FRANCE. PAYS-BAS
fut (\e ieter un roros vers sa droite cour lier ses opérations avec les derrières dt l'armée de Hollande; puis, pour ranimer le courage de ses soldats, il prit surle-champ des dispositions offensives.
Cobourg, après s'être emparé du cours de la Meuse et avoir poussé au delà jusqu'à Saint- Trond , avait jeté à Tirleinont un corps avancé. Du mou riez en* lève cette ville le 16 , et voyant que l'ennemi néglige les hauteurs de Golsenhoven,qui séparent les deux dettes, il y dirige quelques bataillons. Le lendemain 16, les Impériaux veulent recouvrer cette position perdue, et l'attaquent avec vigueur; mais Dumouriez, qui s'y attendait, la fait soutenir et déjoue tous leurs efforts. C'était un premier succès; le soldat retrouve son courage , et le général se hâte d'en profiter. Une victoire le reportera sur la Meuse.
Les Autrichiens, repoussés de Goisenhoven avec perte de sept à huit cents hommes, repassent sur la rive droite de la Petite Gette. Du mouriez, dans la journée du 17, en occupe la rive gauche, et, le 18 au matin, livre la bataille de Neerwinden. Il ne fut ni vainqueur, ni vaincu ; mais cette journée incertaine eut tous les résultats d'une défaite. L'armée française avait perdu sept ou huit mille hommes, tués, blessés ou prisonniers; la désertion vint de nouveau l'affaiblir, et la retraite s'opéra sur tous les points. Les divisions qui occupaient Diest vinrent prendre poste à Mali nés pour lier le corps principal à l'armée d'Anvers. La division Neuilly fila par Jordoigne pour occuperNivelles et Mont-Saint-Jean , et se rendre maltresse de la route de Charleroi à Bruxelles. La division d'Uarville se concentra autour de Namur, et Dumouriez lui-même se chargea de défendre Louvain.Mais, tandis que nos troupes se dispersaient pour couvrir toutes les avenues de Bruxelles, Beaulieu , débouchant par l'électorat de Trêves, marchait sur Namur, et Cobourg, fort de sa coopération, lançait deux redoutables colonnes sur Maliues et Louvain. Dumouriez, devant Louvnin, arrêta quarante-huit heures celle que le général ennemi conduisait eu personne; puis, craignant d'être tourné par la seconde, il continua de rétrograder, traversa Bruxelles,
et alla s'établir à Ath. Neuilly se replia
surMons.D'Harville, chassé deNamur, se réfugia sous Givet. Alors , Neuilly, dont la droite se trouvait découverte, regagna la frontière. D'autre part, l'armée de Hollande quitta Anvers, où elle s'était réunie, et remonta précipitamment l'Escaut et la Lys. Knfin, le 80, Dumouriez, qui depuis le 32, comme nous l'avons explique ailleurs ( voyez article DimotiBisz, t. VI, page 784 ), était en pourparler avec Cobourg, et qui avait consenti à l'évacuation successive de la Belgique, rentra en France. Il devait marcher sur Paris avec son armée, pour rétablir la constitution de 91 et un roi, et être secondé au besoin par les troupes ennemies; mais, lors-
Su'il voulut , dans les premiers jours 'avril, mettre à exécution son projet et livrer aux ennemis, ainsi qu'il s'y était engagé, les places de Lille, Condé,Valenciennes, il échoua complètement; et bientôt mandé à la barre de la Convention pour y expliquer sa conduite, bientôt abandonné de ses soldats, qui refusèrent de le suivre dans la voie du déshonneur, il jugea prudent, au lieu de se rendre à Pans, d'aller demander asile sous les tentes autrichiennes.
Après la trahison et la fuite de Dumouriez, un des généraux divisionnaires qui servaient sous lui , Dampierre, reçut le commandement en chef de l'armée du Nord. 11 la rallia sous les murs de Bouchain, et parvint là à lui rendre un peu d'ensemble et de courage. Heureusement, les chefs de la coalition , réunis à Anvers, au lieu de marcher tout de suite en avant, perdirent près d'un mois à concerter leur plan de campagne et le partage des dépouilles qu'ils comptaient enlever à la France. Ils résolurent enfin de prendre Condé et Valenciennes, pour donner à l'Autriche de nouvelles places fortes dans les Pays- Bas, et Dunkerque, qui devait être le prix de la coopération effective des troupes anglaises. D'ailleurs, l'expérience de la campagne précédente leur avait montré combien il était périlleux de s'aventurer sur le territoire français, à moins de s'appuyer sur une base solide : la prise de Condé, Valenciennes, Dunkerque, leur en devait donner une.
Ces arrangements pris, ils recommen-
pays-bas L'UNIVERS.
PAYS-BAS
cèrent les opérations. Les Anglais, les Hollandais, étaient arrivés en ligne. Le duc d'York commandait 20,000 Au* trichiens et Hanovriens ; le prince d'Orange, 15,000 Hollandais; le prince de Cobourg , 45,000 Autrichiens et 8,000 Hessois. De plus, le prince de Hohenlohe occupait Namur et Luxembourg avec 30,000 Autrichiens, et liait l'armée des Pays-Bas avec l'armée prussienne, chargée du siège de Mayence.
Ainsi , 90,000 hommes environ nous menaçaieut au nord. A ces forces colossales, la Convention n'opposait, outre les garnisons des places et la triste armée des Ardennes, que 40,000 hommes ralliés sous Dampierre, et répartis dans les camps de Casse! , de la Madeleine, de Fatnart et de Maubeuge , mais les renforts arrivaient de toutes parts.
Dans les derniers jours d'avril, Cobourg fait investirCondé. Dampierre s'ébranle aussitôt pour délivrer cette place. Le 1er mai, il att que sur plusieurs colonnes les Autrichiens , retranchés dans les bois de Vicogne et de Saint- Amand ; mais il est repoussé après une action meurtrière. Le 9, il retourne à la charge; il échoue de nouveau , et tandis qu'il fait d'héroïques efforts pour décider de la prise d une redoute
3ui doit permettre la réunion de deux e ses colonnes, il est atteiut d'un coup de canon et tombe mort. Le général Lamarche, revêtu du commandement provisoire, ordonne la retraite et ramène l'armée dans le camp de Famars.
Ce camp, situé sous Valenciennes et lié à cette place, empêchait d'en faire le siège. Les coalisés l'attaquèrent le 23. Arrêtés tout le jour par l'artillerie française, ils ne franchirent que le soir la Ronelle, qui défendait le front du camp. Lamarche décampa la nuit en bon ordre, et vint se poster au camp de César, qui se liait à la place de Bouchain, comme celui de Famars à Valenciennes.
Là encore, par bonheur, les alliés ne nous poursuivirent point. Une partie de leur armée, disposée en corps d'observation, se plaça entre Valenciennes et Bouchain, et ht face au camp de César. Une autre division entreprit le siège régulier de Valenciennes, et le reste continua le blocus de Condé. Au lieu de chercher à secourir ces deux places,
Custine, qui venait de recevoir le commandement de l'armée du Nord, se tint immobile dans son quartier général de Cambrai ; aussi , elles succombèrent , Condé le 10 juillet, Valenciennes le 28. Custine fut destitué, et Kilmaine le remplaça provisoirement.
Avant de se séparer, les forces que le siège de Valenciennes avait reunies résolurent de tenter un coup de main sur le camp de César, où Kilmaine avait son quartier général et réunissait uoe vingtaine de mille hommes. Enlever à la fois le général en chef et le plus fort noyau de troupes qui tînt la campagne, c'était frapper au cœur l'armée républicaine, c'était s'ouvrir la route de Paris.
Entre Cambrai et Bouchain, s'étend une ligne de hauteurs, que la Scarpe protège en les parcourant; c'est là ce qu'on appelle le camp de César, appuyé sur deux places et bordé par un cours d'eau. Dans la soirée du 7 août, le duc d'York, chargé de tourner les Français, débouche en vue de Cambrai , qui forme la droite du camp, et somme la place, mais en vain. Le même soir, Cobourg, avec une masse de 40,000 hommes, arrive en deux colonnes sur les bords de l'Escaut, et bivouaque en face de nous. Kilmaine ne croit point pouvoir tenir dans une position aussi périlleuse; il juge plus prudent de ne pas attendre l'attaque ae l'ennemi, et daller sans délai chercher un autre poste. La ligne de la Scarpe, placée derrière l'Escaut, lui semble bonne à occuper. Il prépare donc sa retraite pour la matinée du lendemain 8. Le lendemain, en effet, à la pointe du jour, et à la suite d'un léger engagement d'arrière-garde, qui a lieu au village de Marquion, il met entre s<s adversaires et lui, la Censé d'abord, puis la Scarpe, et place son camp à Gaverelle, entre Arras et Douai. Cette belle retraite le reportait sur les derrières des Impériaux. Eux , que vontils faire? Le poursuivre? mais c'était s'aventurer dans le labyrinthe de places fortes dont le Nord est hérissé. Marcher droit à Paris? ils le pouvaient, mais ne l'osèrent pas. Ils se bornèrent à insulter les places de la Somme, et a entreprendre un simulacre de siège autour de Cambrai. Puis, les Anglais, eu vertu des couventions faites à Anvers,