore plus désastreux:

misère des soldats augmentassent de 10,000 volontaires quittèrent l'armée,

iourenjour, il se lança dans une eutre- Seul, le général en chef , qu'où rede-

prise bien autrement téméraire que mandait à grands cris, pouvait ramener

n'eût été en décembre 1792 une pointe la confiance; mais Dumouriez, à la

vers le Rhin. Laissant 60,000 hommes veille de réussir dans ses projets sur la

entre la Meuse et la Roér, il prescri- Hollande, hésitait à les abaudonner.il

vait à Valence d'occuper Liège et Na- expédiait courriersurcourrier a Valence

mur, à Miranda d'assiéger vivement et à Miranda; il leur prescrivait les me*

Maëstricht, tandis que lui-même, avec sures les plus judicieuses , les conju-

une poignée de 13 à 14,000 soldats, lai- rait de tenir quinze jours seulement,

sait irruption en Hollande. Or, qu'arri- Quinze jours encore, et les Bataves se-

va-t-il? Les Impériaux, profitant du répit ront soulevés, et cette grande diversion

qu'on leur laissait , réparèrent .leurs arrêterait Cobourg. Mais , ni Valence

pertes, accrurent leurs forces; puis , ni Miranda ue purent ralentir la retraite,

dans les premiers jours de mars , au On se replia siir Tirlemont, puis sur

nombre de 70 000, et sous la conduite Louvain, où Dumouriez vint reprendre

du prince de Saxe-Cobourg , une des le commandement. Son premier soin

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