‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 199 sur 434 · R4YS-HAS · texte numérisé non relu

R4YS-HAS

FRANCE. PATS-BAS 46*

tages deWatignies nous étaient restés.

Nous avions toujours nos forces principales vers Lille, Guise et Maubeuge; seulement, Jourdan, estimé comme général sage, n'avait pas été jugé assez énergique pour conserver le commandement de l'armée du Nord. On l'avait remplacé par Pichegru , et placé luimême à la tête de l'armée de la Moselle. Pichegru . les garnisons comprises , se trouvait a la tète d'environ 250,000 hommes. Les coalisés n'en réunissaient que 150,000, Autrichiens, Allemands, Hollandais et Anglais; néanmoins, Cobourg , qui était toujours investi du commandement en chef, garda l'initiative. Réunissant une centaine de mille hommes dans les plaines du Cateau , il s'avança pour assiéger Landrecies ; et, le 17, après avoir repoussé les divisions françaises éparses devant lui, il put s'établir autour de la place. Se postant lni-méme vers Guise, il plaça le duc d'York en observation vers "Cambrai.

Par ce mouvement de l'ennemi, les divisions françaises du centre se trouvaient ramenées en arrière et séparées des divisions de l'aile droite, qui occupaient le camp de Maubeuge. Le 21, le centre tenta un effort pour se rattacher à la droite. Une action meurtrière s'engagea sur les bords de la Helpe; mais nos colonnes, trop divisées toujours, furent ramenées sur tous les points. On résolut bientôt une attaque nouvelle, une attaque générale. A droite, la division Desjardins, qui était vers Maubeuge, devait aller se réunir à la division Charbonnier, qui venait des Ardeones. Au centre, sept colonnes devaient agir à la fois et concentriquemeut sur h masse ennemie groupée autour de Landrecies. A gauche . enfin, Souham et Moreau , partant de Lille avec deux divisions, oui formaient uo effectif de $0,000 soldats, avaient ordre de se jeter en Flandre, et d'enlever, sous les yeux de Clerfayt, Menin et Courtray.

A gauche, le prince de Raunitz, qui avait une division sur la Sambre. ne put empêcher Charbonnier et Des jardins d'opérer leur jonction. Les colonnes du centre s'ébranlèrent le 26, et marchèrent de sept points différents à l'armée autrichienne ; mais, trop

séparées les unes des autres , elles ne purent se soutenir et n'obtinrent nulle part un avantage décisif. L'une (Pelles, celle du général Chappuis, qui était partie de Cambrai, et qui se heurta au duc d'York près de Trois- Villes, fut entièrement défaite. Au contraire, la diversion de Flandre obtint une pleine réussite. On sait que les deux places de Menin et de Cambrai sont situées à la suite l'une de» l'autre sur la Lys. Moreau bloqua la première, Souham s'empara de la seconde, avant que Clerfayt connût précisément la marche de leurs divisions. Bientôt, toutefois, il apprit les avantages remportes par eux , et résolut, pour les contraindre à la retraite, de menarer leurs communications avec Lille. Le 28, à cet effet, il se porta vers Moncroën avec 18,000 hommes. Or, Moreau et Souham l'y suivirent sur-lechamp , l'attaquèrent le 29, et remportèrent une victoire signalée. Menin capitula immédiatement après.

Les succès obtenus à la droite et à la gauche, et les échecs essuyés au centre, décidèrent Pichegru à abandonner tout à fait le centre pour agir successivement sur les ailes. Il envoya le général Bonnaud, avec 20,000 nommes, à Sanghien, vers Lille, nour assurer les communications de Moreau et de Souham, n'en laissa aue 20,000a Guise, sous les ordres du général Ferrand , et détacha le reste vers Maubeuge, pour le réunir aux divisions Desjardins et Charbonnier. Ces forces reunies portèrent à 56,000 combattants l'aile droite, destinée à agir sur la Sambre; elle allait bientôt en compter 90 ou 100,000, par suite d'un ordre que Camot expédiait, le 30, des bureaux du Comité de salut public, et qui enjoignait à Jourdan d'amener à lui 16,000 hommes de l'armée du Rhin , puis d'aller rapidement, avec l'armée de la Moselle, ainsi renforcée , grossir l'armée de Maubeuge. Cobourg, pendant ce temps, avait pris Landrecies, et, n'attachant que peu d'importance à la défaite de Clerfayt, s'était contenté de détacher le duc d'York vers Lama i n , entre Tour* nay et Lille. Clerfayt s'était porté à Thielt, dans la W est-Flandre, entre la mer et la gauche avancée des Français, qui occupaient Lille, Menin, Courtray;

4M PAYS-IUS

L'UNIVERS

PAYS-BAS

de cette manière, H était encore plus éloigné qu'auparavant de la grande armée des coalisés et du secours qu'York lui amenait. Il voulut faire une tentative sur Courtray, et vint l'attaquer le 10 mai. Souham, qui se trouvait alors en arrière de la place, se hâta de revenir au secours de Vandamme, qu'il y avait laissé , et, tandis qu'il préparait une sortie , il lança Macdonald et Malbranck sur Menin pour y passer la Lys et marcher à Clerfayt. Le combat se livra le 1 1 , et Clerfayt essuya un nouvel échec.

Nous n'étions pas aussi heureux à notre aile droite. Kléber et Moreau y commandaient ; le mouvement qui leur était prescrit consistait à franchir la Sambre et à se porter sur Mons. Un premier passage fut tenté le 9 mai ; il échoua. Le 22, Saint-Just , qui, avec Lebas, avait été envoyé par le comité de salut public, pour diriger les opérations de cette armée, en ordonna un nouveau. Les généraux voulaient attendre l'arrivée de Jourdan; mais Saint- Just ne souffrait ni hésitation, ni retard, et il fallut obéir. Le nouveau passage échoua encore. L'armée parvint à franchir une seconde fois la Sambre; mais, comme la première fois , attaquée sur l'autre rive avant d'avoir pu s'y établir, elle eût été perdue sans le courage de Moreau et le sang-froid de Kléber.

Ainsi, depuis un mois, on se battait de Maubeuçe à la mer avec un acharnement réciproque et sans succès décisifs. Vainqueurs à gauche , nous étions tenus en échec à droite; mais un mouvement, aussi habile que hardi, ordonné à Jourdan, allait amener d'immenses résultats.

Cobourg, gravement menacé sur l'une de ses ailes, avait été obligé de dissoudre son centre, à l'exemple de Pichegru. Il avait renforcé Kaunitz sur la Sambre , et porté le gros de son armée vers la Flandre, aux environs de Tournay. Le plan des coalisés était alors de couper I armée française de Lille, de l'envelopper et de l'anéantir. A cet effet, ils résolurent de faire un grand effort concentrique sur Turcoing, qui sépare Menin et Courtray de Lille. Clerfayt devait y marcher de la W est-Flandre, par Werwick et Lincelles. Les généraux de Buscb, Otto et le duc d'York

avaient ordre de s'y porter du côté opposé, c'est-à-dire de Tournav. De Busch devait se rendre à Moucroën, Otto à Turcoing même , tandis que le duc d'York, s'avancant sur Roubaix et Mouvaux, donnerait la main à Clerfayt. Par cette dernière jonction, Souham et Moreau, qui étaient à Courtray, seraient trouvés coupés de Lille. Enfin, le général Kinsky et l'archiduc Charles étaieot chargés dé replier dans cette ville legénéral Bonnaud, qui en occupait les environs avec 20,000 hommes. L'exécution de ce vaste plan était fixée au 17 mai. Pichegru se trouvait alors sur la Sambre pour y réparer les échecs que l'aile droite venait de subir. En son absence, Souham et Moreau dirigeaient l'aile gauche. Le premier indice des projets de l'ennemi leur fut révélé par la marche de Clerfayt sur Werwick. Ils se portèrent aussitôt de ce côté; mais, apprenant que la masse des coalisés arrivait du côté opposé et menaçait leurs communications, ils résolurent, avec autant d'habileté que de promptitude, de diriger eux-mêmes leurs principales forces sur Turcoing, et d'occuper cette position décisive entre Menin et Lille. En conséquence , Moreau resta avec la division Vandamme pour retarder la marche de Clerfayt, et Souham se porta sur Turcoing avec 45,000 hommes, et ordre tut expédié à Bonnaud de se diriger aussi sur cette place. Les dispositions de nos généraux eurent un plein succès. Clerfayt, retardé à Werwick, n'atteignit pas Lincelles au jour convenu. De Éusch se rendit d'abord maître de Moucroën , mais ensuite il essuya un lé$er échec, et Otto, pour le secourir, retira de Turcoing une partie de ses troupes.

York parvint à Roubaix et à Mouvaui, mais sans voir venir Clerfayt. Enfin, Kinsky et l'archiduc Charles n'arriérent vers Lille que dans la soirée. U lendemain 18, au point du jour, Souham s'élança sur Turcoing, eu muta tout devant lui , et s'empara de celte importante position. Bonnaud , de son roté, débouchant de Lille, tomba si vivement sur le duc d'York, que les AnçU* après une courte résistance, jetèrent leurs armes pour fuir, et que le duc lui-même, courant à toute bride, ne dut son salut qu'a la vitesse de son cheval

PAYS-BAS

Page 1